Biographies et autobiographies·Romans

Une reine, être femme dans le mellah de Casablanca des années 1930

En novembre, la famille de Gad Elmaleh était à l’honneur avec la sortie du film Reste un peu. C’est un film très autobiographique où l’humoriste a invité ses parents et sa sœur à jouer leur propre rôle. Il raconte l’expérience spirituelle qu’il est en train de vivre et comment il a osé entrer dans une église catholique avec sa sœur Judith quand il était âgé de sept ou huit ans à Casablanca…

Elle travaille dans l’ombre de ses frères Arié et Gad qui sont tous les deux comédiens. Elle participe à l’écriture de ses sketchs et scénarise également. Le sujet de son premier roman m’a vraiment intéressée et m’a permis de mieux la connaître à travers les émissions de télé et les articles de presse.

C’est d’ailleurs, l’article de Paris Match qui m’a vraiment donné envie de lire ce roman. On les a photographié unis, en famille, dans la cuisine des parents. L’article titre : « Il n’y a plus de secrets chez les Elmaleh » et reproduit un portrait de Simha pour raconter son histoire.

Judith sous les traits d’Anna, son double littéraire, se réfugie quelques jours chez sa grand-mère à Casablanca car elle divorce à nouveau. Avec beaucoup de tact et de douceur, elle va aider sa grand-mère Simha surnommée Mimi et jamais Mamie à lui raconter sa vie. J’ai aimé ce roman car il m’a rappelé mes conversations avec ma grand-mère Annette.

Elle m’a transmis son optimisme et sa joie de vivre : relativiser et profiter de ce qui est bon et joyeux quand on saute dans le fossé avec son petit vélo pour se protéger d’un bombardement ennemi dans les années 1940 dans le Pas de Calais.

Ce livre parlera à tous ceux qui ont été enrichis par la transmission de souvenirs et d’expériences personnelles avec leurs ascendants. J’ai eu cette chance avec ma grand-mère et mon arrière tante Julienne, qui ont pris les routes de l’exode ensemble alors que Julienne était enceinte de son premier enfant (pour accoucher sereinement, on a connu mieux).

Simha était une toute jeune fille de quatorze ans dans le mellah de Casablanca dans les années 1930. Sa famille était très pauvre et vivait dans une vraie promiscuité. Pour améliorer le quotidien et fournir des enfants à sa tante stérile et son mari, on lui a organisé son propre mariage sans qu’elle ne comprenne rien.

Dans les premiers chapitres du roman, la narration est confiée à Simha pour se livrer en employant la première personne. Le talent de Judith Elmaleh est d’avoir su retranscrire avec précision et authenticité tous les non-dits, les regards lourds de sens quand on la prépare pour son mariage. C’est une gamine qui ne comprend rien à ce qu’il se passe, elle se demande pourquoi on lui accorde autant d’importance en l’emmenant au hammam pour la préparer comme une reine.

Et ensuite, une fois mariée, on nie carrément son intégrité, son consentement en l’envoyant dans le lit d’un homme bien plus âgé qu’elle : vingt-cinq ans d’écart. Heureusement, elle est tombée sur un homme bon et attentionné qui va aimer deux femmes à sa manière. La situation de Simha aura pu être vraiment catastrophique car comme elle était jolie et très pauvre, le proxénète du quartier commençait à roder dans le quartier.

La bigamie est un sujet sulfureux qui fait glousser sous cape. Mais dans ce roman, il met en lumière les rivalités entre femmes en sourdine, mais bien réelles. Cela devait être acrobatique ces sept enfants brinquebalés entre deux mamans et deux maisons car bien sûr dès que Simha mettait au monde un enfant, on l’envoyait vivre avec la première épouse. Le récit de son premier accouchement quand le couple attend derrière la porte le bébé est déchirant.

En tant que maman, j’ai eu le cœur serré pour cette toute jeune fille qu’on a propulsé dans le monde des adultes sans pouvoir grandir à son rythme. Le vrai sujet du livre, ce n’est pas la bigamie, c’est la construction personnelle pour devenir une femme face au poids de la tradition. Forcément, l’histoire d’Abraham qui prend pour maîtresse sa servante Agar pour avoir une descendance fait écho ici.

Judith Elmaleh fait aussi référence à une autre histoire vraie beaucoup plus contemporaine. Celle de Lady Diana et c’est assez dingue. Comme Simha, Diana a été choisie pour sa jeunesse, sa virginité et sa généalogie pour donner un héritier au futur roi d’Angleterre qui en aimait une autre : Camilla Parker Bowles. Encore une fois, la tradition a été la plus forte. Pour Diana, le traumatisme a été dévastateur car elle mangeait de manière compulsive pour noyer son chagrin.

La grand-mère de Judith, Simha est parvenue à trouver sa place dans cette situation familiale sacrément cocasse. Mais on réalise que dans les échanges avec sa petite fille, elle porte en elle le poids de l’amertume d’avoir été utilisée. La scène où elle regarde un chanteur à la télévision avec l’enthousiasme d’une midinette est touchante, on dirait qu’elle retombe dans l’enfance dont on l’a privée.

L’unité de cette grande famille juive marocaine de sept enfants est assez extraordinaire. C’est l’un des oncles de Judith qui lui confie certains aspects de ce secret de famille pour s’en délester car son père n’ose pas lui en parler vraiment.

Judith Elmaleh décrit avec beaucoup d’affection cette famille que l’on connait de mieux en mieux grâce à Paris Match (ma lecture hebdomadaire favorite).

Le rire est aussi une religion chez eux, il faut être drôle et se répéter pour bien raconter une blague. C’est leur fameux grand père Eliahou qui a transmis cette obligation. Il a bien fait puisque tous les membres de cette famille sont talentueux. Le jeu d’acteurs des parents de Gad Elmaleh dans Reste un peu est assez exceptionnel. J’aime aussi beaucoup Arié Elmaleh dans la plupart des rôles comiques qu’il interprète.

Enfin, ce livre m’a donné envie d’aller visiter Casablanca, cette ville mythique au bord de l’Atlantique. Judith Elmaleh a su écrire un roman sensoriel et tactile qui capte avec excellente l’atmosphère d’un quartier emblématique, le choc entre les cultures françaises et marocaines…

Je remercie les éditions Robert Laffont pour l’envoi de ce beau roman en service de presse. La couverture de ce premier roman est très efficace. Elle donne envie d’aller visiter le Maroc et de mieux comprendre la culture juive du Maghreb par un saut au musée d’art et d’histoire du judaïsme dans le Marais à Paris.

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René Goscinny, génie de la BD

-Helena Rubinstein, un empire industriel à la force du poignet

-Adèle Bloch Bauer, muse de Gustav Klimt pour l’éternité.

Biographies et autobiographies

Stromae, retour en 10 coups d’éclats marquants

Je me réjouis du retour sur le devant de la scène de Stromae. Il réussit la prouesse de faire l’unanimité auprès de chaque génération de ma famille : mes parents, mon frère et mon mari…. Une prouesse car nous avons des goûts musicaux très différents.

Son immense popularité vient du fait que Stromae n’est pas seulement un chanteur. Il est aussi un formidable danseur, un parolier hors pair et indéniablement un youtubeur qui sait capter au détail près la société actuelle pour la faire réagir.

Il se sert de la mode et même de ses cheveux pour bousculer les codes sociaux établis.

A travers cet article fort difficile à écrire, j’ai voulu exprimer en quoi l’œuvre de Stromae marque collectivement les décennies 2010-2020. Peu d’artistes parviennent à ce tour de force, tentons d’analyser en quoi sa musique est un véritable phénomène de société.

Des textes graves et profonds associés à une musique festive : Alors on danse, 2010

La force de Stromae est d’être authentique et drôle. Ses leçons de musique électro avec son synthétiseur portatif sont vraiment sympas à suivre car il y’a toute une mise en scène.

Stromae est un véritable personnage de BD, il sait jouer à la perfection le grand beta avec les Diables rouges dans Ta fête comme le dictateur bien méchant qui me fait peur, le gros macho ou la jeune femme vulnérable qui se déchirent…

Comme Angèle actuellement, Stromae est l’ambassadeur de la Belgique dans le monde entier, il impressionne les chanteurs américains comme Black Eyed Peas ou Chris Martin. Il assume son accent flamand dans son interprétation.

Son physique grand et sec, son phrasé, sa présence scénique par de grands gestes, sont autant de comparaisons avec Jacques Brel.

C’est facile comme comparaison mais ça me parait évident quand je regarde une vidéo Youtube de son concert à Montréal. Surtout que Jacques Brel chantait aussi des chansons pas toujours bien joyeuses mais qui racontaient la société des années 1950.

Le tournant de la carrière de Stromae c’est indéniablement Papaoutai en 2013. Sa chanson la plus personnelle mais dans laquelle bon nombre d’enfants peuvent s’identifier. Stromae a confié s’être inspiré de sa relation avec son propre père qui avait la mauvaise manie d’être un coureur alors qu’il avait une famille.

Comme Céline Dion, Stromae a cette capacité d’être totalement ouvert pour évoquer sa vie avec son public. Ainsi, il parle ouvertement de son père et le deuil qu’il a du vivre quand son père est mort à ses treize ans lors du génocide rwandais.

L’humour noir et méchant dont a fait preuve Charlie Hebdo en détournant sa chanson Papaoutai pour composer une couverture de bien mauvais goût m’indigne particulièrement.

Les références à la mode vestimentaire des sapeurs en Afrique

© Getty Images / Tony Barson

Stromae se sert aussi de sa double culture : européenne et africaine dans son travail. Il conjugue musique electro et élégance des sapeurs congolais. Il est grand et s’habille de manière colorée et élégante. Ses polos aux motifs géométriques ont même été commercialisés par son label Mosaert avec un défilé au Bon marché en 2018. Je suis fan du look décalé polos inspirés par l’Art nouveau belge associés aux chaussettes claquettes.

Tous les mêmes , Le grand journal, 2013

Cette performance d’acteur et de danseur je la regarde souvent tant je la trouve géniale. Elle montre bien le talent millimétré de ce génie qui est un fin observateur des rapports hommes/femmes. Il sait jouer à la perfection de son androgynie pour interpréter une femme bafouée et l’instant suivant un bon gros macho qui se met les doigts dans le nez (dans le clip hein, pas dans l’émission).

Ses choristes, tous des hommes en nœud papillon et chapeau melon, le lancent dans une superbe carioca qui se passe de mots car tout est dit dans le premier couplet :

« Cette fois c’était la dernière
Tu peux croire que c’est qu’une crise
Mate une dernière fois mon derrière
Il est à côté de mes valises
Tu diras au revoir à ta mère, elle qui t’idéalise
Tu n’vois même pas tout c’que tu perds
« 

Santé, 2021

A la première écoute, j’ai trouvé les paroles de cette chanson pleines de bons et nobles sentiments mais je n’étais pas convaincue. Puis, j’ai vu le clip et j’ai réalisé que la réussite d’un morceau de Stromae, c’est un tout.

Il y a une chorégraphie très savante qui fait corps avec la musique , c’est une ronde entrainante avec une trentaine d’hommes et de femmes. On dirait des marins ou un corps professionnel laborieux comme ceux décrits dans la chanson Santé.

Les choristes de Stromae sont vêtus comme lui, d’une sorte de chemisier immaculé, dessiné par sa femme, Coralie Barbier, styliste. Depuis Papaoutai, c’est Marion Motin qui signe la plupart de ses chorégraphies. On se croirait à la grande époque du Grand journal. Chapeau bas l’artiste !

L’enfer , journal de 20 heures de TF1 de Anne-Claire Coudray, 2022

Cette performance à la fin du journal de 20 heures a crée un buzz sans précédent qu’il est intéressant d’analyser. Cette prestation m’a laissée perplexe, je suis admirative du courage de se livrer autant quand on connait la période de désert par laquelle le chanteur est passé mais j’ai trouvé la mise en scène sinistre et dérangeante.

Cette fois-ci, la sobriété était de mise car Stromae portait un costume cravate très classique, comme un homme politique… Et je pense que ce n’était pas anodin.

Les réactions des journalistes étaient vraiment passionnantes à lire. Stromae a ainsi révolutionné l’exercice de la promotion médiatique tout en libérant la parole sur la santé mentale.

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que Stromae a fait appel aux choristes traditionnelles bulgares d’Orenda pour illustrer le chaos dans la tête d’une personne totalement en proie à des pensées suicidiaires.

Ce gars-là est sacrément talentueux pour associer les musiques du monde entier. Il le doit à sa mère, une globe-trotter qui emmenait ses enfants, hors des sentiers battus, dans des autobus déglingués sur les routes du monde entier pour découvrir des paysages, des sonorités différentes.

Il réussit la prouesse d’élargir notre culture musicale au service de la chanson française. Grâce à Stromae, j’ai découvert l‘ehru, une vièle chinoise employée dans le morceau Santé.

Il y a d’ailleurs un musée à Bruxelles que j’ai très envie de visiter : le superbe musée Art nouveau dédié aux instruments de musiques.

Prochainement dans ce blog, j’ai bien envie de créer une rubrique dédiée chanson française pour me souvenir avec vous des chansons qui ont marqué ma vie personnellement : celles de Bénabar, Jean-Jacques Goldman depuis que j’ai vu le film Envole-moi.

Et vous, quelle est votre chanson préférée de Stromae ?

Retrouvez ici mes articles qui traitent de la vie d’artiste des chanteurs que j’aime :

Demain, j’irai mieux, la musique inspirée d’Andrée Grise

Aline, les coulisses de la vie d’artiste

-Sister soul, comment Aretha Franklin a démocratisé la musique gospel

Biographies et autobiographies

Deux Américaines à l’honneur cet hiver à Panthéon-Luxembourg

Emily a beau monopoliser les colonnes Morris du quartier pour annoncer qu’elle revient à Paris dans une saison 2 sur Netflix, je ne vais pas vous parler d’elle mais bien de Joséphine Baker et Vivian Maier.

Ce sont deux Américaines qui ont marqué la France par leurs talents artistiques et leur personnalité, elles ont vécu un attachement particulier avec notre pays.

Comme les expositions qui leur étaient consacrées sont temporaires ou coûtent un rein (14€50 pour visiter l’exposition Vivian Maier au musée du Luxembourg, ce n’est acceptable, messieurs les sénateurs, faites quelque chose), j’ai choisi de lire leurs biographies.

Elles ont rapidement rejoint ma bibliothèque, non loin de Sister soul, la biographie géniale d’Aretha Franklin écrite par Jean-Luc Gadreau.

Une femme en contre-jour, Gaëlle Josse, Editions Noir sur blanc, 2019, 14€

Ce roman biographique, je l’ai lu pendant les vacances de Noël. Il a beau être court à lire : 160 pages, il est très dense tant le portrait psychologique de cette femme seule est précis et passionnant.

Le titre est très bien choisi. Il raconte l’histoire hors norme d’une femme née en 1926 à New-York dans une famille dysfonctionnelle à son comble.

La grand-mère française Eugénie, abandonne sa fille Maria à sa sœur en Haute-Savoie pour faire fortune en Amérique. La jeune fille rejoint cette mère totalement inconnue et vit une vie totalement instable, livrée à elle-même.

Elle rencontre alors Charles Maier, qu’on peut tout à fait qualifier de très mauvais bougre. Il terrorise les femmes qu’il épouse à tour de rôle et n’assume aucunes responsabilités paternelle.

Vivian Maier en héritera de profonds troubles psychologiques que les familles qui l’emploieront comme nurse constateront à un moment ou à un autre de ses années chez eux. Certains la prenaient en grippe, d’autres s’attachaient à elle. Comme ses trois petits protégés de Chicago qui lui fourniront un toit dans ses dernières années qu’elle vécu dans un grand dénuement.

Ce sont eux qui feront cette découverte de milliers de clichés exceptionnels.

Vivian Maier, sans titre, 3 septembre 1954 
(Vivian Maier / Maloof Collection, Courtesy Howard Greenberg Gallery, New York

Vivian Maier se distingue beaucoup de la tendre nostalgie d’un Robert Doisneau avec ces écoliers parisiens rêveurs (je cite Gaëlle Josse dans son livre) . Elle montre la crasse des trottoirs new-yorkais, la pauvreté des quartiers peu recommandables où elle aimait s’aventurer avec les enfants qu’elle gardait. C’est vraiment l’envers du décor du rêve américain et cela passionne les gens !

Droits réservés Ginacie

Vivian Maier fut l’une des plus grandes photographes américaines du 20eme siècle. Mais aucune exposition de son vivant ne révéla l’étendue de son talent. Décédée en 2009, cette exposition au musée du Luxembourg est l’une des premières d’envergure mondiale dédiée à l’artiste.

Cette lecture m’a été recommandée par ma collègue Ana (si tu passes une tête par ici, merci beaucoup !). J’aime beaucoup la plume de Gaëlle Josse qui a su mettre des mots sur les maux de Vivian, elle parle de santé mentale et de violences intra-familiales avec beaucoup de pudeur et de retenue.

Alors que c’est vraiment la famille Groseille dans l’Amérique des années 1930.

Enfin, magie d’Internet, j’ai découvert le blog de la brodeuse Ginacie, une mine d’or qui m’inspire beaucoup en ce moment. Vivian Maier est l’une de ses références artistiques.

Collage de Carole B

Joséphine Baker par Jacques Plessis, Folio Gallimard, 8€60

Cette biographie de qualité n’a pas de titre, c’est dommage alors que La croix magazine a été plus inspiré : La renaissance d’un phénix. J’ai véritable découvert son histoire grâce à un chef d’œuvre : Culottées de Pénélope Bagieu, roman graphique et dessin animé génialissime.

Je connaissais ses chansons grâce à ma grand-mère et mon arrière-tante nées en 1919 et en 1937 mais pas son passé de résistante et de militante anti-raciste.

Cette femme est tout simplement unique en son genre. Comme Vivian Maier, elle a grandi dans une famille dysfonctionnelle avec de vrais malheurs très jeune. Mais avec sa joie de vivre en étendard, elle a su tirer son épingle du jeu grâce à son don pour la danse et la comédie. Dans une Europe franchement raciste, elle a réussit le tour de force de se faire aimer et respecter. Quelle schizophrénie à l’heure actuelle de la cancelled culture et du wokisme de célébrer Joséphine Baker au Panthéon le 30 novembre 2021.

Oui lors de l’exposition universelle de 1931, la France coloniale montrait des zoos humains porte de Vincennes. Mais la France a aussi accueilli Joséphine Baker les bras ouverts, subjuguée par ses pitreries et surtout son don pour danser le charleston comme personne. Elle a bâti une véritable fortune lui permettant d’acquérir un château comme celui de la Belle au bois dormant en Dordogne.

Elle a su jouer de son exotisme, de son originalité pour attirer les foules à ses spectacles, devenant la muse des peintres d’avant-gardes. Ses contemporains n’étaient pas bien finauds à la considérer comme une sauvage mais ils avaient une véritable curiosité, une forme de respect pour ces danseurs, ses musiciens noirs.

Droits réservés C215

Ma grand-mère Annette, était une enfant de la seconde guerre mondiale qui a grandi avec la radio. Elle vouait une admiration sans borne à tous ces musiciens de jazz : Louis Amstrong, Sidney Bechet….Je me souviens d’une excellente conférence au Petit palais sur le tourisme international à Paris.

Les universitaires présents expliquaient que malgré la guerre d’Algérie et son lot d’injustices, les Afro-américains se sentaient plus en sécurité à Paris que dans leur pays dans les années 1960.

La manière dont Joséphine Baker s’est attachée à la France est admirable. Je peux vous dire qu’il y avait une atmosphère de joie dans les rues et dans les commerces autour du Panthéon le 30 novembre dernier. Joséphine Baker avait beau être décédée depuis plus de quarante ans, cette cérémonie avait du sens ! Célébrer une résistante en 2021 est important.

Plus que symbolique, cet hommage à une femme de caractère me console à l’idée que mon pays La France est encore capable d’être une terre d’accueil à laquelle on a envie de s’attacher.

L’époque de Joséphine Baker n’était pas bien plus glorieuse que l’époque actuelle avec la montée du nazisme, la ségrégation aux Etats-Unis mais elle n’a jamais baissé les bras. Même acculée par les dettes et chassée comme une malpropre de son château alors qu’elle a permit le rayonnement de toute une région.

Il y a pléthore de livres consacrés à cette personnalité incontournable (elle a été invitée au couronnement d’Elisabeth II en 1953, le pape l’a encouragé dans son projet de créer une famille arc-en-ciel). Cette femme a vécu mille vies, toutes aussi déroutantes les unes que les autres.

J’ai choisi cette biographie la plus classique, de manière volontaire car j’aime beaucoup cette collection Folio biographies. J’avais beaucoup aimé lire celle consacrée à Klimt. L’auteur raconte une femme aussi courageuse que déraisonnable.

Il explique les gloires de sa vie publique incomparable mais aussi les affres de ses blessures personnelles : la stérilité, l’état de santé en dents de scie où la grande faucheuse a essayé de faire perdre les armes à une femme d’une vitalité incomparable, les dettes et les multiples divorces…

Retrouvez ici d’autres biographies de personnalités célèbres aux trajectoires qui font réfléchir !

La petite fille à la balançoire : la tolérance ne sauve pas, l’amour oui

-Profession prêtre

-L’amour de Dieu plus fort que le napalm

Biographies et autobiographies·Cinéma

Aline, les coulisses de la vie d’artiste

Ce film, j’attendais sa sortie depuis un an. C’est bien simple, je suis fan absolue de Valérie Lemercier parce qu’elle est marrante tout simplement. En cette période de pandémie à rallonge, Aline est un film qui fait beaucoup de bien. Je vous explique pourquoi dans cet article.

Le film

C’est un biopic librement inspiré de la vie de Céline Dion, la plus grande chanteuse au monde, trésor national au Québec. L’histoire commence en 1932 avec le père de Céline. Il a un affreux papa qui lui rackette son argent de poche pour aller boire jusqu’à plus soif. Il va faire de son malheur une force puisqu’il va créer une famille nombreuse de musiciens avec sa femme dotée d’un sacrée caractère.

Ce film est un hommage à une famille nombreuse et unie qui va voir éclore un joyau brut de 14 ans : une voix incroyablement mature. A force de travail sur son look, sa diction en anglais et surtout sur sa dentition, elle va rapidement connaître une ascension phénoménale accompagnée par un manager de génie : le fameux René Angélil.

Valérie Lemercier raconte comment ce fameux trio artistique, composé de la maman, du manager devenu l’époux et de la chanteuse à la voix d’or vont conquérir le monde : la France avec notre Michel Drucker national, le Japon, les Etats-Unis, la Suisse à l’occasion de l’Eurovision.

Céline Dion est une diva dans les années 1990 avec Mariah Carey et Whitney Houston. Mais elle a cette force de vivre sainement cette célébrité en travaillant d’arrache pied et en restant la même grâce à son solide socle familial.

Même quand les Angélil font fortune dans leur grande villa de Las Vegas façon Mélania et Donald Trump, lui au golf et elle avec ses tonnes de chaussures, ils restent sympathiques. On se réjouit de leur opulence car ils ont bossé ensemble et ont bien mérité leur réussite.

Comme l’a déclaré Valérie, ce film raconte les coulisses de la vie d’artiste pas toujours aussi glamour que l’on ne croit. Comme l’humoriste, Céline connaît la solitude de manger un plat réchauffé dans sa loge ou de devoir donner le meilleur de soi même quand on est triste ou en petite forme.

J’ai beaucoup aimé ce film car il raconte la normalité d’une star planétaire. Céline Dion, je la trouve parfois exaspérante en interviews quand elle surjoue avec ses yeux et ses postures à la limite du grotesque. Elle est clown c’est vrai et ce film la rend extrêmement sympathique.

C’est un biopic hagiographique à fond, un parti-pris totalement assumé par sa réalisatrice. Valérie Lemercier critique les journalistes québécois qui ont glosé sur ses difficultés à procréer. C’est vraiment immonde et je ne suis pas bien fière de moi d’avoir rigolé bêtement aux blagues douteuses de Laurent Gerra sur le couple Dion/Angélil sur les ondes de Rire et chansons.

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La fin du film raconte la difficulté du deuil quand on perd l’amour de sa vie quelque soit son âge. L’actualité rattrape alors le tournage de ce film car cette année Céline Dion a dû interrompre ses spectacles pour épuisement physique.

La vie d’artiste est rude, elle demande de nombreux sacrifices. Ce film met en lumière tout le talent de Réné Angelil qui a su produire des spectacles rentables tout en permettant une vie familiale la plus normale possible. En chantant à résidence à Vegas, Céline pouvait retrouver ses enfants tous les soirs.

Voici un extrait de Vivement dimanche, où René, l’homme de l’ombre a droit à une belle ovation du public (à la fin de l’extrait). Valérie Lemercier s’est focalisée sur cette belle histoire d’amour. Moi j’aurai aimé qu’elle raconte l’histoire de ses chansons avec Jean-Jacques Goldman, avec Garou

J’aime passionnément les biopics de musiciens : Ray, Walk the Line, Cloclo (même si Claude François est monstrueux de narcissisme) parce que leurs chansons ont marqué une époque, elles témoignent de tournants dans leurs carrières et résonnent dans nos vies personnelles.

Noël 1996, j’ai huit ans. Au pied du sapin, m’attend le cd de Céline Dion, D’eux. Je ne connais pas l’artiste, j’ai demandé ce cadeau au Père Noël pour faire comme tout de monde à l’école.

Pourtant, ce CD va tourner en boucle tout au long des second et troisième trimestres de l’année de CE2 dans mon salon, au rythme de mes chorégraphies navrantes mais effrénées (la brosse à brushing pour micro, je le confesse).

L’album D’eux m’a marquée pour la spiritualité et l’émotion qu’il dégage. Je pense que je ne suis pas la seule puisqu’il s’en est vendu plus de dix millions d’exemplaires. C’est l’album francophone le plus vendu au monde à ce jour. J’ai été très sensible quand j’étais petite à toutes les références juives et chrétiennes de cet album : « ma prière païenne », « la mémoire d’Abraham « , « les derniers sont les premiers « .

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La chanson très émouvante Vole est dédiée à sa nièce qui souffre de la mucoviscidose à l’époque. Avec le recul, je ne suis plus très convaincue par son plus gros tube Pour que tu m’aimes encore car déclarer : « Je te jetterai des sorts pour que tu m’aimes encore« , bonjour la relation toxique ! .

Plus tard, je n’ai plus trop suivi la carrière de Céline tant cet album signé Jean-Jacques Golmann est aux antipodes de ses succès plus commerciaux par la suite : I’m alive, My heart will go on. Avec Titanic, Céline sort l’artillerie lourde. Elle devient une véritable show-woman comme Beyoncé aujourd’hui avec extensions et robes à paillettes. Elle remplit les plus grands stades du monde entier .

Elle est même une star malgré elle dans la comédie Sur la piste du Marsupilami avec cette imitation grotesque de Lambert Wilson qui fonctionne pourtant à merveille.

Pour conclure, on peut dire que ce film que j’attendais tant, était à la hauteur de mes attentes. Je sais que j’ai une collection d’amies qui l’ont vu et qui ont beaucoup aimé. J’y suis allée avec ma chère pote Alix, mon ancienne collègue de l’Ecole du Louvre, spécialiste de chorégraphies grotesques de Claude François à la pause déjeuner.

J’étais sûre que le film lui plairait !.

Nous avons vu le film au cinéma Le Méliès à Montreuil, une adresse imbattable que je vous recommande. Le billet d’entrée plein tarif est de 6€, une belle initiative municipale depuis de nombreuses années. Ce chouette cinéma avec son décor de météorite dans le hall d’entrée rend hommage à un grand pionnier du cinéma français qui avait ses studios à Montreuil. C’est une adresse idéale pour une dernière sortie en famille le dimanche soir avec un café/restaurant très agréable à fréquenter.

Et vous quelles sont vos chansons de Céline Dion favorites?

J’ai eu des frissons d’entendre la chanson D’amour ou d’amitié, une des premières chansons de Céline à ses tous débuts.

Cela fleure bon la nostalgie des années 1980, mon enfance, qui commence à ressembler à l’époque des dinosaures, il faut bien se l’avouer quand je discute avec tous ces millénials à la pause déjeuner au bureau.

Biographies et autobiographies·Sociologie

Pourquoi le livre Appelez la sage-femme m’a tant émue

J’ai eu beaucoup de mal à écrire cette chronique car la lecture de ce gros pavé est mon coup de cœur littéraire de ce printemps et je ne savais pas par où commencer. Les situations de vie de ces femmes issues des quartiers très populaires en plein baby-boom m’ont émue mais aussi révoltée.

J’ai tout de suite pensé à mon arrière-tante Julienne qui a accouché de son premier enfant sur les routes de l’exode, sous les bombardements, en Touraine en juin 1940. D’ailleurs, la mère supérieure du couvent de Nonnatus house si gentille et aimante s’appelle Sister Julienne….

J’ai découvert la série Netflix Call the midwife pendant ma grossesse et elle m’a aidée à dompter ma peur de l’accouchement : je savais comment cela se déroulait et j’avais compris le vocabulaire de gynécologie : le placenta, les forceps, naitre par le siège…

Cette série adaptée de l’autobiographie de Jennifer Worth, une sage-femme du Londres populeux des années 1950 est un formidable document historique et sociologique.

A chaque épisode, il se déroule un accouchement dans des conditions différentes les unes des autres : une fille-mère qui se retrouve sur le trottoir, une femme âgée qui a peur de mourir en couches, une patiente atteinte de syphillis….

Ce livre raconte les évolutions des pratiques obstétriques pour calmer la douleur des femmes enceintes : l’accouchement à la maison mais l’arrivée du gaz hilarant, de la péridurale…

On est bien loin de Downton Abbey et de Buckingham palace quand elle raconte les conditions de vie de ses accouchées : pas d’accès à l’eau potable donc des conditions d’hygiène déplorables, un surpeuplement de logements sociaux délabrés à cause du baby boom d’après guerre, des sales types qui les cognent ou qui les mettent sur le trottoir, la syphillis qui rôde…

Copyright Neal Street Productions

Quel livre ! La série Netflix est fidèle aux mémoires de cette ancienne infirmière des hôpitaux de Londres, qui a aussi vécu à Paris. Elle a trouvé la foi au contact des sœurs qui l’emploient comme sage-femme dans ce couvent de l’East end.

J’aime ce livre car il rend hommage au dévouement de ces sœurs qui ne jugent pas ces femmes et qui leur témoignent de l’amour du prochain malgré la crasse, la grossièreté et la pauvreté.

Jennifer Worth glorifie aussi la gentillesse des cockneys qui sont reconnaissants du travail des sages-femmes et des soeurs dans leur quartier.

Ce livre est un excellent document sociologique qui étudie les Anglais les plus modestes avec vérité et empathie. Il raconte les blagues « pipi-caca » de Soeur Angelica qui est d’origine cockney et qui comprend très bien leur quotidien. Ils partagent des wc pour tout l’immeuble alors les histoires de constipation et de courante sont …. monnaie courante.

J’ai aimé que les chapitres de ce livre portent les noms des personnes que Jenny a rencontré et apprécié : Fred, Chummy, Sister Monica Joan…

Chummy, une des consœurs de Jenny vient d’une famille aristocrate et va nouer une profonde amitié avec un petit dur de Poplar. Il va lui apprendre à faire du vélo, apprentissage indispensable pour exercer le métier de sage-femme de jour comme de nuit.

Les sœurs du couvent vont lui offrir son propre vélo pour le récompenser de son dévouement. Grâce à ce cadeau, cet enfant sortira de son milieu social et deviendra le bodyguard de Lady Diana, trente ans plus tard.

Je vous invite donc à regarder cette série formidable qui parle de la foi et de la naissance avec humanité et qui donne à réfléchir. Il est vrai qu’elle s’adresse à un public très majoritairement féminin. Mais elle peut aider de futurs parents à vaincre leur peur de l’accouchement à l’instar d’une émission de télé réalité bien faite : Baby boom.

Copyright Neal Street Productions

Retrouvez ici mes meilleurs articles sur l’Angleterre et sa culture : littérature, cinéma et tourisme !

– Un guide touristique en dehors des sentiers battus pour découvrir Londres, éditions Les Arènes.

– Un roman aussi dépaysant qu’un trajet en Eurostar : La dernière conquête du major Pettigrew.

– Au bout de trois saisons de The crown, on se connait mieux avec Elisabeth II

Biographies et autobiographies

Biographies et autobiographies US au soleil pour ce week-end de Pâques

Après une semaine bien chargée à la librairie avec deux jours d’inventaire, j’ai choisi deux témoignages de vie qui me faisaient de l’oeil depuis longtemps : La terre promise, les mémoires de Barack Obama et Sister soul, Aretha Franklin, sa voix, sa foi et ses combats, une biographie écrite par Jean-Luc Gadreau, éditions Ampelos.

En ce moment, quand je sors du travail, je suis un peu blasée de ne plus pouvoir flâner dans les boutiques boulevard Haussmann. C’est tout simplement sinistre et j’ai bien fait de parier sur un bon livre pour égayer ce long week-end de trois jours.

Sans le faire exprès, j’ai réalisé au fil de ma lecture à quel point Barack Obama et Aretha Franklin étaient amis tant l’ancien président démocrate lui a rendu hommage au cours de ses mandats. Ce n’est pas anodin, si j’ai choisi des ouvrages qui parlent de moments heureux aux Etats-Unis, ce pays-continent me fait rêver.

J’aime énormément les biopics sur les musiciens américains des années 1950-1960 : Ray, Walk the line avec Johnny Cash, Greenbook qui raconte l’amitié entre un chauffeur italo-new-yorkais et un pianiste afro- américain, une histoire vraie…

Quand j’étais ado, j’étais fan de Marilyn Monroe pour son charisme, alors que j’ai réalisé que c’était une femme malheureuse toute sa vie, mal dans sa peau, et que la gloire et la célébrité ne l’avaient pas empêché de mettre fin à ses jours.

J’aime beaucoup les biographies d’artistes américains, notamment ceux qui ont vécu dans les années 1950 et 1960 et surtout ceux qui se sont engagés dans la lutte pour les droits civiques. Après avoir lu Génération Rosa Parks dans la même collection, j’ai voulu lire Sister soul.

La vie d’Aretha Franklin fut plus heureuse que celle de Marilyn parce qu’elle se savait aimée de Dieu, le Père mais elle traversa des moments sacrément difficiles, elle aussi.

Ce fut une petite fille blessée par la mort de sa mère quand elle avait neuf ans. Son père pasteur, reconnut rapidement son talent hors norme dans la chorale de son église dès ses dix ans. Trois ans plus tard, elle devint mère et enregistra son premier disque à l’âge de 14 ans. Soixante-ans plus tard, elle chantait devant le président démocrate Obama en 2009.

Ce n’est pas une hagiographie : l’auteur dresse quelques défauts de l’artiste mais on ressent vite à quel point cette femme est attachante.

Quand elle est salie par la presse de caniveau qui raconte avec cruauté la vérité : sa dépendance à l’alcool, sa boulimie, les violences conjugales de son mari-manager, son public n’en éprouve que d’avantage d’affection et de sympathie pour elle.

Aretha sera une femme blessée par la perte de sa mère, insécurisée par un mari très exigeant et violent mais les choses s’arrangeront pour elle à maintes fois grâce à sa foi en Jésus.

Ce livre insiste sur l’importance psychologique de l’entourage d’une chanteuse internationale, il retrace aussi l’histoire de la musique gospel aux Etats-Unis avec Mahalia Jackson qui s’est cantonnée dans ce registre alors qu’Aretha est devenue la reine de la soul.

L’auteur a réalisé une prouesse : ce livre n’est pas une simple biographie d’artiste. Il lance un débat sur la spécificité de la musique gospel dans le show-business américain. Il explique les différentes stratégies des artistes chrétiens : Mahalia Jackson est restée dans l’église, Aretha a diffusé l’Evangile dans les boites de nuit enfumées.

Elle a convié les meilleurs musiciens de son cercle à réaliser un spectacle Amazing Grace d’une qualité artistique et spirituelle exemplaire en 1972.

Aretha Franklin était une musicienne qui prêchait à travers ses chansons. Elle était exubérante avec ses manteaux de fourrure et ses postures de diva mais elle était vraie. Elle a été fidèle toute sa vie à sa foi et à son engagement envers les droits civiques. Son père était un proche de Martin Luther King, il n’a jamais déserté Detroit même lors des pires émeutes.

Le titre du livre est très bien choisi, il marque cette ascension artistique extraordinaire d’une petite chanteuse de chorale baptiste qui a su entretenir son talent, cadeau de Dieu en tapant à la porte des meilleurs professionnels de musique du pays : Atlantic, le producteur de Ray Charles entre autres.

La lecture de ce livre m’a conforté dans ma conception de la foi : accueillir la grâce comme un cadeau de Dieu au lieu d’essayer d’épater Dieu par mes œuvres.

A part danser dans les mariages sur Respect et Think, deux morceaux d’une playlist bien mainstream (comprenez mondialisation culturelle occidentale), je connaissais très mal Aretha Franklin. Je trouvais même que sa musique s’était bien diluée avec son exploitation publicitaire pour des lunettes, des crèmes de beauté voire je me demande même, des serviettes hygiéniques.

Pourtant, je me rappelle du jour de sa mort, j’étais dans un aéroport à Porto, au Portugal. Les hommages pleuvaient sur Instagram notamment celui appuyé de Barack Obama : « Aretha Franklin a su définir l’expérience américaine« .

C’est surtout l’article écrit par Jean-Luc Gadreau dans le magazine chrétien La vie, repris par Libération qui m’a donné envie de lire cette biographie fascinante. Je travaille dans une librairie religieuse mais je la recommande régulièrement dans une box littéraire grand public et ses lecteurs sont touchés.

J’ai pris beaucoup de notes au sujet de ce livre pour cet article mais volontairement je n’ai pas voulu tout synthétiser pour vous encourager à lire cette biographie unique en son genre !

Fresque en hommage à Aretha Franklin, réalisée rue Ordener, Paris 18eme arrondissement par Cetra.

Je terminerai en vous parlant de Respect, cette chanson iconique composée par Otis Redding et reprise par Aretha Franklin. D’abord très machiste, elle est devenue un véritable hymne identitaire pour les minorités noires comme homosexuelles.

Il y a peu, j’ai revu le formidable film français Cloclo, le biopic sur la vie de Claude François, réalisé par Florent Emilio Siri. Dans une scène, on voit un extatique live d’un concert d’Otis Redding à Londres qui donne l’idée à Cloclo d’embaucher des Claudettes pour danser avec lui.

Je ne peux m’empêcher de comparer les carrières d’Aretha Franklin et de Claude François et de constater combien la vie dans le show business a plus de sens quand on s’appuye sur Dieu comme Aretha plutôt de se regarder le nombril…

A suivre bientôt dans ce blog, ma chronique des mémoires de Barack Obama, Une terre promise, éditions Fayard.

Retrouvez ici d’autres articles qui parlent de ma passion pour les Etats-Unis et cette culture américaine tellement riche !

Devenir, une biographie authentique d’une petite fille de Chicago devenue First lady

Combattre le racisme à travers des films et des livres de qualité

Mon crush lecture pour La couleur des sentiments .

Biographies et autobiographies

Ba ba bar, mon ami Babar depuis bientôt trente ans

Il y a une biographie qui me fait de l’oeil depuis des mois : La splendeur des Brunhoff, de Vogue à Babar, de la Résistance à Nuremberg, d’Yseult Williams. Elle est sortie cette année en 2020 et le petit éléphanteau sur la couverture m’a rappelée des excellents souvenirs d’enfance.

En moyenne section de maternelle, tous les enfants de ma classe étaient déguisés en Babar pour le carnaval et j’ai longtemps gardé la petite peluche dans ma chambre. Je relisais le soir les vieux albums de mon oncle qui a trente ans d’écart avec moi, notamment Babar chez le Père Noël et la fameuse double page qui montre l’atelier du vieux !

Vingt ans plus tard, je deviens libraire après mes études dans les métiers du livre. Babar est avec Martine et Caroline une référence incontournable de la littérature jeunesse européenne. Il fut même l’objet d’expositions universitaires ou grand public à la BNF ou au musée des Arts décoratifs en 2012.

Le résumé :

Cette biographie raconte le destin d’une famille arty à la fin du 19eme siècle jusqu’aux années 1950. Cette famille aristocrate d’origine germanique a l’édition dans le sang puisque le patriarche Maurice fit une belle percée aux Etats-Unis vers 1900 mais ce seront véritablement ses enfants qui feront un tabac sur la scène européenne. Michel de Brunhoff associé à son beau-frère Lucien Vogel révolutionnera la revue de mode en étant l’ambassadeur de la haute couture française à travers la revue Vogue, propriété du magnat américain Condé Nast. Le petit-frère de cette fratrie est Jean de Brunhoff, le papa de Babar, un génie de la littérature jeunesse qui s’éteindra en 1937 d’une tuberculose osseuse dévastatrice.

La maladie, le deuil, la déportation et les revers de fortune, rien ne sera épargnée à cette famille qui a traversé les deux guerres mondiales avec noblesse et bravoure à l’image de Marie-Claude Vaillant-Couturier, reporter de guerre engagée contre le fascisme dès les années 1930.

Mon avis :

Soyons honnêtes, cette biographie historique parle peu de Babar (trois ou quatre sur la vingtaine de chapitres du livre), elle parle beaucoup de la haute couture française et de son histoire moderne. On peut dire que Babar et son créateur Jean de Brunhoff sont des personnages secondaires de cette saga familiale.

Mais pourtant, ce sont eux que l’Histoire retient parce que Babar est intemporel, il séduit toutes les générations d’une famille. C’est Jean de Brunhoff qui a rendu si populaire son nom de famille à travers son oeuvre enfantine tellement attachante.

Mais ce sont son frère Michel et son beau-frère Lucien Vogel qui l’ont lancé de manière industrielle en coulisses.

Ces deux-là sont deux mondains incontournable du paysage culturel, politique et artistique des années 1920. La splendeur des Brunhoff est un véritable Who’s who à chaque page.

On se moque un peu de savoir le nom du Président de la République de l’époque (Daladier? Reynaud? Doumergue?). Entre 1920 et 1940, ce sont les peintres des avant-gardes, les couturiers, les photographes… qui révolutionnent la société française.

Cette biographie est du même tonneau et très contemporaine de l’histoire d’Hélèna Rubinstein que j’ai chroniqué dans ce blog dernièrement. Ils côtoyaient les mêmes personnalités : Coco Chanel, Jean Cocteau, Picasso… mais les Brunhoff ne se cantonnaient pas aux crèmes de beauté. Ils avaient un impact considérable sur le journalisme, la presse de mode, le mécénat artistique… à travers les revues Vogue et Vu.

Avec eux, on voyage aussi entre Europe et Etats-Unis. Je me suis régalée avec ce livre qui raconte les artistes exilés à New-York comme Man Ray, André Breton, Marcel Duchamps, ça m’a rappelé mes cours d’art moderne à l’Ecole du Louvre. Décidément, le sujet de l’exode durant la seconde guerre mondiale me poursuit (voir mon avis sur l’exposition 1940, Les Parisiens dans la guerre). C’était intéressant de réaliser que même les plus fortunés ont vécu la misère sur ces routes de France dans des conditions abominables.

Les parents de Marie-Claude Vaillant-Couturier : Cosette de Brunhoff et Lucien Vogel
COLLECTION PERSONNELLE THOMAS GINSBURGER

Ce n’est pas un livre joyeux joyeux à lire en ce moment. Mais c’est un livre très utile, un manuel d’Histoire de l’intime. J’ai découvert la vie de Marie-Claude Vaillant Couturier, une résistante héroïque et totalement altruiste.

Un quai de Seine porte son nom dans le 4eme arrondissement. Comme dirait ma grand-mère Annette, elle en avait dans le sac cette Maïco. Je vous détaille ici un passage du livre qui a failli me faire tomber de mon siège dans le métro. Il raconte l’interview manquée de Lucien et sa fille d’ Adolf Hitler en 1933 à Berlin.

« L’équipe de Vu se rend à un meeting d’Hitler au palais des sports de Berlin la veille de l’interviewer. Juste à côté de Lucien, une petite dame aux cheveux gris pique une crise d’hystérie. Elle a l’air ensorcelée. La transe se propage comme un virus considérablement contagieux« .

C’est un livre sur l’engagement autant en amitié qu’en politique, une saga familiale d’une famille bourgeoise avec des idéaux forts comme la loyauté, l’entraide familiale. On se dispute peu dans cette famille mais on sent qu’on s’y aide beaucoup. C’est un livre qui raconte des choses tristes mais avec beaucoup d’espoir et de poésie.

C’est d’ailleurs la conclusion de l’auteure dans l’épilogue du livre. L’auteure raconte l’émotion des deux frères de Brunhoff, Laurent et Matthieu qui redécouvrent le manuscrit original de Babar à la Morgan library de NewYork. Une histoire du soir qui a séduit les enfants du monde entier. Le mot de la fin revient à Babar dans ce livre.

Babar a été traduit dans vingt-six langues, ses vingt-quatre albums ont été vendus à plus de treize millions d’exemplaires. Les petits écoliers de Chessy ont une école qui s’appelle Cornélius en hommage à la famille de Brunhoff qui habitait dans une belle villa. Babar c’est une superbe réussite française un peu à l’image d’Astérix d’un autre grand génie, René Goscinny avec Albert Uderzo.

Ma note : 5 sardines

Ce n’est pas mon meilleur article car j’ai eu beaucoup de mal à synthétiser en quoi ce livre m’a passionnée. Mon ami Anthony de la box littéraire La Kube me l’a recommandé comme l’un de ses coups de cœur.

C’est une biographie « éléphantastique » pour reprendre le bon mot d’un critique d’art, que je vais me dépêcher de transmettre à ma mère. C’est elle qui m’a transmis le goût pour l’Histoire et la culture générale. Comme elle était de corvée de costume Babar pour le carnaval en maternelle, je pense que c’est une belle récompense de lui offrir ce livre.

D’autres articles du blog Le bal littéraire des sardines sur le même sujet :

– Heléna Rubinstein, la femme qui révolutionna l’industrie de la beauté

-René Goscinny, le génie du rire, patrimoine français

Retrouver tout un pan de sa mémoire familiale à travers une exposition sur l’exode

Cinq livres pour enfants à placer dans leur coffre à jouets

Biographies et autobiographies

Faire fortune en magnifiant la femme : le parcours gagnant d’Helena Rubinstein

Faire fortune en magnifiant la femme

A la fin du confinement, il me fallait des livres gros comme des pavés pour oublier les gestes barrières indispensables mais contraignants ainsi que l’ambiance surréaliste dans le métro. Je me suis donc plongée dans les livres et je me suis constituée une pile à lire comme trousse de secours pour vivre cette épreuve morale du dé-confinement.

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Cette biographie, je la recommande souvent aux lecteurs de la Kube car elle présente plusieurs avantages : bien écrite, elle raconte la vie d’une femme célèbre, qui a fait fortune comme femme d’affaires dans un monde d’hommes.

Helena Rubinstein aurait pu être une Culottée de Pénélope Bagieu dans son recueil de biographies de femmes en BD. Je note qu’une majorité de lectrices de la Kube recherche des biographies de femmes pour se prouver que c’est possible de briser le plafond de verre, de rêver qu’un jour,elles auront un salaire équivalent, à compétences et charge de travail équivalentes.

Pour la petite histoire, quand je suis arrivée à Paris il y a quinze ans, une fois mon bac en poche, j’ai vécu dans un super foyer international La Vigie sur l’île Saint-Louis. Quand je l’ai visité, j’ai su que certaines femmes d’affaires mondialement connues comme Helena Rubinstein ou Estée Lauder étaient tellement riches qu’elles avaient des appartements de fou avec terrasses gigantesques, quai de Béthune, l’une des plus belles adresses au monde. Cela m’a bien encouragée.

Si vous avez loupé comme moi la géniale rétrospective qui lui était consacrée au MAHJ, cette biographie vous permettra de faire connaissance avec ce monstre de l’industrie cosmétique, mécène des plus grandes avants-gardes artistiques. Ce livre écrit par Michèle Fitoussi est un portrait juste et authentique d’une femme très douée pour les affaires mais épouvantable avec son personnel. C’est tout sauf une hagiographie du personnage et c’est une qualité que j’apprécie beaucoup dans le domaine des biographies.

C’est un livre passionnant qui montre le développement de l’industrie des cosmétiques en Occident de Melbourne à Tel-Aviv en passant par Londres, Paris et New-York. Helena Rubinstein a aussi marqué de son nom prestigieux l’histoire de l’art par son mécénat exceptionnel et incontournable.

J’aime beaucoup les rétrospectives du MAHJ consacrées à un artiste juif comme celle de René Goscinny en 2018, sujet d’un article dans ce blog bien évidemment.

Helena Rubinstein a un parcours un peu similaire à celui de Madam CJ Walker, mise en lumière par la série à succès Self-made sur Netflix.

Retrouvez d’autres chroniques de biographies sur mon blog :

– Zidane en lettres d’or

Découvrir Madame CJ Walker dans un biopic savoureux

Mes coups de coeur Netflix

 

 

 

Biographies et autobiographies

Zidane en lettres d’or

Cette biographie n’a pas vraiment de titre. Elle raconte dix-huit ans d’amitié entre Zinédine Zidane, le champion devenu entraîneur du Real Madrid et Frédéric Hermel, journaliste sportif ch’ti, correspondant de RMC sport en Espagne.

J’ai entendu parler de ce livre dans l’émission C à vous sur France 5 où l’auteur expliquait son analyse du fameux coup de boule donné en finale de coupe du monde mais en fin de compte, ce n’est pas le plus intéressant dans cette biographie.

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Frédéric Hermel

Flammarion

288 pages

19,90€

Ceci est tout sauf une biographie objective, distanciée de son sujet. C’est une véritable hagiographie (une biographie très élogieuse, comme la rédaction de la vie des saints). Les biographies, c’est un peu mon domaine de prédilection quand je collabore avec la box littéraire Kube.

Malgré son ton dithyrambique et ses envolées lyriques, ses déclarations d’amour à chaque page, j’ai bien aimé certains passages de ce livre dont je vous parle ici. J’ai de la sympathie pour Zidane, ce footballeur discret, mari et père de famille modèle. Je connais sa vie pour avoir lu une ou deux biographies. En 1998, j’avais onze ans et j’ai regardé un documentaire sur lui avec mon père réalisé par Dominique Le Glou de Stade 2.

Ce livre m’a rappelé des souvenirs heureux quand on se régalait en famille devant ses roulettes et autres prouesses techniques. Ou alors quand Nizar, un de mes camarades de classe bien sympas en 3eme s’autoproclamait Zidane quand il donnait une bonne réponse en cours de maths.

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Zinédine Zidane avec ses parents Malika et Smaïl

Zidane est l’ambassadeur de Marseille même s’il n’y vit plus depuis trente ans. Il symbolise la réussite des centres de formation français, de l’ascension sociale possible même quand on vient d’une famille très pauvre des quartiers Nord de Marseille.

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Il est multi-millionnaire mais garde la tête froide et se rappelle d’où il vient. Le chapitre où Frédéric Hermel raconte comment un club lui a offert une première voiture toute simple est touchant.

Il rend hommage au père de Zidane, Smaïl comme à ses premiers entraîneurs qui ne roulaient pas sur l’or mais qui se dévouaient pour lui.

Je vais mettre l’autobiographie du papa de ZZ dans ma pile à lire car il a une histoire personnelle assez édifiante : Sur les chemins de pierres, éditions Michel Laffon. 

Cette biographie s’adresse avant tout aux passionnés du Real de Madrid même si elle raconte aussi quelques anecdotes savoureuses en équipe de France. Elle raconte les affres du métier d’entraîneur car on ne lui fait pas de cadeau à Zizou, même quand il gagne un trophée avec son équipe.

Ce livre ce sont aussi les confidences d’un père de famille qui s’inquiète des retombées de la médiatisation, de l’argent qui coule à flots pour ses quatre garçons, futurs footballeurs talentueux comme lui. Il rend hommage à l’épouse de Zidane, Véronique, qui est son roc depuis ses débuts de footballeur et c’est beau à lire.

Cette biographie mérite bien une note de trois sardines : des anecdotes émouvantes mais des longueurs sur le Real de Madrid et le métier d’entraîneur.

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Zidane est avec Marcel Pagnol, le meilleur ambassadeur de Marseille, retrouvez ici mon carnet de voyages de cette ville de football !

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Biographies et autobiographies

La tolérance ne sauve pas, l’amour oui !

Il est fréquent que les Kubers à qui j’ai recommandé ce livre m’envoient une petite carte pour me dire que ce livre les a touché. Il faut dire que ça démarre fort dès le premier chapitre.

La petite fille à la balançoire

Frédérique Bedos avec Valérie Peyronnat

Les arènes

2013

223 pages

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La petite fille à la balançoire, c’est l’histoire vraie de Frédérique Bedos, animatrice de télévision bien connue. Elle a grandi, ballottée par une mère bohème et un peu perdue entre Paris et Lille dans les années 1970, accueillies par une famille d’accueil extraordinaire sur les conseils d’un prêtre.

Le premier chapitre raconte l’histoire d’amour de ses parents telle que sa mère lui a raconté, elle ne sait pas bien où est la part de rêve et où est la vérité. Ce que l’on comprend, c’est que vers la quarantaine, elle va chercher en vain son père à Haïti.

Ce témoignage ne sert pas à faire pleurer dans les chaumières même s’il pourrait tant j’ai été révoltée à certains moments par les responsabilités colossales sur les épaules de cette petite fille.

Frédérique Bedos raconte avec justesse et amour, sans aucun apitoiement sur son sort, la misère économique et affective vécue avec sa maman. Elle a fait preuve d’une résilience incroyable pour aimer sa mère tout en se protégeant d’elle, en lui rendant hommage dans ce livre avec des mots justes pour montrer tout son amour, sa lumière malgré la démence.

Pourtant, se retrouver dans une telle situation de co-dépendance : devenir la maman de sa maman a eu des conséquences terribles sur sa santé morale et psychique. Un scanner lui a montré l’étendue des dégâts du choc post-traumatique sur son cerveau.

Heureusement, cette petite fille à la dérive a été prise en charge par une famille d’accueil extraordinaire qui vivait l’Évangile et qui ne comptait plus les enfants qu’elle recueillait : des petites filles khmères, une petite fille sourde maltraitée, un bébé né sans bras ni jambes, un petit garçon africain défiguré…

Comme un miracle de Jésus pour nourrir une immense foule avec deux pains et cinq poissons, cette famille a vu ses ressources financières se multiplier en fonction de ses besoins pour nourrir ces enfants, les loger dans une maison plus grande…

Cette famille d’accueil sera d’ailleurs le premier sujet de la série de documentaires du projet Imagine, fondée par Frédérique Bedos, une fois qu’elle aura été lassée du monde de paillettes de la télévision qui ne la comblait plus. Elle a longtemps traversé une longue période de traversée du désert quand le téléphone ne sonnait plus.

J’ai beaucoup aimé ce témoignage qui raconte comment une petite fille s’est sauvée de l’insécurité affective permanente : des violences conjugales d’un énième beau-père patibulaire grâce à l’amour.

Elle conclut son témoignage par une très belle phrase : si les parents de sa famille d’accueil l’avaient seulement toléré pour l’argent ou par pitié, ça ne l’aurait pas sauvé mais l’amour oui !

Frédérique Bedos a connu des moments vraiment très sombres à cause de son histoire familiale très déstabilisante : la séparation brutale par deux fois avec ses demies-soeurs, ne pas connaître son père qui l’ont amené à sombrer plus tard une fois adulte. Mais elle partageait avec sa mère d’adoption une foi solide en Jésus dont elle témoigne volontiers dans les médias.