Lecture et autres challenges passionnants

Un samedi midi à Livre Paris en compagnie de Marie-Aude Murail…

Samedi matin, j’ai abandonné mon lit rapidement malgré la pluie pour aller au salon du livre de Paris. Une conférence d’une heure avec Marie-Aude Murail au sujet de sa série Sauveur et fils, valait bien la peine d’une heure de métro.

Sauveur et fils, saison 4

Marie-Aude Murail

L’école des loisirs, janvier 2018

320 pages -17€

Sauveur et fils saison 4

C’était un vrai moment convivial entre une auteure et ses lecteurs. L’animatrice de la conférence, Julia a rappelé que les livres bien reconnaissables de l’Ecole des loisirs de Marie-Aude Murail avaient rythmés son enfance (moi, c’était ceux de Susie Morgenstein).

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Et alors je me suis rappelée que j’en ai lu quelques uns étant jeune adulte : Simple, Oh boy, Vive la république, La fille du docteur Baudoin et surtout Sauveur et Fils qui m’a tellement emballée que j’ai lu les trois tomes en une semaine le printemps dernier.

Le lectorat de Marie-Aude commence vers 9 ans mais elle souligne qu’elle doit faire attention aux projections des lecteurs sur ses personnages ou comment manier l’ironie.

J’ai particulièrement aimé cette série Sauveur et fils car elle étudie la société à travers l’observation d’un psychologue antillais. Dans son cabinet, se retrouvent toutes les classe sociales. Marie-Aude Murail se sert de lieux publics dans ses romans : le salon de coiffure, l’école primaire, le cabinet d’un médecin généraliste pour étudier une société qui change très vite depuis trente ans, date de ses premiers romans.

Dans le tome 4, on rencontre de nouveaux personnages passionnants comme le surveillant de prison Solo et sa maman maghrébine qui porte un lourd secret douloureux, un père désabusé et sa petite fille qui fait tourner bourrique ses parents car elle se croit coupable de leur manque d’amour ou encore Jean-Jacques, ce jeune homme de 23 ans qui imite les jeunes japonais qui ne quittent pas leur chambre, rivés à leurs jeux vidéos.

Marie-Aude Murail se sert d’articles de société pour composer sa galerie de personnages et c’est ça qui me plait dans ses romans.

Elle avait déja commencé cette approche en traitant du thème de l’avortement avec le roman très sensible La fille du docteur Baudoin qui m’avait beaucoup émue. Elle sait mettre des mots justes pour aborder les thèmes délicats de l’homosexualité, la différence, le handicap dans la littérature young adult.

Pour moi, la série Sauveur est la plus aboutie car elle mène toute une réflexion sur l’identité, les relations tout court que ça soit dans les familles recomposées, avec les camarades de classe ou la solidarité avec de parfaits inconnus que l’on prend sous son toit par humanité.

En tant que lecteurs, on s’attache à ses personnages : la petite fille Ella-Elliott, les deux sœurs Margaux et Blandine qui veillent l’une sur l’autre, Alice, l’adolescente qui ne sait pas exprimer tout simplement ce qu’elle ressent…

On aimerait que chacune des situations connaissent un happy end tant le malaise est palpable dans le cabinet du psychologue. L’auteur insiste aussi sur la difficulté de son métier, ses erreurs et son introspection.

Il ne s’appelle pas Sauveur pour rien : son prénom vient du syndrome du sauveur. J’ai aussi beaucoup aimé le personnage de Mme Dumayet, cette institutrice en fin de carrière, qui perçoit avec difficulté la société du 21eme siècle mais qui se remet en cause jusqu’au bout car institutrice est une vocation pour elle.

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J’ai passé un agréable moment à Livre Paris lors de cette conférence mais en tant que libraire, je ne peux m’empêcher de rester perplexe face à la tournure que prend ce salon international du livre.

Ce n’est pas une fête du livre comme c’est le cas à Angoulême dans la ville ou dans d’autres salons plus petits.

Les stands d’éditeurs se rétrécissent, le passage était vraiment difficile dans les allées le samedi après midi et j’étais pressée de rentrer chez moi avec un bon livre en regardant la neige tomber.

Il serait de bon ton de confier l’organisation du salon à un collège d’éditeurs, d’auteurs, de libraires, de bibliothécaires qui sont passionnés par le livre et qui ont envie d’en faire une fête…

Regarder les files d’attente des stands Albin Michel et l’Ecole des loisirs pour les dédicaces de Marie-Aude Murail et Amélie Nothomb m’a  montré la magie de ce salon.

SardinesPssst ! Si cet article t’a plu, rejoins le club des abonnés du blog  ou plutôt la boite à sardines pour qu’on chante tous ensemble la chanson énervante de Patrick Sébastien : « Ah qu’est ce qu’on est serré, au fond de cette boite, chantent les sardines ».

C’est en haut à droite !

Lecture et autres challenges passionnants

En attendant Livre Paris…

Ces deux dernières semaines, j’ai découvert dans mon fil Facebook une vraie story  autour du lancement du livre Sleeping beauties de Stephen King, à paraître le 7 mars aux éditions Albin Michel.

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L’intrigue du roman est très simple mais fort efficace car elle est universelle : un étrange phénomène plonge les femmes du monde entier dans un sommeil profond. La fièvre Aurora touche alors la féminité toute entière même…. dans les locaux de la maison d’édition Albin Michel à Paris.

Tous les services se sont prêté au jeu : les attachées de presse, les éditrices, les traductrices, les réceptionnistes, les stagiaires… et c’est vraiment captivant. Je salue le travail très intelligent de la responsable du community management qui a pleinement réussi son opération pour plusieurs raisons :

  • la maîtrise du story telling : tous les jours, je guettais une nouvelle photo de la série.
  • une image fédératrice de la maison d’édition sans déployer de grands moyens : l’édition est un métier majoritairement féminin, ça servait bien l’intrigue et aussi ce petit shooting photo sans prétention donne une image authentique et sympathique d’Albin Michel.
  • ça fédère toute une communauté de lecteurs autour de la sortie d’un livre : le phénomène s’est même étendu aux libraires partenaires , à quelques jours de la journée internationale du droit des femmes. Chapeau bas pour ce timing au cordeau !

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    DR Editions Albin Michel

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Je suis avec attention la ligne éditoriale d’Albin Michel, auteur de référence dans le domaine de la littérature et des sciences humaines.
En tant que libraire, je reçois chaque trimestre leur revue culturelle 22, rue Huyghens  qui est vraiment d’une grande qualité éditoriale (c’est leur métier, je sais mais ça m’épate).

Elle a été lancée à l’automne 2016 et c’est mon grand plaisir de lecture à chaque fois que je le reçois : le dernier numéro consacrait un grand entretien à  Pierre Lemaitre pour la sortie événement du roman Les couleurs de l’incendie.

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Les livres-minaudières d’ Olympia Le Tan

 

Je commence à me préparer mon petit programme pour mon escapade annuelle au Salon du livre, histoire de saluer d’anciennes relations de travail ou de camarades du DUT métiers du livre sur les stands.

J’ai découvert, je ne sais plus comment mais je me suis ruée samedi dans une librairie l’acheter, que Marie- Aude Murail avait finalement décidé d’ajouter un tome 4  à sa trilogie tellement passionnante Sauveur & fils.  

Je suis en cours de lecture et j’ai hâte d’être à samedi pour assister à la conférence de Marie-Aude Murail à Livre Paris et ensuite demander une belle dédicace. C’est une auteure que je suis depuis tellement longtemps.

Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule , il se trouve que Samantha Bailly a écrit une suite depuis Les stagiaires. Un grand merci à JC Lattès d’avoir eu la gentillesse de me l’adresser en service de presse : ça s’appelle Indéterminés.

Soyons réalistes, je n’aurais pas le temps de le lire d’ici samedi mais j’ai hâte de rencontrer Samantha Bailly sur son stand si l’occasion se présente…

 

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Lecture et autres challenges passionnants

# Paye ton auteur : un doux vent de révolte souffle sur Livre Paris 2018

L’orage grondait cette semaine sur les réseaux sociaux à l’approche du salon du livre de Paris.

A l’initiative des booktubeurs et autres influenceurs institutionnels comme la charte des auteurs et illustrateurs jeunesse et la société des gens de lettres, il y a eu une vraie levée de boucliers suite à la décision de Livre Paris de ne pas rétribuer les auteurs qui interviennent dans des conférences ou des tables rondes.

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A Livre Paris, il y a un budget pour les plantes mais pas pour rémunérer les auteurs en conférences DR SANDRINE BONINI

Reed expositions usait d’un argument assez bancal : les conférences apportent de la visibilité médiatique aux auteurs, grâce à ses 150 000 visiteurs chaque année. Il n’est pas certain qu’un auteur va vendre une trentaine de livres à la fin de son intervention .

Les seuls qui y arrivent sont les grands noms de la littérature actuelle comme Pierre Lemaître, Katherine Pancol, Guillaume Musso … qui passent chez Laurent Ruquier et ONPC, dont les ventes décollent la nuit de l’émission sur Amazon… Mais eux, n’ont pas vraiment besoin des 150€ euros demandés par les auteurs pour les tables rondes.

L’auteur est presque le dernier à être payé sur la vente d’un livre : une grande partie va au diffuseur, à l’éditeur, au libraire, à l’Etat… S’il vend moins de 1000 livres (un cas très fréquent), il touchera 1,8 € pour un livre qui coûte 15€.

Alors, demander aux auteurs d’animer bénévolement des temps-forts avec leurs lecteurs est vraiment une forme de mépris pour leur talent et leur travail de création. Surtout que c’est eux qui font la plus-value du salon. C’est pour eux que l’on consent à payer un billet d’entrée hors de prix et à attendre des heures pour discuter avec l’auteur et avoir une dédicace d’un livre qui aura été acheté obligatoirement sur le salon.

Reed Expo n’installe que des cloisons et de la moquette (bien agressive pour les pieds quand on est exposant toute la durée du salon, ma dernière expérience m’a bien guérie). Toute leur programmation est basée sur cette relation de confiance et de considération pour les auteurs et éditeurs.

Ce hashtag #Paye ton auteur est révélateur d’un tournant pour toute l’économie du livre : ce sont les réseaux sociaux et les vidéos virales sur Facebook ou Instagram qui sont les porte- voix des revendications salariales d’une profession un peu résignée qui s’est longtemps fait marcher sur les pieds (ces pratiques ne datent pas d’hier). Elles ont été quelque peu encadrées par le SNE et le CNL mais Livre Paris est un salon privé, donc Reed Expositions n’a pas obligation de respecter les règles.

Certains auteurs s’en accommodaient car d’autres salons du livre et bibliothèques sont beaucoup plus respectueux de leur travail. Mais le métier d’auteur s’est  considérablement précarisé depuis et toute une génération d’auteurs est prise à la gorge. On ne leur rembourse pas leurs frais de déplacements alors si on ne les rétribue même pas…

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Cela me rappelle les personnages du roman de Samantha Bailly, Les stagiaires, édité par Milady.

La suite vient de paraître chez JC Lattes : Indéterminées.

 

 

Samantha Bailly, aussi présidente de la charte des auteurs et illustrateurs jeunesse? a été une figure de proue de ce mouvement avec les booktubeuses Bulle Dop, Nine Gorman, Lily Bouquine, Moody et les médias numériques comme Actua litté…

Les booktubeurs sont beaucoup plus revendicatifs car leur visibilité médiatique, ils l’ont acquise par leurs efforts (de longues séances de montage pour perfectionner leurs vidéos, investir les réseaux sociaux régulièrement) et Youtube les rémunère. Même les bibliothèques municipales avec un budget moindre que Livre Paris rémunèrent leurs intervenants.

Les réseaux sociaux ont eu cet atout de fédérer toute une profession qui subissait ce système de bénévolat dans son coin, les éditeurs trouvaient un arrangement avec Livre Paris qui n’était pas forcément le meilleur pour l’auteur frustré.  Les réseaux sociaux ont révélé tout l’envers du décor à une communauté de lecteurs qui chérit ses auteurs et les défend.

Comme le remarquait Lili bouquine sur Instagram, la visibilité de Livre Paris ne peut plus être un mode de rémunération. Il y a une vraie crise de la fréquentation des visiteurs sur ce salon : des prix d’entrée excessifs, des stands d’éditeurs qui se réduisent  comme peau de chagrin, un grand groupe d’édition comme Hachette qui boycotte le salon depuis des années, des prix exorbitants pour la visibilité des éditeurs…

Ne pas rétribuer les auteurs invités dans les tables rondes a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase : la menace légitime de boycott des auteurs a porté ses fruits. Espérons qu’elle soit suivie d’une véritable remise en question de toute une industrie du livre.

Les auteurs et illustrateurs de livres jeunesse, les dessinateurs de BD ne sont pas rétribués pour les longues heures de dédicaces où ils rencontrent leur public. C’est la partie sympathique de leur travail… qui reste un travail.

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Un grand souvenir de ma carrière de libraire : la dédicace de Zep, l’auteur  de Titeuf qui fête ses 25 ans.

 

 

 

 

Cinéma

Je milite pour la valorisation des comédies aux Césars !

Vendredi soir c’était la remise des Césars, les récompenses du cinéma français. D’année en année, je commence à me lasser de cette cérémonie élitiste qui se coupe du public dans son ensemble. Le sens de la fête de Nakache et Toledano est rentré bredouille de cette cérémonie, preuve que les Césars ont un vrai souci avec les comédies.

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J’apprécie les films engagés, qui portent un message politique et social. Mais ce sont les comédies qui font déplacer les gens dans les cinémas : ce sont la Grande vadrouille, les Visiteurs, Intouchables ou encore Bienvenue chez les Ch’tis qui ont marqué les gens…

Vendredi soir, l’Académie des Césars a décerné le César du public au film Raid dingue de Dany Boon. C’est mérité parce que c’est la meilleure comédie de l’année 2017 selon moi.

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J’ai bien envie de revoir ce film qui m’a fait rire aux éclats et dont l’histoire était très bien construite. Dany Boon y tient un des rôles principaux mais il a eu la bonne idée de donner la part belle aux autres acteurs : Alice Pol en tête qui crève l’écran.

C’est une sorte de Pierre Richard au féminin. Elle rêve d’être flic depuis son enfance et le fait d’être la fille du ministre de l’Intérieur (Michel Blanc) va lui servir comme la desservir. Le patron du Raid (François Levantal, très talentueux) jouera de son autorité pour gérer tout ce petit groupe…. C’était une excellente comédie qui réunit d’excellents acteurs : Sabine Azéma, Florent Peyre, Yvan Attal….

J’ai souvent du mal avec les scénarios de Dany Boon que je trouve parfois creux et sans surprises : j’ai bien aimé Bienvenue chez les Ch’tis qui m’a fait découvrir une partie de l’identité de ma famille du Nord mais sérieusement la tournée des postiers à vélo qui rentrent ivres, c’était long.

Raid dingue est vraiment un film réussi car il rend hommage à un corps de métier et que le suspense est à son comble dans les dernières scènes du film. Yvan Attal apporte beaucoup de son talent dans un rôle de méchant complètement déjanté. César mérité Dany !!!. Quatre sardines pour Raid dingue, à revoir avec plaisir !

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Samedi après midi, j’ai vu la Ch’tite famille, réalisé et interprété par Dany Boon. Line Renaud joue encore sa maman mais ce n’est pas la suite de Bienvenue chez les ch’tis.

C’est l’histoire d’un designer qui a renié sa famille du Nord pour se réinventer une vie plus mainstream pour le milieu culturel parisien dans lequel il évolue avec sa femme et associé Constance (Laurence Arné, dont le rôle va à merveille).

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Malgré ses longueurs et ses caricatures parfois grotesques, ce film est assez malin et sans concession pour le milieu parisien branché mais déconnecté des réalités. Ce film n’est pas tout à fait autobiographique car Dany Boon a construit sa carrière d’humoriste sur ses origines qu’il n’a jamais renié.

Mais le fait de ne pas se souvenir de là où l’on vient quand l’on fait carrière à Paris est un thème très efficace qui fera écho aux vies de bien des spectateurs.

Je mettrai la note de trois sardines à ce film parce que la caricature des prolos du Nord m’a bien énervée une bonne partie du film.Il ne faudrait pas oublier qu’une grande partie des grandes familles bourgeoises de l’industrie française viennent aussi du Nord de la France (on interdisait formellement aux enfants bourgeois de parler ch’ti, Pierre Richard a du apprendre le ch’ti pour son rôle).

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Mais la dernière scène du film, hommage au voisin belge Johnny Hallyday, est très touchante : Que j’te ker…

Lecture et autres challenges passionnants

Rendez-vous dans la forêt, point de départ d’un swap voyageur

J’ai reçu de mon amie Erika-les bonnes idées un colis énorme : je participe à un swap voyageur.

L’idée est simple : douze filles, douze mois. La première transmet à la suivante un colis avec des petites surprises, des gourmandises et le livre en question : Rendez-vous dans la forêt d’ Alain Auderset.

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C’est un roman graphique chrétien. Il réunit une trentaine d’histoires vraies, c’est le témoignage personnel de l’auteur.

Il publiait régulièrement sur son blog, c’est devenu deux livres et le troisième tome est en préparation… C’est un très bel objet, auto-édité, l’auteur a même ajouté artisanalement une feuille de sa forêt de Saint-Imier au début du tirage, mais le livre a été vendu à plus de 5000 exemplaires donc il a dû s’arrêter de le faire sans doute.

Je l’ai offert à des amis tellement de fois : c’est le moyen de dire à ceux qu’on aime, il y a la possibilité, la liberté de parler à Dieu comme à un ami chaque jour.

Le principe du swap voyageur est la transmission : il y aura un petit carnet pour écrire ses impressions sur le livre et surtout y joindre une photographie mise en scène dans un endroit où on aime bien se mettre à part pour se confier à Dieu..

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Dans mon blog, j’aime chroniquer les romans graphiques : je les dévore et celui-ci est au sommet de mes coups de cœur BD (je lui donne carrément la boite de sardines comme note).

Celui-ci parle de spiritualité, de foi chrétienne.  Chaque jour, Alain Auderset se confie à Dieu en marchant dans sa forêt.

C’est le meilleur moyen pour reprendre des forces, être encouragé et renouvelé dans son intelligence.La foi est libre, spontanée, authentique, bien éloignée des dogmes de la religion. Dieu est vivant, il ne demande qu’à te rencontrer personnellement.

Voici quelques planches savoureuses de ce roman graphique fantastique.

 

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Le 4 mars prochain, Alain Auderset et son livre seront à l’honneur d’un documentaire d’une trentaine de minutes dans l’émission Présence protestante, sur France 2.

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BD & romans graphiques

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Dessin préparatoire de Sofia, par Marion Ferlay  https://www.facebook.com/mapupicchu/

J’ai découvert le récit de voyage Touriste de Julien Blanc-Gras (un nom typiquement français et marrant ! ) à travers mes recommandations pour la box littéraire Kube car les Kubers que l’on me confie, aiment les récits de voyages.

Julien Blanc-Gras, il est un peu du même tonneau qu’Antoine de Maximy, le journaliste loufoque de l’émission télé J’irais dormir chez vous sur France 5, Sarah Marquis, Mike Horn ou encore Sylvain Tesson… Certains fuient les villes, d’autres y sont attirés comme des aimants…

Ce roman graphique Touriste alimente toute une réflexion  (oui rien que ça), fruit de mon cursus d’anthropologie sociale et culturelle de l’Europe au sujet du tourisme international et en particulier celui des plages. Une exposition sur ce thème très actuel au MUCEM de Marseille, ça serait chouette non?.

 

Le résumé :

C’est l’histoire d’un trentenaire parisien qui a décidé que sa profession serait touriste. Ce roman graphique reprend la trame de son roman publié en 2011 au Diable vauvert.

Chacun de ses voyages : l’épisode colombien, indo-népalais, tunisien dans une usine à soleil de Djerba, puis dans le désert marocain avec des Bretons normaux, dans les favelas brésiliennes, en Chine ou à Madagascar … est présenté avec une carte géographique introductive et une courte citation philosophique.

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Mon avis :

J’ai  aimé ce récit masculin au dessin féminin (pas besoin de regarder la couverture : la palette graphique et la police toute calligraphiée en arrondie des dialogues n’y trompent pas : c’est une nana de la veine de Pénélope Bagieu, Margaux Motin et consorts qui a dessiné cet album). Elle s’appelle Mademoiselle Caroline et son blog vaut le détour . J’ai bien envie de lire ses autres albums de BD.

Le scénariste et la dessinatrice de ce roman graphique sont deux globe-trotters aguerris, ils ont colorié la moitié des pays du globe visités, le tourisme est aussi bien une passion féminine que masculine (n’est ce pas Ma pu picchu, l’univers des petites choses).

Ma note :

3/5 sardines

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Même si ce roman graphique était agréable à lire, je ne me suis pas esclaffée à tout bout de champs, l’humour m’a clairement manquée dans cette lecture. C’est pour cette raison que je lui mettrais la petite note de trois sardines…

C’est surtout car il est le point de départ d’une réflexion sur le tourisme de masse que ce roman graphique m’intéresse. Avec les vols low cost, les réservations d’hôtels sur Internet et l’explosion du phénomène Air BNB, le touriste n’est plus autant le bienvenu qu’avant.

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Cet été, j’ai lu un article du Monde comme quoi le centre-ville de Barcelone était complètement vidé de ses habitants au profit des touristes et de leurs valises à roulettes. C’est moche ! J’espère qu’il n’arrivera pas la même chose à Sozopol, ma ville touristique d’adoption. Je n’ y suis pas tout à fait touriste, c’est le coin d’où est originaire la famille de mon mari en Bulgarie. C’est fantastique comme endroit mais chut ! je n’ai pas envie que la moitié de l’Europe y débarque.

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Séries

Pourquoi j’aime la série The Crown

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C’est en regardant une bande-annonce de la série The crown (La couronne pour les anglo-récalcitrants comme moi) sur Facebook que j’ai découvert Netflix.

J’aime les biographies historiques pour les costumes, les décors d’époque. Downtown Abbey ou le biopic Le discours d’un roi avec Colin Firth m’avaient emballée.

La jeune Claire Foy est tout à fait attendrissante dans son rôle de la jeune souveraine de 25 ans qui doit prendre son destin en main. Les deux premières saisons de cette série m’ont même donné envie de lire la biographie d’Elisabeth II, le livre de ma box Kube, gentiment offerte ! Et je compte bien m’atteler à la biographie de Winston Churchill bientôt.

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La Kube de décembre !

C’est le personnage incontournable de la saison 1, celui qui forme la jeune Elisabeth aux rudiments politiques et diplomatiques. Il se noue entre eux une relation amicale particulièrement émouvante dans le dernier épisode.

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Excellent communicant pendant l’épisode du smog de Londres en décembre 1952 qui tua de nombreux Londoniens, sa démarche unique et son franc-parler pour gérer le retour en Angleterre de l’ancien roi Edouard VIII, cette série montre bien en quoi il fut un personnage politique incontournable de la seconde guerre mondiale.

La saison 2, diffusée à partir du 8 décembre 2017 (je n’en ai fait qu’une bouchée) gagne en intensité. Trois épisodes m’ont particulièrement marquée pour la profondeur de leur analyse de la monarchie.

Le premier raconte la montée au créneau d’un jeune aristocrate zélé qui essuya les foudres des monarchistes les plus radicaux. Il critiqua le manque de chaleur et de sincérité d’un des discours de la reine dans une usine. La reine en fut profondément blessée mais elle accepta de se remettre en cause en écoutant ses conseils. Cela eu un impact considérable sur le rapprochement affectif entre la reine et ses sujets grâce à l’enregistrement télévisé des vœux de la reine le soir de Noël.

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Un face à face tendu entre un oncle et sa nièce, un sujet félon et sa souveraine.

Le second épisode marquant de cette saison 2 est celui qui raconte une des croisades de l’évangéliste américain Billy Graham. Connu dans le monde entier dans les années 1960, la reine, touchée dans sa foi par ses prédications, lui demanda une audience privée dans son palais. A ce moment précis, elle découvre un secret de famille qui aurait pu changer la donne dans toute l’Europe pendant la seconde guerre mondiale. Elle découvre que son oncle, l’ancien roi Edouard VIII et sa femme Wallis Simpson ont rencontré Hitler et avaient conclu un pacte avec les nazis pour renverser son père Georges VI. Cet épisode intense sur le plan psychologique pose la question du pardon chrétien lors des entretiens de la reine avec Billy Graham.

On se pose des questions philosophiques et théologiques avec The Crown !

Enfin le troisième épisode (celui que j’attendais avec impatience) s’appelle Chère Madame Kennedy. Jackie et John F. Kennedy réalisent une tournée triomphante (du moins ce que tout le monde croit, subjugués par leur jeunesse et leur beauté) en Europe. La reine se sent en concurrence avec cette femme américaine qui représente la modernité alors qu’Elizabeth est plus engoncée dans ses vêtements, dans ses traditions de l’Ancien monde.

Cette concurrence féminine va cependant être bénéfique à la reine sur un plan géopolitique tout à fait inattendu au Ghana. Piquée au vif par une remarque désagréable de la First lady, Elisabeth va sortir de sa réserve protocolaire pour inviter un chef rebelle au Commonwealth à danser un fox-trot. Cette scène totalement insolite, immortalisée par les photographes du monde entier, lui vaudra la gloire et les honneurs sur la scène politique internationale. La petite reine gauche et timide a réussi un grand coup ce soir là sous le regard admiratif et aimant de son mari, le prince Philip.

Cette série me plait pour le portrait psychologique très profond de la reine : la soeur, la fille, la mère, l’épouse en privé. Et en public, le chef de l’Eglise anglicane, à la tête d’un empire colonial qui se délite et l’interlocutrice de Premiers ministres qui valsent souvent.

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Cette série n’est ni pro-monarchique, ni pro- républicaine, elle montre comment le protocole brise certaines personnalités comme la princesse Margaret, ou l’ancien roi Edouard VIII et comment il structure d’autres personnes comme Elisabeth ou son mari.

La saison 2 est beaucoup plus intense que la première saison qui montrait l’accession au trône d’une frêle jeune fille de 25 ans sans bagages politiques ni diplomatiques. Elisabeth a mûri dans la saison 2 qui retrace dix ans de sa vie.

Que nous réserve la saison 3?.

SardinesPssst ! Si cet article t’a plu, rejoins le club des abonnés du blog  ou plutôt la boite à sardines pour qu’on chante tous ensemble la chanson énervante de Patrick Sébastien : « Ah qu’est ce qu’on est serré, au fond de cette boite, chantent les sardines ». C’est en haut à droite !

BD & romans graphiques

Février rime avec BD : Udama chez ces gens-là

J’ai découvert les éditions La boite à bulles grâce à une émission de France Inter consacrée au roman graphique John Bost, un précurseur.

COUV_JOHN-BOST-e1488888620802Ensuite, j’ai eu la chance d’interviewer les deux auteurs du livre : Vincent Henry et Bruno Loth au salon du roman historique de Levallois-Perret (une chouette manifestation culturelle gratuite).

C’était un bon sujet et un bon souvenir éditorial : la première fois que j’étais citée dans une revue de presse. Depuis, ce formidable roman graphique a obtenu le prix de la BD chrétienne d’Angoulême 2017. Voici le lien vers cette chronique ici

La ligne éditoriale de la Boite à bulles me plait pour son traitement subtil des questions contemporaines avec psychologie et surtout du beau dessin. Ce sont mes trois critères principaux pour dévorer un roman graphique.

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La boite à bulles – 2017

104 pages – 20€

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Celui-ci, je l’ai lu d’une traite. Pendant mes études, j’ai été baby-sitter, j’ai fréquenté quelques fois les squares de l’Ouest parisien. Et j’entendais ces conversations de nounous immigrées qui se racontaient entre elles les tactiques de leurs employeuses pour ne pas les déclarer.

Le résumé : 

Udama est une superbe et jeune mère célibataire africaine. Sans diplôme et ayant une famille à nourrir au fin fond de la banlieue parisienne, elle accepte de se charger de toutes les tâches que sa patronne préfère payer que de faire…

Ce couple parisien sans espérance, habite dans un immeuble cossu du 16eme arrondissement avec des masques africains comme déco (ce n’était pas ma partie préférée de la lecture, l’ombre dérangeante de ces masques). Ils ont tout matériellement mais il leur manque la tendresse, l’entraide, l’amour…. et ainsi tout va dérailler dans cet appartement.

« Si je n’ai pas l’amour, je ne suis qu’une cymbale qui résonne «  1 Corinthiens 13.

Mon avis :

Cet album n’est pas un pamphlet qui dénonce l’exploitation des travailleurs pauvres par les bourgeois. Le titre de ce livre est très efficace : il dénonce le racisme à double sens. On se caricature réciproquement : les bourgeois n’ont pas de cœur : ils sont sans foi, ni loi,  la nounou africaine aura des drôles de coutumes dont elle va contaminer leur petite fille….

Mais la xénophobie, l’exploitation sociale n’est qu’une partie du sujet de ce roman graphique : il parle aussi de la souffrance d’un couple qui n’ arrive pas à se retrouver à la naissance de son enfant, la pression sociale et professionnelle sur les jeunes mères, le baby blues…

Personne n’est tout blanc dans cette histoire : ni Udama qui va trahir une autre nounou par nécessité, ni Hervé, le mari délaissé. Même Claire, la mère carriériste et dirigiste nous émeut.

« J’aurai jamais pensé que des femmes pouvaient en payer d’autres pour ne pas avoir à faire l’amour avec leur mari« .

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Copyright Zelba- La boite à bulles

 

Cette vie de dure labeur que mène Udama est la réalité de milliers de femmes qui font le ménage dans des hôtels dans des conditions inacceptables car elles n’ont pas le choix  elles font la toilette des personnes âgées dans les maisons de retraite ou à domicile. On leur confie l’intime, les tâches ingrates que d’autres ne voudraient pas faire tout en leur rappelant bien qu’elles sont tout en bas de l’ascenseur social.

Or, dans cette histoire, c’est le dominé qui devient dominant. Cette histoire finit bien pour tout le monde : chacun des personnages a eu assez d’intelligence pour garder la tête haute et faire les bons choix pour sauver son équilibre. Et sans vouloir vous spoiler la fin, le seul homme de l’histoire a évité de justesse l’étiquette misandre #Balance ton porc. 

Ma note :

5/5 sardines

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Je vais retenir le nom de Zelba, cette scénariste et dessinatrice d’origine allemande. Elle a signé un très beau roman graphique qui rend hommage à toutes ces femmes qui travaillent dur et subissent une pression sociale qu’elles soient cadres supérieures ou techniciennes de surface. La subtilité psychologique avec laquelle elle dessine les traits de ses personnages, m ‘incitent à surveiller ses prochains livres avec plaisir et curiosité !

 

Du livre à l'écran·Romans

Nos âmes la nuit, l’intimité à l’aube de la vie

J’aime les adaptations de romans américains au cinéma. J’avais eu un vrai coup de cœur pour le roman Promenons-nous dans les bois de Bill Bryson, un road-trip de deux vieux messieurs sur un trail ardu dans un coin montagneux des Etats-Unis. J’aime beaucoup le jeu de Robert Redford et j’ai aimé son rôle de Louis dans son dernier film Nos âmes la nuit.

Je suis assez admirative du cinéma américain actuel qui place ses anciens en tête d’affiche : Robert Redford, Jane Fonda, Michael Caine et Morgan Freeman, Robert de Niro… La vieillesse est beaucoup plus caricaturée dans le cinéma français.

La vieillesse, le veuvage sont les deux thèmes majeurs de ce magnifique roman, assez court (180 pages) : Nos âmes la nuit de Kent Haruf, un auteur américain originaire du Colorado. Il est mort quelques mois avant la parution de ce livre en 2015.

Le résumé :
Nos âmes la nuit

Addie et Louis sont de vieux voisins dans une petite ville du Colorado. Un soir, Addie vient toquer à la porte de Louis avec une demande inédite et osée : accepterait-il de venir la nuit dormir avec elle pour affronter la solitude de la nuit à l’aube de leur vie?.

C’est l’histoire d’une profonde complicité amicale et sentimentale qui se construit sous les yeux de leurs enfants adultes mais aussi de cette petite ville cancanière.

Mon avis :
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J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce livre et le style de son auteur que je ne connaissais pas du tout. Il a su saisir la réalité sociologique de ces retraités.

Au début de leur arrangement peu commun, ils sont un peu empruntés. Partager sa chambre, dormir ensemble est beaucoup plus intimidant et intime que d’avoir une relation sexuelle avec un inconnu.

C’est tellement évident que de nombreux sociologues et anthropologues ont étudié la question. Histoires de chambres de Michelle Perrot étudie cet espace très particulier  mais surtout Jean-Claude Kauffmann avec ses ouvrages Le lit, tendre guerre et Premier matin, la construction d’une histoire d’amour.

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Rien n’est plus intimidant de se réveiller ensemble, se chuchoter des confidences dans le noir et pourtant c’est comme ça que ces deux retraités vont se soutenir mutuellement dans leurs relations avec leurs enfants, leur estime de soi par rapport à leurs mariages révolus.

Ils sont un peu rouillés les premiers jours  avec un enfant rivé à son écran. Ils prendront soin de lui pendant quelques mois. Ils vont donner tout simplement de l’amour à Jamie, le petit-fils d’Addie que son père lui a confié parce que rien n’allait plus avec la maman du petit garçon.

Le Guardian dit de ce livre : « Nombre de romans évoquent la quête de l’amour mais celui-ci est illuminé par sa présence ».

Ce livre montre les remarques narquoises des autres habitants de la ville qui indignent leurs enfants et les incitent à faire la leçon à leurs parents au nom du qu’en dira t’on?. La sexualité des veufs est taboue, ce livre le prouve.

Peut-on recommencer à aimer quand on est veuf?. Faut-il qu’ Addie et Louis endurent seuls leur solitude parce que la personne à qui ils ont juré fidélité toute une vie est décédée?. Le lecteur est alors témoin de leur souffrance quand on essaie  de les séparer à la fin du roman.

« Si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien  » écrit l’apôtre Paul dans l’épître aux Corinthiens

Je vous recommande ce livre qui raconte plusieurs solitudes : celle d’ Addie, de Louis, celle du petit-fils tiraillé entre ses parents qui l’ont laissé chez sa grand-mère, celle de la petite chienne recueillie par l’enfant, celle de la vieille dame sans famille Ruth… et comment ces gens s’entraident par amour, sans avoir de liens familiaux particuliers.

C’est un magnifique livre sur l’engagement amoureux.

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Romans

Je me lance dans un doctorat feel good books

Ca y est j’ai trouvé ma lecture cold winter à la librairie Le genre urbain, rue de Belleville.

Ce sera La pâtissière de Long Island, un feel book qui croise deux histoires de femmes à des époques différentes. Elles sont de même famille et la transmission d’une recette de pâtisserie va transformer leurs vies…

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On parle beaucoup de biblio thérapie, je n’irais pas jusque la non plus mais d’avoir choisi ma lecture de vacances d’hiver pour prendre l’avion pour Sofia, ça donne un avant-goût de vacances.

Il se trouve que mon amie Marion a reçu le même livre pour Noël. Elle a eu un peu le même avis que moi : une lecture sympathique mais qui ne restera pas dans les annales.

J’ai toute une théorie sur les feel-good books.

L’héroïne est souvent une jeune femme célibataire d’une trentaine d’années, qui cherche un sens à sa vie amoureuse mais aussi à sa vie tout court (vaste programme).

Elle tient un commerce de proximité créatif : libraire, fleuriste ou encore pâtissière. Les desserts, ça donne faim aux lecteurs et c’est plus vendeur que employée de pompes funèbres ou contrôleuse de gestion.

Une des histoires qui m’avait le plus touchée est l’adaptation du livre Julie and Julia de Julie Powell avec Meryl Streep et Amy Adams. Le sous titre du livre : sexe, blog et boeuf bourguignon emprunte les codes de la littérature de poulettes ou du feel-good mais le style était bien meilleur et cette autobiographie faisait preuve d’humour et d’auto-dérision.

Surtout c’était une histoire authentique qui rendait sympathique et attachante la narratrice. A force d’exploiter le filon du feel-good book, les éditeurs vont casser la corde car les vrais lecteurs aiment les histoires de qualité avec une vraie situation initiale et des portraits psychologiques des personnages plus fouillés.

Et si c’était un bon feel good ce n’était pas un feel-good qui s’ignore finalement ?. Si vous n’arrivez pas encore à cerner ce qu’est le feel-good, l’exemple parfait est la série Fais pas ci, fais pas ça de France 2 (ma série phare).

Mon avis :

La-Pâtissière-de-Long-IslandJe me suis vraiment ennuyée les cent premières pages de ce roman, quitte à me demander si je n’allais pas carrément abandonner ma lecture.

Cette fameuse Marie, immigrée allemande dans les années 1930 était sympathique mais son personnage m’a rapidement lassée. Comme d’habitude, je déplore une structure initiale désolante qui n’installe pas du tout l’histoire et ça ne décolle pas.

Le portrait psychologique de cette fille était ennuyeux comme la pluie. J’ai commencé à m’y intéresser qu’à partir de sa rencontre avec Walter, le mauvais garçon riche qui la courtise platoniquement.

Pourtant l’idée de départ était bonne : le récit de vie de trois jeunes émigrés qui noient leur errance identitaire dans le travail pour percer aux Etats-Unis pendant la prohibition. L’auteure raconte l’émergence des idées nazies à travers le personnage d’Arthur, l’amoureux transi de Marie venu la chercher depuis l’Allemagne.

L’intrigue autour de la recette secrète du cheese-cake était vraiment faible, certains dialogues étaient aussi niais qu’un conte de fées. Le seul passage qui m’a vraiment passionnée est celui où Rona, sa petite-nièce ouvre un salon de thé en Frise-orientale et comment elle renoue avec les origines juives de l’aïeule Freida, celle qui a transmis la recette à Marie.

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L’auteur montre que le cheese-cake américain découle d’une longue tradition sucrée, un héritage juif qui a longtemps voyagé en Europe.

Pour conclure, je dirai que ce livre était moyennement nul et qu’il n’ apporte rien de bien particulier à la littérature. Je lui mets même un vrai carton rouge de valoriser le reiki et l’occulte à travers le personnage de la voisine new age de Rona. C’est pas bien feel-good tout ça.

Je donnerai à ce roman la note d’une seule sardine.

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Heureusement, j’ai aussi trouvé grâce au club de lecture Mango & Salt sur Facebook, un roman talentueux adapté au cinéma sur Netflix (vive Netflix !) : Nos âmes la nuit de Kent Haruf, collection Pavillons, éditions Robert Laffont.

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C’est l’histoire de deux veufs qui vivent dans une petite ville : Holt, à l’intérieur des terres aux Etats-Unis. Un soir, Addie (Jane Fonda) vient proposer à Louis (Robert Redford) de venir dormir le soir avec elle car les nuits sont longues quand on souffre de la solitude à l’aube de sa vie…

Jane Fonda et Robert Redford ont passé le cap des 80 ans et ce sont les têtes d’affiche d’une comédie romantique tendre et passionnante. Comme quoi le jeunisme au cinéma, dans la littérature ou dans la vie d’entreprise a ses limites….

Je vous en reparle très vite dans un prochain article…