Expos

Les bords de Marne sublimés par Willy Ronis au musée de Nogent

Hier, j’ai visité avec ma compatriote dromoise Marion, l’exposition Willy Ronis : La banlieue-est sous l’oeil du maître, au musée intercommunal de Nogent sur Marne. J’ai découvert cette expo et donc ce musée grâce à l’office de tourisme du Val de Marne qui se trouve à Vincennes.

J’aime énormément la photographie humaniste de Willy Ronis que j’ai découvert en 2005 à mon arrivée à Paris quand la mairie de Paris organisa pour lui une grande rétrospective de son œuvre. Elle a réunit plus de 500 000 visiteurs.

Droits réservés Le Parisien

Le musée est un peu excentré par rapport au centre-ville mais il se trouve juste à côté de la médiathèque de la ville et surtout son entrée est gratuite, ce qui était une belle surprise ! L’exposition est assez courte mais elle est introduite par une salle avec de nombreux tableaux, affiches de music-hall qui célèbrent les plaisirs de l’eau en bord de Marne depuis le 19eme siècle.

C’est véritablement à partir de 1947, après-guerre, que les Parisiens se laisseront gagner par l’euphorie de la liberté dans les guinguettes des bords de Marne. Les plus belles photos humanistes de Willy Ronis datent des années 1950 : Le petit Parisien avec sa baguette de pain, Chez Maxe à Joinville le Pont…

Cette exposition de qualité s’est efforcée de mettre en valeur l’histoire d’amour de Willy et sa femme Marie-Anne Lansieux, artiste plasticienne. Willy Ronis a beaucoup photographié les rives de Nogent-sur-Marne vers 1986 car sa femme est alors entrée en maison de retraite dans cette ville.

L’ affiche de l’exposition est particulièrement efficace. Elle illustre bien la luxuriance de la nature des bords de Marne. Cette possibilité d’évasion nature est d’ailleurs pleinement exploitée par l’office du tourisme dont le solgan du site Cap sur la Marne est le Paris du grand air.

D’ailleurs, quand nous avons pu enfin dé-confiner en mai 2020 mais qu’il restait des restrictions de kilomètres, la première idée que nous avons eu est d’aller se balader en famille sur les berges de Marne entre Joinville le Pont et Nogent sur Marne.

Le Val de Marne est un trésor qui regorge de bonnes idées de balades nature, de découvertes culturelles que nous allons nous employer à visiter en 2025. Dimanche dernier, nous sommes allés à une journée découverte pour les familles de l’hippodrome de Vincennes. Aux beaux jours, nous retournerons surement du côté de Noisiel et de la chocolaterie Meunier tellement c’est un bel endroit !

Et vous quels sont les coins du Val de Marne que vous aimez particulièrement?

Retrouvez ici mes derniers articles consacrés aux excursions nature en Ile de France :

-Fontainebleau : une parenthèse enchantée à l’Ascension.

-Cinq endroits nature pour s’évader autour de Paris

Ile de France et Paris·Sociologie

Embarquez pour un voyage de rêve à bord de l’Orient Express à Gare d’Austerlitz !

Depuis début janvier, je me rends à mon nouveau lieu de travail qui se trouve entre la gare de Lyon et la gare d’Austerlitz. J’ai aperçu le mythique Orient express sur le quai de la gare d’Austerlitz.

Hasard du calendrier, je visionne sur Youtube sans doute l’un des meilleurs vlogs de Léna situations qui se déroule à bord de ce train, le plus cher au monde.

Quand le roi des trains inspire la reine du crime : Agatha Christie.

J’ai beaucoup aimé son vlog pour sa référence au roman Le crime de l’Orient express, écrit en 1934 par Agatha Christie. Je pense que comme la série Lupin avec l’oeuvre de Maurice Leblanc, Léna va inciter les jeunes générations à découvrir des classiques littéraires.

Venise n’est pas une ville qui m’attire beaucoup mais Léna et Seb ont su en montrer ses atouts entre promenades en gondole, confection de masques vénitiens et départ à la gare en bateau-taxi.

Ils ont voyagé dans une cabine ultra luxe avec majordome H24, dîner privé servi dans la cabine avec champagne et caviar au goûter. Les boiseries de la salle de bain étaient tout simplement dignes d’un rêve. Ils avaient un dress-code pour aller dîner le soir au wagon-restaurant et au fumoir du train. C’est pas la même chose que le sandwich triangle immonde que nous sert la SNCF au wagon-bar !

La valeur ajoutée de ce beau vlog patrimonial est la séquence émotions quand Léna qui est si généreuse cueille littéralement le youtubeur passionné de trains en lui offrant le voyage d’une vie à bord de l’Orient express.

Si l’envie vous vient de vous offrir ce cadeau unique : le lien vers la compagnie ferroviaire de l’Orient-Express.

Voyager au bord de l’Orient -express c’est tout un art de vivre avec les décors de Lalique qui datent des années 1920, son esthétique bleu nuit avec lettres dorées inspirées par le costume des chasseurs alpins de son premier propriétaire vers 1883.

Son histoire est forcément liée à la géopolitique du 20eme siècle. Ce train mythique a traversé l’Europe de Paris à Istambul en passant par Venise, Vienne, Budapest ou notre chère Bulgarie. On se croirait dans le jeu de société Ticket to ride.

Moi aussi, j’ai un petit coup de coeur pour un train corail. Il relie Lyon à Marseille en quatre heures avec un grand nombre d’arrêts entre les vignes et le Rhône notamment une belle carte postale à Tain L’Hermitage. On se croirait dans un décor de Wes Anderson.

Quand je rentre du travail le soir, j’aime admirer cette belle tour clocher de la gare de Lyon. Elle est typique du Paris 1900, date de l’inauguration du métropolitain dans la capitale. Les chiffres romains de son horloge (peints à la main) font plus d’un mètre de haut chacun.

Le beffroi culmine à 61 mètres de haut. Cette gare est classée aux monuments historiques pour ses fresques dans le grand hall ainsi que son fameux restaurant de style Second empire : Le train bleu. La gare de Lyon a accueilli des tournages de films mythiques : La traversée de Paris, L’homme de Rio ainsi que La boum 2 avec la mythique scène d’adieux entre les parents de Vic.

En 2025, mon trajet quotidien pour aller au travail entre Gare de Lyon et Gare d’Austerlitz vaut tout autant que mon ancien quartier de travail : Panthéon-Luxembourg.

Séries

Ces films et séries que j’ai regardé pendant les vacances de Noël

Je vous le dis tout de suite aucuns films de Noël dans cette sélection. Non pas que je les dénigre particulièrement mais je suis totalement hermétique au genre. Je ne comprends pas le principe, la trame narrative est toujours la même, je sais d’avance que je vais m’ennuyer.

Par contre, je me suis régalée à écrire un billet sur les souvenirs de l’attente de Noël dans mon enfance.

J’aime beaucoup cette période de fêtes où l’on fait un vrai break pour retrouver l’endroit d’où l’on vient et passer du temps en famille. Pour nous, ce fut cinq jours à Saint-Péray et Valence, chez mes parents. On a bien mangé bien sûr, mais surtout on a joué sans cesse à un jeu de société Azul que j’avais offert à mes parents lors de la fête des mères et des pères.

Et on a regardé la télé le soir : j’ai revu pour la douzième fois La boum 2 et aussi L’étudiante avec Sophie Marceau et Vincent Lindon. Ce film qui date de 1986 a été conçu par la même équipe de scénaristes et tourné dans le même quartier que la Boum : Panthéon- Sorbonne – Henri IV ( le triangle d’or universitaire parisien). Je suis nostalgique car j’y ai travaillé pendant trois ans.

On a fait découvrir à mes parents le magistral film de Jean-Jacques Annaud : Notre Dame brûle pour se préparer à retrouver la cathédrale bientôt quand l’affluence se sera un peu tarie. Visiblement la réouverture de Notre-Dame vous fascine puisque mon petit article de mes impressions devant la télévision a été plébiscité en décembre. Merci !

© Cyril Moreau/Bestimage

Les films et séries que j’ai aimé regarder pendant les vacances de Noël.

Les séries et films américains qui valorisent l’armée et le sentiment patriotique.

Virgin river, saison 6 sur Netflix

Rien de nouveau dans cette petite série familiale qui raconte la vie d’une petite ville dans les montagnes de Californie. Les bons personnages sont très gentils, les méchants sont vraiment méchants mais j’aime bien regarder cette série un peu patriote et pleine de bons sentiments. Le cadre naturel est vraiment magnifique, la maison de Mel Monroe est ravissante !

Elle raconte la réinsertion dans la vie civile d’une compagnie de Marines qui a combattu en Irak et en Afghanistan. Cela fait écho à une autobiographie bouleversante que j’ai lu en décembre : L’amour me relève chaque jour de Marc Bruneteau, éditions Mame. C’est l’histoire d’un militaire qui a vécu des attentats-kamikazes et qui est revenu du front avec des traumatismes psychiques terribles. Ce livre raconte comment sa famille l’a soutenu dans ce tsunami émotionnel.

J’ai bien aimé cette saison les premières épisodes avec le procès de Preacher, le meilleur ami de Jack. Il a dû venir en aide à une femme victime de violences conjugales et il a dû faire des choix cornéliens. J’ai trouvé que c’était bien traité dans cette série et que ça faisait malheureusement écho à l’actualité sociale partout dans le monde.

Messagères de guerre avec Kerry Washington, Netflix

J’ai beaucoup aimé ce film historique qui est une histoire vraie. Celle du bataillon 6888, des femmes soldats afro-américaines. Elles ont subi le racisme au sein de l’armée et on les a envoyé à l’arrière du front en Europe pour redistribuer 17 millions de lettres et colis.

Bob Mahoney/Perry Well Films 2/Courtesy of Netflix

Ce retard accumulé sur trois ans minait beaucoup le moral des soldats et de leurs familles sans nouvelles pendant de longs mois. Ce bataillon mené par Charity Adams, magnifiquement interprétée par Kerry Washington a réussi cette mission impossible en trois mois. Alors qu’elles vivaient dans des conditions inacceptables et que l’état-major américain les méprisait au plus haut point.

A la fin du film, le discours de Michelle et Barack Obama qui les décorent est très poignant. On voit les dernières femmes du bataillon encore en vie se réunir avec leurs chaises roulantes. Un très beau film historique à montrer aux adolescents pour le devoir de mémoire.

Les séries françaises basées sur la famille et les relations.

Fais pas ci, Fais pas ça : On va marcher sur la lune, France 2

Bon visiblement, les spectateurs n’ont pas été au rendez-vous : seulement 2.6 millions de spectateurs pour suivre la conquête spatiale des Bouley et des Lepic. Mais moi j’ai été convaincue !

Je me suis laissée séduire par cette histoire de voyage citoyen dans l’espace car j’aime énormément le jeu de ces quatre comédiens. Je les trouve immensément drôles et bons acteurs. Pour moi, ce sont quatre locomotives qui excellent à la télévision et au théâtre. Ils ont une puissance de jeu et une justesse bien au dessus des seconds rôles joués par leurs enfants.

HPI, saison 4 sur TF1 avec Audrey Fleurot et Medhi Nebbou, Bruno Sanches…

Bon je triche un peu car je l’avais déja regardée en octobre. Mais j’aime tellement cette série que j’ai regardé à nouveau quelques épisodes pendant les fêtes. C’est ça la magie avec les séries : l’évolution des personnages. On s’attache à eux et on les voit évoluer.

La relation professionnelle et amicale de Karadec et Morgane est très plaisante à regarder, je dirais même qu’elle est enrichissante. Le principe de la série est de mettre en péril constamment cette relation pour la faire échouer sinon elle devient plan-plan et lasse les spectateurs : imaginez Morgane bien habillée en train de remplir sa déclaration d’impôts gentiment sur la table de son petit pavillon lillois.

Ils continuent à se vouvoyer, ils vont partager dans la prochaine saison la garde alternée d’un bébé qu’ils ont eu ensemble au cours d’une enquête sous LSD. Karadec est celui qui sait le mieux gérer Morgane pour qu’elle ne parte pas dans les tours à cause de ses émotions bouillonnantes. Elle l’aide à boucler ses enquêtes et à réunir des familles endeuillées. J’ai hâte de voir la suite dans la saison 5 qui finira en feu d’artifice, j’en suis persuadée.

Enfin, j’ai jeté un œil à la série Zorro avec Jean Dujardin, Audrey Dana et André Dussolier, c’était sympathique mais cela ne m’a pas beaucoup emballée, cela avait vraiment un air de déjà vu.

Et vous quels ont été vos films et vos séries favorites pendant les vacances de Noël ?

Les derniers articles du blog :

L’affaire Pélicot : quand la justice rappelle à la société les bornes à ne pas dépasser dans l’intimité du couple.

Un marathon d’expositions à Paris pour les fêtes de fin d’année.

-Pourquoi le roman graphique cartonne depuis dix ans ?

Sociologie

Affaire Pélicot : quand la justice somme la société de ne pas dépasser les bornes dans l’intimité du couple.

Comment tirer un bilan de 2024 sans parler du procès historique des viols de Mazan ou affaire Pélicot ?

J’ai découvert cette affaire sordide il y a quelques années dans Paris-Match et j’ai mis un mouchoir dessus : j’espérais tellement que ce soit un canular, une fake news tant une telle trahison dans un mariage uni me paraissait scabreuse. Et qu’ on trouve une telle quantité de gros pervers dans un rayon de 50 kilomètres pour participer à cette déviance m’a vraiment découragée de l’humanité. Mazan, c’est un petit village tranquille du Vaucluse.

Un procès historique car la victime de ces viols de masse est une septuagénaire qui proclame que la honte va changer de camp.

Début septembre, la France entière découvre le visage et le nom de Gisèle Pélicot bien protégée un premier temps par ses lunettes de soleil toutes rondes. Les artistes de street art vont rapidement en faire une icône dans leurs collages dans les grandes villes françaises. J’avoue que cela m’a fait du bien de voir les collages de Ladamequicolle à Toussaint à Lille.

Cet article ne va pas s’étendre sur les horreurs perpétrées par Dominique Pélicot et ses co-accusés. J’ai envie de souligner le rôle de tous ces anonymes qui ont refusé de laisser le champs libre aux violeurs, à ceux qui intimident les femmes dans la rue par leurs propos graveleux ou ceux qui filment sous les jupes des femmes dans les supermarchés.

Ce vigile de supermarché qui a permis l’arrestation de Dominique Pélicot n’est pas un héros, il a fait son métier avec conscience professionnelle. Il n’a pas tergiversé, il a nommé un chat un chat et surtout il a encouragé une des clientes à porter plainte.

En septembre, souvent nous parlions du procès Pélicot à table entre collègues car nous avions besoin de digérer ce que nous entendions au journal télévisé et de se révolter ensemble sur cette forme de deshumanisation totalement banalisée.

J’espère que ce procès fera prendre conscience qu’un corps n’est pas un objet mais une personne dont on cherche le regard et donc le consentement.

Dans tout ce désordre éthique, j’ai beaucoup aimé l’éditorial d‘Antoine Nouis, qui est théologien : « La sexualité humaine diffère de la sexualité animale en ce que le partenaire n’est pas qu’un objet sexuel, il est d’abord un visage. Bibliquement, la sexualité n’est pas l’assouvissement d’un besoin, elle est la rencontre de deux solitudes, de deux visages qui se cherchent et se désirent, se rencontrent, s’unissent et parfois se réjouissent« .

Plus tôt dans l’année, j’avais lu l’essai de Thérèse Hargot sur les dommages irrémédiables de la pornographie dans l’imaginaire personnel des adolescents mais aussi des adultes.Il serait grand temps que la société fasse le tri dans son héritage idéologique hérité de Mai 1968 concernant la liberté sexuelle. La thèse de Thérèse Hargot que je partage c’est que la liberté sexuelle aliène beaucoup qu’elle épanouit. Quand elle part en cacahuètes, elle fait surtout de gros dégâts.

On a inventé la justice pour dépasser la vengeance, Béatrice Zavarro.

Trois femmes se sont détachées du lot dans ce procès historique : Gisèle Pélicot bien sûr mais aussi sa fille Caroline Darian, fondatrice de l’association M’endors pas contre la soumission chimique et Maitre Béatrice Zavarro, l’avocate de Dominique Pélicot. Dans son style sobre et authentique, cette petite dame d’1m45 a eu une stature morale remarquable et elle en imposait par ses mots et sa droiture.

Tout comme les avocats de Gisèle Pélicot : maîtres Stéphane Babonneau et maître Antoine Camus, cette avocate marseillaise qui a une longue expérience derrière elle, a plaidé avec humanité comme une équilibriste sur un fil bien des fois.

Les interventions de ces avocats et des journalistes de terrain ont aidé une France abasourdie par ce fait-divers à retrouver ses repères sur les notions de consentement, d’intimité conjugale, de sexualité.

En 1978, a eu lieu le procès de trois hommes qui ont violé deux femmes en couple dans les calanques marseillaises. Défendues par Gisèle Halimi, elles ont refusé le huit clos pour la même raison que Gisèle Pélicot : que la honte change de camp. Elles ont été insultées, menacées mais ce procès a permit une évolution sociale majeure sur la perception du viol.

« Ce qu’a fait Gisèle Pélicot, c’est un legs pour l’avenir« 

Elle a toujours dit que dans son malheur, elle avait une chance, c’est que les preuves concrètes de ce qu’elle a vécu existaient, car c’est beaucoup plus complexe dans d’autres dossiers. Elle n’a pas cessé, tout au long de ce procès, de nous dire qu’elle avait une pensée pour toutes les femmes, éventuellement les hommes, qui en ce moment font face, seuls, à la justice« 

En ce moment, a lieu le procès de Christophe Ruggia, le réalisateur qui a découvert la talentueuse actrice Adèle Haenel. Il l’a prise sous son aile d’une manière tout à fait déplacée et traumatisante. Gageons que les leçons du procès des viols de Mazan provoquent une onde de choc bénéfique pour les victimes de violences sexuelles comme Judith Godrèche ou Adèle Haenel.

Cela prend vraiment aux tripes d’entendre Adèle Haenel déclarer à la barre : Qui était là autour de cet enfant pour lui dire : ‘Ce n’est pas de ta faute. C’est de la manipulation. C’est de la violence’ ? », s’est interrogé l’actrice, en costume noir. « Tout le monde me demande de pleurer sur le sort de M. Ruggia. Mais qui s’est soucié de l’enfant ? Agresser des enfants comme ça, ça ne se fait pas. Ça a des conséquences. Personne n’a aidé cette enfant ».

Rappelons qu’ Adèle Haenel a été assez isolée dans son combat contre les violences sexuelles lors de la cérémonie des Césars en 2020. Aujourd’hui, il faudrait que toutes les actrices du cinéma français se lèvent et se barrent de la salle car elles ont ensemble un pouvoir qu’elles ne soupçonnent pas. Gisèle Pélicot l’a bien fait !

Expos

Un marathon d’expositions à Paris en fin d’année.

Cette semaine, je me suis sacrément motivée pour planifier quelques expositions que je n’avais pas eu le temps de voir au cours de l’hiver.

J’en ai ciblé deux : L’intimité, de la chambre aux réseaux sociaux au musée des Arts décoratifs le vendredi. Et le lendemain, c’est à dire le samedi matin, Astérix, l’expérience immersive à l’Atelier des lumières. J’ai choisi ces deux expositions car elles sont très populaires et concernent toutes les générations.

L’intimité, de la chambre aux réseaux sociaux, c’est une exposition à la fois anthropologique et philosophique comme le musée des Arts décoratifs sait les faire. J’ai visité l’exposition Goudemalion, la rétrospective de l’oeuvre de Jean-Paul Goude dans ce musée mais aussi celle consacrée à Babar en 2012.

Autant, j’ai beaucoup aimé la première partie de cette exposition, autant la suite après les parfums, m’a complètement désorientée.

Cette exposition montre l’évolution de la notion de vie privée et d’intimité à partir du 18eme siècle en Occident avec des tableaux de Fragonard comme le fameux Le verrou prêté par le musée du Louvre voisin. La scénographie très efficace à l’entrée de l’exposition est d’ailleurs construite autour de ce fameux verrou.

J’aime beaucoup les expositions de société avec des objets forts qui racontent une époque. Dans cette exposition, sont montrés des lits cages mais aussi des bidets, des produits de beauté, des photographies de qualité et même des livres d’anthropologie sur le corps et l’intimité…

Je me suis régalée avec les tableaux de Vuillard, Degas qui racontent si bien le quotidien du 19eme siècle. J’ai aussi beaucoup aimé le panneau avec des parfums emblématiques du 20eme siècle comme CK one de Calvin Klein, Opium d’YSL, J’adore de Dior, Anaïs Anaïs de Cacharel... que l’on pouvait sentir grâce à un capteur.

J’aurai bien dû mal à parler de la suite de l’exposition qui montrait des lits très design, des panneaux d’alarme et des écrans avec le compte Instagram de Léna Situations. Je trouve cela très bien que Léna entre au musée dans le cadre de cette exposition de société.

Elle a réussi à ouvrir la porte de sa chambre à ses abonnés sans tomber dans le voyeurisme type Loft story. La seconde partie de l’exposition ne montrait plus des objets emblématiques, c’était très fourre-tout et j’ai totalement perdu le fil …

Il faut dire aussi que mes conditions de visite n’étaient pas les meilleures : beaucoup de monde le vendredi vers 17 heures..J’avais le poids d’un âne mort dans mon sac à dos et pas de vestiaire à l’horizon. Et j’avais plus envie d’aller dans la rue admirer les lumières entre chien et loup du côté du jardin des Tuileries…comme il fait exceptionnellement beau ce jour-là.

Astérix, le voyage immersif à l’Atelier des Lumières.

Le lendemain, toute autre expérience beaucoup plus agréable à vivre ! J’avais réservé un créneau pour 11 heures avec ma fille. Nul besoin de faire la queue contrairement à notre précédente visite de l’exposition Tintin (on y était allé le dernier jour de visite aussi).

Tout est bien prévu pour les familles, un vestiaire surveillé pour les poussettes et un vestiaire à casiers qui ferment à clé pour les manteaux et tout le barda.

Il y avait du monde mais ce n’était pas un problème. Alors que j’avais noté cette exposition comme prioritaire dans mon bullet journal, j’ai failli écouter les mauvaises critiques comme quoi c’était un dessin animé insipide de vingt minutes. C’est complètement faux !

Bien sûr que c’est un film animé d’une vingtaine de minutes mais les effets sur les murs sont époustouflants. Le billet d’entrée est un peu cher mais il est mérité. Vous avez la possibilité de rester autant de temps que vous voulez si vous avez envie de voir le film deux ou trois fois d’affilée (je pense que deux fois suffiront).

L’atelier des lumières, le musée numérique qui met en valeur la BD comme oeuvre d’art

Je vous recommande cette expérience immersive car je trouve qu’elle révolutionne le statut du musée : les enfants peuvent toucher sans problème les murs car les oeuvres sont projetées au mur et sur les sols.

C’est une sortie culturelle très populaire, pas du tout élitiste dans laquelle toutes les générations peuvent retrouver leurs souvenirs de lecture. Je ne me déplace pas particulièrement pour les expositions de peinture à l’Atelier des lumières car les oeuvres d’art en deux dimensions me racontent moins de chose qu’une oeuvre de bande dessinée en mouvement.

Attention, l’exposition Astérix se termine le dimanche 5 janvier, Atelier des lumières, 38 rue Saint Maur, 75011 Paris

Walt Disney, le génial inventeur du concept de parc d’attraction

Moments de vie

Une année 2024 sur les rotules mais avec de beaux moments de vie…


Cette année 2024 est passée à la vitesse de l’éclair et il est déjà temps d’en faire un bilan.

J’ai enfin visité le stade de Roland-Garros après vingt ans de vie à Paris

Elle n’a pas été de tout repos pour nous, entre mauvaises conditions météo à Paris, forte charge mentale professionnelle à cause de l’inflation mondiale. Mais nous sommes reconnaissants à Dieu pour toutes les belles choses qui nous sont arrivées cette année et la manière dont il nous a protégé au quotidien.

2023 s’était terminée par un super séjour très ensoleillé à Marseille.

En janvier, nous avons eu la joie et la surprise de retrouver notre amie Tricia sur un marché de Noël à Saint-Denis en rendant visite à nos cousins.En février, j’ai été terrassée par la grippe pendant trois semaines mais nous avons trouvé une église formidable du côté de République.

En mars, nous sommes allés à Boulogne sur mer pour visiter le plus grand aquarium d’Europe et nous avons assisté au superbe concert de Sébastien Corn au temple du Marais. Avril a été un mois ensoleillé entre festival du livre Paris et lancement de la Bible de méditation par les femmes d’Afrique.

Le fameux escalier Renaissance du château de Fontainebleau

En mai, on a enfin visité le somptueux château de Fontainebleau et ses 1500 pièces. Puis avec nos copains Marion et Juju, on a filé à Moret sur Loing, un superbe village médiéval que l’on voulait visiter depuis longtemps.

En juin, j’ai vécu une journée de rêve avec deux collègues de travail pour la demi-finale femmes du tournoi de Roland Garros. La France a connu une vraie tension politique avec la dissolution de l’Assemblée nationale le 9 juin dernier. Heureusement, on a eu de chouettes fêtes de famille pour penser à autre chose.

En juillet, on a visité Disneyland Paris en famille sous 34 degrés mais c’était un bon souvenir. En août, nous avons passés nos traditionnelles vacances en Bulgarie en retrouvant tous les spots qu’ on aime visiter pour se ressourcer.

En septembre, ma fille et moi avons fait escale quelques jours à Valence, la ville de la gastronomie. Ma fille a commencé le théâtre le samedi matin dans un endroit chouette de la ville.

En octobre, on a fêté en famille nos dix ans de mariage dans le nouveau restaurant Ladurée du bois de Vincennes.

En novembre, on a mis à profit les ponts et les promos SNCF pour visiter Lille à la Toussaint et Deauville-Trouville le 11 novembre.

En 2024, j’ai aimé aller au cinéma pour Un p’tit truc en plus tourné à Valence et dans le Vercors. Les retrouvailles entre deux frères que tout oppose du film En fanfare m’a beaucoup émue. Je me suis régalée avec les chansons de Monsieur Aznavour, le chanteur favori de Mamie Annette.

Côté séries, j’ai aimé patienter avant les vacances de Noël avec l’épisode lunaire de Fais pas ci, Fais pas ça, sur France 2 et la saison 6 de Virgin River sur Netflix.

J’ai lu cette année trois romans marquants sans sortir de ma zone de confort. Sans surprise, il s’agit d’une biographie romancée d’Andrée Imbert, l’adorable cuisinière des Kennedy. J’aime énormément les éditions des Escales donc j’ai aussi lu Hôtel Nantucket, le meilleur des romans d’été pour se préparer aux vacances. Et enfin Retrouvailles à la librairie de Wellfleet grâce à Margaux de la Kube. Un superbe roman qui parle d’adoption et de retrouvailles vingt ans plus tard.

© Cyril Moreau/Bestimage

L’actualité de 2024 a marqué l’Histoire avec la cérémonie des JO de Paris 2024, l’ouverture du procès des viols de Mazan à Avignon où une femme extraordinaire a fait de son épreuve un combat et enfin la réouverture historique de Notre Dame de Paris après cinq années de travaux.

Côté artistique, Taylor Swift a conquit la France avec des concerts à guichets fermés à Paris et à Lyon en mai dernier. Et en octobre, la France s’est réveillée inconsolable d’apprendre la mort de Michel Blanc début octobre.

Fin décembre, je vais quitter le poste que j’ai occupé pendant trois ans et demie dans une maison d’édition. Je quitte des collègues et un quartier formidable, celui de Vic dans la Boum : Panthéon/Luxembourg. Mais le nouveau lieu de travail que je rejoins est tout aussi prometteur. Affaire à suivre…

Moments de vie

Noëls enfant, ces souvenirs qui comptent #nostalgie

Cette semaine, j’ai lu la newsletter bien inspirée d’une journaliste dont j’aime beaucoup la plume : Géraldine Dormoy.

Elle parlait de l’esprit de Noël avec une anecdote familiale qui m’a beaucoup parlé :

« Lorsque je ferme les yeux et que je plonge en mon for intérieur pour savoir ce que Noël m’évoque, la première image qui me vient est celle de moi, petite fille, en train de jouer avec ma sœur et ma cousine à l’Hippos Gloutons, un jeu de société qui fit fureur dans les années 80. On a moins de 10 ans, on est assises en robes et en collants clairs sur le parquet de l’appartement des grands-parents. On se déchaîne sur la manette devant nous, qui permet à notre hippo d’attraper le max de billes blanches. On joue frénétiquement, à en perdre haleine, on tape si fort sur la manette en plastique que l’une d’elles se brise au cours de la soirée. On s’en fout, on est trois, il y a quatre hippos, on peut continuer les parties, à peine moins fort. On joue dans l’entrée, au pied du sapin ruisselant de guirlandes scintillantes. L’appartement n’est pas grand, les parents n’en peuvent plus du boucan. Surexcitées, on ne les entend pas. Voilà, je crois qu’au fond, c’est encore ça pour moi Noël : l’ivresse d’un soir pas comme les autres, en famille, avec des cadeaux, de la gaité et une déco qui brille «  Voici le lien pour retrouver l’intégralité de son article.

Je suis persuadée que les jouets et les jeux de société ont une vraie importante dans la fabrication de nos souvenirs d’enfance liés à Noël. J’espère que ma fille se souviendra de ce Noël 2024 où elle participait à distribuer les pions de nos parties à la chaîne du jeu Azul.

Moi, je me souviens d’un Noël à Privas chez mes grands-parents paternels. Je devais avoir sept ou huit ans. J’avais pas bien aimé mon année scolaire de CP car elle s’est déroulée à Clermont-Ferrand et je n’aimais alors que Valence. Ce Noël en CE1 avait un goût heureux de retour à la normale.

On y retrouvait nos cousins marseillais qui ont cinq et sept ans de plus que moi. Ils connaissaient des blagues bêtes des Guignols de l’info, des Nuls, des Inconnus que l’on ne comprenait pas toujours mais comme on les admirait ….

Mon plus beau souvenir de Noël, c’est de voir ma famille réunie , les oncles et les tantes, les grands-parents, les cousins en train de jouer une partie de Mille-bornes totalement frénétique en attendant le début du repas. D’autant plus que ce n’était pas dans leurs habitudes de s’exciter comme des enfants à un jeu de société. Je ne connaissais pas vraiment ce jeu mais je l’ai aimé instantanément.

Puis le repas s’est passé et tout le monde est allé se faire une beauté dans la salle de bains en attendant la remise des cadeaux. Mon grand-père nous a même partagé un peu de son eau de Cologne car le soir de Noël était un soir pas comme les autres…

Et vous quels sont vos plus beaux souvenirs d’enfance en lien avec Noël ?

BD & romans graphiques

Pourquoi le roman graphique cartonne depuis dix ans ?

Il y a peu j’ai chroniqué dans ce blog le roman graphique Suzanne, éditions Ankama, une biographie en BD de la championne de tennis Suzanne Lenglen.

J’ai aimé le rythme frénétique de la narration calqué sur le suspens d’un match de tennis et j’ai beaucoup appris sur elle et sur son contexte historique.

J’ai alors réalisé que le roman graphique était vraiment l’un des genres littéraires que j’aimais le plus lire.

Enquête sur un phénomène éditorial en ascension fulgurante depuis dix ans mais qui existe depuis les années 1970.

Le roman graphique se distingue de l’album traditionnel de BD par son format plus épais car la pagination est plus importante. On mise alors sur un travail et un langage personnel de la part de l’auteur. La narration est plus longue, l’histoire se veut conclusive.

Une nouvelle forme de biographie

Les romans graphiques que je préfère lire sont ceux qui sont dotés d’un dossier documentaire à la fin avec des photographies d’archives en noir et blanc. Pour moi, c’est vraiment cette caractéristique documentaire qui définit un roman graphique.

Parfois même, le livre est une commande passée par un musée ou une institution comme le mémorial de la Shoah pour Retour à Birkenau de Ginette Kolinka, le musée de l’armée pour Missak Manouchian, éditions les Arènes ou encore la fondation John Bost qui a passé commande aux éditions La boite à bulles.

Il y a des romans graphiques qui marchent très bien comme L’arabe du futur de Riad Sattouf qui a apporté 800 000 lecteurs aux éditions Allary ou alors Les strates, l’autobiographie juvénile de Pénélope Bagieu qui a attiré plus de 80 000 lecteurs (comme l’analysait Vincent Brunner dans son article des Inrockuptibles, daté du 12 janvier 2022).

La production de romans graphiques est en forte hausse depuis une décennie mais toutes les productions ne sont pas toutes rentables et bien identifiées parmi l’offre de BD publiées chaque année.

Comme pour les romans, le lectorat du roman graphique et majoritairement féminin. J’ai remarqué que comme pour les chanteuses : Suzanne, Pomme, Angèle, on titre les biographies de femmes illustres par leur prénom : Suzanne (Lenglen), Dulcie (September, éditions Futuropolis) pour créer un lien affectif avec le sujet de ces romans graphiques.

Il y a clairement une volonté éditoriale de surfer sur le succès des Culottées, éditions Gallimard. Ces deux tomes ont cumulé pas moins de 500 000 ventes et ont même fait l’objet d’une adaptation en dessin animé.

Mais j’aime énormément les séries d’albums BD car on s’attache vite aux personnages et à leurs univers. Cela fidélise le lectorat… et assure le jackpot à leurs éditeurs sur plusieurs générations.

Je suis aux aguets quand parait un nouvel album de Cédric, Les tuniques bleues ou Le petit Spirou car je suis nostalgique de mes lectures d’enfant et j’ai envie de les transmettre à ma fille. Grâce à mon travail, j’ai découvert les albums de Loupio, édités par Mame. C’est un jeune troubadour orphelin au temps de Saint François d’Assise. Cela me rappelle une série Johan et Pirlouit que j’aimais beaucoup.

Dans un prochain article, il m’a paru essentiel de rendre hommage à Bernadette Desprès, l’illustratrice phare de Tom-Tom et Nana, une série de J’aime lire, éditée par Bayard.

Et vous êtes vous plutôt team albums ou team romans graphiques?

Séries

Ils ont toujours été un peu dans la lune : le nouvel épisode de Noël de Fais pas ci, fais pas ça le 18 décembre

Je me suis régalée de regarder en avant première sur France tv l’épisode inédit de Fais pas çi, fais pas ça: On va marcher sur la lune. Et j’avais envie de vous partager mon avis pour vous encourager à ne pas manquer ce bon moment de comédie mercredi 18 décembre.

Autant le précédent épisode de Noël réalisé il y a quatre ans ne m’avait pas convaincue du tout, autant ce nouvel épisode un peu rêveur qui parle de conquête spatiale m’a plu du début à la fin.

Le résumé :

Nous retrouvons les familles Bouley et Lepic cinq ans après les avoir quittées lors du premier Noël après le confinement. Le temps a passé, les enfants ont encore grandi, ils ont quitté les maisons familiales, ils vivent leurs vies… et leurs parents ont vieilli.

Pour leur redonner du souffle et les aider à donner un nouveau sens à leurs vies, les enfants inscrivent leurs parents à un grand concours organisé par l’Agence spatiale européenne. Fabienne, Renaud, Valérie et Denis vont participer à un protocole expérimental destiné à former des citoyens non professionnels à aller sur la Lune. Et contre toute attente, ils sont choisis…

Mon avis :

J’ai vraiment été convaincue par la qualité du scénario et les dialogues assez ciselés. L’histoire se resserre autour des deux couples qui vont viser la lune pour tromper l’ennui comme leurs enfants ont moins besoin d’eux. Les enfants Lepic et Bouley sont des seconds rôles dans cette histoire mais j’ai bien aimé leurs débordements d’émotions dans cette folle aventure qu’ils ont initié.

Cet épisode inédit est une véritable réussite car il fait appel à nos vieux rêves d’enfants qui sont universels.

Tout le monde a capté la référence aux albums de Tintin : Objectif lune et On a marché sur la lune réalisés par Hergé, éditions Casterman.

Je vous recommande donc ce beau moment de comédie en famille mercredi.

Pour l’anecdote, Fais pas ci, Fais pas ça a fait de nombreuses blagues il y a une dizaine d’années sur l’arrivée au pouvoir de François Bayrou. C’est chose faite désormais. Fais pas çi, Fais pas ça est donc une série familiale qui sonde au plus juste la société française !

Ile de France et Paris

Une journée historique pour la réouverture de Notre Dame de Paris, après 5 ans de travaux le 7 et 8 décembre 2024

Best Image/Cyril Moreau

Cinq mois après la cérémonie d’ouverture des jeux olympiques de Paris 2024, Paris est à nouveau sous les feux des projecteurs internationaux.

Les jeux olympiques, les cathédrales sont des trésors intemporels et immuables qui rassurent les gens face à un monde en constante mutation à l’ère des réseaux sociaux. J’ai donc passé une bonne partie de mon après midi et début de soirée devant France 2 et ses émissions spéciales.

J’ai beaucoup aimé les interventions de Laurent Voulzy et Stéphane Bern, deux amoureux des cathédrales qui en parlent si bien dans leurs chansons ou leurs émissions historiques. La séance photo avec tous les dirigeants internationaux était un peu longuette.

Mais force est de constater que Notre Dame sert la géopolitique actuelle en réunissant le futur president des Etats-Unis, le président ukrainien, le président Macron qui s’est servi de la réouverture de la cathédrale pour redorer son propre blason en pleine errance politique.

C’est le pape François qui était l’autorité la plus compétente pour présider ces cérémonies. Mais je salue son geste politique de privilégier la Corse en se revendiquant comme le pape des migrants. J’ai trouvé émouvant les applaudissements qui ont accueilli le président ukrainien qui est allé faire une franche accolade au président polonais. Leur camaraderie avait l’air authentique. L’absence de dirigeants espagnols, grand pays catholique et voisin de l’Europe m’a parue assez énigmatique.

J’ai vraiment été touchée par l’ovation faite pendant de longues minutes aux pompiers de Paris et aux compagnons qui ont restauré avec brio Notre Dame de Paris.

C’était sans nul doute le plus beau moment de la cérémonie. Il faut dire qu’ils ont pris les bonnes décisions la fameuse nuit de l’incendie et ils ont pris des sacrés risques.

Pour avoir monté les marches des deux tours pour voir le panorama de Notre Dame avec ses célèbres gargouilles, les escaliers sont vraiment étroits. C’est vraiment un acte héroïque de leur part de monter au pas de course ces marches quand la chaleur est suffocante et que la mort rode sous un matériel d’une quinzaine de kilos.

Donner peu ou beaucoup d’argent avec son coeur car Notre-Dame ne pouvait pas disparaître

Chacun a un lien particulier avec Notre Dame de Paris. C’était très émouvant ces petits enfants interviewés à la télévision qui racontaient leur fascination pour la cathédrale lors d’une promenade en famille en bateaux mouches.

On a beaucoup critiqué les sommes considérables données par de riches mécènes français ou américains. Mais tout de même , c’est touchant ces 340 000 donateurs du monde entier qui ont ainsi déclaré leur flamme à cette cathédrale, le berceau de toute une civilisation.

C’était une magnifique cérémonie où il est rare de voir un archevêque donner neuf coups de crosse sur les portes d’une cathédrale. Le moment était très solennel avec la chorale d’enfants.

J’ai beaucoup aimé les tenues dessinées par le couturier Jean-Charles de Castelbajac, qui est un croyant revendiqué. Il avait déjà conçu les vêtements liturgiques du pape Jean-Paul II lors des JMJ en 1997.

Moi même quand je suis venue visiter Paris en famille quand j’avais dix ans, j’ai été plus impressionnée par Notre Dame de Paris que par le Louvre ou l’arc de triomphe. Ma tante m’avait offert un Découvertes Gallimard sur les cathédrales pour ma communion en CM2.

On ne peut pas dire que je l’ai particulièrement lu mais je le garde avec moi dans tous mes déménagements. C’est un souvenir de mon enfance quand on braillait dans la cour de récréation Il est venu le temps des cathédrales et les autres chants de la comédie musicale Notre Dame de Paris.

Puis en 2005, j’ai réussi le concours de l’Ecole du Louvre et j’ai vécu deux ans dans un foyer de filles sur l‘Ile Saint Louis. Quel privilège de pouvoir aller entre copines dès qu’on voulait à l’intérieur de Notre Dame car c’était à deux pas du foyer. Des fois, quand on sortait le soir les week-ends on passait toujours par le parvis de la cathédrale car cela symbolisait notre Paris, le nôtre, pas celui des touristes.

Pendant les cinq ans de la reconstruction de Notre Dame de Paris, ce qui m’a le plus manqué c’est de ne pas pouvoir aller dans le square qui est collé à la cathédrale. C’est à la pointe de l’île de la Cité avec son pont qui la relie à l’île Saint-Louis. Une scène d’un de mes films favoris Julie and Julia y a été tourné mais aussi Midnight in Paris de Woody Allen.

Julie and Julia avec Meryl Streep et Stanley Tucci, Copyright Sony Pictures Releasing France

Fin décembre, nous irons nous balader avec notre famille de Bulgarie dans le quartier de Notre Dame de Paris. Peut être que nous pourrons rentrer à l’intérieur.

Cette reconstruction est très symbolique pour le monde entier : l’incendie a provoqué une tristesse universelle dans le monde entier. Une de mes collègues, Sophie, m’a raconté se souvenir d’un immense silence plombant dans le métro les jours suivants car les gens étaient choqués par les images terribles qu’ils avaient vu le 15 avril 2019.

Avec cette cérémonie diffusée dans plus de 150 pays, l’espoir renait. Les hommes peuvent se réunir autour des cathédrales pour reconstruire ce que le feu a détruit.

Retrouvez-ici mes précédents articles consacrés à la beauté de Paris, ma ville d’adoption depuis bientôt vingt ans.

-Mon nouveau quartier de travail : Panthéon-Luxembourg en 10 photos

-Quitter Paris pour aller vivre à Fontenay sous bois

-Visiter le Panthéon, l’un des plus vieux rooftops de Paris