Foi chrétienne·Sociologie

Apprivoiser le deuil et chérir la vie

J’étais très contente de mon titre sur le coup mais au fond est-ce qu’on apprivoise vraiment le deuil? Cela change de mes articles détente sur mes coups de cœur Netflix ou de mes balades dans Paris, n’est-ce pas ?

L’actualité est pesante : des dizaines de jeunes de mon âge meurent dans des bombardements en Ukraine, le coronavirus frappe n’importe qui, les procès pour rendre justice aux victimes de terrorisme comme le Père Hamel se succèdent, un acteur talentueux comme Gaspard Ulliel a bouleversé tout un pays en perdant la vie de manière totalement absurde sur une piste de ski familiale…

En 2022, malgré l’allongement de l’espérance de vie, nous avons réellement pris conscience que nous ne sommes pas éternels, que la vie est à chérir et à préserver.

Sans vouloir plomber l’ambiance, j’ai aimé cette lecture : Conversations sur la mort, et donc sur la vie pour la profondeur d’esprit qu’elle m’a apporté. Bien que j’avais de très mauvaises notes dans cette matière, je regrette qu’on ne dispense des cours de philosophie que seulement durant la terminale.

J’ai lu les livres de Thérèse Hargot sur l’engagement en général et je trouve que la philosophie est le meilleur des appuis pour appréhender nos relations affectives en général. Le deuil signifie la fin d’une relation entre deux personnes mais il n’empêche pas le souvenir, bien au contraire il le renforce.

C’est ma grand-mère Annette qui m’a éduquée au deuil. Je m’explique, elle vient du Pas de Calais, une région où subsiste de solides traditions liées aux enterrements. Elle m’a expliqué la mise en bière, la veillée des défunts, ce temps de latence où l’on prend le temps de faire ces adieux.

Ainsi alors que c’était le premier mort que je voyais (et pas des moindres, c’était de loin mon adulte préféré), j’ai pu tenir la main froide de mon grand-père et me rappeler tous mes souvenirs heureux avec lui : quand il m’a appris à nager à Méaudre ou son dernier Noël quand il me montrait ses livres d’école du lycée Stanislas dans les années 1950. Il s’énervait qu’on n’étudie plus autant qu’avant Victor Hugo, j’aimais ses emportements théâtraux…

C’est un rite de passage important qu’il ne faut pas négliger (le premier confinement a été le théâtre de moments terribles pour de nombreuses familles privées de cet aurevoir).

Je vois ce livre comme un baume pour le cœur de toutes ces personnes endeuillées par la pandémie (138 000 familles endeuillées depuis 2020) ou ceux qui souffrent de l’absence de proches depuis longtemps.

Ce livre interviewe vingt quatre témoins qui ont expérimenté le deuil dans un cadre familial et professionnel. Je connaissais déjà certains parcours comme ceux de Marion Muller-Colard ou Anne- Dauphine Julliand, Jacques Arènes… mais j’en ai découvert deux autres passionnants : ceux de Nicolas Schittulli, maître de cérémonie et celui de Micheline Claudion, addictologue et veuve de longue date…

J’aime les témoignages de professionnels qui accompagnent les familles dans cette épreuve. C’est d’ailleurs, le rôle du service catholique des funérailles qui édite cet ouvrage.

Ce livre sélectionne les entretiens recueillis dans l’émission du même titre sur Radio Notre-Dame. Il questionne les spiritualités bouddhistes, musulmanes et chrétiennes pour montrer combien la mort est porteuse d’une pédagogie de vie ( comme indiqué dans la 4eme de couverture).

Ce livre est très fluide à lire en raison de l’effort porté à la mise en page des chapitres dès la table des matières sous forme de citations des auteurs. C’est un livre très élégant dans sa maquette : une couverture forte et éloquente illustrée par un tableau d’Augustin Frison-Roche : La nuit est un songe VIII.

La lecture de ce livre a rempli son défi : c’est une lecture solaire, pas du tout lugubre. Même si j’ai beaucoup de mal avec les récits de décès d’enfants, j’ai eu envie de lire aussi Consolation d’Anne-Dauphine Julliand, après avoir regardé cette belle vidéo de présentation tellement sincère et sans pathos.

J’ai lu en préparant cet article que des députés avaient proposé de faire entrer le mot-valise « parange » dans le dictionnaire pour désigner un parent ayant perdu un enfant. Je suis convaincue de cette nécessité même si ce mot me parait trop connoté pour des parents sans religion. A vos réflexions, l‘Académie française !

Enfin, pour être tout à fait transparente avec vous, j’ai découvert ce livre dans le cadre de mon travail au service d’un diffuseur de livres religieux : Théodiff . Son auteur, Christian de Cacqueray est venu le présenter en réunion de travail pour préparer son office en librairie.

A travers ce livre de qualité qui plaît aux libraires compte tenu des derniers chiffres reçus, j’ai envie dans un prochain article de blog de vous raconter un peu les coulisses du lancement d’un livre avec ma propre expérience professionnelle dans les métiers du livre.

Retrouvez-ici d’autres articles de mon blog consacrés à la foi en Jésus.

Biographies et autobiographies·Sociologie

Pourquoi le livre Appelez la sage-femme m’a tant émue

J’ai eu beaucoup de mal à écrire cette chronique car la lecture de ce gros pavé est mon coup de cœur littéraire de ce printemps et je ne savais pas par où commencer. Les situations de vie de ces femmes issues des quartiers très populaires en plein baby-boom m’ont émue mais aussi révoltée.

J’ai tout de suite pensé à mon arrière-tante Julienne qui a accouché de son premier enfant sur les routes de l’exode, sous les bombardements, en Touraine en juin 1940. D’ailleurs, la mère supérieure du couvent de Nonnatus house si gentille et aimante s’appelle Sister Julienne….

J’ai découvert la série Netflix Call the midwife pendant ma grossesse et elle m’a aidée à dompter ma peur de l’accouchement : je savais comment cela se déroulait et j’avais compris le vocabulaire de gynécologie : le placenta, les forceps, naitre par le siège…

Cette série adaptée de l’autobiographie de Jennifer Worth, une sage-femme du Londres populeux des années 1950 est un formidable document historique et sociologique.

A chaque épisode, il se déroule un accouchement dans des conditions différentes les unes des autres : une fille-mère qui se retrouve sur le trottoir, une femme âgée qui a peur de mourir en couches, une patiente atteinte de syphillis….

Ce livre raconte les évolutions des pratiques obstétriques pour calmer la douleur des femmes enceintes : l’accouchement à la maison mais l’arrivée du gaz hilarant, de la péridurale…

On est bien loin de Downton Abbey et de Buckingham palace quand elle raconte les conditions de vie de ses accouchées : pas d’accès à l’eau potable donc des conditions d’hygiène déplorables, un surpeuplement de logements sociaux délabrés à cause du baby boom d’après guerre, des sales types qui les cognent ou qui les mettent sur le trottoir, la syphillis qui rôde…

Copyright Neal Street Productions

Quel livre ! La série Netflix est fidèle aux mémoires de cette ancienne infirmière des hôpitaux de Londres, qui a aussi vécu à Paris. Elle a trouvé la foi au contact des sœurs qui l’emploient comme sage-femme dans ce couvent de l’East end.

J’aime ce livre car il rend hommage au dévouement de ces sœurs qui ne jugent pas ces femmes et qui leur témoignent de l’amour du prochain malgré la crasse, la grossièreté et la pauvreté.

Jennifer Worth glorifie aussi la gentillesse des cockneys qui sont reconnaissants du travail des sages-femmes et des soeurs dans leur quartier.

Ce livre est un excellent document sociologique qui étudie les Anglais les plus modestes avec vérité et empathie. Il raconte les blagues « pipi-caca » de Soeur Angelica qui est d’origine cockney et qui comprend très bien leur quotidien. Ils partagent des wc pour tout l’immeuble alors les histoires de constipation et de courante sont …. monnaie courante.

J’ai aimé que les chapitres de ce livre portent les noms des personnes que Jenny a rencontré et apprécié : Fred, Chummy, Sister Monica Joan…

Chummy, une des consœurs de Jenny vient d’une famille aristocrate et va nouer une profonde amitié avec un petit dur de Poplar. Il va lui apprendre à faire du vélo, apprentissage indispensable pour exercer le métier de sage-femme de jour comme de nuit.

Les sœurs du couvent vont lui offrir son propre vélo pour le récompenser de son dévouement. Grâce à ce cadeau, cet enfant sortira de son milieu social et deviendra le bodyguard de Lady Diana, trente ans plus tard.

Je vous invite donc à regarder cette série formidable qui parle de la foi et de la naissance avec humanité et qui donne à réfléchir. Il est vrai qu’elle s’adresse à un public très majoritairement féminin. Mais elle peut aider de futurs parents à vaincre leur peur de l’accouchement à l’instar d’une émission de télé réalité bien faite : Baby boom.

Copyright Neal Street Productions

Retrouvez ici mes meilleurs articles sur l’Angleterre et sa culture : littérature, cinéma et tourisme !

– Un guide touristique en dehors des sentiers battus pour découvrir Londres, éditions Les Arènes.

– Un roman aussi dépaysant qu’un trajet en Eurostar : La dernière conquête du major Pettigrew.

– Au bout de trois saisons de The crown, on se connait mieux avec Elisabeth II

Sociologie

Quand le tourisme atteint ses limites

Ca y est ! Les vacances sont là, les valises sont sorties ! La Bulgarie nous attend lundi soir ! Je les savoure d’autant plus que le mois de juillet a été très intense pour moi !

J’ai changé de boulot au pied levé et je m’attendais à profiter du 14 juillet en terrasse, de matins ensoleillés pour aller travailler. C’était plutôt la fête à la grenouille !

Nous avons voulu anticiper les vacances avec un chouette week-end de détente chez mon amie Véronique (merci, merci et merci !) qui a une superbe maison de pécheurs dans les environs de Fécamp. La Seine Maritime, c’est ma passion depuis l’enfance.

J’aime l’architecture des églises de villages, les maisons en brique et en silex, les fermes avec les fameuses vaches noires et blanches, la cuisine au beurre, les falaises… De loin, l’endroit que je préfère en France après Paris…

Mes grands-parents avaient une superbe maison en colombages noirs et blancs avec cascade, île et rivière à proximité de Criel sur mer, une plage de galets un peu anonyme mais inoubliable pour moi. J’ai retrouvé des endroits familiers dans le superbe livre de photographies de Raymond Depardon sur sa France périphérique aux éditions du Seuil.

La France de Depardon, éditions du Seuil

Ce qui est bien avec les plages de galets, c’est qu’il n’y a personne ou presque ! J’ai beaucoup de mal avec les plages de sable bondées du Sud de la France. J’aime la Normandie pour sa verdure et sa proximité en train avec Paris.

Nous avons pris le TER pour rejoindre Fécamp en deux heures et demie. Il y a un changement à Bréauté Beuzeville, une petite gare qui gère les navettes en bus vers Etretat. Deux bus sont venus chercher un grand nombre de touristes asiatiques un 1er août.

Il faut dire que les soixante-seize millions de fans du monde entier (j’en fais partie) de la série Lupin de Netflix ont accentué la popularité internationale d’Etretat ces deux dernières années. J’ai bien envie d’aller visiter le clos Lupin une prochaine fois.

Normandie tourisme : Le clos Lupin

Comme c’est le cas dans le parc national des calanques de Marseille, le sur-tourisme inquiète les autorités locales d’Etretat. Entre Marseille et Cassis, on utilise le marketing et la publicité pour décourager les gens de venir « l’eau est froide ». A Etretat, on contraventionne 90 € ceux qui emportent des galets de manière toute innocente alors que les galets ont un rôle indispensable pour préserver les plages.

Cet article ne sera pas un carnet de voyages comme les autres. J’écrirai forcément un carnet de voyages parce que la Seine-Maritime je l’ai arpentée en trente ans de vie ! Mais j’avais envie d’écrire après une constatation qui m’a sautée aux yeux.

Samedi 1er août, jour de traditionnel chassé-croisé des vacances, j’ai eu la chance de me retrouver sur une plage de galets où l’homme était encore l’invité de la nature.

Il y avait une cinquantaine de personnes à tout casser sur la plage, la baraque à frites était fermée car sa propriétaire pensait qu’il allait pleuvoir et le parking est relégué à cinq cents mètres plus haut.

Pour atteindre cette valleuse sauvage, il faut être motivé car la pente est de 5% mais cela vaut le coup !. J’ai envié ces vacanciers qui vivent le temps de l’été une parenthèse enchantée même si l’eau est froide.

J’ai alors réfléchi à toutes les stations balnéaires que j’aime : Trouville, Le Touquet, Dieppe et dont les plages sont grignotées par les parkings et le béton. Alors, volontairement, je vous adresse un petit souvenir de ce moment suspendu dans un beau coin de campagne français pour vous encourager à partir à la chasse aux trésors des valleuses de Normandie !

Je suis sensible au fait que les blogs et les stories Instagram contribuent au sur-tourisme qui exaspère tant les habitants de Barcelone, Venise ou de la rue Crémieux à Paris…

Retrouvez ici mes précédents articles du blog :

Jamais, une superbe BD qui parle de l’érosion des sentiments, inspirée par le pays de Caux

-Un week-end inoubliable à Trouville-Deauville pour la Pentecôte

-Un voyage rocambolesque au Touquet : les naufragés de la SNCF !

Ile de France et Paris·Sociologie

Aux grands hommes et femmes, la patrie reconnaissante.

Cet article sur les femmes résistantes me trottait dans la tête depuis longtemps.

J’habite rue Danielle Casanova dans l’une des nombreuses villes, ancien bastion communiste, à avoir voulu honorer cette femme martyre de la Résistance. 95 communes dont 52 en Ile de France ont voulu l’honorer.

Danielle Casanova
(1900-1943)

Danielle était dentiste et a exercé son métier dans les camps, lui permettant d’échapper aux travaux les plus durs et les plus inhumains du camp. Malheureusement, le typhus l’a rattrapa et elle n’a jamais vécu la victoire des alliés sur le totalitarisme nazi.

J’ai réellement découvert son histoire à travers la biographie de Marie-Claude Vaillant-Couturier, intitulée Marivo, écrite par Gérard Streiff, éditée par Ampelos.

Marie-Claude et Danielle ont été déportées ensemble dans le même convoi vers les camps de concentration allemands. Ce sont deux figures emblématiques de la Résistance et leur déportation fut largement médiatisée.

Marie-Claude était une journaliste et photographe engagée en politique dès les années 1930 : elle a failli interviewer Hitler avec son père au début de son ascension, elle a couvert la guerre d’Espagne… Elle venait d’une famille brillante qui côtoyait l’élite artistique et intellectuelle de l’époque.

Son père était Lucien Vogel, le patron de la revue Vu, ses oncles Michel et Laurent de Brunhoff ont respectivement inventé Vogue France et les aventures de Babar, le roi éléphant.

Je connaissais déjà l’histoire de sa famille par la géniale biographie La splendeur des De Brunhoff, chroniquée ici. Mais j’ai aussi aimé lire son histoire personnelle à elle.

Cette biographie met en lumière les convictions politiques d’une femme pour qui la résistance est une évidence. Ce livre est intéressant car il montre combien cela coûte affectivement et moralement de rentrer dans l’illégalité dans son propre pays.

Il débute avec le procès de Nuremberg dans lequel Marie-Claude Vaillant-Couturier sera appelée à témoigner face aux responsables directs de cette horreur, au nom des milliers de mortes qu’elle a côtoyé dans les camps.

Elles venaient de France, de Grèce, d’Allemagne, de République tchèque. Toutes européennes mais citoyennes à éliminer pour Hitler et sa bande de haineux rageux ascendants débiles profonds.

Marivo, Gérard Streiff, éditions Ampelos, 142 pages, 10€

En toute franchise, ce n’est pas une lecture joyeuse. J’ai lu une dizaine de livres sur les camps de concentration. Cela me file le cafard car je sais que l’homme dans sa haine est bien capable de recommencer pareil génocide.

Mais, j’ai bien aimé certains moments lumineux qui montrent quelques exemplarités des kapos qui ont sauvé des vies sans qu’on sache vraiment pourquoi, un sursaut d’humanité sans doute.

On leur confiait les plus basses besognes mais certains sont parvenus à faire triompher la vie sur la mort quelques fois. Une goutte d’eau dans un océan mais cela redonne espoir. C’est l’intérêt de ces livres de témoignages sur la Shoah selon moi.

Enfin, ce livre a aussi un intérêt documentaire. Sans partager leurs convictions, ce livre met en lumière l’engagement politique de Marie-Claude Vaillant-Couturier, figure du parti communiste français. Des rues Paul Vaillant-Couturier, il y en a des tonnes en France mais finalement je ne savais que peu de choses de ce député emblématique du Front populaire.

Les anciennes villes communistes en proche banlieue parisienne changent de couleur politique au fil des élections : Montreuil, Villejuif, Fontenay sous bois… mais ce livre retrace un paysage politique que je connaissais peu.

Marie-Claude Vaillant-Couturier aura une belle carrière après son retour des camps. Son engagement de résistante sera unanimement reconnu, tous partis politiques confondus. Le général de Gaulle lui fera même part de son admiration en la croisant dans un couloir de l’Assemblée nationale.

Le street-art rend hommage aux résistantes Germaine Tillon et Geneviève Anthonioz de Gaulle, accueillies au Panthéon, par Ernesto Novo

Heureusement que les bibliothèques municipales s’attachent à acheter dans leurs collections des biographies de femmes résistantes pour sensibiliser les générations futures. Il y a peu de place pour Geneviève Anthonioz De Gaulle, Germaine Tillon, Danielle Casanova, Marie-Claude Vaillant-Couturier dans les médias aujourd’hui.

Je ne vise personne mais je déplore qu’on scrute les faits et gestes des actrices aux Césars pour leurs prises de position symboliques, qu’on les juge sur leur image, leur corps et que les débats d’idées, les engagements militants soient moins exposés médiatiquement sur Instagram, Twitter… Qui sont les résistantes d’aujourd’hui?

Je vous recommande cette collection de biographies historiques dans la collection Des graines et des guides des éditions A dos d’âne. Le dossier documentaire qui accompagne cette biographie est vraiment complet. Cette collection s’adresse aux collégiens et lycéens pour les aider à réaliser des exposés par exemple.

Voici d’autres articles de mon blog sur des biographies inspirantes de femmes et d’hommes :

Le succès de Culottées, les biographies de femmes dessinées par Pénélope Bagieu, éditions Gallimard

La splendeur des De Brunhoff, une famille innovante engagée contre la barbarie nazie.

Sociologie

Un de mes cousins à l’honneur de la série Ma vie rurale sur France 3

Chaque samedi sur France 3 à 16 h 15, nous suivons avec intérêt une série documentaire : Ma vie rurale qui montre avec précision le quotidien des travailleurs de la campagne à travers huit portraits d’hommes et de femmes qui ont fait le choix de travailler au plus proche de la nature.

C’est finement réalisé, un peu scénarisé pour mieux rendre compte des enjeux économiques des gens. C’est L’amour est dans le pré en plus sérieux. France 3 a dédié une case de sa programmation à ces « feuilletons du réel ».

Parmi eux, Pierre, le cousin germain de mon père, qui est éleveur à Sagnes et Goudoulet. Tout ce que je sais du métier d’agriculteur, je le connais grâce à Pierre et sa famille, en les voyant vivre tous les étés quand nous montions passer le mois d’août à notre maison de vacances. J’aimais vraiment bien le début du mois de juillet quand c’était la saison des foins avec ces belles boules qui décoraient le paysage.

« Ma vie rurale » – © BBC Studios France et France.tv studio

Quand on arrive au dernier carrefour avant le village des Sagnes, mon père a l’habitude de dire « Tiens, c’est les vaches de Pierrot » à la vue de ce troupeau de belles vaches à la robe marron. Ce qui est très beau dans ce documentaire, c’est la manière dont est filmé l’attachement de l’éleveur à ses animaux. Notamment quand le petit veau rejoint en voiture sa mère parce qu’il souffre d’arthrose très handicapante.

Avec mon frère, on a eu une chance immense quand nous étions petits de pouvoir assister à la traite des vaches le soir chez nos grands-oncles de la ferme-auberge des Grands sagnes et de rigoler comme des bossus devant l’élévateur chargé d’extraire la bouse des vaches.

Il y a pas longtemps, mon cher cousin Johan (qui apparait dans le documentaire consacré à son père) m’a fait rire aux larmes quand on parlait allaitement dans les grandes lignes après mon accouchement. Il m’a avoué qu’il ne savait pas qu’on parlait aussi de colostrum pour les mères de famille…La comparaison avec la vache à pis n’était pas bien loin…

J’ai aussi bien aimé que ce documentaire montre les valeurs éducatives de cette famille que je connais bien. Leurs enfants sont libres de reprendre ou non la ferme. Dans cette série, Pierre va transmettre sa ferme à des agriculteurs de la nouvelle génération qui ne seront pas ses enfants. Mais la transmission est bien là !

On est très fiers de notre famille fort télégénique : Pierre et Claire, les parents, Johan et Nans, les enfants, Jean-François et Valentin… Même la grand-mère Elisabeth est une habituée des plateaux télévision de France 3. Julie Andrieu est venue l’interviewer dans sa cuisine, il y a quelques années.

Ce feuilleton m’a donné ma petite larme à l’ œil à l’évocation de l’héritage familial de Pierre dans sa superbe ferme du 17eme siècle. J’ai alors revu ces visages de la famille qui nous ont quitté : Régis, son père qui allait aider à ramasser les pommes de terre sur l’imposant tracteur Massey Ferguson, Henri, notre grand-oncle…. Ma grand-mère a eu trois frères, tous agriculteurs. Les vacances d’été aux Sagnes ont été source d’enseignement pour les petits citadins que nous étions. J’en ai des tonnes de souvenirs d’enfance à Suchasson avec mes cousins !

Cette année, il n’y aura pas de salon international de l’agriculture, c’est bien dommage compte tenu de la popularité de l’évènement. Alors, cette émission en huit épisodes est l’occasion de mieux comprendre cette ruralité qui attire à nouveau !

Retrouvez un article de mon blog : carnet de voyages en Ardèche sur le plateau ardéchois.

Sociologie

Plaidoyer pour une alliance conjugale à durée indéterminée.

Cet article me tient à cœur depuis longtemps mais je pèse et sous-pèse chacun de mes mots : terrain miné. Je suis persuadée que ceux qui enchaînent les conquêtes amoureuses sont vraiment déçus de l’amour et s’endurcissent pour ne pas souffrir de nouveau.

Je lis beaucoup Le Monde et un article m’a fait bondir : En finir avec le couple et l’exclusivité sexuelle… Déjà que les repères deviennent de plus en plus flous au nom de cette sacro- sainte liberté dans le couple prônée depuis Mai 1968 alors là c’est vraiment la jungle… On se plaint de la violence dans le couple mais si on explose tous les cadres, les repères, s’il n’y a plus aucun code de bonne conduite comme le respect mutuel, la loyauté, le consentement… ?

J’ai écouté il y a peu l’intervention de Marine d’Allancé et Gilles Boucomont qui dialoguaient à l’église protestante-unie de Belleville sur le thème des relations amoureuses dans le cadre de la soirée inaugurale du groupe de jeunes JBC.

Il faut distinguer la foi de la religion. Ce sont les religions qui voient la sexualité d’un mauvais œil, Dieu non. Dieu n’est pas une grenouille de bénitier, il encourage homme et femme à prendre du plaisir ensemble, à être féconds dans un cadre sécurisant : celui de la conjugalité.

S’engager envers quelqu’un: c’est le choisir et s’y tenir !

Un jour, quelqu’un m’a dit en rigolant qu’elle vivait dans le péché depuis trente ans car elle n’était pas mariée. Je me suis dis « Mince, j’espère que ce ne sont pas des chrétiens qui lui ont tenu ce discours« … Alors je lui ai répondu que l’engagement que son conjoint avait envers elle et leurs deux enfants sautait aux yeux et que Dieu aimait cet engagement exclusif . Ce ne sont pas les tambours et les trompettes qui font l’engagement, mais l’attitude de cœur. Proclamer des promesses devant le maire puis le pasteur et ensuite mener une double vie pleine de tromperies en tout genre, voilà le péché.

Je n’écris pas cet article pour trier les gens, juger à la louche de qui fait bien ou qui fait mal. J’écris cet article en tant que public cible de toutes ces publicités racoleuses que je vois dans le métro, ces articles pseudo-libertaires que je lis dans des magazines féminins de moins en moins inspirés…

Droits réservés Albin Michel

Il y a quelques années, j’ai lu un livre marquant Une jeunesse sexuellement libérée ou presque écrit par Thérèse Hargot. La thèse de cet essai est que la liberté sexuelle héritée de Mai 1968 est plus aliénante que structurante pour les adolescents. Dès le plus jeune âge avec le porno à haut débit, la sexualité est vue sous l’angle de la performance et ça n’est guère épanouissant. On se plaint du monde du travail qui pressurise mais si on se fixe des sacrés objectifs au lit, cherchez l’erreur.

J’aime beaucoup l’approche de cette femme qui est à la fois sexologue et philosophe. Elle reçoit beaucoup dans son cabinet et j’en conclue qu’on passe beaucoup à l’action mais qu’on peine à mettre des mots sur ses sentiments, ses émotions. Le cadre d’une thérapie peut aider à mieux se connaître soi même, prendre autorité sur son identité au lieu de laisser Elle, Cosmopolitan ou Biba nous définir comme polyamoureux, pansexuel ou autre metrosexuel, autant de concepts fumeux qui me laissent totalement dubitative.

Poly-amoureux ou juste opportunistes ?

Les algorithmes sur les sites de rencontres ont transformé les personnes en marchandises plus ou moins attrayantes. Adopte un mec ne prend d’ailleurs même plus la peine d’inscrire un slogan ou un logo sur ses publicités. Un petit caddy et on a tout compris.

Droits réservés Adopte un mec

Étiqueter quelqu’un comme un plan cul ne choque plus personne. Le sexe désincarné est alors vu comme un loisir très addictif alors qu’il y a forcément des liens d’âme qui se créent quand on s’aventure sur un terrain aussi intime que la sexualité.

Les liens d’âme ce sont des attaches émotionnelles à quelqu’un par nos sentiments, nos désirs, nos émotions. Il y a aussi des liens d’âme constructifs et structurants : l’attachement affectif des parents à leur enfant pour l’aider à grandir et se débrouiller tout seul un jour…

On parle beaucoup de relations toxiques, de pervers narcissiques actuellement, mais ce ne sont que les fruits de l’arbre : les liens d’âme. Quand on collectionne les conquêtes sexuelles, le piège de la comparaison systématique nous pend au nez, on fantasme sur tel ou tel scénario érotique, on se trompe de prénom au lit…

Liliane et José de Scènes de ménage m’attendrissent quand ils se désolent de ne pas arriver à être échangistes, ça me fait rire mais je me dis « quand vont-ils comprendre que l’ exclusivité affective et sexuelle il n’y a rien de mieux… »

Le mariage, ça ne cimente pas que la bourgeoisie !

Même dans une société moderne où la religion n’a plus la première place, le mariage est beaucoup plus valorisée qu’un pacs ou une union libre. Un couple marié obtiendra plus facilement un logement social ou un prêt immobilier.

Je vous encourage donc à vous marier avec quelqu’un de fiable et de persévérant, qui se découragera pas de vous si vous prenez du poids, que vous tombez malade ou que vous ne progressez pas dans votre carrière.

Nul besoin d’attendre des années ou de souscrire un crédit à la consommation pour pouvoir se marier. On n’est pas dans l’émission toute pourrie Quatre mariages pour une lune de miel sur TFI. Un mariage c’est un super beau moment à vivre avec sa famille et ses amis. Tous ceux que vous aimez viendront le jour de votre union car cela a du sens alors qu’on peut louper la grosse fiesta des trente ans ou les quarante ans d’un pote.

Trois mois plus tard, plus personne ne se rappellera de ce qu’il a mangé en entrée, de la couleur de vos plans de table ou la manière dont vous avez organisé les fleurs… On s’en fout carrément. Les souvenirs qui resteront à vos invités, ce sont les émotions partagées, les promesses échangées.

Je dédie cet article à mon premier lecteur avec qui je fête six ans de mariage cette semaine et à un couple d’amis cher à mon cœur qui s’est marié jeudi en petit comité à cause de l’épidémie : tous mes vœux de bonheur à Rebecca et Mike !

Mes coups de cœur livres sur ce sujet !

Vivre sa jeunesse autrement de Joseph Gotte, éditions Première partie

Vous allez dire oui à qui ? Gary Thomas, éditions BLF

Sociologie

Combattre le racisme à travers les films et les livres.

Pendant le confinement, j’ai regardé deux films géniaux qui m’ont paru jumeaux sur bien des points : Ray et Green book. Ils se déroulent à la même période (les années 1950 aux Etats-Unis) et racontent chacun une tournée de musiciens à travers les états du Sud.

Green book raconte une belle histoire vraie : une amitié entre un pianiste virtuose noir et son chauffeur italo-new yorkais pas bien finaud. Ils vont s’entraider au cours de cette tournée. J’aime beaucoup la scène où le pianiste impressionne les clients noirs du cabaret qui s’attendaient à du jazz pour les divertir et qui respectent son talent pour la musique classique. Il y a tellement de différences : la couleur de peau, le statut social, le compte en banque, l’éducation, qu’il vaut mieux autant les accepter que de se haïr.

Et puis il y a eu le meurtre de George Floyd le 25 mai 2020 qui a provoqué des vagues de manifestations mondiales pour condamner cette arrestation raciste qui a basculée dans l’horreur et l’impensable.

Plutôt que de mettre un carré noir viral sur mon compte Instagram et de dire des généralités, j’ai voulu dans ce blog, faire la liste des beaux beaux films, documentaires, chansons et romans qui racontent l’entraide entre Noirs et Blancs.

En 2014, j’ai chroniqué dans mon blog le film Selma d’Ava Du Vernay (j’ai même décroché un boulot grâce à cet article). Quand j’étais enfant, ma mère nous a sensibilisé au combat de Martin Luther King. Elle est née dans les années 1960 et elle a été sensible à son discours charismatique. Nous commencions à aller dans une église protestante à cette époque. Ma mère aime bien raconter qu’elle a le même âge que Barack Obama.

Chez nous, on apprécie beaucoup son épouse Michelle. J’ai tellement aimé son livre que je l’ai chroniqué ici dans le blog. Elle raconte les fusillades et les règlements de comptes que vivent les jeunes lycéennes de Chicago au 21eme siècle. Dans le documentaire Netflix, vous comprendrez à quel point elle insiste sur l’éducation des jeunes, qu’ils se battent pour aller à l’université malgré les préjugés racistes qu’elle a aussi vécu.

J’ai aussi lu un livre marquant : un recueil de biographies Génération Rosa Parks d’Anniel Hatton, pasteure baptiste. Dans ce livre, j’ai été saisie par les pressions terribles vécues par les jeunes filles dans les universités blanches comme si elles braquaient une banque alors qu’elles avaient le droit de les intégrer. Ou encore comment un médecin s’était permis de stériliser une femme noire comme un animal de compagnie.

Je vous recommande l’album de Matt Marvane qui s’appelle Noirs et Blancs, il est universel et interconfessionnel.

Enfin, je suis assez impressionnée par les déboulonnements de statues de colonialistes encensés par l’Histoire et assez favorable à débaptiser des rues. Cela rappelle la chute du mur de Berlin quand on déboulonnait les statues soviétiques, qui cristallisaient les souffrances des gens.

Un jour, dans la librairie où je travaillais, une dame m’a dit qu’elle s’appelait Madame Sexe, un nom donné par le maître blanc à ses ancêtres pour les humilier. Et ça, ça craint ! Beaucoup plus que les emballages marketing de Banania ou d’ Uncle Ben’s à mon avis.

Les derniers articles du blog dans le domaine cinéma et séries :

Mes premières fois de Netflix : l’amitié au lycée

Sur Netflix, Virgin river, source de reconstruction émotionnelle

Mes coups de coeur Netflix de ce printemps

Sociologie

Aimer sans dévorer, vivre le confinement libres

Aimer sans dévorer, c’est le titre d’un livre de Lytta Basset, pasteure suisse spécialisée dans la relation d’aide. En ce moment, le confinement accentue des phénomènes déjà dramatiques de violences familiales.

 » Le confinement c’est déja suffisament pénible alors si on se fait taper dessus…  » voici ma réflexion la plus prosaïque mais qui vient du cœur quand j’ai reçu cette vidéo dans ma boite mail.

Ce sont l’Association des familles protestantes associée aux éditions Empreinte temps présent qui ont réalisé ensemble cette vidéo. J’ai bien reconnu l’une des voix-off, c’est l’un de mes collègues, Damien !

Cela me donne la triste occasion de vous parler d’un petit livre très bien fait : Le décodeur des violences psychologiques et aussi de vous conseiller d’autres livres de qualité.

décodeurviolencespsychologiques

Ce petit livre m’a été offert par une amie Valérie, qui fait de l’accompagnement spirituel dans le cadre de son travail. Edité par un éditeur très grand public, il définit en quatre grandes parties les ressorts de la violence psychologique : ses origines, ses mécanismes, ses répercussions et enfin comment en guérir.

J’ai beaucoup aimé les témoignages courts et bien choisis pour encourager les gens à se sortir de cette spirale infernale. Il faudra beaucoup d’écoute et de bienveillance à ceux qui recueillent leurs confidences tant le mécanisme d’emprise est aussi tenace et fourbe que le coronavirus en action !

Je regrette un peu le format de ce livre qui n’est pas du tout pratique à lire quand on veut se concentrer un minimum mais je loue son petit prix et sa large diffusion dans toutes les grandes surfaces culturelles. La violence psychologique touche toutes les catégories sociales mais tout le monde n’a pas les mêmes armes économiques pour s’en protéger.

Pendant ce confinement, j’ai lu et relu la série de livres Sauveur et fils qui raconte le quotidien d’un psychologue antillais Sauveur, ses patients (des enfants en majorité) et sa famille recomposée.Sauveur et fils saison 4

Commencer une thérapie a un coût financier non négligeable mais c’est aussi un beau cadeau à s’offrir pour dénouer des circonstances empoisonnantes, discerner qui nous casse les pieds régulièrement et surtout découvrir nos forces et accepter nos faiblesses.

Même si on manque de moyens financiers, nous avons la chance de vivre dans un beau pays où la solidarité et l’entraide sont valorisés avec des numéros verts, une prise en charge psychologique gratuite par des associations ou mêmes des ministères d’églises , formés en relation d’aide.

Réaliser un mécanisme d’emprise est très difficile et très long à vivre, c’est la partie la plus difficile du chemin selon moi. En tant que libraire, je me retrouve de plus en plus souvent à conseiller des livres à des familles où il y a des problèmes d’anorexie ou de harcèlement scolaire, des employées qui subissent de plus en plus de pressions morales de leurs supérieurs ou de leurs collègues, des conjoints qui cherchent à faire repartir leur couple…

Quelques livres qui apportent une aide sur les mécanismes d’emprise :

Comment gérer les personnalités difficiles, Christophe André et François Lelord.

Ensemble contre les violences conjugales, Empreinte temps présent.

 

Sociologie

La détente au temps du coronavirus

En ce moment, je n’ai aucune envie de bloguer et je me méfie du travail de sape des écrans, entre notre impossibilité à nous évader l’esprit dans les parcs parisiens et lire des nouvelles anxiogènes, bonjour la sinistrose !

Puis j’ai changé d’idées. Comptant sur ma petite expérience du désœuvrement organisé (cinq mois de chômage en 2016, trois mois de congé maternité beaucoup plus réjouissants en 2019), je me rends compte que j’ai appris comment organiser mon temps quand il s’allonge à l’infini, que l’ennui commence à se faire sentir et qu’ il n’ y a aucune date butoir à l’horizon.

Ce confinement est une épreuve morale pas simple à vivre, donc j’espère que cet article t’aidera à vivre cette période comme une épreuve certes mais avec de nombreuses choses positives apprises sur toi ! Note bien que ce sont des conseils basés sur mon expérience personnelle et chacun a ses propres défouloirs.

Mon premier conseil est quel est ton défouloir ?. Moi j’ai remarqué que ma respiration, mon rythme cardiaque ralentissent de façon beaucoup plus agréable quand je regarde des vidéos Plan with me spécial Bullet journal sur Youtube. Pas plus que trois ou quatre parce que ma fille m’appelle de manière insistante rapidos et avec les publicités et les formats courts des vidéos, la détente fuit vite comme une voleuse !

Cherche où se trouve ta vraie détente et à quel rythme. Tout est une question de rythme. On parle beaucoup de burn-out dans notre société ultra connectée et hyper pressée. Avec mon mari, nous nous sommes aperçus que depuis la rentrée, nous vivions comme des robots en tant que jeunes parents avec une cadence assez intense chaque semaine. Le changement de rythme a été un peu déstabilisant les deux premiers jours du confinement, mais on s’y est très vite adapté.  Et si ce confinement avait du bon pour nous aider à discerner quelles mauvaises habitudes chronophages nous voulons virer de nos vies ?

Retrouver le bon timing avec Dieu

J’ai lu un très bon livre Reset, vivre la grâce à l’ère du burn-out de David Murray, édité par Ourania. Tout est une question de rythmes. Même si la société va très vite (elle est bien ralentie la société speedée en ce moment), même si l’ultralibéralisme dicte ses codes, nous avons beaucoup plus de choix et de moyens pour résister à cette pression et cette cadence infernale. Mais pas tout seuls. Nous avons besoin de l’aide de Dieu, elle est déterminante.

Sans son aide, je serai toujours en panique à courir après un bus avenue de l’Opéra pour ne pas arriver en retard au travail chaque matin. On se moque des hamsters qui courent comme des tordus dans la roue de leur cage mais il y a un petit air de famille non?.

J’ai bien aimé le post Facebook d’une amie, Charlotte qui vit le confinement en Italie. Elle raconte sa matinée type, qu’à chaque jour suffit sa peine et qu’elle se rend compte qu’elle apprécie certains aspects de ce mode de vie temporaire.

A chaque jour suffit sa peine

 » Ne vous mettez pas en souci du lendemain, car le lendemain aura souci de lui-même; à chaque jour suffit sa peine  » . Cette expression devenue proverbiale est une parole de Jésus prononcée dans l’évangile de Matthieu, dans le Nouveau testament. C’est un texte que nous avons choisi comme lecture lors de notre mariage car je le considère comme un principe de vie indispensable pour ne pas vivre dans la peur et l’insécurité.

Nul n’est prophète en son pays

Ces paroles d’ Évangile aux origines de nos formules familières.

Denis Moreau, éditions du Seuil.

2020, 19€50

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En temps normal, j’aime dessiner dans mon bullet journal avec des feutres Tombow, mes projets de sorties, les films que j’ai envie de voir au cinéma ou les livres que j’ai envie d’emprunter à la bibliothèque. Saut que patatras, il y a toute une routine à réinventer et on ne sait pas pour combien de temps.

A chaque jour suffit sa peine devient mon leitmotiv pour ne pas craquer nerveusement et devenir vraiment pénible pour ma famille. Je me refuse de me projeter dans une date de fin de confinement car je n’ai aucune prise sur cela et la frustration n’en serait que plus douloureuse et amère. Protégeons-nous, ce confinement est une épreuve personnelle pour rester en bonne santé physique et morale. Cherchons la source de notre contentement, nous avons du temps devant nous, saisissons-nous de ce cadeau !

Dans un prochain article, je vais te raconter ma passion pour le Bible journaling : tenir un journal artistique dans un carnet Moleskine chaque jour. J’ai fini de lire la Genèse et j’ai bien entamé les premiers chapitres de l’Exode.

Voici un petit aperçu :

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Pour terminer cet article, je mise surtout sur les activités manuelles et la lecture, la cuisine. Lire un bon bouquin me détend beaucoup mieux que lire mon smartphone et errer de sites Internet en sites Internet.

Je regarde une seule série Netflix : Grace and Frankie et encore un soir sur deux. Il n’y a rien de mieux qu’un bon livre, je m’en suis aperçue pendant mon congé maternité, le rythme cardiaque ne s’affole plus, on est plus détendue et disponible pour ses enfants !

 

Séries·Sociologie

Charlie, monte le son ou la préadolescence 2.0

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Comme j’ai fini de regarder ma série favorite Call the midwife, j’errais comme une âme en peine sur la plateforme de Netflix car je suis très exigeante pour choisir une série. J’aime les séries historiques avec de solides portraits psychologiques des personnages, un scénario qui tient la route pour décrire la société de l’époque… Bref, il faut que je sois accrochée à l’intrigue le temps de trois, quatre ou cinq saisons au moins.

Force est de constater que ce sont les séries anglaises qui ont ma préférence : ils ont de très bons acteurs qui ont souvent une formation théâtrale comme Kate Winslet par exemple, ils savent construire des histoires passionnantes autour de l’aristocratie anglaise et de la famille royale (The Crown) et ils ont une élocution british très agréable à suivre en version originale sous-titrée (ils ne mangent pas leur mot comme leurs cousins américains)

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Idriss Elba est l’un d’eux. Je n’avais vu aucun de ses films auparavant, je l’ai découvert lors du mariage du prince Harry et de Meghan Markle. Il a un visage de cinéma très expressif un peu comme Jean Dujardin, capable de jouer une comédie comme un drame. D’ailleurs, c’est tout l’intérêt de cette série Charlie, monte le son dont il est l’initiateur. Il est le héros d’un rôle totalement à contre-emploi : nannie d’une petite fille riche.

Le résumé :

Charlie Ayo est un trentenaire londonien d’origine nigériane. DJ ayant connu son heure de gloire, il a disparu des spotlights par excès de confiance en abusant de la drague et de la drogue. Son meilleur ami David, acteur célèbre aux Etats-Unis revient à Londres avec femme et enfant pour apporter une stabilité familiale à leur petite fille Gabrielle.

Mais la carrière florissante de sa femme Sara, DJ international n’est pas compatible avec une vie de famille. Son staff composé de femmes ambitieuses : Astrid, sa manageuse, Tommy son second empêchent tant bien que mal l’épanouissement d’une relation mère/ fille de qualité.

C’est finalement Charlie Ayo, ce grand black musclé aux faux airs de Maître Gims, qui va apporter amour et stabilité à cette petite fille de dix ans Gabrielle. Elle est totalement imbuvable car délaissée par ses parents. Charlie va t’il l’aimer d’une manière gratuite et désintéressée ?

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Mon avis :

C’est une série assez gonflée et très contemporaine qui joue sur l’inversion totale des rôles. Avec Turn up Charlie, ce sont les femmes qui ont le pouvoir. Sara a plus de notoriété et d’argent que David, son mari. C’est grâce à elle que Charlie pourrait relancer sa carrière.

Les femmes qui gravitent autour d’elle ont bien compris l’emprise qu’elles peuvent avoir sur les hommes et elles ne s’en privent pas. Alors que le personnage de Sara est plus étoffé, elle cherche à être une bonne mère et culpabilise quand elle se plante avec sa fille : quand elle loupe la rentrée des classes parce que ses mauvais génies Astrid et Tommy lui font comprendre qu’avoir un enfant c’est naze.

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Copyright Netflix

J’ai ainsi (re)découvert l’actrice Piper Perabo, une très jolie fille qui porte de superbes tenues et coiffures branchées dans cette série. Sa beauté m’a vraiment fascinée. Son visage ne m’était pas complètement inconnu puisque je l’avais déja vue dans Coyote Girls (j’ai honte !), un médiocre film des années 2000 que l’on préférait oublier : des jeunes Américaines qui pensent revendiquer le girl power en dansant sur un comptoir de bar.

Avec cette série, on voyage entre Londres et Ibiza dans les derniers épisodes. Le manoir où habite la famille de Gabrielle est vraiment impressionnant avec son immense sauna. Charlie l’emmène dans le Londres underground aux écuries de Camden et j’ai beaucoup aimé l’épisode où la plupart des personnages passent le week-end au festival Latitude avec leurs bottes en caoutchouc et leurs pass VIP. Cela m’a rappelée le film Bridget Jones ‘s baby.

J’ai beaucoup aimé la manière dont cette série se moque des artifices du monde de la nuit et la notoriété qui fait perdre le Nord à Sara et David. Charlie et sa tante Lydia avec ses proverbes bibliques ont beaucoup plus les pieds sur terre et apporteront de la stabilité affective à une petite fille qui doit déposer ses bagages aux quatre coins du globes en fonction des tournages de son père ou des concerts de sa mère.

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Copyright Netflix

La notoriété de ses parents privent Gabrielle d’une enfance protégée, son téléphone portable l’a fait définitivement basculer dans le monde des adultes indépendants et ce n’est pas forcément une bonne chose.

Cette série raconte sur le ton de l’humour les mauvais exploits d’une petite fille riche qui se méfie des adultes et on ne peut s’empêcher de penser au destin terrible de Drew Barrymore, enfant star de Hollywood qui enchaîna les cures de désintoxication à partir de treize ans.

Une grande partie du succès de cette série repose sur les épaules de la petite Frankie Hervey, une jeune actrice britannique qui doit avoisiner les dix ans mais pas plus. Elle est touchante avec son petit air d’ Hermione Granger en uniforme scolaire. On lui donnerait des baffes quand elle appelle Charlie « Bitch » ou qu’elle manipule ses parents en les montant l’un contre l’autre.

Qui sont les véritables préadolescents dans cette série?

Ma note : 4/5 sardines

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Cette série de huit épisodes de vingt minutes chacun se regarde d’une traite. Au début, on est scié par l’audace de cette petite fille culottée qui arrose tout le public de sa maman en boite de nuit pour susciter son attention.

Le scénario connait quelques faiblesses : j’aurai aimé que la relation de complicité improbable entre Charlie et Gabrielle soit plus développée car c’est le thème central de la série. Mais on passe tout de même un bon moment de divertissement avec cette série qui caricature le monde de la nuit et l’accès toujours plus précoce des enfants aux réseaux sociaux.

Gabrielle est une crack d’ Instagram,You tube et compagnie mais elle est terrorisée de n’avoir aucun vrai ami réel avant de rencontrer Hunter, un mauvais garçon de son école.

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