Musique·Sociologie

Toute la musique que j’aime : Les boys band entre gloire et oubli

J’aime beaucoup cette rubrique de mon blog : Toute la musique que j’aime. La chanson française a beaucoup d’importance dans ma vie. Elle me redonne du fouet quand je déprime et elle conduit beaucoup de mes souvenirs personnels.

Je connais les paroles par coeur et j’aime analyser pourquoi une chanson est iconique sur des décennies : quelles émotions elle procure et quel message elle transmet.

Le dernier article en date était consacré aux chansons intemporelles de Joe Dassin, il était temps de vous parler des chansons de mon adolescence dans les années 1990.

L’album D’eux, ma madeleine de Proust de la chanson française

L’année de mes huit ans en 1995, j’ai reçu à Noël le cd iconique de Céline Dion que je ne connaissais pas du tout : D’eux composé par notre Jean-Jacques Goldmann national (un record : quatre millions de ventes en France). On peut dire que le disque est rayé car j’en ai passé des heures dans mon salon à imaginer des chorégraphies alambiquées des chansons de Céline avec ma brosse à cheveux en guise de micro. Puis j’ai découvert la chanson Je te donne, reprise par les World ‘ s appart, un boys band anglais entre 1995 et 1998.

La mode des boys band dans la cour de l’école : suivre le mouvement comme tout le monde mais sans passion, ni hystérie.

Je n’étais pas très fan des boys band, enfin pas au point d’afficher des posters de OK magazine dans ma chambre mais mon père m’a emmené voir le spectacle de ces garçons anglais (rien à voir avec les Beatles) parce que j’avais un bon bulletin (c’était assez rare à l’époque, le bon bulletin). J’avais bien aimé leur show mais leur final en caleçons ornés du drapeau de l’Union Jack m’avait vraiment paru ridicule.

Avec mes copines de classe en primaire, on aimait beaucoup plus les Spice Girls et leur fameux Girl power dont on ne comprenait pas grand chose. D’ailleurs, mes cousins marseillais se moquaient quand même un peu de moi pour mon goût pour les Spice Girls.

Ce groupe de filles était un vrai produit marketing de l’industrie musicale mondialisée mais leurs chansons étaient divertissantes (je n’ai absolument rien retenu de leurs paroles). J’ai eu plaisir à les retrouver lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Londres en 2012 et à travers le documentaire consacré à David Beckham, le fameux mari de Posh !

Les boys band, produit marketing des industries de la musique ?

En 2025, nous fêtons les trente ans des boys bands et en toute franchise, le bilan n’est pas bien reluisant. Dans cette rubrique Toute la musique que j’aime, j’apprécie de mettre en valeur l’univers d’un artiste , le tournant que sa carrière a pris à force d’efforts colossaux à l’instar de Charles Aznavour qui a failli abandonner le métier…

Certaines de leurs chansons deviennent iconiques et marquent leur époque pour leur poésie, les émotions qu’elles suscitent….Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Joe Dassin, Henri Salvador ont eu de belles carrières d’un demi-siècle.

Les boys band, c’est un vide créatif intersidéral. Un feu de paille qui a duré trois ans, balayé par France 98 où les chanteurs ont été vite remplacés par les footballeurs, les nouveaux héros collectifs. Les boys band annonçaient les candidats de télé-réalité type Loft story, Star Academy que l’on jugeait sur leur physique avant tout.

Pourtant, l’ascension des 2be 3 est une jolie histoire. Adel, Filip et Franck consistaient une vraie bande de copains authentiques. Ils ont montré un visage positif de leur banlieue de Longjumeau avec leurs copains de lycée qui dansaient du hip-hop en arrière plan quand la télévision est venue chez eux les découvrir.

Cependant, c’est plutôt le positionnement des labels de musique qui est critiquable. Chaque label a monté son boys band : Alliage, 2be3, Gsquad avec des arguments vraiment très sexistes : exhiber des jeunes hommes musclés torses nus pour faire hurler d’hystérie les jeunes adolescentes et ainsi remplir les zéniths de l’Hexagone. La machine à cash était lancé au détriment du projet artistique de chacun. Heureusement, certains d’entre eux pourront prendre leur revanche avec la tournée Back to 1990 comme le groupe de filles L5 ou Lorie qui fait la tournée des zéniths vingt ans plus tard. Elle est invitée sur tous les plateaux télé alors que son label lui a signifié qu’elle était has been.

Etre un artiste pour soi-même

Le retour de boomerang sera violent pour chacun de ces garçons une fois l’euphorie retombée. On les cataloguera vite de has been, ils tomberont dans l’oubli et la moquerie. Steven, l’un des membres du groupe Alliage l’a d’ailleurs raconté à Mireille Dumas dans son émission de confessions. Cette notoriété soudaine qui s’éteint à toute vitesse a été très déstabilisante à vivre pour lui comme pour d’autres, heureusement il a trouvé du sens dans la foi en Jésus.

Alors oui, on fredonne Partir un jour sans retour… mais les paroles des chansons des boys band sont vraiment tombées dans l’oubli alors que Mistral gagnant ou Foule sentimentale sont imprimées dans nos cœurs. Le but de cet article n’était pas du tout de mépriser les boys band mais de mettre en lumière la vanité des industries musicales qui ont privilégié l’argent au mépris du talent artistique.

D’ailleurs, Charly et Lulu de l’émission Le hit machine sur M6 ont autant de succès que les boys band avec leurs parodies aux paroles gentiment moqueuses.



DIY·Ile de France et Paris·Lifestyle

Cultiver son estime de soi avec un atelier céramique détente !

Pendant longtemps, je regardais avec attention leurs stories sur Instagram et un beau jour d’octobre, j’ai sauté le pas, je me suis inscrite coup sur coup à deux ateliers créatifs en l’espace d’un mois.

J’ai a-do-ré cette expérience qui m’a apporté une détente instantanée dès que j’ai commencé à poser les premières couches de peinture avec un énorme pinceau. Il faut dire que j’ai comparé différents cafés céramique avant de choisir le lieu où j’irai finalement.

Peindre un bol en céramique pour le transformer en kiwi

Café Geneviève, 327 rue Saint Martin, Paris 3eme arrondissement, métro Strasbourg Saint Denis.

J’avais un peu des a-prioris sur les formules car malheureusement, à Paris, nous sommes habitués à payer des prestations souvent surcotées. Heureusement, je suis bien tombée avec le café Geneviève (*achat personnel). Cette enseigne possède quatre cafés dans Paris et un à Versailles.

Pour 32€90, j’ai pu peindre une céramique de taille moyenne avec une boisson chaude ou froide offerte dans le cadre d’un atelier manuel de deux heures et je vous assure que je n’ai pas chômé. Il est obligatoire de réserver un créneau horaire.

Cela permet aux organisatrices de regrouper une vingtaine de personnes pour leur expliquer les consignes en début d’atelier afin de ne pas les répéter à chaque arrivée.

C’est vraiment un atelier très grand public où il n’est pas nécessaire d’avoir un doctorat de poterie. J’avais quelques connaissances héritées de mon adolescence et j’ai quelques doutes sur l’efficacité des engobes qui partent à l’eau. Nous verrons bien le résultat une fois que j’aurai récupéré ma pièce au café.

Le point fort de ce café est de proposer des idées créatives de motifs pour peindre sa céramique. J’avais l’idée de dessiner des citrons ou des figues car j’étais dans un trip Dolce vita pendant mes vacances d’été en Bulgarie mais je me suis décidée pour un kiwi, fruit que je mange tous les matins.

Nous étions une trentaine de personnes à nous affairer dans une ambiance studieuse, un samedi après-midi pendant les vacances de Toussaint. L’atelier était majoritairement féminin mais il y avait deux ou trois hommes venus avec madame et aussi deux enfants.

Certaines étaient venues entre amies et bavardaient joyeusement. Moi j’y suis allée toute seule et j’ai préféré car c’était technique ma pièce, je voulais me concentrer.

J’ai peint avec un large pinceau la base du bol en marron pour faire la peau du kiwi avec des effets granuleux. Il faut passer entre trois et cinq couches d’engobe pour que ça résiste à la cuisson au four. J’ai beaucoup aimé la richesse des coloris proposés, la variété de formes de céramiques et des outils à notre disposition.

Je regrette un peu les détails de mon kiwi en reliefs car ce n’est pas bien terrible si on s’en sert pour manger dedans, je crois que ça sera uniquement une pièce de décoration. A la fin de l’atelier, on nettoie son matériel et on prend sa pièce en photo pour la récupérer une semaine plus tard une fois vernie.

Alors oui, trente-trois euros un atelier de deux heures ce n’est pas donné mais j’ai beaucoup aimé l’expérience. Et j’ai tellement aimé le résultat: faire du beau renforce l’estime de soi. Le café est assez grand, on ne se marche pas sur les pieds et l’équipe est gentille est accueillante. C’est en plein centre de Paris et la décoration du lieu est soignée.

Le café-céramique, un lieu cosy dédié à la création et à la concentration en pleine production.

J’étais assez sceptique de l’efficacité des engobes qui partent à l’eau d’un coup d’éponge mais finalement ce sont eux qui font toute la réussite de l’œuvre au final. Bien évidemment, on est tous un peu perfectionniste et j’aurai aimé mieux réussir le bord du bol et l’extérieur mais je suis très contente du résultat final surtout que le bol est grand.

On peut l’utiliser pour manger son petit-déjeuner le matin mais il ne faut pas le mettre en contact d’une source chaude : ni lave-vaisselle ni four micro-ondes.

Dans un prochain article, je vous raconterai mon prochain atelier Journal créatif chez Klin d’oeil !

Non classé

Le secret des mésanges, un chef d’oeuvre made in Drôme/ Ardèche fabriqué par Folimage

Ce week-end, j’ai vécu un excellent moment de cinéma avec ma fille grâce à un film d’animation en papier découpé. Il faut dire qu’en général les films d’animation pour enfants ne sont pas vraiment ma tasse de thé.

C’était le premier film du studio Folimage que j’allais voir au cinéma. Pourtant, nous surveillons leur production car c’est un studio d’animation drômois connu dans le monde entier, et les fondateurs de Folimage, le couple Girerd sont des camarades de promotion des Beaux-arts de ma mère.

Cette fois-ci, je me suis laissée embarquée par cette belle histoire rurale sur fond de douleurs intimes et de secret de famille, exprimée avec de superbes papiers découpés. Le secret des mésanges s’adresse particulièrement aux enfants à partir de cinq ans mais c’est surtout film profond et introspectif qui parlera à toutes les générations.

Le secret des mésanges, film d’animation d’Antoine Lanciaux, produit par Folimage, sortie en salles le 22 octobre, 1h17.

Le résumé :

Lorsque Lucie, 9 ans, arrive à Bectoile pour les vacances, elle n’a aucune idée des aventures qui l’attendent ! Sa mère Caro y mène des fouilles archéologiques avec son collègue Pierrot. Cette dernière a grandi dans ce même village qui est aussi le théâtre d’un secret de famille que Lucie s’apprête à découvrir. Guidée par un couple de mésanges et avec l’aide de son nouvel ami Yann, Lucie est bien décidée à se plonger dans son histoire familiale. Des sous-sols d’un château en ruine à une vieille caravane oubliée à l’orée des bois, cette aventure les mènera de surprises insolites en fabuleuses découvertes !

« Un film aussi foisonnant que délicat (…) Un véritable travail d’orfèvre (…) L’une des plus belles surprises de l’automne » Télérama

« Une délicieuse comédie rurale (…) émouvante œuvre intime découpée dans le papier de ses secrets familiaux » La Croix

Mon avis :

J’ai eu un vrai coup de coeur pour ce film d’animation car c’était très beau : j’aime énormément le papier, l’histoire était poignante et l’intrigue passionnante : on ne s’ennuie pas du tout au cours du film. Et ensuite les thématiques évoquées : les douleurs, secrètes, la quête des origines et la guérison des traumatismes étaient abordées de manière sensible et intelligente.

Le précédent film que j’ai vu avec ma fille c’était Lilo et Stich, le film et c’était vraiment une corvée tant c’était pauvre et limité d’un point de vue créatif et artistique.

J’ai beaucoup aimé la variété et la complémentarité des personnages humains comme animaliers. Le chien Mandrin joue un rôle important dans le film car il protège toujours la petite fille intrépide.

Les deux enfants Lucie et Yann n’ont pas le même âge mais ils vont former une bonne équipe pour aider Lucie dans la quête de ses origines. Un secret de famille douloureux éloigne Lucie de sa maman. Mais les mésanges du château vont être d’une aide précieuse. J’ai beaucoup aimé la manière dont sont représentés Lucie et sa maman comme une femme et une petite fille actives et débrouillardes.

La maman réalise des fouilles archéologiques avec son collègue Pierrot mais quelque part elle fouille aussi les vestiges de son passé. Le réalisateur Antoine Lanciaux signe ici son projet le plus personnel car ce long métrage fait écho à l’histoire de sa maman qui a été abandonnée par ses parents.

 » Devenu adulte, je réalisais combien cette expérience qui prenait pourtant racine dans un drame avait été pour moi d’une grande richesse. Je réalisais aussi que la singularité de cette histoire avait orienté mes choix de vie personnels et professionnels. Je peux dire que cette histoire familiale est sans aucun doute à l’origine de mes dessins, des thématiques de mes scénarios et des films d’animation que je réalise  » Il a su tirer d’un drame familial, un trésor d’inspiration.

Nos studios d’animation : une exception culturelle française de qualité au service de films familiaux

L’équipe de réalisation du film aurait pu se servir de l’ordinateur pour simplifier son processus de création mais elle a choisi de perpétuer la manière artisanale traditionnelle des pantins et des décors en papier découpés. Le précédent film en papiers découpés datait de 1926 : Les aventures du prince Ahmed de la réalisatrice allemande Lotte Reiniger.

Le studio Folimage a pu bénéficier du partenariat de son voisin ardéchois, Canson, fabriquant historique de papier basé à Annonay. Cette entreprise a offert 800 kg de papier à l’équipe du film, un soutien économique précieux.

Chaque personnage a été décliné sous différents angles : de face, de profil, en gros plan, en différentes échelles selon les besoins de la mise en scène. Il y a une dizaine de personnages dans l’histoire mais les différents plans de ce long métrage a nécessité la création de 2000 pantins. Dix sept personnes ont ainsi crée un pantin par jour. La beauté du papier se voit tout de suite à l’écran grâce aux reliefs, aux superpositions. Je vous invite aussi à visiter le site de Laure de Papierpapierpapier.

Le rôle de la musique acoustique pour raconter une intimité familiale.

J’ai beaucoup aimé le recours à la musique acoustique toute aussi artisanale que la technique du papier découpé. Les cuivres accompagnent l’action quand elle s’intensifie sous une pluie battante et que les enfants vont résoudre l’énigme eux même. La chanson La mauvaise réputation de Brassens montre le lien de transmission invisible entre le vieil homme de la forêt et Lucie quand ils se savent pas encore qu’ils sont de la même famille. Cette chanson contestataire de 1952, souvenir de l’enfance du réalisateur colle très bien à cette ruralité heureuse décrite dans le film.

Tous mes aprioris sur les films d’animation sont en train de tomber les uns après les autres : je suis allée voir dernièrement Marcel et Monsieur Pagnol au Grand Rex et j’ai beaucoup aimé les livres jeunesse La vie de chateau de l’Ecole des loisirs adapté en film.

Ce film fait partie de la sélection officielle du festival international du film d’animation d’Annecy. Compte tenu de la qualité de ce travail artisanal qui a nécessité huit ans de conception et des milliers d’heures de travail, une récompense aux Césars ne serait pas de trop !

Enfin, il est possible de découvrir le Hollywood français du dessin d’animation : cela s’appelle La Cartoucherie à Bourg-les Valence.

La Cartoucherie, Pôle de l’image Animée – La Cartoucherie, 33, rue de Chony 26500 Bourg-Lès-Valence

Expos·Ile de France et Paris

Un voyage dans le temps en 1925 au musée des Arts décoratifs

J’ai rapidement pris ma place pour cette exposition très attendue qui vient de démarrer : 1925-2025, cent ans d’art Déco. Ce n’était pas des plus judicieux de m’y rendre un vendredi en fin d’après-midi car les espaces étaient très encombrés. Le musée des arts décoratifs se situe en plein centre de Paris, dans le quartier le plus touristique de Paris.

Art Déco : un siècle d’Histoire

Ce musée est très populaire dans Paris car il organise des expositions de société qui marquent les gens qu’ils soient touristes, provinciaux ou parisiens : L’intime, de la chambre aux réseaux sociaux est la dernière exposition que je suis venue voir ici en décembre 2024.

C’est l’un de mes musées favoris, ici j’ai vu une superbe rétrospective consacrée au travail de Jean-Paul Goude ou au héros de littérature jeunesse Babar en 2011 car ce musée abrite une riche collection d’affiches et aussi de jouets.

Il se situe dans une des ailes du musée du Louvre et donne sur le jardin des Tuileries avec une vue incroyable sur l’aile de Flore où j’ai étudié à l’école du Louvre et le musée d’Orsay plus loin. Cette exposition qui célèbre le centenaire d’un style décoratif et architectural majeur au 20eme siècle fait partie de l’ADN de ce musée.

Il y avait une dame à l’entrée dehors qui cherchait à prendre des billets pour l’expo de l’Orient-express. Elle avait tout dit tant le mythique train monopolise toute la place dans cette exposition : il occupe la nef centrale. J’ai même cru que l’expo lui était entièrement consacré.

Une semaine plus tôt, j’avais visité avec ma mère et ma fille de six ans l’exposition Art déco en régions du musée de Valence.

Je m’attendais à ce que l’exposition du musée des arts décoratifs de Paris soit beaucoup plus magistrale et époustouflante que celle de Valence.

Et bien, cela n’a pas été le cas. L’ Orient express monopolise nos esprits dans la nef centrale et les salles annexes du premier et second étage ne sont qu’une enfilade de pièces sans véritable propos : une collection de meubles, puis des affiches, puis des céramiques.

J’ai trouvé la courte exposition de Valence en six sections beaucoup plus synthétique et incarnée avec son mini film en couleurs des différents pavillons régionaux de l’exposition universelle et surtout son studio photo où l’on pouvait se déguiser avec une canne, un haut de forme ou des fourrures bon marché.

Exposition scientifique ou coup marketing pour la marque Orient express ?

C’est un peu rude comme critique mais cette exposition m’a plutôt fait l’impression d’une vaste opération de marketing autour de la marque Orient express dont le train sera bientôt entièrement rénové par l’architecte Maxime d’Angeac. Et pourtant je suis passionnée par l’Orient express qui stationne chaque semaine juste à côté de mon bureau, gare d’Austerlitz. Je lui ai même consacré un article ici, qui semble vous passionner également.

Malheureusement, l’exposition du musée des arts décoratifs ne m’a rien appris de nouveau sur l’Art déco mais elle a tout de même amorcé toute une passion pour l’Art déco.

En mars 2023, j’avais eu un vrai coup de coeur pour l’exposition de la Cité du Patrimoine : Paris/ Amérique du Nord. Cela me donne bien envie d’aller me balader dans le quartier des Folies Bergères et du Grand Rex sur les Grands boulevards pour une visites guidées expliquant l’édification de ces deux architectures de loisirs emblématiques.

Flâner un vendredi soir avenue de l’Opéra parmi les touristes.

Je suis rentrée à pied chez moi par l’avenue de l’Opéra. J’ai eu l’occasion de passer devant le nouveau lieu de Cédric Grolet : Cédric et la chocolaterie ouvert depuis le 18 octobre dernier. Force est de constater que les pâtisseries et autres cafés chics redynamisent cette avenue emblématique de Paris, autrefois délaissée par les commerçants pendant les années Covid. L’effet JO de l’an dernier est palpable : les touristes du monde entier sont bien là.

Compte Instagram de Cédric et la chocolaterie

Retrouvez ici les précédents articles de blogs consacrés aux expositions.

Expos

L’art Déco en régions célébré au musée de Valence

D’après Robert Bonfils, 1976. Lithographie en couleurs, 59,5 x 39,5 cm,  © Galerie N.C.A.G., Biarritz

L’art déco fête son centenaire en 2025. Grâce aux quotidiens La Croix et le Monde, j’ai ciblé deux expositions à voir : 1925-2025, cent ans d’Art déco au musée des arts décoratifs de Paris et L’art déco des régions au musée de Valence, la ville d’où je viens.

Longtemps pendant mes études d’histoire de l’art à l’école du Louvre, j’ai privilégié l’art Nouveau de la Belle époque car j’aimais énormément l’art de Klimt, Mucha, Hector Guimard et Gaudi vers 1900.

Mais depuis que j’ai suivi la série Downton Abbey qui se déroule en Angleterre, la période des années folles (avec Joséphine Baker au casino de Paris) me passionne beaucoup plus. J’aime tellement la modernité de ce style architectural mais aussi décoratif.

Le résumé :

Il y a un siècle, l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes signait l’apogée d’un style nouveau, l’Art déco ! Organisée à Paris en 1925, la manifestation est aujourd’hui encore un jalon crucial dans l’histoire de l’art. Pour célébrer ce centenaire, le musée de Valence propose une exposition événement : « L’Art déco des régions. Modernités méconnues ».

Loin de la capitale, plusieurs mouvements artistiques régionalistes ont repris à leur compte le vocabulaire Art déco : géométrie des lignes, stylisation des motifs, couleurs vives. L’exposition révèle ainsi un pan méconnu mais non négligeable du style Art déco et met en lumière les artistes, architectes, décorateurs et artisans qui l’ont développé.

À travers près de 300 œuvres – photographies d’époque, porcelaines et émaux de Limoges, rubans de Saint-Étienne, faïences de Quimper, mobilier basque, plans, dessins, maquettes… –, le visiteur découvre un Art déco régional riche et audacieux. Le parcours se déploie en six séquences, offrant une immersion totale dans une modernité artistique fascinante.

Je vous recommande cette exposition assez succincte mais très dense et complète.

Elle détaille avec de nombreux plans et maquettes l’exposition universelle de 1925 avec ses pavillons régionaux entre les Invalides et le Grand palais. J’ai beaucoup aimé le mini film avec des photos d’architectures en couleurs.

Ensuite, l’exposition s’attache à détailler les styles régionaux en Bretagne, au Pays basque, à Nice en montrant des intérieurs typiques. J’ai repéré tout particulièrement le travail de Clément Goyenèche qui a réalisé des chalets de montagne pour les élites.

L’exposition révèle tout un art de vivre avec de nombreux tissus, des porcelaines mais aussi des réclames pour des gants. La scénographie est très bien étudiée puisque les équipes de conservation ont pensé aux enfants en mettant en place un atelier coloriage avec les motifs de l’art déco. Mais surtout avec un petit studio photo où l’on peut se déguiser avec des chapeaux et fourrures de l’époque.

Station-service Relais du Sud, années 1940, photographie numérisée, collection antarama.free.fr © Tous droits réservés

La dernière salle de l’exposition montre une maquette d’architecture d’une station service à Valence-sud devant laquelle je passais souvent quand j’étais enfant. C’est un vérotable complexe hôtelier avec un restaurant et un toi terrasse en béton armé. Les fenêtres en hublots donnent un style paquebot à cet édifice typique de l’art Déco.

Comme l’indique le dossier de presse du musée, c’est un véritable objet urbain structurant, un repère pour l’automobiliste qui emprunte la RN7 avec les congés payés de 1936 naissants.

L’Art déco, je l’ai eu sous mes yeux quand j’étais enfant avec l’ouverture en 1994 du centre commercial Victor Hugo qui a repris les murs des grands magasins Aux dames de France mais aussi le café Victor-Hugo ou encore des immeubles de la ville avec des balcons incurvés…

Dans un prochain article, je raconterai ma visite de l’exposition du musée des Arts décoratifs, j’ai hâte de visiter le wagon de l’Orient express totalement rénové.

L’art déco des régions. Modernités méconnues. Musée d’art de Valence, Drôme. 9€ plein tarif. Du 28 septembre 2025 au 11 janvier 2026.

Je vous recommande la revue Dada, c’est une revue d’art pour les enfants qui explique bien les caractéristiques du style Art déco.

BD & romans graphiques

Que vaut le dernier Astérix ? En Lusitanie, le coq gaulois rencontre l’emblème du Portugal

C’est l’évènement éditorial de l’année : depuis le 23 octobre, Astérix et Obélix sont de retour dans la totalité des librairies et des hypermarchés français.

Mieux, cette nouvelle aventure en BD a été imprimée en 5 millions d’exemplaires dans dix-neuf langues. Deux millions d’exemplaires pour le marché français et le reste pour le marché international.

C’est un record dans le domaine de l’édition BD. Astérix est une véritable locomotive pour l’édition et la librairie française.

C’est surtout l’ambassadeur de la culture française à l’étranger puisque Astérix est la BD la plus lue dans le monde, 400 millions d’exemplaires vendus depuis 1957 (loin devant Tintin ou les Schroumpfs). De quoi redonner de la vigueur à tous ceux qui désespèrent du rayonnement de la France depuis le vol des bijoux de la Couronne au musée du Louvre dimanche 19 octobre ! .

Cet excellent article du Téléphone sonne, l’émission de France Inter explique l’amour inconditionnel et intergénérationnel des Français envers Astérix, l’anti-héros.

Les ingrédients de la potion magique Astérix : nostalgie, autodérision et heureux anachronismes.

Fabrice Caro, le scénariste à la suite de René Goscinny explique que son tandem alterne les albums de village et les albums de voyage. Après l’Iris blanc où un pseudo gourou de développement personnel mettait un sacré bazar dans le village gaulois, on retrouve nos trois compères Astérix, Obélix et Idéfix appelés à l’aide en Lusitanie.

Cet album se moque gentiment de la mondialisation en abordant les échanges commerciaux en Méditerranée autour du garum (une sauce salée de poissons) aussi recherchée que le chocolat Dubaï aujourd’hui.

Le résumé :

Du bateau du Phénicien Epidemais, déjà croisé dans Astérix et Cléopâtre, débarque Boulquiès. Ce personnage d’origine portugaise vient demander l’aide d’Astérix et Obélix. Chez lui, un de ses amis producteurs de garum (une sauce salée de poissons) est accusé d’avoir voulu empoisonner César… Les célèbres Gaulois embarquent pour le Portugal afin de résoudre cette affaire.

« Les ennemis de nos ennemis sont nos amis« 

J’ai beaucoup aimé cet album Astérix en Lusitanie car il poursuit le message de ses fondateurs Goscinny et Uderzo. Le village des irréductibles gaulois n’est pas marxiste mais il est toujours d’accord pour jouer des coudes et castagner afin de venir en aide aux peuples persécutés par l’empire romain.

C’est toujours le foutoir monstre dans le village avec leur chef sur son bouclier qui a du mal à canaliser ses ouailles qui sont bagarreurs, envieux, de mauvaise foi les hommes comme les femmes et pourtant il y a une harmonie entre eux, ils sont solidaires et communient toujours avec un grand banquet composé de bonnes bières et de sangliers. Les banquets des Gaulois et de leurs alliés sont fédérateurs et bon enfant, ceux de la Rome antique sont individualistes et ostentatoires.

Droits réservés Editions Albert René
Un tandem qui n’a pas voulu jouer le jeu du body shaming
Droits réservés Editions Albert René

Le tandem Conrad/Fabcaro a mis un soin tout particulier à évacuer les clichés racistes en faisant évoluer en un clin d’œil le personnage de Baba, le pirate africain.

lls ont manié les stéréotypes sur le Portugais avec bienveillance en insistant sur le patrimoine portugais immatériel : le fado, la saudade cette douce nostalgie, les pasteis de nata, les azulejos… mais les clichés sur l’accent portugais ou la pilosité prononcée ont été heureusement abandonnés. Obélix est un peu lourd avec la morue mais il est pleinement dans son rôle.

J’ai beaucoup aimé le couple de Parisiens retraités au Portugal qui aident les deux héros en leur vantant les mérites de pasteis de nata qui seront employées de manière non conventionnelle pour semer les Romains. Ils vont aussi les aider à parcourir le pays de manière incognito, ce qui est une première dans la saga Astérix mais je ne vais rien vous divulgacher.

Astérix : une BD indémodable qui rassemble les générations

Au prochain printemps, j’ai bien envie d’aller visiter le parc Astérix en famille car je n’y suis encore jamais allée. Plus que pour les attractions, j’ai envie de voir comment l’oeuvre artistique de Goscinny et Uderzo a été adaptée en parc d’attractions. Je m’attends à une toute autre expérience que Disneyland Paris qui regroupe des dessins animés et des univers bien différents des uns des autres.

Les chiffres de ventes des nouveaux albums qui paraissent tous les ans et des autres titres du fonds sont tellement exceptionnels qu’il faudra veiller à ce qu’Astérix reste avant tout une oeuvre littéraire et non une marque, un produit marketing.

Astérix le gaulois a évidemment toute sa place dans la série Icônes de l’enfance de ce blog ! C’est une rubrique qui me tient à coeur dans ce blog. J’aime analyser les recettes de succès comme ces long sellers : Le Petit prince, Babar, Le petit Nicolas , Les Schroumpfs, Natacha, Martine qui se transmettent de générations en générations…

Biographies et autobiographies·Sociologie

Comprendre l’envers du décor d’un procès hautement médiatique grâce à une autobiographie du métier d’avocate.

Hasard du calendrier, j’ai lu le témoignage personnel de Béatrice Zavarro, l’avocate de Dominique Pélicot durant le procès en appel des viols de Mazan. Je l’ai lu en trois soirées tant j’ai été happée dans ma lecture par l’autobiographie d’une femme sensible et dotée d’une humanité rare.

Le grand public la connait comme l’avocate du diable comme l’a surnommée ainsi un média d’Amérique latine quand elle a été interviewée en tant qu’avocate de Dominique Pélicot.

Le procès des viols de Mazan qui dura quatre mois a suscité l’intérêt de plus de 180 médias dont 86 médias étrangers présents lors du verdict. Ce sont les médias espagnols qui se sont le plus déplacés mais également le New-York times américain.

Le résumé :

Béatrice Zavarro est l’avocate qui a défendu Dominique Pélicot. Tout en évoquant son parcours de vie, elle raconte le premier contact avec son client, les moments clés de la procédure et les défis nombreux rencontrés tout au long de ce procès pour l’histoire.

Mais surtout, en montrant un immense respect pour la victime, Béatrice Zavarro revient sur les confrontations notamment avec les avocats des coaccusés mais aussi sur les plaidoiries, le verdict, et l’après Mazan…
Qualifiée par la presse d' » avocate du diable « , elle précise sa motivation à défendre l’indéfendable, et révèle les raisons profondes de cet engagement qu’il faut aller chercher dans son histoire personnelle. Un récit d’une grande force qui nous permet de mieux comprendre cette affaire hors norme qui a impacté à jamais la France et le monde.

Mon avis :

Ce livre très bien structuré est organisé en trois grandes parties et en vingt-six chapitres. Il a été coécrit avec Danièle Prieur, avocate.

Le livre s’ouvre sur son histoire personnelle. Elle est marseillaise depuis toujours et on comprend vite que sa petite maison près de la calanque de Morgiou est son refuge, son havre de paix…. Béatrice Zavarro explique que son mari Edouard est son pilier, il l’a accompagné tous les jours du procès pour la soutenir aussi bien moralement que physiquement. Il portait aussi les épais classeurs du dossier car l’avocate marseillaise souffre d’un tassement de vertèbres depuis l’instruction du procès Pélicot il y a quatre ans.

Ce livre raconte comment elle a organisé son cabinet autour de cette affaire hors-norme dans sa carrière car à son grand regret, Dominique Pélicot n’a pas voulu de deuxième avocat pour qu’elle fasse équipe avec quelqu’un. Pendant des mois, elle a multiplié les aller-retour en voiture Marseille- Avignon pour les confrontations avec les cinquante et un coaccusés.

C’est beau de l’entendre expliquer comment la solidarité de sa famille et de ses amis l’ont aidée à tenir. Elle a vécu une véritable épreuve personnelle durant ce procès avec des confrères de la défense qui ne lui ont pas fait de cadeau.

Il y a eu énormément d’articles de presse pour présenter Mme Pélicot, sa fille ou encore Béatrice Zavarro dans les magazines féminins car elles ont eu une vraie carrure morale dont ce porcès avait besoin.

Je n’ai pas lu le livre de Caroline Darian : Et j’ai cessé de t’appeler Papa, quand la soumission chimique touche une famille, éditions Robert Laffont mais je l’ai acheté par solidarité pour son association. J’attends 2026 pour lire l’autobiographie de Gisèle Pélicot, éditée par Flammarion.

Même si ce n’est pas joyeux même insoutenable par moments, j’ai aimé lire ce livre car il explique le déroulé d’un procès expliqué par une des avocates les plus pédagogues et humaines qu’il soit. En annexe du livre, on peut lire la longue plaidoirie de maître Zavarro au procès Pélicot.

Elle compte une dizaine de pages, un exercice oral qui peut durer plusieurs heures durant l’audience. C’est fort intéressant pour l’effort rhétorique que cela demande, on comprend bien mieux le rôle d’un avocat de la défense. La lecture de ce livre m’a énormément éclairée pour comprendre le déroulé du procès Jubillar qui vient de se terminer.

J’ai lu avec intérêt les articles de Pascale Robert-Diard, journaliste judiciaire au Monde car elle a un vrai talent pour montrer les forces et les faiblesses des uns et des autres, comment des relations sont brisées dans la société et comment la justice peut apporter réparation.

J’ai beaucoup de mal à comprendre les jugements hâtifs qui crient haut et fort que les victimes de faits-divers aussi médiatisés cherchent le profit en publiant un livre. C’est un vrai défaut d’empathie de prêter de telles intentions aux victimes.

J’ai lu dans une interview à L’Humanité à propos de ce livre que Béatrice Zavarro était plus intéressée par l’enjeu humain, la trajectoire des individus : « Personne n’est à l’abri d’un mauvais geste, d’une mauvaise décision… »

Le détenu des Baumettes qui a conseillé à Dominique Pélicot de lui demander d’être son conseil a été bien inspiré. Il avait vraiment besoin d’une femme fort et infiniment respectueuse de la victime Gisèle Pélicot. Ce ne fut pas le cas de bien des avocts de la défense qui ont osé plaidé la complicité du couple Pélicot.

L’impact du procès des viols de Mazan : témoignage d’une avocate engagée

L’écriture d’un livre peut avoir un rôle thérapeutique. Gisèle Pélicot a été portée par l’amour et le soutien de milliers d’anonymes qui lui ont écrit, apporté des fleurs, collés des affiches de nuit pour hurler leur solidarité…

J’aime aussi les émissions de Faustine Bollaert où elle invite des inconnus à témoigner de l’impact d’un procès dans leurs vies. J’ai une pensée pour tous ces anonymes collègues de travail, maîtresses d’école, amis qui portent l’histoire de Delphine Jubillar et qui espèrent la vérité depuis 2020.

Ces accusés de grands procès médiatiques font souffrir leurs conjoints, leurs enfants dans leur cercle intime. On les condamne à vingt ans, trente ans de prison pour mettre la société à l’abri de leurs pulsions, leurs agissements.

Mais est-ce que la prison pourra être un enseignement pour eux vers la rédemption ?

Non classé

Mon entrée en CP… en tant que parent : expériences et souvenirs

En septembre, nous avons vécu une nouvelle expérience en tant que parents : l’entrée au CP ! Dès la fin août, je me suis sentie comme Fabienne Lepic de la série Fais pas çi, fais pas ça dans le rayon des fournitures scolaires. Mais j’étais bien contente de moi le jour de la rentrée d’avoir acheté toute la liste scolaire sans me tromper ni faire d’oubli.

Le jour de la rentrée, l’équipe enseignante avait mis en place un rite de passage vraiment fort (je n’avais jamais vu ça). Les élèves des classes supérieurs viennent en chorale chanter un ou deux chants pour accueillir les plus petits. Et au cours de l’année, les CP apprendront aussi une chanson pour accueillir les suivants à la rentrée prochaine.

Cela m’a permis de me replonger dans mes propres souvenirs de CP et CE1 pour échanger avec ma fille. J’ai compris avec elle que réciter une poésie fait travailler l’élocution, la mémoire… Rien de bien révolutionnaire en soi mais cela apporte une nouvelle dimension quand on est le parent et non plus l’élève.

En ce début d’année, les enfants rapportent chacun à leur tour la mascotte de la classe Jean-Loup chez eux pour ne pas qu’elle s’ennuie le week-end à l’école. C’est un excellent support pour enrichir sa narration personnelle et les enfants s’attachent à la peluche. Ils avaient même fait un escape game les premiers jours d’école car les trois mascottes s’étaient cachées en maternelle car elles ne voulaient pas aller en CP. Pour les retrouver, les enfants ont dû se servir des clavers d’ordinateur pour saisir un message.

Technologie et éducation : un équilibre à trouver pour nos enfants

Cela m’a fait réfléchir sur mon aversion pour les écrans car j’ai réalisé que ma fille est née avec Internet, les smartphones et les réseaux sociaux contrairement à moi ayant grandi dans les années 1990. Tout interdite de front serait excessif alors il va falloir réfléchir à un moyen d’utiliser en famille les nouvelles technologies de manière intelligente.

La lecture d’albums jeunesse : la plus belle des manières de vivre les rites de passage.

L’entrée au CP c’est aussi les dents qui tombent et le visage d’enfant qui se transforme… Je vous recommande ce roman de transmission : L’insignifiante petite histoire. Il s’adresse à tous les nostalgiques devenus grands à qui la petite souris manque !

J’ai aimé le style de ce premier roman écrit avec coeur et loyauté envers une grand-mère qui a porté l’auteur et qui lui a transmis l’essentiel : l’amour filial. Il s’exprime dans ce roman par une lettre à chaque dent qui tombe. Les enfants perdent vingt dents de lait dont la dernière tombera vers les onze ans de l’enfant (Manuel d’anatomie générale).

La petite souris est une légende populaire qui récompense le rite de passage : la dent de lait tombe pour s’approcher de l’âge adulte. Elle a été crée dans un conte français qui date du 17eme siècle.

Le résumé :

Tous les enfants aiment la petite souris. Comme par magie, elle échange leurs dents de lait contre un peu d’argent. Mais Gabriel n’a pas cette chance. Sa petite souris ne lui a jamais donné une seule pièce. Elle se contente de lui écrire. Lettre après lettre, dent après dent, elle raconte son insignifiante petite histoire à la manière d’un conte. Gabriel ignore que sous la plume de cette souris se cache sa grand-mère, une femme discrète au passé stupéfiant. Plongez dans un monde de rongeurs courageux et attachants. Ce récit drôle, émouvant et tendre vous surprendra autant qu’il vous enchantera.

Derrière ce nom de plume, se cache un ami de longue date qui a un imaginaire incroyable, transmis par sa maman, que je connais aussi. Sa maman avait un talent incomparable pour conter aux enfants des histoires en public. Je vous recommande donc de découvrir l’univers de Gabriel Mus, un ami d’une grande valeur, capable d’organiser des jeux de mimes hilarants pour rendre un anniversaire entre amis uniques. Je l’estime beaucoup avec son épouse car ils prennent à coeur leur métier de faire famille pour ceux qui en sont privés.

L’insignifiante petite histoire de Gabriel Mus (nom de plume), autoédité, 329 pages, 19.99€

Retrouvez d’autres articles du blog consacrés à la parentalité et à la littérature jeunesse ici :

Pourquoi Roule galette est tout sauf un livre ringard

– Regarder une image c’est apprendre à lire

Au revoir Monsieur Sempé, le poète de l’enfance

Carnets de voyages urbains·Du livre à l'écran

Marcel et Monsieur Pagnol : un biopic animé éblouissant dédié à un formidable conteur

C’est l’ évènement culturel de cet automne : Marcel et Monsieur Pagnol, le film d’animation signé Sylvain Chomet, le réalisateur des Triplettes de Belleville et de L’illusionniste, nominé quatre fois aux Oscars.

Le résumé du film :

A l’apogée de sa gloire, Marcel Pagnol reçoit la commande d’une rédactrice en chef d’un grand magazine féminin pour l’écriture d’un feuilleton littéraire, dans lequel il pourra raconter son enfance, sa Provence, ses premières amours…

En rédigeant les premiers feuillets, l’enfant qu’il a été autrefois, le petit Marcel, lui apparaît soudain. Ainsi, ses souvenirs ressurgissent au fil des mots : l’arrivée du cinéma parlant, le premier grand studio de cinéma, son attachement aux acteurs, l’expérience de l’écriture. Le plus grand conteur de tous les temps devient alors le héros de sa propre histoire.

Nous avons vu ce film d’animation en famille en avant-première au Grand Rex cet après-midi. Marcel Pagnol est un écrivain immensément populaire, ambassadeur de la francophonie dans les écoles du monde entier un peu comme Le petit prince de Saint -Exupéry.

J’ai lu La gloire de mon père et Le chateau de ma mère qui font partie de la trilogie Souvenirs d’enfance publiés en 1957. C’est Hélène Lazareff, la patronne du magazine Elle qui a commandé à Pagnol alors dans le creux de la vague, un feuilleton de Noël sur le thème de la famille. Ce sera un succès immédiat puisque 50 000 exemplaires de cette autobiographie provençale seront vendus le mois suivant sa parution.

Le roman Le chateau de ma mère est de loin mon favori car il raconte une ascension sociale contrariée par une entorse au règlement. Le chef de famille entraine les siens à traverser de riches propriétés pour leur économiser des kilomètres de marche jusqu’à leur résidence secondaire. Il est en tort mais ses bons sentiments lui rendront justice. Je rêve de visiter un jour La bastide neuve sur les hauteurs d’Allauch un jour.

Ma critique du film d’animation Marcel et Monsieur Pagnol de Sylvain Chomet

Il s’agit d’un biopic chronologique et biographique qui raconte l’enfance de Marcel Pagnol vers 1900 dans le Marseille de la Belle époque jusqu’en 1974 date de la mort de l’académicien à Paris. Ce biopic animé montre aussi les doutes du créateur génial : il est devenu romancier à 61 ans quand il doutait de sa créativité.

Comme Sylvain Chomet le remarque dans le dossier de presse de son film, Pagnol est souvent juste. Il sait faire vibrer la bonne corde. Il raconte des tragédies avec des familles qui s’affrontent, des situations dures comme des filles-mères rejetées par leur famille (La fille du puisatier, la trilogie Marius-César-Fanny) ou des rivalités de village qui mènent à la mort (Jean de Florette et Manon des sources) .

Pagnol, l’ambassadeur de Marseille et de la Provence dans le monde entier.

C’est Laurent Laffite, acteur parisien de la Comédie française qui prête sa voix à Marcel Pagnol. A la différence des précédents films de Sylvain Chomet, la voix humaine fait son grand retour car elle a une importance dans l’oeuvre de Pagnol.

L’accent chantant méridional des clients du bar de la Marine fait pleinement partie de la carte postale même caricaturale. Jules Raimu et Fernandel font partie des amis proche de Pagnol, ils viennent tous de la même région : Marseille et Toulon, tous trois ont triomphé à Paris.

Je suis né dans la ville d’Aubagne, sous le Garlaban, couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers. Garlaban, c’est une énorme tour de roches bleues, plantée au bord du Plan de l’Aigle, cet immense plateau rocheux qui domine la verte vallée de l’Huveaune.

Incippit de La Gloire de Mon père, éditions Fortunio, 1957.

Je vous recommande de visiter le site officiel de Marcel Pagnol en attendant l’ouverture de son musée en 2026 dans une ancienne usine d’électricité à Allauch !

Le château de la Buzine, 56 Trav. de la Buzine, 13011 Marseille : le chateau de la mère de Pagnol près du canal de Marseille.

La bastide neuve : 115 Chem. des Bellons, 13190 Allauch

Retrouvez ici mes précédents articles consacrées aux adaptations littéraires : du livre à l’écran mais aussi un carnet de voyages urbain consacré à Marseille.

Sociologie

Hommage à Antoni Lallican, pour son courage à témoigner en photo.

Vendredi 3 octobre, notre pays a eu la désagréable et effroyable mauvaise surprise d’apprendre la mort du photojournaliste Antoni  Lallican tué par un drone dans le Donbass en Ukraine. C’était en une  du journal Le Monde pour lequel il collaborait.       

Ce photojournaliste était un visage connu et apprécié du journal La Vie, la rédaction où je travaille. L’annonce de sa mort a été un vrai coup de massue pour moi car nous avons le même âge et j’avais eu l’occasion de correspondre un peu par email avec lui en mars dernier.

Antoni Lallican a réalisé de nombreux reportages photo pour l’hebdomadaire chrétien notamment en Arménie, à Bethleem et dernièrement en Syrie.  Il collaborait pour une quinzaine de médias français et étrangers tous plus prestigieux les uns que les autres : Le Monde, La Croix, La Vie, Médiapart, Le Figaro, Libération mais aussi des médias suisses et allemands… Il a été récompensé en 2024 par le prix Victor-Hugo.

Dans mon service, on s’occupe du suivi administratif des journalistes et des photographes en reportage en zone de guerre. On leur fournit des gilets pare-balles, des casques et une trousse d’infirmerie pour effectuer les premiers secours : faire un garrot, sécuriser sa chambre d’hôtel … mais on est impuissant si leur voiture estampillée presse est la cible de drones kamikazes.   

Un très beau reportage en Syrie encore disponible ici ! : ma photo préférée ce sont les enfants syriens qui jouent au baby foot.

Les parcours personnels de ces journalistes et photographes ce ne sont pas de simples dossiers dans une base de données. On échange par mails avec eux pour leur faciliter la vie avant leur reportage risqué. Et on est sur le qui vive quand on les sait sur le terrain.  Mais c’est tellement agréable quand le reportage est publié et qu’on peut s’émerveiller devant la beauté des photos et des textes.

Face à la désolation et à la douleur, les rédactions partenaires d’ Antoni Lallican ont fait ce qu’elles savaient le mieux faire : collecter ses plus belles photographies et recueillir les témoignages de ses confrères devenus des amis dans le métier. Ce superbe hommage signé Pierre Jova est à lire dans les pages de La Vie du 9 octobre.

Les articles du Monde et de La Vie montrent à quel point ses photographies étaient lumineuses car il savait capter les meurtrissures avec délicatesse et empathie pour les personnes qu’il rencontrait (article du Monde de Brice Laemle et Aude Dassonville ).

Je pense particulièrement à Pierre, son coéquipier de reportage qui est devenu un ami proche, à Perrine, Claire et Marie-Laure du service photo, à Judith, à Pascale qui est partie en reportage avec lui également, à Arnaud qui s’occupe de l’infirmerie, à ces photojournalistes déployés en Ukraine, à Laurence et Priscilia qui les envoient en reportage…

Je vous recommande cette vidéo passionnante où Antoni Lallican présente son métier de photojournaliste lors du festival Solidays interviewé par Maïtena Biraben.

Retrouvez ici la beauté de son travail photographique sur son site personnel et celui de son agence. J’espère vivement qu’un musée national dédié à la photographie aura la bonne idée de lui organiser une belle rétrospective avec un catalogue d’exposition le plus complet qui soit.