Ce témoignage, je l’ai lu d’une traite dans un train de banlieue pendant le week-end de Pâques. Rédigé dans un style fluide et agréable à lire, il explique en deux cent pages les moments éprouvants que peut vivre une femme qui souffre d’endométriose.
Sur les réseaux sociaux, je remarque que bon nombre de femmes souffrent de cette maladie qui ruine leur quotidien.
Je me souviens un jour d’avoir croisé une femme au comptoir d’une pharmacie qui était en larmes à cause de son bas ventre. Elle avait un peu honte de raconter ce qu’elle avait, je pense que ça ne devait pas être la première fois qu’elle venait car elle était un peu désemparée mais elle était vraiment dans une forme de supplication qu’on la soulage rapidement. Moi j’avais juste une colopathie fonctionnelle qui me cassait les pieds de temps à autre quand mon stress prenait le dessus sur toutes mes émotions.
J’ai été contente de pouvoir lui témoigner un peu d’empathie par une parole réconfortante qu’elle a eu l’air d’apprécier. C’est d’ailleurs tout le propos de Lorie Pester. Elle insiste sur le regard des autres qui joue beaucoup pour supporter le moins mal possible cette maladie sacrément handicapante.
J’ai aimé que son livre commence avec son adolescence et ses premières règles. Elle explique les cours d’éducation sexuelle dispensés en classe. Je pense que le gouvernement devrait lui confier une mission de santé publique pour accompagner les jeunes filles qui se tordent en deux quand elles ont leurs règles ados. C’est assez révoltant qu’on leur dise que c’est normal d’avoir mal au ventre en éludant leurs plaintes lors des visites chez le gynécologue.
On pourra trouver ce récit très réaliste car il raconte vraiment les petits détails qui pourraient paraître insignifiants. Oui mais quand on souffre en continu, chaque chose devient compliqué même traverser le passage clouté.
J’ai bien aimé ce livre bien écrit et je ne peux que tirer mon chapeau à Lorie pour son courage à mener à bien ses projets artistiques et une belle carrière après la chanson, malgré un quotidien aussi infernal.
J’en retiens que se montrer coriace face à la douleur n’est pas forcément une bonne idée car elle a été longtemps tiraillée par son mental mais elle a accepté de suivre les conseils de son médecin et de son entourage. Elle s’est délestée de son utérus sur la table d’opération, le choix a été difficile à faire psychologiquement et on le comprend parfaitement. Mais elle y a gagné une liberté inestimable d’où le titre : Revivre.
Revivre, Lorie Pester, Robert Laffont, 21 mars 2024, 192 pages, 18 euros
Les autres livres publiés par Robert Laffont que j’ai chroniqué dernièrement :
La semaine dernière, je chroniquais laBD Missak Manouchian, une vié héroïquepubliée par les Arènes, à l’occasion de son entrée au Panthéon avec sa femme Mélinée, le 21 février dernier.
Cette semaine, j’ai envie de parler de fraternité avec ce nouveau volume de la collection La Bible toute en nuances des éditions Bibli’o. Je m’occupe de leur diffusion en librairies francophones partout dans le monde.
La couverture de ce livre est vraiment belle et puissante. L’année 2023 a été difficile et douloureuse pour la fraternité. La lecture de ce livre est plus que nécessaire pour ne pas désespérer face à l’individualisme qui mène à la barbarie quand on n’a plus aucune considération pour l’autre.
La Bible tout en nuances propose un parcours biblique à trois voix. Isabelle Grellier-Bonnal, professeur de théologie, montre comment la fraternité est une relation à construire dans la Bible.
Puis, la parole est donnée à Bruno Lachnitt, aumonier de prison, qui voit les enjeux de la fraternité en prison, le lieu où l’on met à l’écart de la société. Et enfin, le témoignage fécond de Pierre Servent, journaliste politique, spécialiste en stratégie militaire et en analyse de conflit.
Comme dans le précédent ouvrage de La Bible toute en nuances : Rendez vous au puits consacré à la rencontre humaine en général, j’aime en ce moment lire la Bible de manière thématique. La première partie de ces volumes de La Bible tout en nuances sont de véritables mines d’or théologiques pour moi.
Les histoires de fratrie dans la Bible : Esäu et Jacob, Caïn et Abel, Marthe et Marie… me fascinent. Je suis passionnée par les histoires de famille, la manière dont un Père aime ses enfants aussi égalitairement qu’il le peut… Moi, j’ai un frère qui a un an de moins que moi et je suis vraiment contente de la relation de qualité que nous avons développé ensemble une fois adulte, même s’il vit bien loin en Australie depuis deux ans.
Je vous recommande donc la lecture de ce livre qui va vous redonner confiance en l’humanité capable de la plus belle fraternité. De toute manière, nous n’avons pas le choix si nous voulons vivre ensemble en harmonie. La fraternité c’est une sacrée paire de manches et ça vaut le coup et inspirés par Dieu, tout est possible.
Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu ! Matthieu, 5 verset 9.
S’il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes, Romains 12 verset 18.
Retrouvez-ici mes précédentes chroniques des ouvrages des éditions Bibli’o, la maison d’édition dans laquelle je travaille depuis 2021 :
C’est l’un des livres qui a fait le plus de bruit dans les médias en janvier. Surement parce que Thérèse Hargot met les pieds dans le plat et j’espère que ce livre incitera les pouvoirs publiques à censurer l’accès des plus jeunes à l’industrie pornographique. Elle fait gagner des milliards mais elle coûte très cher à la Sécurité sociale car elle bousille des vies.
J’ai découvert le travail de Thérèse Hargot en 2015 à travers un beau portrait d’elle dans l‘hebdomadaire La Croix. Puis j’ai lu son essai Une jeunesse sexuellement libérée ou presque publiée en 2016.
J’ai énormément aimé le ton de son livre, ses nuances et son humour pour transmettre son message : responsabiliser les gens sur le respect à porter à son partenaire tout en louant l’aspect ludique et épanouissant de la sexualité…quand elle est bien cadrée.
En 2016, Thérèse Hargot tirait la sonnette d’alarme sur les ravages du porno sur la santé mentale et affective. Le porno détruit nos capacités à aimer. Huit ans plus tard, les plateformes et les réseaux sociaux ont révolutionné notre rapport à l’image, la violence se banalise, l’estime de soi est profondément dégradée.
Avant, il y avait le buraliste ou le caissier du cinéma qui faisaient office de garde-fou pour protéger les mineurs. Face aux plateformes, il y a lieu de s’interroger sur l’efficacité de l’avertissement du CSA interdit aux moins de 18 ans.
La pornographie est une drogue dure particulièrement nocive pour notre cerveau, notre imaginaire. Elle détruit le couple et même nos relations amicales entre garçons et filles. C’est la société qui façonne la culture du viol avec la pornographie comme arme massive et industrielle. On ne peut pas dénoncer la culture du viol si on ne s’attaque pas à la pornographie. Vive le sujet casse gueule actuellement.
Tout le monde en regarde ou presque est un excellent livre, bien argumenté avec de nombreux chiffres à l’appui et des témoignages poignants récoltés dans son cabinet.
En fin d’ouvrage, Thérèse apporte dix pistes pour trouver un échappatoire salutaire à la pornographie. J’ai lu différents témoignages de ses patients sur son site Internet et je ne suis pas étonnée de lire pour plusieurs d’entre eux que c’est aussi leur foi en Dieu qui les a aidé à se tirer de ce bourbier mortifère.
Je reçois assez régulièrement des livres en service de presse car j’en fais la demande auprès des éditeurs pour les chroniquer. Cette fois-ci, j’ai voulu aller l’acheter en librairie pour récompenser un travail intellectuel mais aussi un engagement remarquable sur le terrain avec des conférences aux quatre coins de la France à la rencontre de collégiens et de lycéens.
Les précédents articles que j’ai publié au sujet du couple :
Et pourtant ce n’était pas gagné au départ. Je voyais les recycleries et autres ressourceries d’un œil très circonspect, alors que mes parents étaient convaincus de longue date par ce mode de consommation.
Et puis de nombreux commerces que j’appréciais beaucoup ferment leurs portes : Camaïeu, Tati, Gap… On trouve de moins en moins facilement des chaussures de qualité, des vêtements qui donnent envie de les garder longtemps dans ses placards.
C’est mal taillé, il y a vite rupture de stock car les boutiques de vente en ligne trustent toutes les bonnes tailles…
Bref, j’en ai eu ma claque et j’ai commencé à faire du lèche-vitrines sur Vinted pour me trouver des chaussures Gola en liberty, un manteau Gisèle de Promod , des boots Vanessa Wu que j’avais découvert à Quai 71…
Je ne suis pas non plus totalement convaincue par Vinted qui concurrence sérieusement des oeuvres comme Emmaüs ou bien les commerces de centre-ville. Je considère que ce n’est pas mon métier de prendre des photos pour vendre mes vêtements (je trouve cela bien fastidieux en plus), je préfère les donner pour faire plaisir.
Mais j’achète en seconde main car retrouver des anciens modèles que l’on aimait porter et que l’on sait de bonne qualité, sont de bons repères pour ne pas gaspiller son argent.
J’ai véritablement sauté le pas d’acheter mes vêtements en ressourcerie avec l’ouverture de l‘association Habitudes à Val de Fontenay.
Le lieu est assez sombre mais les bénévoles de l’association ont su en faire un lieu chaleureux avec des portants, des cabines d’essayage… comme un vrai magasin.
Quel plaisir de pouvoir s’acheter deux ou trois vêtements pour 20 euros et de regarder si les vêtements que j’ai donné ont été achetés…
C’est une forme d’économie circulaire et solidaire que je ne connaissais pas et qui me plait beaucoup.
En seconde main, j’ai aussi acheté sur Vinted, une carafe glouglou et un DVD des deux premières saisons d’HPI. J’ai eu une mésaventure avec ce petit modèle ci dessous que je vais recycler en soliflore. Je me suis fait avoir par ses dimensions miniatures : 18 cm de haut.
Mais j’ai été plus chanceuse la deuxième fois avec une superbe carafe poisson(tout en haut de l’article). J’ai même pu l’acheter en main propre en rencontrant la vendeuse à Chatelet les Halles. C’était un cadeau qu’elle avait reçu et ça lui plaisait moyennement.
Ce que j’aime avec la seconde main c’est de chercher l’histoire d’un objet que j’aime. Pour moi, Vinted c’est une brocante 2.0.
Ces fameuses carafes glouglou sont à la mode depuis quelques années sur Instagram, j’en ai vu chez Sostrene Grene et je l’ai testée chez mon amie Rachel. Mais je les trouvais assez lourdes à porter et surtout un peu onéreuses : environ 60 euros.
C’est un modèle anglais qui date de 1870, il a séduit la reine Elisabeth lors d’une de ses visites dans une manufacture de céramique. La carafe est arrivée en France dans les années 1930.
On observe un véritable tournant écologique car il y a cinq ans, il était impensable d’offrir des cadeaux de Noël de seconde main.
Et vous dans quels domaines avez-vous pris l’habitude d’acheter de la seconde main ?
Hier soir, j’assistais au superbe ciné-débat organisé par mes collègues de l’Alliance biblique française. Le précédent ciné-débat était consacré à la justice restaurative avec la projection du film Je verrai toujours vos visages.
Invincible été est un témoignage qui retrace le parcours d‘Olivier Goy, un entrepreneur de talent dont la maladie de Charcot a été diagnostiquée en décembre 2023.
A travers un documentaire, Stéphanie Pillonca a mis en scène son message : Olivier est un combattant qui a décidé que sa maladie ne le priverait pas de son utilité publique ni de sa complicité avec sa famille.
Il ne peut plus diriger son entreprise comme il le souhaite alors il s’implique autrement : il photographie, il met en place une fondation pour la recherche pour que la maladie de Charcot soit guérie pour les générations futures… Avec une arme redoutable : l’humour.
J’appréhendais un peu d’aller voir ce film car le sujet est vraiment difficile : voir un père de famille emprisonné dans son corps par une maladie qui le condamne à court terme en le privant de la parole, en paralysant ses poumons et ses muscles, était insupportable pour moi.
Et pourtant, je suis sortie enrichie de cette séance de cinéma. Tout dépend de la manière dont on affronte les choses finalement. Comme j’aidais à accueillir les spectateurs dans l’équipe d’organisation, j’ai pu saluer Olivier. Il ne peut plus parler qu’avec une boite vocale mais il émanait de lui une telle présence à travers son regard et son sourire que c’était une très belle rencontre humaine. On réfléchit à ce que l’on va dire car la parole et l’écoute sont précieuses.
J’ai beaucoup aimé le propos d‘Annick Vanderlinden, théologienne et aumônière en hôpital. Elle participait au débat animé par Jean-Luc Gadreau, pasteur et critique de cinéma avec Stéphanie Pillonca et Olivier Goy. Elle découvrait le film en même temps que nous.
Elle a dit que certes le handicap amoindrissait quelqu’un physiquement mais qu’il enrichissait aussi notre humanité, notre relation aux autres. C’est le rôle du cinéma et j’ai découvert le travail de Stéphanie Pillonca.
Elle est sacrément douée pour les entretiens avec les membres de sa famille. Elle a fait le choix de ne pas tout montrer pour respecter la pudeur, la dignité d’une famille et ne pas tomber dans le sensationnalisme. Je manque de mots pour décrire l’amour que se portent la femme d’Olivier, Virginie, et ses deux fils Louis et Clément. Toute une famille a dû s’adapter à une nouvelle vie pour ne pas sombrer dans la tristesse.
La scène où Olivier est accompagné de son fils ainé pour rencontrer un autre père atteint de la maladie de Charcot et sa fille : Gilles et Malika Ménard est d’une rare intensité. Stéphanie Pillonca a voulu montrer le rôle difficile des aidants surtout quand ce sont de jeunes adultes.
Enfin, j’ai vraiment apprécié la conclusion du film : l’échange entre Delphine Horvilleur, rabbin et philosophe, auteure du livre Vivre avec nos morts, édité par Grasset. Sa manière d’évoquer le judaïsme en expliquant que nos fêlures, nos cassures, nous apprennent beaucoup sur nous même m’a beaucoup inspirée.
Invincible été est un magnifique documentaire avec un titre efficace. Il sera présenté au Japon et aux Etats-Unis. C’est un très beau film avec une esthétique d’une grande beauté entre Paris et la Normandie. Ce serait une bonne idée que ce film à petit budget soit récompensé aux prochains Césars.
Retrouvez ici mes précédentes chroniques de films sociétaux :
Non ce n’est pas un énième livre sur le genre, sujet hyper touchy actuellement. D’ailleurs, tout est dit dans le sous-titre qui me plait beaucoup : « Quand femmes et hommes avancent ensemble ».
Côte à côte est un ouvrage très personnel qui raconte les expériences de vie d’une femme pasteure, trentenaire. Elle s’appelle Lydia Lehmann et elle écrit de très bons articles dans le blog Servir ensemble. Son mari Léo est également pasteur et ils tentent à chaque fois qu’ils en ont l’occasion de mettre en avant leur duo pastoral quand les vieux clichés ont la vie dure…
J’ai beaucoup aimé ce livre car Lydia s’implique personnellement dans tout ce qu’elle proclame. On sent que son parcours est le fruit d’un long cheminement avec Dieu ponctué de remises en question et de positionnements face à des remarques pas toujours justes ni bienveillantes dans les églises face à son métier de pasteure.
Certes, ce n’est pas un métier comme les autres mais bien une vocation. Je vous recommande la lecture de ce brillant essai composé en trois parties : Des graines et de la plante, Parole aux femmes, parole de femme et enfin Moi féministe?. Je suis chrétienne et je fréquente une église protestante depuis mes sept ans.
J’ai été confrontée dans ma famille paternelle à des remarques misogynes qui ont un peu entamé ma confiance en moi. Mais j’ai pu trouver dans les églises protestantes où j’ai grandi, un tout autre son de cloche sur la manière dont Dieu aime et considère les femmes comme ses filles.
Illustrations d’Helga Kahl
Nul besoin de connaître la Bible sur le bout des doigts pour lire ce livre. Lydia Lehmann est une guide fantastique pour découvrir des parcours de femmes de la Bible et mieux saisir comment Dieu à travers la Bible définit la féminité et la masculinité. Elle s’appuie sur une riche bibliographie avec des références à des blogs, des podcasts et des vidéos d’une grande pertinence. Souhaitons que ce livre soit une source de débats sur la place des hommes et des femmes dans la société en général.
Les éditions Bibli’o qui publient ce très beau texte, organiseront le 4 octobre prochain, un webinaire sur Zoom pour échanger avec l’auteure de 20 heures à 21 heures. Il sera animé par Marie-Noëlle Yoder, membre du blog Servir ensemble.
Je suis très contente d’avoir lu ce livre car je me retrouve beaucoup dans son discours qui valorise la richesse de l’altérité homme/femme. Cette guerre des sexes clivante que l’on tente de nous imposer à travers des films, des essais ou des publicités, fait de gros dégâts dans nos relations. La misogynie me révolte mais la misandrie (la haine des hommes) tout autant.
Ce roman qui clôture une série de sept tomes, j’attends de le lire depuis au moins un an et demi… Un immense merci à l’Ecole des loisirs pour son envoi en service de presse.
J’ai découvert la série Sauveur et fils un peu par hasard via le blog littéraireLittle pretty booksécrit par Fiona, une bibliothécaire passionnée. Je me lance dans les romans de Marie-Aude Murail les yeux fermés. J’aime sa finesse psychologique pour cerner ses personnages et leur faire vivre des moments de pure émotion.
Les retournements de situations et les moments de vérité sont légions dans cette série. Il m’est souvent arriver d’avoir des frissons ou la larme à l’œil quand les petits patients de Sauveur dénouent les pelotes de leur vie et se libèrent de leurs fardeaux.
Je me revois en 2016 dévorer les deux premiers tomes de Sauveur et fils en quelques jours, lire au soleil au parc Monceau. Puis arpenter toutes les librairies du 20 eme arrondissement pour acheter en urgence le tome 3…
J’étais au chômage pendant quelques mois et cette lecture m’a apporté une forme d’évasion bien réconfortante. Ensuite, il a fallu patienter une année en moyenne pour lire les suivants à partir de la saison 4 car j’avais rattrapé mon retard.
Alors, j’ai relu les précédents tomes pendant mon congé maternité en 2019, pendant le confinement de 2020… Entre temps, j’ai aussi lu la trilogie Angie qui se déroule au Havre…
Les bouleversements sociétaux provoqués par la pandémie sont bien entendu traités par Marie-Aude Murail et sa fille Constance avec qui elle a écrit le livre.
Dans le septième tome, Sauveur et Louise se sont mariés lors d’une fête endiablée. Ils ont accueilli une petite fille Léopoldine et leur maison au 12 rue des Murlins à Orléans est pleine à craquer. On est d’ailleurs reconnaissants aux auteures d’avoir inséré un plan de la maison dessiné par Anne Beauchard.
C’est très utile pour localiser les nombreux personnages : Lazare et Paul désormais lycéens, Alice l’étudiante en fac qui n’a pas perdu sa répartie, Grégoire le petit garçon en vue d’être adopté par Sauveur et Louise, le fameux cabinet du psy et la cuisine qui est le théâtre de cette famille recomposée où ça rit, ça crie, ça se révolte … Bref la vie quoi ! Comme dit Lacan, » le réel c’est quand on se cogne«
J’avais un peu peur d’être déçue par ce roman final qui clôture une série de livres que j’ai tant aimé. Que nenni, c’est le plus beau tome de la série !
Sauveur retrouve d’anciens patients dans son cabinet, il suit la route d’autres de loin et il en rencontre de nouveaux… Comme Alix et ses parents qui se retrouvent dans deux camps opposés à cause de la pandémie : les vaccinés et les anti-vax.
Le dialogue est rompu, la confiance vacille dans cette famille. Ces joutes verbales autour de la vérité et de la liberté ont été passionnantes à suivre.
Sauveur se retrouve également à animer avec une médiatrice Ambre un atelier de prise de conscience des violences conjugales avec des prisonniers.
Ces mécanismes d’alliances entre les uns et les autres ont été également passionnants. Cela m’a fait immédiatement penser au film Je verrai toujours vos visages de Jeanne Herry sur le thème de la justice restaurative que je vais aller voir très bientôt.
Comme Jeanne Herry, Marie-Aude Murail mise sur le triomphe du collectif dans son écriture. C’est superbe de lire les collaborations que met en place Sauveur avec l’infirmière scolaire, l’assistante sociale, les médecins généralistes pour aider ses patients.
Ce qui est balèze avec ces romans, c’est que l’auteure se met dans la position du psychothérapeute pour écrire. Avec le personnage d’Ambre, elle décrit une jeune femme qui essaye d’apporter à des prisonniers machos un discours féministe assez engagé mais inaudible pour eux.
Marie-Aude Murail raconte l’incongruité de la situation sans se lancer dans un quelconque jugement de valeur. L’arrivée de sa fille Constance comme seconde plume est fort intéressante car elle apporte des problématiques actuelles moins préoccupantes à la génération de sa mère.
J’émets beaucoup de réserves sur la plupart des sujets de société traités dans ces romans : les alters, les questions sur le genre, les tentations de l’Homme vers l’occulte pour manipuler les autres et surtout les maudire avec des quimbois. Mais ce sont des réalités et j’aime l’espace de réflexion apporté par ces livres. La série Sauveur et fils est classée dans la catégorie Young adult.
J’apprécie beaucoup la qualité de ces romans à l’Ecole des Loisirs : Quatre soeurs de Malika Ferdjoukh fait aussi partie de mes coups de coeur…
Jeudi soir, je suis allée à l’inauguration du festival du livre au Grand Palais éphémère et je trouve que l’Ecole des loisirs est un éditeur majeur dans le domaine de la littérature.
Je suis en train de lire La guerre de Catherine écrit par Julia Billet et adapté en BD par les éditions Rue de Sèvres. Et j’ai adoré les illustrations de Chien Pourri en format géant pour fêter son anniversaire…
Retrouvez-ici toutes les chroniques des livres de Marie-Aude Murail que j’ai lu :
Le 5 mars dernier, c’était la fête des grands-mères. Il s’agit d’une opération marketing vieille d’une trentaine d’années. C’est la marque de café Grand’mère qui a lancé cette idée de fête, une véritable aubaine pour les fleuristes et les chocolatiers.
Je ris sous cape pour plusieurs raisons : il n’y a pas encore de fête des grands-pères d’une part (pourquoi donc, d’ailleurs ?) et surtout les seniors sont vite cachés par la publicité. C’est d’ailleurs ce que dénonce Laure Adler dans un documentaire percutant : La révolte des vieux dans l’émission Infrarouge. J’ai appris en regardant ce documentaire une expression affligeante : « Ok boomer » qui veut dire à peu près : « Cause toujours vieux ».
Je suis assez catastrophée par cette société actuelle fort clivante, elle met en concurrence les hommes et les femmes, les vieux et les jeunes alors que l’entraide est tellement plus constructive. Dans mes derniers postes, j’ai eu la chance de travailler avec des amours de collègues : Gérard, Brigitte et Joëlle…
Ils m’ont beaucoup appris sur mon métier et ont été de bons conseils quand je suis devenue propriétaire non sans mal… On a besoin de l’expérience des ainés, d’un historique pour traverser les moments difficiles car ils vont te dire, « t’en fais pas, j’en ai connu d’autres »…
Si demain on demande aux seniors de travailler jusqu’à 64 ans alors il faut changer vite fait d’état d’esprit et valoriser leur savoir-faire…
Personnalité médiatique reconnue, Laure Adler est l’une des animatrices de télévision les plus âgées du PAF. Cependant, elle a du se battre face à de nombreux stéréotypes. Elle est désormais septuagénaire et se sert de sa position pour dénoncer ces comportements.
J’ai beaucoup aimé dans son documentaire sa bonne idée d’aller interroger des collégiens de banlieue sur leurs grands-parents. Unanimement, ils reconnaissent que la vieillesse les dégoute mais que leurs grands-parents sont les adultes pour lesquels ils ressentent le plus d’affection.
Le mois dernier, j’ai lu Une vie heureuse de Ginette Kolinka, 98 ans. J’ai beaucoup regardé ses vidéos sur les différents plateaux télé avec des youtubeurs pour sensibiliser les jeunes générations à ne jamais oublier et accepter les génocides à travers son histoire.
Elle s’exprime à la perfection avec humour et répartie tout comme Edgar Morin, centenaire interviewé par Laure Adler dans son documentaire. Cela me chagrine beaucoup de réaliser qu’on n’écoute presque plus les vieux quand ils ont du mal à s’exprimer, quand ils butent sur les mots…
Valérian, Claude et Josette, 10, 6 millions de vues sur Tiktok, @valeriandh
Je les ai découvert un peu par hasard. Ils composent avec leur petit-fils Valérian un trio à la fois comique, drôle et attendrissant. Sans ses grands-parents octogénaires, Valérian (27 ans) serait un Tik -Tokeur parmi tant d’autres.
Avec eux, il joue sur les anachronismes, le décalage entre leurs habitudes de vie est savoureux et surtout la transmission qu’ils partagent, le temps qu’ils aiment passer ensemble, cela résonne très fort en nous… Après, tous nos papis et mamies ne sont pas des acteurs nés comme ces deux-là et je n’aurai pas le talent de vidéaste et de scénariste de Valérian.
Mais ils racontent ensemble le quotidien, les bonheurs tout simples un peu comme Scènes de ménages sur M6. Quand ils ont commencé à faire des partenariats rémunérés avec des marques, je les ai jugés à la va-vite, qu’ils incitaient leur audience à la consommation.
Mais en visionnant le documentaire La révolte des vieux, j’ai réfléchi. Si la publicité traditionnelle met les anciens au placard, autant crever l’écran sur Tiktok.
Les réseaux sociaux sont pétris de paradoxes. Instagram glorifie le corps jeune et lisse à grands renforts de filtres et autres images artificielles où l’on chasse le naturel.
Et le naturel revient au galop avec ces vidéos très second degré, pleines d’autodérision où l’on assume qui on est. Tik tok brise la barrière de l’âge tant qu’on est marrants. Mais avec d’autres injonctions comme celle de faire le plus de vues…
J’ai beaucoup aimé ce reportage car il raconte aussi les petites misères de devenir vieux. Claude et Josette savourent leurs 60 ans de mariage car ils sont très complices mais ils ont aussi leurs moments de mou.
Tous deux décrivent la vieillesse comme une expérience à vivre. Mais Josette parait plus anxieuse que Claude face à la vie qui décline. Ils s’estiment chanceux d’être ensemble alors que bon nombre de leurs amis sont veufs.
Le veuvage, c’est d’ailleurs le thème de ce roman américain adapté en film par Netflix : Nos âmes la nuit. C’est l’un de mes romans favoris que je recommande massivement pour la box littéraire Kube à laquelle je collabore. Il parle de complicité, de solidarité face à la solitude. Ces deux septuagénaires vont choquer tout le pâté de maison dans leur petite ville du Colorado.
Cela va vite se savoir qu’ils se rejoignent tous les soirs en catimini pour affronter la nuit ensemble. Partager l’intimité d’un lit est plus taboue que d’avoir une liaison. Aux Etats-Unis, Jane Fonda et Robert Redford jouent dans de nombreux films alors qu’en France, les vieux ne sont pas cinématographiques.
Pire, imaginer qu’ils puissent encore avoir une sexualité choque dans le pays de Mai 1968. Les jeunes peuvent multiplier les plans cul, se mettre en trouple au nom de la liberté, mais on sépare les couples dans les Ehpad en les mettant en chambres individuelles. C’est révoltant.
Il y a des années, j’ai lu le livre de Thérèse Hargot, Une jeunesse sexuellement libérée ou presque, édité par Albin Michel. Thérèse intervient dans les collèges et lycées mais aussi auprès des parents, elle consulte en tant que sexologue dans son cabinet parisien. Elle explique dans son livre que depuis mai 1968, la sexualité est enchainée à la notion de performance physique à cause de la pornographie, manuel éducatif dévastateur des adolescents.
Au lieu de se sentir libres et épanouis, les jeunes ont la trouille de passer pour un mauvais coup. Alors des seniors qui ont une hanche en titane ou un corps flétri, les imaginer faire l’amour cela dérange.
Car la sexualité induit la performance physique dans l’imaginaire collectif. Et alors quid de la tendresse, de l’affection, de l’engagement ?.
La dernière conquête du major Pettigrew, est l’un de mes romans favoris. Il raconte comment un vieux major, aristocrate anglais va tomber amoureux de l’épicière pakistanaise de son village. Tous les deux sont veufs, ils se rencontrent dans un grand moment de vulnérabilité du major qui vient de perdre son frère.
Ce roman parle du deuil mais aussi de la filiation quand père et fils ne se comprennent en rien. Les joutes verbales entre le major et son fils sont formidables. Elles expriment deux formes de masculinité où les égards envers les femmes sont considérés comme ringards mais tellement essentiels pour garder une femme auprès de soi.
Enfin, cette réflexion sur la vieillesse à travers ce documentaire est indissociable d’une BD formidable Le plongeon éditée par Grand angle. Elle raconte l’histoire d’une femme âgée qui va vivre en maison de retraite.
Elle va y rencontrer une bande de copains qui ont envie de revivre leur jeunesse avant de tirer leur révérence. Cette lecture m’a beaucoup émue, j’ai pensé à ma grand-mère Annette qui a vécu les derniers mois de sa vie en maison de retraite. Cette BD montre comment on infantilise les personnes âgées en les coupant de leur indépendance financière, affective, sensuelle tant leur dépendance physique est terrifiante.
Mais même à quatre-vingt dix ans dans une maison de retraite, on a besoin de sensualité. Le désir n’est pas seulement d’ordre sexuel, c’est un moteur de vie pour aider à avoir envie de se lever le matin.
J’ai beaucoup aimé dans le reportage d’Infrarouge le témoignage d’une petite dame qui quitte sa maison pour aller vivre dans un béguinage pour ne pas être isolée. On sent toute l’émotion qu’elle ressent dans ce changement de vie douloureux mais nécessaire. Elle mesure à quel point c’est difficile de quitter ses amis surtout les bons.
Ce documentaire La révolte des vieux m’a montré une peur terrible : j’ai peur de vieillir car la société ne vous fait pas de cadeaux quand on aborde l’autre versant de la vie. Je traque le moindre cheveu blanc car ma mère et mon grand-père ont eu la chance de ne pas voir leurs cheveux blanchir.
Je me rends compte qu’à chaque décennie de l’existence qu’on ait 20 ans, 30 ans, 40 ans, 50 ans… il y a des rythmes différents et que tu n’as pas intérêt à louper le coche. Heureusement que Dieu me donne la foi pour voir les choses autrement. La grande erreur de cette réforme des retraites est de se focaliser sur un chiffre : un âge alors que chacun vit un rythme de travail différent, avant même de parler de pénibilité.
Retrouvez sur mon blog les articles consacrés à la maternité, ce milieu de vie passionnant mais bien fatigant aussi…
Le 8 septembre dernier, nous avons vécu un moment historique digne d’un épisode de la saison 1 de The crown : la mort d’une monarque et de tout le cérémonial qui en découle. Que l’on soit en 2022 ou dans les années 1950 quand Elisabeth est montée sur le trône à 25 ans, rien ne change.
Le moment crucial où l’un des cérémoniants brise une baguette de bois pour signifier la fin de son règne m’a vraiment saisie. On se serait cru dans un roman de la série Harry Potter. C’était vraiment marquant à une époque où il n’y a plus vraiment de rites ou que l’on met aux placards tous les symboles que l’on peut.
Nous vivons une époque où tout va trop vite, mais une petite dame de 96 ans avec son sac à main et ses corgis a captivé le monde par son intemporalité. Il fallait la voir deux jours avant son décès à Balmoral, recevoir une nouvelle Première ministre Liz Truss. Chapeau Madame !
The crown n’aurait pas pu rever meilleure clap de fin.
Je ne suis ni monarchiste, ni anglaise mais c’était un moment historique fort et universel, une page s’est tournée et je me rends compte que je vieillis moi aussi. En juin dernier, c’était le jubilé de la Reine pour fêter ses 70 ans de règne. Un record qu’elle partage avec Louis XIV et la reine Victoria. Aucun président de la République n’aura marqué le 20eme siècle comme elle l’a fait.
Je suis née à la fin des années 1980 quand Lady Diana dictait les tendances mode avec ses tenues. Je regardais avec ma maman les comédies anglaises rediffusées maintes fois à la télévision : Quatre mariages et un enterrement, Coup de foudre à Nothing Hill… J’ai continué à les aimer quand j’étais étudiante : Love actually, Le journal de Bridget Jones… Toutes ont un point commun : Hugh Grant, concurrencé dans mon coeur par Colin Firth…
Je n’aime pas vraiment Londres mais tous ces films et ces séries Netflix : Downton Abbey, Charlie monte le son me donneraient bien envie d’une petite visite. Quelques vlogs d’août de Lena situations s’y déroulaient, notamment un dans un grand magasin de jouets.
J’adore la vidéo où la reine tourne une scène avec l’ours Paddington. C’est vraiment un trait culturel d’un très grand pays avec une tradition littéraire : Jane Austen, Daphné du Maurier, Beatrix Potter, Peter Pan…
J’ai bien envie d’aller me promener un jour dans l’un de ces grands parcs londoniens à la recherche de statues de personnages illustres. Quand j’avais neuf ans, on avait visité Londres en famille. Je me souviens des écureuils de Hyde Park. On avait voulu voir la relève de la garde bien évidemment. Il parait que Buckingham Palace est un immense palais très austère avec plus de 700 pièces mais c’est une institution en Europe.
Londres est une grande ville typiquement européenne même si elle a divorcé avec le Brexit. Elisabeth II et sa famille ont résisté à l’Allemagne pendant la seconde guerre mondiale avec une sacrée bravoure. Cette famille a refusé de se mettre à l’abri pendant les raids aériens et la jeune Lilibet a suivi une formation d’ambulancière quand elle était toute seule. Cela me rappelle une série Netflix assez géniale : Land of girls.
Dans le domaine de la musique, je n’y connais rien mais c’est certain qu’entre les Beatles, les Sex Pistols, les Rolling Stones, la culture anglaise est assez riche. Moi, j’ai des goûts musicaux beaucoup plus insipides et mainstream…
En 1998, j’avais onze ans et les Spice Girls étaient nos modèles dans la cour de récréation. Elles chantaient pas forcément très bien mais ces filles délurées qui portaient le drapeau anglais sur une robe riquiqui étaient fascinantes. Surtout quand elles étaient présentées à la reine et à sa famille. Sacré contraste.
Enfin, j’ai une amie Rachel que j’aime beaucoup parce qu’elle est typiquement anglaise alors qu’elle vit à Paris depuis dix ans. Quand je vais chez elle, on mange d’excellents gâteaux, sa décoration intérieur est à l’image de sa nationalité, elle s’habille avec des couleurs pastel et elle s’est mise à créer des bijoux, qui lui ressemblent. Cela s’appelle Trenna jewellery et c’est british tout simplement !
Dans ce blog, j’ai écrit une quinzaine d’articles sur l’Angleterre et sa culture car elle est fascinante !
–Out of the box, le guide touristique des Arènes pour découvrir Londres autrement
Je respecte peu les traditions à la lettre mais celle-ci est de loin ma préférée quand j’allais à l’école avec mon petit frère, Ugo. Comme ma fille fréquente l’école cette année, j’avais à à cœur de lui transmettre cette tradition bon enfant.
On s’était préparées à dessiner des poissons pour la classe et comment on allait les scotcher dans le dos des gens sans qu’ils s’en aperçoivent. Malheureusement, la gastro et la neige sont passées par là et ma fille est restée à la maison.
L’an dernier, je travaillais encore en librairie et comme nous étions en inventaire, nous nous étions amusés à jouer le jeu pour nous changer les idées. Je vois cette tradition comme un acte de résistance contre la morosité après deux printemps pas bien rigolos.
J’ai voulu investiguer sur le sens et les origines de cette tradition si populaire. Au 17eme siècle, sous le règne de l’empereur Charles Quint, une unification des calendriers est décidée dans toute l’Europe : le Nouvel an débute désormais le 1er janvier et non plus le 1er avril. Cette date coïncide aussi avec l’ouverture de la pêche, quand les poissons sont encore difficiles à pécher.
Enfin, l’allusion religieuse parait également évidente : le poisson est le symbole des premiers chrétiens persécutés par l’empire romain. C’est une pleine période de Carême, celle où l’on mange du poisson car il faut manger maigre.
L’éclair de génie de Christophe Adam à Lafayette Gourmet
La France est l’un des pays qui respectent le plus cette tradition mais elle existe aussi en Angleterre, c’est une tradition médiévale : April fools’day : la fête des fous.
Le poisson d’avril inspire autant les pâtissiers que les blogueuses et créatrices de DIY à l’image de Laure de Papier papier papier qui propose un superbe atelier pour enfants. J’ai renoncé à le finaliser car mon poisson était trop moche mais je vous le recommande.