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5 expositions marquantes dans ce blog

Le 19 mai prochain, après plus de six mois d’hibernation forcée, les musées français ré-ouvrent et c’est une vraie bonne nouvelle. C’était vraiment triste de voir chaque matin, l’esplanade de la pyramide du Louvre complètement vide, le musée d’Orsay désert.

Je compatis vraiment pour ces pauvres pick-pockets au chômage technique (je blague) et ces vendeurs à la sauvette avec leurs gadgets improbables. Même les touristes les plus insupportables me manquent… presque.

Entre deux confinements, j’ai vu une ou deux expositions parce que j’adore les musées, ils font partie de ma vie et surtout ils font le charme de Paris dans le monde entier.

Alors, je vous propose cet article qui retrace les cinq expositions qui ont fait mouche dans ce blog.

Gabrielle Chanel, manifeste de mode. Organisée pour la ré-ouverture du palais Galliera, novembre 2020

Pas de bol… je l’ai vue sur Facebook… Je devais y aller avec ma grande pote Alix, grande amatrice de vestes en tweed comme moi mais re-confinement. Merci Manu !

Le dossier de presse fut un régal de lecture. J’aime beaucoup cette couturière pour ses innovations uniques au monde même si ses opinions politiques et son attitude pendant l’Occupation me font horreur.

Cette exposition est une réussite car elle rend hommage à la spécialiste de mode d’un point de vue professionnel sans s’attarder sur son enfance très populaire, ses amants et son mauvais caractère.

C’est le meilleur service à lui rendre pour entretenir sa légende.

Exposition Louis de Funès, La cinémathèque française, juillet 2020

Cette exposition, j’y serais bien retournée encore deux ou trois fois tellement qu’elle était géniale. J’avais lu au préalable le dossier de presse comme je le fais de plus en plus régulièrement.

Il y a beaucoup d’objets exposés qui font sens : la voiture- canapé dans Fantômas, le costume d’extraterrestre de la soupe aux choux, les casques allemands de la Grande vadrouille, les extraits les plus mythiques en vidéo des aventures de Rabbi Jacob.

Une superbe exposition de société comme je les aime !

Exposition Lu, musée d’Histoire de Nantes, 2020

J’aime beaucoup les histoires d’entreprises racontées dans les expositions de société. Celle-ci raconte l’histoire d’une marque centenaire, attachée à son bassin d’emploi : Nantes.

Les différents gâteaux de la marque portent nos souvenirs d’enfance et sont des cas d’école dans le domaine du marketing. Les différents confinements ont montré l’importance de l’industrie agro-alimentaire. Quoi de mieux qu’un bon biscuit quand on déprime d’être assigné à résidence au bout du 50ieme jour de confinement ?.

René Goscinny, au-delà du rire, Musée d’art et d’histoire du judaïsme, 2017

Grâce à cette exposition, j’ai découvert ce musée que je ne connaissais pas dans le Marais. J’aime bien leur programmation qui rend hommage à quelqu’un qui a marqué les arts, l’industrie…. Par manque de temps, je n’ai pas visité l’exposition consacrée à Helena Rubinstein mais j’ai lu avec délice sa biographie, écrite par Michèle Fitoussi !

Je suis une inconditionnelle de René Goscinny, depuis l’enfance. Tous les succès littéraires qui plaisent aux enfants, c’est lui ! : Le petit Nicolas, Lucky Luke, Iznogoud, Astérix….

Il est aussi talentueux et génial que Walt Disney ou Hergé dans leur domaine. J’ai trouvé l’exposition très émouvante par sa référence subtile et retenue à la Shoah : une grande partie de sa famille a été déportée. Mais je regrette aussi que l’exposition était un peu trop intello à mon goût : Astérix, c’est vraiment populaire avec ses calembours à deux balles qui font rire la France entière.

Quand j’ai visité l’exposition, il se trouvait un groupe d’handicapés mentaux à qui on proposait une visite guidée. Par curiosité, j’écoutais leur guide et ses explications étaient un peu trop techniques et philosophiques. Alors moi, j’ai voulu écrire un article pour expliquer comment 50 ans après son premier album Astérix le Gaulois en 1959, Astérix est toujours une locomotive éditoriale qui dope les ventes des librairies à Noël !

Exposition Les Parisiens durant l’exode de 1940, musée de la Libération de Paris.

Je ne connaissais pas ce musée et j’ai voulu aller voir cette exposition qui fait écho à l’actualité : un million de Franciliens ont quitté Paris le 17 mars 2021 lors du premier confinement .

J’ai perdu en début d’année mon arrière-tante Julienne avec qui j’avais une relation de qualité et elle a vécu l’Exode, enceinte de son premier enfant accompagnée de ma grand-mère et de leur famille entre le Pas de Calais et la Touraine pendant deux mois d’insécurité totale entre mai et juillet 1940.

Cette exposition est très réussie compte tenue de la multiplicité des objets exposés : des dessins d’enfants, des panneaux pour fluidifier les flux de circulation aux portes de Paris. Quelques mois après cette exposition, nous avons retrouvé avec émotion les cartes de ravitaillement de ma grand-mère dans les albums de famille.

Enfin, je compte bien faire une visite à mes cousins marseillais dès que possible et visiter l’exposition Civilization, quelle époque au Mucem. Elle propose le regard de 120 photographes de toutes nationalités sur la société telle qu’est comprise par le plus grand nombre au 21eme siècle : quels sont nos codes culturels communs et donc globalisés !

J’ai une tendresse particulière pour ce musée car ses conservateurs ont été mes professeurs à l’Ecole du Louvre et qu’ils nous enseignaient la genèse de ce projet culturel européen.

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Dans un prochain article, je vous listerai les biographies que j’ai lu avec plaisir !

Expos

Le canal de Suez en Egypte, terre cosmopolite et enjeu économique international

A moins d’être un ermite dans une grotte du Vercors, personne n’a loupé cette information de l’accident du porte container Evergreen qui s’est échoué en travers du canal de Suez, provoquant un énorme embouteillage pour 12% du commerce mondial au mois de mars.

Maxar Technologies via REUTERS

Rassurez- vous, je ne vais pas analyser cette catastrophe économique qui me dépasse et m’inquiète aussi un peu (aurons-nous assez de papier toilette ?).


J’ai voulu parler dans ce blog de la beauté des photographies de ce canal mythique, de son histoire à travers une superbe exposition à l’Institut du monde arabe en 2018 et aussi de quelques références cinématographiques : The crown saison 2, OSS 117 Le Caire, nid d’espions et surtout le biopic de la vie de Claude François, Cloclo.

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Ce projet a été dirigé sous la direction du diplomate français Ferdinand de Lesseps qui a lancé une importante levée de fonds à la Bourse de Paris, engagea des milliers d’actionnaires la plupart issus de la bourgeoisie française et européenne.

Dans mes lectures de biographies, notamment La splendeur des De Brunhoff de Yseult Williams, éditions Livre de poche, il est courant que soit mentionnée la crise du canal de Suez et les difficultés économiques que cela entraina pour de nombreuses familles aisées.

L’exemple le plus marquant est celui de la famille du chanteur Claude François, sa vie est talentueusement bien racontée dans le biopic Cloclo, réalisé par Florent Emilio Siri. Son père Aimé François, était chef du trafic du canal de Suez, à la suite de son père qui travaillait aussi pour la Compagnie universelle du canal de Suez.

Claude François est né en 1939, dans les quartiers aisés d’Ismaïlia. Il habitait une villa cossue avec domestiques et se mêlait aux enfants des quartiers pauvres avec sa sœur pour apprendre ses premiers pas de danse, au son oriental .

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Droits réservés Studio Canal

Il régnait dans ces villes, un cosmopolitisme très riche au niveau culturel alors que la canal de Suez a vite endossé un statut international tant il attisait des rivalités entre les grands empires coloniaux français et anglais. Depuis 1918, la Grande Bretagne assurait sa protection militaire.

En 1956, en pleine guerre froide et pendant la guerre d’Algérie, le président égyptien Nasser nationalise le canal de Suez. L’Angleterre, la France et Israël répliquent à travers l’opération Mousquetaire qui sera un vrai fiasco diplomatique.

Cet épisode historique est relaté dans la saison 2 de The crown. J’ai trouvé cet épisode vraiment passionnant.

C’est la débâcle générale pour les milliers d’expatriés comme la famille de Claude François qui travaillait pour la compagnie du canal de Suez. Le père de famille est humilié par un général égyptien qui cautionne le pillage de leurs maisons.

Ils fuient l’Egypte avec deux valises et vivront dans la pauvreté à leur retour en France : la scène où la famille mange du pain vinaigrette peu appétissant est particulièrement parlante.

Je comprends mieux pourquoi la comédie potache des aventures d’OSS 117 s’intitule Le Caire, nid d’espions. J’aime beaucoup la scène où Hubert rencontre Larmina avec le canal de Suez en vue panoramique dans le fond. C’est l’un de mes films favoris pour son intérêt historique.

Jean Dujardin distribue à ses employés égyptiens des images du président René Coty dont ils n’ont que cure. On rit de l’idiotie paternaliste de cet espion, parodie de James Bond « un peu de Sean, beaucoup de conneries « 

J’ai bien envie d’aller en voyage en Egypte tout en écoutant Alexandrie, Alexandra (1977) un jour pour l’architecture des villes le long du canal de Suez, cet héritage colonial si cosmopolite durant un siècle entre 1859 et 1956, cela me passionne plus que les pyramides et le Sphinx.

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 Travelers in the Middle East Archive (TIMEA). Collection of Dr. Paula Sanders, Rice University

Retrouvez ici mes précédents articles du blog Le bal littéraire des sardines :

-Comment Claude François s’est inspiré d’Otis Redding pour relancer sa carrière

-La série The Crown sur Netflix

Droits réservés. Netflix

Expos

Retrouver son histoire familiale à travers une exposition consacrée à l’exode en 1940

Hier, c’était l’anniversaire du décès de ma grand-mère Annette. C’est mon second prénom et je parle souvent d’elle ici car elle m’a souvent confié sa vie. Elle est née en 1937, à Saint-Pol sur Ternoise dans le Pas de Calais.

Quand elle avait trois ans, elle est partie sur les routes de l’exode avec sa mère, ses grands-parents, son frère, son oncle et sa tante qui était alors enceinte de son premier enfant. Cette fameuse tante c’est ma bien-aimée Ma Tante Julienne (avec des majuscules à chaque mot tant on s’aimait bien elle et moi).

L’église Saint Paul à St Pol sur Ternoise. Droits réservés La voix du Nord

Elle est partie en janvier dernier et j’avais écrit mon meilleur article dans ce blog pour lui dire au revoir. En juin, mon cousin Victor, l’un de ses petits-enfants a envoyé à toute la famille un cadeau inestimable : une heure d’entretien avec Julienne dans le jardin de son moulin à Wavrans sur Ternoise. Un endroit de rêve.

Julienne y raconte son enfance (elle est née en 1919), son mariage qui n’a failli ne pas avoir lieu à cause de l’entrée en guerre de la France de la seconde guerre mondiale et surtout la fuite sur les routes de France.

Ma Tante Julienne à gauche, ma grand-mère à droite et moi

Une grande partie de la famille s’est réfugiée à Avoine en Touraine pendant plus d’un mois et demie, cachés dans des caves où ils n’ont pas mangé grand chose. Ensuite, on leur a dit de rentrer chez eux dans le Nord. Le retour à la maison ne s’est pas fait sans difficultés : mon arrière-grand mère est rentrée avec ses enfants dans un wagon à bestiaux depuis Longueau près d’Amiens.

Tandis que Julienne est rentrée en voiture avec sa fille sur les genoux depuis Melun mais tous les ponts étaient détruits par les Allemands. Et une fois rentrés, le pire les attendait puisque Saint Pol sur Ternoise était un lieu stratégique pour les Allemands avec une gare de triage très souvent bombardée.

On se croirait véritablement dans les romans Suite française d’Irène Nemirowski ou La bicyclette bleue de Régine Desforges…

Une pareille histoire familiale que je viens de découvrir en intégralité cet été grâce à ce précieux film, me fait bien réfléchir sur le luxe de la liberté en 2020, même confinés !

Huit millions de personnes ont fui le nazisme sur les routes de France dans un chaos total et très soudain. Comment les petites villes de province sont-elles parvenues à nourrir cet afflux soudain de populations effrayées et à bout de force ? Je suis aussi sensible au désarroi de ces familles qui ont confié leurs enfants pour les protéger et qui les ont perdus pendant des années.

Cette bande-annonce du musée de la Libération de Paris est géniale, je vous raconte ma visite de l’exposition 1940, les Parisiens dans l’exode.

C’est une petite exposition de quelques pièces mais très forte sur le plan émotionnel. Elle commence avec des affiches de propagande, des brochures pour expliquer comment se comporter en cas d’attaque aérienne, comment porter le masque à gaz (tiens, tiens, nous aussi nous avons des masques…. mais nous sommes bien mieux lotis qu’eux )…

J’ai lu dans le dossier de presse une référence directe à l’Exode d’Egypte dans la Bible. Cela me parait évident quand j’y réfléchis mais les Hébreux étaient bien mieux guidés par Dieu qui savait exactement où il voulait les emmener et comment les secourir.

J’ai beaucoup pensé à l’exode de 1940, quand le 16 mars 2020, Paris s’est vidé de près d’un million d’habitants qui ont fui un confinement dans un logement trop étriqué. Les dangers ne sont pas les mêmes mais les mouvements aussi massifs de populations sont toujours autant significatifs.

J’ai bien aimé la vidéo avec le discours de Churchill, Winston ce héros, les photographies pour mettre à l’abri les œuvres du Louvre…

Puis la catastrophe arrive. On organise la sortie de la population via les portes de Paris mais les avenues sont trop petites pour contenir la foule. J’ai été frappée par les photographies où les gens marquaient leur nom et leur date de leur passage à la craie sur les murs d’une ville de province pour donner des nouvelles à leurs proches. On était loin de la géolocalisation…

On se prend en pleine figure des photographies choc comme l’arrivée d’Hitler et son état-major au Trocadéro le 23 juin 1940. Un gros affreux n’arrivant jamais seul, on trouve ensuite le portait du maréchal Pétain, héros de Verdun devenu un vieux revanchard qui ne fait pas l’unanimité.

Il a mis le genou à terre devant l’ennemi, divisant irrémédiablement le pays pour une vingtaine d’années. J’ai noté une de ses critiques de la société française qui m’a bien interrogée. Pétain dénonce l’esprit de jouissance de la société française. Étonnant pour un homme qui avait des propos moralisateurs mais une vie privée assez olé olé !

Portrait de Charles de Gaulle

Mais dans cette galerie de portraits des principaux protagonistes de la seconde guerre mondiale, il y a aussi une belle photographie en noir et blanc de Charles de Gaulle. C’est le héros de mon grand-père, un gars du Nord comme lui. Il faudra que je lise un jour une de ses biographies tant mes grands-parents m’ont bassinée avec lui et je ne le connais pas tant que ça !

La fin de l’exposition m’a achevée avec un extrait du film Jeux Interdits de René Clément. On y voit une petite fille qui court sur un pont en plein bombardement pour récupérer son petit chien. Ses parents lui courent après et ils se font toucher par les balles des avions. C’est Guernica sur les routes, j’étais vraiment écœurée.

Mon frère Ugo en a dans le sac d’être allé visiter Ouradour sur Glane et un camp de concentration en Allemagne quand il a gagné plusieurs fois le concours national de la résistance et de la déportation quand il était au collège.

Je vous recommande donc cette excellente exposition qui montre de manière très efficace en quoi la guerre est abjecte. Ce musée se trouve place Denfert-Rochereau et il mérite le détour. Le prix d’entrée de l’exposition était de 6€, un tarif très raisonnable.

Retrouvez ici d’autres articles sur le même sujet ou sur les musées de société :

Guernica en BD, plaidoyer pour la paix

Les objets du confinement s’exposent au Mucem

Une journée dans le Pas de Calais pour dire au revoir à une grande dame.

Droits réservés La boite à bulles
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Respirer une bonne odeur de biscuit à l’exposition Lu à Nantes

J’aime beaucoup les expositions de société sur l’histoire d’une entreprise par exemple. Je ne suis jamais allée à Nantes, l’eldorado immobilier de tous les Parisiens exilés en ce moment.

Droits réservés Getty

J’irai bien découvrir le château des ducs de Bretagne avec ma famille pour visiter l’exposition LU, un siècle d’innovation du 27 juin au 3 janvier 2021. Ce château abrite le musée d’Histoire de Nantes. C’est là où tout a commencé pour le 2eme géant mondial du biscuit, les usines Lu sont incontournables dans le paysage économique et culturel de la ville.

Cette marque de biscuits a marqué l’histoire de l’art avec ses réclames publicitaires réalisées par Alfons Mucha entre autres et le fait que l’enfance soit mise en avant comme argument marketing. Le petit dernier de la famille Lefèvre-Utile a sa bobine tamponnée sur des milliards de Petit-écolier depuis 1882.

Cette exposition me paraît être un bon rappel de l’actualité toute récente. On dénigre l’industrie agro-alimentaire à grands cris actuellement mais on peut surtout remercier Dieu de ne pas avoir vécu de pénurie alimentaire pendant ce confinement. Les biscuits m’ont été d’un grand réconfort (j’assume) quand je me demandais combien de temps cette assignation à résidence allait encore durer. Un livre Routiers publié par les éditions de l’Iconoclaste, rend hommage aux routiers qui nous nourrissent quotidiennement et qui ont été vraiment maltraités sur les aires d’autoroute.

Pendant ce confinement, les sacs de farine étaient aussi recherchés que des lingots d’or car la pâtisserie est une valeur refuge quand l’heure est à la peine. Le petit beurre c’est le biscuit universel de la petite enfance, un plaisir sain à l’image de son packaging simple mais terriblement efficace.

La prouesse technique est là : proposer une exposition en odorama. Moi renifler l’odeur des Paille d’or pendant ma visite, ça me motive à prendre le train. Chacun a un lien affectif avec les biscuits Lu. Mon frère et mes parents sont des fans des Figolu pour le sport et les randonnées. Il y a même eu une pétition quand Lu a retiré des grandes surfaces la recette d’origine des biscuits à la figue en 2015.

J’aime ces expositions de société qui rendent compte de notre vie quotidienne, il y a de la matière à étudier pour les musées sur les manières de vivre qui évoluent. Ce confinement nous l’a montré.

Je vous recommande d’autres belles expositions aussi populaires les unes que les autres :

– Les objets du confinement trouvent refuge au Mucem.

Louis de Funès, meilleur remède contre la sinistrose, à l’honneur à la Cinémathèque française.

– René Goscinny, le génie de l’humour, trésor national français.

Expos

Retourner au musée en compagnie de Louis de Funès.

Il a été l’amuseur de bon nombre d’après-midi télévision pendant le confinement, avec même des records d’audience.

Louis de Funès est un grand enfant qui plait à toutes les générations, même celles qui ne connaissent ni le Minitel, ni Georges Pompidou. C’est la réflexion que je me suis faite ce matin en visitant l’exposition de Funès à la Cinémathèque française.

Il y avait des enfants et ils n’avaient pas l’air de s’ennuyer comme moi quand on me traînait dans des galeries interminables pour regarder des céramiques antiques ou des tableaux barbants (j’en ai redemandé plus tard pendant cinq ans à l’Ecole du Louvre comme quoi…).

Ils avaient même l’air de bien s’amuser à faire des photographies dans la DS de Fantomas ou en regardant des extraits de La soupe aux choux ou bien la danse de Rabbi Jacob.

Cette exposition est une grande réussite populaire, elle touche toutes les tranches d’âge. Après avoir écrit un précédent article sur Louis de Funès, je récidive tellement cette exposition m’a plu pour sa scénographie très intelligente et actuelle.

La première salle est très dense, elle a même provoqué un bouchon en ces temps de distanciation sociale.

On est accueilli par les répliques phares de Louis : « Ma biche », « Foutez moi le camp », « Vous me le paierez« … La première salle fait grand honneur aux génies comiques du siècle dernier qui ont inspiré De Funès : Buster Keaton, Laurel et Hardy, Charlie Chaplin avec des citations du comédien sur les murs…

La deuxième salle très bien conçue met en scène des extraits de La traversée de Paris avec Jean Gabin et Bourvil, mais c’est en noir et blanc, un film légendaire certes mais qui ne m’a pas marquée.

Puis, c’est une avalanche de couleurs dans les salles suivantes avec une large chronologie qui montre en quoi Louis de Funès fut le héros des Trente Glorieuses. Le musée a été généreux en objets et c’est la vraie valeur ajoutée de l’exposition. J’ai étudié au Mucem et j’aime vraiment les objets : le costume extra-terrestre de Jacques Villeret dans La soupe aux choux, les casques de soldats allemands de La Grande Vadrouille, la 2CV toute déglinguée du film Le corniaud. La plus belle pièce est bien sûr la voiture de Fantomas transformée en divan pour les spectateurs…

« J’ai toujours joué ma mère  » Louis de Funès

C’est une exposition très moderne qui se sert des écrans numériques pour toucher les jeunes générations : un écran tactile propose au spectateur de découvrir toutes les expressions du visage de Louis (c’est vraiment une idée de génie), un autre compare les costumes de scène de La folie des grandeurs avec les tableaux de Velasquez, au siècle d’or.

Je me suis vraiment régalée avec cette exposition. Il y avait même une équipe de tournage pour filmer un reportage.

En sortant de l’exposition, je me suis dis que c’était bien dommage de ne pas l’avoir visité avec mon petit frère Ugo. Quand nous étions à l’école primaire, on avait le droit de regarder chaque veille de jour férié un film de Louis de Funès. Et on ne faisait pas les fines bouches à chaque rediffusion, même lycéens, on regardait encore ses films.

Puis, je suis sortie du musée par la rue de Bercy. Les pavillons en pierre meulière étaient superbes et imposants. Je me suis dis qu’il faudrait vite revenir dans le cour, visiter le parc de Bercy et retourner au cours Saint-Emilion depuis le temps.

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Les objets du confinement au Mucem

J’ai trouvé cette idée vraiment géniale et même indispensable compte tenu de cette période historique mais néanmoins assez traumatisante : récolter les objets du quotidien pendant le confinement. Elle émane du MUCEM, un musée de société national qui se trouve à Marseille, dans un lieu unique !

Pendant mes études à l’école du Louvre, les conservateurs du musée furent mes professeurs de la spécialité Anthropologie sociale et culturelle de l’Europe. C’est peu dire que je suis restée à l’Ecole malgré mes nombreux redoublements et échecs parce que cette spécialité me passionnait.

J’ai même eu la chance de faire un stage pour collaborer à l’élaboration de l’exposition Masculin /féminin, le bazar du genre à la caserne du Muy et au fort Saint-Jean en juillet 2011.

Lors de ce stage, j’ai eu la chance d’assister au feu d’artifice du 14 juillet en haut de la tour du roi-René.

Droits réservés. Office de tourisme de Marseille.

Moi, ce que j’aimais étudier c’était les comportements sociaux, les modes de vie tout court. On prend à la rigolade les anthropologues généralement; mais cette discipline s’est révélée vraiment indispensable pour affronter le choc sociétal du confinement.

J’imagine que le Mucem va recevoir une collection d’attestations de déplacement, des casseroles comme instruments de musique pour communier ensemble à 20 heures, des banderoles artisanales pour remercier les soignants, des masques et du gel hydro-alcoolique. Mais aussi des témoignages moins glorieux comme les lettres anonymes des voisins des soignants par exemple.

Le rôle d’un musée de société comme je l’ai compris lors de mes études, c’est de témoigner d’un fait historique particulièrement marquant (le confinement à l’échelle mondiale) en exprimant les mouvements de peur ou de rejets mais aussi les manifestations de solidarité, l’ entraide. Ce n’est pas une mince affaire de sélectionner des objets à la fois esthétiques et porteurs de sens.

Il y a un article de blog qui m’a particulièrement aidée pendant ce confinement, c’est celui écrit par Antoine Nouis, théologien protestant. Il explique que danser et applaudir les soignants, c’est une forme de protestation contre le virus et contre la mort.

Retrouvez ici mon article sur le MUCEM, il y a bien longtemps !

Une banderole de soignants en Dordogne qui remercient les gens qui les applaudissent.

Expos

Deux belles expositions en 2020 pour contrer la froidure de l’hiver

Sans titre (32)Au début de ma carrière de libraire, j’ai eu la chance de remplacer pendant ses congés une des libraires du musée du Louvre chargée des catalogues des expositions à Paris, en France et en Europe.

C’est en automne, que les expositions les plus prestigieuses se déroulent et j’ai ainsi voyagé par les livres : le Victoria and Albert museum de Londres, le musée des tissus de Lyon, le Louvre-Lens, l’ouverture du département des arts de l’Islam au Louvre en 2012…

Depuis que je ne suis plus étudiante, j’ai beaucoup moins de temps pour visiter les expositions, il faut dire que le tarif plein qui avoisine à chaque fois  quinze euros désormais (adieu gratuité totale avec la carte de l’Ecole du Louvre) m’a fait douloureusement redescendre sur terre.

[Au passage, je redis ici mon opposition à la gratuité totale dans les musées, un petit tarif réduit à 4€-5€ pour alléger le plein tarif, ça serait une bonne idée !].

Je délaisse de plus en plus les expositions de peinture, lassée par le manque d’imagination des musées parisiens qui ont épuisé les rétrospectives d’impressionnistes et autres artistes célèbres : ça tourne toujours autour de quelques gros blockbusters comme Léonard de Vinci au musée du Louvre , Picasso, Renoir, Monet, Degas….

Alors je privilégie les musées moins connus comme l’exposition Goscinny au musée d’art juif que j’avais bien aimé il y a deux ans ou encore cette exposition formidable consacrée à la peinture américaine des années 1930 en 2015 au musée de l’Orangerie.

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Je vous recommande donc les expositions consacrées à des auteurs de BD ou des écrivains, des architectes comme des sculpteurs…

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Tolkien, voyage en Terre du Milieu, BNF François-Mitterrand, jusqu’ au 16 février 2020

C’est mon amie Alix qui me l’a recommandée et la BNF conseille à ses visiteurs de réserver compte tenu de la forte affluence. Alors que les films de l’imaginaire ne sont pas du tout ma tasse de thé (j’arrive mal à lâcher mon quotidien et mes petits repères confortables, il faudra que j’en parle à ma psy), j’ai vraiment adoré Le Hobbit au cinéma.

Mon mari n’a pas compris comment je suis arrivée à suivre le second épisode sans avoir vu le premier mais ça m’a vraiment plu : sa petite maison végétale, la course poursuite dans des tonneaux le long d’une rivière….

Comme C. S Lewis, son ami, Tolkien proclamait publiquement sa foi chrétienne et cela se voit dans son oeuvre littéraire. Cette exposition est donc l’occasion de mieux connaître un écrivain majeur de la littérature du 20eme siècle à travers 300 œuvres exposées à la BNF dont de nombreux manuscrits originaux.

Otto Wagner, maître de l’art viennois, Cité de l’architecture et du patrimoine, esplanade du Trocadéro, jusqu’au 16 mars 2020.

Jottowagner‘ai repéré son affiche dans le métro. Je ne connais pas du tout Otto Wagner mais j’aime tellement l’Art Nouveau et la Sécession viennoise que je vais aller à la découverte ! Notre prochain voyage en Europe (avec bébé !) sera surement Vienne ou Prague depuis que nous avons été emballés par Budapest !

Il faut dire que l’oeuvre de Klimt et la Sécession viennoise en particulier marque de son empreinte ce blog depuis sa création puisque c’est mon article le plus consulté depuis plus de trois ans  : Adèle Bloch-Bauer inspire autant la littérature que le cinéma !

Je ne suis pas une fana d’architecture mais la Cité de l’architecture et du patrimoine est un musée formidable. J’aime beaucoup ses reconstitutions de portails gothiques des grandes cathédrales françaises et son cadre géographique (tout près du Trocadéro) vaut le détour.

J’ai repéré dans Elle son café extraordinaire avec sa terrasse unique. Cela s’appelle Girafe et j’ai très envie d’ aller aux beaux jours ! 

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Girafe, le restaurant de la Cité de l’architecture

Et vous dans quel musée aimeriez- vous être enfermé une nuit?

Quelle exposition-phare vous a marqué cet hiver?

D’autres articles consacrés à l’histoire de l’art publiés précédemment  dans ce blog :

– Un biopic formidable consacré au facteur Cheval et son palais à Hauterives

Adèle Bloch-Bauer inspire la littérature et le cinéma

Monet, ambassadeur de Giverny dans le monde entier

René Goscinny, un génie de la bande dessinée

Guernica, un plaidoyer pour la paix en BD.

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