Carnets de voyages urbains

Marseille jour 4 : La corniche Kennedy et Notre Dame de la garde

La villa d’armateur que je convoite quand je serai à la retraite

Le jour de l’an comme la plupart des musées et des restaurants étaient fermés, nous avions planifié de nous rendre sur la corniche Kennedy pour profiter du front de mer. Cet endroit est vraiment unique en France.

C’est l’un des plus beaux boulevards de mer de France comme la promenade des Anglais à Nice ou la Croisette à Cannes. Cet ancien chemin à flanc de calanques a été agrandi sous le mandat de Gaston Defferre, l’un des maires les plus emblématiques de Marseille. Elle a été renommé en 1963 en hommage au président américain assassiné à Dallas.

Son banc de béton long de 3 kilomètres offre un panorama exceptionnel sur le littoral. Cela me fait penser au banc de mosaïques inventé par Gaudi dans le parc Guëll à Marseille.

J’aimerai y passer ma retraite au quotidien. La vue sur les îles du Frioul depuis Endoume est époustouflante.

La vue sur le restaurant Le petit Nice depuis le parc Valmer

Nous avons pris le bus 83 sur le Vieux port jusqu’au parc Valmer. C’est un petit parc municipal avec des jeux pour enfants. La vue sur l’anse de la Fausse Monnaie y est imprenable. Je suis très contente d’avoir découvert ce parc en hiver quand il est désert.

Le petit Nice est un hôtel-restaurant gastronomique de luxe tenu par la famille Passédat depuis 1917. Je ne vais pas chroniquer la qualité de sa cuisine mais surtout la beauté de son architecture et cette localisation géographique idéale. Il s’agit d’une ancienne villa de style néo-grec, la villa Corinthe, transformée en restaurant. Il s’agit d’un des trois meilleurs restaurants de France, étoilé par le guide Michelin. Il se trouve dans l’anse de Maldormé.

La presqu’île de Malmousque est recherchée pour toutes ces petites criques un peu difficiles d’accès mais tellement pittoresques. Certains jeunes viennent y chercher frisson et adrénaline en plongeant du haut de la corniche Kennedy. Ils jouent ainsi au chat et à la souris avec les policiers qui cherchent à les responsabiliser face à leur conduite à risque qui peut s’avérer irréversible.

Les maisons de l’anse de la Fausse monnaie

Je vous recommande la visite des quartiers de Malmousque et Endoume même s’ils sont sacrément gentrifiés (pour ne pas dire typiquement bourgeois-bohèmes). Ils sont particulièrement prisés des Parisiens qui recherchent la mer et le soleil avec des petits coffee-shop, des épiceries fines et des stands de fruits de mer.

On peut facilement faire une grande balade à pied du parc Valmer jusqu’à la plage des Catalans à pied même si la circulation routière casse un peu la parenthèse enchantée du lieu. On a bien anticipé le jour férié en basse saison puisqu’on a choisi de prendre de quoi pique-niquer dans une excellente boulangerie d’Endoume. Elle débordait de gâteaux des rois en ce 1er janvier.

L’anse de Maldormé

C’est une brioche très sucrée et parfumée à la fleur d’oranger, avec de délicieux fruits confits. Cette couronne sucrée que l’on mange pour fêter l’Epiphanie est très répandue dans le Midi et en Espagne. Alors qu’un peu plus au nord, dans la Drôme d’où je viens, on mange plus souvent une galette feuilletée dite parisienne.

Nous avons eu beaucoup de chance le 1er janvier le matin car il y a eu un petit créneau de deux heures pendant lequel, nous avons pu profiter du soleil en bord de mer. Nous avons enfin visité le vallon des Auffes qui a été creusé en même temps que la corniche Kennedy à la fin du 19eme siècle. C’est un endroit charmant avec ses maisons de pécheurs et ses fameux pointus mais je n’ai pas été éblouie.

Par contre, j’aime énormément le parvis du monument aux morts de l’armée d’Orient et des terres lointaines, situé un peu plus haut. C’est un monument un peu énigmatique pour moi avec cette immense allégorie féminine : une victoire de 5 mètres de haut qui date de 1927.

Cette esplanade sur la mer est vraiment l’un de mes endroits favoris de Marseille. J’aime beaucoup son esthétique Art déco dont on célèbre le centenaire cette année. Marseille est vraiment une ville tournée vers l’Afrique notamment le Maghreb avec le rapatriement des pieds-noirs d’Algérie au début des années 1960.

Certes, l’Histoire est douloureuse mais j’ai beaucoup aimé le clip et la chanson Chez nous (Plan d’aou, Air bel) interprétée par Soprano et Patrick Fiori, composée en 2018 par maestro Jean-Jacques Goldman.

Nous avons terminé la promenade avec la plage des Catalans, où ma fille a même retrouvé un camarade de son école primaire de la région parisienne. La plage des Catalans, c’est l’étape incontournable de tout séjour marseillais pour moi. Hiver comme été, elle est toujours très fréquentée.

C’est vraiment le symbole de l’art de vivre marseillais que nous Parisiens jalousons ! Le bain de mer du jour de l’an, jouer au beach-volley tout au long de l’hiver…

La veille, nous avions pris le petit train touristique depuis le Vieux-port pour nous rendre à Notre-Dame de la garde, l’équivalent de la Tour Eiffel à Paris.

C’est une basilique de style néo-byzantin qui abrite de nombreux ex-voto dédiés à la Vierge pour la remercier de sa protection notamment en mer pour les pécheurs. Je suis protestante donc peu sensible à cette dévotion mariale mais j’ai tout de même été touchée par les plaques de remerciements d’avoir été épargné pendant la guerre d’Algérie par exemple.

Je me suis régalée de rédiger ces quelques articles de notre voyage à Marseille, l’une de mes villes favorites où j’aurai pu travailler en tant que libraire au Mucem en 2012. J’ai particulièrement aimé notre excursion un lundi matin de grand beau temps aux îles du Frioul et inaugurer 2026 sur la corniche Kennedy.

Retrouvez ici les précédents articles de ce carnet de voyages urbain dédié à Marseille :

Carnets de voyages urbains·Moments de vie

Marseille jour 3 : le Vieux port et ses alentours

Le Vieux port, c’est vraiment le centre névralgique de Marseille, là où tout se passe surtout quand on vient en touriste. On cite souvent la Canebière comme l’équivalent des Champs-Elysées parisiens mais nous n’avons pas eu la curiosité d’y aller cette fois-ci.

Nous avons logés pendant cinq jours à coté de la place de Lenche dans le quartier du Panier. J’ai beaucoup aimé descendre chaque matin ces grands escaliers pour rejoindre le Vieux-port, là où se trouvent tous les bus. On ne se rend pas bien compte mais Marseille, ça grimpe pas mal !

Le Vieux Port se compose de deux quais : Le quai du port avec les terrasses de restaurants face à Notre Dame de la Garde pour la beauté de la vue et le quai Rive neuve qui tourne le dos à la basilique.

Au centre, se trouve la canopée avec ses miroirs réalisée en 2013 quand Marseille fut ville européenne de la culture. C’est le lieu le plus emblématique de Marseille : l’étal des vendeurs de poissons à la criée. Il se situe à coté des navettes de bateaux qui partent toutes les 45 minutes vers les îles du Frioul ou l’Estaque.

Quai Rive neuve (en bas de Notre Dame de la garde)

En circulant avec le bus 83 qui vous mènera à la plage des Catalans et à la corniche Kennedy, vous pouvez apercevoir le théatre national de la Criée mais aussi le fameux bar de la Marine qui inspira à Marcel Pagnol sa tragédie familiale César-Fanny- Marius, quai Rive neuve. Mais aussi l’abbaye Saint Victor qui date de l’ère mérovingienne, une des premières églises de France.

Les Incontournables du Vieux Port de Marseille

Je suis moins emballée par ce quai du Vieux port mais je vous recommande la place Estienne d’Orves. Surtout la librairie des Arcenaulx pour sa qualité d’accueil et la brasserie L’esquinade. L’accueil y était parfait et les plats copieux, on apprécié l’excellent rapport qualité-prix et j’ai même pu manger un panaché de fruits de mer avec ses incontournables bulots.

Cet hiver, j’avais lu l’autobiographie poignante de maître Béatrice Zavarro dont le cabinet d’avocats se trouve rue Sainte et j’avais beaucoup aimé son amour authentique pour sa ville.

Je vous recommande aussi les petites rues du centre ville comme la rue Paradis pour ses très beaux magasins, non loin de là, j’ai découvert une pizzéria Pinocchio avec de très beaux parasols. Vous pouvez également faire une pause bien méritée au café Joyeux, 14 place du général de Gaulle et promettre un tour de manège à vos enfants en bas de la Canebière.

Pendant ces cinq jours de congés, nous avons pris un pass 72 heures auprès de l’Office du tourisme de Marseille afin de profiter au maximum des transports en commun marseillais , du petit train touristique pour monter à Notre Dame de la Garde, du bus Hop-on, hop off, du MUCEM et enfin des navettes pour les îles du Frioul. Mais nous avons fait l’impasse sur la grotte Cosquer cette fois-ci.

Quai du Port (face à Notre Dame de la garde) : Du Panier vers la rue de la République.

Nous prenions souvent la Grande rue, parallèle au Vieux-port avec ses boulangeries, ses coffee-shop et ses concepts store de décoration. J’ai particulièrement aimé une mini place du Panier avec un restaurant qui s’appelait La table d’Augustine en hommage à la mère de Marcel Pagnol (mon écrivain favori) et le bar du Platane. Nous n’avons jamais déjeuné là-bas mais un jour, nous avons vu un ténor qui chantait pour les clients de la terrasse couverte. Un souvenir sympa.

Cette fois-ci, nous avons eu la chance de visiter le magasin de décoration de Sophie Ferjani que nous suivions avec plaisir dans Maison à vendre sur M6. Nous avons beaucoup aimé sa sélection de fauteuils, coussins et canapés très originale par rapport à ce que l’on peut trouver sur le marché. On sent que ce sont des professionnels de l’architecture d’intérieur.

Un peu plus loin vers le cours Belsunce, se trouve la bibliothèque municipale : L’Alcazar qui a conservé sa façade d’origine. Cet ancienne salle de concert a accueilli les plus grandes vedettes du music-hall comme Yves Montand, émigré italien qui a posé ses valises à Marseille avec sa famille.

Il est indéniable que depuis 2013, Marseille vit une véritable mue culturelle et touristique avec un musée particulièrement emblématique : le MUCEM, le point d’orgue du Vieux-port dans le fort Saint-Jean.

Le MUCEM et ses passerelles entre les quartiers de Marseille : le Panier, le bassin de la Joliette

En 2013, le président de la République de l’époque, François Hollande a inauguré le Musée des arts et civilisations de l’Europe et de la Méditerranée. Ce musée national occupe deux sites : l’un est très ancien, c’est le fort Saint Jean qui date du 12eme siècle. Cet immense bloc de calcaire rose abritait à l’époque une mini ville, une garnison dédiée à la protection de la seconde ville de France.

Une surprenante passerelle le relie à un véritable cube de dentelle conçu par l’architecte varois Rudy Ricciotti. Ce bâtiment tout neuf abrite les collections du musée et les expositions temporaires.

J’ai bien aimé celle consacrée au chef d’œuvre de la littérature hispanique : Don Quichotte de Cervantès. Mais j’ai trouvé les salles du musée très sombres. Le revêtement en dentelles est très beau de l’extérieur mais il a aussi ses inconvénients.

En tout cas, les aménagements autour du MUCEM ont révolutionné la manière de déambuler entre le Vieux port et le bassin de la Joliette avec l’esplanade de la Major un peu plus loin.

Carnets de voyages urbains

Marseille, jour 2 : les îles du Frioul

Cette excursion aux îles du Frioul, c était un peu le point d’orgue de notre séjour hivernal à Marseille. Quelques semaines auparavant, j’avais repéré les horaires des navettes, les lieux à visiter sur des blogs lifestyle car je ne me souvenais pas avoir visité ces îles.

Nous avons pris la navette au Vieux port un lundi matin à 9h50 sous un soleil naissant et fort agréable. J’ai payé 11€10 la traversée aller-retour. Il y a une centaine d’habitants à l’année sur les îles du Frioul donc des navettes circulent toutes les 45 minutes pour parcourir les six kilomètres qui séparent les îles du Frioul du continent.

Un archipel qui a inspiré un des plus beaux romans de la littérature : Le comte de Monte-Cristo

Nous ne nous sommes pas arrêtés au château d’If mais nous avons eu l’occasion d’admirer son architecture de près en bateau. D’ailleurs, notre navire s’appelait Edmond Dantès. Je vous recommande de visionner si ce n’est pas déjà fait Le comte de Monte Cristo avec Pierre Niney. Son plongeon pour s’échapper de sa prison est une scène emblématique de la littérature française. Le château d’If a été construit au 16eme siècle sous le règne de François 1er.

L’archipel du Frioul est composé de deux îles principales : l’île de Pomègues et l’île Ratonneau séparées par une digue.

Nous avons logé la digue du Berry construite en 1822 pour rejoindre l’île Pomegues. Nous ne sommes pas des enragés de la randonnée mais le sentier était très facile d’accès et surtout il n’y avait pas foule.

Une randonnée idéale et facile pour toute la famille.

C était un vrai régal de rejoindre le premier fort à pied. On se sent vraiment seuls au monde au milieu de cet archipel. Les gabians ne sont vraiment pas farouches le long des falaises de calcaire.

Notre fille avait eu l’ idée saugrenue de mettre une vingtaine de pierres dans ses poches. On n’avait pas prévu de randonner jusqu’ au bout de l’île mais nous reviendrons !.

Tranquillité et Histoire au large de Marseille

Cette visite des îles du Frioul a vraiment été le plus beau moment de nos vacances marseillaises. C’était génial de finir l’année par un pique nique en famille au soleil. L’archipel du Frioul a eu pendant des siècles un rôle de défense militaire majeur comme le montre ses fortifications réalisées par Vauban. On y mettait en quarantaine les pestiférés au 18eme siècle à l’hôpital Caroline qui ne se visite pas sur l’île Ratonneau.

Se sentir presque seuls au monde en hiver alors que 5000 personnes arrivent par jour en été

J’aime beaucoup l’architecture civile insulaire du Frioul. Elle s’accorde bien à la géologie du lieu. Ici, il n’y a pas d’école ni de supermarché. Une caserne de pompiers s’entraine l’hiver pour protéger les 5000 touristes hebdomadaires qui viendront passer la journée sur l’archipel pendant la saison touristique. Il s’agit du parc national des calanques crée en 2012 à proximité de la seconde ville de France. Cela nécessite alors de faire preuve de civisme et de bon sens écologique afin de le préserver.

C’était la sortie idéale pour se reconnecter avec la nature, la lumière nous a fait autant de bien qu’une ampoule de vitamine D. Et surtout c’était d’un calme et d’une beauté salutaire ! .

Retrouvez ici le premier épisode de notre road trip ici à Marseille entre Noël et le jour de l’an : La Major et le Panier

Carnets de voyages urbains·Lifestyle

Marseille jour 1 : La Major et le quartier du Panier

Le premier jour de vacances à Marseille commence un dimanche matin avec un soleil rayonnant sur le parvis de la gare Saint-Charles et ses escaliers tellement impressionnants.

Cette gare emblématique a été construite en 1848. On la voit de loin depuis l’esplanade de Notre Dame de la Garde. Bâtie également sur une colline, elle a été desservie par de grands escaliers en 1925.

Nous les descendons à pied pour traverser le quartier populaire de Belsunce et ses commerces d’alimentation maghrébins si typiques. Mais nous n’avons pas pris le temps de goûter les délicieuses pâtisseries orientales du quartier.

On rejoint la rue de la République en passant par un magnifique bureau de poste d’époque. Il est prévu une visite dans la semaine au magasin de décoration de Sophie Ferjani, décoratrice d’intérieur intervenant sur la chaîne M6.

Nous avons déjeuné en terrasse un 28 décembre au Wood non loin de la mairie de Marseille et du Vieux Port. C’était une cuisine maison sympa et accessible. Cela nous a bien aidé à atterrir sur nos pieds après le réveil aux aurores et les trente minutes d’attente sur le quai de la gare TGV de Marne la Vallée, la gare la plus frigorifique que je connaisse.

Ici c’est un tout autre climax puisque nous sommes en tee-shirts par 17 degrés et c’est un total ressourcement.

Loger au coeur du Panier, l’équivalent de Montmartre à Marseille

Nous avons trouvé un logement vraiment très bien situé en plein coeur du Panier. On appelait ce quartier La petite Naples avant guerre. Il a été raflé puis décimé par des bombardements nazis en 1944. Je l’ai appris dans un remarquable documentaire : Il était une fois Marseille, daté de 2022 sur France 3.

J’avais quelques idées reçues sur ce quartier à cause du feuilleton pas bien jojo (=caricatural) : Plus belle la vie qui a engendré du sur-tourisme pas toujours bienvenu.

Mais Le Panier est vraiment un beau quartier, très central pour se rendre au Vieux-port, au Mucem, à Notre-Dame de la Garde, à la Corniche Kennedy… Et surtout, il se trouvait à deux pas de la Major et de l’esplanade qui donne sur le port de la Joliette.

Je vous recommande la visite de la Major où a lieu l’exposition Lumières célestes de l’artiste Marcoville en ce moment .

L’art contemporain universel s’invite à la cathédrale de la Major

Marcoville propose dans la cathédrale de la Major un voyage féerique : un jardin d’Eden qui célèbre la Création en suscitant l’émerveillement et en invitant au rêve. Il n’a pas lésiné sur les moyens pour créer une scénographie grandiose à la hauteur des dimensions de la cathédrale :

  • une forêt d’arbres de 3 m de haut, allégorie du jardin d’Eden à l’entrée de la nef
  • 50 vierges à l’enfant grandeur nature le long du déambulatoire
  • 30 000 poissons en verre suspendus à 10 mètres de haut
  • 400 anges en verre transparent, sablé et or.

Que vous soyez croyant ou non, cette exposition est accessible à chacun. Dans un style naïf et très coloré, elle exprime des idées fortes comme la pêche miraculeuse avec ce filet de 30 000 poissons ou encore l’amour maternel inconditionnel : ces vierges à l’enfant, de mille couleurs.

J’ai beaucoup aimé la stylisation des anges ou de l’enfant Jésus, joufflus, en plein mouvement. On aurait envie de lui faire risette à ce beau bébé !

Marcoville est un sculpteur français qui se sert du verre destiné à la casse. Il le cisèle, le colore pour faire vibrer la matière et lui donner un sens poétique et vivant.

Il avait déjà présenté son exposition Lumières célestes dans l’église Saint-Julien à Tours en 2019 mais aussi à Cambrai. Cette exposition itinérante lui a demandé quinze années de travail. Cette rencontre entre l’architecture religieuse et l’art contemporain est fascinante !.

Lumières célestes de Marcoville, cathédrale de la Major, ouverture tous les jours de 10 heures à 17 heures, du 25 octobre 2025 au 8 mars 2026. Entrée libre.

L’esplanade de la Major est un très beau spot pour prendre des photos au coucher du soleil. On compte quelques commerces sous les arcades de la cathédrale comme le bar à chocolat Espérantine. La création de grands musées nationaux comme le Mucem ou la reconstitution de la grotte Cosquer a considérablement changé la morphologie du quartier.

Le tourisme a totalement remodelé le bassin de la Joliette.

Dans de vieux films des années 2000 comme Love Actually ou Taxi, le bassin de la Joliette c’était des friches industrielles avec de grandes grilles. Maintenant place aux touristes du monde entier qui descendent des bateaux de croisières et qui viennent déambuler sur les quais des musées.

Prochain article : Marseille jour 2, les îles du Frioul et le Mucem !

Carnets de voyages urbains·Du livre à l'écran

Marcel et Monsieur Pagnol : un biopic animé éblouissant dédié à un formidable conteur

C’est l’ évènement culturel de cet automne : Marcel et Monsieur Pagnol, le film d’animation signé Sylvain Chomet, le réalisateur des Triplettes de Belleville et de L’illusionniste, nominé quatre fois aux Oscars.

Le résumé du film :

A l’apogée de sa gloire, Marcel Pagnol reçoit la commande d’une rédactrice en chef d’un grand magazine féminin pour l’écriture d’un feuilleton littéraire, dans lequel il pourra raconter son enfance, sa Provence, ses premières amours…

En rédigeant les premiers feuillets, l’enfant qu’il a été autrefois, le petit Marcel, lui apparaît soudain. Ainsi, ses souvenirs ressurgissent au fil des mots : l’arrivée du cinéma parlant, le premier grand studio de cinéma, son attachement aux acteurs, l’expérience de l’écriture. Le plus grand conteur de tous les temps devient alors le héros de sa propre histoire.

Nous avons vu ce film d’animation en famille en avant-première au Grand Rex cet après-midi. Marcel Pagnol est un écrivain immensément populaire, ambassadeur de la francophonie dans les écoles du monde entier un peu comme Le petit prince de Saint -Exupéry.

J’ai lu La gloire de mon père et Le chateau de ma mère qui font partie de la trilogie Souvenirs d’enfance publiés en 1957. C’est Hélène Lazareff, la patronne du magazine Elle qui a commandé à Pagnol alors dans le creux de la vague, un feuilleton de Noël sur le thème de la famille. Ce sera un succès immédiat puisque 50 000 exemplaires de cette autobiographie provençale seront vendus le mois suivant sa parution.

Le roman Le chateau de ma mère est de loin mon favori car il raconte une ascension sociale contrariée par une entorse au règlement. Le chef de famille entraine les siens à traverser de riches propriétés pour leur économiser des kilomètres de marche jusqu’à leur résidence secondaire. Il est en tort mais ses bons sentiments lui rendront justice. Je rêve de visiter un jour La bastide neuve sur les hauteurs d’Allauch un jour.

Ma critique du film d’animation Marcel et Monsieur Pagnol de Sylvain Chomet

Il s’agit d’un biopic chronologique et biographique qui raconte l’enfance de Marcel Pagnol vers 1900 dans le Marseille de la Belle époque jusqu’en 1974 date de la mort de l’académicien à Paris. Ce biopic animé montre aussi les doutes du créateur génial : il est devenu romancier à 61 ans quand il doutait de sa créativité.

Comme Sylvain Chomet le remarque dans le dossier de presse de son film, Pagnol est souvent juste. Il sait faire vibrer la bonne corde. Il raconte des tragédies avec des familles qui s’affrontent, des situations dures comme des filles-mères rejetées par leur famille (La fille du puisatier, la trilogie Marius-César-Fanny) ou des rivalités de village qui mènent à la mort (Jean de Florette et Manon des sources) .

Pagnol, l’ambassadeur de Marseille et de la Provence dans le monde entier.

C’est Laurent Laffite, acteur parisien de la Comédie française qui prête sa voix à Marcel Pagnol. A la différence des précédents films de Sylvain Chomet, la voix humaine fait son grand retour car elle a une importance dans l’oeuvre de Pagnol.

L’accent chantant méridional des clients du bar de la Marine fait pleinement partie de la carte postale même caricaturale. Jules Raimu et Fernandel font partie des amis proche de Pagnol, ils viennent tous de la même région : Marseille et Toulon, tous trois ont triomphé à Paris.

Je suis né dans la ville d’Aubagne, sous le Garlaban, couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers. Garlaban, c’est une énorme tour de roches bleues, plantée au bord du Plan de l’Aigle, cet immense plateau rocheux qui domine la verte vallée de l’Huveaune.

Incippit de La Gloire de Mon père, éditions Fortunio, 1957.

Je vous recommande de visiter le site officiel de Marcel Pagnol en attendant l’ouverture de son musée en 2026 dans une ancienne usine d’électricité à Allauch !

Le château de la Buzine, 56 Trav. de la Buzine, 13011 Marseille : le chateau de la mère de Pagnol près du canal de Marseille.

La bastide neuve : 115 Chem. des Bellons, 13190 Allauch

Retrouvez ici mes précédents articles consacrées aux adaptations littéraires : du livre à l’écran mais aussi un carnet de voyages urbain consacré à Marseille.

Bulgarie·Carnets de voyages urbains

Sozopol, la ville authentique aux mille figuiers

Construite il y a 2600 ans par les Grecs, cette station balnéaire bâtie sur une presqu’île rocheuse est considérée comme la perle de la Mer Noire par bon nombre de vacanciers bulgares et de touristes étrangers dont je fais partie.

J’ai découvert Sozopol grâce à mon mari en 2012 car il a eu la très bonne idée d’organiser sa demande en mariage le long des murailles de la vieille ville.

Nous y allons chaque année le week-end du 15 août. Cette année, nous avons logé dans la vieille ville avec ses rues pavées, ses maisons en bois sombre, ses figuiers et sa vue mer imprenable.

Je vous recommande la rue Kiril et Méthode du nom des saints byzantins bien connus.

Il faut dire que Sozopol ou Apollonia son premier nom grec fut une cité sacrément prospère durant l’Antiquité et le Moyen Âge.

Considérée comme la ville la plus riche de la mer Noire, elle attira marchands grecs mais aussi égyptiens comme carrefour du commerce international. Devenue bulgare au 9eme siècle, Sozopol ou la ville du Salut devint le principal port du pays.

Elle conserve ainsi une superbe tour carrée et des murailles en pierre pour protéger ses richesses au Moyen Âge. C’est aujourd’hui une attraction touristique incontournable de la ville car porteuse d’une bien longue histoire. Spoiler : un génie du romantisme a organisé un lancer de lanterne japonaise au pied des murailles quand je lui ai dit oui.

Les maisons en bois emblématiques du Renouveau bulgare.

Ces imposantes maisons en bois sont la véritable valeur ajoutée à la ville de Sozopol. Elles se composent souvent d’un soubassement en pierre qui soutient grâce à des poutres obliques, un étage à encorbellement en bois sombre. Même pour les volets, un effort décoratif est observé. Ces maisons qui datent de la fin du 18eme siècle sont emblématiques du style ottoman de la Turquie voisine.

Ces maisons composent avec les rues pavés un centre-ville authentique exceptionnel, le dépaysement est garanti !

Maisons en bois de la vieille ville versus immeubles modernes de la nouvelle Sozopol

Que faire à Sozopol dans la vieille-ville ?

La gelateria Jaronimo

Gelateria ça ne sonne pas bien bulgare non ? Ce sont des glaces artisanales au doux parfum de violette, figues françaises, citron ricotta, pistache bien évidemment. Elles ne sont pas données : 10 leva pour deux bonnes parts mais cela valait le détour.

Работилница на Веселите Палачинки – Созопол ou l’atelier joyeux des crêpes.

C’est l’attraction principale de la rue, il y a souvent une file d’attente en début de soirée. Privilégiez les crêpes sucrées car leur pâte est bien plus savoureuse. Mon expert de mari a détecté que la fleur d’oranger était la vraie valeur ajoutée des sucrées. C’est un peu onéreux mais de qualité. Surtout le cadre un peu authentique vaut le détour.

Le musée ethnographique de Sozopol, 34 rue Kiril et Méthode, 5 leva l’entrée.

Un de mes endroits favoris ici : les photos parlent d’elles mêmes. La maison est exceptionnelle et c’est une vraie richesse de pouvoir visiter l’intérieur pour réaliser le mode de vie au quotidien au 19eme siècle. Ils organisent des spectacles de théâtre dans la cour du musée pour les enfants.

Le cinéma de rue
Les cinémas en plein air dans les stations balnéaires de Bulgarie valent le détour. Le plus beau cinéma est celui de Pomorie. Mais c’est aussi une chouette expérience à faire à Sozopol.

Le club de jazz Art club Mishel, 39 rue Apolonia

C’est une excellente adresse pour boire de bons cocktails et écouter du jazz. On aime tellement la petite cour avec ses figuiers, ses chaises design et son ambiance si agréable. Il y a une salle de concert dans la cave tout en bois. Une adresse incontournable à ne pas rater !

Le magasin de souvenirs Bulgarian rose en face de la Poste.
J’aime beaucoup ce magasin de souvenirs tenu par une mamie et son fils. Les produits sont de bonne qualité et les prix sont raisonnables. C’est la ou j’achète les poupées bulgares pour faire des cadeaux et des boites de loukoums.

Vols indirects depuis l’aéroport de Bourgas, situé à 40 kms de Sozopol. Navette de bus depuis la gare ferroviaire de Bourgas : 30 minutes de trajet, 6 levas *
* Les prix sont susceptibles d’évoluer avec l’entrée de la Bulgarie dans la zone euro au 1er janvier 2026
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Prochain article : Serdika ou les origines de Sofia, capitale européenne.

Carnets de voyages urbains·Lifestyle

Croisière sur la Loire : aventures à Blois, la capitale de la Renaissance sous François 1er

Tout a commencé avec une carte postale envoyée par une cliente à mon bureau. Une vue de la Loire en Maine et Loire. Cela m’a rappelé un super voyage chez des amis que j’avais fait en famille vers Angers, on était montés sur des gabarres, ces bateaux à fond plat.

Ensuite, on a visité le chateau de Fontainebleau l’année dernière et ma passion pour la Renaissance héritée de mes études en histoire de l’art est revenue ! .

On a découvert qu’on pouvait rejoindre Blois en moins de deux heures depuis la gare d’Austerlitz. Nous avons donc réservé des billets dans un train corail Ouigo (fort sale) direction Blois à sept heures du matin. Nous sommes arrivés à 9 heures à la gare de Blois-Chambord qui se trouve à dix minutes à pied du centre-ville.

Quelle chance de petit-déjeuner dans le square Victor-Hugo en face de la superbe façade du chateau royal de Blois avec ses arcades. On a fréquenté deux boulangeries du centre ville : Chez Lupin et Marlau (très bonne adresse pour les quiches et salades dans le train !).

Le chateau royal ouvrait à neuf heures donc c’est la première chose que nous avons faite. C’est un lieu touristique emblématique très bien conçu en termes de flux de visiteurs. Vous avez des casiers pour vos sacs à dos et on vous fournit une tablette pour l’expérience historique. Nous ne nous en sommes pas servis car nous trouvons l’expérience contre-productive avec un enfant.

La façade d’entrée depuis la place est un héritage du Moyen-âge entre le 13eme et le 15eme siècle. Les rois de France appréciaient déja Blois mais véritablement c’est François 1er qui va donner tout son éclat au chateau.

Sous son règne, l’influence du décor italien est manifeste mais il se mêle à des structures très françaises. L’escalier monumental à vis abrité par une tour est le meilleur exemple de ce syncrétisme franco-italien.

Le chateau est très bien conçu pour les enfants grâce à ses nombreux panneaux spécialement conçus pour eux. On observe de près des gargouilles en pierre de près. Le chateau contient une collection de 35 000 oeuvres, plus de trente pièces meublées se visitent.

Nous avions vraiment regretté que le château médiéval de Vincennes ne soit plus meublé pour se rendre compte de la vie quotidienne au Moyen-Age. Ici à Blois, on comprend facilement comment est organisée spatialement la vie de cour à la Renaissance.

On visite la salle du roi avec son trône, leur garde-robe, la chambre de la reine, le studiolo…. Le cabinet des guerres de Religion fait froid dans le dos avec le portrait des ducs de Guise, ces trois affreux intégristes.

D’ailleurs, on voit à Blois la mise en place de l’étiquette où le roi met une distance symbolique avec ses sujets, un principe majeur repris par Louis XIV à Versailles.

Enfin, le clou du spectacle c’est cette immense salle des Etats généraux qui m’en a mis plein la vue (désolée, je n’ai pas pu faire mieux pour l’analyse ). Ne quittez pas le chateau sans avoir visité les jardins de la terrasse du Foix pour sa vue sur la Loire et le vieux Blois à couper le souffle.

La place du chateau est un endroit très agréable avec son manège, ses terrasses de café. On avait repéré un superbe salon de thé vraiment très bien décoré O’Chateau mais il était fermé lors de notre passage.

On a contourné les remparts du chateau pour déjeuner à midi dans une petite brasserie de qualité Le baroque, accueillis par un patron très sympathique.

Dans l’après-midi, on s’est dépêchés de rejoindre le port de la Creusille car j’avais réservé une croisière découverte d’une heure sur une gabarre avec Observatoire de la Loire.

Ce fut un très bon souvenir car le conférencier et capitaine du bateau était passionné et passionnant. Nous nous sommes dirigés vers le pont Jacques-Gabriel, un pont en dos d’âne dont on peut admirer la droiture depuis le haut de l’escalier Denis Papin, un spot à ne pas manquer à Blois. Ce pont a été maintes fois reconstruit car bombardé pendant la débâcle de juin 1940.

Ce fait historique m’a beaucoup marqué quand j’ai lu le roman La bicyclette bleue de Régine Desforges. Forcément, j’ai eu une pensée pour ma grand-mère et sa famille qui ont fui leur Pas de Calais en juin 1940 pour venir se réfugier dans cette région.

Ce bateau en bois à fond plat était très confortable pour naviguer sur la Loire, un fleuve un peu sauvage avec ses îles qui se créent au fil des crues. La Loire est un fleuve très différent de la Seine ou du Rhône car elle n’est pas canalisée.

J’ai beaucoup aimé le discours du conférencier qui avait choisi comme thématique patrimoine et biodiversité.

Ma fille de six ans a été très intéressée par la visite avec les explications sur la nidification des oeufs par les mouettes et les sternes, mise en danger par les goélands qui mangent les bébés. Il nous a également parlé des castors, une espèce qui été menacée par l’Homme mais qui a pu retrouver sa tranquillité sur les bords de Loire.

J’étais bien contente d’avoir un peu anticipé notre voyage en scrutant la carte Google de la ville quelques jours avant de partir. Sans cela, je pense que nous serions passés à côté de la croisière sur la Loire.

Dernier endroit remarquable : la roseraie à proximité de la cathédrale Saint-Louis et de l’hôtel de ville. Blois est une ville de terrasses avec une vue imprenable sur la Loire. Elle cinq églises assez monumentales.

Cette roseraie est un lieu idyllique où nous avons pris le goûter juste à côté d’un bassin bien agréable. Il y a une terrasse qui la surplombe avec la statue de Jeanne d’Arc, l’héroïne locale. On peut jouer à la pétanque et admirer une exposition temporaire de photographies en noir et blanc intitulée Vacances romaines. Il y avait une petite guinguette très sympathique à proximité d’une grande aire de jeux pour les enfants.

Blois est une ville où il fait bon vivre pour les familles, seule ombre au tableau, à Blois, le moucheron est roi ! Blois est aussi un bassin industriel pour deux marques sucrées, incontournables dans le paysage agroalimentaire français : la chocolaterie Poulain et les biscuits Saint Michel.

Nous avons tellement aimé Blois que nous réfléchissons à une prochaine visite aux chateaux de la Loire : Chambord, Chenonceaux, eux aussi accessibles en TER depuis Paris. Cependant, il est déconseillé de choisir les ponts de mai comme dates de visite car ce sont des sites très touristiques recherchés dans le monde entier.

Retrouvez-ici d’autres bons plans tourisme dans notre si belle France :

-Un jeudi saveur chocolat , la visite de la chocolaterie Menier à Noisiel

Une journée enchantée à visiter le chateau de Fontainebleau et Moret sur Loing

Le château de Vincennes et le puzzle chateau fort de la marque Djeco – achat personnel

Carnets de voyages urbains·Lifestyle

Le vieux-Lille en automne, un voyage à remonter le temps…

L’inspiration évidente des maisons flamandes de la rue de la Monnaie à Lille

Cela va devenir une tradition : on aime profiter du week-end de la Toussaint en famille pour aller passer deux jours à Lille en automne.

On profite des prix attractifs de OUIGO depuis Marne la Vallée (20euros aller-retour pour un adulte et 16euros pour un enfant de 5 ans). En une heure, nous arrivons à la gare de Lille Flandres en plein centre ville.

Retrouvez ici mon article qui détaille notre première visite à Lille à Toussaint 2022.

En 2022, nous avions logé deux nuits à l’hôtel Ibis près de la rue de Gand et tous ses estaminets. C’était assez central mais le confort des chambres était un peu rudimentaire et ce n’était pas bien agréable de petit-déjeuner avec BFM-TV en boucle le matin.

Cette année, nous avions choisi l’hôtel Kanai, situé dans une rue piétonne : rue de Béthune. Nous avons pris une chambre triple avec petit-déjeuner inclus. L’hôtel se trouvait juste à côté de la station de métro Rihour et de l’office de tourisme.

Nous étions à 400 mètres de la Grand’ place de Lille et c’était vraiment génial de s’y balader un samedi matin quand la place était encore déserte. Les boutiques de vêtements et de décoration du Vieux-Lille sont vraiment somptueuses. Une fois de plus, je n’ai pas pu tester le fameux salon de thé Elisabeth’s car c’était très fréquenté.

Mais je suis bien contente de moi car j’avais eu la bonne idée de réserver dans la semaine un créneau pour visiter la maison natale du général de Gaulle, rue Princesse, le jour de Toussaint à 17 heures.

La visite de la maison natale du général de Gaulle : encore mieux que l’univers de Downton abbey !

C’est une belle maison bourgeoise avec un étage et une superbe façade qui date du Lille de la Belle époque (1870-1914). Charles de Gaulle y est né en 1890, dans la maison de ses grands-parents. Il n’y vivra que quelques mois mais il se sentira toute sa vie profondément lillois.

Les lieux sont quand même fragiles dont on y entre par petits groupes de dix personnes et nous avons des consignes strictes car aucune des pièces n’est protégée par des vitrines en verre.

C’est un sacré avantage de la visite. On a le sentiment d’être invité par la famille de Gaulle dans un très bel environnement bourgeois. Cela ressemble beaucoup à la visite de la maison de Claude Monet à Giverny.

Toutes les pièces même les commodités sont plus intéressantes les unes que les autres. Cette maison fourmille d’un millier d’objets. La plupart n’appartiennent pas proprement à la famille du général mais on remarque le talentueux travail de conservation pour réunir les objets du quotidien les plus emblématiques de cette époque.

Bonne surprise, cette visite digne d’une maison de poupées a beaucoup intéressé ma fille de cinq ans. Elle a remarqué la gaufre sur le coin d’une assiette dans le salon, la partie de dominos mais aussi les sucreries typiques du Nord dans la cuisine…

Moi, j’ai été subjuguée par le jardin d’hiver avec les jeux pour enfants. Bonne Maman, la grand-mère avait 18 petits enfants dont Charles. Elle désignait la cour comme « un hurloir aux enfants« , je trouve que c’est une belle pédagogie éducative pour l’époque.

Le jardin d’hiver, la pièce maîtresse de la maison

Cette visite a été une réussite pour toute la famille. Cela m’a même un peu émue car mes grands-parents étaient très attachés au général de Gaulle, un héros de guerre de la génération de leurs parents. Ils avaient beaucoup de livres à son sujet dans leur bibliothèque. J’ai beaucoup aimé le buste sculpté sur un socle qui vient de l’île de Sein. C’est symbolique car la plupart des hommes de cette île ont rallié le général de Gaulle après l’appel du 18 juin 1940.

Le prix d’entrée de la visite n’est pas du tout excessif : 8€ plein tarif, 6€ tarif réduit et gratuit pour les moins de 26 ans. Il y a une boutique-librairie où l’on peut même acheter des gaufres Meert, les préférées du général.

Avant de rentrer à l’hôtel, on a fait un tour par l’ancienne bourse où il y a toujours de la brocante de livres jeunesse, d’affiches de cinéma, de vieux vinyles… C’est ici qu’une scène de la série à succès HPI a été tournée. On y voit Karadec et Roxane chiner dans les allées, je pense que c’est dans la saison 2.

La citadelle, le poumon vert de Lille et le paradis des enfants.

Le lendemain c’est à dire le samedi, comme il faisait moche, on a trainé un peu le matin à l’hôtel devant les dessins animés. Vers onze heures, nous avons quitté l’hôtel pour rejoindre la citadelle qui se situe à dix minutes à pied du centre-ville. Nous y étions déjà allés en 2022.

Cette année, notre fille a pu profiter de toutes les attractions de Cita parc car elle mesure plus d’ 1m20. L’achat du ticket unique (3€ le manège) était beaucoup plus correct que les prix du jardin d’acclimatation dans le bois de Boulogne ( 4.50€ le ticket).

C’est vraiment un endroit génial, une institution lilloise pour les familles. En automne, c’est très beau et assez calme comme lieu.

Pendant ce week-end, j’ai beaucoup comparé Lille et Paris. Le centre commercial Euralille n’est pas aussi important que celui de la Défense mais pourtant cela ressemblait à un immense paquebot noir de monde.

Une astuce bien utile : la passerelle qui relie la gare au centre commercial Euralille.

On atterrit toujours là bas en fin de voyage quand on est bien fatigué pour attendre le train au Colombus café. Sachez qu’il y a une passerelle bien utile qui relie directement le centre commercial à la gare de Lille-Flandres. Nous ne sommes pas les seuls naufragés là-bas avec nos valises.

La prochaine visite dans le Nord sera dédiée à la découverte d’Arras, dans le Pas de Calais, berceau de mes grands-parents.

Retrouvez-ici d’autres articles précédemment rédigés dans le blog :

-HPI : Cocorico, une série policière made in Lille qui cartonne

Un week-end pour démarrer le printemps à Dieppe

Carnets de voyages urbains

Fêter l’arrivée du printemps avec un week-end en famille à Boulogne sur mer.

C’est peu dire que ce week-end au bord de la Manche fut salutaire pour toute la famille. On a bien souffert ces deux derniers mois du manque de soleil et de la pluie à rallonge ces deux derniers mois d’hiver.

On ne connaissait pas du tout Boulogne sur mer et on s’est laissé guidé par les recommandations de mes collègues qui sont allés à Nausicaa avec leur petite fille ou encore plus anecdotique.

Je suis sur Instagram, un couple très drôle Roman et Noémie, (@roman.noemie) qui se sont rencontrés à Boulogne sur mer. Ils avaient mis une story de la plage de Boulogne qui m’avait intriguée.

Je connais bien le Pas de Calais comme mes grands-parents en sont originaires. Trouver une plage de sable à deux heures trente de Paris en train m’a bien intéressée.

Un grand merci à Roman et Noémie pour leurs réponses super sympas à mon message. La magie des réseaux sociaux parfois.

Le Ter Hauts de France à prix cassés toute l’année, un bon plan à partager

On est partis un vendredi matin avec le TER Paris gare du Nord- Calais : 40 euros pour un adulte, 5 euros pour un enfant sans carte de réduction. On adore ce TER car il nous a déjà permis d’aller au Crotoy ou au Touquet pour 5€ par adulte en plein été grâce à leur politique de prix cassés.

Avec cette inflation bien reloue, cela me tenait à cœur de vous partager ce bon plan.

Un appartement meublé bien situé, à égales distances de la plage et de la gare

On a trouvé sur Booking un appartement meublé Odelys, bien situé entre le centre-ville, Nausicaa et la gare SNCF. La nuit coûtait 80 euros pour trois personnes. C’était bien tenu mais la proximité de la rue et d’une gare TER juste à côté était un peu désagréable la nuit. C’est vraiment son emplacement géographique qui a été pratique : 52 rue Belterre si vous cherchez à vous loger pour un week –end.

Avec cette météo fort agréable, on a filé vers seize heures à la plage pour le goûter en longeant le bras de mer. C’était génial d’observer les chars à voile à marée basse, on s’est dit que c’était bon, l’hiver était bientôt derrière nous. En rentrant, j’ai eu le plaisir de découvrir la librairie L’horizon, boulevard Clocheville.

Le lendemain, on avait rdv pour un créneau à Nausicaa à 10 heures 30.

On en a profité pour passer par l’office du tourisme pour acheter des souvenirs. Excellente idée car je suis tombée en pamoison devant une roulotte de plage reconstituée. Cela m’a rappelé mes cours d’anthropologie sociale et culturelle de l’Europe de l’Ecole du Louvre en partenariat avec le Mucem de Marseille. On étudiait l’architecture mais aussi les pratiques culturelles dans les stations balnéaires du 19eme siècle.

L’eau a beau être froide dans la Manche, c’est bien Boulogne et Dieppe qui ont été les précurseurs de la station balnéaire en France bien avant Saint Tropez.

Cette roulotte de plage était tirée par un cheval pour permettre aux belles bourgeoises fortunées d’enfiler leurs costumes de bain sans regard indiscret.

Ensuite, nous avons rejoint Nausicaa en patientant à l’aire de jeux juste devant. Boulogne sur mer est une municipalité qui prend soin des enfants avec de nombreuses aires de jeux sophistiquées et de qualité. Je sais par mon père qui est conseiller municipal que les aires de jeux pour enfants coûtent des dizaines de milliers d’euros.

On a mangé du très bon poisson sur le front de mer au restaurant La Goélette pour 16 euros le plat du jour. Puis on a réalisé un de mes vieux rêves : jouer au mini-golf avec ma fille. La partie coûtait 5 euros par adulte et c’était gratuit pour ma fille comme elle avait cinq ans.

Je vous détaille tous les prix mais en ces temps d’inflation, profiter de ses loisirs sans se faire charger comme un touriste devient une exception bien agréable.

C’est pour cette raison que j’ai délaissé Deauville-Trouville pour des villes balnéaires d’habitation où l’on ne prend pas les gens pour des jambons.

Nausicaa, un aquarium au discours militant

J’ai été favorablement impressionnée par l’aquarium Nausicaa où le self et le café appliquaient des prix tout à fait raisonnables. Ils avaient même installés des tables de pique-nique pour les familles.

Le billet d’entrée du plus grand aquarium d’Europe est de 21 euros par enfant, 28 euros par adulte. Compte tenu de la qualité de la muséographie et de la diversité des espèces présentées, on a trouvé qu’on en avait vraiment pour notre argent et c’est une belle satisfaction.

La meilleure illustration du
réchauffement climatique

J’ai beaucoup aimé le grand bassin avec les raies et les requins qui reproduit un environnement marin au large de la Colombie.

C’était tellement apaisant d’observer cet immense aquarium depuis les tribunes de l’auditorium.

Je ne suis pas une grande fan des aquariums et pourtant j’ai été conquise par Nausicaa.

J’ai bien aimé leur discours militant sur le surtourisme.

En fin d’après midi, on s’est dirigé vers la vieille ville fortifié et nous sommes tombés sur un cortège d’agriculteurs et de pécheurs qui manifestaient pour leur pouvoir d’achat ainsi que sur … Monsieur le maire dont j’avais aperçu la photo dans une brochure municipale.

Le jardin Mariette en hommage au grand égyptologue déterminant pour les collections du musée du Louvre se trouve juste devant les remparts. J’ai adoré cet endroit qui reconstitue le Nil avec ses palmiers, un bateau égyptien antique, un obélisque et une pyramide…

Cela m’a rappelé mes cours d’égyptologie de première année à l’Ecole du Louvre.

J’ai vraiment aimé la visite de la ville fortifiée avec ses remparts, ses pavés, son beffroi et la mairie.

Nous ne sommes pas rentrés dans la basilique car on n’a pas vraiment cherché l’entrée. J’évite d’emmener ma fille dans toutes les églises en touriste car je n’ai pas envie que ça devienne un lieu barbant pour elle comme c’était le cas pour moi enfant.

La visite du Carmel à Lisieux n’est pas un très bon souvenir pour moi.

Enfin, on a fait une halte bien agréable à la médiathèque toute en bois. C’est un peu une tradition chez nous, à Dieppe aussi on était allés à la médiathèque pour se protéger de la pluie.

Voici mon article fleuve pour raconter ce petit week-end si ressourçant. En quelques lignes, pour résumer, je vous invite à visiter Boulogne sur mer pour Nausicaa, sa plage de sable toute simple mais si agréable, sa ville fortifiée et enfin son parcours de street art de qualité.

C’est une initiative municipale de valoriser le travail de 30 artistes en très grand format. Cela embellit considérablement les façades et apporte une sacrée valeur ajoutée au tourisme local. Il y a cinq parcours à découvrir depuis 2016.

70 fresques ont été réalisées par des artistes du monde entier et vous pouvez retrouver leur travail sur le compte Instagram : @streetart_boulognesurmer.

Droits réservés La voix du Nord

Retrouvez ici mes carnets de voyages urbains dédiés à la Seine Maritime et aux Hauts de France, mes régions coup de coeur pour mes racines familiales.

-Dieppe, dans les pas de mes grands-parents, un 1er avril

Un 14 juillet pluvieux au Crotoy

-Un week-end rocambolesque au Touquet : les galériens de la SNCF

Carnets de voyages urbains

Une virée de qualité au Crotoy le 14 juillet malgré une météo chaotique !

Pour le 14 juillet, nous voulions absolument partir à la mer pour nous évader le temps d’un week-end. Grâce au journal Le Figaro, j’ai trouvé un super plan ferroviaire que j’ai nommé #Danstesdentsl’inflation. Un aller-retour Paris Gare du Nord-Noyelles sur mer pour 5€ le billet par adulte et 1€ par enfant. Nous en avions déjà profité en juin 2020 pour aller au Touquet.

Cette initiative sociale est celle du TER Hauts de France et je la salue. Comme les billets de train étaient presque donné, on s’est octroyé un aller-retour en taxi Noyelles sur mer- Le Crotoy à quinze kilomètres de la gare.

Il y a des navettes de bus et des locations de vélo mais nous avons joué la sécurité. On savait que la météo ne serait pas excellente le samedi après-midi et nous n’avons pas trop rigolé quand deux averses assez courtes nous sont tombées dessus.

On a quand même pu manger des fish and chips et des moules frites à La bonne franquette II pour 15 euros avec une entrée de crevettes roses dans la rue principale du Crotoy. Mais le salon de thé que j’avais envie de tester était bondé avec la pluie. On était plusieurs familles avec des enfants en petites tenues d’été et capes de pluie.

Donc, on s’est tous rapidement réfugié dans l’église Saint-Pierre qui était ouverte non-stop. On peut dire tout ce qu’on veut de la religion mais l’église c’est un endroit qui t’accueille à toute heure et tu peux rester aussi longtemps que tu veux…

C’est rare dans notre société capitaliste. On a eu la possibilité de suivre le chemin de croix avec les ex-votos pour confier les bateaux de pêche à Dieu. Cela m’a fait immédiatement penser à Notre Dame de la Garde à Marseille.

Puis la pluie a cessé mais le vent était quand même sacrément fatigant. On a eu la très bonne idée de prendre le petit train touristique pour faire une ballade de 30 minutes dans cette petite ville de 2000 habitants à l’année, 15 000 personnes à la haute saison. Le petit train coûtait 5 euros pour les adultes, gratuit pour les moins de 5 ans.

Très belle promenade le long de la baie de Somme avec commentaires du guide. Le parfumeur Pierre Guerlain a tenté d’attirer l’impératrice Eugénie pour faire du Crotoy une station balnéaire Belle époque mais l’impératrice n’est jamais venue. Par contre, Jules Verne a écrit pendant une cure de santé Vingt mille lieux sous les mers. Sa villa La solitude en plein centre-ville ne se visite pas.

J’ai vraiment beaucoup aimé cette petite ville très touristique où l’immobilier se porte très bien : pas de commerces vacants, des chambres d’hôtes en veux tu en voila et surtout de très belles villas en petite brique et céramique émaillée.

Cela m »a donné envie de retourner à Mers-les-Bains, visiter Amiens…

Enfin, nous avons eu la joie de retrouver notre ancienne nounou Nathalie et toute sa famille dans un café à Noyelles sur mer. Ils passent toutes leurs vacances dans un camping du coin.

Ce type de vacances est privilégié par les Français comme en témoigne le récent reportage d’Envoyé spécial sur le sur-tourisme à Etretat, au Mont-Saint Michel…

Lors de notre prochaine visite à Noyelles sur mer, peut-être que nous réserverons au Relais de la baie, un superbe estaminet qui fait aussi brocante…

Retrouvez ici mes précédents carnets de voyage à Dieppe, Lille et même en Guyane