Ile de France et Paris·Sociologie

Un dimanche après midi au musée de la chasse et de la nature dans le Marais

Je suis ravie de ma découverte : le musée de la chasse et de la nature, rue des Archives dans le Marais. C’est un musée de taille moyenne très bien mis en valeur par une scénographie élégante et réfléchie. Je suis d’autant plus récompensée de mes modestes efforts car cette visite a emballé toute la famille dont ma fille de six ans !

Les hôtels particuliers Guenegaud et Mongelas, écrins d’exception du musée

Ce musée a été inauguré par André Malraux en 1957 dans un hôtel particulier réalisé par Mansart au 17eme siècle. En 2007, il a été agrandi dans l’hôtel Mongelas du 18eme siècle. Et enfin en 2019, un étage mansardé a été ajouté. J’aime énormément les poutres apparentes, les boiseries et les papiers peints de ce lieu très chaleureux. Comme en témoigne cette salle ci dessous où l’on peut s’asseoir dans de moelleux canapés verts.

© Musée de la Chasse et de la Nature – David Giancatarina

Cela ressemble plus à une douillette demeure bourgeoise qu’à un musée académique et c’est sans doute pour cela que l’on se sent si bien dans cet endroit. Ce musée rend hommage à deux de ses mécènes et collectionneurs les plus importants : le couple Sommer qui a crée une fondation dans les Ardennes en 1966.

Cette fondation oeuvre à la construction d’un discours apaisé d’une saine utilisation de la nature entre chasseurs et non chasseurs, dans le cadre d’une écologie humaniste.

J’ai beaucoup aimé la reconstitution de leur cabane en bois grandeur nature dans une des salles du musée. Mes grands-parents avaient construit une cabane de chasse non loin d’un étang de Montcavrel dans le Pas de Calais et c’était un lieu privilégié pour eux.

L’effet cabinet de curiosités est vraiment très réussi notamment les petits coffrages en bois qui présentent les principaux animaux sauvages : les plus connus de la littérature comme le loup, le renard, le hibou… Un tiroir vitré conserve leurs crottes. Cela plait beaucoup aux enfants.

Ce serait génial si ce musée organisait une belle exposition mettant en scène l’imaginaire populaire dans les livres jeunesse, la publicité avec le loup d’Intermarché ou Roule galette qui met en scène un renard.

Trois fois par an, le musée de la chasse et de la nature fait appel à des artistes contemporains pour enrichir le propos et dialoguer avec les œuvres de la collection permanente.

L’exposition La licorne, l’étoile et la lune de Lamarche-Ovize jusqu’au 8 mars 2026

Je ne connaissais pas l’univers de ce couple d’artistes mais j’ai vraiment été emballée par leur univers onirique, coloré et foisonnant que je vous recommande de découvrir !.

Florentine et Alexandre Lamarche-Ovize, c’est un couple des plasticiens qui allient dessin, céramique, lithographie, textile et objet dans un esprit de collages. Un univers qui m’a séduite d’emblée. On perçoit dans leur travail un héritage artistique solide : les papiers peints de William Morris, décorateur anglais de la seconde moitié du 19eme siècle.

Pour préparer cette belle exposition poétique, les deux artistes ont relu Le bestiaire de l’amour écrit par Richard de Fournival vers 1250 et Grenouilles, un texte d’Aristophane (5eme siècle avant JC)

J’ai beaucoup aimé leur microcosme tellement poétique notamment leurs lithographies très colorées dans une salle carrée. Puis, soixante-dix œuvres ont investis les collections permanentes du musée de la chasse et de la nature. J’aime beaucoup ce dialogue récurrent entre tradition et modernité, art académique et art contemporain. Dans ce musée, j’ai découvert l’art cynégétique même si je ne suis pas admiratrice de la chasse, j’ai apprécié l’aspect naturaliste de ce beau musée.

Musée de la chasse et de la nature, 62 rue des Archives, ouvert du mardi au dimanche de 11h à 18 heures, plein tarif : 13€ exposition et collections permanentes, 11€: tarif réduit. Gratuit pour les moins de 18 ans et le premier dimanche du mois.

Retour en images sur mes précédentes sorties culturelles en famille à Paris.

Romans·Sociologie

Ces livres que j’ai aimé lire en 2025

Cette année, j’ai quelque peu délaissé les romans car il était rare que je trouve mon bonheur. Il manque du rêve et de la féerie dans la littérature actuellement. C’est à l’image de la société pour dénoncer des abus de pouvoir mais c’est sacrément pesant. Le raz de marée de La Femme de ménage m’a beaucoup déprimée : c’est glauque, mal écrit et cela entame notre confiance en notre prochain.

Voici quelques pistes essais, romans et BD si vous cherchez quelque chose de joyeux et qui redonne espoir en l’humanité !

Des récits de vie écrits par des personnes courageuses qui aiment leur prochain

Mamie charge, Brigitte Lips avec Anne-Marie Taillandier, éditions Salvator, 16€

J’ai découvert ce très beau livre en janvier en débutant mon travail au journal La Vie à travers sa rubrique phare Les essentiels qui donnent la parole à des anonymes comme des célébrités pour expliquer en quoi leur spiritualité guide leur quotidien.

J’ai tellement aimé lire le parcours de cette retraitée qui se dévoue pour ouvrir son garage aux migrants qui tentent de traverser la manche. Elle met sa foi chrétienne en pratique chaque jour. J’ai retrouvé les valeurs du Pas de Calais chères à ma grand-mère, dans son parcours. L’histoire personnelle de Brigitte m’a fait penser à celle de Roseline Hamel qui vient aussi du Pas de Calais.

Sœurs de douleur, Roseline Hamel et Nacera Kermiche, XO éditions


Elle est la sœur du père Hamel assassiné pendant la messe dans son église : Roseline Hamel. Elle est la mère de l’un des deux terroristes tués lors de l’assaut : Nassera Kermiche. Elles sont devenues amies alors que le pire devait les séparer. Sœurs de douleur, on ne pouvait pas trouver meilleur titre pour résumer ce livre.

Il s’agit d’un récit à trois voix puisqu’un journaliste de Pèlerin magazine les accompagne dans ce récit d’une grande pudeur et sensibilité. En sept chapitres où s’alternent les récits de Roseline et de Nacera, Samuel Liéven retrace plus de huit années de deuil pour l’une et pour l’autre depuis l’attentat qui a eu un retentissement médiatique dans le monde entier.

Y’aura t’il un paradis pour moi, Frère Benoît Dubigeon, éditions Artège.

J’ai découvert ce formidable récit en lisant le dossier sur l’action de Robert Badinter dans les prisons, un dossier du journal La Vie à l’occasion de son entrée au Panthéon début octobre. Frère Benoit Dubigeon fut longtemps aumônier de prison à Fleury-Mérogis. Il raconte sa rencontre authentique avec Théo, un jeune homme qui a tué une mère de famille dont il été amoureux. Il n’a pas supporté qu’elle l’abandonne comme tous ses proches avant elle. Théo va vivre un très beau chemin de foi en expérimentant le pardon et la rédemption. Sans conteste, le livre le plus poignant que j’ai lu cette année ! .

Au château de l’ogre, Marie France Bokassa, Flammarion.

J’ai découvert son témoignage poignant dans l’émission Ça commence aujourd’hui de Faustine Bollaert sur France 2. C’est l’histoire de Marie-France, l’un des dix-sept enfants du dictateur de Centre-Afrique Bokassa. Elle a grandi un temps dans un pensionnat en Suisse avec un chauffeur et des domestiques mais elle a aussi connu la faim et les brimades. C’est une voisine du village qui l’a hébergé et l’a éduquée comme sa propre fille a qui elle doit son salut. Son récit m’a bouleversée car elle n’a jamais connu sa maman qui était asiatique et son géniteur l’a privé de tous contacts avec elle.

De beaux romans avec des histoires d’amour, une maman dévouée à son fils handicapé…

Rendez-vous ici, David Nicholls, Belfond

Au fil des chapitres, on se laisse rapidement embarquer par cette randonnée avec ses étapes interminables où ils terminent chaque jour trempés comme des soupes. Les personnages connexes à l’histoire vont rapidement abandonner le projet mais les deux solitaires de l’équipée n’ayant pas d’autres échappatoires vont persévérer ensemble car c’est très important pour eux.

Traverser les montagnes et venir naître ici, Marie Pavlenko, éditions Les escales

Un roman poignant et lumineux qui raconte le deuil, la solidarité et l’espoir. Astrid a tout perdu. A quarante ans, plus rien ne la retient, alors elle part. Elle achète sans l’avoir visitée une maison isolée dans la région montagneuse et sauvage du Mercantour. Parmi ses bagages, un carton marqué d’une croix rouge, ce qu’il lui reste de sa vie passée. Soraya a tout laissé derrière elle. Sa Syrie natale, sa famille, ses amis, son insouciance.
Elle traverse la montagne pour rejoindre la frontière française en se cachant de la police. Dans son ventre, une vie qu’elle déteste grandit.

Deux destins de femmes inoubliables. Deux douleurs indicibles qui se rencontrent et s’apprivoisent. Un roman magistral qui malmène nos émotions tout au long de l’histoire. J’ai été secouée par sa lecture car les épreuves traversées par ces deux femmes sont révoltantes. Mais on ne peut pas lire que des romans feel good, c’est la réalité actuelle de bon nombre de migrants.

La vie qui reste,Roberta Recchia, J’ai lu

J’ai tout de suite accroché à ce roman car la situation initiale est parfaitement écrite et accrocheuse. Condition sine qua non pour que je poursuive ma lecture. Pour un première roman, j’ai été impressionnée par le style de l’auteure : la force de la narration et de l’expression des émotions. Dès les premières pages, on plonge rapidement dans l’ambiance du roman. C’est un roman typiquement italien où l’on exprime pleinement ses sentiments sans détour.

Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, Roland Perez, Les escales, 2021, 19€

C’est de loin mon plus beau coup de coeur cinématographique et littéraire de cette année. Je l’ai lu d’une traite car le personnage d’Esther, la maman juive m’a captivée. Son entêtement et ses mensonges éhontés m’ont fait éclater de rire. Ils sont le témoignage émouvant d’un amour maternel inconditionnel et d’une foi qui déplace les montagnes. J’ai eu la grande chance de rencontrer son auteur au festival du livre de Paris en avril.

J’espère que cette sélection de livres vous apportera espoir et inspiration pour 2026 !

Sociologie

Cocorico pour le film d’animation français : le loup mal-aimé d’Intermarché a gagné l’affection du monde entier

Comme tout le monde, j’ai eu envie d’écrire un article pour me réjouir des 600 millions de vues du film d’animation Le loup mal-aimé commandé par les supermarchés Intermarché, avec le concours de l’agence de communication parisienne Romance et le studio d’animation montpellierain Illogik studio.

Moi qui pestais récemment du manque progressif de féérie des décorations de Noël, de l’IA qui enlaidit les visages et les lieux partout ( la bande-annonce de la suite de la comédie romantique The holiday m’a traumatisée), ce succès populaire me galvanise et me rassure beaucoup.

Le résumé :

C’est le réveillon de Noël dans une famille française. Un oncle ou un papa raconte une histoire d’un loup qui déconstruit son instinct animal en devenant végétarien. Il en a marre d’être seul et que les autres animaux de la forêt aient peur de lui. Alors il se met à cuisiner grâce à son livre de recettes dans sa petite maison toute mignonne.

Il apporte une quiche de légumes au fameux dîner de Noël. Tous les animaux fuient en courant car ils ne sont pas encore convaincus qu’il ne soit plus dangereux. Seul un petit écureuil lui prête confiance. Et ainsi le loup sera accepté par toute la forêt…

Mon avis :

J’ai adoré ce clip que j’ai regardé plusieurs fois et que j’ai voulu partager avec ma fille de six ans. C’est marrant parce que la veille, je cherchais partout dans les magasins de jeux et les librairies le loup en peluche Auzou car c’est la mascotte de la classe de ma fille.

Cette publicité cartonne car elle joue sur les codes traditionnels des contes pour enfants avec l’image intemporelle du grand méchant loup qui parle aussi bien aux enfants qu’aux adultes. Il m’est venu en tête plein de références comme le dessin animé L’âge de glace ou encore la BD Le grand méchant Renard… Même le festin final m’a fait penser à la séquence finale d’Astérix.

C’est d’ailleurs l’acteur bien connu Fred Testot qui a doublé le loup mal-aimé. Et alors avec la bande son Le chanteur malheureux, un classique de la chanson française, nous sommes embarqués dans un tourbillon émotionnel, féerique dont nous avons bien besoin actuellement.

La chanson Le mal aimé de Claude François.

J’ai besoin qu’on m’aime
Mais personne ne comprend
Ce que j’espère et que j’attends
Qui pourrait me dire qui je suis ?
Et j’ai bien peur
Toute ma vie d’être incompris
Car aujourd’hui : je me sens mal aimé

Claude François chante ces paroles très mélancoliques en 1975. L’air n’est pas inoubliable mais les paroles touchent son public car elles sont très autobiographiques. Le chanteur traverse alors une profonde dépression malgré le succès et la notoriété. Il va même continuer dans cette veine doloriste avec Le chanteur malheureux, l’année suivante en 1975.

Droits réservés Illogik studios

Pourquoi ce petit film d’animation est un bijou qui émeut le monde entier ?

Ce succès planétaire est à l’image des recettes de cuisine que suit le loup pour composer ses plats. La publicité a été diffusée pendant les coupures pub du concours de beauté Miss France, un des derniers rassemblements populaires de la télévision française. Puis une dizaine d’influenceurs bien choisis ont joué leur rôle de prescripteurs sur les réseaux sociaux. C’est quand même la première fois que je vais chercher à regarder une publicité par curiosité plutôt que de la subir.

Un travail d’équipe complémentaire

Différents corps de métier ont travaillé de concert pour réussir ce tour de force. Ce petit film d’animation assez long (2 minutes 30 d’émotion ) a suscité une équipe de 70 personnes pour le réaliser.

Des scénaristes, des modeleurs 3D, designers et spécialistes de la texture et de la lumière, mais aussi une dessinatrice de littérature jeunesse venue d’Allemagne : Wibke Rauers. Cela saute aux yeux que c’est fait par une personne humaine surtout dans le dessin de chacun des animaux qui sont très expressifs.

Dessins de Wibke Rauers

Le mois dernier, il m’ est arrivé une belle anecdote sur le réseau social Linkedin. Avec quelques hashtags bien ciblés, ma chronique du film d’animation Le secret des mésanges a été vue par un certain nombre de professionnels du film d’animation dont les studios Folimage de la ville d’où je viens : Valence. J’ai même reçu des messages pour me remercier d’avoir donné un avis sur leur travail. Ils nous apportent de la féerie dans ces temps clivants et anxiogènes.

Je pense que ce beau succès populaire du loup d’Intermarché va redonner des ailes à toute cette chaîne de l’image animée malmenée par la révolution de l’IA.
Le loup mal-aimé : une animation qui redonne espoir

Maintenant le défi est de transformer l’essai comme au rugby : une peluche loup et un film d’animation sont attendus par la suite. J’espère que les entreprises françaises vont tirer une leçon de ce beau succès collectif pour valoriser le travail humain et émotionnel de milliers de graphistes. Intermarché a gagné des points avec cette campagne de publicité. On voit fleurir sur les réseaux sociaux des publicités avec de grandes haies d’honneur pour fêter le départ à la retraite de caissières après vingt ans de service. Gageons que le lien humain soit supérieur à la com’ !

Le succès de cette vidéo est aussi lié aux contre-exemples des concurrents qui ont utilisé l’IA de manière grossière. Le monde créatif proposé par l’IA dans la publicité de Mac Do propose un monde gris, limite apocalyptique, sensationnaliste sans aucune féerie. Tout ce que dont je ne rêve absolument pas. Alors aiguisons notre regard pour ne pas accepter la médiocrité.

Je serai bien curieuse de savoir en quoi ce clip animé vous a ému et s’il a réveillé vos souvenirs d’enfance ?

Sociologie

Conquérir sa liberté malgré le handicap

J’ai été émue de découvrir ce beau livre : Les évadés de Pierre et Myriam Cabon car j’ai visionné plusieurs documentaires où ce couple souriant et lumineux témoignait. Ils m’ont vraiment bluffés quand j’ai découvert qu’ils avaient fait l’ascension du Kilimandjaro ensemble avec toute une équipée de sherpas africains.

Pierre Cabon est en fauteuil roulant car il a été sérieusement blessé et handicapé par une balle logée dans sa moëlle épinière. Mais les attentats du 13 novembre 2015 à Paris ne sont qu’une page de son histoire, sa liberté est différente mais intacte !

Pendant les commémorations des dix ans des attentats de 2015, j’ai de nombreux témoignages de rescapés et c’est très beau de lire comment l’entraide, l’amitié et l’humanité ont aidé de nombreuses personnes à se reconstruire.

Les évadés, carnet de voyage d’un paraplégique libéré, Myriam et Pierre Cabon, 9782324037368, éditions Grund, 246 pages, 35 €, paru le 2 octobre 2025

Le résumé :

Les voyages autour du monde d’un couple handi-valide, pour ouvrir la voie à d’autres

Le 13 novembre 2015, Pierre Cabon devient paraplégique. Passionnés de voyages, de nature et de grands espaces, lui et sa compagne Myriam se jurent pourtant de ne pas renoncer à leurs aventures. Ensemble, ils doivent tout réapprendre, s’adapter, expérimenter… puis partager leurs expériences pour ouvrir la voie à d’autres.

Le Pérou, la Bolivie, le Chili, l’Argentine et le Brésil ; la Nouvelle-Zélande ; l’ascension du Kilimandjaro ; la traversée de la Norvège et du Canada ; le Marathon des Sables à travers le Sahara ; l’Europe en train ; mais aussi la France, de la Bretagne à la Réunion… Entre récit d’aventure, guide pratique, source d’inspiration et photos à couper le souffle, Pierre et Myriam livrent un témoignage superbe sous forme d’hymne à la résilience et à la découverte. À la vie.

Les réseaux sociaux ont bien des défauts mais ils permettent aux personnes handicapées une visibilité bienvenue pour faire avancer une société plus inclusive. Il est grand temps que les infrastructures pour les personnes à mobilité réduite deviennent une norme dans l’espace public.

J’ai beaucoup aimé l’aspect militant du livre de Pierre et Myriam Cabon car il recense tous les bons conseils pour permettre aux personnes handicapées de réaliser un tour du monde dans les meilleures conditions possibles.

La société est en train de changer notamment à la télévision quand je compare cette époque avec mon enfance dans les années 1990. On montrait à peine des personnes en fauteuil roulant hormis lors du Téléthon sur le service public début décembre. Alors les écouter raconter leur quotidien…

Je vous recommande de lire cette semaine le témoignage de deux mamans porteuses de handicap dans l’hebdomadaire La Vie. Il faut aussi souligner les efforts du service public pour rendre visible les personnes handicapées comme Théo Curin, animateur du jeu Slam ou encore Michaël Jérémiasz, Pauline Déroulède, invités par Frédéric Lopez dans son émission si chaleureuse Un dimanche à la campagne sur France 2.

La résilience est le grand mot à la mode, à trop l’utiliser à tout va on le galvaude mais ce genre de témoignages sur des parcours tout tracés fauchés par un accident de la route, la maladie ou un attentat sont de précieux témoignages qui impactent la société.

Dans le même registre, je vous invite à découvrir le superbe documentaire de Stéphanie Pillonca : Invincible été qui raconte comment la maladie de Charcot a bouleversé la vie d’Olivier Goy et de sa famille. Sa maladie est très handicapante mais elle l’a poussé à développer des projets de haute créativité avec des voyages dans le monde entier au service de la recherche médicale.

Sociologie

Les nouvelles décorations de Noël kitsch et farfelues : grotesques ou féériques ?

Je les avais repéré l’an dernier dans les vitrines de Noël du Printemps, boulevard Haussmann à Paris. Ce sont des décorations figuratives, des icônes de la société de consommation, aux notes humoristiques et aux couleurs criardes qui remplacent désormais les traditionnelles boules de Noël rouges ou dorées.

Au début, je trouvais cela joli et créatif, j’ai même pensé à en acheter une ou deux pour mon sapin. Mais à l’approche de Noël 2025, je trouve que ces décorations ne respectent pas du tout les codes traditionnels de Noël. Noël est féérique avec ses couleurs typiques, ses motifs raffinés. L’adjectif kitsch signifie l’usage volontaire, d’éléments démodés de mauvais goût.

Et surtout les sujets choisis n’ont rien à voir avec Noël. Le sapin de Noël représente un moment suspendu dans l’année, on a tout le temps à un autre moment de l’année de décorer son intérieur avec des babioles de boules à facettes, de hot dog ou de stand à barbe à papa !

Le kitsch des décorations de Noël : un tournant consumériste.

Décorer un sapin de Noël est une tradition très ancienne qui remonte au 16eme siècle en Alsace. Cela me dérange beaucoup qu’on accroche sur son sapin des symboles de la société de consommation la plus courante. Une année, j’ai préparé avec une pote beaucoup plus rapide que moi des anges dorés avec des pâtes alimentaires et cela avait vraiment du sens pour moi. C’est l’ange Gabriel qui annonce à Marie qu’elle portera un enfant à naître : Jésus, le Messie.

Cette semaine, le journal La Vie a publié un article sur le hold-up marketing des calendriers de l’Avent depuis une dizaine d’années, celui des décorations de Noël est déja bien amorcé.

Musique·Sociologie

Toute la musique que j’aime : Les boys band entre gloire et oubli

J’aime beaucoup cette rubrique de mon blog : Toute la musique que j’aime. La chanson française a beaucoup d’importance dans ma vie. Elle me redonne du fouet quand je déprime et elle conduit beaucoup de mes souvenirs personnels.

Je connais les paroles par coeur et j’aime analyser pourquoi une chanson est iconique sur des décennies : quelles émotions elle procure et quel message elle transmet.

Le dernier article en date était consacré aux chansons intemporelles de Joe Dassin, il était temps de vous parler des chansons de mon adolescence dans les années 1990.

L’album D’eux, ma madeleine de Proust de la chanson française

L’année de mes huit ans en 1995, j’ai reçu à Noël le cd iconique de Céline Dion que je ne connaissais pas du tout : D’eux composé par notre Jean-Jacques Goldmann national (un record : quatre millions de ventes en France). On peut dire que le disque est rayé car j’en ai passé des heures dans mon salon à imaginer des chorégraphies alambiquées des chansons de Céline avec ma brosse à cheveux en guise de micro. Puis j’ai découvert la chanson Je te donne, reprise par les World ‘ s appart, un boys band anglais entre 1995 et 1998.

La mode des boys band dans la cour de l’école : suivre le mouvement comme tout le monde mais sans passion, ni hystérie.

Je n’étais pas très fan des boys band, enfin pas au point d’afficher des posters de OK magazine dans ma chambre mais mon père m’a emmené voir le spectacle de ces garçons anglais (rien à voir avec les Beatles) parce que j’avais un bon bulletin (c’était assez rare à l’époque, le bon bulletin). J’avais bien aimé leur show mais leur final en caleçons ornés du drapeau de l’Union Jack m’avait vraiment paru ridicule.

Avec mes copines de classe en primaire, on aimait beaucoup plus les Spice Girls et leur fameux Girl power dont on ne comprenait pas grand chose. D’ailleurs, mes cousins marseillais se moquaient quand même un peu de moi pour mon goût pour les Spice Girls.

Ce groupe de filles était un vrai produit marketing de l’industrie musicale mondialisée mais leurs chansons étaient divertissantes (je n’ai absolument rien retenu de leurs paroles). J’ai eu plaisir à les retrouver lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Londres en 2012 et à travers le documentaire consacré à David Beckham, le fameux mari de Posh !

Les boys band, produit marketing des industries de la musique ?

En 2025, nous fêtons les trente ans des boys bands et en toute franchise, le bilan n’est pas bien reluisant. Dans cette rubrique Toute la musique que j’aime, j’apprécie de mettre en valeur l’univers d’un artiste , le tournant que sa carrière a pris à force d’efforts colossaux à l’instar de Charles Aznavour qui a failli abandonner le métier…

Certaines de leurs chansons deviennent iconiques et marquent leur époque pour leur poésie, les émotions qu’elles suscitent….Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Joe Dassin, Henri Salvador ont eu de belles carrières d’un demi-siècle.

Les boys band, c’est un vide créatif intersidéral. Un feu de paille qui a duré trois ans, balayé par France 98 où les chanteurs ont été vite remplacés par les footballeurs, les nouveaux héros collectifs. Les boys band annonçaient les candidats de télé-réalité type Loft story, Star Academy que l’on jugeait sur leur physique avant tout.

Pourtant, l’ascension des 2be 3 est une jolie histoire. Adel, Filip et Franck consistaient une vraie bande de copains authentiques. Ils ont montré un visage positif de leur banlieue de Longjumeau avec leurs copains de lycée qui dansaient du hip-hop en arrière plan quand la télévision est venue chez eux les découvrir.

Cependant, c’est plutôt le positionnement des labels de musique qui est critiquable. Chaque label a monté son boys band : Alliage, 2be3, Gsquad avec des arguments vraiment très sexistes : exhiber des jeunes hommes musclés torses nus pour faire hurler d’hystérie les jeunes adolescentes et ainsi remplir les zéniths de l’Hexagone. La machine à cash était lancé au détriment du projet artistique de chacun. Heureusement, certains d’entre eux pourront prendre leur revanche avec la tournée Back to 1990 comme le groupe de filles L5 ou Lorie qui fait la tournée des zéniths vingt ans plus tard. Elle est invitée sur tous les plateaux télé alors que son label lui a signifié qu’elle était has been.

Etre un artiste pour soi-même

Le retour de boomerang sera violent pour chacun de ces garçons une fois l’euphorie retombée. On les cataloguera vite de has been, ils tomberont dans l’oubli et la moquerie. Steven, l’un des membres du groupe Alliage l’a d’ailleurs raconté à Mireille Dumas dans son émission de confessions. Cette notoriété soudaine qui s’éteint à toute vitesse a été très déstabilisante à vivre pour lui comme pour d’autres, heureusement il a trouvé du sens dans la foi en Jésus.

Alors oui, on fredonne Partir un jour sans retour… mais les paroles des chansons des boys band sont vraiment tombées dans l’oubli alors que Mistral gagnant ou Foule sentimentale sont imprimées dans nos cœurs. Le but de cet article n’était pas du tout de mépriser les boys band mais de mettre en lumière la vanité des industries musicales qui ont privilégié l’argent au mépris du talent artistique.

D’ailleurs, Charly et Lulu de l’émission Le hit machine sur M6 ont autant de succès que les boys band avec leurs parodies aux paroles gentiment moqueuses.



Biographies et autobiographies·Sociologie

Comprendre l’envers du décor d’un procès hautement médiatique grâce à une autobiographie du métier d’avocate.

Hasard du calendrier, j’ai lu le témoignage personnel de Béatrice Zavarro, l’avocate de Dominique Pélicot durant le procès en appel des viols de Mazan. Je l’ai lu en trois soirées tant j’ai été happée dans ma lecture par l’autobiographie d’une femme sensible et dotée d’une humanité rare.

Le grand public la connait comme l’avocate du diable comme l’a surnommée ainsi un média d’Amérique latine quand elle a été interviewée en tant qu’avocate de Dominique Pélicot.

Le procès des viols de Mazan qui dura quatre mois a suscité l’intérêt de plus de 180 médias dont 86 médias étrangers présents lors du verdict. Ce sont les médias espagnols qui se sont le plus déplacés mais également le New-York times américain.

Le résumé :

Béatrice Zavarro est l’avocate qui a défendu Dominique Pélicot. Tout en évoquant son parcours de vie, elle raconte le premier contact avec son client, les moments clés de la procédure et les défis nombreux rencontrés tout au long de ce procès pour l’histoire.

Mais surtout, en montrant un immense respect pour la victime, Béatrice Zavarro revient sur les confrontations notamment avec les avocats des coaccusés mais aussi sur les plaidoiries, le verdict, et l’après Mazan…
Qualifiée par la presse d' » avocate du diable « , elle précise sa motivation à défendre l’indéfendable, et révèle les raisons profondes de cet engagement qu’il faut aller chercher dans son histoire personnelle. Un récit d’une grande force qui nous permet de mieux comprendre cette affaire hors norme qui a impacté à jamais la France et le monde.

Mon avis :

Ce livre très bien structuré est organisé en trois grandes parties et en vingt-six chapitres. Il a été coécrit avec Danièle Prieur, avocate.

Le livre s’ouvre sur son histoire personnelle. Elle est marseillaise depuis toujours et on comprend vite que sa petite maison près de la calanque de Morgiou est son refuge, son havre de paix…. Béatrice Zavarro explique que son mari Edouard est son pilier, il l’a accompagné tous les jours du procès pour la soutenir aussi bien moralement que physiquement. Il portait aussi les épais classeurs du dossier car l’avocate marseillaise souffre d’un tassement de vertèbres depuis l’instruction du procès Pélicot il y a quatre ans.

Ce livre raconte comment elle a organisé son cabinet autour de cette affaire hors-norme dans sa carrière car à son grand regret, Dominique Pélicot n’a pas voulu de deuxième avocat pour qu’elle fasse équipe avec quelqu’un. Pendant des mois, elle a multiplié les aller-retour en voiture Marseille- Avignon pour les confrontations avec les cinquante et un coaccusés.

C’est beau de l’entendre expliquer comment la solidarité de sa famille et de ses amis l’ont aidée à tenir. Elle a vécu une véritable épreuve personnelle durant ce procès avec des confrères de la défense qui ne lui ont pas fait de cadeau.

Il y a eu énormément d’articles de presse pour présenter Mme Pélicot, sa fille ou encore Béatrice Zavarro dans les magazines féminins car elles ont eu une vraie carrure morale dont ce porcès avait besoin.

Je n’ai pas lu le livre de Caroline Darian : Et j’ai cessé de t’appeler Papa, quand la soumission chimique touche une famille, éditions Robert Laffont mais je l’ai acheté par solidarité pour son association. J’attends 2026 pour lire l’autobiographie de Gisèle Pélicot, éditée par Flammarion.

Même si ce n’est pas joyeux même insoutenable par moments, j’ai aimé lire ce livre car il explique le déroulé d’un procès expliqué par une des avocates les plus pédagogues et humaines qu’il soit. En annexe du livre, on peut lire la longue plaidoirie de maître Zavarro au procès Pélicot.

Elle compte une dizaine de pages, un exercice oral qui peut durer plusieurs heures durant l’audience. C’est fort intéressant pour l’effort rhétorique que cela demande, on comprend bien mieux le rôle d’un avocat de la défense. La lecture de ce livre m’a énormément éclairée pour comprendre le déroulé du procès Jubillar qui vient de se terminer.

J’ai lu avec intérêt les articles de Pascale Robert-Diard, journaliste judiciaire au Monde car elle a un vrai talent pour montrer les forces et les faiblesses des uns et des autres, comment des relations sont brisées dans la société et comment la justice peut apporter réparation.

J’ai beaucoup de mal à comprendre les jugements hâtifs qui crient haut et fort que les victimes de faits-divers aussi médiatisés cherchent le profit en publiant un livre. C’est un vrai défaut d’empathie de prêter de telles intentions aux victimes.

J’ai lu dans une interview à L’Humanité à propos de ce livre que Béatrice Zavarro était plus intéressée par l’enjeu humain, la trajectoire des individus : « Personne n’est à l’abri d’un mauvais geste, d’une mauvaise décision… »

Le détenu des Baumettes qui a conseillé à Dominique Pélicot de lui demander d’être son conseil a été bien inspiré. Il avait vraiment besoin d’une femme fort et infiniment respectueuse de la victime Gisèle Pélicot. Ce ne fut pas le cas de bien des avocts de la défense qui ont osé plaidé la complicité du couple Pélicot.

L’impact du procès des viols de Mazan : témoignage d’une avocate engagée

L’écriture d’un livre peut avoir un rôle thérapeutique. Gisèle Pélicot a été portée par l’amour et le soutien de milliers d’anonymes qui lui ont écrit, apporté des fleurs, collés des affiches de nuit pour hurler leur solidarité…

J’aime aussi les émissions de Faustine Bollaert où elle invite des inconnus à témoigner de l’impact d’un procès dans leurs vies. J’ai une pensée pour tous ces anonymes collègues de travail, maîtresses d’école, amis qui portent l’histoire de Delphine Jubillar et qui espèrent la vérité depuis 2020.

Ces accusés de grands procès médiatiques font souffrir leurs conjoints, leurs enfants dans leur cercle intime. On les condamne à vingt ans, trente ans de prison pour mettre la société à l’abri de leurs pulsions, leurs agissements.

Mais est-ce que la prison pourra être un enseignement pour eux vers la rédemption ?

Sociologie

Hommage à Antoni Lallican, pour son courage à témoigner en photo.

Vendredi 3 octobre, notre pays a eu la désagréable et effroyable mauvaise surprise d’apprendre la mort du photojournaliste Antoni  Lallican tué par un drone dans le Donbass en Ukraine. C’était en une  du journal Le Monde pour lequel il collaborait.       

Ce photojournaliste était un visage connu et apprécié du journal La Vie, la rédaction où je travaille. L’annonce de sa mort a été un vrai coup de massue pour moi car nous avons le même âge et j’avais eu l’occasion de correspondre un peu par email avec lui en mars dernier.

Antoni Lallican a réalisé de nombreux reportages photo pour l’hebdomadaire chrétien notamment en Arménie, à Bethleem et dernièrement en Syrie.  Il collaborait pour une quinzaine de médias français et étrangers tous plus prestigieux les uns que les autres : Le Monde, La Croix, La Vie, Médiapart, Le Figaro, Libération mais aussi des médias suisses et allemands… Il a été récompensé en 2024 par le prix Victor-Hugo.

Dans mon service, on s’occupe du suivi administratif des journalistes et des photographes en reportage en zone de guerre. On leur fournit des gilets pare-balles, des casques et une trousse d’infirmerie pour effectuer les premiers secours : faire un garrot, sécuriser sa chambre d’hôtel … mais on est impuissant si leur voiture estampillée presse est la cible de drones kamikazes.   

Un très beau reportage en Syrie encore disponible ici ! : ma photo préférée ce sont les enfants syriens qui jouent au baby foot.

Les parcours personnels de ces journalistes et photographes ce ne sont pas de simples dossiers dans une base de données. On échange par mails avec eux pour leur faciliter la vie avant leur reportage risqué. Et on est sur le qui vive quand on les sait sur le terrain.  Mais c’est tellement agréable quand le reportage est publié et qu’on peut s’émerveiller devant la beauté des photos et des textes.

Face à la désolation et à la douleur, les rédactions partenaires d’ Antoni Lallican ont fait ce qu’elles savaient le mieux faire : collecter ses plus belles photographies et recueillir les témoignages de ses confrères devenus des amis dans le métier. Ce superbe hommage signé Pierre Jova est à lire dans les pages de La Vie du 9 octobre.

Les articles du Monde et de La Vie montrent à quel point ses photographies étaient lumineuses car il savait capter les meurtrissures avec délicatesse et empathie pour les personnes qu’il rencontrait (article du Monde de Brice Laemle et Aude Dassonville ).

Je pense particulièrement à Pierre, son coéquipier de reportage qui est devenu un ami proche, à Perrine, Claire et Marie-Laure du service photo, à Judith, à Pascale qui est partie en reportage avec lui également, à Arnaud qui s’occupe de l’infirmerie, à ces photojournalistes déployés en Ukraine, à Laurence et Priscilia qui les envoient en reportage…

Je vous recommande cette vidéo passionnante où Antoni Lallican présente son métier de photojournaliste lors du festival Solidays interviewé par Maïtena Biraben.

Retrouvez ici la beauté de son travail photographique sur son site personnel et celui de son agence. J’espère vivement qu’un musée national dédié à la photographie aura la bonne idée de lui organiser une belle rétrospective avec un catalogue d’exposition le plus complet qui soit.

Sociologie

Ces cinq rubriques de société qui m’incitent à lire Le Monde au quotidien.

Chaque année, à l’occasion des Journées du patrimoine, le journal Le Monde organise un festival sur son parvis avec un grand nombre de conférences, concerts et visites guidées de son siège situé près de la gare d’Austerlitz.

A travers cet article de blog, j’ai voulu revenir sur les multiples raisons qui me font aimer ce quotidien de référence qui a fêté en 2024 ses 80 ans.

Le Monde a été fondé en 1944 par Hubert Beuve-Méry dont le bureau a été conservé dans le lobby du pilier sud du siège du groupe. Ce quotidien est considéré comme la référence de la presse française à l’étranger. Mon frère qui vit en Australie est abonné au site depuis des années car c’est le moyen le plus synthétique de s’informer pour lui.

Enseigne d’un restaurant à Sozopol (Bulgarie) : le rayonnement du journal Le Monde en Europe…

Quand j’étais au lycée, je lisais plutôt Le Nouvel observateur car mes parents étaient abonnés. Mais depuis vingt ans et le début de mes études à l’université, l’algorithme des réseaux sociaux -Facebook et Instagram confondus- a bien compris mon intérêt pour les questions de société en me proposant des articles du Monde que j’enregistre dans mes favoris pour les lire quand j’ai le temps.

Savoir comment l’Homme fonctionne dans ses relations sociales, les tendances et les modes qui sont les plus populaires sur le long terme, sont autant de problématiques qui me fascinent.

Je pense que vous vous en êtes un peu aperçus en lisant ce blog. Bon nombre d’articles de mon blog ont pu être inspirés par ma lecture du Monde.

Saisir les moments de vérité lors des grands procès médiatiques

Les premiers articles du Monde que j’ai lu sont les récits de procès de Pascale Robert-Diard. J’aime énormément sa manière de raconter les moments de vérité qui se dénouent lors d’audiences très médiatiques et sa manière de montrer l’humanité des victimes comme des accusés, des avocats et des juges. On en apprend beaucoup sur les relations humaines à travers ses articles.

Je les lis avec avidité en ce moment comme elle suit le procès Jubillar. J’ai beaucoup aimé son papier sur le procès des papys braqueurs de Kim Kardashian. Je ne lis pas ses romans car je les trouve trop glauques. Mais j’ai lu que Pascale Robert Diard animait un cours du soir en cinq sessions sur les coulisses des procès et je trouve cela fascinant.

J’ai gardé les coupures de journaux de la série « 1945, un été français » où Pascale Robert-Diard a recensé cent nouvelles minuscules des journaux d’après-guerre pour saisir l’air du temps et les préoccupations des Français. J’ai beaucoup aimé cette série car elle collait beaucoup à tous les souvenirs d’après guerre que m’a raconté ma grand-mère née en 1937. Un filet de la chronique parle de la fin de la pénurie de cacao, une anecdote racontée par la guide de la chocolaterie Menier à Noisiel.

L’analyse de phénomènes de société suscités par le tourisme mondialisé.

J’aime aussi lire les articles de Jessica Gourdon. Sa spécialité est de détailler comment les excès du tourisme contemporain ont des effets directs sur la géographie et la sociologie des villes et des campagnes. Récemment, je me suis régalée à lire ses derniers articles consacrés au Giverny business ou encore à la disneylandisation de Montmartre. Nous étions sur la Butte lors du dernier lundi de Pâques et nous avons vu les banderoles des habitants excédés par le surtourisme dans leur quartier.

Depuis, je guette ses articles comme celui qui traitait des donuts, cookies et autres gaufres qui concurrencent sacrément la restauration traditionnelle. Comme je suis quelques comptes lifestyle qui parlent des quartiers de Paris : Le paris food d’Alex, Salut Brian, Florin de France… ces questions de société me passionnent.

J’ai beaucoup aimé suivre sa série de l’été intitulée En croisière. En cinq épisodes, Jessica Gourdon détaille la vie quotidienne des passagers mais aussi de ceux qui travaillent sur ces énormes paquebots entre Marseille et Barcelone. Un large état des lieux qui m’a fait réaliser que la croisière ne s’amusait pas tant que cela en 2025…

Cet été, j’ai également lu au bord de la piscine, Successions 1 et 2, les recueils de portraits de familles de grands industriels français : Ricard, Arnault, Pinault, Lagardère, Bolloré, Hermès,etc…

Raphaëlle Bacqué et Vanessa Schneider, journalistes au Monde ont retracé leurs enquêtes dans les séries d’été du journal. J’aime beaucoup les petites histoires people mais j’ai trouvé ces portraits très profonds et révélateurs de la société française en cols blancs.

C’est Albin Michel qui a publié ces deux livres de qualité. Edition et presse font souvent bon ménage puisque les journalistes du Monde sont souvent sollicités pour écrire des livres et c’est une caution de sérieux quand je lis un essai pour moi.

Ils aident aussi les sportifs ou les personnalités à accoucher de leurs mémoires ou leurs souvenirs. C’est d’ailleurs le cas de Violette Dorange, la benjamine du Vendée globe qui publie son premier livre : Mon premier Vendée Globe chez Gallimard le 9 octobre prochain.

Les séries de l’été du Monde : un autre regard plus doux sur l’actualité.

Enfin, la dernière série de l’été 2025 que j’ai énormément apprécie s’intitule Exils. Il s’agit d’une trentaine de portraits d’hommes et femmes de tous âges qui ont quitté leur pays pour s’adapter tant bien que mal en France. Rédigés par une équipe de journalistes d’horizons différents, j’espère que cette série sera adaptée en livre. Ces témoignages seraient un beau moyen de faire obstacle au racisme ambiant dans notre pays à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.

J’aime aussi lire le magazine du Monde même si je goûte peu à la mode qui est omniprésente selon les numéros. J’ai beaucoup aimé le numéro consacré à l’héritage culturel de Marcel Pagnol et les remous que cela suscite avec la mairie de Marseille. Il y a eu aussi un vaste article consacré aux deux avocats de Gisèle Pélicot après le procès de Mazan.

Chaque lundi matin, je guette le supplément papier L’époque pour ses rubriques tourisme et ses témoignages du quotidien. Comme j’ai beaucoup les anecdotes people, je suis avec attention la rubrique Un apéro avec. Dernièrement, j’ai beaucoup aimé l’interview de Mayane, actrice porteuse de trisomie 21 qui a cartonné dans l’émission Danse avec les stars.

Je vous recommande la rubrique Intimités sur le site internet qui aborde la parentalité, l’amour et l’amitié. Je ne rate aucun article de séries comme Comment je me suis disputée, S’aimer comme on se quitte, Amours de jeunesse… car c’est le meilleur reflet de la société française contemporaine dans sa diversité selon moi.

Et vous quels journaux suivez-vous depuis longtemps? Est-ce que ce sont des titres que vos parents vous ont transmis ?

La Vie, Le Monde, Elle, Le Parisien, ces journaux patrimoniaux nés après guerre.

Sociologie

Entre adoration et domination : comprendre nos dynamiques sociales avec les animaux

Récemment, j’ai réalisé que même si je n’avais pas d’animaux à la maison, je regardais quand même pas mal des vidéos de refuges pour chats errants, de vétérinaires et même de toiletteurs de chiens sur les réseaux sociaux.

Je m’occupe dans le cadre de mon travail de la partie administrative des hors-séries du journal La Vie et donc j’ai pu lire ce beau hors-série en avant-première : Les animaux et nous, disponible en kiosques depuis le 4 septembre dernier.

Le résumé :

Leurs laisses, leurs croquettes et désormais leurs poussettes sont un formidable marché. Les vétérinaires ne savent plus où donner de la tête et, des pet-sitters aux éducateurs canins, les animaux de compagnie semblent ne jamais avoir été aussi entourés de soins par leurs maîtres. On peut y voir un signe de décadence d’une société marquée par l’isolement.

Sauf que les archéologues et éthologues invités dans ces pages nous le rappellent, entre les humains et les animaux, le compagnonnage remonte à très loin.

Et si, comme le montrent nos enquêtes ou l’interview de Cédric Sapin-Defour (auteur du best-seller Son odeur après la pluie), les liens que nous tissons avec nos bêtes peuvent s’égarer dans la domination tout autant que l’adoration. Dans notre relation avec l’animalité c’est toute une part de notre humanité qui se joue.

Ce hors-série passionnera tous les amateurs d’anthropologie dont je fais partie. Il détaille en trois grandes parties : Si loin, si proches , Apprivoiser ou dominer, Miroir, mon beau miroir ; ce lien si particulier qui unit l’homme à l’animal sauvage ou domestiqué depuis plus de 9000 ans.

Quand j’étais petite, j’aimais beaucoup l’émission de télévision 60 millions d’amis qui est aussi une fondation de protection animale et un magazine de presse. En 2025, la France compte désormais 75 millions d’animaux.

Dans ce hors-série, j’ai beaucoup aimé lire le grand entretien de Cédric Sapin-Defour sur son amitié pendant treize ans avec son chien Ubac qui a donné naissance à un roman Son odeur après la pluie dans lequel beaucoup de lecteurs se sont reconnus. Les animaux inspirent aussi la bande dessinées : Le Marsupilami , les contes pour enfants : le lapin d’Alice au pays des merveilles ou encore le loup…..

En juin dernier, nous sommes partis en famille à Blois le temps d’un week-end. Outre le château, le clou de la visite a été une croisière naturaliste sur la Loire.

Organisée par Observatoire Loire, cette visite menée par un intervenant passionnant nous a expliqué le rôle très utile du castor dans la préservation des territoires.

Autrefois pourchassé pour sa fourrure bon marché, il est aujourd’hui une espèce protégée qui cause son lot de tracas aux agriculteurs.

Un des articles de ce hors-série détaille les histoires houleuses du Père Castor avec l’Homme.

C’est un chouette cadeau à faire à tous les amoureux des animaux y compris les adolescents à partir de quinze ans !

Les animaux et nous, hors-série La Vie, 3260500010351, 68 pages,22 x 28 cm, 8€50