Carnets de voyages urbains

Mon top 5 des parcs et jardins publics en Europe

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Depuis que nous sommes devenus parents, nous devenons experts en jardins publics pour découvrir ceux qui sont le plus accessibles en transports publics, mais aussi les moins bondés, les plus protégés en termes de bruits urbains et ceux qui nous dépaysent le plus…

Il faut dire que dans le 20eme arrondissement, nous sommes plutôt bien lotis : entre les Buttes-Chaumont au nord, le lac Daumesnil au sud, nous avons l’embarras du choix entre le square Séverine, le pavillon de l’Ermitage, le jardin de la rue Vitruve, le square de Gambetta et celui de la place Martin Nadaud sans parler du Père Lachaise…

Nous avons la chance de vivre dans un vrai poumon vert avec des petites maisons biscornues, ce qui me change des immeubles haussmaniens tellement rectilignes. Je suis fan de mon quartier, cela va sans dire…

Cet été, nous sommes partis en vadrouille en Bulgarie, à Lyon, dans le Vercors à Autrans et Méaudre… Un article consacré aux cinq jardins publics qui ont marqué notre été m’a paru être une riche idée !

Le parc de la Villette, depuis le tramway 3b à Paris 19eme arrondissement.

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Je le connaissais enfant quand je pique-niquais dehors en visite à la Cité des sciences mais je l’ai vraiment découvert en amoureux quand c’était l’euphorie Pokémon Go et que des grappes d’adolescents nous entouraient pour chasser Pikachu et ses potes, c’était épique.

J’aime beaucoup les pelouses près du canal et surtout les œuvres d’art contemporains : le vélo géant décomposé de Claes Olenburg, un artiste important du pop art américain. On voit un morceau de ce vélo depuis le périphérique c’est fort non ?. On a aussi découvert une maison assez atypique, où l’on compte se réfugier à la prochaine canicule car son allée de platanes est très rafraîchissante.

J’ai remarqué que les platanes sont l’arbre phare des meilleurs jardins publics, je les ai même photographié à Bourgas en Bulgarie. Je lance donc mon grand coup de gueule suite à un article que j’ai lu dans Le Monde sur les îlots de chaleur dans Paris : arrêtez de raser les platanes, on respirera mieux !

J’en viens alors à vous présenter mon deuxième coup de cœur de l’été :

Le jardin maritime de Burgas, Bulgarie

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Burgas est la ville natale de mon mari aux bords de la Mer noire (comme dans le bêtisier de Questions pour un champion), où j’ai la chance d’aller en vacances chaque année. Ce jardin est le jardin d’Eden sur terre pour moi. Il sépare la ville de la plage par une grande terrasse immense avec une vue superbe. C’est le paradis pour les enfants avec la piscine, les aires de jeux, les glaciers, les loueurs de vélos, les petites cabanes en bois, les bancs et surtout les statues qui m’intriguent : il y en a plus de deux cents. A Sofia, j’aime aussi le parc du Théâtre National Ivan Vazov avec la statue de danseuse.

Le parc de la Tête d’or à Lyon

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Il est reconnu sur le plan régional quand on habite à Valence, plus au sud. Et j’ai bien compris son pouvoir d’attraction dès l’entrée avec ses superbes grilles en fer forgé. Construit en 1857, ce parc urbain mesure plus de 115 hectares avec des serres, un superbe zoo et aussi un vaste lac où l’on peut naviguer avec de petits bateaux à moteur.

La vue sur la colline de la Croix Rousse (l’équivalent de Montmartre à Paris) vaut le détour. Nous avons vu des tortues domestiques adoptées par le parc, des singes, une panthère et un lion, un jeune paresseux, des oies cendrées en liberté… Il y avait beaucoup de monde, la chaleur était supportable, ce fut donc une visite agréable et nous reviendrons c’est sûr pour jouer au molky.

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Le jardin d’Acclimatation, Paris

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De retour à Paris, nous nous sommes décidés à prolonger les vacances avec une visite à Neuilly après avoir fait chou blanc en novembre dans notre projet de visiter la fondation Vuitton.

C’est un parc très moderne et ultra sécurisé avec ses portails à l’entrée : il a été fondé au 19eme siècle par Alphand, l’un des élèves du baron Haussmann, fondateur du parc des Buttes-Chaumont mais il a été entièrement rénové. Avec ses attractions, cela ressemble plutôt à un mini Disneyland Paris où il faut souvent mettre la main au porte-monnaie. Mais pour 5€ l’entrée – promenade, cela valait la visite.

Les jeux d’eau proches de la fondation Vuitton valent le détour. On a beaucoup aimé les petits bassins et les jardins aquatiques, les architectures japonaises nous ont bien dépaysés. Nous n’avons pas eu le temps de tout voir car il faisait très chaud et c’était bondé mais nous reviendrons assurément un matin !

Emballés par notre visite au jardin d’acclimatation, nous redonnerons sa chance au bois de Boulogne cet automne même si c’est très loin de chez nous.

Et voici le moment de vous donner ma dernière adresse, même si j’ai du mal à lâcher le bon plan (un jardin public peu connu à Paris, c’est comme un bon coin à champignons) :

Le lac des Minimes à Fontenay sous bois.

C’est notre terrain de jeu favori pour le molky et les pique-niques dès qu’il fait beau. Moins connu que le lac Daumesnil mais tout aussi sympathique, on peut y faire de la barque et manger de bonnes glaces au pavillon de la Main Jaune, accessible en Vélib et en RER A facilement.

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D’autres carnets de voyages dans ce blog :

– Un road trip à Marseille

– Sofia et la mer Noire en Bulgarie

Anvers en automne

– Mes meilleurs spots dans la Drôme

 

 

 

 

 

 

Biographies et autobiographies

La tolérance ne sauve pas, l’amour oui !

Il est fréquent que les Kubers à qui j’ai recommandé ce livre m’envoient une petite carte pour me dire que ce livre les a touché. Il faut dire que ça démarre fort dès le premier chapitre.

La petite fille à la balançoire

Frédérique Bedos avec Valérie Peyronnat

Les arènes

2013

223 pages

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La petite fille à la balançoire, c’est l’histoire vraie de Frédérique Bedos, animatrice de télévision bien connue. Elle a grandi, ballottée par une mère bohème et un peu perdue entre Paris et Lille dans les années 1970, accueillies par une famille d’accueil extraordinaire sur les conseils d’un prêtre.

Le premier chapitre raconte l’histoire d’amour de ses parents telle que sa mère lui a raconté, elle ne sait pas bien où est la part de rêve et où est la vérité. Ce que l’on comprend, c’est que vers la quarantaine, elle va chercher en vain son père à Haïti.

Ce témoignage ne sert pas à faire pleurer dans les chaumières même s’il pourrait tant j’ai été révoltée à certains moments par les responsabilités colossales sur les épaules de cette petite fille.

Frédérique Bedos raconte avec justesse et amour, sans aucun apitoiement sur son sort, la misère économique et affective vécue avec sa maman. Elle a fait preuve d’une résilience incroyable pour aimer sa mère tout en se protégeant d’elle, en lui rendant hommage dans ce livre avec des mots justes pour montrer tout son amour, sa lumière malgré la démence.

Pourtant, se retrouver dans une telle situation de co-dépendance : devenir la maman de sa maman a eu des conséquences terribles sur sa santé morale et psychique. Un scanner lui a montré l’étendue des dégâts du choc post-traumatique sur son cerveau.

Heureusement, cette petite fille à la dérive a été prise en charge par une famille d’accueil extraordinaire qui vivait l’Évangile et qui ne comptait plus les enfants qu’elle recueillait : des petites filles khmères, une petite fille sourde maltraitée, un bébé né sans bras ni jambes, un petit garçon africain défiguré…

Comme un miracle de Jésus pour nourrir une immense foule avec deux pains et cinq poissons, cette famille a vu ses ressources financières se multiplier en fonction de ses besoins pour nourrir ces enfants, les loger dans une maison plus grande…

Cette famille d’accueil sera d’ailleurs le premier sujet de la série de documentaires du projet Imagine, fondée par Frédérique Bedos, une fois qu’elle aura été lassée du monde de paillettes de la télévision qui ne la comblait plus. Elle a longtemps traversé une longue période de traversée du désert quand le téléphone ne sonnait plus.

J’ai beaucoup aimé ce témoignage qui raconte comment une petite fille s’est sauvée de l’insécurité affective permanente : des violences conjugales d’un énième beau-père patibulaire grâce à l’amour.

Elle conclut son témoignage par une très belle phrase : si les parents de sa famille d’accueil l’avaient seulement toléré pour l’argent ou par pitié, ça ne l’aurait pas sauvé mais l’amour oui !

Frédérique Bedos a connu des moments vraiment très sombres à cause de son histoire familiale très déstabilisante : la séparation brutale par deux fois avec ses demies-soeurs, ne pas connaître son père qui l’ont amené à sombrer plus tard une fois adulte. Mais elle partageait avec sa mère d’adoption une foi solide en Jésus dont elle témoigne volontiers dans les médias.

Ile de France et Paris

Le Palais de la femme, refuge des Victorieuses

C’est grâce à un blog (toujours le même) My Pretty books que j’ai repéré ce livre Les Victorieuses. Je connaissais un peu le style littéraire de Laetitia Colombani même si je n’ai pas lu La tresse.

Son nouveau livre m’a intéressé car je suis protestante : Le Palais de la femme est un foyer pour femmes démunies géré par une oeuvre chrétienne L’Armée du Salut.

J’ai visité plusieurs fois le grand foyer du Palais de la femme, un lieu emblématique du Paris solidaire aussi pour son architecture Art Déco des années 1920. Juste à coté, se trouve un salon de thé libanais Kanoun

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Le salon de thé Kanoun, rue de Charonne

 

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Les victorieuses

Laetitia Colombani

Editions Grasset

2019

224 pages

18€

Il ne faut pas s’arrêter à la couverture très rétrograde alors que le titre du livre est plutôt  engagé féministe. Espérons que cela s’arrangera pour la version poche.

Je regrette aussi l’aspect très marketé du livre qui joue sur l’aspect feel good  : une jeune femme brillante à qui tout réussit et qui découvre que la vie est vaine si on sacrifie l’amour, l’attention aux autres sur l’autel de l’argent, la carrière et la réussite sociale.

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Cette fois-ci comme c’est le cas dans d’autres romans feel good, Solène n’ouvre pas un restaurant, une librairie ou un magasin de fleurs pour se reconvertir au plus proche des gens. Non, elle devient écrivain public pour femmes en détresse dans un foyer social et c’est cette fibre humaniste  que j’ai apprécié alors que ce n’était pas gagné du tout.

Je déplore les grosses ficelles employées pour vendre un roman en grande quantité et qu’ à force la littérature trop marketée ne détournera plus les jeunes générations de Netflix, Youtube et des écrans en général. J’ai trouvé les critiques culturelles élitistes très dures avec Laetitia Colombani, parce que son livre plaît au grand public.

Mais personnellement j’ai du mal à lire un livre quand la structure se limite souvent à sujet -verbe- complément avec de nombreuses répétitions.  J’aime quand l’écriture découle de manière très fluide et que les portraits psychologiques des personnages sont très travaillés.

 

Le résumé :

Solène a 40 ans. Elle était une avocate aisée à qui tout réussissait en apparence mais le matérialisme n’a pas réussi à donner un sens à sa vie. Et après le suicide de l’un de ses clients sous ses yeux, c’est la dégringolade physique et morale.

Le burn-out qui couvait depuis quelques temps lui est tombé dessus sans crier gare : les cachets la maintiennent à flots mais elle est incapable de travailler et prend conscience de tout ce qu’elle a sacrifié : son réseau d’amis, son envie de maternité…

Aider les autres en tant qu’écrivain public va l’aider à se relever. Le palais de la Femme, ce foyer pour femmes en difficulté va s’avérer être son refuge. C’est comme cela que le concevait Blanche Peyron, officière de l’armée du Salut en 1925 quand elle s’est lancée avec tout son cœur dans une vaste collecte de fonds nationale avec son mari Albin. Ils ont sollicité toutes les élites du pays : des industriels au président de la République pour financer un ancien hôpital de guerre qui pourrait mettre à l’abri de la misère plus de 700 femmes seules ou avec enfants. Le Palais de la femme fêtera bientôt son centenaire.

Ce roman croise les trajectoires de deux femmes : l’une était fille de pasteur et officière de l’armée du Salut en 1925, l’autre avocate parisienne contemporaine des attentats de novembre 2015, dont les balles ont éraflés la façade du Palais de la femme quand le bar La belle équipe a été pris pour cible.

C’est un roman réaliste très contemporain qui fait la part belle à une galerie de portraits de femmes en détresse : Cvetlana, Cynthia, Viviane, Binta et sa petite fille, La Renée, Lily… Elles sont de toutes origines : Parisiennes ou provinciales, Africaines ou encore exilée des Balkans, mais chacune a vécu les abus comme le viol, les violences conjugales, la misère et le dénuement…

Mon avis :

Même si ses portraits psychologiques sont vraiment très superficiels et caricaturaux, il faut saluer le mérite de Laetitia Colombani d’avoir choisi comme héroïne une femme qui prêche l’ Évangile dans les rues de Paris aux miséreux. Car, dans l’esprit de la société moderne, une officière de l’Armée du salut n’ est pas aussi bankable qu’une instagrameuse en vue, une chanteuse ou bien une vedette éphémère de télé-réalité.

L’action sociale de Blanche Peyron est remarquablement mise en valeur . A quand une biographie entièrement consacrée à cette femme d’exception ?. Elle aurait toute à fait sa place dans la sélection des Culottées de Pénélope Bagieu.

Je vous conseille un livre : William Booth, soupe savon, salut d’une collection de qualité Les héros de la foi, éditée par Jeunesse en missionCe sont des biographies de protestants célèbres qui ont marqués l’Histoire par leur engagement chrétien : Frère André, C.S Lewis, Corrie Ten Boom, Eric Lidell…

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Ma note :

3/5 sardines

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Même si je n’ai pas beaucoup apprécié le style littéraire de Laetitia Colombani qui use et abuse de la métaphore du Palais et de ses princesses, j’ai été touchée par cette histoire.

Le Palais de la femme et l’Armée du Salut ont été présentés avec beaucoup de respect et d’authenticité. Si la lecture de ce roman fait lever des fonds, des dons et des vocations de bénévoles à grande échelle alors bravo à l’auteure !.

n503310246_1704882_7119Moi aussi j’ai vécu dans un foyer chrétien de jeunes filles : La Vigie sur l’île Saint Louis avec des femmes de toutes les origines géographiques et sociales, certaines étaient des petites étudiantes françaises comme moi, des princesses très riches du Moyen-Orient mais aussi des jeunes filles qui étaient cachées par des associations pour échapper à des mariages forcés.

Même si c’est une fiction on comprend aisément que Laetitia Colombani raconte la vie réelle de nombreuses anonymes  qui se sont réfugiées de la rue, des coups…

 

 

 

Carnets de voyages urbains

Venir à Deauville Trouville pour … dormir puis visiter

Deauville

Nouveaux parents depuis février, c’était véritablement notre premier week-end à deux depuis la naissance de notre petite fille. Nous avons donc choisi une destination assez proche de Paris : Deauville-Trouville et un hôtel non loin de la gare : Ibis.

Après avoir subi trois jours bien difficiles de canicule à Paris fin juillet, notre premier réflexe a été de faire la sieste après un agréable pique-nique sur la plage de Deauville. Le petit Casino nous a nourri pour une somme assez exorbitante : 3€80 le pâté croûte car nous avons vite renoncé à l’idée fantasque d’aller à la nage au Burger King du Havre.

« Les chiens et l’alcool sont interdits sur la plage de Deauville » entendu au microphone

Je résumerai Deauville en quelques lignes car cet entre-soi bourgeois ne m’a pas vraiment emballée. Cela ne me dépaysait pas assez de Paris et de sa banlieue ouest, j’ai beaucoup mieux apprécié Trouville, cet ancien village de pécheurs à la plage beaucoup plus familière et familiale (je venais en vacances à Pont l’Évêque lors de la coupe du monde 1998, un souvenir mémorable).

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« Comment s’appelle ce petit bijou? Minoko.

Une dame fortunée qui présentait son petit chien exotique à la terrasse du Morny’s, du nom du duc de Morny, l’un des fondateurs de Deauville.

Pour moi, la plage est un espace démocratique où s’effacent toutes différences sociales en maillots de bain et à Deauville, c’est tout le contraire.

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J’ai étudié les stations balnéaires lors d’un cours d’anthropologie sociale et culturelle de l’Europe. Deauville est une réussite immobilière remarquable qui attira la jeune Coco Chanel en 1914 pour fonder l’une de ses premières boutiques au sein de l’hôtel Normandy. Seulement le front de mer est beaucoup plus chaleureux à Trouville, les planches de Deauville et leurs parasols sont mythiques mais très isolés de la ville, c’est étrange comme configuration de l’espace.

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Deauville est très intéressante d’un point de vue architectural avec ses villas anglo- normandes, ses hôtels mythiques et ses épis faîtiers remarquables avec des chevaux ou des coqs mais on a vraiment l’impression de déambuler dans un musée à ciel ouvert.

Il faut tout de même faire attention à ce que le ciel ne nous tombe pas sur la tête car un parapluie rouge du casino Barrière est tombé d’un immeuble sur la tête de la dame juste devant nous dans une rue principale.

J’ai beaucoup aimé la ballade du dimanche matin dans les rues de Trouville, il y avait beaucoup de Parisiens mais c’était très agréable de déambuler dans les ruelles, visiter les salons de thé et les librairies. Je ne compte plus le nombre de fois où mes grands-parents m’ont emmené à la plage des Roches Noires, au restaurant Les Vapeurs, au marché sur les bords de la Touques, et j’ai retrouvé tous ces souvenirs le temps d’un week-end.

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Je vous recommande la ballade photographique en bord de Touques, d’aller faire un tour à la boutique de l’office de tourisme de Deauville et enfin de lire l’article des Pinçon-Charlot sur la construction immobilière de Deauville pendant le Second empire, c’est passionnant.

« A Deauville, il y a aussi la mer »

Le week-end était très agréable mais c’est sûr : nous reviendrons à trois avec notre petite fille à Trouville pour sa plage familiale et accessible facilement. Cet article contenait pas mal de citations car comme l’analysait le sociologue Jean-Didier Urbain, la plage est un vaste théâtre social où l’on s’observe plus que l’on observe le rivage.

Pour une prochaine escapade à deux, j’ai bien envie d’aller découvrir Saint-Malo, Quiberon ou de retourner au Touquet ou à la Baule.

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Dans mes prochains carnets de voyage, je vous parlerai de notre voyage annuel estival à Sozopolis au bord de la mer Noire avec des recettes de cuisine originales.

Mais la France sera aussi à l’honneur puisque je vous raconterai notre périple Lyon-Méaudre- Autrans à l’occasion du mariage de ma super cousine Olga.

Cet été, nous en avons parcouru des jardins publics : le jardin maritime de Bourgas, Bulagrie, le parc de la tête d’Or à Lyon, le jardin d’acclimatation à Paris… je vous raconte nos impressions dans un prochain billet aussi !

Les précédents carnets de voyages :

Giverny

Marseille

La Bulgarie

Biographies et autobiographies

L’amour de Dieu plus fort que le napalm

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Quand j’avais dix ans, ma mère m’a expliqué ce que signifiait le grand dessin sur un cadre de bambou chez Marie, une amie vietnamienne de mes parents : la souffrance de familles anonymes qui ont vu les leurs mourir pendant la guerre et qui ont fui leur pays. On les appelait les boat-people, la situation se répète aujourd’hui depuis l’Afrique et le Moyen-Orient.

Qui ne connait pas la photographie de la petite fille vietnamienne (9 ans en 1972) qui hurle de douleur sur une route du Vietnam car un bombardement au napalm a brûlé ses vêtements puis sa peau. C’est l’une des photographies les plus célèbres de l’Histoire, prise par un photographe consciencieux et plein de compassion : Nick Ut.

La nudité de la petite fille a d’abord choqué ses supérieurs mais publiée en une du New York Times, elle fit le tour du monde et interrogea l’opinion publique quant au bien-fondé de la participation américaine dans la guerre du Vietnam.

Je lis beaucoup de biographies et d’autobiographies et celle- ci m’a particulièrement marquée :

Sauvée de l’enfer, la petite fille de la photo témoigne

Kim Phuc Phan Thi

2018

Ourania

398 pages

19€90

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Le résumé :

Quarante-cinq ans après le drame, Kim Phuc prend la plume pour expliquer comment Dieu lui a apporté la paix, la consolation et le pardon quand elle souffrait terriblement de ses brûlures, qu’elle voulait se suicider parce que son mal-être l’avait isolée et que la propagande communiste se servait d’elle en réinventant son histoire.

Dans cette autobiographie écrite avec sincérité et dénuée de tout esprit de revanche ou d’amertume, elle rend hommage à tous ceux qui ont été de précieux soutiens pour elle. Quatre photo reporters de toutes nationalités  ne se sont pas contentés de la prendre en photo, ils lui ont sauvé la vie en agissant rapidement dans les premiers moments.  Ensuite, ils ont pris soin d’elle des années plus tard en remuant ciel et terre pour qu’elle puisse sortir du bloc communiste et bénéficier des meilleurs soins.

Le journal français Le Monde s’était fait le relais de cette solidarité incroyable dans un article publié en 2012.

C’est un très beau livre qui montre la beauté de l’amour du prochain et qui démontre que seul Dieu peut apporter la vraie paix au corps et à l’esprit quand les hommes montrent leur limites.

Mon avis :

Ce récit  est structuré en quatre grandes parties : Le corps en feu, Une vie exploitée, A la recherche de la paix et Une vie restaurée.

Plus qu’un simple témoignage, c’est un livre très complet qui comprend une carte de l’Indochine en 1972 pour comprendre les enjeux militaires de l’époque, des photographies d’archives et qui explique aussi en quoi consiste la fondation de Kim envers les enfants victimes de la guerre.

Il m’est très difficile de résumer mon avis en quelques lignes à propos de ce livre qui m’a vraiment bouleversée : c’est tout sauf un témoignage d’apitoiement. Kim Phuc a puisé dans sa foi en Jésus-Christ la force de pardonner et d’être reconnaissante pour sa vie malgré ses souffrances physiques insupportables et le choc post traumatique.

Ce livre est tellement riche qu’il pourrait faire l’objet d’une conférence de quatre heures ( il est évident que si Kim Phuc vient en France dans le cadre de son rôle d’ambassadrice de bonne volonté de l’Unesco, je me débrouillerai pour y assister).

Alors pour la première fois dans la rédaction de ce blog, je ne peux pas juger ce livre en quatre ou cinq arguments. J’ai seulement envie de vous dire : lisez tout simplement, ce livre m’a émue aux larmes, il m’a beaucoup questionné sur la foi et la nature humaine.

Qu’on soit chrétien ou non, cette femme témoigne des miracles que Dieu a fait dans sa vie qui n’était que désolation et souffrances. Les chapitres où elle décrit sa vie difficile à Cuba après avoir réussi à fuir le Vietnam me désolaient mais la manière dont Dieu a transformé le mal en bien est vraiment source d’espérance.

Volontairement, je ne mettrai pas dans cet article la fameuse photographie mais je garde en mémoire le magnifique plan final du reportage de France 2 où on la voit de dos avec son premier enfant. Car malgré ses brûlures terribles, Dieu a fait la grâce à cette femme formidable d’avoir deux enfants.

Ma note :

5/5 sardines

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Ce livre est un excellent document d’Histoire, il explique bien les rouages de la propagande sous toutes ses formes. C’est un plaidoyer contre la guerre très efficace : le napalm est vraiment une arme perfide tant elle bousille les chairs humaines.

Kim Phuc reconnait dans son malheur que sa médiatisation internationale lui a aussi apporté quelques avantages comme l’accès aux meilleurs soins, pouvoir résider dans des chambres d’hôtels luxueuses et très confortables. On ne peut s’empêcher de penser à sa tante, ses cousins et tant d’autres qui ont eux aussi été brulés par le napalm et qui n’ont pas eu le même accès au soin et qui ont souffert dans le plu grand anonymat.

Cette photographie qui a bouleversé l’opinion publique met en valeur toute la noblesse du métier de photo reporter. Ces journalistes jouent un vrai rôle pour la société dans le monde.

 

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Mahtob et Betty Mahmoody

 

Ce livre est beaucoup plus efficace qu’un manuel d’Histoire impersonnel qui expliquerait la guerre du Viêtnam. C’est un récit personnel aussi passionnant et émouvant que d’autres témoignages de guerre comme Jamais sans ma fille de Betty Mahmoody et le récit de sa fille Mahtob, trente ans plus tard dans le livre Vers le pardon, ou encore Rescapé malgré moi, le témoignage du pasteur cambodgien Koeun Path.

BLFR020Ces anonymes ont tous en commun d’avoir vécu l’oppression, la peur des bombardements ou encore une notoriété médiatique dont ils se seraient bien passés. Les hommes étaient dépassés par leur histoire pour pouvoir les aider au mieux, Dieu les a consolés, guéris pour qu’ils puissent se relever grâce à Sa paix !

Moments de vie

Bon été à vous !

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En ce mois de juillet, il fait bien chaud devant mon ordinateur et je n’ai pas du tout envie de bloguer. Mon esprit s’évade en quête d’une plage bulgare vers laquelle je m’envolerai dans moins d’un mois, boire une bonne citronnade dans le jardin public de Sofia tout en lisant de bons romans et cherchant une bonne adresse pour faire du stand-up paddle.

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Le bal littéraire des sardines s’accorde donc une belle plage de congés pour revenir toujours plus haut, toujours plus fort (je regarde beaucoup Fort Boyard chaque été) avec de nouveaux articles originaux. Je vous prépare deux carnets de voyage : un à Deauville et un autre à Sozopol. Mais aussi une chronique d’un roman qui m’a  plu Les Victorieuses, des bonnes adresses à Paris comme Kabul kitchen, une chronique d’album jeunesse …

A très bientôt à la rentrée, je mets un peu le blog en stand-by cet été pour me consacrer à un projet éditorial qui me tient à cœur. Je vous en dirais plus par la suite !

En attendant voici le top de mes articles écrits cette année :

Une chronique de Bonjour l’angoisse, à mi-chemin entre la BD et le bullet journal

Bonjour l'angoisse, mes années lycée ou un bullet journal en BD

Des DIY en lien avec mon nouveau statut de maman cette année.

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Mes meilleures adresses de ma patrie La Drôme

Les meilleurs spots si tu veux découvrir la Drôme

Un article pour faire découvrir la boutique de mon amie Mapu picchu

A la rencontre de Mapu picchu, créatrice sans frontières

La progression de l’expérience bullet journal :

6 mois plus tard, l'aventure bullet journal continue... (1)

Séries

Atypical, la série Netflix qui rappelle que chaque famille est atypique.

Le mois dernier, j’ai regardé d’une traite les huit épisodes de la première saison de la série U.S Atypical sur Netflix.

J’en avais entendu parlé via Télérama, mon référent séries pour Netflix mais ils avaient présenté cette série sous un angle assez caricatural : un adolescent autiste qui veut découvrir le sexe.

C’est bien le sujet de la série mais pas que cela : c’est le récit initiatique d’un jeune autiste qui est couvé comme un manchot de la banquise (sa passion) par ses parents et sa jeune soeur Casey. Il veut devenir adulte et il s’intéresse aux filles.

Il va découvrir avec moult quiproquo (tout l’effet comique de la série est dans ces décalages) les nuances sociales de l’amour et des relations en général. C’est une série très subtile et sensible qui nous questionne : qui est normal en fin de compte ?. Surement pas Zahid, l’ami complètement déjanté de Sam.

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Copyright Beth Dubber/Netflix

Le résumé :

Sam a 18 ans. Il vit dans le Connecticut avec ses parents Doug et Elsa et sa soeur Casey. Il suit une scolarité classique au lycée en terminale malgré son handicap. Là bas, il noue tant bien que mal des relations avec les autres élèves : sa petite amie Paige et surtout son ami Zahid qui est son collège au magasin d’électroménager où il effectue un petit boulot étudiant pour apprendre à gérer son argent.

Les scènes de cette série sont ponctuées par ses réflexions personnelles lors de ses séances chez sa psychothérapeute Julia, une jeune Sino-américaine très féminine qui l’aide beaucoup mais cela va déraper…

Mon avis :

Tous les personnages sont intéressants à étudier, il n’y a pas de seconds rôles. C’est ce qui fait la richesse de cette série. L’attention n’est pas focalisée sur Sam mais le sujet est bien de décrire les effets de l’autisme sur l’entourage, dans toute une famille avec ses difficultés particulières mais aussi sa grande richesse : la solidarité, l’entraide… Personne ne peut être individualiste dans cette famille.

Le personnage de la mère de famille Elsa, qui prend les choses à bras le corps pendant toute l’enfance de son fils et qui part à la dérive quand il cherche à acquérir son indépendance, fait toute la saveur de cette série.

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Copyright Beth Dubber/Netflix

Cela change des séries qui véhiculent l’image lisse des mères américaines en plein dans le perfectionnisme : elles préparent les lunch box, conduisent des mini van avec des mains parfaitement manucurées et tout au long du film ou de la série, on ne connait rien de leurs états d’âme. Même quand les scénaristes leur font péter les plombs dans des situations excessives, on est en plein dans la caricature superficielle qui n’apporte rien à notre réflexion.

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Copyright Beth Dubber/Netflix

Atypical est une excellente série car elle élabore les portraits psychologiques de ses personnages avec beaucoup de finesse. Le couple des parents est déséquilibré, on le voit dès les premières scènes de la série quand Elsa se confie à d’autres mères dans son groupe de parole.

Certains flashbacks expliquent les positionnements de chacun comme celui de la petite soeur Casey. Elle porte sur ses épaules le handicap de son frère même quand on ne lui demande rien. Elle se prend pour son sauveur, prête à se sacrifier et heureusement son frère se révolte en lui disant brutalement qu’il n’a pas besoin d’elle.

Ce n’est pas une série sur la découverte des premiers émois sexuels. Elle montre la possibilité de devenir adulte et indépendant quand on est autiste : gérer son propre argent, faire des études à l’université loin de ses parents alors que sa maman avait décidé depuis longtemps qu’il suivrait des cours par correspondance ….

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Je regarde cette série quelques mois après avoir lu une bande dessinée très efficace  La différence invisible qui expliquait déjà très bien les situations courantes qui mettent les autistes en difficulté : le bruit, la matière des tissus, ne pas maîtriser le second degré, parler sans filtre…

Les scènes où Sam perd pied dans le bus ou au lycée sont très réussies pour faire comprendre le malaise ressenti. Celle où Sam est agressé physiquement par la queue de cheval d’une jeune fille devant lui dans un stade est particulièrement parlante.

Ma note :

5/ 5 sardines

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Je trouve que cette série excelle dans l’étude des relations humaines : les réflexions très justes celles plus obsessionnelles de Sam sur ceux qui l’entourent donnent vraiment matière à réflexion, quelques jours après avoir vu un épisode. C’est le signe d’une excellente série.

Je ne regarde que des séries anglo-saxonnes sur Netflix : Charlie monte le son, The Crown, Call the midwife… qui ont une richesse d’écriture remarquable avec des personnages d’une grande subtilité psychologique  Alors que je trouve les séries françaises très limitées : le couple qui se délite et se retrouve, les faits divers…

Enfin, on a aussi des bonnes surprises avec Fais pas-ci, fais pas ça ou encore la série Marjorie sur France 2 que je viens de découvrir : l’histoire d’une coach de vie qui aide différents patients.

Atypical, Marjorie, autant de séries qui montrent que  le développement personnel, l’altruisme inspirent autant les spectateurs que les faits divers, les braquages et les super héros.

Sauveur et fils saison 4

Si comme moi vous aimez les séries ou les romans qui abordent le thème de l’alliance thérapeutique entre un psychothérapeute et ses patients, je vous invite à lire ma chronique de la série Sauveur et fils écrite par Marie-Aude Murail et publiée par l’Ecole des loisirs !

Mes précédents articles à propos des séries Netflix que j’aime regarder :

–  Charlie, monte le son

–  Call the midwife

–  The crown

Turn up Charlie

Du livre à l'écran

Venise n’est pas en Italie ou comment trouver une issue de secours à sa généalogie

Venise n'est pas en Italie

Je suis une inconditionnelle du jeu comique de Benoît Poelvoorde et Valérie Bonneton (il est belge, elle est du Nord, ils sont drôles par là haut, c’est évident). Alors quand j’ai su qu’ils jouaient ensemble dans l’adaptation du roman autobiographique Venise n’est pas en Italie, je l’ai noté dans mon bullet journal comme la sortie ciné à ne pas rater.

Et là stupeur et énervements, je me rends compte que moins d’une semaine après sa sortie en salles, il disparaît des rares écrans parisiens qui le projetaient. Heureusement, de petits cinémas intelligents de banlieue le projetaient encore mais j’ai jeté l’éponge cette fois-ci.

Je trouve cette uniformisation culturelle assez triste comme les derniers Marvel et autres Avengers trustent toutes les salles de cinéma à Paris et que trop de films sortent en même temps.

Alors, je lis le livre et après une centaine de pages, l’histoire aussi lente qu’un trajet avec une caravane, a pris un rythme de croisière qui m’a bien plu et m’a donné envie de vous en parler.

Venise n’est pas en Italie

Ivan Calbérac

Flammarion

2015

18€

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Le résumé :

Emile Chamodot a seize ans, il est amoureux d’une fille de son lycée, Pauline, qui l’invite à assister au concert de musique classique auquel elle participe à Venise. Emile et Pauline ne viennent pas du même milieu social.

Flanqué de ses parents un peu doux dingues et de son frère aîné un peu brutal sur les bords, Emile part pour un voyage initiatique dans la caravane familial à travers les Alpes. Choc des cultures garanti !

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Droits réservés Studio Canal

Mon avis :

Les cent premières pages ont été fastidieuses, j’ai sauté quelques chapitres pour y prendre goût avec l’arrivée du frère aîné dans l’histoire. Il s’appelle Fabrice, c’est un militaire aussi brute et simple qu’Emile est fluet et intelligent.

Les dialogues entre Fabrice et leur père sont savoureux, ils montrent très bien la finesse d’esprit d’Emile qui navigue en eaux troubles pour ne pas provoquer les réactions primaires de son frère et ses parents qui partent au quart de tour s’embrouiller vainement avec l’hôtesse de caisse d’une halte gastronomique qui n’ en est pas une.

Le talent d’Ivan Calbérac est de transformer les banalités du quotidien en  une oeuvre littéraire à la fois subtile et cocasse. On s’ y retrouve tout de suite dans ses descriptions d’aires d’autoroute où l’on a des habitudes en commun, cette manière de sonder la psychologie de personnages les plus simples.

Il serait réducteur et caricatural de traiter le père d’Emile de beauf mais avec ses petites citations toutes communes (chacun à sa philosophie de vie après tout) il en devient tout aussi intéressant qu’un grand personnage de la littérature française.

Pour moi, la littérature c’est avant tout un moyen de s’évader grâce à un livre. Et avec ce roman de gare par excellence (je l’ai découvert au Relay de la Gare de Lyon, c’est dire) on s’évade en caravane. Objectif réussi !

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Ma note :

3/5 sardines

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Même si je rigole bien avec les dialogues cocasses de cette famille déjantée, l’histoire se traîne en longueur. L’auteur déroule son intrigue vraiment à la vitesse d’une caravane. Pourtant, ce roman va me rester en mémoire tellement je suis scotchée par le bagout du père qui est vite fatigant à vivre, vraiment il n’y avait que mon cher Benoît pour interpréter un zèbre pareil. Je n’attribue à ce livre que trois sardines seulement car la forme du journal intime est vite ennuyeuse, l’adaptation cinématographique est beaucoup plus vivante.

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Droits réservés Studio Canal

Je ne pars plus en caravane mais je garde cette petite nostalgie de mes vacances avec mon frère et mes grands-parents en camping. Ils avaient économisé pour s’offrir une caravane neuve qui nous a fait découvrir de nombreux coins de France : dans la Creuse, à Villard de Lans, à Pont l’Évêque, à Trouville….

Il y a peu, j’ai découvert l’existence grâce à mes parents du musée de la caravane en Allemagne (celui de l’usine Hymer qui célèbre les voyages mobiles) et je trouve cela passionnant : comment les gens conçoivent leurs vacances. C’est un art de vivre différent qui a du plomb dans l’aile avec les vols low cost et les logements AirBNB.

Heureusement les petites caravanes vintage font le bonheur des magazines de déco, j’ai hâte de voir comment Marjolaine Solaro (une blogueuse pleine de talents que je suis depuis quelques temps ) va redécorer sa caravane Sakura

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Droits réservés Marjoliemaman

 

 

 

 

 

 

Lecture et autres challenges passionnants

L’heureuse invitée du dîner Kube

Dimanche soir, j’ai eu le privilège d’être invitée par la fantastique équipe de la Kube à leur premier dîner des libraires mais qui comptait aussi de nombreuses éditrices (la Kube collabore chaque mois avec un éditeur invité pour un thème) et aussi des lecteurs dits Kubers.

Je suis libraire partenaire de cette box littéraire depuis plus de deux ans : je recommande des livres pour répondre aux envies de lecture d’amateurs de livres francophones du monde entier.

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Ils ont mis les petits plats dans les grands puisque le dîner se déroulait dans un restaurant Art nouveau emblématique de la capitale : Bofinger, à deux pas de la place de la Bastille.

Tout était superbe : le cadre alsacien au premier étage avec les lampes cigognes, le menu ( Valrhona, la fierté de ma région était à l’honneur au dessert)… C’était tellement beau et bien organisé avec les fleurs sur les tables, je me croyais jurée du Goncourt dans un grand restaurant…

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J’avais découvert Bofinger à travers un livre que j’ai chroniqué : Was ist das ? éditions Les Arènes qui parle des différences et des similitudes culturelles entre Allemagne et France.

Mais cette invitation au restaurant était surtout l’occasion de célébrer la richesse du réseau de libraires et d’éditeurs qui collaborent à la Kube. Comme l’a rappelé Aurore, l’une des trois fondatrices de Kube avec Anthony et Samuel, l’objectif de cette box est de promouvoir la lecture.

On sent bien chez ces trois là, leur amour fou et passionné pour les livres quand ils envoient régulièrement leurs chroniques de livres. La Kube ce n’est pas une box marquetée qui marche au nombre de volumes vendus, elle se veut personnalisée selon les goûts des lecteurs tout en cherchant à leur faire découvrir de nouveaux horizons littéraires. C’est très agréable pour nous libraires de voir que notre premier savoir-faire : le conseil est reconnu.

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Enfin, les échanges à table avec deux éditrices de littérature m’ont vraiment rassurée quant au lien privilégié qui perdure entre éditeurs et libraires. Ces deux éditrices avaient une carte mentale de toutes les petites librairies de France et de Navarre et elles louaient le travail de médiation culturelle des libraires dans les petites villes auprès des écoles notamment. 

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La crise politique et sociale révélée par le mouvement des gilets jaunes montre une vraie fracture sociétale et culturelle entre Paris et les petites villes, les villages. Comme il y a des déserts médicaux, il y a aussi des déserts culturels. Je trouve assez détestable cette ironie parisienne de se moquer de certaines villes dans des romans ou des essais : comme Michel Houellebecq qui dénigre Niort.

J’étais sceptique face à l’argument de la Kube que la vente de boxes par correspondance pouvait renforcer le lien social entre lecteurs et libraires. Deux ans après le début de cette aventure, j’en suis désormais persuadée à l’image de ce dîner avec des libraires de toute la France. J’ai bien envie d’aller visiter la Compagnie des livres, librairie à Vernon, la gare d’arrivée pour aller à Giverny.

Retrouvez tous mes articles concernant cette expérience géniale avec la Kube :

Deux ans de collaboration avec la Kube, ça se fête

–  Retour sur l’expérience Kube made in Montrouge

–  et enfin mon tout premier article quand j’ai découvert le principe de cette box : c’est par ici les amis !

 

 

Parentalité

La playlist pour ma fille : Une chanson douce

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Depuis la naissance de ma fille, j’écoute les berceuses et les comptines pour enfants avec beaucoup plus d’attention (l’air est assez redondant mais j’aime bien celle des crocodiles).

Les paroles d’Une souris verte me laissent assez perplexes mais nous avons eu un vrai coup de cœur familial pour Une chanson douce d’Henri Salvador, une berceuse intemporelle qui a plus de soixante ans.

Ma grand-mère Annette était une grande fan d’Henri et je connais assez bien son répertoire. Une chanson douce, je l’ai entendue de nombreuses fois sans m’y attacher particulièrement mais les réactions de ma petite fille quand il chante « Ouhouhouh » m’ont vraiment fait craqué.

Une chanson douce Que me chantait ma maman, En suçant mon pouce J'écoutais en m'endormant. Cette chanson douce, Je veux la chanter pour toi Car ta peau est douce Comme la mousse des bois. La petite biche est aux abo.png

Retour sur l’histoire de cette berceuse iconique.

 

C’est l’histoire d’un comptable Maurice Pon qui compose à ses heures perdues des chansons pour Henri Salvador. Il a composé cette berceuse en une nuit en 1950.

J’aime cette chanson car je suis aussi sensible aux paroles qu’aux orchestrations et celle-ci est vraiment magistrale. Cette berceuse a plu à Henri Salvador car elle lui rappelait les berceuses antillaises de sa mère.

Il a composé une mélodie inspirée du boléro à laquelle il a ajouté au milieu un accord be-bop assez complexe car Henri Salvador est avant tout un chanteur de jazz. Comme quoi on peut initier les enfants à la grande musique dès le plus jeune âge. Avec sa voix tendre et son oreille de grand musicien, il a apporté beaucoup au genre de la berceuse : le demi-ton relance l’intérêt de la ritournelle.

Grâce aux bébés bercés par leurs mères, Henri Salvator a enrichit son répertoire éclectique avec cette berceuse qui se transmet de génération en génération alors que l’artiste est décédé depuis une dizaine d’années.

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Illustration de Marie Cardouat pour le jeu de société Dixit
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Annette, ma grand-mère qui aimait Brassens, Bénabar, Renaud et Trenet

Cette berceuse est un souvenir de ma grand-mère qui avait à cœur de me transmettre son amour pour la musique de qualité à travers la poésie des paroles et la beauté des arrangements musicaux. Parce que la musique électro et la techno, ce n’est vraiment pas ma tasse de thé.

 

Une chanson douce est une chanson iconique de la chanson française, au delà du registre de la berceuse pour enfants.

Casterman a illustré en images cette chanson dans sa collection de livres musicaux Tralalalère.

En parlant de ma grand-mère, ma cousine Marie a crée une superbe marque de nappes baptisée en l’honneur de ses deux grands-mères Annette et Jeanne, deux Dieppoises qui aimaient réunir leur famille autour de grandes tables.