Romans

Mon bilan lecture et ciné de cet été : varier les genres et découvrir…

Cet été, j’ai pris les devants car j’ai réalisé que j’étais une véritable boulimique de lecture toute l’année : dans le RER quand je vais travailler, sur mon transat le soir depuis mon beau balcon fontenaysien et surtout à la plage au bord de la mer Noire, en famille en Bulgarie.

En Bulgarie, c’est un peu compliqué car les romans et la presse française ne courent pas les rues malgré les librairies francophiles. Alors j’ai pris deux gros pavés qui j’espère, me tiendront les deux semaines de congés. J’avais même prévu d’emprunter la liseuse Kobo de mon père mais je me suis dégonflée. Cependant, en tant que vraie lectrice, je tenterai un jour l’expérience numérique…

Les heureux élus de cet été sont :

Une grande partie de cette sélection à lire et à visionner vient de ma médiathèque à Fontenay sous bois. Je salue leur travail de qualité pour nous proposer de quoi nous évader l’esprit l’été, on sous-estime le rôle socioculturel de ces bibliothécaires : voici un article de blog qui présente leur métier.

A visionner avec une bonne glace quand la brise du soir chasse la canicule.

Holy Lola de Bertrand Tavernier en 2005 avec Isabelle Carré et Jacques Gamblin

Un couple auvergnat rejoint le Cambodge et tout un hôtel avec d’autres adoptants français pour rencontrer leur petite fille : Holy Lola. On suit leur parcours du combattant où les nerfs et les émotions sont mises à rude épreuve face à la corruption qui monnaye avec cynisme et intéressement le désir d’enfant. Je l’ai revu ces jours-ci alors que je suis devenue maman depuis et ma compréhension de leurs ressentis était indéniablement plus forte.

La lutte des classes de Michel Leclerc avec Leïla Bekti et Edouard Baer.

Je suis avec attention tous les films de Michel Leclerc, l’un des réalisateurs de ma série préférée Fais pas ci, fais pas ça car je trouve qu’il décrit avec beaucoup de justesse la société actuelle. Et puis, c’est comique mais habitant l’est parisien populaire, je pourrai me retrouver dans la situation de ces parents dans quelques années.

Un bon film poil à gratter pour questionner notre xénophobie ordinaire. J’aime beaucoup le jeu authentique et sensible de Leïla Behkti. Ne la cantonnons pas à son rôle de psychopathe mal dégrossie dans La flamme et Le flambeau

Ces deux films étaient dans ma liste à voir, j’ai hâte de regarder Antoinette dans les Cévennes, Elvis et puis Downtown abbey une nouvelle ère grâce à Eureka, la formidable plateforme numérique des bibliothèques du Val de Marne…

A lire dans un bon transat en ville, à la plage ou dans un pré qui sent bon l’herbe coupée.

Encore une fois, je salue l’initiative de tous ces maires qui développent les initiatives estivales comme Paris plages, Fontenay sous soleil ou l’été anti-rouille à Créteil. C’est très agréable de lire des revues prêtées par la médiathèque en attendant que son enfant ait fini de se dépenser sur un château gonflable.

Pour cet été, j’ai décidé de sortir de mes habitudes de lectures avec une enquête policière sur Action directe, un roman historique pendant la dictature de Franco en Espagne, un feel-good un peu plan plan mais qui décrit bien Brighton et l’Italie, un autre roman historique sur les biens artistiques spoliés aux familles juives pendant la seconde guerre mondiale et surtout le dernier roman de JC Sullivan…

Les âmes sélectives, J.C Sullivan, éditions Les escales, 23€

Je vais commencer par celui-ci car c’est celui que j’avais le plus envie de lire. Malheureusement, grosse déception. Je n’ai pas retrouvé la finesse psychologique des personnages que j’avais tant aimé dans Maine, Les liens du mariage ou encore Les anges et tous les saints. Les dialogues entre les personnages étaient soporifiques et creux.

Je ne me suis attachée à aucun des personnages tant ils respiraient le cynisme et la déprime. Cette amitié entre Elisabeth et Sam, la mère de famille et la étudiante nounou ne m’a rien apporté de fécond. D’ailleurs, cela se termine en eau de boudin entre elles. Oups, spoiler. J’ai même sauté 400 pages pour lui donner une ultime chance mais cette vision sinistre de la maternité m’a beaucoup rebutée. Mais je remercie beaucoup la maison d’édition Les escales pour l’envoi de ce livre en service de presse.

Heureusement, je me suis régalée à regarder sur Netflix le film Journal d’une baby sitter. C’est une comédie de qualité qui étudie sous un angle anthropologique les riches familles de New-York dont les rejetons pourraient s’appeler Blair, Serena ou Chuck dans Gossip girl.

Dans un tout autre genre, j’ai lu La fille de Deauville de Vanessa Schneider, éditions Grasset, 20€

Ce n’est pas un coup de cœur mais j’ai trouvé fort intéressante cette traque policière qui devient obsessionnelle pour un policier, Luigi Pareno. Ce roman raconte la trajectoire de Joëlle, une jeune fille de la haute bourgeoisie qui hait au plus haut point ses parents et d’où elle vient. Elle rallie l’autre camp, celui des violents qui abat les riches d’une balle dans la tête sans sommation, en se planquant dans un coin sombre de leurs allées privées.

Cette structure assez décousue m’a un peu déstabilisée mais elle illustre bien la perte de tous repères, cette vie clandestine et meurtrière dans laquelle se perdent les terroristes d’Action directe.

J’aime beaucoup la plume de cette journaliste judiciaire du Monde qui a réussit son coup : montrer l’errance des êtres quand ils épousent une cause idéologique violente qui mène à avoir du sang sur les mains. Ce n’était pas une lecture très joyeuse mais elle m’a permis une saine réflexion philosophique.

Puis j’ai lu Hôtel Castellana (écrit par Ruta Sepetys, Gallimard Jeunesse, 19€), un roman historique que j’avais envie de lire depuis un bon moment. Lui aussi parle d’idéologie qui enferme les gens dans la souffrance mais à l’échelle d’une dictature d’Etat.

A travers une histoire d’amour contrariée entre Ana et Daniel, on comprend toute la pesanteur psychologique vécue par des millions d’Espagnols sur plusieurs générations entre 1936 et 1975. Ils ont la vingtaine mais portent le poids du monde sur les épaules.

Il est un riche héritier texan d’origine espagnole, elle est une très jolie fille pauvre qui va se sortir toute seule du ruisseau. Ce roman passionnant et bien écrit m’a tellement parlé sur une époque noire de l’Histoire en Europe que je réfléchis à un article pour chroniquer en détail ce roman. Pour résumer, ce roman donne la parole à tout un peuple meurtri à l’image des martyrs de Guernica, immortalisés par Picasso.

Ne sous-estimez jamais la richesse de la littérature young adult, j’avais vraiment envie de rajouter à ce bilan lecture deux très bons livres que j’ai lu en juin : Angie et Souviens-toi de septembre de Marie-Aude Murail, éditions Ecole des loisirs.

Chaque tome raconte une enquête policière menée par un trio de choc : Augustin Maupetit, commissaire beau gosse de la brigade des stupéfiants, Angie sa petite voisine de quinze ans et surtout Capitaine dite Capi, le berger allemand qui renifle les containers du port pour faire tomber les trafiquants de drogue du port.

C’est une trilogie ultra contemporaine qui se déroule pendant le grand confinement, celui du printemps 2020. La France était sidérée, éloignée de ses repères. Les policiers, les infirmières à domicile continuaient de travailler tout comme les acteurs d’une économie parallèle bien connue au Havre : la drogue. Avec de l’argent facile, on corrompt les dockers pour qu’ils mettent à l’abri de la douane un container.

Ces romans racontent avec talent la lutte des classes : la bourgeoisie havraise qui vit dans les villas sur les hauteurs comme dans un tableau de Monet à Sainte-Adresse et les prolos qui vivent dans les quartiers pauvres.

Et enfin, je ne pouvais pas finir ce bilan lecture sans une chronique BD : Les beaux étés de Zidrou et Jordi Lafebre, éditions Dargaud, 35€.

J’ai découvert cette saga familiale en six tomes dans le journal gratuit de Dargaud, trouvé à la Procure (ils font tous les deux partie du groupe Média participations). C’est exactement le genre de roman graphique que j’aime lire. Cela allie nostalgie, vacances, Histoire grande et petite, souvenirs et beau dessin attachant.

Cela raconte par de nombreux flash-back le départ en vacances d’une famille belge qui attend que le père ait fini ses planches de BD pour décoller de leur Belgique pluvieuse direction le sud de la France et le soleil… Cela m’a fait pensé au film Bienvenue à Marly Gomont de Kamini qui se passe dans le même coin et à la même époque mais aussi c’est l’antithèse de Boule et Bill.

Ici, les parents Falderault sont des soixante-huitards qui s’aiment goulument devant leurs enfants, ils pratiquent une vie bohême teintée d’humour et de naturisme alors qu’on se demande ce que font les parents de Boule et Bill au lit.

J’aime beaucoup cette saga qui explique comment la génération née après guerre s’est débrouillée pour se débarrasser des traumatismes de leurs parents : l’un des grands père est un réfugié espagnol de la dictature franquiste alors que l’autre papi a travaillé au STO.

Enfin, je vais continuer sur ma lancée de l’été en me sélectionnant à nouveau sept-huit romans et films pour l’automne. Pendant mes congés d’été, on a appris le décès de Jean-Jacques Sempé, sans doute l’un des dessinateurs les plus connus et apprécié en France depuis plus de soixante ans. Il est impensable pour moi de ne pas lui rendre hommage dans ce blog dans un prochain article.

Retrouvez-ici mes derniers articles BD et romans :

-Des chroniques familiales sous forme de bulles de BD

Entretenir le devoir de mémoire en BD : Guernica, éditions La boite à bulles

-Marie Vareille, spécialiste du genre feel good et young adult

Romans·Séries

Trois coups de cœur séries et romans qui m’aident à attendre le printemps en février

Cette année particulièrement, j’ai vraiment hâte que l’hiver se termine, qu’on jette aux oubliettes nos masques et que le printemps reprenne tous ses droits. L’an dernier, la météo nous a bien arnaqué avec un printemps lamentable et un été passé inaperçu.

D’ici là, j’hiberne comme une vieille ourse sous ma couette avec de bonnes séries et de bons livres en attendant que mon balcon soit prêt pour de longues soirées à siroter des citronnades en contemplant les couchers de soleil avec mon mari. Tout un programme à venir !

Je me rends compte que mes collègues de bureau ont regardé les mêmes séries Netflix que moi en février, signe que c’était des bons moments de détente à partager avec vous sur ce blog !

A l’ombre des magnolias, saison 2 sur Netflix.

J’ai un peu honte d’avouer que j’ai compté les jours jusqu’à la diffusion de la saison 2 le 4 février alors que je n’avais pas été tendre avec la saison 1 ici même ! Ah ces bons vieux cliffhangers, ils vous donnent envie de replonger la cuillère dans le pot de Nutella même quand vous êtes pas mal écœurée.

Alors je persiste, ce n’est pas à la hauteur de Call the midwife, The crown, Mes premières fois et Atypical. Mais c’est une petite série qui fait le job malgré ses longueurs dans les dialogues ou ces postures chrétiennes un peu trop identitaires.

J’aime suivre l’évolution de la vie de ces trois femmes, au fil de leurs soirées cocktails avec leurs tenues inspirantes pour Maddy et Helen, leurs intérieurs à la mode. C’est une vision un peu idéale de la petite ville du Sud des Etats-Unis, où racisme et délinquance semblent ne pas exister.

Comme dans la première saison, les adolescents de cette série ont l’air plus matures sentimentalement que leurs parents.

Cette série montre des quadragénaires un peu blasées par leurs expériences conjugales bancales, elles rejettent les engagements sentimentaux au profit d’expériences ludiques et inédites tout en restant fleur bleue.

Mention spéciale au grand benêt qui sème des enfants partout dans la petite ville de Serenity. Cet épisode m’a vraiment sidéré, c’est l’un des grands points forts de cette saison. On aurait dit que la chanson Papaoutai de Stromae a été écrite pour lui.

Etre père est bien évidemment le thème central de cette deuxième saison, l’envie de maternité d’Helen l’illustre à la perfection. J’ai aussi bien aimé que la série développe la seconde chance que se donne le couple de Dana Sue et Ronnie. Cette chef cuistot est loin d’être un personnage que j’affectionne, la carapace qu’elle s’est forgée la rend assez antipathique. Mais ce revirement de situation est assez intéressant à suivre.

A l’ombre des magnolias est une adaptation littéraire d’une série de romans Arlequin où l’héroïne, Maddy, mère de famille admirable a une sacrée différence d’âge avec le coach Maddox, dixit Joëlle, mon homologue séries de filles. Pas sûr que j’aurais lu la série de romans tout de même.

Une fois A l’ombre des magnolias terminée, j’étais fort dépourvue. Heureusement, Netflix a fait jouer son redoutable algorithme avec Inventing Anna.

Au début, j’ai cru que c’était un documentaire (le générique me fait vaguement penser à la Joconde, va savoir pourquoi). J’avais lu l’histoire de cette fille, Anna Sorokin dans Elle dans quelques années. L’article décrivait bien le culot avec lequel elle avait arnaqué une bonne partie du gotha new-yorkais en devenant une amie bien fuyante quand il s’agissait de régler la note.

C’est une fiction librement adaptée d’une histoire vraie (c’est même mis en avant dans le générique à chaque épisode) en dix épisodes très bien structurés et tous aussi passionnants les uns que les autres. C’est une sacrée réussite tant les portraits psychologiques des personnages sont complexes et intéressants. Palme d’or à cette fameuse Anna qui fait froid dans le dos dans les trois premiers épisodes.

Elle se comporte vraiment mal avec Vivian, cette journaliste new-yorkaise qui s’intéresse à son histoire avec humanité mais aussi intérêt : avoir cet entretien exclusif lui permettrait de relancer sa carrière. C’est Vivian et Todd, l’avocat chargé de la défense d’Anna qui tiennent le beau rôle dans cette histoire.

Vivian est entourée d’une équipe de vieux routards de la presse qui vont lui donner un sacré coup de main. C’est cet hommage au journalisme d’investigation qui m’a plu dans cette série car les selfies d’une mondaine sur Instagram, ça va bien cinq minutes.

Copyright Nicole Rivelli/Netflix

C’est une série de grande qualité, très bien rythmée avec des retournements de situations passionnants. La roue tourne et les relations deviennent plus profondes quand Todd et Vivian prennent cette casse-pied de première sous leurs ailes. Car sous ses grands airs, c’est une gamine qui va se retrouver en prison une grande partie de sa vie, totalement abandonnée par ses parents restés en Allemagne.

J’ai été marquée par la scène où Todd fait la leçon à sa femme qui ne connait que le luxe et la vie facilitée par des parents présents dans son appartement de dingue à New-York : son dressing donne le vertige…

Cela a résonné avec l’une de mes lectures du mois : La villa aux étoffes, contribution de ma collègue Marine à notre future boite à livres au bureau qui verra bientôt le jour.

Malgré ses similitudes évidentes avec la série anglaise Downton Abbey, j’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman car il était bien écrit. Il réussit à montrer les rapports sociaux entre une jeune aristocrate et sa femme de chambre.

Elles ont parfois le même âge, imaginent comment elles pourraient devenir amies sans réaliser l’abyme sociétal qui les sépare.

Ce roman parvient à décrire ce thème incontournable de rapports sociaux entre maîtres et domestiques par des mots bien choisis, là où la série a moins de facilités sur grand écran. J’aimé que ce livre soit un gros pavé avec des rebondissements. Le fait que l’histoire se passe dans une usine de tissus en Allemagne juste avant la première guerre mondiale était un bon prétexte pour donner de la profondeur au récit.

La petite échappée dans le Montmartre des avants-gardes en 1914 à Paris m’a beaucoup plu même si c’était un peu tiré par les cheveux. Le personnage de Katharina, la plus jeune des filles de la famille est passionnant. On a envie de la secouer comme un prunier pour lui dire « Mais reviens sur terre, rends toi compte de la situation dans laquelle tu te mets au lieu de rêvasser à ce point ».

La sœur ainée, Elisabeth, est totalement aigrie car la nature ne l’a pas dotée du même physique et donc elle est dans le contrôle permanent pour ne pas perdre la face. Un roman un peu profond sur le plan psychologique et me voila ravie !

Je ne sais pas encore si je lirai la suite (c’est un peu des romans à l’eau de rose quand même malgré la dimension historique). Il y a trois autres tomes à lire en attendant la sortie du second volet de Downton Abbey.

Lire la suite de La villa aux étoffes sera toujours une meilleure détente que le roman La colline aux esclaves édité par Charleston. Ce roman qui raconte les pulsions meurtrières des maîtres sur leurs esclaves noirs quand ils avaient un pet de travers m’a donné des cauchemars. J’ai vite abandonné cette lecture même si la force des mots pour traduire l’horreur m’a épatée.

D’autres romans et séries que je vous conseille dans le blog pour attendre l’arrivée du printemps :

– Mes dix meilleures pépites trouvées sur Netflix

– Un roman aussi dépaysant qu’un trajet en Eurostar pour se retrouver dans le Sussex sur les traces d’un major anglais

Tout un été avec les personnages de Mitch Albom

Romans

Pourquoi je suis une bonne cliente de la littérature de poulettes

Maintenant que je n’exerce plus le métier de libraire, je peux bien le dire : je n’ai jamais lu un roman récompensé par un prix Goncourt et je n’aime pas particulièrement les classiques littéraires.

Cela ne m’a pas empêchée de promouvoir le catalogue de la Pléiade dans une librairie stéphanoise en 2011 grâce à une solide culture générale. J’ai eu pendant deux ans une passionnante professeure de littérature à l’IUT qui m’a fait découvrir avec passion Proust, Céline, Duras, Ernaux

En 2008, j’ai rédigé un mémoire de fin d’études dans le cadre du DUT métiers du livre sur la littérature au féminin, partant du constat que le lectorat de romans mais aussi le porte-monnaie est principalement … féminin.

Je ris sous cape car il y a dix ans de cela, émergeait dans le paysage éditorial français, la chick-lit anglo-saxonne (traduisez littérature de poulettes) : Le diable s’habille en Prada ou Les confessions d’une accro au shopping… Désormais ce type de lectures a acquis ses lettres de noblesse : on parle de feel-good book, des livres qui font du bien mais ce n’est pas leur qualité littéraire qui éveille l’âme.

Récemment, j’ai constaté que je suis accro à la lecture surtout depuis cette pandémie. Quand je finis un bon livre et que je n’ai rien à lire pour la semaine dans le RER ou le soir, c’est vraiment la loose.

Comme au cinéma, je ne raffole pas des films primés au festival de Cannes, j’aime la culture populaire, celle partagée par le plus grand nombre.

Je suis spécialement allée chercher un petit pavé de 330 pages à la librairie Eyrolles pendant les fêtes. Je suis l’excellent blog littéraire de Fiona, bibliothécaire et rédactrice de My pretty little book depuis des années.

Grâce à elle, j’ai découvert Mille petits riens de Jodi Picoult alors que je n’avais pas du tout envie de prendre en compte les sentiments de suprématistes blancs complétement rageux.

Echange loft londonien contre cottage bucolique est une lecture beaucoup plus légère que Mille petits riens, pourtant elle m’a donné matière à réflexion sur la société actuelle et pourquoi un tel genre de livres m’a plu.

La littérature de poulettes, la poule aux œufs d’or de l’édition : une stratégie marketing au cordeau

La couverture ne paie pas de mine mais elle est efficace. Elle me rappelle une vraie bonne daube qui m’avait bien divertie sur la plage, un été : Le diable habille Nothing Hill de Rachel Johnson, la sœur du fameux Boris.

Ensuite le titre réussit un tour de force. Il m’a convaincue d’acheter le livre. Il résume les aspirations de bon nombre d’urbains occidentaux depuis le début de cette longue pandémie : opérer un retour aux sources quand on en a sa claque de la ville.

Même moi (citadine jusqu’au bout des ongles), je rêve parfois d’un cottage bucolique au fin fond de la Seine maritime. Le sujet de ce livre est original et très moderne, il reflète les vlogs Youtube très populaires sur la toile : échanger de vie avec ses amis pendant une semaine.

Je rêve aux valleuses de Fécamp dans le RER A quand il y a un colis suspect qui perturbe mon trajet…

Le résumé

Leena est consultante dans une boite londonienne pour qui elle est prête à sacrifier son épanouissement personnel, sa santé mentale et toutes autres formes de loisirs.

Un jour, elle s’écroule devant ses supérieurs et ses clients lors d’une réunion très importante. Elle n’arrive plus à donner le change. Elle a perdu sa petite sœur brutalement, son petit ami n’est qu’un soutien émotionnel, une collègue lorgne sa place…

Sa planche de salut, c’est d’échanger de vies avec sa grand-mère Eileen, 80 ans qui vit dans un petit village du Yorkshire, au nord de l’Angleterre.

Le Yorkshire, patrie de Downton Abbey

Eileen accepte ce challenge complètement toqué car elle aussi a des regrets. Son mari, ce pleutre, l’a larguée comme une vieille chaussette pour une professeure de danse après plus de cinquante ans de mariage. Elle saisit la perche que lui lance sa petite-fille pour vivre une expérience à Londres qu’elle a dû sacrifier dans sa jeunesse.

Mon avis :

Ce roman se structure autour d’un récit écrit à la première personne du singulier (un atout narratif). Tour à tour, Eileen et Leena prennent la parole pour exprimer au lecteur en quoi cet échange bouleverse leurs vies.

Rapidement, le personnage d’Eileen capture toute la lumière, c’est elle la véritable héroïne de cette histoire. Elle est beaucoup moins paumée que sa petite-fille car elle a pris de la maturité à une autre époque, elle sait ce qu’elle veut et qui elle est. J’ai bien ri quand Eileen se fait avoir par un brouteur qui l’amadoue grâce à sa passion pour Agatha Christie.

L’intérêt de ce roman est qu’il parle sans détour de la sexualité des seniors et de leurs sentiments : « Vais-je encore plaire, séduire à mon âge?  » A quel âge on s’arrête de penser au sexe ? C’est le genre de débats intéressants que j’aurai aimé avoir avec ma grand-mère Annette. Cela me rappelle une publicité que j’ai vu dans le métro il y a quelques années et qui m’avait fait réfléchir bien plus que je ne le pensais.

Les hommes en prennent pour leur grade dans ce roman, Leena qualifie son grand-père de con et sa grand-mère fait peu de cas de son gendre, le père de Leena et Carla. Je n’aime pas ce message féministe rageux où l’on essaie de faire croire qu’on peu très bien se passer des pères car ils sont trop nuls.

Même si ce roman n’est pas d’une grande qualité littéraire, il a le mérite de traiter du deuil avec beaucoup de tact et de profondeur. C’est d’ailleurs pour cela que la littérature de poulettes a été élevée au noble rang de romans feel good, l’un des secteurs de l’édition occidentale les plus porteurs actuellement.

Le problème avec ces romans, c’est que je repère vite un schéma d’écriture qui se répète dans la production d’une même auteure : Sophie Tal Men, Adèle Bréau, Virginie Grimaldi, Marie Vareille

Pour finir, voici une liste de mes romans et films favoris made in England !

Un roman passionnant qui vous envoie directement dans le Sussex sans prendre l’ Eurostar.

La piscine de Rosemary, plongez tout habillés dans ce grand bain littéraire

Last Christmas, une romcom qui renoue avec le merveilleux !

Romans

Marie Vareille, valeur sûre de la littérature young adult

Il faut toujours se méfier de ses apriori quand on choisit ses lectures. Je suis sur Instragram Marie Vareille dont j’ai découvert les livres grâce à la Kube, la box littéraire avec laquelle je collabore depuis 2017.

Ils m’avaient offert une superbe box des libraires avec une belle paire de chaussettes et le livre La vie rêvée des chaussettes orphelines, éditions Charleston. Une grande claque de littérature, j’avais d’ailleurs raconté toute mon enthousiasme pour ce roman dans une chronique ici !

Droits réservés Café Powell

Depuis, j’ai lu tous les romans feel good de Marie Vareille, il me manque à lire son dernier roman Ainsi gèlent les bulles de savon. Le sujet du livre : l’abandon d’un enfant a provoqué chez moi un profond rejet (j’ai des tabous) mais après tout, n’est-ce pas cela le rôle de la littérature ? Bousculer nos chemins de pensées, faire évoluer notre réflexion ou alors nous conforter dans nos idées.

Nos apriori de lectures se construisent à partir d’un rien : un titre peu inspiré, un éditeur catalogué jeunesse… Heureusement, les mises en avant visées des bibliothécaires municipaux peuvent être d’une grande aide pour sortir des sentiers battus et ne pas passer à côté de bons moments de lectures. Enfin, on ne peut pas dire que je suis une grande aventurière littéraire car je ne me décide toujours pas à lire un polar ou bien une dystopie totalement déjantée.

Je me cantonne encore et toujours aux romans réalistes avec des personnages qui me ressemblent dans mon quotidien. Toutefois, j’écris cet article pour vous encourager à aller fureter du côté du rayon young adult pour ses nombreuses bonnes surprises. Parmi elles, Sauveur et fils , la série en sept saisons écrite par Marie-Aude Murail, éditions Ecole des loisirs.

C’est véritablement mon coup de cœur littérature que je partage autour de moi, mes nouvelles collègues sont également fans. Je pense leur parler rapidement de Marie Vareille pour son expertise pour cerner et décrire avec talent la psychologie de ses personnages, entre profondeur et légèreté.

Voila la raison pour laquelle j’ai envie de vous parler du roman Le syndrome du spaghetti.

C’est l’histoire d’une fille Léa, dont le père est entraineur de basket. Ils rêvent ensemble d’une brillante carrière dans le basket féminin pour elle aux Etats-Unis. mais un double drame va faire voler les projets de Léa en éclats. Elle va trouver la force de continuer à se lever le matin dans les bras d’Anthony, un jeune de banlieue qui ne croit pas assez en son talent fou au basket.

Ce roman suit l’évolution psychologique de cette jeune lycéenne très égocentrée au début de l’histoire. A travers les épreuves, elle va apprendre à faire plus attention aux autres, notamment à sa petite sœur et surtout savoir reconnaître l’amour de sa maman alors qu’elle la rejetait sans vergogne une bonne partie du livre.

Je dois dire que je trouvais cette Léa assez casse-pieds mais l’écriture de Marie Vareille a su la rendre attachante. C’est une vraie prouesse de transcrire en littérature les tourments de l’âme, les nuances entre défauts et qualités d’une personne, les retournements de situations et les leçons de vie que l’on en tire. Ce livre est un excellent roman d’apprentissage, très philosophique.

Il ne s’adresse pas seulement aux adolescents. Mais c’est une très bonne nouvelle qu’on publie des romans de cette qualité pour eux. Ce roman raconte la quête identitaire d’une jeune fille qui cumule à une période de sa vie les épreuves. Elle pensait que sa voie était toute tracée avec le basket et tout s’écroule. Elle essaie de sauver la face en se vautrant dans ses mensonges et elle le paye cher avec tous ceux qui l’entourent.

Ma seule réserve porte sur l’initiation à la sexualité, la fameuse première fois vue comme un rite de passage incontournable au lycée. Je prends le risque de passer pour une grenouille de bénitier (je m’en fous à vrai dire) mais le sexe sans engagement envers l’autre est une forme de consommation que je déplore.

Je suis en train de lire Dating fatigue, amours et solitudes depuis les années 2000 de Judith Duportail. Je ne pense pas que l’amour se conjugue au pluriel. Comment trouver le grand amour quand ça matche non stop sur son smartphone?.

En attendant de m’atteler à la lecture du roman Ainsi gèlent les bulles de savon, voici un petit tour de piste des précédents romans de Marie Vareille que j’aimé lire.

La vie rêvée des chaussettes orphelines, éditions Charleston

Un gros pavé passionnant qui raconte l’histoire croisée de deux sœurs Alice et Scarlett entre Londres, Paris et les Etats-Unis. Scarlett est un diamant brut de la musique moderne, elle brûle la vie par les deux bouts pour cicatriser du rejet de leur mère et le fait que leur père a abandonné le domicile familial pendant leur enfance. Alice raconte leur histoire et comment elle se retrouve à Paris pour tenter de reprendre ses esprits et renouer avec la vie au sein d’une start-up fantasque.

Je peux très bien me passer de toi, éditions Charleston

Une histoire bien moins frivole qu’il n’y parait. Chloé et Constance sont deux bonnes copines que tout oppose. L’une est trop délurée et s’abîme dans une relation toxique et torturée avec son ex tandis que Constance, éternelle romantique, attend le prince charmant en pyjama. Elles vont conclure un deal un peu idiot mais qui apporte un bon moment de lecture : Chloé devra faire abstinence pendant six mois dans un vignoble bordelais et Constance va devoir faire sauter sa ceinture de chasteté et prendre les devants avec un parfait inconnu.

J’ai beaucoup aimé lire les tourments personnels de Chloé qui va trouver un sens à sa vie et également le grand amour dans les bras d’un homme qui l’exaspérait au plus haut point (Orgueil et préjugés inspire encore et toujours les romancières modernes).

D’ailleurs, cette œuvre littéraire majeure, copieusement imitée par Le journal de Bridget Jones est au centre d’un recueil de nouvelles pour Noël : Noël et préjugés avec cinq autres romancières de la Team Romcom, éditions Charleston.

Ainsi, j’ai découvert Adèle Bréau qui a écrit deux bons romans : L’odeur de la colle en pot et Haute saison.

Retrouvez ici mes quinze coups de cœur littérature, quinze chroniques marquantes dans ce blog

Romans

Haute saison, comment rendre le club de vacances romanesque?

Ce livre, je l’ai lu en avant-première grâce au service de presse des éditions JC Lattès (que je remercie). Je l’avais repéré grâce à Instagram car la couverture du livre est vraie réussie et le titre efficace annonce la couleur : je me vois déjà au bord de la piscine à Sozopol, Bulgarie avec une bonne limonade pas loin du transat.

Je connais pas du tout Anglet et la côte basque en haute saison car je ne passe plus mes vacances d’été en France depuis huit ans : trop cher pour notre pouvoir d’achat quand on veut profiter des restaurants en bord de mer, des aquaparks, des bouées tirées par un jet-ski et des piscines d’hôtel à gogo et surtout nous sommes attendus de pied ferme par notre famille bulgare !

Mais ce roman m’a donné envie d’aller faire une escapade à Biarritz pour la beauté de son architecture à tout moment…sauf en haute saison. Je ne sais pas si c’est voulu ou non mais ce roman dans ses descriptions des moments d’attente au self pour manger en collectivité très bon marché ou ces rencontres un peu forcées lors des activités sportives ou autres ; donne envie de prendre ses jambes à son cou et quitter ces clubs de vacances sur le champ.

Je n’ai jamais expérimenté ce mode de vacances car je vis à Paris toute l’année avec une proximité avec mes compatriotes un peu pénible dans les transports en commun, dans les restaurants et les parcs… En vacances, je n’ai qu’une envie, prendre le large, savourer le silence avec un bon livre à la main…

Haute saison raconte quatre solitudes : celles de Chantal, grand-mère dévouée mais coincée entre les générations qui va enfin penser à elle, Fanny, une mère de famille en fauteuil roulant qui espère relancer son couple avec ces vacances en famille avec leurs deux enfants, Matthias, un Parisien addict au travail qui n’a même pas fait l’effort de retenir sa femme, la mère de ses deux filles. Et enfin Germain, le chargé d’accueil du club de vacances qui vient de la région. Pas facile de lui donner un âge avec un prénom aussi désuet.

Faute de situation initiale digne de ce nom, j’ai un peu pataugé les cent premières pages avec même la tentation d’abandonner ma lecture. Mais je me suis accrochée car j’aime l’écriture d’Adèle Bréau que j’ai découvert dans une nouvelle de Noël et préjugés, éditions Charleston et surtout dans son roman très réussi : L’odeur de la colle en pot, éditions JC Lattès.

Adèle Bréau sait mettre en relief la profondeur psychologique de ses personnages. C’est d’ailleurs, ce qui m’a retenue et passionnée dans la suite de ma lecture.

Chantal et Matthias se sont entraidés malgré le fossé générationnel qui les oppose : la retraitée dévouée aux autres et l’hyperactif qui n’a aucune attention pour les autres.

Fanny va apprendre à baisser la garde et accepter l’aide de ceux qui l’aiment. Germain va sortir de sa prison mentale qui l’enchainait au contact de ses trois nouveaux amis…



La référence au film Les Bronzés qui se passe dans un club Med en Côte d’Ivoire en 1978 est évidente. L’auteure cite Jean-Claude Duss pour commercer son histoire.

Ce roman qui raconte les vacances de milliers de Français qui aiment ce type de villégiature, a su sortir de sa banalité peu romanesque pour aborder des thèmes forts : l’euthanasie qui soulève dilemme et culpabilité pour ceux qui restent, le consentement quand la fille de Fanny découvre les sensations fortes avec un moniteur majeur très entreprenant et largement manipulateur.

Ce que je retiendrai particulièrement de ce roman, c’est le petit discours de Victor, le mari de Fanny. Ils ont des problèmes de couple car sa femme handicapée ne baisse pas la garde, ne laisse pas son mari lui venir en aide.

Dans ce roman, Fanny n’est pas vu comme une victime mais un peu comme une orgueilleuse qui doit se remettre en question. J’ai trouvé que cette critique constructive du personnage était le meilleur service à rendre aux personnes handicapés : leur rendre leur normalité en considérant leurs qualités et leurs défauts.

Cela fait sacrément écho à l’une de mes lectures précédentes : Ne dites pas à ma mère que je suis handicapée, elle me croit trapéziste. Ecrit par Charlotte de Vilmorin, édité par Le livre de poche, ce récit de vie plein d’humour et d’autodérision décrit avec vérité les handicapés sociaux que rencontrent les handicapés moteur dans les entreprises et qui continuent de les marginaliser de manière très maladroite.

Je choisis d’attribuer deux sardines à ce roman Haute saison. Il était agréable à lire car divertissant en cette période pénible dé déconfinement très long. Mais ce n’était pas de la grande littérature avec des envolées lyriques et des moments extraordinaires. C’était un peu plan-plan les cent premières pages, j’ai failli abandonner ma lecture. Heureusement qu’Adèle Bréau sait entretenir ses effets et trouver comment exprimer toute la profondeur de ses personnages.

Enfin, ce roman m’a donné matière à réflexion. Ce type de vacances collectives va t’il survivre à la crise sanitaire dans les années qui viennent avec les obligations de distanciation sociale? Est ce que les vacanciers en auront encore envie compte tenu du traumatisme social vécu ces deux dernières années?.

En tous points, moi j’ai besoin de grands espaces, de nature, d’évasion et de romanesque … aussi dans mes lectures !

Retrouvez ici mes précédents articles du blog :

L’odeur de la colle en pot, chronique nostalgique de l’adolescence dans les années 1980

Nos vacances estivales annuelles en Bulgarie, patrie de mon Jules avec un grand J.

Romans

15 idées de romans pour ce printemps semi-confiné !

Au fil de ces confinements et plus particulièrement en mars quand j’ai dû m’isoler dix jours à cause de cet affreux variant anglais, j’ai constaté à quel point la lecture de romans était le meilleur moyen d’évasion face aux couvre-feux, aux gestes barrières, aux attestations de sortie et tout le tintouin…

Même quand vous êtes parqués à dix kilomètres de votre domicile, en rêvassant aux valises à préparer, aux couloirs d’aéroport ou de gare à arpenter… Un chouette bouquin dans votre nouveau canapé, vous envoie à New-York, dans la jungle ou sur une île déserte. La littérature a ce pouvoir et il n’a pas de prix surtout en ce moment.

Les librairies ont rejoint la liste des commerces essentiels fin février, preuve que le livre est un produit de première nécessité.

J’ai voulu vous lister quinze romans qui m’ont marqué et pourquoi. Je n’ai sélectionné que les romans que je relirai volontiers ou que j’ai déja relu deux ou trois fois…

Les romans young adult de l’Ecole des loisirs

Sauveur et fils, les six épisodes de la série, Marie-Aude Murail, Ecole des loisirs

Je lis les romans de Marie-Aude Murail depuis longtemps : Oh boy ! , La fille du docteur Beaudoin, Papa et Maman sont dans un bateau… car j’aime son acuité à analyser la société française et surtout les relations familiales, les non-dits et les sentiments enfouis. Son apogée est atteinte avec cette série Sauveur et fils à laquelle je ne trouve aucun défaut et que je relis avec plaisir à chaque confinement.

Quatre soeurs, Malika Ferdjouhk, Ecole des loisirs

J’ai découvert ce roman graphique en quatre ou cinq épisodes à la bibliothèque Baudoyer du 4eme arrondissement. J’ai dévoré cette série géniale qui s’adresse aussi bien aux adolescents qu’aux jeunes adultes. Elle décrit une belle fratrie de filles qui habite un grand manoir en bord de mer. Cela parle de deuil, d’entraide et d’amour familial.

Les romans young adult de l’Ecole des loisirs sont ma référence ultime depuis de très nombreuses années, je n’en découvre pas assez à mon goût. Il faut que je creuse leur fonds.

Les feel good ou romans générationnels à la française

L’odeur de la colle en pot, Adèle Breau, J-C Lattès

J’ai découvert cette auteure assez connue dans un recueil de nouvelles : Orgueil et Préjugés version moderne à Noël, un couple enfermé dans un magasin de jouets. Son écriture m’a bien plu, j’ai eu une belle émotion avec son roman qui m’a rapidement fait penser à mon film phare La boum avec Sophie Marceau mais la comparaison était bien agréable. L’auteure m’a cueillie à la fin du livre, je ne vous en dit pas plus.

La vie rêvée des chaussettes orphelines et tous les romans de Marie Vareille, Charleston

J’ai découvert cette auteure grâce à la Kube qui m’a offert une box des libraires fantastique alors que je désespérais du genre feel good que je commençais à juger trop marketing. J’aime la manière dont Marie Vareille dépeint avec beaucoup de finesse la psychologie et les drames intimes de ses personnages. C’est drôle, léger et générationnel mais c’est très subtil.

Droits réservés Café Powell

Les stagiaires et Indéterminés de Samantha Bailly, éditions J-C Lattès.

Dans un autre genre générationnel, mon vrai coup de cœur pour cette trilogie qui se passe dans une entreprise de jeux vidéos autour d’un groupe de stagiaires.

Ce sont des jeunes adultes qui vivent dans l’oisiveté ou la précarité mais tous cherchent un sens à leur vie, trouver le grand amour même si la manière dont ils cèdent à leurs pulsions, papillonnent sentimentalement me heurte de plus en plus dans mes choix de films ou de lectures.

Les auteurs anglo-saxons vendent des histoires d’amour et des relations beaucoup plus loyales et fidèles que dans la culture française. Cela me saute de plus en plus aux yeux.

Les auteurs anglo-saxons qui parlent des relations avec plus de fidélité que l’amour rabelaisien

Brooklyn, Colm Toibin, 10/18

Mon plus beau coup de cœur de cette liste : une histoire d’amour tellement belle et profonde. J’ai découvert ce roman grâce à une affiche du film, son adaptation littéraire au cinéma.

Ce roman qui parle d’exil et de quête identitaire quand on est jeune adulte, je l’ai lu trois fois et je pourrais le relire encore et encore. Il m’a accompagné une semaine de travail assez harassante au salon du livre de Paris en 2016, quand je n’étais pas très motivée par les deux heures de trajet quotidienne entre la porte de Versailles et chez moi.

La chorale des dames de Chilbury,Jennifer Ryan, Albin Michel

Ce livre m’a accompagné une semaine de canicule où j’étais malade à cause de la chaleur, de la climatisation et de la pollution à Paris. J’ai bien aimé ce roman historique anglais qui raconte les bombardements dans un petit village pendant la seconde guerre mondiale et comment les femmes du village ont résisté à la guerre en montant une chorale.

La dernière conquête du major Pettigrew, Helen Simonson, éditions 10/18

Déjà lu deux fois, ce premier roman m’a beaucoup inspirée pour mieux connaître l’Angleterre et notamment son ancien empire colonial auquel le roman fait souvent référence. Il raconte l’histoire d’un major aristocrate et d’une épicière pakistanaise qui vont lier amitié, écœurés par la bêtise humaine et l’opportunisme de leurs descendants.

Une excellente critique du jeunisme à la fois tendre et piquante.

La couleur des sentiments, Kathryn Stockett, Jacqueline Chambron

Mon crush lecture de longue date. J’ai découvert le jeu d’Emma Stone, Octavia Spencer et Jessica Chastain dans ce film de bonnes femmes. Je le dis avec sympathie, les femmes sont omniprésentes dans ce roman et elles ont un choix à faire : l’amour ou la bêtise.

Même quand on est raciste et qu’on vit dans un état du Sud bas de plafond, on s’attache à sa bonne noire qui transmet de l’amour aux enfants blancs avec naturel.

Je comprend pas la polémique qui accuse ce roman de racisme alors qu’il est vraiment formidable : tout est dit dans le titre. Ras le bol de la cancelled culture !

Les personnages des romans de Mitch Albom, Pocket

Une fois n’est pas coutume, c’est mon mari qui m’a fait découvrir cet auteur à la médiathèque Marguerite Duras. Pendant tout un été, trajets Bla bla car, voyage caniculaire en Toscane et transit en Bulgarie, j’ai lu ses cinq livres de poche les plus connus.

Mitch Albom est un auteur très connu aux Etats-Unis, un peu en France aussi. Il écrit des livres très autobiographiques ou très fantastiques pour aborder le thème de la foi chrétienne avec beaucoup de style. Ses personnages sont tous très travaillés et apportent une réflexion sur le sens de la vie. Des livres qui ont intégré notre bibliothèque familiale à jamais.

Nos âmes la nuit, Kent Haruf, Robert Laffont

J’ai découvert ce roman grâce au film, adapté du livre avec Robert Redford et Jane Fonda. Encore une fois, les Américains n’ont pas de tabou à aborder les relations amicales et même sexuelles des seniors alors qu’en France, on envoie les anciens en Ephad comme les salariés au placard : on ne les voit plus, on n’en parle plus.

Dans ce roman, les deux protagonistes approchent les quatre-vingt ans et on leur donne une voix pour parler désir, déceptions familiales, regrets et même projets d’avenir. Un roman qui donne un bon coup de pied aux fesses aux préjugés.

Les anges et tous les saints et Maine de Sullivan, Livre de poche

J’ai lu tous les romans de cette auteure américaine irlandaise que j’ai découvert par hasard dans les rayons de la médiathèque Marguerite Duras dans le 20eme.

A l’époque, j’allais régulièrement rendre visite à une amie Karine, qui était en convalescence chez elle à Choisy-le Roi.

Le trajet en bus et en tramway était un peu long mais passionnant avec ses romans de familles très bien dépeintes sur le plan psychologique. Un régal de littérature !

Les romans français qui me plaisent tout de même

Venise n’est pas en Italie, Ivan Calbérac, Livre de poche

Un bon roman poilade qui m’a bien fait rigoler en imaginant Benoit Poelvoorde et Valérie Bonneton comme les parents déjantés de ce pauvre garçon blond qui veut intégrer un cercle un peu plus distingué que celui de sa famille qui voyage en caravane jusqu’à Venise. Un joli clin d’oeil à Johnny Clegg et à mon enfance !

Le prince à la petite tasse, Emilie de Turckheim, Calmann-Levy

Un récit de vie puissant, une expérience humaine de l’accueil de l’autre avec beaucoup de poésie. Ce n’est pas mon style littéraire habituel mais l’auteure m’a beaucoup touchée par son humanité et sa simplicité à verbaliser l’amour du prochain même quand il n’est pas toujours évident à manifester.

Je vous invite à me recommander vos derniers coups de coeur littéraires car je suis dans un désert de lectures depuis janvier.

N’allez pas croire que je me régale chaque semaine avec un bon roman comme je suis libraire. Je m’avère être une redoutable et intransigeante lectrice qui se décourage vite d’un livre si le style et les thèmes abordés ne me convainquent pas dès les dix premières pages.

J’admire les courageux lecteurs qui persévèrent au bout de 150, 200 pages. Je suis bien embêtée parce que lire chaque semaine un bon roman est tellement agréable pour divertir au mieux mes trajets répétitifs quotidiens en RER.

La routine de la semaine est beaucoup plus agréable à vivre avec un bon pavé passionnant.

Pour trouver une pépite, je sonde le blog de Fiona, bibliothécaire et blogueuse littéraire reconnue de Pretty little books, que j’ai découvert dans Livres Hebdo mais je manque de temps pour faire des recherches plus approfondies.

Romans

Il ne faut jamais se fier à ses idées reçues. Mon coup de cœur pour La petite librairie des cœurs brisés.

J’ai emprunté à ma nouvelle médiathèque municipale, un pavé littéraire qui ne payait pas de mine mais la chronique de Fiona du blog My pretty books m’avait convaincue de le lire. Il se trouve que mon amie Alix m’a signalé l’avoir mis dans sa PAL quand elle est venue gentiment me ravitailler de galette des rois et de pétillant pomme rhubarbe.

La prescription par ses pairs lectrices est donc beaucoup plus efficace qu’un titre faiblard et une couverture moche. Cela m’a donné une leçon quand je dénigre un peu trop rapidement un feel good book en librairie ou en bibliothèque.

J’ai passé un très agréable moment de lecture dans le métro et dans mon lit ce week-end. Ce roman m’a bien divertie face au couvre-feu bien déprimant, au froid et à notre confinement dans deux chambres de notre appartement en rénovation.

Le résumé :

C’est une histoire de rivalité entre un aristocrate oisif Sébastian et une jeune libraire londonienne Posy. Elle tire un peu le diable par la queue depuis la mort de ses parents qui tenaient la librairie et le salon de thé. La propriétaire du lieu, Lavinia a pris sous son aile Posy. A sa mort, elle décide de lui léguer l’endroit mais lui propose une association professionnelle très déroutante : faire équipe avec Sebastian pour que la librairie redécolle comme au bon vieux temps des soeurs Mitford.

Cependant, ils n’ont pas du tout les mêmes aspirations littéraires : il veut se spécialiser dans le roman policier. Elle ne jure que par la romance. C’est un roman très contemporain sur Londres et sa gentrification inévitable. Il raconte en quoi un groupe de trentenaires cherche désespérément le véritable amour avec une sacrée dose de méfiance et de cynisme.

Mon avis :

D’un point de vue stylistique, ce n’est pas un chef-d’œuvre littéraire mais au moins, je n’ai pas baillé d’ennui. J’abandonne vite toute lecture lénifiante de toute manière. Comme Helen Fielding, l’auteure Annie Darling s’inspire largement d’Orgueil et préjugés de Jane Austen. Mais c’est assez agréable à lire, je ne jugerai pas ça comme du plagiat mais bien comme des références à un patrimoine littéraire anglais bien valorisé. Ce premier roman adresse une véritable déclaration d’amour aux librairies de centre-ville. A la fin du roman, l’auteure dresse une liste de ses cinq librairies favorites en Europe.

J’ai accroché à cette histoire car je suis moi-même libraire et la restructuration de sa boutique est passionnante. On a envie que cela marche et que Posy gagne son pari. Elle a un prénom un peu nunuche, se laisse marcher sur les pieds avec un rustre qui l’appelle Tignasse à tout bout de champs et qui moque continuellement son apparence physique décontractée. Mais elle a une véritable expertise de libraire et elle me plaît pour ça. Elle a compris que les gens ont besoin de rêver au grand amour à travers les livres pour se réconforter des sales coups bas que peuvent leur faire un crush potentiel sur les sites de rencontres.

Annie Darling a un vrai don pour retranscrire en littérature le processus de deuil et les émotions contradictoires. Les portraits psychologiques de Posy et Nina sont les plus intéressants. Même Sebastian m’a donné matière à réflexion.

Je me suis questionnée sur ce qui fait le charme d’un homme. Il est visiblement très beau, s’habille avec goût et fait chavirer Posy avec des effluves luxueuses. Mais il est vraiment irritant et n’écoute rien de ce que Posy lui dit. Comme quoi, de beaux abdominaux, ça ne suffit pas ! Ce n’est que lorsqu’il baisse la garde et montre ses fêlures qu’il est le plus intéressant et cela fait avancer l’histoire.

Il est fréquent que je chronique dans ce blog des séries, des films et des romans anglais. Ces British sont doués pour nous vendre du rêve et de la féerie alors que nous Français, avons des proses de syndicalistes bourrus où ça s’engueule à table en famille. Ce roman m’a fait penser au film Last Christmas qui se déroule dans une boutique de décorations de Noël.

Ma note : 5 sardines

Cela faisait un sacré moment que je n’avais pas donné une très bonne note à un roman. Même sans grande verve littéraire, il a complètement fait le job : me divertir pendant tout un week-end pas funky et des trajets en RER quotidiens. Même si certaines scènes étaient cousues de fil blanc, je me suis bien régalée à lire cette histoire de librairie.

Il ne faut jamais se fier à ses propres idées préconçues, c’est le bal littéraire des sardines qui vous le dit !

Romans

Thérapie de groupe : Sauveur et fils tome 6

La série Sauveur et fils en cinq saisons a été ma compagne de confinement. Ce nouveau livre, je l’attendais depuis avril, annoncé sur Instagram pour la rentrée. L’auteure a été bien charitable avec ses lecteurs, je sais déjà qu’il y aura une saison sept riche en rebondissements.

Autant vous dire que j’ai bondi de mon siège d’autocar dans la navette Beauvais-Porte Maillot vers minuit quand j’ai compris que mon livre tant attendu sortait le 19 août et que je pouvais lire un extrait du premier chapitre sur le site du libraire Decitre.

En lisant le début de Sauveur et fils tome 6, je me suis dit « ça démarre sacrément fort » et j’ai scruté toutes les librairies parisiennes où me le procurer. Je l’ai réservé au Comptoir des mots, place Gambetta dans le 20eme arrondissement et je l’ai dévoré en quatre jours. La finale de la ligue des champions n’a pas fait le poids face à la fin de mon livre.

Le premier chapitre commence avec une imposture impardonnable mais sacrément drôle à lire. Jovo, est un vieux légionnaire barbouzeur recueilli par le psychologue antillais Sauveur Saint-Yves dans sa jolie famille recomposée d’une maison cossue d’Orléans. Il s’introduit tôt le matin dans le cabinet du thérapeute pour se mettre littéralement à sa place. Et c’est sacrément dangereux et irresponsable.

Dans un cabinet de psychothérapie, on recueille les secrets de famille difficiles à porter, on soutient des personnes qui arrivent avec leur fardeau et leur grande vulnérabilité émotionnelle. Sauveur Saint-Yves est aussi un homme qui doute et qui fait des erreurs dans sa stratégie d’accompagnement de ses patients. C’est d’ailleurs tout le sel de cette série, découvrir comment un psy peut se tromper et retomber sur ses pattes… ou non.

Il reçoit et écoute avec professionnalisme plus de soixante personnes par semaine, empiétant même sur son samedi matin pour les urgences. Psychologue, je le vois comme un sacerdoce !

J’aime lire Sauveur et fils pour ces moments de grâce, ceux où quelqu’un prend conscience de sa valeur ou encore qu’il est plus fort que le piège dans lequel il était tombé. Au bout de six années de thérapie ponctuées par six romans, on s’attache aux jeunes patients de Sauveur. Au milieu de ma lecture alors que je dévore ces romans avec délice et espoir, j’ai failli tout abandonner parce que dans les chapitres qui se succédaient, soit les personnages déconnaient ou alors il leur arrivait des choses vraiment sinistres en cascade. Et moi la sinistrose, ça m’ écœure !

Sauveur et fils est une série young adult publiée par un éditeur jeunesse reconnu. Il ne faut pas mettre ce tome dans les mains d’un adolescent de moins de seize ans. Avec beaucoup de réalisme, Marie-Aude Murail parle de violences conjugales où la pire jalousie conduit tout droit à la tentative de meurtre, de la transophobie, du consentement sexuel, la peur de l’échec et la pression parentale, et aussi de la grossophobie à l’école primaire.

On se croirait dans la page société de mon journal favori Le Monde. C’est à la fois talentueux et vraiment déprimant. Il y a eu l’ histoire de Sarah qui a m’a pas mal remuée : elle a des hallucinations visuelles et auditives de démons et d’autres créatures peu amicales. Sauveur ressent la présence de l’esprit d’un patient dans son cabinet. Cela décrit des pratiques occultes avec lesquelles il ne faut surtout pas jouer !

Mais, heureusement j’ai persévéré dans ma lecture et les moments de grâce sont arrivés en cascade, eux aussi. Je ne vous les spoile pas mais j’ai eu la larme à l’œil pour ces personnages de papier !

Et en plus, on reste sur sa faim pour le tome 7 : Jovo va-t- il enfin se faire coincer par Sauveur ou la police… ?

Retrouver d’autres articles qui mêlent littérature et psychologie :

Thérapie de groupe : la série Sauveur et fils

La conférence dédiée à Marie-Aude Murail à Livre Paris 2018

Aimer sans dévorer pour vivre libres !

Romans

Ma chérie, au bord d’une piscine de Miami.

Comme j’ai un vrai souci pour lire un bon roman jusqu’au bout sans me décourager, je scrute avec attention le blog My pretty books, écrit par Fiona qui est bibliothécaire. Son blog est une vraie mine d’or, ses avis sont souvent ceux d’une critique littéraire aguerrie.

Fiona a un vrai talent pour mettre en valeur le résumé et les thèmes charnières d’une histoire. J’ai voulu lire Ma chérie car cela parle d’une fille pas si paumée que cela en Floride dans les années 1950-1960.

Inspirée par @Mamasdrawings

Bon, le titre de ce roman est nul (ça commence mal) mais la couverture du format poche est jolie. J’ai détesté les deux premiers chapitres qui ne développent pas assez la psychologie d’une femme, Gloria que l’on va suivre pendant deux cent pages tout de même ( mais je les ai relus après avoir fini le livre, cherchez pas la logique…)

Je vous laisse découvrir la chronique de Fiona au sujet de ce roman. J’ai choisi de parler de ce livre dans mon blog pour une raison toute autre : rêver de Miami et de la Floride. C’est un projet pour nos dix ans de mariage d’aller faire un grand voyage aux Etats-Unis.

Dans les films ou les séries, on caricature un peu la Floride comme un repaire pour retraités friqués. Les parties de golf de Donald Trump sur les deniers de l’Etat ne vont pas redorer le blason de la Floride. Ce roman met à l’honneur la richesse architecturale de Miami ainsi que son histoire. C’est un état du Sud, réputé très conservateur.

J’ai appris avec ce roman, ce qu’était un ou une redneck. C’est à dire un péquenaud peu ouvert sur le monde. Cela tombe mal, la Floride c’est un creuset de bon nombre d’ethnies par sa position géographique,aux portes des Caraïbes… Avec ce roman écrit par une Française très bien documentée, j’ai appris qui étaient les Séminoles, ce peuple amérindien qui s’est révolté contre la colonisation anglaise et qui est venu en aide aux esclaves afro-américains.

Mon frère Ugo qui voyage beaucoup pour son travail, a pris la sympathique habitude de nous envoyer des cartes postales du monde entier. Celle de la Nouvelle-Orléans nous a vraiment donné envie d’aller visiter le Sud des Etats-Unis. Je rêve des Keys, du parc Disney et des ballades architecturales à Miami et Tampa. C’est incontournable pour moi d’aller à Venetian pool, cette ancienne carrière transformée en piscine d’eau de source. Je vous en parlais déja dans l’une de mes chroniques du roman La piscine de Rosemary.

Retrouvez ici d’autres articles en lien avec les Etats-Unis ou les piscines de rêve :

Combattre le racisme à l’aide des livres et des films

– Mon crush lecture : La couleur des sentiments

– Chronique du roman La piscine de Rosemary

Romans

Millésime 54, un chouette petit roman qui cultive la nostalgie du Paris d’avant

Il ne faut jamais se fier à la longueur d’un livre. J’ai tendance à privilégier les gros pavés qui envoient du lourd pour un mois de lecture au moins…. et ça réduit drastiquement mes chances de lire un bon roman (je deviens ultra sélective).

Avec Millésime 54, je me suis accrochée à ma lecture même si je m’ennuyais au démarrage, ces quatre personnages étaient assez sympas donc j’ai poursuivi et j’ai bien fait. Ma lecture suivante dont je ne me souviens même plus du titre (une histoire de lettres en Espagne pour sauver la postière locale) , je ne lui ai pas laissée sa chance, abandon au bout de trente pages !

Le résumé :

Millésime 1954 raconte la rencontre entre quatre personnes que tout oppose mais qui vont devenir amis le temps d’une soirée à partager un verre d’un très bon vin. Hubert, le président du syndicat de copropriété invite deux propriétaires de son immeuble, Magalie et Julien tous deux célibataires à partager sa soirée. Ils l’ont aidé à se sortir d’un cambriolage rocambolesque de sa cave, soutenus par Bob, un Américain débrouillard mais fraîchement accueilli par Hubert. Il vient prendre possession d’un AirBnb, pratique peu appréciée par les Parisiens du quartier. Cette fameuse bouteille de vin les enverra tous les quatre en 1954, un voyage drôle et léger dans les couloirs du temps…

Mon avis :

C’est une histoire simple mais efficace comme un petit beurre à la sortie de l’école. Le ressort de ce roman, c’est la nostalgie du Paris des années 1950. Les anachronismes fonctionnent aussi bien que la comédie populaire Les Visiteurs (sans la visite au vieux mage dégarni). J’ai beaucoup aimé le chapitre où Hubert se rend au Ritz et trouve que la RATP a vraiment fait les choses en grand pour les journées du patrimoine.

Antoine Laurain est un écrivain brillant qui a su me divertir dans le métro avec des trouvailles géniales et des répliques très tendres : notamment quand Bob propose de partager ses dollars avec ses trois amis qui n’ont que des euros et qui ne pourront rien faire avec, en souvenir de La Fayette.

Avec ces quatre personnages, on rencontre Salvator Dali, Jacques Prévert et Robert Doisneau, Audrey Hepburn et le fondateur du Harry’s bar (adresse totalement inconnue alors que je passe dans ce quartier tous les jours), Edith Piaf et Jean Gabin… Ce n’est pas très plausible parfois mais on s’en fout, la magie de la nostalgie opère. Je me suis trouvée des points communs avec cette Magalie, toute émerveillée de se retrouver dans l’animation disparue des légendaires Halles de Paris. Ce roman est une magnifique déclaration d’amour à Paris, j’y ai appris des choses comme la fameuse langue inventée des métiers de bouche dans les Halles.

Ils vont partir tous les quatre à la campagne pour remonter les couloirs du temps en retrouvant le père la soucoupe, l’aïeul de Julien. C’est une histoire de doux dingue bien agréable à lire.

La force de ce livre repose sur l’amitié entre ces quatre personnages qui se connaissent peu et qui vont devenir de vrais amis en quelques jours. On ne passe pas 300 pages à d’étendre sur leur psychologie (même si on comprend vite certaines failles, joies et désillusions de leurs vies) mais on s’attache très vite à eux. Chacun va s’accommoder rapidement à ce voyage dans le temps complètement déstabilisant car il va les aider à donner un sens à leur vie. J’ai aimé particulièrement le personnage d’Hubert. On sent qu’il s’est enfermé dans une routine un peu ennuyeuse, sa femme semble faire peu de cas de lui.Il va s’attacher à Magalie et Julien ainsi qu’à Bob dans un véritable esprit de camaraderie et d’entraide.Il n’y a aucune réplique vacharde entre eux comme on peut les trouver dans des films : Bourvil et De Funès dans La grande vadrouille par ensemble.

Cette très belle camaraderie est très agréable à lire dans la scène de pêche miraculeuse qu’ils vivent ensemble à la campagne. Hubert comprend alors la beauté du moment et la vanité de sa vie d’administrateur immobilier régie par des avalanches de mails quotidiennes.

Avec mon mari, on s’est amusé à regarder des vidéos de l’ Ina qui interviewait des adolescents dans les années 1960. Force est de constater le fossé culturel et sociétal entre la manière de parler un peu gauche et l’aplomb d’aujourd’hui. Internet et les réseaux sociaux sont passés par là.

Ma note :

3

Ce petit roman a été une agréable surprise même si j’ai peu accroché à quelques moments qui me paraissaient peu plausibles. Je ne suis pas une passionnée des histoires de soucoupes volantes. Mais j’ai beaucoup aimé les anachronismes et la jolie nostalgie de ce roman. Le personnage de Bob l’Américain qui reconnait le Dieu des miracles dans la guérison de sa femme désespérée est un très joli moment du livre…

Cette veine nostalgique m’a convaincue de me lancer dans un projet d’une grande ampleur. Je vous avais parlé de mon carnet de coloriages de Paris, réalisé par Zoé de las Cases. Pour mes quinze années à Paris en septembre prochain, j’ai décidé de transformer ce carnet assez plat en un carnet de souvenirs avec des collages, des coloriages à l’aquarelle, aux feutres… pour compiler tous les coins de Paris que j’aime et ça sera une sacrée entreprise !

Alors, je colle des cartes géographiques de Paris, des cartes de visite, j’enrichie le carnet d’adresses de cette Zoé avec mes propres souvenirs. Voici un petit aperçu du démarrage de ce grand projet !