Cinéma

Standing ovation pour Tout le monde debout !

Convaincue par les bonnes critiques (elles sont d’habitude féroces avec Franck Dubosc) et une bande-annonce bien dosée, nous sommes allés voir, en couple, la comédie romantique Tout le monde debout.

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Le résumé :

Jocelyn est un dragueur menteur irrécupérable.  A l’approche de la cinquantaine, la drague compulsive est chez lui une fuite en avant pour ne pas affronter les questions qui fâchent : l’engagement avec une femme, s’accepter tel qu’il est… C’est d’ailleurs l’un de ses mensonges qui va le rattraper et le plonger dans un malentendu complètement fou. Pour séduire une jeune femme blonde, il se fait passer pour un handicapé et alors celle-ci lui présente sa sœur Florence, qui elle, est réellement handicapée…

Mon avis :

Grande amatrice de comédies françaises, je suis néanmoins souvent déçue par des situations prévisibles depuis cinq minutes, les dialogues qui tombent à plat et les fatidiques dix minutes où je m’ennuie. Çà m’est arrivé avec Le sens de la fête des frères de cinéma Toledano et Nakache et c’était vraiment dommage.

Rien de tout ça avec Tout le monde debout : on rit franchement à de nombreuses reprises car on s’y attend pas du tout, les dialogues fusent et font mouche.

« On ne pue pas des pieds quand on ne s’en sert pas« 

Franck Dubosc parle du handicap avec beaucoup de subtilité et de vérité. Il égratigne surtout les valides qui disent des bêtises plus grosses qu’eux sur les handicapés à l’image de Jocelyn et son assistante Marie.

Dans le couple qu’il forme avec Florence, c’est lui le plus handicapé des deux, car il se complique la vie avec ses mensonges et ses questionnements, ses faux semblants. Franck Dubosc explique dans le dossier de presse du film qu’il se place en tant que moraliste et non comme un moralisateur.

Son personnage Jocelyn ne profite même pas de sa chance d’être valide, il est maussade, il tire la gueule alors qu’Alexandra Lamy est très solaire avec son sourire éclatant une grande partie du film.

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Il dit à son meilleur ami qui lui conseille toujours de dire la vérité : « Elle réfléchit plus vite que nous, elle vit plus que nous » . 

Je pense profondément que le succès populaire d’Intouchables a fait changer les mentalités du milieu du cinéma sur le handicap. Avant, on se posait la question est-ce qu’on peut rire du handicap? et on ne lançait pas sur ce terrain.

Maintenant, la différence, le handicap sont le point de départ de belles comédies qui font sourire mais qui donnent aussi la larme à l’œil.

Ce sont des situations de vie de bon nombre de familles en France : le grand-père qui déclenche Alzheimer à qui son petit-fils tend la main dans le film La Finale avec Rayane Bensetti et Thierry Lhermitte, le petit garçon autiste Asperger qu’un éducateur sportif (Arnaud Ducret) prend sous son aile  dans le film Monsieur je sais tout

Mon dernier coup de cœur BD parlait de l’accueil d’un enfant trisomique dans une famille : Ce n’est pas toi que j’attendais de Fabien Toulmé.

Tout le monde debout est une comédie très réussie car chacun des personnages sont des professionnels de la comédie, des humoristes très populaires qui connaissent chaque ressort du rire et de l’émotion.

« Vous Marie, l’optimisme c’est que votre histoire d’amour elle dure, moi c’est que ça m’arrive encore de rencontrer quelqu’un, malgré le fauteuil ».

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Alexandra Lamy et Franck Dubosc ne sont pas là que pour la blague, ils nous transmettent aussi beaucoup d’émotions. La scène du dîner romantique et de la piscine est vraiment formidable sur le plan esthétique et émotionnel. Elle traite avec beaucoup d’élégance et de subtilité la naissance de leur intimité puisqu’ils sont libres de leurs fauteuils roulants : ils sont au fond de la piscine.

Ensuite, ce film comique parvient à faire passer au spectateur des messages importants : en deux phrases, Alexandra Lamy raconte comment elle a perdu l’usage de ses jambes. C’est beaucoup plus efficace qu’un spot de la sécurité routière sanguinolent pour moi.

Son personnage joue au tennis de haut niveau et quand on voit cette scène qui n’est absolument pas doublée, on se dit que le handisport c’est magnifique à regarder et tellement impressionnant. Pourquoi les jeux olympiques handisport n’ont-ils pas le rayonnement médiatique qu’ils méritent?.

Ma note : 5/5 sardines

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Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas vu une comédie française aussi réussie du début à la fin et je suis ravie d’avoir révisé mon jugement sur le jeu d’acteur quelque peu redondant de Franck Dubosc ces dix dernières années.

Je pense que le choix de sa partenaire de jeu : Alexandra Lamy y joue pour beaucoup. Je me réjouis beaucoup pour elle qu’elle soit sous les projecteurs car elle le mérite depuis fort longtemps :  j’étais collégienne devant Un gars, une fille il y a bientôt vingt ans et j’ai vraiment aimé son rôle de chômeuse divorcée dans Retour chez ma mère.

Autant, on n’attend pas Patrick (Chirac) l’idiot en slip de Camping mais on encourage Franck Dubosc à continuer d’écrire d’aussi belles histoires au cinéma.

SardinesPssst ! Si cet article t’a plu, rejoins le club des abonnés du blog  ou plutôt la boite à sardines pour qu’on chante tous ensemble la chanson énervante de Patrick Sébastien : « Ah qu’est ce qu’on est serré, au fond de cette boite, chantent les sardines ». C’est en haut à droite !

Cinéma

Je milite pour la valorisation des comédies aux Césars !

Vendredi soir c’était la remise des Césars, les récompenses du cinéma français. D’année en année, je commence à me lasser de cette cérémonie élitiste qui se coupe du public dans son ensemble. Le sens de la fête de Nakache et Toledano est rentré bredouille de cette cérémonie, preuve que les Césars ont un vrai souci avec les comédies.

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J’apprécie les films engagés, qui portent un message politique et social. Mais ce sont les comédies qui font déplacer les gens dans les cinémas : ce sont la Grande vadrouille, les Visiteurs, Intouchables ou encore Bienvenue chez les Ch’tis qui ont marqué les gens…

Vendredi soir, l’Académie des Césars a décerné le César du public au film Raid dingue de Dany Boon. C’est mérité parce que c’est la meilleure comédie de l’année 2017 selon moi.

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J’ai bien envie de revoir ce film qui m’a fait rire aux éclats et dont l’histoire était très bien construite. Dany Boon y tient un des rôles principaux mais il a eu la bonne idée de donner la part belle aux autres acteurs : Alice Pol en tête qui crève l’écran.

C’est une sorte de Pierre Richard au féminin. Elle rêve d’être flic depuis son enfance et le fait d’être la fille du ministre de l’Intérieur (Michel Blanc) va lui servir comme la desservir. Le patron du Raid (François Levantal, très talentueux) jouera de son autorité pour gérer tout ce petit groupe…. C’était une excellente comédie qui réunit d’excellents acteurs : Sabine Azéma, Florent Peyre, Yvan Attal….

J’ai souvent du mal avec les scénarios de Dany Boon que je trouve parfois creux et sans surprises : j’ai bien aimé Bienvenue chez les Ch’tis qui m’a fait découvrir une partie de l’identité de ma famille du Nord mais sérieusement la tournée des postiers à vélo qui rentrent ivres, c’était long.

Raid dingue est vraiment un film réussi car il rend hommage à un corps de métier et que le suspense est à son comble dans les dernières scènes du film. Yvan Attal apporte beaucoup de son talent dans un rôle de méchant complètement déjanté. César mérité Dany !!!. Quatre sardines pour Raid dingue, à revoir avec plaisir !

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Samedi après midi, j’ai vu la Ch’tite famille, réalisé et interprété par Dany Boon. Line Renaud joue encore sa maman mais ce n’est pas la suite de Bienvenue chez les ch’tis.

C’est l’histoire d’un designer qui a renié sa famille du Nord pour se réinventer une vie plus mainstream pour le milieu culturel parisien dans lequel il évolue avec sa femme et associé Constance (Laurence Arné, dont le rôle va à merveille).

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Malgré ses longueurs et ses caricatures parfois grotesques, ce film est assez malin et sans concession pour le milieu parisien branché mais déconnecté des réalités. Ce film n’est pas tout à fait autobiographique car Dany Boon a construit sa carrière d’humoriste sur ses origines qu’il n’a jamais renié.

Mais le fait de ne pas se souvenir de là où l’on vient quand l’on fait carrière à Paris est un thème très efficace qui fera écho aux vies de bien des spectateurs.

Je mettrai la note de trois sardines à ce film parce que la caricature des prolos du Nord m’a bien énervée une bonne partie du film.Il ne faudrait pas oublier qu’une grande partie des grandes familles bourgeoises de l’industrie française viennent aussi du Nord de la France (on interdisait formellement aux enfants bourgeois de parler ch’ti, Pierre Richard a du apprendre le ch’ti pour son rôle).

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Mais la dernière scène du film, hommage au voisin belge Johnny Hallyday, est très touchante : Que j’te ker…

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Nos âmes la nuit, l’intimité à l’aube de la vie

J’aime les adaptations de romans américains au cinéma. J’avais eu un vrai coup de cœur pour le roman Promenons-nous dans les bois de Bill Bryson, un road-trip de deux vieux messieurs sur un trail ardu dans un coin montagneux des Etats-Unis. J’aime beaucoup le jeu de Robert Redford et j’ai aimé son rôle de Louis dans son dernier film Nos âmes la nuit.

Je suis assez admirative du cinéma américain actuel qui place ses anciens en tête d’affiche : Robert Redford, Jane Fonda, Michael Caine et Morgan Freeman, Robert de Niro… La vieillesse est beaucoup plus caricaturée dans le cinéma français.

La vieillesse, le veuvage sont les deux thèmes majeurs de ce magnifique roman, assez court (180 pages) : Nos âmes la nuit de Kent Haruf, un auteur américain originaire du Colorado. Il est mort quelques mois avant la parution de ce livre en 2015.

Le résumé :
Nos âmes la nuit

Addie et Louis sont de vieux voisins dans une petite ville du Colorado. Un soir, Addie vient toquer à la porte de Louis avec une demande inédite et osée : accepterait-il de venir la nuit dormir avec elle pour affronter la solitude de la nuit à l’aube de leur vie?.

C’est l’histoire d’une profonde complicité amicale et sentimentale qui se construit sous les yeux de leurs enfants adultes mais aussi de cette petite ville cancanière.

Mon avis :
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J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce livre et le style de son auteur que je ne connaissais pas du tout. Il a su saisir la réalité sociologique de ces retraités.

Au début de leur arrangement peu commun, ils sont un peu empruntés. Partager sa chambre, dormir ensemble est beaucoup plus intimidant et intime que d’avoir une relation sexuelle avec un inconnu.

C’est tellement évident que de nombreux sociologues et anthropologues ont étudié la question. Histoires de chambres de Michelle Perrot étudie cet espace très particulier  mais surtout Jean-Claude Kauffmann avec ses ouvrages Le lit, tendre guerre et Premier matin, la construction d’une histoire d’amour.

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Rien n’est plus intimidant de se réveiller ensemble, se chuchoter des confidences dans le noir et pourtant c’est comme ça que ces deux retraités vont se soutenir mutuellement dans leurs relations avec leurs enfants, leur estime de soi par rapport à leurs mariages révolus.

Ils sont un peu rouillés les premiers jours  avec un enfant rivé à son écran. Ils prendront soin de lui pendant quelques mois. Ils vont donner tout simplement de l’amour à Jamie, le petit-fils d’Addie que son père lui a confié parce que rien n’allait plus avec la maman du petit garçon.

Le Guardian dit de ce livre : « Nombre de romans évoquent la quête de l’amour mais celui-ci est illuminé par sa présence ».

Ce livre montre les remarques narquoises des autres habitants de la ville qui indignent leurs enfants et les incitent à faire la leçon à leurs parents au nom du qu’en dira t’on?. La sexualité des veufs est taboue, ce livre le prouve.

Peut-on recommencer à aimer quand on est veuf?. Faut-il qu’ Addie et Louis endurent seuls leur solitude parce que la personne à qui ils ont juré fidélité toute une vie est décédée?. Le lecteur est alors témoin de leur souffrance quand on essaie  de les séparer à la fin du roman.

« Si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien  » écrit l’apôtre Paul dans l’épître aux Corinthiens

Je vous recommande ce livre qui raconte plusieurs solitudes : celle d’ Addie, de Louis, celle du petit-fils tiraillé entre ses parents qui l’ont laissé chez sa grand-mère, celle de la petite chienne recueillie par l’enfant, celle de la vieille dame sans famille Ruth… et comment ces gens s’entraident par amour, sans avoir de liens familiaux particuliers.

C’est un magnifique livre sur l’engagement amoureux.

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