Parentalité

Vive la sieste ! Non tu n’est pas forcément un #parent épuisé, tu vis un tout autre rythme …

Au fil de nos visites hebdomadaires à la bibliothèque, nous avons découvert en famille les livres de Yuichi Kasano à l’Ecole des loisirs. C’est un amoureux de la nature qui a trouvé sa vocation de dessinateur en découvrant des dessins originaux de Béatrix Potter au musée des Beaux-arts de Boston.

Il a publié une douzaine d’albums très poétiques pour les enfants entre 3 et 6 ans dont Petit rocher, mon favori… Un grand merci à l’Ecole des loisirs de m’avoir envoyé leur dernier livre Vive la sieste.

C’est un petit livre cartonné qui verbalise une réalité bien ancrée : tous les animaux aiment faire la sieste. Si cela pouvait inspirer leur petits lecteurs…

Ce livre tout simple est néanmoins très efficace : il explique aux petits qui dorment encore l’après-midi à l’école en quoi le sommeil est réparateur, en quoi la sieste est un moment privilégié de la journée.

C’est un excellent prétexte pour aborder un sujet qui me tient à coeur depuis un bon moment. J’ai beaucoup de mal avec le caricatural compte #parentépuisé. Ca fait vraiment pleurnichard et je doute que la plainte répétée soit si constructive. Quand je regarde l’émission La maison des maternelles, j’imagine bien l’immense lassitude et la fatigue terrible qui terrassent de nombreuses parents surtout quand il y a plusieurs enfants.

Je pense qu’on ne réalise pas assez à quel point nous changeons de rythme de vie quand on devient parent. On entre dans une toute autre dimension spatio-temporelle et il suffit de l’accepter. Non tu n’as pas vieilli d’un coup, non les petits loisirs que tu aime bien faire en mode pépouze ne sont pas derrière toi. Cela te demande juste de t’organiser différemment, d’être malin pour grapiller même quinze minutes à soi dans une journée…

C’est tout à fait normal d’avoir besoin de faire une sieste le week-end quand tu es sur le pont depuis six heures du matin et que tu dois surveiller que ton enfant ne va pas se vautrer dans la rue avec sa trottinette. Réalise que tu as une mâtinée deux fois plus chargée que les autres et que ton petit moment pépouze en mode limace sur ton canapé, tu l’as amplement mérité.

La parentalité est une expérience humaine intense où tu vas découvrir où sont tes limites et en quoi être responsable d’un enfant peut t’amener à les dépasser. J’écris cet article ce printemps alors que mon frère et mes cousins que j’ai vu en bodys grenouilles vont devenir parents. Quelle joie de recevoir la première photo de leur nouvelle famille.

Je comprends comme on peut se sentir nostalgique de passer en poussette devant le café Oz de Châtelet en se disant cette belle époque est révolue… Mais une toute aussi belle t’attends, elle est juste incomparable.

Et puis aller jouer au bowling en famille un samedi matin à 10 heures ou avoir les jeux du parc floral de Vincennes juste pour soi, c’est pas mal aussi.

Grâce à ma fille, j’ai découvert plein de loisirs géniaux qui m’ont ramené en enfance : lire les livres des Monsieur Madame…, se faire plein de potes dans le bus car elle socialise avec la mamie du coin ou l’ado rebelle qui ne te calculent même pas quand tu es tout seul…

La parentalité c’est comme un parc d’attractions avec des sacrées montagnes russes émotionnelles, il suffit juste de kiffer et de lâcher prise. Une bonne sieste t’attend !

Retrouvez-ici mes précédents articles sur la parentalité dans la page Les aventures rocambolesques d’une mère moderne…

#1 : Des gigoteuses à la pelle

#2: Dormir comme un marin du Vendée globe quand on est jeune parent.

#3 : La curiosité au jardin public n’est pas un vilain défaut, c’est un trait de sociabilité !

Blogs, podcasts et applications numériques·Cinéma

@Accidentally Wes Anderson, ce que Instagram sait faire de mieux : vendre du rêve

J’ai réalisé il y a peu en écrivant mes petits carnets de voyages urbains dans ce blog, à quel point j’aimais l’architecture. Quand j’étais élève à l’Ecole du Louvre, les termes techniques relatifs à l’architecture me barbaient au plus haut point mais j’aime encore plus les bâtiments que les tableaux.

Je suis émerveillée par une architecture traditionnelle flamande à Lille, un immeuble Grand siècle à Paris, un château médiéval à Vincennes, les maisons loufoques de Gaudi à Barcelone…

Je suis depuis quelques années la chaîne Youtube de Léna Situations et son amour pour l’esthétique de Wes Anderson a été contagieux. Alors que je n’ai regardé aucun de ses films. Mais j’ai bien envie de voir The Grand Budapest hotel pour ses couleurs pastel, les costumes du personnel de l’hôtel, cette symétrie parfaite et surtout cette architecture si européenne. Wes Anderson est l’ambassadeur de la Mittle Europa.

L’esthétique de ces films est tellement particulière que des explorateurs du monde entier se sont mis à alimenter un compte Instagram et un site Internet pour collecter 200 lieux dignes de ses plus beaux décors.

Wally Koval, l’auteur de ce livre s’est chargé avec son équipe de vérifier les informations et de légender les clichés. Voici ce qu’Instagram est capable de faire de plus beau : fédérer une communauté à la gloire de l’architecture et du cinéma.

Bureau de poste en Alaska. Photographie de Robin Petravic et Catherine Bailey

Ce livre regroupe des lieux hors du temps comme des hôtels, des stades, des bains publiques qui font la renommée de Budapest, des banques, des églises mais aussi des cabanes à pancakes en pleine nature en Croatie…

Il est structuré selon neuf régions du monde : Etats-Unis et Canada, Amérique latine, Europe centrale et de l’Ouest, Royaume-Uni et Europe du nord, Europe de l’est et du sud, Moyen-Orient et Afrique, Asie centrale, du sud et de l’est, Océanie et sans oublier l’Antarctique.

J’ai particulièrement aimé les architectures des Etats-Unis et d’Europe centrale pour leurs origines communes, le passé qu’elles révèlent mais j’ai eu quelques belles surprises inattendues !

Ce livre est une belle pépite que je devais chroniquer dans ce blog, il est évident que je vais le demander pour Noël prochain au pied du sapin car il doit rejoindre ma bibliothèque !

Coté France, j’ai tellement aimé ce beau livre La France de Raymond Depardon. C’est le catalogue d’une exposition à la BNF en 2010. Raymond Depardon, photographe mondialement connu a sillonné près de 70 000 kilomètres de la France périphérique en s’éloignant des grands axes.

Il a voulu raconter son pays à travers ses préfectures, les commerces, les cafés, les petites habitations de bord de mer fermées en basse saison… J’y ai même reconnu Dieppe, Criel sur mer et sa fameuse pataugeoire (mes premiers souvenirs d’enfance…). J’ai vraiment adoré ce livre que je parcours souvent quand je vais à la médiathèque de ma ville.

Ce projet photographique a été réalisé avant le mouvement des gilets jaunes de 2018, quand les réseaux sociaux n’étaient pas aussi puissants qu’aujourd’hui. Photographier la France périphérique m’a fait penser au roman autobiographique Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson, adapté au cinéma. Il parcourt la diagonale du vide entre la vallée de la Roya et les plages du Cotentin…

Droits réservés Raymond Depardon

Ile de France et Paris·Lecture et autres challenges passionnants

Dans les coulisses du festival du livre au Grand palais éphémère et au collège des Bernardins

Jeudi dernier, j’ai eu la joie d’aller à l‘inauguration du festival du livre au Grand palais éphémère. Je ne suis pas une grande fana des mondanités.

Mais j’affectionne cette soirée assez réputée à Paris (mais tout à fait démocratique, aucun dress-code) car elle célèbre les métiers du livre qui me passionnent depuis quinze ans maintenant.

C’est assez grisant de se retrouver avec ses collègues un verre à la main pour fêter le livre -notre travail-tout au long de l’année avec d’autres éditeurs quand le jour tombe sur la Tour Eiffel et le pavillon italien au fond du lieu.

Les organisateurs avaient placé différents lieux de cocktails sur le site avec des Apérol Spritz et de la charcuterie italienne. J’ai trouvé ça très convivial !

Quand je suis arrivée à Paris en 2006, j’ai intégré l’Ecole du Louvre mais j’étais plus intéressée par l’édition et la librairie. Alors jeudi soir, j’ai retrouvé en moi la petite Margot qui avait la vingtaine à l’époque et je me suis dis que j’en ai fait du chemin quand même.

Dans un précédent article, je racontais tous les petits boulots que j’ai fait en quinze ans

J’ai travaillé au moins trois fois au salon du livre de la Porte de Versailles et j’aime vraiment le festival du livre en étant exposant. C’est vraiment un privilège de travailler sur cet évènement international. Je l’avais déjà raconté ici l’an dernier.

Quand elle était encore en vie, j’adorais raconter à ma grand-mère Annette les personnalités que je rencontrais au Salon du livre. Elle était ravie quand je lui ai ramené un autographe de Marie Drucker, récolté sur le stand de France Télévisions.

Cette année, j’ai encore vécu une autre expérience de festivalière puisque les éditions Bibli’o Scriptura pour lesquelles je travaille participaient au festival mais hors les murs : le festival des livres religieux au collège des Bernardins le 22 et 23 avril dernier.

Je suis vraiment contente car c’était moi qui étais chargée de la commande des livres en amont et il n’y a pas eu de couac. J’étais un peu sur les dents le vendredi après-midi d’attendre mes livres car si le livreur ne vient pas, le stand est vide et c’est la honte. Je me voyais déjà remonter la montagne Sainte Geneviève au pas de course pour rafler tout notre stock de livres au bureau.

Quand nos bienfaiteurs sont arrivés : les livreurs du distributeur ! Ils ne font pas un métier facile surtout pour stationner dans Paris et le livre ce n’est pas forcément leur domaine.

Ils ont été géniaux à livrer tous nos cartons juste devant notre stand avec leur transpalette pour nous éviter de nous casser le dos.

Bon je confesse que je suis allée vérifier dans leur camion qu’ils avaient bien mes cartons quand ils avaient le dos tourné. Ma chère collègue Laurène a fait le guet …

C’est ce genre de petites anecdotes, ces moments de vie qui font vivre les salons du livre. Cela enrichit l’esprit d’équipe car c’était vraiment un plaisir de monter le stand avec mes collègues Laurène et Simon, notre stagiaire en DUT métiers du livre Noémie.

On a fait le tour du quartier pour trouver des ballons de baudruche aux couleurs de notre nouveauté : Rendez-vous au puits

Le lieu était vraiment superbe avec ces voutes (vous pouvez suivre l’histoire du lieu dans une des stories du compte Instagram de Bibli’o) . C’était génial de voir ces enfants participer aux ateliers organisés par la maison d’édition Mame. Le dessinateur de Loupio, Jean-François Kieffer, était venu avec un instrument de musique pour raconter l’histoire du petit troubadour.

Sur notre stand, Miguel Lalor nous a fait la joie de venir dédicacer son livre Petit robot vert dont nous avions fait une belle fête de lancement cet automne au temple du Marais.

L’après-midi est vite passée puis ce fut le moment de tout remballer. C’est toujours curieux une fin de salon. Une petite routine éphémère se crée avec nos voisins de stand, tout le monde fait la même chose : mettre en carton. On se prête la scotcheuse, on se dit au revoir.

Les magasiniers de la Procure Paris ont été d’une grande aide avec nous, cela se voit que c’est leur quotidien. C’est eux qui réceptionnent nos livres tout au long de l’année et c’était l’occasion de les rencontrer et de les remercier.

Ce dimanche 23 avril, c’était mon anniversaire, je suis rentrée à pied reprendre le métro à Saint Paul en passant par l’Ile Saint Louis, perdue dans mes souvenirs de ces quinze dernières années.

Pour blaguer et sans se prendre au sérieux, je dirais que ce festival du livre était pour moi celui de la maturité. Quand l’expérience des salons aide à anticiper certains étapes comme toujours garder ses cartons pour prévoir quand on remballe les livres…

Retrouvez ici mes derniers articles de blog ici :

-Comment je suis devenir chrétienne… à l’école primaire

-Sur les chemins noirs, partir à la quête de soi

Sauveur et fils, la série superstar au dernier festival du livre

Du livre à l'écran

Sur les chemins noirs, partir à la quête de soi grâce à la littérature et au cinéma…

Libraire et cinéphile, j’ai conseillé à de nombreux Kubers de lire Sur les chemins noirs, récit autobiographique de Sylvain Tesson publié en 2016 (535 000 exemplaires vendus, éditions Gallimard).

Ce roman raconte un périple à la quête de soi. Sylvain Tesson est un écrivain-aventurier qui a parcouru le monde notamment dans les terres arides de Sibérie. Il aime escalader des bâtiments et des immeubles pour faire rire ses amis les soirs de fête.

Sauf qu’un soir, il glisse et s’écrase huit mètres plus bas, face contre le trottoir. Pendant sa convalescence qui durera de longs mois, corseté et bien amoché, il décide d’entreprendre une randonnée de 1300 kms, seul le long de la diagonale du vide. Les nombreux flash-backs du film vont rapidement montrer aux spectateurs à quel point cette idée est risquée.

Je n’aime pas forcément ni la marche ni la randonnée car quand j’étais ado, mon père marchait toujours 50 mètres devant donc c’était une vraie corvée (solitaire en plus) pour moi. Je me suis bien reconnue quand Jean Dujardin explique que c’est compliqué de marcher avec quelqu’un qui n’a pas le même rythme. Mais je suis allée voir Sur les chemins noirs pour Jeannot et pour la beauté de la France hyper rurale.

«La France est un paradis peuplé de gens qui se croient en enfer»

La campagne me terrifie un peu, j’ai peur de m’y ennuyer, je suis une vraie citadine. Mais avec les confinements, la campagne a pris une sacrée revanche dans le cœur de beaucoup de Français… Même dans le mien. Le livre est paru en 2016. Entre-temps, cette pandémie mondiale a bouleversé tous nos repères, nous conduisant à revoir nos priorités, redonner un sens à notre vie.

Le sujet de ce film ce n’est pas la marche. Elle est un prétexte à l’introspection, la quête de soi. Ce film parle du deuil, de l’attachement, du couple aussi. Celui qui se délite, il n’arrive pas à retenir son amoureuse car il est coincé dans son lit d’hôpital après avoir brûlé la vie par tous les bouts… Grâce au cinéma, on aborde aussi le corps, de la douleur et du plaisir qu’il éprouve. Avec ce film, j’ai compris que dans la société actuelle, on fait taire son corps car on a mille préoccupations. C’est une belle connerie car quand le corps flanche, on ne vaut pas tripette.

C’est d’ailleurs ce que lui rappellent ceux qui l’accompagnent à un moment à un autre du film : sa sœur, sa tante, son ami et même le jeune Dylan qu’il rencontre à Vallon Pont d’arc. Les scènes où ils cheminent ensemble sont savoureuses.

J’aime énormément les adaptations littéraires au cinéma. Ensuite je compare le roman au film pour comprendre les choix ou les raccourcis pour transposer une œuvre littéraire à l’écran. Dans un tout autre genre, j’ai beaucoup apprécié Couleurs de l’incendie de Clovis Cornillac qui se passe totalement en ville avec Benoit Poelvoorde, mon autre acteur favori.

Dans la famille, nous aimons tous Jean Dujardin. Avec ma mère et mon frère, on se régalait le soir avant le journal télé avec Un gars, une fille sur France 2 avec Alexandra Lamy. Avec mon mari, qui a des goûts ciné très différents des miens, on se rejoint pour apprécier Un homme à la hauteur, Le retour du héros… On s’est bien marrés en famille devant le film I feel good où il interprète un crétin fini.

Je ne voyais pas d’autre acteur que lui pour jouer le rôle de Sylvain Tesson. Il l’incarne tout simplement avec sobriété et précision. Ils ont le même âge et partagent une passion pour la randonnée même si Jean Dujardin n’escalade ni des immeubles ni des gouttières.

Jean Dujardin est un acteur international, Sylvain Tesson est un écrivain reconnu. Ils sont familiers des milieux mondains filmés par flash backs dans le film et pourtant ce sont de vrais caméléons capables de se fondre dans le décor de la France rurale, de se dépouiller de tous ces artifices pour vivre un temps le plus simple possible.

Jean Dujardin est un immense acteur qui exprime beaucoup par ses silences, son souffle quand il marche dans les gravats et qu’il peine.

C’est son plus beau rôle selon moi et je lui souhaite enfin d’être récompensé par un César cette année… J’aime autant son jeu de taiseux solitaire ici que quand il fait le pitre dans OSS 117, Le Caire nid d’espion en poussant la chansonnette…

Merci C’est à vous pour ce moment suspendu, avec de la belle musique qui tranche avec l’actualité particulièrement morose et terrifiante pour notre pays. Visiblement Les Innocents et Jean Dujardin ont l’air assez complices. J’ai écouté en boucle ce tube Finistère qui décrit assez bien le film.

Même si j’avais peur de m’ennuyer de regarder un film qui parle d’une longue marche de 1300 kilomètres pendant deux heures, ce film m’a fait beaucoup de bien. Il m’a encouragée dans ma démarche de détox digitale les week-ends et il m’a permit de réfléchir sur de nombreux sujets très philosophiques : la modernité, comment consacrer son temps à ce qui est vraiment important.

Et surtout ce film m’a apporté l’essentiel : je chéris mon lit, ma couette et mon matelas moelleux après avoir vu des scènes et des scènes de bivouac à la belle étoile. On aurait presque dit que c’est moi qui ai randonné 1300 kilomètres… par procuration.

*Je vous recommande la chronique du film de Jean-Luc Gadreau sur son blog…

Les autres articles du blog qui parlent de cinéma …

-De Bernard Tapie à l’Abbé Pierre, la mue de Dujardin avec I feel good

-Standing ovation pour Tout le monde debout

– Comment mettre en scène un miracle : Notre Dame brûle

Romans·Sociologie

Sauveur et fils, série littéraire, superstar du festival du livre de Paris

Ce roman qui clôture une série de sept tomes, j’attends de le lire depuis au moins un an et demi… Un immense merci à l’Ecole des loisirs pour son envoi en service de presse.

J’ai découvert la série Sauveur et fils un peu par hasard via le blog littéraire Little pretty books écrit par Fiona, une bibliothécaire passionnée. Je me lance dans les romans de Marie-Aude Murail les yeux fermés. J’aime sa finesse psychologique pour cerner ses personnages et leur faire vivre des moments de pure émotion.

Les retournements de situations et les moments de vérité sont légions dans cette série. Il m’est souvent arriver d’avoir des frissons ou la larme à l’œil quand les petits patients de Sauveur dénouent les pelotes de leur vie et se libèrent de leurs fardeaux.

Je me revois en 2016 dévorer les deux premiers tomes de Sauveur et fils en quelques jours, lire au soleil au parc Monceau. Puis arpenter toutes les librairies du 20 eme arrondissement pour acheter en urgence le tome 3…

J’étais au chômage pendant quelques mois et cette lecture m’a apporté une forme d’évasion bien réconfortante. Ensuite, il a fallu patienter une année en moyenne pour lire les suivants à partir de la saison 4 car j’avais rattrapé mon retard.

Alors, j’ai relu les précédents tomes pendant mon congé maternité en 2019, pendant le confinement de 2020… Entre temps, j’ai aussi lu la trilogie Angie qui se déroule au Havre…

Les bouleversements sociétaux provoqués par la pandémie sont bien entendu traités par Marie-Aude Murail et sa fille Constance avec qui elle a écrit le livre.

Dans le septième tome, Sauveur et Louise se sont mariés lors d’une fête endiablée. Ils ont accueilli une petite fille Léopoldine et leur maison au 12 rue des Murlins à Orléans est pleine à craquer. On est d’ailleurs reconnaissants aux auteures d’avoir inséré un plan de la maison dessiné par Anne Beauchard.

C’est très utile pour localiser les nombreux personnages : Lazare et Paul désormais lycéens, Alice l’étudiante en fac qui n’a pas perdu sa répartie, Grégoire le petit garçon en vue d’être adopté par Sauveur et Louise, le fameux cabinet du psy et la cuisine qui est le théâtre de cette famille recomposée où ça rit, ça crie, ça se révolte … Bref la vie quoi ! Comme dit Lacan,  » le réel c’est quand on se cogne« 

J’avais un peu peur d’être déçue par ce roman final qui clôture une série de livres que j’ai tant aimé. Que nenni, c’est le plus beau tome de la série !

Sauveur retrouve d’anciens patients dans son cabinet, il suit la route d’autres de loin et il en rencontre de nouveaux… Comme Alix et ses parents qui se retrouvent dans deux camps opposés à cause de la pandémie : les vaccinés et les anti-vax.

Le dialogue est rompu, la confiance vacille dans cette famille. Ces joutes verbales autour de la vérité et de la liberté ont été passionnantes à suivre.

Sauveur se retrouve également à animer avec une médiatrice Ambre un atelier de prise de conscience des violences conjugales avec des prisonniers.

Ces mécanismes d’alliances entre les uns et les autres ont été également passionnants. Cela m’a fait immédiatement penser au film Je verrai toujours vos visages de Jeanne Herry sur le thème de la justice restaurative que je vais aller voir très bientôt.

Comme Jeanne Herry, Marie-Aude Murail mise sur le triomphe du collectif dans son écriture. C’est superbe de lire les collaborations que met en place Sauveur avec l’infirmière scolaire, l’assistante sociale, les médecins généralistes pour aider ses patients.

Ce qui est balèze avec ces romans, c’est que l’auteure se met dans la position du psychothérapeute pour écrire. Avec le personnage d’Ambre, elle décrit une jeune femme qui essaye d’apporter à des prisonniers machos un discours féministe assez engagé mais inaudible pour eux.

Marie-Aude Murail raconte l’incongruité de la situation sans se lancer dans un quelconque jugement de valeur. L’arrivée de sa fille Constance comme seconde plume est fort intéressante car elle apporte des problématiques actuelles moins préoccupantes à la génération de sa mère.

J’émets beaucoup de réserves sur la plupart des sujets de société traités dans ces romans : les alters, les questions sur le genre, les tentations de l’Homme vers l’occulte pour manipuler les autres et surtout les maudire avec des quimbois. Mais ce sont des réalités et j’aime l’espace de réflexion apporté par ces livres. La série Sauveur et fils est classée dans la catégorie Young adult.

J’apprécie beaucoup la qualité de ces romans à l’Ecole des Loisirs : Quatre soeurs de Malika Ferdjoukh fait aussi partie de mes coups de coeur…

Jeudi soir, je suis allée à l’inauguration du festival du livre au Grand Palais éphémère et je trouve que l’Ecole des loisirs est un éditeur majeur dans le domaine de la littérature.

Je suis en train de lire La guerre de Catherine écrit par Julia Billet et adapté en BD par les éditions Rue de Sèvres. Et j’ai adoré les illustrations de Chien Pourri en format géant pour fêter son anniversaire…

Retrouvez-ici toutes les chroniques des livres de Marie-Aude Murail que j’ai lu :

Opération policière et littéraire en cours au Havre : la trilogie Angie

Thérapie de groupe

Foi chrétienne

Rendez-vous au puits à tous ceux qui sont assoiffés de Dieu…

Pendant le premier confinement presque monacal de 2020, je me suis lancée dans le challenge de lire l’Ancien testament grâce à des petits dessins dans un carnet Moleskine. J’en ai même fait un atelier qui s’appelle #Dessiner la Bible.

Et en lisant le livre de la Genèse, j’ai dessiné pas mal de puits et d’alliances. Grâce aux notes d’étude de Ze Bible, j’ai compris que dans la Bible, le puits était le lieu de rencontres pour tisser des alliances matrimoniales entre autres. Quelqu’un offre de l’eau pour marquer un lien crée.

Comme je suis passionnée d’anthropologie, j’ai voulu en savoir plus sur cette thématique du puits… Mon souhait a été exaucé avec la sortie de ce livre Rendez-vous au puits. De nos jours où vivre la rencontre ?, le 14 avril. J’ai pu le lire en avant première car je m’occupe de sa diffusion commerciale.

Le principe de la collection La Bible tout en nuances est de proposer une lecture plurielle des textes anciens pour réfléchir à nos défis contemporains avec des témoignages personnels et un éclairage biblique. Questionner le passé pour mieux affronter l’avenir !

On peut dire que la question du partage de l’eau est brûlante en ce moment avec les affrontements à Sainte-Soline concernant les méga bassines !

La première partie du livre écrite par Sandrine Caneri est une vraie mine d’or pour tous ceux qui s’intéressent à la Bible ou qui la connaissent de longue date… En quatre-vingt pages, elle explique combien l’eau est vitale pour l’Homme et comment elle structure la société antique à travers ses rencontres. Ce sont souvent les femmes qui sont de « corvées d’eau » comme Agar, Rebecca, la Samaritaine…

Extrait de Rendez-vous au puits.

Dans un précédent article, j’ai découvert que le grand magasin La Samaritaine se nommait ainsi en référence à un tableau et à une pompe à eau sur le Pont-Neuf pour alimenter les Parisiens . La Samaritaine est donc une icône parisienne venue tout droit de l’Ancien testament.

J’ai été très touchée par le témoignage d’Amélie Nothomb qui décrit Jésus comme son puits d’amour. Cela m’a immédiatement rappelé une phrase d’une participante d’un parcours Alpha dans mon église locale :  » J’ai trouvé une source d’amour qui ne se tarira jamais » .

C’est rare que quelqu’un raconte le dialogue qu’elle vit avec Jésus depuis sa petite enfance. Avec ses mots, Amélie Nothomb raconte son cheminement personnel avec ses doutes mais aussi ses périodes de pleine confiance…

C’est magnifique d’exprimer aussi justement ce que cela procure d’être abreuvé par Dieu et le manque que cela provoque quand on décide de s’en passer.

Enfin, j’ai bien aimé la troisième partie du livre où Stanislas de Quercize, entrepreneur insiste sur le rôle ressourçant des rencontres humaines. Un tel métier à un niveau international est forcément relationnel.

D’ailleurs, nous vivons dans une société mondialisée où l’on peut rencontrer des gens tout le temps et paradoxalement se sentir aussi très seul. Même si Internet dicte nos lieux de rencontres avec les applications ou les groupes Facebook, nous avons besoin de nous enrichir avec des rencontres bien réelles : rire avec un ami, se sourire…

Retrouvez les éditions Bibli’o Scriptura sur le stand D-06 au Festival des livres religieux au Collège des Bernardins le 22 et 23 avril, de 10 heures à 18 heures.

Foi chrétienne

Comment je suis devenue chrétienne… à l’école primaire !

En ce moment, je lis en avant-première le livre Rendez-vous au puits (je m’occupe de sa diffusion commerciale), que nous publions le 14 avril prochain aux éditions Bibli’o.

Dans ce livre, l’écrivaine belge Amélie Nothomb que l’on ne présente plus, raconte comment elle a rencontré Jésus et la place qu’il a dans sa vie.

Cela m’a donné envie de raconter dans mon blog comment j’ai rencontré Dieu. En CE1, je suis arrivée dans une nouvelle école, Léo Lagrange à Valence. Rapidement, j’ai sympathisé avec Victor qui a été mon meilleur ami pendant toute la primaire. Il m’ a invité à son anniversaire alors que je venais d’arriver. J’ai eu cette chance de connaître tôt de vrais amis.

J’ai compris que son papa Antoine, était le pasteur de l’église protestante du quartier. Sa maman, Armelle, a parlé de la foi à ma mère à la sortie de l’école. A cet anniversaire, j’ai vu ses trois grands frères et sœurs qui étaient scouts nous préparer une chasse au trésor géniale avec le gâteau dans la boite aux lettres comme surprise finale.

J’ai réalisé à sept ans que c’était ça l’amour que l’on portait à son petit frère dans une famille. Ce sont les enfants de cette famille qui m’ont donné envie d’aller à l’église. Il faut dire qu’on s’embêtait pas mal à la messe avec mon frère. Mon père qui s’était même éloigné de l’Eglise a même accepté d’y revenir.

J’ai aimé les cultes familiaux dans le petit temple du Calvaire car c’était joyeux, lumineux, les enfants pouvaient circuler… Ma mère a rapidement intégré le groupe de lecture biblique des femmes du vendredi. Et nous, les enfants étions bénéficiaires de ces moments formidables de communion fraternelle avec un grand pique-nique le 1er mai dans des endroits géniaux de la campagne valentinoise.

Je me souviens d’un premier mai à la Baume Cornillane, un des plus beaux spots de la Drôme où les jeunes chantaient à pleine voix les cantiques de Jeunesse en mission sans se soucier de leur étiquette réformée, pentecôtiste ou évangélique.

Le gros écueil de la foi chrétienne, c’est quand on est rattrapé par ses dénominations ecclésiales. C’est aussi idiot que les familles politiques, ça divise les gens. La foi en Jésus, c’est une succession de rencontres avec Dieu mais aussi avec ceux qui croient en Lui. J’ai rencontré une multitude de gens différents de moi et pourtant on s’est vite trouvé un dénominateur chrétien : Jésus. Je précise qu’avant cette rencontre à l’école, nous ne connaissions rien du protestantisme.

La manière dont je me suis vraiment convertie au protestantisme est d’ailleurs assez anecdotique. J’ai été punie en CM2 par le directeur de l’école qui nous enseignait l’histoire-géographie (ma matière favorite, pourtant). Une fois de plus, j’avais appris mes leçons en dilettante et il s’en était aperçu.

J’ai dû recopier trois ou quatre fois une énorme leçon d’une dizaine de pages à la force de mon poignet. Elle portait sur la Réforme de Luther au début du 16eme siècle et sa révolte face au système un peu abusé des indulgences. Cela m’a convaincue, je me suis dit que j’aimais bien cette manière assez franc du collier de voir les choses : s’adresser à Dieu directement, sans intermédiaires…

Voici une lecture de qualité que je vous recommande pour comprendre le métier de pasteur : La lecture intrigante d’Antoine Nouis, éditions Labor et Fides. Il se trouve que la plupart des situations de vie se sont déroulées dans cette paroisse où j’ai grandi.

Dans un prochain épisode, je vous raconterai la suite de l’histoire quand je suis venue faire mes études à Paris, à l’Ecole du Louvre. Comment ma foi d’enfant s’est renforcée jeune adulte quand j’ai buté sur un petit échec scolaire plus formateur que traumatisant.

Carnets de voyages urbains

Week-end de printemps à Dieppe dans les pas de mes grands-parents…

… enfin le printemps, c’était vite dit. Il faisait froid, il y avait du vent, j’avais oublié le climat océanique de Dieppe mais il y a eu aussi du soleil et la joie de partager avec ma fille et mon mari les endroits connus de mon enfance.

Mes grands-parents ont été assureurs dans le centre-ville de Dieppe pendant une trentaine d’années. Quand on venait chez eux dans les années 1990, ils nous emmenaient à la piscine Ludibulle ou à la médiathèque Jean Renoir pour nous occuper.

Affiche de Pauline Launay, éditions Jack

Le pont qui se lève vers le quartier populaire du Pollet est un sacré souvenir d’enfance, surtout qu’une mouette s’était soulagée en plein vol sur ma tête. Souvenir mémorable !

Malgré l’inflation, nous sommes parvenus à nous offrir un petit week-end familial à Dieppe pour 200 euros (train et hôtel Ibis budget : 84€ la chambre triple avec le petit déjeuner). Le confort dans le train Nomad avec ses machines à café s’est bien amélioré depuis la vieille micheline qui sentait le gasoil. Mais on a quand même mis quatre heures pour venir depuis Fontenay sous bois, porte à porte.

L’hôtel était d’un très bon rapport qualité/prix avec un accueil professionnel. Il était situé en centre-ville, non loin du quai Henri IV et ses restaurants de fruits de mer.

Le samedi, nous nous sommes réfugiés à la médiathèque de Dieppe avec sa belle vue sur le jardin public avec ses palmiers. Il y avait des jeux de société qui visiblement plaisaient aux adultes et aux ados. Notre petite biche a appris à jouer à quatre ans à la version réactualisée de Qui est-ce ? ce fameux jeu d’identification mythique, accessible même quand on ne sait pas lire.

Ensuite, profitant d’une accalmie, nous avons bravé le vent pour rejoindre les rues commerçantes du centre ville : rue Saint Jacques et la Grand’rue. Elles ont été rénovées et il y a de très belles boutiques décorées avec goût comme au Touquet. J’ai eu un vrai coup de coeur pour le café des Tribunaux. Nous avons décidé d’y retourner le soir même avec notre petite fille pour dîner.

Il y avait un chanteur de jazz qui interprétait des standards en anglais et en français pour les clients du bar dans un décor victorien époustouflant. Au départ, c’était vraiment chic avec Sinatra et King (Stand by me) mais cela est devenu un peu égrillard malgré lui avec les paroles de Que je t’aime ou Elle a les yeux revolver… On est passé du jazz au karaoké un peu trop rapidement. Mais l’endroit vaut le détour, c’est assurément le plus beau café de Dieppe.

Le lendemain, on voulait voir la mer alors on s’est tenu les mains pour ne pas s’envoler. Le front de mer est assez vaste avec ses grandes pelouses qui accueillent tous les deux ans un festival international de cerfs-volants en septembre. C’est un paradis pour les enfants avec de grandes aires de jeux, un mini-golf et surtout cette plage de galets immense.

J’aime regarder ces falaises de la côte d’Albâtre avec Etretat très loin… J’ai bien envie de faire une promenade en mer vers Varengeville et Pourville la prochaine fois. Puis, on est allés se réchauffer au restaurant Le Sully sur le quai Henri IV. On s’est beaucoup mieux régalé qu’au café des Tribunaux la veille avec un plateau de fruits de mer époustouflant.

A Dieppe, honneur au camembert, à la coquille Saint-Jacques et au Neufchâtel. Il faudra tester en haute saison Le Patio et sa terrasse panoramique. Le port est vraiment l’attraction de la ville, j’ai eu une petite larme à l’oeil car mon Papilo avait son bateau là-bas… Les gros bateaux de pêcheurs sont vraiment impressionnants.

Beaucoup de commerçants ont affiché en vitrine leur opposition à la réforme des retraites à 64 ans et pour la défense de la pêche en mer… Dieppe est une ville très politisée un peu comme Fontenay sous bois, dans les années 1970, la plupart des artistes, sympathisants communistes venaient se produire ici.

L’heure du départ approchant à grands pas, nous avons fini le séjour de la meilleur des façons : avec un gigantesque chocolat à la crême fouettée au café du cinéma à coté de la gare. C’est un lieu très sympa, que je ne connaissais pas. Dieppe est décidément une destination dans le vent !

Je suis ravie d’ajouter ce carnet de voyages urbains à mon blog pour la dimension affective qu’il porte. J’étais contente de partager avec mon mari et ma petite fille mes souvenirs d’enfance ici. J’ai beaucoup pensé à mes grands-parents, à mes parents, à mon frère, à mes cousins, mon oncle et ma tante pour tous les moments de famille que nous avons passé ensemble là bas …

Retrouvez-ici mes précédents carnets de voyages urbains ici !

Romans

Coup de coeur pour le roman Bienvenue à la charmante pension de famille…, une colocation de femmes un peu toquées mais terriblement attachantes !

Je remercie beaucoup Margaux et l’équipe de Kube pour la découverte de ce gros pavé de qualité. Il y a quelques années, la Kube m’avait fait découvrir La vie révée des chaussettes orphelines de Marie Vareille aux éditions Charleston.

Depuis ce groupe éditorial a aussi lancé les éditions Nami, la littérature de l’intime. Vous l’avez compris, j’aime lire des romans feel good mais si c’est plan-plan et fade, je le repère vite ! Moi j’aime les histoires romanesques avec des reliefs. Je suis d’ailleurs une lectrice intransigeante et difficile, capable de laisser tomber une lecture si elle ne me convainc pas les trois premiers chapitres.

J’ai une culture littéraire au ras des pâquerettes : je ne lis aucuns classiques alors que j’ai conseillé les livres de la Pléiade comme libraire… Mais j’ai bien suivi mes cours de français de sixième : les cinq sacro-saintes étapes du schéma narratif. Si la situation initiale est bien amenée avec une présentation intéressante des personnages pour s’attacher rapidement à eux, alors je vais passer un bon moment.

C’était un régal de lire ce roman que j’étais triste d’arriver à la fin du livre et que j’envisage même de le relire.

Il s’agit de l’histoire d’une avocate un peu toquée, Cécilia. Elle vit dans un luxueux appartement à Madrid qu’elle va quitter car son mariage est complètement raté. Elle va décider sur un coup de tête de transformer la maison de ses grands-parents en une pension de famille pour étudiantes. Elle convoque un entrepreneur aussi bourru que rustre. Il ne va pas prendre de gants pour doucher ses rêves de rénovation.

Mais un intéressant jeu romantique va s’instaurer entre eux. Cette pension de famille qui semblait être une idée complètement déjantée va rapidement prendre forme avec l’arrivée de trois colocataires : Noélia, une petite aristocrate à la peau diaphane et si fragile qu’on la croirait en porcelaine, Catalina, une jeune étudiante qui débusque vite quand les autres cachent un secret et Ivana, une jeune russe d’une beauté renversante mais très mystérieuse…

Cécilia va rapidement embaucher Azucena, une femme de ménage qui n’est peut-être pas là par hasard… C’est un beau roman choral qui réunit des personnages tous aussi intéressants les uns que les autres…

C’est un feel good qui parle du deuil, de nouveau départ mais il parle aussi de l’Espagne actuelle avec ses migrants africains qui traversent le détroit de Gibraltar au péril de leur vie pour aller travailler dans les champs de fraises ou vivre de petits boulots comme Justice, le jeune Kenyan d’une vingtaine d’années que Cécilia va recueillir…

Tout est réussi dans ce roman. Le style est fluide, on maintient le suspense avec ces personnages qui ont des vies rocambolesques. Ces femmes vivent des rivalités dans cette maison mais les épreuves de la vie vont les rapprocher…

J’ai beaucoup aimé ce livre que j’ai envie de recommander autour de moi. J’ai eu un vrai coup de coeur pour les éditions Nami dont je vais suivre la ligne éditoriale par la suite.

Retrouvez les éditions Charleston et Nami au festival du livre de Paris 2023 au Grand Palais éphémère du 21 au 23 avril, stand B6, entrée : 5 €

Sociologie

Bannir « Ok boomer » de son vocabulaire pour bénir l’expertise et l’expérience de nos ainés.

Le 5 mars dernier, c’était la fête des grands-mères. Il s’agit d’une opération marketing vieille d’une trentaine d’années. C’est la marque de café Grand’mère qui a lancé cette idée de fête, une véritable aubaine pour les fleuristes et les chocolatiers.

Je ris sous cape pour plusieurs raisons : il n’y a pas encore de fête des grands-pères d’une part (pourquoi donc, d’ailleurs ?) et surtout les seniors sont vite cachés par la publicité. C’est d’ailleurs ce que dénonce Laure Adler dans un documentaire percutant : La révolte des vieux dans l’émission Infrarouge. J’ai appris en regardant ce documentaire une expression affligeante : « Ok boomer » qui veut dire à peu près : « Cause toujours vieux ».

Je suis assez catastrophée par cette société actuelle fort clivante, elle met en concurrence les hommes et les femmes, les vieux et les jeunes alors que l’entraide est tellement plus constructive. Dans mes derniers postes, j’ai eu la chance de travailler avec des amours de collègues : Gérard, Brigitte et Joëlle…

Ils m’ont beaucoup appris sur mon métier et ont été de bons conseils quand je suis devenue propriétaire non sans mal… On a besoin de l’expérience des ainés, d’un historique pour traverser les moments difficiles car ils vont te dire, « t’en fais pas, j’en ai connu d’autres »…

Si demain on demande aux seniors de travailler jusqu’à 64 ans alors il faut changer vite fait d’état d’esprit et valoriser leur savoir-faire…

Personnalité médiatique reconnue, Laure Adler est l’une des animatrices de télévision les plus âgées du PAF. Cependant, elle a du se battre face à de nombreux stéréotypes. Elle est désormais septuagénaire et se sert de sa position pour dénoncer ces comportements.

J’ai beaucoup aimé dans son documentaire sa bonne idée d’aller interroger des collégiens de banlieue sur leurs grands-parents. Unanimement, ils reconnaissent que la vieillesse les dégoute mais que leurs grands-parents sont les adultes pour lesquels ils ressentent le plus d’affection.

Le mois dernier, j’ai lu Une vie heureuse de Ginette Kolinka, 98 ans. J’ai beaucoup regardé ses vidéos sur les différents plateaux télé avec des youtubeurs pour sensibiliser les jeunes générations à ne jamais oublier et accepter les génocides à travers son histoire.

Elle s’exprime à la perfection avec humour et répartie tout comme Edgar Morin, centenaire interviewé par Laure Adler dans son documentaire. Cela me chagrine beaucoup de réaliser qu’on n’écoute presque plus les vieux quand ils ont du mal à s’exprimer, quand ils butent sur les mots…

Valérian, Claude et Josette, 10, 6 millions de vues sur Tiktok, @valeriandh

Je les ai découvert un peu par hasard. Ils composent avec leur petit-fils Valérian un trio à la fois comique, drôle et attendrissant. Sans ses grands-parents octogénaires, Valérian (27 ans) serait un Tik -Tokeur parmi tant d’autres.

Avec eux, il joue sur les anachronismes, le décalage entre leurs habitudes de vie est savoureux et surtout la transmission qu’ils partagent, le temps qu’ils aiment passer ensemble, cela résonne très fort en nous… Après, tous nos papis et mamies ne sont pas des acteurs nés comme ces deux-là et je n’aurai pas le talent de vidéaste et de scénariste de Valérian.

Mais ils racontent ensemble le quotidien, les bonheurs tout simples un peu comme Scènes de ménages sur M6. Quand ils ont commencé à faire des partenariats rémunérés avec des marques, je les ai jugés à la va-vite, qu’ils incitaient leur audience à la consommation.

Mais en visionnant le documentaire La révolte des vieux, j’ai réfléchi. Si la publicité traditionnelle met les anciens au placard, autant crever l’écran sur Tiktok.

Les réseaux sociaux sont pétris de paradoxes. Instagram glorifie le corps jeune et lisse à grands renforts de filtres et autres images artificielles où l’on chasse le naturel.

Et le naturel revient au galop avec ces vidéos très second degré, pleines d’autodérision où l’on assume qui on est. Tik tok brise la barrière de l’âge tant qu’on est marrants. Mais avec d’autres injonctions comme celle de faire le plus de vues…

J’ai beaucoup aimé ce reportage car il raconte aussi les petites misères de devenir vieux. Claude et Josette savourent leurs 60 ans de mariage car ils sont très complices mais ils ont aussi leurs moments de mou.

Tous deux décrivent la vieillesse comme une expérience à vivre. Mais Josette parait plus anxieuse que Claude face à la vie qui décline. Ils s’estiment chanceux d’être ensemble alors que bon nombre de leurs amis sont veufs.

Le veuvage, c’est d’ailleurs le thème de ce roman américain adapté en film par Netflix : Nos âmes la nuit. C’est l’un de mes romans favoris que je recommande massivement pour la box littéraire Kube à laquelle je collabore. Il parle de complicité, de solidarité face à la solitude. Ces deux septuagénaires vont choquer tout le pâté de maison dans leur petite ville du Colorado.

Cela va vite se savoir qu’ils se rejoignent tous les soirs en catimini pour affronter la nuit ensemble. Partager l’intimité d’un lit est plus taboue que d’avoir une liaison. Aux Etats-Unis, Jane Fonda et Robert Redford jouent dans de nombreux films alors qu’en France, les vieux ne sont pas cinématographiques.

Pire, imaginer qu’ils puissent encore avoir une sexualité choque dans le pays de Mai 1968. Les jeunes peuvent multiplier les plans cul, se mettre en trouple au nom de la liberté, mais on sépare les couples dans les Ehpad en les mettant en chambres individuelles. C’est révoltant.

Il y a des années, j’ai lu le livre de Thérèse Hargot, Une jeunesse sexuellement libérée ou presque, édité par Albin Michel. Thérèse intervient dans les collèges et lycées mais aussi auprès des parents, elle consulte en tant que sexologue dans son cabinet parisien. Elle explique dans son livre que depuis mai 1968, la sexualité est enchainée à la notion de performance physique à cause de la pornographie, manuel éducatif dévastateur des adolescents.

Au lieu de se sentir libres et épanouis, les jeunes ont la trouille de passer pour un mauvais coup. Alors des seniors qui ont une hanche en titane ou un corps flétri, les imaginer faire l’amour cela dérange.

Car la sexualité induit la performance physique dans l’imaginaire collectif. Et alors quid de la tendresse, de l’affection, de l’engagement ?.

La dernière conquête du major Pettigrew, est l’un de mes romans favoris. Il raconte comment un vieux major, aristocrate anglais va tomber amoureux de l’épicière pakistanaise de son village. Tous les deux sont veufs, ils se rencontrent dans un grand moment de vulnérabilité du major qui vient de perdre son frère.

Ce roman parle du deuil mais aussi de la filiation quand père et fils ne se comprennent en rien. Les joutes verbales entre le major et son fils sont formidables. Elles expriment deux formes de masculinité où les égards envers les femmes sont considérés comme ringards mais tellement essentiels pour garder une femme auprès de soi.

Enfin, cette réflexion sur la vieillesse à travers ce documentaire est indissociable d’une BD formidable Le plongeon éditée par Grand angle. Elle raconte l’histoire d’une femme âgée qui va vivre en maison de retraite.

Elle va y rencontrer une bande de copains qui ont envie de revivre leur jeunesse avant de tirer leur révérence. Cette lecture m’a beaucoup émue, j’ai pensé à ma grand-mère Annette qui a vécu les derniers mois de sa vie en maison de retraite. Cette BD montre comment on infantilise les personnes âgées en les coupant de leur indépendance financière, affective, sensuelle tant leur dépendance physique est terrifiante.

Mais même à quatre-vingt dix ans dans une maison de retraite, on a besoin de sensualité. Le désir n’est pas seulement d’ordre sexuel, c’est un moteur de vie pour aider à avoir envie de se lever le matin.

J’ai beaucoup aimé dans le reportage d’Infrarouge le témoignage d’une petite dame qui quitte sa maison pour aller vivre dans un béguinage pour ne pas être isolée. On sent toute l’émotion qu’elle ressent dans ce changement de vie douloureux mais nécessaire. Elle mesure à quel point c’est difficile de quitter ses amis surtout les bons.

Ce documentaire La révolte des vieux m’a montré une peur terrible : j’ai peur de vieillir car la société ne vous fait pas de cadeaux quand on aborde l’autre versant de la vie. Je traque le moindre cheveu blanc car ma mère et mon grand-père ont eu la chance de ne pas voir leurs cheveux blanchir.

Je me rends compte qu’à chaque décennie de l’existence qu’on ait 20 ans, 30 ans, 40 ans, 50 ans… il y a des rythmes différents et que tu n’as pas intérêt à louper le coche. Heureusement que Dieu me donne la foi pour voir les choses autrement. La grande erreur de cette réforme des retraites est de se focaliser sur un chiffre : un âge alors que chacun vit un rythme de travail différent, avant même de parler de pénibilité.

Retrouvez sur mon blog les articles consacrés à la maternité, ce milieu de vie passionnant mais bien fatigant aussi…