Carnets de voyages urbains

Profiter au maximum de ses vacances grâce aux différences de standards : Bulgarie saison 9

C’est récurrent dans ce blog : en août, il se cale à l’heure bulgare, patrie de mon cher époux. C’est la 9eme année consécutive que je l’accompagne en vacances dans son pays.

J’ai besoin de cette pause estivale, partir en vacances à l’étranger pour mieux retrouver mon pays à la rentrée. J’aime partir dans ce pays d’Europe en particulier car nous sommes attendus par notre famille et nos amis qui nous aiment.

Pays membre de l’Union européenne depuis 2007, il est prévu que la Bulgarie entre dans la zone euro dans deux ans : adieu la lev !

Cette année, j’ai été bien agacée par les hausses de prix injustifiées pour tout et pour rien en France (3€ en moyenne le moindre soda vendu à emporter en boulangeries ou en gares). Alors pour l’été , nous avons voulu donner du lest à notre porte-monnaie de petits écureuils épargnants en nous faisant plaisir à travers nos loisirs.

Rien de bien fou-fou mais sacrément agréable de profiter un peu de la vie après ces mois de demi-confinement cet hiver. Standard de vie, le mot est moche mais il veut tout dire. En Bulgarie, un euro équivaut à deux levas. Nous avons bien profité des transats au bord d’une piscine d’hôtel : 8€ pour deux pour la journée, 0,40 centimes d’euros pour boire une boisson gazeuse bien chimique à la violette ou à la cerise dans le jardin maritime de Bourgas.

A Sozopol, on profite pleinement des bouées et des bananes tirées par un jet-ski pour 5€ pendant 25 minutes alors que ça coute en moyenne 25 euros en France.

Je vous recommande à Bourgas la chaîne de restaurants Happy si vous voulez manger plus mainstream que la cuisine locale : shopska salad, tarator et banitsa… Ils proposent des burgers, des tacos et de très bons sushis au fromage Philadelphia. Nous avons très bien mangé pour 30 euros à deux, le restaurant est spacieux et le personnel très agréable. Nous avons testé le restaurant à coté du jardin maritime.

Pour le petit-déjeuner, sachez que les Bulgares mangent salé. J’aime beaucoup les banitsas, ces feuilletés avec de la feta locale : le sirene très salé, à midi après la plage. Mais au bout d’une dizaine de jours, l’appel du croissant le matin se fait entendre.

L’hospitalité aux touristes est le grand atout de la Bulgarie. Leurs voisins roumains en vacances en Bulgarie le reconnaissent volontiers même s’ils se chambrent comme les Français et les Belges ici. A Sofia en allant prendre l’avion, nous avons dormi dans des chambres très confortables avec grand lit et salle de bain king size, piscine extérieure pour 40 euros la nuit.

Après avoir réussi à éviter les hôtels premier prix pendant une dizaine d’années, dur fut notre retour en France. Dormir à trois personnes dont une petite fille dans 10 mètres carrés, salle de bain comprise pour 40€ me vaccine des hôtels français en général. C’est souvent rat pour le rapport qualité/ prix des prestations. Heureusement, le petit déjeuner était compris et nous avons été accueillis par un personnel aimable et accueillant.

Il faut dire que le réveil fut tonitruant puisque nous avons été réveillés par une alarme incendie à six heures du matin. En partant pour la gare SNCF de Beauvais, nous avons rencontré à l’arrêt de bus trois jeunes baroudeurs français qui partaient sur la côte Noire bulgare !

Sozopol, Bamboo beach. A éviter si vous n’aimez pas la musique d’ambiance assourdissante. On s’est vite barrés !

Voila, mes impressions sur l’été 2021. La pandémie ne nous aura pas empêché de partir en voyage voir notre famille. J’adresse toute ma reconnaissance au personnel de laboratoire qui a fournit un sacré effort pendant tout l’été pour nous fournir nos fameux tests PCR en un temps record.

Nous avons fait escale à Beauvais entre la gare SNCF et l’aéroport le temps d’un après-midi. Présenter un test PCR en terrasse pour boire un verre fut une expérience un peu étrange et déroutante. Puis, le soleil et la plage en Bulgarie nous ont aidé à tout oublier pour profiter un maximum.

Cette année, notre petite fille était débarrassée de ses douleurs dentaires la nuit et a bien mieux supporté les voyages en voiture. Ce fut donc beaucoup plus ressourçant pour nous. Je me suis découvert une véritable passion pour les étiquettes alimentaires et de boissons, tellement révélatrices de nos manières de vivre, de nos identités culturelles, des documents d’anthropologie….

Ile de France et Paris·Parentalité

Une virée en famille à la Cité des sciences pour sa réouverture

Ce week-end, nous recevions nos copains de Lyon avec leur petit gars qui a le même âge que notre fille. On a dû repousser plusieurs fois leur venue à cause de ce foutu covid. Cette fois-ci, c’était la bonne mais le beau temps n’était pas au rendez-vous. Peu importe, nous avons fait une super virée à deux familles à la Cité des sciences pour fêter sa réouverture.

Direction la Cité des enfants de 2 à 7 ans. Je l’avais visité avec mes parents et mon frère il y a une vingtaine d’années du côté des 7-12 ans et cela reste un souvenir d’enfance mémorable. Aussi bien que la tour Eiffel et le musée du Louvre. Depuis, la Cité a été rénovée et j’avais très envie d’y emmener ma petite fille un jour.

Les sciences n’ont jamais été ma tasse de thé mais ce type de musée de société a réussi le challenge de m’y intéresser.

Après un agréable trajet en RER E, nous débarquons dans le tout nouveau quartier Rosa Parks, pas très loin du canal Saint-Denis. J’ai pris un jour la navette fluviale pour aller au centre commercial Le millénaire à Aubervilliers.

J’ai beaucoup ce quartier depuis l’enfance quand mon papa nous a trouvé des supers romans jeunesse à la médiathèque de Valence. C’était une série sur un clochard qui s’appelait Claude Lapoigne, une série écrite par Thierry Jonquet, éditions Nathan. Cela m’a montré une autre réalité que celle du Paris touristique des cartes postales. Je pense que cette facette de Paris beaucoup plus populaire m’a aussi donné envie de venir vivre ici un jour.

La Cité des sciences de la Villette a à peu près mon âge, fondée en 1986, elle a repris les anciens abattoirs de la Villette pour les transformer en musée des sciences et des techniques. En 2019, plus de 2 300 000 visiteurs sont venus se cultiver en famille. Pour moi, la Cité des enfants est un lieu pédagogique très innovant, reconnu dans tout le pays.

Cela me donne bien envie d’aller regarder des vidéos de Jamy et Fred de C’est pas sorcier sur France 3.

Notre visite de la Cité des enfants avec une petite fille de deux ans révolus.

Beaucoup de familles pour un samedi matin 10 heures mais on était contents de notre visite. C’était important de faire les activités avec un autre enfant du même âge. Il y a sept sections toutes aussi intéressantes les unes que les autres. Pour répartir la foule, un monsieur nous a fait choisir un pion jaune pour aller à la section Je sais faire. Une directive que ma fille me repète cinq fois par jour quand je veux l’aider à mettre son manteau ou ses chaussures…

Ca démarrait fort avec des jeux en bois où il fallait lancer une balle et suivre son chemin. Un peu comme dans Fort Boyard… Carton plein avec les enfants qui ont tout de suite bien accroché avec l’animation. Mais c’était très frustrant de devoir leur dire d’arrêter leurs jeux pour continuer une autre section.

© E. Luider / EPPDCI

Cette première impression a été à l’image de toute cette visite très dense qui a duré une heure et demie. On a eu le temps de tout faire mais dans le bruit et avec beaucoup de monde. Ca piaillait, ça s’émerveillait, ça s’énervait quand ça marchait pas. C’était génial mais c’était trop d’émotions contradictoires. J’ai pensé que nous y étions allés trop tôt et que les impressions n’auraient pas été du tout les mêmes vers quatre ou cinq ans.

Je ne regrette pas du tout cette visite mais j’ai trouvé cela contre-productif de stimuler autant un enfant de deux ans avec autant d’activités tout en lui apprenant les codes sociaux dans un musée loin d’être désert ce jour-là. Moi même, j’étais sur-stimulée.

Je vous recommande la visite de ce lieu incontournable de la culture française mais en privilégiant une heure creuse en semaine. J’ai vraiment apprécié les jeux d’eau et ceux autour de l’air, des activités récurrentes de la Cité des enfants tout comme le chantier de travaux avec les grues, les brouettes et les moellons.

La dernière section se clôture avec un jeu sur les échelles de tailles : différentes chaises et vélos qui me rappelaient la poésie du conte Boucle d’or et les trois Ours. La visite se termine avec un spectacle d’une quinzaine de minutes qui sert à fluidifier les visites des visiteurs selon les différents créneaux. Le spectacle est de qualité mais on est tellement saturé de jeux et d’informations que nous avons bullé sur les sièges pour nous reposer.

Toutes les précautions sanitaires ont été prises par l’équipe de la Cité des sciences avec des mini-stylos tactiles pour toucher les écrans. Bravo à leur professionnalisme pour gérer un aussi grand nombre de visiteurs avec des messages vocaux pour inciter les visiteurs à changer de section en toute convivialité.

Le prix du billet d’entrée n’est pas donné : 12€ pour les adultes et 9€ pour les enfants. Espérons qu’une politique tarifaire adaptée soit proposée pour permettre aux familles modestes de venir de temps en temps.

Tout le monde était ravi de sa visite à la fin de la mâtinée, les gosses ont été sages comme des images, de vrais petits visiteurs de musée en herbe.

Le lendemain, comme la pluie continuait de se taper l’incruste, nous sommes allés au parc floral de Vincennes, ma nouvelle résidence secondaire dont je vous parlerai dans un prochain article !

Ile de France et Paris

Découvrir un Paris plus solidaire

Depuis plus de deux ans, je relis bénévolement les textes du bulletin trimestriel de la Mission évangélique envers les sans-logis qui se trouve place Sainte Marthe dans l’un des quartiers les plus populaires de Paris : Belleville.

Cette brochure en couleurs d’une dizaine de pages s’appelle Lumière. Elle retrace les activités de la Mission avec des témoignages des bénévoles, une méditation biblique, l’avenir de l’association et une courte prière en conclusion.

Cette association existe depuis plus de 50 ans, elle apporte le pain et la Parole.

Les activités de cette Mission sont de fournir aux sans-logis une infirmerie, une coupe de cheveux , un vestiaire pour hommes, des douches, un service de domiciliation et d’alphabétisation, une étude biblique régulièrement et de nourrir plus de deux cent personnes chaque jour.

Lumière est envoyée chaque trimestre aux donateurs et aux bénévoles de la Mission pour rendre compte des expériences de vie au quotidien avec les sans-logis et aussi inciter aux dons financiers car c’est la principale source de revenus de cette Mission.

Mon rôle, c’est d’être la première lectrice de ces textes écrits par un collectif de personnes. Je trouve des titres un peu accrocheurs et illustratifs pour mettre en valeur les articles, je relève les plus belles citations, celles qui donnent envie de sauter le pas et de devenir bénévole et surtout j’apprends !

« Notre valeur aux yeux de Dieu ne se mesure pas à la taille de notre frigo »

Quand la punchline qui titre un article verbalise l’évident !

La première fois que j’ai relu les textes, je sortais de la maternité avec ma petite fille et le numéro portait sur le thème de la confiance. Les mots de la prédication et de l’expérience de vie d’un sans-abri, résonnent encore en moi deux ans plus tard. Surtout avec cette pandémie bien pénible où l’on se méfie de ses voisins dans les transports en commun, dans son immeuble…

J’effectue cette modeste mission de bénévolat de manière tout à fait égoïste car les témoignages des bénévoles qui racontent les petits et grands miracles qu’ils vivent dans cette structure renforcent ma foi chrétienne de façon très puissante.

C’est bien simple, en mars 2020 pendant le premier confinement, je scrutais mes mails et leur page Facebook , certaine que Dieu allait se manifester de manière vraiment extraordinaire pour eux tant la situation sanitaire et sociale était intenable. Lire comment des actifs cloitrés chez eux se sont réappropriés leur quartier et ont tendu la main aux autres au bas de la rue, m’a beaucoup plus encouragée que le décompte morbide du nombre de morts quotidiens du covid.

Avec cette épidémie, nous vivons une véritable révolution anthropologique : les sourires plus efficaces qu’un long discours sont cachés par les masques, une poignée de mains respectueuse n’a plus lieu d’être et pourtant la solidarité et la reconnaissance bravent les gestes barrières et la distanciation sociale. Je l’ai expérimenté pendant une journée en novembre où j’ai distribué des soupes place Fréhel avec d’autres bénévoles que je ne connaissais absolument pas.

Même les magazines féminins grand public le disent : être altruiste aide à mieux vivre cette crise sanitaire qui s’éternise.

Se sentir utile, aider est bien plus constructif que de glander devant son écran. Il n’ y aucun mal à glander, pourtant avouons-le, ça lasse vite !

Je n’écris pas cet article pour donner des leçons, je ne suis pas une donatrice bien sérieuse mais bien pour encourager cette formidable vague de solidarité que nous avons connu en mars 2020 et l’entretenir pour ne pas retomber dans nos vieux excès.

Il y a mille façons de tendre la main aux gens en galère : offrir un café avec le sans contact au distributeur de sucreries sur le quai du métro, télécharger l’application Entourage pour filer un duvet, des rasoirs ou un dictionnaire à un sans- abri.

Je vous conseille une petite sélection de livres si vous voulez vous lancer dans la belle expérience des maraudes :

-Il m’a donné un nom, le témoignage de Christine Gallay, éditions Première partie.

Comment une jeune fille marginalisée par sa famille a été sauvée du suicide par des chrétiens qui étaient partir en maraude et qui ne l’ont pas abandonnée dans sa détresse.

Avec ou sans logis et Humains dans la rue, écrit par les fondateurs de l’application Entourage, Première partie

Des conseils pratiques et pragmatiques pour entrer en contact avec des sans-logis pour les aider et même entretenir une amitié…

Dans le blog Le bal littéraire des sardines, on valorise le Paris solidaire :

Belleville au coeur, un journal de rue 2.0

Devenir bénévole d’un jour aux soupes de Belleville

Carnets de voyages urbains

24 heures de qualité à Deauville-Trouville en famille

Dès que nous en avons su un peu plus concernant le déconfinement 2021, nous avons pris des billets de train pour aller à Trouville pendant le week-end de Pentecôte.

Nous n’avions pas quitté la région parisienne depuis le mois d’octobre 2020 et après avoir affronté le variant anglais ce printemps, il était temps de retrouver l’évasion en Normandie.

C’est drôle mais même après un énième voyage à Deauville-Trouville, j’ai encore des belles découvertes à raconter. Cette passion pour Trouville (en hiver le plus souvent) me vient de ma grand-mère Annette qui se décidait généralement un matin même à faire deux heures de route en voiture depuis Rouen pour manger des moules frites à la brasserie Les vapeurs et aller à la plage des Roches-Noires.

Depuis mon mari bulgare a adopté Deauville-Trouville comme l’un de ses coins favoris en France et j’avais envie d’emmener un jour ma petite fille faire des châteaux de sable sur la plage de Trouville comme c’était mon cas avec mon frère il y a trente ans.

La météo n’était pas géniale mais nous nous étions préparé au pire en achetant une magnifique cape de pluie chez Decathlon. On a eu le nez creux entre le dimanche midi et le lundi de Pentecôte quatorze heures pour profiter des éclaircies sur la plage au bon moment et aller se réfugier à l’hôtel, à la gare, à l’office de tourisme ou encore sous le préau des cabines de plage quand les averses pointaient le bout de leur nez.

Cela aide beaucoup quand on connait une station balnéaire par cœur pour passer 24 heures avec une petite baroudeuse (boudeuse à ses heures) de deux ans qui ne tient pas en place et qui essaye d’attraper les mouettes au risque de tomber dans le bassin Morny (j’exagère un peu…).

On a logé au Tokyo , respectable hôtel rue du Général de Gaulle non loin de la gare et du pont des Belges. Situé à un kilomètre de la plage de Trouville, ce n’était pas une chambre mémorable (c’était même miteux mais propre) mais il a fait le job : 80€ la nuit alors que les autres hôtels affichaient tous 150€ la nuit à l’annonce du déconfinement.

Pour 300€ tout compris, nous avons passé un superbe week-end en famille avec tours de manège à côté de l’hôtel Normandy à Deauville, achat de souvenirs à l’office de tourisme, huîtres et frites pour fêter la réouverture des terrasses, crêpes en famille le lendemain matin dans la fameuse rue des Bains que je connaissais peu…

C’était bien agréable ce sentiment de s’être bien débrouillés parce que la réouverture progressive des terrasses de restaurant n’était pas facile à vivre. Nous avons cherché dès 18 heures le dimanche soir où manger à Deauville : on a été très bien reçus au Café de Paris sous une grande bâche chauffée, suivant l’expérience d’autres jeunes parents…

On a rencontré une famille franco-ukrainienne venue de Paris en voiture qui a galéré pendant six heures sur la route et qui n’a jamais pu manger au restaurant de tout le long week-end à cause des longues files d’attente.

Grâce aux boulangeries et aux supermarchés, nous avons évité ce souci mais ils ont été également dévalisés. Il semblerait que la moitié de l’Île de France se soit déplacée à Trouville le week-end de Pentecôte !

J’ai trouvé que l’ambiance était assez bon enfant malgré les embouteillages et les files d’attente devant les brasseries, je pense que les gens mesuraient leur chance de pouvoir retrouver ce genre de plaisirs quotidiens.

Je n’avais envie que de Trouville pour cette visite mais mon mari a eu la bonne idée de nous emmener à Deauville après le goûter et ce fut un super moment en famille.

Nous sommes allés faire deux tours de manège dans un très beau carrousel sur le thème de Jules Verne à côté de l’hôtel Normandy et ses calèches… J’aime beaucoup les épis faîtiers en terre vernissée, typiques du Calvados.

Il y a tout un quartier de Deauville autour de la gare qui vaut le détour : la presqu’île avec son office de tourisme pour ses chouettes souvenirs , son complexe Pierre et Vacances qui a rénové l’ancien bâtiment des douanes.

On a l’habitude d’y pique-niquer avant de reprendre le train et c’est un super spot bien reposant avec un enfant.

Enfin, on s’est demandé pourquoi il y avait un grand drapeau de la Belgique à l’entrée de Trouville alors que ce sont des villes tchèques et anglaises qui sont jumelées avec elle. En passant sur le pont des Belges, j’ai compris ce sont des régiments luxembourgeois et belges qui ont libéré les deux villes le 22 et 24 août 1944. Beau symbole reconnaissant.

Retrouvez ici mes précédents carnets de voyage urbains !

Carnets de voyages urbains

Réaliser un carnet de voyages pour fêter le déconfinement

Ces derniers temps, j’ai réalisé que ce que j’aimais le plus lire dans les blogs, c’était les vlogs et les carnets de voyages. Je ne m’ennuie jamais en compagnie de Léna situations sur Youtube. Cette fille talentueuse et bosseuse a un vrai don pour mettre en scène sa ville : Paris et ses voyages au quotidien avec des belles musiques et des montages audacieux.

C’est peu dire que les carnets de voyages n’avaient pas la côte dernièrement, cantonnés dans notre rayon géographique de dix kilomètres. Mais un bullet journal sert à aussi à planifier ses rêves : le week-end de Pentecôte, nous partons tous les trois à Trouville sur mer, je planifie un voyage chez mon frère et sa femme à Bern en Suisse cet automne…

J’ai eu l’occasion de me régaler à regarder les superbes livres photos de mon amie Mapu picchu notamment celui de Lisbonne, elle réalise de très belles cartes géographiques à l’aquarelle et achète des petites miniatures avec les drapeaux des pays. Quand on a parcouru une douzaine de pays dans le monde entier, c’est très beau cette unité de carnets. Moi j’ai réalisé que le livre photo numérique ce n’était pas mon truc, j’aime bien les petits collages artisanaux au stylo à bille.

Je me suis documentée sur le carnet de voyages à la bibliothèque notamment avec ce livre très synthétique : Carnets de voyages, mode d’emploi d’Antonia Neyrins, éditions Sepia.

Il explique que le carnet est un art métis et artisanal, à mi-chemin entre le livre d’artiste et le journal intime par un libre assemblage de mots et d’images : des croquis, des collages, des photographies…

La plupart de mes carnets de voyages sont dédiés à des villes d’Europe : je suis une citadine pur jus. Rien ne me réjouit plus que découvrir le métro de Budapest et sa sculpture publique, de voir comment les gens vivent au Portugal ou en Bulgarie : comment ils gardent leur identité nationale malgré la mondialisation culturelle…

Mon meilleur carnet est celui que j’ai fait à mon retour de Budapest : mon carnet en Europe centrale. Je l’ai acheté dans un petit magasin très casual : ils ont décoré leur vitrine avec une machine à écrire Hermès verte identique à la mienne, on allait être copains assurément.

Je considère aussi le temps du voyage comme un temps de récolte, où l’on profite du moment présent. On peut se documenter avant de partir (je le fais de plus en plus souvent comme j’adore ça) et prendre des notes sur le déroulé de ses journées au brouillon. Il ne faut pas trop trainer pour commencer son carnet de voyages une fois rentré chez soi. L’auteure du livre préconise de travailler rapidement à l’instinct pour ne pas perdre sa créativité et je suis parfaitement d’accord avec elle.

Le but d’un carnet de voyages est de conserver ses émotions, en activant ses cinq sens : visuels, tactiles, olfactifs… L’équilibre de la mise en page est primordial, le ressenti personnel prime sur les descriptions sans âme. Moi qui suis une véritable passionnée des collages, je me régale à récolter des étiquettes de fruits ou de boissons, des timbres, des étiquettes et des tickets.

Cette passion remonte à très loin : mes cinq ans. Quand on s’ennuyait pendant le temps calme l’été dans la caravane, ma mère nous a montré comment compiler ses souvenirs : des images de chevaux quand on est revenu de l’hippodrome de Deauville, des tickets d’entrée de musées…

Tout repose sur la qualité de votre matériel, je vous recommande des carnets Moleskine non lignés, au lourd grammage si vous voulez dessiner au feutre ou peindre à l’aquarelle ainsi que de la colle verte Scotch sans solvant (mon outil favori pour les collages).

Avec le déconfinement, j’ai plusieurs projets carnets de voyages plus ou moins immédiats : celui de Deauville Trouville : pour un énième week-end là-bas, j’ai encore des choses à raconter. Mais aussi reconquérir tous ces quartiers de Paris que j’ai dû oublier au fil de ces confinements…

Je me lance dans un vaste projet : compiler toutes mes bonnes adresses, celles où j’ai des souvenirs de mes quinze années de vie à Paris. J’ai acheté le carnet d’adresses Paris de Zoé de las Cases, éditions Hachette. Il est très bien fait mais je bloque : c’est trop plat les coloriages, moi j’aime les collages, le volume. Je n’aime plus colorier dans les cases, j’aime prendre mes aises avec la feuille de dessin…. Alors je le personnalise à ma sauce et je découvre de nouvelles adresses grâce à elle.

Je vais en dessiner des colonnes Morris ces prochains mois…. Affaire à suivre.

Ile de France et Paris·Sociologie

Aux grands hommes et femmes, la patrie reconnaissante.

Cet article sur les femmes résistantes me trottait dans la tête depuis longtemps.

J’habite rue Danielle Casanova dans l’une des nombreuses villes, ancien bastion communiste, à avoir voulu honorer cette femme martyre de la Résistance. 95 communes dont 52 en Ile de France ont voulu l’honorer.

Danielle Casanova
(1900-1943)

Danielle était dentiste et a exercé son métier dans les camps, lui permettant d’échapper aux travaux les plus durs et les plus inhumains du camp. Malheureusement, le typhus l’a rattrapa et elle n’a jamais vécu la victoire des alliés sur le totalitarisme nazi.

J’ai réellement découvert son histoire à travers la biographie de Marie-Claude Vaillant-Couturier, intitulée Marivo, écrite par Gérard Streiff, éditée par Ampelos.

Marie-Claude et Danielle ont été déportées ensemble dans le même convoi vers les camps de concentration allemands. Ce sont deux figures emblématiques de la Résistance et leur déportation fut largement médiatisée.

Marie-Claude était une journaliste et photographe engagée en politique dès les années 1930 : elle a failli interviewer Hitler avec son père au début de son ascension, elle a couvert la guerre d’Espagne… Elle venait d’une famille brillante qui côtoyait l’élite artistique et intellectuelle de l’époque.

Son père était Lucien Vogel, le patron de la revue Vu, ses oncles Michel et Laurent de Brunhoff ont respectivement inventé Vogue France et les aventures de Babar, le roi éléphant.

Je connaissais déjà l’histoire de sa famille par la géniale biographie La splendeur des De Brunhoff, chroniquée ici. Mais j’ai aussi aimé lire son histoire personnelle à elle.

Cette biographie met en lumière les convictions politiques d’une femme pour qui la résistance est une évidence. Ce livre est intéressant car il montre combien cela coûte affectivement et moralement de rentrer dans l’illégalité dans son propre pays.

Il débute avec le procès de Nuremberg dans lequel Marie-Claude Vaillant-Couturier sera appelée à témoigner face aux responsables directs de cette horreur, au nom des milliers de mortes qu’elle a côtoyé dans les camps.

Elles venaient de France, de Grèce, d’Allemagne, de République tchèque. Toutes européennes mais citoyennes à éliminer pour Hitler et sa bande de haineux rageux ascendants débiles profonds.

Marivo, Gérard Streiff, éditions Ampelos, 142 pages, 10€

En toute franchise, ce n’est pas une lecture joyeuse. J’ai lu une dizaine de livres sur les camps de concentration. Cela me file le cafard car je sais que l’homme dans sa haine est bien capable de recommencer pareil génocide.

Mais, j’ai bien aimé certains moments lumineux qui montrent quelques exemplarités des kapos qui ont sauvé des vies sans qu’on sache vraiment pourquoi, un sursaut d’humanité sans doute.

On leur confiait les plus basses besognes mais certains sont parvenus à faire triompher la vie sur la mort quelques fois. Une goutte d’eau dans un océan mais cela redonne espoir. C’est l’intérêt de ces livres de témoignages sur la Shoah selon moi.

Enfin, ce livre a aussi un intérêt documentaire. Sans partager leurs convictions, ce livre met en lumière l’engagement politique de Marie-Claude Vaillant-Couturier, figure du parti communiste français. Des rues Paul Vaillant-Couturier, il y en a des tonnes en France mais finalement je ne savais que peu de choses de ce député emblématique du Front populaire.

Les anciennes villes communistes en proche banlieue parisienne changent de couleur politique au fil des élections : Montreuil, Villejuif, Fontenay sous bois… mais ce livre retrace un paysage politique que je connaissais peu.

Marie-Claude Vaillant-Couturier aura une belle carrière après son retour des camps. Son engagement de résistante sera unanimement reconnu, tous partis politiques confondus. Le général de Gaulle lui fera même part de son admiration en la croisant dans un couloir de l’Assemblée nationale.

Le street-art rend hommage aux résistantes Germaine Tillon et Geneviève Anthonioz de Gaulle, accueillies au Panthéon, par Ernesto Novo

Heureusement que les bibliothèques municipales s’attachent à acheter dans leurs collections des biographies de femmes résistantes pour sensibiliser les générations futures. Il y a peu de place pour Geneviève Anthonioz De Gaulle, Germaine Tillon, Danielle Casanova, Marie-Claude Vaillant-Couturier dans les médias aujourd’hui.

Je ne vise personne mais je déplore qu’on scrute les faits et gestes des actrices aux Césars pour leurs prises de position symboliques, qu’on les juge sur leur image, leur corps et que les débats d’idées, les engagements militants soient moins exposés médiatiquement sur Instagram, Twitter… Qui sont les résistantes d’aujourd’hui?

Je vous recommande cette collection de biographies historiques dans la collection Des graines et des guides des éditions A dos d’âne. Le dossier documentaire qui accompagne cette biographie est vraiment complet. Cette collection s’adresse aux collégiens et lycéens pour les aider à réaliser des exposés par exemple.

Voici d’autres articles de mon blog sur des biographies inspirantes de femmes et d’hommes :

Le succès de Culottées, les biographies de femmes dessinées par Pénélope Bagieu, éditions Gallimard

La splendeur des De Brunhoff, une famille innovante engagée contre la barbarie nazie.

Ile de France et Paris

Fontenay sous bois, notre nouvelle patrie !

Tout d’abord, je voulais vous dire un grand merci pour tous les petits commentaires sympas reçus sur Facebook et sur le blog suite à un précédent article : Devenir une banlieusarde après quinze années à Paris. Je ne me doutais pas qu’écrire sur les chambres de bonnes, souvenirs d’une vie étudiante bien révolue évoquerait autant de souvenirs pour chacun.

Il me paraissait important de raconter la suite de l’histoire : mon nouveau point de chute après Paris. Direction Fontenay sous bois dans le Val de Marne. Nous avons découvert ce lieu bucolique grâce à nos amis Rose et Jan qui ont depuis, déménagé à Villeurbanne, près du chouette parc de la Tête d’or.

Blog des citoyens du 94.com

Avec eux, nous avons fait de fantastiques parties de mölky au lac des Minimes, suivi la finale de la coupe du monde de football 2018 autour de la fontaine et du pub du centre-ville, joué au bowling de la Matène juste à coté avec Alix et Clément…

Bref, on rigolait mais Fontenay sous bois nous avait conquis.

La médiathèque Louis Aragon

Pourquoi Fontenay sous bois ?

Nous voulions vivre à deux stations de RER maximum de Paris et nous sommes de grands amateurs du bois de Vincennes pour ses barques, ses manèges et ses promenades autour des lacs : Lac Daumesnil, Lac Saint-Mandé, Lac des Minimes… Quand on devient parents, on se pépérise forcément…

En une année 2020 bien rocambolesque, nous avons acheté un bel appartement familial en étage élevé dans un quartier résidentiel du Val de Fontenay.

La médiathèque municipale n’est pas très loin (un avantage non négligeable pour nous !) et le quartier est très bien desservi en moyens de transport : nous n’avons pas de voiture.

Une ville de banlieue populaire avec de chouettes maisons éclectiques

Avec le bus 118, nous aimons aller nous promener dans le centre-ville de Vincennes chaque semaine. J’aime énormément l’éclectisme architectural en proche banlieue : les maisons de différentes tailles avec de la brique, de la pierre meulière…

Avec l’âge, je ne supporte plus les rues rectilignes de Paris, les immeubles haussmanniens uniformes avec leurs planchers qui craquent, m’oppressent. Montreuil sous bois m’avait déjà tapé dans l’œil, c’est populaire comme j’aime mais bien trop bétonné.

Une ville où la nature reprend ses droits.

On y entend même les oiseaux chanter, c’est merveilleux non ?. Depuis le premier confinement de mars 2021, j’ai compris combien nous avions besoin de la nature et Fontenay sous bois est une ville très boisée.

Le lac des Minimes avec son île et ses chalets suisses nous a convaincu de venir vivre à Fontenay. On a un super spot de pique-nique avec mon mari en plein hiver pour faire une pause déjeuner en télé-travail !

Fontenay est une ville qui nous plaît pour ses loisirs. On a testé le bowling de la Matène avec des amis, le pub du centre-ville et surtout on est allé boire une coupe de champagne sur les hauteurs du parc des Carrières pour fêter la nouvelle année avec nos amis. Un souvenir inoubliable pour une vue canon sur Vincennes et même Paris…

On a traversé une impasse privée de belles maisons en meulière en se disant qu’un jour on deviendrait de grands bourgeois propriétaires… Affaire à suivre.

Ancien corps de ferme, rue de Rosny
Fontaine de la Rosette en fonte, 1856. E-monumen.net

Depuis, nous avons découvert le parc de l’hôtel de ville et ses canards qui piquent les biscuits des enfants tête en l’air. Autour de la mairie, se trouvent des maisons assez imposantes qui ressemblent à des corps de fermes. On se croirait à Louveciennes ou à Giverny rue de Rosny. Je comprends alors mieux l’emballement immobilier pour le village même si je préfère vivre à Val de Fontenay.

Rêver du Fontenay d’antan

Le nom de la ville vient des nombreuses sources et fontaines de la ville. J’ai repéré celle des Rosettes en plein centre-ville. La plupart des fontaines ont été bouchées en 1832 suite à une épidémie de choléra.

Je vous recommande la visite du centre-ville de Fontenay seul ou en visite guidée, c’est passionnant pour n’importe quel amateur d’architecture. Le trajet en bus 124 est un plaisir pour les yeux. J’aime aussi faire les magasins rue Mauconseil et rue Mot : la librairie Mot, le magasin de cadeaux La brique rose

Droits réservés La brique rose, rue Mot
Le pub dans le centre-ville

La ville se situe sur le long plateau de Belleville, sur lequel se situent aussi notre église et notre ancien logement, porte de Bagnolet. Fontenay se trouve non loin des bords de Marne, réputés pour leurs guinguettes et activités de canotage.

C’est une ville ouvrière qui comptait deux usines remarquables : une usine de pianos Gaveau qui employait plus de 350 personnes. Elle fut bombardée en 1914. Et aussi une usine de pommes de terre : La Belle de Fontenay.

Fontenay : un village et une ville nouvelle

Fontenay se structure en deux parties : le village, un coin très recherché avec une dizaine d’agences immobilières qui occupent le terrain et le Val de Fontenay, la ville nouvelle crée dans les années 1970 avec l’arrivée du RER en 1977.

C’est une petite ville de 50 000 habitants où se croisent près de 30 000 voyageurs dans cette gare RER la plus fréquentée du RER A et de l’est parisien.

Auchan, casse-pied mais indispensable.

Val de Fontenay a un centre commercial bien agréable et pratique pour acheter des vêtements de première nécessité (pas simple de s’acheter des culottes en ce moment cependant) et surtout un vaste Auchan incontournable.

C’est peu dire que je déteste cette grande surface où tout m’agresse : les annonces commerciales au haut-parleur, le monde le week-end, devoir parcourir des allées interminables pour trouver un paquet de biscuit et se rendre compte qu’ils sont vendus en pack ! Je regrette beaucoup mon petit Intermarché boulevard Davout à taille beaucoup plus humaine !

RER A mon ami !

C’était ma condition indiscutable pour venir vivre en banlieue : des transports en commun au top. Je ne suis pas déçue : en quinze minutes le matin, je relie Auber.

Le journal municipal, notre nouvelle lecture !

Il faut dire que nous ne sommes pas des perdreaux de l’année : il était hors de question d’être tributaires d’une seule ligne de transports après les galères vécues en décembre 2019 avec les grèves.

C’est vrai que c’est plus fatigant que le métro de cotoyer une marée humaine comme si je prenais le TGV chaque matin mais c’est un tel confort de voyager rapidement sur l’un des axes les plus centraux de la capitale.

Enfin, nous sommes ici que depuis fin décembre mais le journal municipal quinzomadaire (je vous apprends un mot ! haha !) nous informe très bien des démarches et initiatives de la municipalité.

C’est une mairie de gauche modérée, longtemps communiste. On sent la volonté de tendre la main aux classes les plus populaires de la ville en organisant des séjours découverte pour les enfants comme pour les seniors, le soin apporté aux espaces verts et aux aires de jeux.

Le châlet de la porte Jaune entre Vincennes et Fontenay. Droits réservés Kubyk events.

Une ville de banlieue à visage humain qui me convient bien !

Voila la suite de l’histoire, c’est sûr que traverser le périphérique après quinze ans de vie à Paris fut un grand changement de vie pour moi cette année. Un grand merci à nos agents immobiliers de LC Immo Verdun qui sont des amoureux transis de leur ville de Fontenay sous bois et qui nous ont bien accompagnés dans cette galère.

Je suis vraiment contente de l’avoir fait : je ne me voyais pas vivre un troisième confinement dans un petit deux-pièces sans balcon et nous apprécions le réveil au chant des oiseaux chaque matin. Mais nous ferons sans aucun doute notre pèlerinage dans notre ancien quartier du 20eme arrondissement en juin, revoir nos anciens voisins !

Dans mon rayon de 30 kilomètres pour se remettre au sport….

Vivement les beaux jours pour aller faire un tour sur les bords de Marne. Je vais me renseigner pour un tour de paddle à Nogent sur marne car j’en ai bien envie. Je me rends compte que vivre à proximité d’un fleuve est vraiment essentiel !

Un jour quand tout ce bazar sera terminé, j’embarquerai ma fille, mon frère et sa femme, ma filleule et son frère avec mes cousins de Marseille et mon mari pour une cousinade à Disneyland Paris car je n’y suis jamais allée. Et aussi je prévoirai une virée en amoureux pour retourner au spa Aquatonic de Marne la Vallée.

Ile de France et Paris

Room tour de notre appartement familial de Fontenay sous bois en photos et en dessins

La vue depuis notre salon, ça compense largement la télé !

Pendant le premier confinement (printemps 2020), nous avons regardé une vingtaine d’épisodes de Maison à vendre sur M6, j’ai acheté une dizaine de magazines de décoration : Elle décoration, Ideat, Le journal de la décoration… On avait même pensé à prendre un rendez-vous de deux heures avec une architecte d’intérieur pour rénover l’appartement familial que nous allions acheter en juin…

Sauf que nous avons attendu cet appartement pendant sept longs mois sans savoir au bon du compte si nous signerions un jour ou non… Mais, il y a eu un miracle en décembre : la situation s’est dénouée ! Dieu est bon !

S’il ne fallait retenir que trois leçons de cet imbroglio immobilier qui a bien testé notre persévérance :

-passer par l’intermédiaire d’une agence immobilière est indispensable. Nous avons été accompagné formidablement par Sandra de l’agence LC Immo à Fontenay sous bois.

-le service de protection juridique de notre banque a été d’une aide très précieuse

-il est possible de proroger un compromis de vente (sept fois au compteur pour nous) et de demander une prolongation de votre offre de prêt. Merci La Banque postale pour votre sérieux si apprécié pendant le confinement.

Notre entrée, en hommage vivant
à Sempé et Paris !

Voici un petit tour de notre appartement familial à Fontenay sous bois, situé en étage élevé pour apprécier une vue hors du commun (cela a décidé notre achat).

Nous rêvions de grandes étendues de peintures bien tendances : des aplats de vert, de gris et de bleu canard, les magazines de décoration m’avaient bien hypnotisée avec leurs rêves hors de prix.

Finalement, nous avons emménagé avant de démarrer les travaux de rénovation de l’appartement.

Ce ne fut pas une période facile : faire la vaisselle en se tortillant dans un trou de souris pour cause d’îlot central en plein milieu de la cuisine ou faire du camping dans le salon pendant trois semaines.

Mais c’était beaucoup plus pratique pour la logistique du chantier d’être sur place tous les jours. Et nous avons abandonné nos rêves de peinture pour du blanc omniprésent.

On s’est vite rendu compte que c’était beaucoup plus neutre que nos superbes camaïeux démodés dans deux ans et que la décoration se changeait beaucoup plus facilement selon nos envies avec des rideaux, des cousins, des meubles et des cadres.

J’ai compilé beaucoup d’images dans mes étiquettes Instagram et finalement, cela m’a mis la pression plus qu’autre chose. Je me suis bien plus régalée à dessiner mon appartement avec mes feutres comme les architectes d’intérieur Sophie Ferjani et Emmanuelle Rivassoux qu’en allant courir les magasins de décoration.

Le seul chantier dans lequel j’ai mis un peu de temps (deux jours) et de l’argent (200€ en résines et poignées de portes dorées de Castorama Nation), c’était dans notre cuisine et ça valait le coup ! C’était à la portée de tous peintres du dimanche comme nous. On est très fiers de notre œuvre.

Rénover de vieux meubles de cuisine quand on peint comme un pied

Voici quelques dessins et quelques photos d’un chantier de rénovation qui a duré quatre semaines. L’immeuble date des années 1970 et heureusement, nous n’avons pas eu de trop mauvaises surprises. Nous sommes très contents du résultat !

Je me suis découvert des talents de dessinatrice d’intérieur même si il faut connaître les lieux pour reconnaître les traits mais c’est comme la peinture des meubles, il faut se lancer.

Notre cuisine bien rustique relookée grâce aux résines de home-staging !

J’ai profité de cette grande quantité de résine pour repeindre uniformément ma planche de bureau et mon meuble sur roulettes. Deux couches ne suffisent pas pour cette surface sur laquelle on s’accroche pas mal en fin de compte, mais c’est agréable cette uniformité.

Cela faisait un bon moment que je rêvais de mon espace bureau. Je me suis inspirée du Blog de Néroli avec ces deux cadres métalliques dorés trouvés chez Maisons du monde et Sostrene Grene.

Mon prochain projet sera de m’acheter du beau linge de maison un peu select pour compenser le beau papier peint panoramique que mon mari n’a pas voulu (j’étais un peu déçue mais finalement, il a eu raison, les palmiers et les petits singes, cela lasse vite) dans notre chambre.

J’ai aussi bien envie de repeindre ma tête de lit blanche Ikea blanche en bleu céladon avec ces chouettes résines, plus tard dans l’année.

La fièvre décoratrice m’a passé après ces mois d’attente et ces deux mois de travaux et d’emménagement. Mais, je ne doute pas que cela me reviendra rapidement aux beaux jours pour concevoir notre balcon avec mon mari. La décoration intérieure est une vraie passion chez moi, j’ai bien envie de continuer à acheter des revues lifestyle avant tout.

Mais cela peut aussi devenir un gouffre perfectionniste sans fond. Je compte bien me désabonner de tous mes comptes Instagram de décoration pour vivre libre et heureuse dans mon espace beau, spacieux, à mon image mais imparfait !

Retrouvez mes précédents articles autour de notre emménagement dans le Val de Marne depuis fin décembre :

Devenir banlieusarde après quinze ans de vie à Paris

-Une virée dans le centre-ville de Vincennes, le bois sacré en gaulois

A venir, un article sur notre nouveau fief : Fontenay sous bois !

Ile de France et Paris

Une virée à Vincennes, le bois sacré en gaulois !

Quand je travaille le samedi à la librairie, j’ai un jour de congé bien agréable le jeudi et j’en ai profité pour aller me balader à Vincennes. C’est une sympathique ville de 50 000 habitants dont le centre-ville me fait penser à ma bonne vieille ville de Valence. Les magasins sont assez cotés mais au moins on trouve tout dans un petit périmètre. Pas besoin d’aller courir aux Galeries Lafayette ou aux Halles de Chatelet : c’est trop dense.

J’aime particulièrement la rue du Midi où j’ai trouvé un superbe bombers vert émeraude soldé à 25€. Une pièce maîtresse de mon dressing. J’aime aussi la boutique Aux merveilleux de Fred. Il y a toujours une file d’attente immense le samedi mais c’est tellement bon et original. Je vais aussi me décider à faire un tour à la boutique du pâtissier Yann Couvreur située rue de Fontenay pour Pâques. Et dernière adresse gustative : L’Urban bakery rue de Fontenay qui réalise de supers bons brownies. Comme beaucoup de salons de thé sont fermés et que le Macdonalds du centre-ville est archi blindé, c’est une bonne adresse pour se régaler.

Je vous recommande également la librairie Millepages qui est une solide référence dans le paysage littéraire français. Elle se déploie sur différents étages et les libraires sont des pointures pour donner de bons conseils. Cette librairie se trouve dans un pâté de maison bien calme et on a même découvert un Monsieur Bricolage dans une des galeries ! Une découverte précieuse parce qu’on ne rigole pas trop à Castorama Nation, beaucoup de monde et une folle course poursuite de deux vigiles après un client quand je suis allée chercher mes poignets de portes dorées. Quelle aventure !

A part les boutiques : Petit Bateau, Maison 123, des chausseurs, une bonne crêperie rue de Montreuil : Les monts d’Arrée, tout l’intérêt de Vincennes porte sur son bois et son château. C’était un pavillon de chasse au 12eme siècle puis une vraie capitale sous Charles V au 14eme siècle. Il y a fait construire son donjon et sa chapelle royale. Un peu comme Louis XVI, deux siècles plus tard à Versailles. Mais moi je préfère Vincennes. On a vraiment bien aimé notre promenade à pied entre le lac des Minimes à Fontenay et le château de Vincennes en passant par le parc Floral. On constate rapidement que c’est une ville de garnisons dans le centre-ville. On se croit dans l’Ancien Régime, c’est comique.

J’ai beaucoup aimé visiter le donjon avec l’Ecole du Louvre. C’est ouvert actuellement alors que beaucoup d’autres musées sont fermées et ils organisent un escape game bien intéressant selon un couple de copains. Le bois de Vincennes est juste à coté, c’est un superbe terrain de jeux pour les enfants avec des manèges, des tours de poneys, des barques, des vélos… On mesure notre chance d’habiter tout près et d’en profiter régulièrement les week-ends.

Nous y étions le 7 mars après-midi, il faisait un très beau soleil et cela nous a bien changé les idées à l’approche de l’anniversaire de la pandémie de coronavirus. La nature reprend ses droits comme dirait Sophie Lamba dont j’ai relu la BD Le monde au balcon, éditions Albin Michel. Et nous avons bien besoin d’elle !

J’aime beaucoup les petits chalets suisses qui servent de cabanes à glaces dans les jardins parisiens. A Fontenay, nous avons celui de la porte Jaune, une salle de réception sur une île, avec de belles boiseries jaunes et rouges. La plupart de ces poumons verts : Bois de Boulogne, Bois de Vincennes, Buttes-Chaumont, parc Montsouris, Lac Daumesnil.. sont des lacs artificiels conçus par l‘hygiéniste Alphand, un des bras droits du baron Haussmann en 1860. Merci Alphand. On n’a pas de Central Park dans Paris mais ces bois sont de bons échappatoires face à la pollution.

Le métro est arrivé dans la ville en 1934 et le RER en 1969. Cette innovation transformera la ville et amènera de nombreux habitants comme à Fontenay sous bois.

Notre prochaine escapade familiale sera au zoo de Vincennes, j’aime bien son rocher artificiel, que j’avais découvert dans une rétrospective consacrée à Jean-Paul Goude, l’enfant de Saint-Mandé au musée des arts décoratifs rue de Rivoli à Paris. Ou encore dans la scène finale du Père Noël est une ordure, un gag bien glauque.

Enfin, pour conclure, je suis allée faire un tour à la médiathèque municipale pour y lire la dernière BD de Margaux Mottin : Le printemps suivant chez Casterman. Ils ont toutes les dernières acquisitions en nouveautés et les salles de lecture sont bien agréables mais je trouve ça fort de café de faire payer 26€ à leurs administrés pour profiter de ce service. A Fontenay et à Paris, c’est bien gratuit.

Retrouvez mes derniers articles sur ma nouvelle patrie : le Val de Marne !

-Dé confiner tout en douceur en découvrant les belles maisons en meulière des bords de Marne.

Devenir banlieusarde après 15 ans de vie à Paris !

Une rue proche du bois de Vincennes.

Ile de France et Paris

Devenir banlieusarde après 15 années à Paris

En septembre dernier, j’ai fêté mes quinze ans de vie à Paris. Depuis fin décembre, j’ai traversé le périph pour aller vivre à Fontenay sous bois et ça m’a fait un petit choc. Prendre le bus et le RER tous les jours, écouter le chant des oiseaux en se réveillant le matin, vivre de manière plus paisible en général. Nous sommes à dix kilomètres de Paris mais le rythme de vie les week-ends est bien différent.

Je vis un sentiment un peu ambivalent entre vraie nostalgie de notre ancien quartier de la porte de Bagnolet et profond soulagement de vivre plus simplement dans un endroit boisé avec une vue très dégagée. Les ciels d’hiver sont notre télévision chaque début de soirée. Je ne m’attendais pas à ce que ce spectacle soit aussi ressourçant pour nous.

Avant de vous présenter notre nouvelle ville, j’ai eu envie de revenir dans ce blog sur mes six adresses successives dans Paris pendant ces quinze années !

Ma toute première adresse parisienne en jette et je me la raconte beaucoup car c’est un très beau souvenir !

Foyer international La vigie, rue Poulletier, Ile Saint-Louis, 4eme arrondissement, chambre de 9m² .

Ce plan en or a été trouvé par ma maman qui a cru en moi quand je passais le concours national de l’Ecole du Louvre. C’est un foyer très recherché à Paris et j’y ai trouvé des amies avec qui j’ai gardé très longtemps contact.

Une tonne de souvenirs se bousculent dans ma tête : la fête d’anniversaire de ma voisine Juliette improvisée sur un quai de Seine avec les bateaux-mouches en arrière plan, les bonnes soirées au Café Oz de Chatelet d’où on revenait à pied, le jour où il y a eu un incendie dans l’immeuble voisin et que c’était le branle-bas de combat pour une cinquantaine de filles en pyjama dans la cour.

Et enfin les grandes chargées de l’accueil qui essayaient de me convaincre de voter Ségolène Royal à la présidentielle de 2007 car elles faisaient partie de son équipe de campagne avec son fils…

Ce petit côté people, c’est aussi ce qui m’attire à Paris, je dois bien l’avouer. J’aime me trouver au km zéro de l’actualité en France quand je me balade quai Voltaire ou avenue de l’Opéra. C’est un peu moins drôle pendant une énième manifestation des gilets jaunes un samedi ou pendant une grève des transports bien paralysante en décembre 2019 mais j’aime éperdument Paris. Je m’en suis rendue compte pendant toute cette année bien confinée.

Le palace de Carrie de Sex and the city sur mon chemin le matin pour aller à l’IUT.

Chambre de bonne de 12m², rue de la Trémoille, 8eme arrondissement, 370 euros à un particulier.

Nous n’avions le droit de rester seulement deux ans au foyer La Vigie. Alors, j’ai pris mon baluchon pour la grande aventure : une chambre de bonne minuscule à deux pas des Champs-Elysées et du Plaza Athénée, en plein dans le triangle d’or comme les agents immobiliers l’appellent. C’est très chic, cossu et élégant comme quartier mais profondément antipathique et impersonnel.

Je l’ai choisi pour sa situation géographique. L’IUT où j’étudiais les métiers du livre se trouvait au fin fond du 16eme arrondissement, je ne voulais pas être vraiment trop excentrée et j’ai bien calculé mon coup. C’était spartiate mais c’était bien de pouvoir aller voir un film au Gaumont Champs- Elysées régulièrement.

Chambre de bonne de 12 m², rue de Rennes, 6eme arrondissement, juin 2010 – juillet 2013, 460-500 euros à un particulier

Le trajet du bus 95 pour aller en cours le matin !

Quand je suis retournée finir mes études à l’Ecole du Louvre, j’ai voulu vivre à proximité. J’ai trouvé cette chambre de bonne à dix minutes en bus du musée en plein Saint-Germain des Près.

Ce n’est pas ma tasse de thé ce quartier mais j’ai bien aimé aller flâner à la librairie L’écume des pages à onze heures du soir, me balader place Saint Sulpice et au jardin du Luxembourg.

J’ai quitté ce quartier sans grands regrets. Trop de bitume, trop touristique, trop cher pour boire un verre ou faire les boutiques, bref, je n’avais aucuns atomes crochus avec l’endroit. Surtout, j’ai souffert de la chaleur caniculaire sous les toits et mon sommeil a été longtemps perturbé par le volume sonore de la rue de Rennes la nuit.

Colocation sauvage dans un 80 m², rue d’Alésia, juillet 2013-avril 2014

Je ne m’étendrais pas sur cette sous-location sauvage dans laquelle je suis restée huit mois. J’en garde un seul souvenir cocasse : être réveillée en sursaut par les cris de la locataire principale. Elle avait oublié de bien fermer sa volière et son malotru de chat avait croqué trois ou quatre oiseaux à 80 euros pièce venus tout droit du marché aux oiseaux de l’île de la Cité.

Un conseil : quand on vous menace de retrouver vos affaires dans des sacs poubelles devant la porte d’entrée, prenez les devants, fuyez !

Mon premier appartement avec mon mari, 35 m², rue Ramponeau à Belleville, 860 euros à un particulier

Cet appartement fut un véritable cadeau du Seigneur pour un jeune couple qui a un petit budget : pas de frais d’agence, il était à moitié meublé et très lumineux. Les propriétaires étaient des gens adorables mais le voisinage nous a vite donné du fil à retordre : un restaurant s’est monté juste au dessous de chez nous et malgré toute sa bonne volonté, la propriétaire du lieu nous a bien cassé les pieds.

Les fresques, hommages à Germaines Tillon et Geneviève de Gaulle dans ma rue à Belleville

Il y avait cavalcade la nuit pour cause de prostitution chinoise sous les toits, mais on nous avait annoncé la couleur à la signature du bail. Sans que cela devienne pour autant invivable, nous avons été bien contents de recevoir une proposition de hlm huit mois plus tard (encore un cadeau de Dieu!).

Notre appartement de jeunes parents, juillet 2015-décembre 2020, porte de Bagnolet, 52 m², 750 euros en HLM de la RIVP.

J’ai vraiment aimé vivre dans cet appartement bien agencé et calme malgré la proximité du périphérique jusqu’à l’arrivée de notre petite fille. Le plancher qui craque était une véritable épreuve digne de Fort Boyard et nous n’avions plus de salon dans ce petit deux-pièces.

Mais le quartier était vraiment idéal pour une famille avec ses nombreux parcs et équipements culturels et sportifs : bibliothèques, piscines, stades… De tous les endroits où nous avons vécu, c’est celui dont nous sommes le plus nostalgiques. Car nous avons enfin sociabilisé avec des voisins… grâce à notre petite fille connue comme le loup blanc dans le quartier. Ce quartier, on y est resté cinq ans (notre record à Paris et je lui ai même consacré un article à lire ici !)

J’ai indiqué le nombre de mètres carrés et le loyer des logements dans lesquels j’ai vécu parce que cela me paraissait intéréssant mais je ne pense pas que ça soit très représentatif du marché immobilier actuel. J’ai profité des services bien utiles d’une association chrétienne : le CEP entraide étudiants de l’église de Saint-Germain des près.

Les chambres de bonnes étaient rudimentaires mais je leur suis reconnaissante d’avoir faire le tri dans les propriétaires. Je ne suis jamais tombée sur des marchands de sommeil, dans des conditions de vie bien glauques. Cela mérite d’être signalé car ce genre de mésaventures dangereuses est malheureusement monnaie courante.

Dans un prochain article, je vous vanterai les mérites de notre jolie ville d’adoption : Fontenay sous bois et ses belles maisons en meulière. Je vous en avais déjà donné un petit aperçu ce printemps avec l’une de nos premières promenades dé confinées : ici !