Romans

Les anges et tous les saints, la difficulté d’être une sœur.

En ce moment, je peine à trouver un bon roman à dévorer : un sujet thématique intéressant, des personnages qui évoluent au fil de l’histoire, un cadre historique et géographique qui me fait rêver… Je suis une cliente assez difficile pour la littérature, la BD actuelle répond mieux à mes attentes.

Alors je relis les romans de Marie-Aude Murail : Sauveur et fils, Oh boy tellement bien écrits pour leur empathie envers les enfants et aussi je découvre l’oeuvre de J.C Sullivan, une auteure et journaliste new-yorkaise qui excelle dans l’analyse psychologique de ses personnages.

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Elle a écrit quatre romans, j’en ai lu trois : Maine, Les liens du mariage et son dernier paru en français en 2018 : Les anges et tous les saints. J’ai abandonné la lecture de son premier livre Les débutantes (cet univers d’université de filles dans les années 1980 ne m’a pas passionnée).

J’ai lu Les anges et tous les saints il y a trois semaines dans le train et j’ y repense de temps en temps. C’est le signe d’un bon roman et c’est l’un de mes critères principaux pour chroniquer de la littérature dans ce blog.

Ce n’était pas gagné au début car l’auteure a fait une sacrée impasse sur la situation initiale. Le roman débute sur les chapeaux de roue avec l’annonce faite à une vieille dame, Nora, que son fils de cinquante ans, Patrick, est mort dans un accident de voiture.

Je ne comprenais pas trop qui étaient ce Patrick et cette Nora, alors j’ai sauté un chapitre pour enfin m’attacher à l’histoire de Nora et sa sœur qui ont fui la précarité en Irlande dans les années 1950 pour tenter leur chance à Boston en rejoignant le fiancé de Nora, Charlie et sa famille.

Les anges et tous les saints

J.C Sullivan

Editions rue Fromentin

2018

413 pages

23€

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Le résumé :

Dans les années 1950, deux sœurs irlandaises aux caractères diamétralement opposés embarquent pour les Etats-Unis à la recherche d’une vie meilleure. Nora, l’aînée fera un mariage de raison avec Charlie, Theresa cherche à profiter de sa jeunesse avec insouciance et légèreté.

Le sens du devoir poussera Nora à prendre les responsabilités qui incombaient à Theresa. C’est un roman passionnant qui raconte les conséquences d’un secret de famille  non révélé aux trois enfants de Nora : Patrick, Bridget et John. A l’approche de la cinquantaine, les deux enfants survivants Bridget et John apprennent l’existence de cette tante à l’enterrement de leur frère aîné.

Comme le montre sa couverture, le thème central de ce roman parle de la difficulté d’être une sœur dans une fratrie mais aussi religieuse dans une communauté monacale retirée de la vie terrestre et de ses tentations.

Mon avis :

Même si ce nouveau roman comporte de nombreuses similitudes avec le précédent Maine : la sœur aigrie et difficile à vivre pour ses enfants car elle porte un secret de famille douloureux, les relations familiales tendues à cause des rivalités entre frères et sœurs qui se comparent entre eux…

J’ai trouvé que l’auteure allait encore plus loin dans l’exercice du portrait psychologique de grande qualité. J. C Sullivan excelle dans ce genre et c’est pour cela que je lis ses romans les yeux fermés.

Les tourments intérieurs que vit la jeune novice Théresa quand elle décide d’entrer dans les ordres sont le sujet principal de ce roman. Il explique comment cette fille- mère et son amie new-yorkaise ont renoncé aux plaisirs terrestres quand elles avaient vingt ans et suivre la règle de Saint Benoit toute une vie.

La couverture du livre illustre parfaitement la problématique du roman : la difficulté d’être une mère, d’être une sœur dans une famille mais aussi dans une communauté de religieuses. Cette manière de renoncer totalement à la vie civile m’a beaucoup questionnée, c’est assurément l’intérêt de ce roman si talentueux.

Ma note :

5/5 sardines

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Ce roman était captivant : à chaque chapitre, je trépignais d’impatience de savoir quand le fameux secret de famille allait être révélé. Je lui donne bien volontiers cette note magnifique : il m’a même conduite à faire des recherches sur l’immigration irlandaise aux Etats-Unis. J’ai compris pourquoi il y avait beaucoup de jeunes filles irlandaises comme Eilis (l’héroïne du roman Brooklyn de Colm Toibin) qui prenaient le bateau pour aller vivre en Amérique dans les années 1950.

La communauté irlandaise est très importante dans la région de Boston depuis 1870 : plus de 4,2 millions d’Irlandais ont émigré vers le Nouveau monde dont la famille du président Kennedy. L’identité américaine est la grande absente de ce roman. J.C Sullivan est une auteure de grand talent et il est sûr que je vais surveiller son prochain roman sur le site de son éditeur français Rue Fromentin.

Brooklyn

 

BD & romans graphiques

Le retour aux Ravenelles

C’est l’événement BD de ce printemps : la parution du tome 6 du Retour à la terre, la BD champêtre de Manu Larcenet au dessin et Jean-Yves Ferri au scénario après dix ans de silence. Manu Larssinet devait être dans la forêt à méditer avec l’ermite qui l’appelle Coeur-pur.

Je suis vraiment fan de cette couverture très poétique et marrante avec les fleurs de cerisiers et le papa merle qui apporte une boite de nuggets pour nourrir sa nichée !

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Comme des milliers de lecteurs, j’éprouve un fort attachement pour cette série. Si vous ne la connaissez pas, aucun problème à prendre le train en marche. D’ailleurs en parlant de train, il n’y en a plus depuis longtemps pour rejoindre le village de Manu, les Ravenelles, en profonde région parisienne. Il faut prendre un car Macron. Vous l’avez compris, c’est un album de BD très contemporain qui croque en dessins la réalité de bon nombre de Franciliens.

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C’est le cas d’Emma et Fabien, l’un des couples de la série comique à succès Scènes de ménages sur M6 ou la dessinatrice de BD Mademoiselle Caroline qui a raconté le fossé sociétal entre Paris et sa nouvelle vie en montagne dans le roman graphique Quitter Paris. Je lis d’ailleurs en ce moment un blog très bien fait Paris je te quitte mais de là à sauter le pas…

 

Le retour à la terre

Tome 6 : Les métamorphoses

Jean-Yves Ferri et Manu Larcenet

Dargaud

Mars 2019

48 pages

12€

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Mon avis :

La structure bien rodée de cette BD vous fait rire ou sourire tendrement à chaque double page. Ce sont quatre vignettes qui déroulent le fil conducteur d’une situation grâce à des sous-titres brefs et efficaces.

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Cette BD commence par un rébus, c’est Manu Larssinet qui raconte la vie de sa petite famille qui tend à s’agrandir. Mais l’auteur est tellement pris dans sa rêverie personnelle, son introspection, qu’il tarde à s’en rendre compte…

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Heureusement, il peut compter sur une amitié improbable : celle de Madame Mortemont, sa voisine atypique qui découvre dans le tome 6 Les métamorphoses les fonctionnalités qu’offre son smartphone. Comme si la technologie pouvait aider les campagnards à faire pousser leurs patates alors qu’ils connaissent la nature depuis la nuit des temps.

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Mon avis :

5/5 sardines

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C’est cette gentille moquerie réciproque entre les néoruraux et les locaux des Ravenelles qui fait tout le sel de cette gentille comédie dessinée. C’est tendre et drôle mais aussi très révélateur de la fracture sociale et technologique que nous vivons à l’ère des gilets jaunes. A l’heure des zones blanches et des déserts médicaux, sommes-nous toujours compatriotes nous autres citadins et campagnards?

BD & romans graphiques·Bullet journal

Bonjour l’angoisse, une BD colorée de la douce époque du lycée

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Je réfléchissais tout haut (oui oui ça m’arrive) à un nouvel article sur le bullet journal quand je l’ai repérée… une vraie pépite ! Un OVNI éditorial au rayon BD adulte de ma médiathèque.

Bonjour l’angoisse, mes années lycée ça s’appelle. C’est son format hors du commun qui m’a attirée : un cahier d’écolier à petits carreaux écrit comme au stylo à plume, qui se lit dans un autre sens.

Publié en 2018, ce roman graphique s’adresse à son public-cible : les millenials qui passent le bac cette année mais cela m’a aussi replongée dans mes souvenirs de terminale il y a douze ans maintenant.

Cette BD n’est pas donnée (20€) mais sachant que le pouvoir d’achat d’un lycéen est assez conséquent (entre l’argent de poche des parents, les étrennes de Mamie et quelques baby-sitting) ça serait dommage de passer à coté d’un bon moment de lecture.

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Bonjour l’angoisse, mes années lycée, Lucile Gomez, Vraoum

Bonjour l’angoisse, mes années lycée

Lucile Gomez

104 pages

2018

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20€

 

Le résumé : 

Il s’agit du journal intime d’une adolescente Marie- Pierre dite Mary-Stone, une sorte de Fifi Brindacier rock n’roll. Elle vient d’une famille un peu bourgeoise qui forcément la flique et ne la comprends pas. Il semble qu’elle soit fille unique et ses lacunes sociales (elle débute laborieusement à utiliser Facebook vers Toussaint) seront vite comblées par la rencontre d’une amie formidable : Plume, une vaporeuse jeune fille beaucoup plus assurée qu’elle avec son look et sa coupe afro. Plume parait beaucoup plus adulte et féminine que Mary-Stone.

Elles délirent à chaque cours, se vannent quand elles sont amoureuses… bref le quotidien de milliers de lycéens à l’heure du web 2.0 dessiné en BD par une illustratrice fort talentueuse : Lucile Gomez.

Cette auteure a déjà publié plusieurs BD de filles avant Bonjour l’angoisse : Tout est possible mais rien n’est sûr, La naissance en BD…. Elle a développé sa chronique de Plume et Mary-Stone, publiée chaque mois dans le magazine pour ados Phosphore en 104 pages de BD.

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Bonjour l’angoisse, mes années lycée, Lucile Gomez, Vraoum

Mon avis :

Tout d’abord ce roman graphique est une mine d’or à doodles (ces petites icônes qu’on dessine pour illustrer un bullet journal : un cactus, des flèches, un paquet de pop corn, le logo de Facebook…).

Ces petits dessins reflètent une société très occidentale et surtout très consumériste. C’est une BD très générationnelle où les millenials vont vite retrouver en dessins leur quotidien mais qui va vite paumer les vieux de la génération Y comme moi.

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Bonjour l’angoisse, mes années lycée, Lucile Gomez, Vraoum

Pourtant les thèmes de cette BD sont intemporels : les cours, les garçons, les copies Canson qu’on stabilote et qu’on gribouille… J’ai beaucoup aimé l’originalité de cette BD mais je reconnais qu’au bout d’une trentaine de pages l’intensité graphique et le fourmillement d’idées m’ont perdues en chemin. C’est aussi dense en lecture que le discours ultra rapide d’un adolescent sur sa chaîne Youtube. Mais qu’est ce que c’est réussi !

Lucile Gomez est assurément une illustratrice à suivre dans la lignée de Pénélope Bagieu, Margaux Motin, Mademoiselle Caroline, Mathou...

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Bonjour l’angoisse, mes années lycée, Lucile Gomez, Vraoum

Ma note : 4/5 sardines

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J’octroie quatre sardines bien méritées à ce roman graphique plein d’humour et très original. C’est un véritable OVNI éditorial très réussi au niveau du dessin. Tous les petits aspects du cahier d’écolier sont bien là : c’est aussi une belle prouesse d’édition pour publier dans un autre sens de lecture. On actionne volontiers la machine à remonter le temps avec cette BD même si l’intensité des doubles -pages m’a un peu perdue en route (comme les Egyptiens, Lucile Gomez pratique l’horreur du vide) .

Cela m’a fait penser à un roman d’apprentissage que j’ai beaucoup aimé et qui a été adapté au cinéma : Le journal d’Aurore écrit par Marie Desplechin, édité par L’école des loisirs.

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BD & romans graphiques

Mon père ce poivrot, une BD qui botte le cul de l’alcoolisme festif

Mon père, ce poivrot.pngCette BD je l’ai découverte par hasard chez mon marchand de journaux, rue Belgrand dans le 20 arrondissement, pas très loin de la place Edith Piaf où l’on croise des hommes et des femmes tellement abîmés par l’alcool qu’ils dorment parfois à même le sol.

Je connaissais déjà la maison d’édition Grand angle pour avoir chroniqué avec bonheur la BD normando-climatique Jamais qui a reçu un prix de lecteurs récemment ! J’aime beaucoup leur ligne éditoriale et cette tendance actuelle : peindre la société dans des petites cases de BD.

J’ai trouvé que cette BD librement inspirée de la vie de son auteur était bien plus efficace qu’une campagne de santé publique pour les jeunes. Allez, je vous raconte son histoire sous la forme d’un résumé.

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Mon père, ce poivrot

Stéphane Louis et Daviet

Editions Grand angle

Janvier 2019

70 pages

16€90

Le résumé :

Lucien vit à Saint-Denis en région parisienne. Il a bien soixante-dix ans et a perdu tout contact avec son ex-femme et son fils Rémy, un jeune adulte d’une vingtaine d’années qui vit dans la région de Nantes. Il traîne son ennui dans un vieux bouge du quartier entouré d’amis de beuverie, le gagne-pain du patron qui doit aussi les chaperonner pour qu’ils rentrent sans danger chez eux.

C’était la cuite de trop puisque cette BD prend la tournure d’une enquête policière avec des flash back où l’on interroge le patron et les piliers de bar. Un événement médiatique a fait sortir Lucien de sa torpeur et de sa léthargie alcoolique mais on ne sait pas ce qu’il est devenu : disparition inquiétante ou l’occasion unique de prendre sa vie en main après de nombreux errements ?.

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Mon avis :

Cette BD a réussit le tour de force d’exprimer en dessins la grande détresse physique et psychologique de Lucien. Il se retrouve complètement désorienté sur le quai de la gare Montparnasse avec ses bruits, les va et viens de la foule nombreuse. On se doute bien que le personnage a fait un effet surhumain pour se lever de son lit et sortir de son quartier? Va-t-il abandonner ou prendre ce fameux train pour endosser ses responsabilités parentales ?

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Je vous recommande de lire deux fois cette histoire (70 pages en tout) en évitant de lire l’avant-propos personnel de l’auteur lors de votre première lecture. Votre seconde lecture aura une saveur toute particulière. Celle de la fiction autobiographique, du ressenti personnel, de l’émotion de l’auteur qui se transmet avec contagion à son lecteur.

C’est une BD beaucoup plus utile qu’un vague essai foireux de développement personnel. Cette forme de préface m’a vraiment marquée, j’ y ai vu un hommage à un père où la BD permet de rendre justice aux qualités de quelqu’un masquées par cet ennemi pernicieux : l’alcoolisme.

« Nous ne sommes pas que nos faiblesses. Nous sommes ce que nous essayons d’en faire ».

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Son titre accrocheur tranche avec l’adage Mon père, ce héros. La puissance visuelle de la couverture évoque le capharnaüm d’une maison délabrée mais aussi la confusion des pensées que provoquent les vapeurs de l’alcool quand on s’est enchaîné à cette addiction depuis des décennies.

On a tous dans notre entourage amical ou familial quelqu’un qui s’est fait prendre au piège de l’alcoolisme festif ou mondain. Au lieu de fédérer, il isole des autres, il fait plonger dans la solitude. C’est le cas de Lucien, sa femme l’a quitté, son fils ne veut plus entendre parler de lui.

Ma note :

4/5 sardines

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J’ai beaucoup aimé cette histoire, cette fiction aux éléments biographiques. Le scénario patine un peu au fil des soixante-dix pages. Ce n’est plus un secret dans ce blog que je préfère de loin les romans graphiques aux albums de BD car ils développent beaucoup plus le portrait psychologique des personnages.

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Mais cet album a le mérite d’avoir su mettre en relief la détresse psychologique du héros très profonde et très ancienne avec ce nom d’emprunt très difficile à porter, qui l’a plongé dans une confusion identitaire sérieuse.

Enfin, c’est une BD très contemporaine qui parle des jeunes militants engagés dans les ZAD. Sans juger leur engagement, j’ai beaucoup aimé la manière dont l’auteur a traité cette situation. Compte tenu des dommages collatéraux, cette BD incite ses lecteurs à réfléchir avant d’aller tout feu tout flammes se rebeller contre les forces de l’ordre.

 

Sardines

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Parentalité

J’ai testé la box BabyCréa DIY. Préparer l’arrivée de son bébé avec des DIY originaux

S'occuper les mains avec des DIY originaux en attendant BébéCet hiver, en attendant ma petite fille, j’ai fui le marketing culpabilisant qui pousse les futurs parents à plonger dans leur porte-monnaie comme dans un gouffre sans fond.

La métaphore vous parait peut-être exagérée mais à chaque fois que j’allais dans un magasin de puériculture ou de vêtements pour bébés, j’avais vraiment le tournis face à l’ampleur de la tâche, le volume que ça allait prendre dans notre appartement, l’argent dépensé voire gaspillé si on se trompait en termes de qualité de produit ou d’usage.

Les futurs parents sont vraiment les pigeons idéaux pour vendre un chauffe-biberon, des moufles pour nourrisson ou encore un co-dodo qui ne servira que deux mois et vous encombrera au max. Heureusement, l’émission La maison des maternelles sur France 5 a été une excellente source de conseils judicieux pour s’équiper de façon intelligente et raisonnée.

Pour patienter et me détendre pendant ces neuf mois d’attente, je me suis lancée dans une superbe aventure fait main : confectionner la décoration de la chambre de ma petite fille avec des renardes et des hiboux en feutrine, ainsi que sa couverture gris et corail au crochet. C’est très émouvant quand votre bébé utilise pour la première fois ce que vous lui avait confectionné avec amour des mois plus tôt en l’attendant.

C’est le concept de cette box BabyCréa DIY, que j’ai découvert sur Instagram. Sa fondatrice Emilie a eu la grande gentillesse de me fournir la boite d’avril pour la tester et vous partager mon avis.

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Pourquoi je me suis régalée avec cette box ?

Partenaire de la Kube en tant que libraire, je ne recevais que des box littéraires et j’ai vraiment bien aimé les éléments de la box BabyCréa DIY. Il n’ y a que des goodies utiles, très bien présentés dans une superbe boite illustrée par Céline Charlès. J’aime beaucoup ce genre d’illustrations très contemporaines et humoristiques pour vivre la grossesse avec légèreté et philosophie.

Cette box comprend aussi une jolie carte postale avec une citation positive sur le rôle de parents. Cela n’a  l’air de rien, une carte postale dans une box mais elle reflète la bienveillance de cette box : s’occuper les mains pour son bébé et ne pas trop cogiter sur l’accouchement, les futures nuits blanches…

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Après les goodies, passons aux DIY (ma passion ! ) : deux accessoires bien utiles pour la chambre de bébé : la housse de matelas à langer et l’attache tétine. Malin ! les tutoriels sont téléchargeables sur le site de la box avec un code confidentiel et on peut partager son chef-d’oeuvre sur les réseaux sociaux avec la communauté de mamans bricoleuses.

Je ne suis pas une grande couturière et j’apprécie beaucoup que la box me fournisse le petit matériel de couture et toutes les explications pas à pas.

Ma note :

4/5 sardines

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Je suis tombée folle d’amour pour le tissu Peter Pan signé Mickael Miller, que l’équipe de BabyCréa DIY a trouvé aux Etats-Unis. C’est la grande valeur ajoutée de cette box. Je suis assez débrouillarde pour dénicher des DIY sur Pinterest ou les inventer mais je n’aurais jamais trouvé ce tissu si beau et original !

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Le tissu Peter Pan de Mickael Miller

La box BabyCréa DIY coûte 29€90 à l’unité mais on peut aussi s’abonner sur le plus long terme. Compte tenu de la qualité et l’originalité des tissus , le fait que la box fournisse le petit matériel de mercerie et que les frais de port soient compris, je trouve le prix de cette box raisonnable.

Tous les éléments sont utiles et vous évite d’aller courir les magasins de tissus : cette box vous permet de créer facilement toutes clés en main.

Un dernier aspect non négligeable, BabyCréa DIY soigne aux petits oignons l’envoi de ses box en les emballant dans un carton solide et assurant un suivi de colis. Une qualité indispensable selon moi qui envoie des livres par correspondance en tant que libraire.

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Cinéma·Du livre à l'écran

Pourquoi Chamboultout m’a chamboulée

Au début, le titre de ce film ne m’avait pas convaincue. Mais rapidement, je me suis intéressée à son sujet : comment une épouse a vécu un changement de vie terrible face au grave handicap de son mari. C’est un film choral autour d’un couple très convaincant : Fred et Béatrice interprétés par José Garcia et Alexandra Lamy. Le rigolo compère d’ Antoine de Caunes s’est volontairement mis à l’écart pour jouer cet homme devenu aveugle et totalement désinhibé.

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Copyright Nathalie Mazéas / Same Player / Gaumont

Désormais, je me déplace au cinéma pour chaque film d’ Alexandra Lamy car depuis Retour chez ma mère (d’Eric Lavaine également), Tout le monde debout de Franck Dubosc ou bien Le poulain dernièrement, je la considère comme une actrice incontournable dans le genre de la comédie dramatique. Ses premiers films comme Rickie de François Ozon m’avaient laissé quelque peu dubitative mais c’est génial le tournant que prend sa carrière cinématographique ces dernières années. Vive les actrices à l’approche de la cinquantaine !

Chamboultout, comédie dramatique d’Eric Lavaine avec Alexandra Lamy, José Garcia, Mickael Youn, Anne Marivin, Medi Sedoun, Olivia Côte, Michel Vuillermoz….

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Le résumé :

Béatrice vit à Bordeaux avec son mari Fred et leurs trois enfants. Ils ont la quarantaine, un peu d’argent et la vie devant eux. Un stupide accident de scooter fait basculer leur vie dans le lourd handicap : on ne sait pas ce qui est le plus pesant : la cécité de Fred ou bien sa totale désinhibition. Ils se retrouvent chaque été avec leur bande d’amis dans une maison de vacances de Biarritz. Mais l’harmonie amicale va être mise à mal à la lecture du livre de Béatrice. Elle a couché sur le papier ces cinq années difficiles à travers un roman d’autofiction qui bouscule leurs amis…

Mon avis :

Au début, j’ai trouvé les dialogues et le jeu des personnages un peu caricatural à l’image de Barbecue, un précédent film d’Eric Lavaine. Et puis quand on se concentre sur les deux personnages principaux : Fred et Béatrice, nos émotions s’envolent.

On ressent une sacrée compassion pour cette épouse qui cherche affolée son mari dans les rues de Bordeaux, qui fait preuve d’une grande patience quand il se gloutonne l’immense fraisier préparé pour sa fête d’anniversaire et quand on comprends que ce n’est plus vraiment un couple égal.

L’amour charnel s’est transformé en maternage pour Béatrice qui doit surveiller l’alimentation de son mari comme un enfant, s’occuper de lui la nuit. La scène où il s’enfuit la nuit au bord des falaises est captivante, j’ai vraiment été émue de la solidarité entre Béatrice et sa belle-soeur qui étaient alors en froid.

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Copyright Nathalie Mazéas / Same Player / Gaumont

Ils sont entourés d’une bande d’amis tous bien portants mais sacrément handicapés émotionnellement : il y a Nadia, magistralement campée par Anne Marivin. Elle joue une femme totalement insécure qui étouffe Béatrice en se servant de leur malheur pour se valoriser, son mari Fabrice (Mickael Youn) est prisonnier de ses addictions à aller voir ailleurs, il y a aussi Jipé le vrai gentil de la bande un peu neuneu sur les bords, Loïc prêt de ses sous et sa femme Valérie qui va faire une belle équipe de commères avec Nadia… Seule Emmanuelle, la meilleure amie de Béatrice comprend la réalité vécue par son amie. Elle fait preuve d’un soutien sans faille et la défend bec et ongles pour raisonner les autres, les inciter à oublier leur petit ego narcissique pour entourer ce couple de l’amour dont ils méritent.

La publication du roman de Béatrice fait vaciller leur amitié car chacun est inquiet de l’image qu’il renvoie au lieu de se mettre à sa place. Elle s’est lancée dans l’entreprise de ce livre pour se consoler, c’est une forme de résilience pour encourager les familles d’handicapés qui voient leur vie basculer du jour au lendemain.

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Copyright Nathalie Mazéas / Same Player / Gaumont

Je reproche beaucoup aux comédies françaises de valoriser l’adultère alors que même les comédies et les séries anglo-saxonnes plus trash ne rigolent pas la-dessus. Cela me fait bondir quand des scénaristes font passer le message que l’adultère renforce le couple. C’est un mensonge, l’adultère fragilise forcément le couple, il brise la confiance en l’autre et l’estime de soi.

L’adultère est un des sujets de ce film. Pour moi, quand on épouse quelqu’un on lui accorde fidélité et exclusivité qu’il soit malade ou bien portant. Pourtant, il serait très maladroit de juger cette épouse qui fait preuve d’une grande tendresse et bienveillance envers son mari. Leur couple n’est définitivement plus le même, l’amour s’est transformé, la sexualité ne fait plus partie de leur intimité et c’est terrible à vivre. Mais rien ne justifie de cacher la vérité.

La fille de Béatrice lui fait de sacrées remontrances, assez terribles à assumer pour cette maman. Je pense que cet aspect de leur vie est beaucoup plus développé dans le roman de Barbara Halary La course de la mouette, édité par La Martinière. Elle est co-scénariste de ce film librement inspiré de sa vie.

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Ma note : 4/5 sardines

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Même si les scènes de bande dans la maison de vacances m’ont un peu lassée, elles ont permis de mettre en lumière nos petites médiocrités à tous, notre ingratitude d’être bien portants et de sortir des énormités aux amis proches qui vivent des moments difficiles à cause du handicap.

J’ai vraiment été touchée par la manière très subtile de traiter comment le handicap bouleverse la vie quotidienne des trois enfants du couple, quand leur plus grande fille doit réconforter et encourager son papa à réussir de chanter La lumière du jour de Michel Berger dans la scène finale du film.

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Copyright Nathalie Mazéas / Same Player / Gaumont

 

Romans

Maine, quand la maison de vacances cristallise les rivalités familiales

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J’ai découvert Maine de J.C Sullivan un peu par hasard grâce à Babelio. Tout de suite, j’ai été conquise par son style très fluide, féminin et sensible ainsi que par les thématiques qu’elle traitait : la famille, les souvenirs, le couple…

Il faut dire que j’aime beaucoup la littérature américaine ou les romans qui se déroulent aux Etats-Unis ( Nos âmes la nuit de Kent Haruf, Brooklyn de Colm Toibin…).

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La côte Est des Etats-Unis autour de New York, Long Island (ses cocktails ) et les Hamptons me font rêver depuis que j’ai découvert ces coins huppés dans Sex and the city ou le film Petites confidences (à ma psy).

Maine

J.C Sullivan

Editions Rue Fromentin

2013

450 pages

22€

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Le résumé :

Le mois de juin arrive et la famille Kelleher planifie ses vacances dans le cottage familial du Maine bon gré, mal gré pour tenir compagnie à Alice, 83 ans, la matriarche peu commode. Le narrateur omniscient nous retrace quatre portraits croisés de quatre femmes de cette famille aux caractères diamétralement opposés : Alice, la grand-mère, Kathleen, sa fille, Maggie sa petite-fille et enfin Ann- Marie, la bru d’Alice.

Depuis une trentaine d’années, la famille se réunit, se déchire et se retrouve toujours comme dans bon nombre de familles de tous les continents. Mais cet été passé ensemble sera- t’il le dernier dans le Maine ? Cette maison cristallise l’appétit immobilier des uns, les souvenirs heureux et douloureux de chacun…

Pourquoi Maine est mon crush lecture ?

Pour son titre qui vend du rêve. Maine est un Etat des Etats-Unis un peu sauvage près de la frontière avec le Quebec. L’action de ce roman se déroule dans une station balnéaire un peu huppée, les habitants de Boston y viennent tout l’été : leurs résidences secondaires ont leur propre plage privée comme c’est le cas de la famille Kelleher dans ce roman. Qui n’a pas révé d’avoir une maison de plage comme celle ci ou celle des californiennes Grace et Frankie, la série Netflix.

Ensuite la structure du roman avec l’introspection des quatre personnages est passionnante. C’est un trait caractéristique du travail littéraire de l’auteure, un trait commun à deux autres romans : Les débutantes et Les liens sacrés du mariage.

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Et surtout, j’aime la grande richesse thématique de ce roman qui ne se borne pas à décrire des rivalités familiales (la médisance ne fournit rarement matière à un bon roman). Maine traite de l’amour maternel, du secret de famille qui ronge une personne toute une vie, de l’attachement de cette famille américaine friquée à ses racines irlandaises, de l’alcoolisme féminin et aussi de la maison de famille, le dernier lien familial distendu quand on quitte ses parents et ses frères et sœurs pour fonder sa propre famille.

Mon avis :

L’ auteure excelle pour construire de solides portraits psychologiques de ses personnages, le critère majeur d’un bon roman pour moi. Ces quatre femmes parviendront-elles à préserver l’entente familiale malgré les différences sociales et les blessures du passé ?.

Le personnage d’ Alice est le plus intéressant même si j’ai eu beaucoup de mal à ressentir de l’empathie pour elle. C’est une fervente catholique qui est rongée depuis plus de soixante ans par une culpabilité dévastatrice. Elle s’est interdit de s’attacher affectivement à ses enfants et elle a basculé complètement dans l’amertume et la méchanceté avec ses proches à la mort de son mari.

Elle n’a rien compris à ce qu’est la foi malgré ce qu’essaie de lui expliquer le jeune prêtre Donnelly. Pour elle, le pardon de Dieu ne peut s’acheter que par les œuvres au lieu d’ouvrir son cœur et de dire la vérité à ses enfants.

J’ai beaucoup plus apprécié le personnage de Kathleen : l’auteure fait un cadeau à ses lecteurs avec l’évolution positive de ce personnage torturé. Et pourtant ce n’était pas gagné, tant j’avais envie de lui mettre des claques quand elle se montrait toxique et possessive avec sa fille Maggie. L’auteure rend un bel hommage au travail des Alcooliques anonymes qui ont permis à cette femme de devenir enfin adulte et de choisir de pardonner au lieu de se venger. Les Alcooliques anonymes est une oeuvre chrétienne à ses origines, le personnage de Kathleen expérimente une foi vivante et authentique.

Le personnage d’ Ann-Marie aurait pu être caricatural : c’est la belle-fille bon chic bon genre qui arrondit toujours les angles entre les membres de cette famille volcanique et  qui s’attire toujours les foudres. C’était passionnant de la voir se rebeller contre sa belle-mère et construire une relation sincère avec sa nièce Maggie en pleine errance affective. On n’arrive même pas à trouver ridicule sa passion pour les maisons de poupées.

Il est très probable que ce roman se soit inspiré d’éléments autobiographiques : les racines irlandaises, les relations familiales houleuses, l’attachement à une maison de famille… Cela sent le vécu comme on dit souvent !

J’aime bien lire les romans de J.C Sullivan en grand format. Cela a été l’occasion de découvrir les éditions rue Fromentin que je ne connaissais pas. Chapeau à eux de publier de la littérature de grande qualité. On voit tout de suite le grand écart avec les feel good formatés et marketés qui pullulent sur les tables de librairies actuellement. Je dis cela sans aucun mépris pour les amateurs de ce genre de lecture mais ça ne cultive pas le goût de la lecture selon moi, ça lasse très rapidement.

Ma note :

5/5 sardines

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J’ai beaucoup aimé la qualité des portraits psychologiques de ces quatre femmes. Ce roman questionne l’évolution des relations familiales quand on s’affranchit de son éducation pour fonder son propre foyer.

Maine fait indéniablement partie de mes crush lecture : c’était très agréable de relire ce roman très bien écrit. Mon seul petit regret : l’auteure parle beaucoup de la foi mais elle loupe un peu le tir car elle décrit beaucoup plus la religion catholique avec ses travers humains que la foi, la relation personnelle à Dieu.

J’ai bien envie de lire Les Débutantes et son dernier roman Les anges et tous les saints. Chronique littérature à suivre…

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Blogs, podcasts et applications numériques

J’ai testé l’application Entourage qui vient en aide aux sans-abris et aux personnes en grande précarité.

Ce blog chronique les restaurants sympas pour bruncher, les rooftops de Paris pour se détendre avec ses amis mais je tiens aussi à faire connaître les initiatives sociétales qui ont du sens comme le café Joyeux, passage de Choiseul ou encore cette application Entourage.

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Depuis que j’ai lu le livre de Christian Page, Belleville au coeur (édité par Slatkine et cie), j’ai réellement pris conscience de l’étendue de la précarité à Paris. Il y a des chiffres qui font froid dans le dos : 500 enfants dorment dans la rue chaque nuit à Paris, on compte près de 600 sans-abris de plus cette année qu’en 2018…

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Cela devient de plus en plus inconfortable d’ignorer ces chiffres, on se trouve bien impuissant quand quatre ou cinq personnes nous sollicitent sur un court trajet de métro d’une quinzaine de minutes. Et bien bonne nouvelle, avec l’application Entourage, on peut tendre la main et même se rendre utile !

Cette application de géolocalisation étendue à la France entière permet de mettre en relation des gens qui sont demandeurs d’un duvet, d’un blouson de demie-saison ou d’un tapis de sol avec ceux qui sont plus aisés matériellement et qui pourraient rendre service en se débarrassant du superflu.

Par ailleurs, cette application recense aussi toutes les associations de maraudes dans lesquelles on peut s’engager partout en France.

Pour l’instant, je la consulte régulièrement en attendant une demande que je pourrais honorer. Par deux fois, j’ai eu la joie de pouvoir dépanner complètement au hasard deux personnes.

La première c’était un soir d’hiver par un grand vent, j’habitais rue de Rennes. J’ai croisé un monsieur d’une cinquantaine d’années vraiment frigorifié, il m’a demandé de l’aide avec empressement. Cela tombait bien, quelques temps auparavant, mon père m’avait donné un gros blouson de ski des années 1980 aux couleurs criardes si jamais je rencontrais un SDF à Paris. C’était vraiment génial de voir son visage s’illuminer et je me suis vraiment sentie utile, beaucoup plus que si j’avais mis ce blouson dans un container à vêtements.

La deuxième personne était une jeune mère de famille Rom qui fouillait les poubelles de notre immeuble et justement j’avais préparé pour plus tard un sac de vêtements avec un petit sèche-cheveux de voyage et des vêtements pour enfants tous neufs. Elle était vraiment ravie du sèche-cheveux qui allait bien être utilisé dans sa situation.

 « Je vous ai montré de toutes manières que c’est en travaillant ainsi qu’il faut soutenir les faibles, et se rappeler les paroles du Seigneur, qui a dit lui-même: Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir ». Actes 20 verset 35, Bible Louis Segond

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La statue d’Edith Piaf sur sa place attitrée rue Belgrand, Paris 20eme avec une couverture de survie après la Nuit solidaire

 

 

Séries·Sociologie

Charlie, monte le son ou la préadolescence 2.0

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Comme j’ai fini de regarder ma série favorite Call the midwife, j’errais comme une âme en peine sur la plateforme de Netflix car je suis très exigeante pour choisir une série. J’aime les séries historiques avec de solides portraits psychologiques des personnages, un scénario qui tient la route pour décrire la société de l’époque… Bref, il faut que je sois accrochée à l’intrigue le temps de trois, quatre ou cinq saisons au moins.

Force est de constater que ce sont les séries anglaises qui ont ma préférence : ils ont de très bons acteurs qui ont souvent une formation théâtrale comme Kate Winslet par exemple, ils savent construire des histoires passionnantes autour de l’aristocratie anglaise et de la famille royale (The Crown) et ils ont une élocution british très agréable à suivre en version originale sous-titrée (ils ne mangent pas leur mot comme leurs cousins américains)

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Idriss Elba est l’un d’eux. Je n’avais vu aucun de ses films auparavant, je l’ai découvert lors du mariage du prince Harry et de Meghan Markle. Il a un visage de cinéma très expressif un peu comme Jean Dujardin, capable de jouer une comédie comme un drame. D’ailleurs, c’est tout l’intérêt de cette série Charlie, monte le son dont il est l’initiateur. Il est le héros d’un rôle totalement à contre-emploi : nannie d’une petite fille riche.

Le résumé :

Charlie Ayo est un trentenaire londonien d’origine nigériane. DJ ayant connu son heure de gloire, il a disparu des spotlights par excès de confiance en abusant de la drague et de la drogue. Son meilleur ami David, acteur célèbre aux Etats-Unis revient à Londres avec femme et enfant pour apporter une stabilité familiale à leur petite fille Gabrielle.

Mais la carrière florissante de sa femme Sara, DJ international n’est pas compatible avec une vie de famille. Son staff composé de femmes ambitieuses : Astrid, sa manageuse, Tommy son second empêchent tant bien que mal l’épanouissement d’une relation mère/ fille de qualité.

C’est finalement Charlie Ayo, ce grand black musclé aux faux airs de Maître Gims, qui va apporter amour et stabilité à cette petite fille de dix ans Gabrielle. Elle est totalement imbuvable car délaissée par ses parents. Charlie va t’il l’aimer d’une manière gratuite et désintéressée ?

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Mon avis :

C’est une série assez gonflée et très contemporaine qui joue sur l’inversion totale des rôles. Avec Turn up Charlie, ce sont les femmes qui ont le pouvoir. Sara a plus de notoriété et d’argent que David, son mari. C’est grâce à elle que Charlie pourrait relancer sa carrière.

Les femmes qui gravitent autour d’elle ont bien compris l’emprise qu’elles peuvent avoir sur les hommes et elles ne s’en privent pas. Alors que le personnage de Sara est plus étoffé, elle cherche à être une bonne mère et culpabilise quand elle se plante avec sa fille : quand elle loupe la rentrée des classes parce que ses mauvais génies Astrid et Tommy lui font comprendre qu’avoir un enfant c’est naze.

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Copyright Netflix

J’ai ainsi (re)découvert l’actrice Piper Perabo, une très jolie fille qui porte de superbes tenues et coiffures branchées dans cette série. Sa beauté m’a vraiment fascinée. Son visage ne m’était pas complètement inconnu puisque je l’avais déja vue dans Coyote Girls (j’ai honte !), un médiocre film des années 2000 que l’on préférait oublier : des jeunes Américaines qui pensent revendiquer le girl power en dansant sur un comptoir de bar.

Avec cette série, on voyage entre Londres et Ibiza dans les derniers épisodes. Le manoir où habite la famille de Gabrielle est vraiment impressionnant avec son immense sauna. Charlie l’emmène dans le Londres underground aux écuries de Camden et j’ai beaucoup aimé l’épisode où la plupart des personnages passent le week-end au festival Latitude avec leurs bottes en caoutchouc et leurs pass VIP. Cela m’a rappelée le film Bridget Jones ‘s baby.

J’ai beaucoup aimé la manière dont cette série se moque des artifices du monde de la nuit et la notoriété qui fait perdre le Nord à Sara et David. Charlie et sa tante Lydia avec ses proverbes bibliques ont beaucoup plus les pieds sur terre et apporteront de la stabilité affective à une petite fille qui doit déposer ses bagages aux quatre coins du globes en fonction des tournages de son père ou des concerts de sa mère.

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Copyright Netflix

La notoriété de ses parents privent Gabrielle d’une enfance protégée, son téléphone portable l’a fait définitivement basculer dans le monde des adultes indépendants et ce n’est pas forcément une bonne chose.

Cette série raconte sur le ton de l’humour les mauvais exploits d’une petite fille riche qui se méfie des adultes et on ne peut s’empêcher de penser au destin terrible de Drew Barrymore, enfant star de Hollywood qui enchaîna les cures de désintoxication à partir de treize ans.

Une grande partie du succès de cette série repose sur les épaules de la petite Frankie Hervey, une jeune actrice britannique qui doit avoisiner les dix ans mais pas plus. Elle est touchante avec son petit air d’ Hermione Granger en uniforme scolaire. On lui donnerait des baffes quand elle appelle Charlie « Bitch » ou qu’elle manipule ses parents en les montant l’un contre l’autre.

Qui sont les véritables préadolescents dans cette série?

Ma note : 4/5 sardines

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Cette série de huit épisodes de vingt minutes chacun se regarde d’une traite. Au début, on est scié par l’audace de cette petite fille culottée qui arrose tout le public de sa maman en boite de nuit pour susciter son attention.

Le scénario connait quelques faiblesses : j’aurai aimé que la relation de complicité improbable entre Charlie et Gabrielle soit plus développée car c’est le thème central de la série. Mais on passe tout de même un bon moment de divertissement avec cette série qui caricature le monde de la nuit et l’accès toujours plus précoce des enfants aux réseaux sociaux.

Gabrielle est une crack d’ Instagram,You tube et compagnie mais elle est terrorisée de n’avoir aucun vrai ami réel avant de rencontrer Hunter, un mauvais garçon de son école.

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Lecture et autres challenges passionnants

Les salons du livre ce printemps à Paris

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Depuis plusieurs années, je vis un sérieux désamour pour le salon du livre de Paris. L’an dernier, j’y suis allée uniquement pour la géniale conférence de Marie-Aude Murail, mon auteure de littérature favorite.

Mais j’ai rapidement pris la poudre d’escampette face à la foule qui se pressait aux stands Albin Michel et Jean-Claude Lattès pour les dédicaces d’Amélie Nothomb et du premier ministre Edouard Philippe.

Les dédicaces de plus de 2000 auteurs réunis à Paris, voici le principal intérêt selon moi de Livre Paris. J’aime aussi les thèmes de leurs conférences mais la polémique de Paye ton auteur l’an dernier m’avait bien refroidie. Je trouve que c’est un salon fourre-tout, trop grand et qui a perdu son état d’esprit. J’ai été libraire exposante à quatre reprises et je trouve que faire payer un droit d’entrée aussi élevé nuit à la vente de livres.

Alors je me suis recentrée sur la valeur refuge : les salons du livre thématiques où chaque auteur est traité à la même enseigne, qu’il soit un vendeur de best-seller ou une petite plume qui débute dans le milieu. Un beau salon du livre, c’est un salon fait main, artisanal avec des petites tables et des tréteaux : revenons aux fondamentaux !

Je vous ai donc préparé une petite sélection de salons du livre moins médiatisés que Livre Paris mais tout aussi sympathiques.

Le salon du roman historique de Levallois Perret, 31 mars 2019

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J’ai découvert ce salon en allant interviewer les auteurs du roman graphique John Bost, un précurseur de la Boite à bulles. Ce salon se passe dans les salles magnifiques de l’hôtel de ville de Levallois-Perret où le maire reçoit aussi les visiteurs.

C’est une très belle programmation thématique organisée par genres littéraires : les romans, les BD avec de nombreux auteurs connus et plus spécialisés, le nombre de conférences passionnantes est impressionnant… Cette année, un hommage sera rendu à Marceline Loridan-Ivens, la camarade de détention de Simone Veil en camp de concentration. Elle a écrit le magnifique roman autobiographique Et tu n’es pas revenu, édité par Grasset. Ce livre émeut tous les Kubers à qui je le recommande.

J’aime aussi beaucoup l’ambiance de ce salon qui fait la part belle aux commerçants de la ville : la buvette propose des pâtisseries et des thés originaux, le salon est organisé pour valoriser le chiffre d’affaires des librairies de la ville.

En effet, on ne peut pas venir avec son propre livre, il faut l’acheter sur place pour le faire dédicacer. J’ai trouvé ça un peu contraignant au début mais c’est finalement assez logique. Dernier atout de ce salon thématique : l’entrée est gratuite.

48 heures BD en Seine, quai Anatole France – port de Solférino, Paris, 6 et 7 avril

C’est une initiative nationale récente qui me plaît beaucoup. Elle propose plus de 200 000 albums de BD à 2€ dans plus de 1500 librairies avec près de 350 événements organisés en France et en Belgique.

J’irai donc découvrir cette manifestation littéraire qui m’attire bien et je vous raconterai mon expérience. Je trouve que c’est une excellente idée de proposer des BD à un prix très accessible car les romans graphiques sont assez chers et moi je les dévore rapidement ! Il faut aussi savoir que la BD est en train de détrôner la littérature, en première place des achats de livres. Et ça c’est une très bonne nouvelle !

D’autres salons littéraires à découvrir en prenant le RER ou bien le train :

Saint Maur en poche à Saint Maur les Fossés, fin juin chaque année

Le festival international de la BD d’Angoulême, fin janvier chaque année.

Étonnants voyageurs à Saint Malo, début juin

La foire du livre de Brive la Gaillarde, début novembre