BD & romans graphiques·Du livre à l'écran

Je suis allée voir Astérix et Obélix, l’empire du milieu de mon plein gré… et c’était un bon moment de détente bon enfant !

Je pense que si on écoutait les critiques de cinéma, on passerait à côté de bon nombre de comédies françaises ! J’y suis allée le premier samedi des vacances de février donc hier, avec mon mari, au cinéma Le Vincennes. C’était la séance des familles avec des enfants de sept- huit ans et ils avaient l’air de passer un bon moment.

La bande de Guillaume Canet : Gilles Lellouche, Marion Cotillard, Jérôme Commandeur avoisine désormais la cinquantaine. Ils sont devenus parents comme moi. Après Les petits mouchoirs et Les infidèles, ils varient désormais leur registre avec ce film très grand public. Avec Astérix, on retourne tous en enfance.

Alors certes, le scénario connait de nombreuses lacunes car ce n’est pas une adaptation d’un album de BD des aventures d’Astérix et Obélix. Mais la magie opère quand même. Astérix est une œuvre patrimoniale depuis soixante ans.

Chacun a lu les albums de BD en vacances au fond du grenier quand il était petit. Comme cette BD a été traduite dans des milliers de langues, elle a aussi séduit d’autres enfants du monde entier comme Zlatan ou mon mari.

J’ai trouvé des exemplaires d’Astérix en bulgare dans une brocante à Sozopol, Bulgarie cet été. C’était marrant car Sozopol c’est vraiment une ancienne cité antique. La boucle était bouclée !

Ce film réussit son pari : celui de nous faire vivre un bon moment de détente au cinéma. Chacun imagine le village gaulois comme il le veut. Moi j’étais curieuse de voir la poissonnière, la femme d’Ordralphabetix : Ielosubmarine jouée par un visage très connu du cinéma français. C’est la boulangère parisienne d’Emily in Paris.

C’est un film choral qui réunit bon nombre de célébrités de l’humour, du sport, de la chanson : Big Flo et Oli, M, Angèle, Florent Manaudou, Zlatan… Je ne comprends pas pourquoi les critiques du film critiquent cela alors que c’est l’essence du film.

Tous ces personnages secondaires avec des noms marrants enrichissent le jeu comique. Les deux petits généraux chinois Dancing queen et Riqi qi sont les deux méchants de l’aventure. César joué par Vincent Cassel est parfait !

Les deux actrices asiatiques qui jouent la princesse chinoise et sa garde du corps sont très élégantes dans leur jeu, leurs gestes de kung fu. Leur noblesse tranche avec ces deux vieux garçons gaulois bien lourdeaux flanqués de Graindemaïs, marchand phénicien aussi veule que bête.

Même si Uderzo et Goscinny n’ont pas envoyé leurs héros de papier en Chine, c’était une bonne idée d’inventer une histoire d’Astérix dans l’empire du Milieu.

La bataille finale en costumes, avec les chevaux et l’impératrice qui débarque avec toute son armée (comme dans Astérix et Obélix, mission Cléopâtre). Tout fonctionne pour nous plonger dans l’époque antique.

Il y a vingt ans sortait au cinéma Astérix et Obélix, mission Cléopâtre. J’avais quinze ans. Tous les ados de Valence étaient dans la salle 12 du Pathé flambant neuf de la ville. L’humour Canal+ associé à l’Egypte fonctionnait à fond avec les ados.

En 2023, Guillaume Canet touche les enfants avec un conte qui se déroule dans l’empire du Milieu. C’est la magie intemporelle d’Astérix depuis plus de soixante ans !

Retrouvez ici mes précédents articles consacrés à Astérix mais aussi Tintin, mes deux titres BD favoris depuis trente-cinq ans !

On a testé en famille l’exposition Tintin, une aventure immersive à L’atelier des lumières

-Astérix fête ses soixante ans !

René Goscinny, génie français de la BD occidentale !

Expos

Un chef d’œuvre dans mon frigo : La laitière de Vermeer.

Depuis que je suis enfant, j’aime les tableaux. Deux œuvres m’ont particulièrement marquée : La laitière de Vermeer et les sérigraphies de Marilyn Monroe par Andy Warhol. Puis le pop art m’a lassé, la reproduction en produits dérivés de la société de consommation, ça va bien cinq minutes !

Alors que les scènes de genre de Vermeer du 17eme siècle sont intemporelles. Je suis sûre qu’elles seront encore iconiques au siècle suivant.

Il se trouve que la semaine où j’ai commencé à rédiger cet article, Paris-Match présentait en couverture une nouvelle exposition au Rijksmuseum consacrée à Vermeer.

Les nouvelles technologies aident à percer certains secrets de peinture !

En 2017, je me suis fait un cadeau : une conférence sur l’exposition Vermeer et les maîtres de la peinture de genre à l’auditorium du musée du Louvre.

Le prix de l’exposition était exorbitant pour douze tableaux présentés et il y a eu des couacs dans la gestion des flux de visiteurs. C’est ce que je reproche au musée du Louvre : ils organisent des expositions très mainstream avec des peintres super stars comme Vermeer puis Léonard de Vinci. Et c’est le vrai bazar logistique.

Je pense que Vermeer touche beaucoup de gens à travers les siècles car il propose une représentation faussement anodine du quotidien. Il fait poser une laitière absorbée par la préparation du pain perdu (miam ! mon péché mignon) dans une arrière cuisine très froide et sans artifices : on voit les clous fixés dans le mur de chaux.

Pourtant, tous les éléments du décor sont mis en scène de manière savante : le carreau cassé de l’arrière cuisine, le miroir de profil. Elle porte un justaucorps jaune en cuir, les manches retroussées montrent ses bras en plein travail.

J’aime beaucoup La jeune fille à la perle également mais il s’agit d’un véritable portrait, un modèle qui pose. D’ailleurs, on ne sait pas qui est cette fameuse jeune fille. Est ce que c’est une servante comme le suggère Tracy Chevalier dans son roman ou une des filles de Vermeer ?.

Il peint des servantes comme des reines. Les nymphes, déesses de la mythologie ou encore les riches aristocrates que l’on voit depuis très longtemps dans les tableaux de la Renaissance en Italie ou en France ne suscitent pas la même sympathie…

Je pense que ses tableaux parlent aux gens mieux que les nombreux portraits de riches mécènes. Ceux qui commandent les tableaux viennent des élites.

Vermeer masque les inégalités sociales par la lumière. Je suis subjuguée par l’idée que des femmes de l’aristocratie ont pu reconsidérer autrement leurs servantes à travers des tableaux de maîtres.

Le roman La jeune fille à la perle explique très bien ce changement de statut quand le maître hollandais choisit comme modèles des domestiques.

L’arrière cuisine en ville, c’est là où le degré social est le plus bas. Or Vermeer utilise une composition triangulaire comme les Vierges de Raphaël.

Il a le génie de se distancier de la ligne égrillarde, de l’image provocante des filles de cuisine, à qui on prête surement à tort une grande disponibilité sexuelle. Il monumentalise son modèle grâce à des artifices très efficaces : la lumière, la composition…

Pour moi, La laitière est carrément un tableau politique à la gloire de l’apogée économique hollandais au 17eme siècle. Vermeer a peint une figure nourricière exaltée par la grâce de la lumière.

Le pain est un symbole de la réussite des Pays-Bas alors que la France de Louis XIV connaissait alors des famines. La France était alors majoritairement rurale alors que la Hollande est plus citadine.

Mais la France voue une véritable admiration au peintre hollandais. Après une première exposition au Louvre en 1966, cette pastorale devient une star du rayon frais en 1973 avec une marque du groupe Chambourcy.

J’ai beau chercher d’autres œuvres d’art, je pense qu’il s’agit d’un fait unique dans l’histoire du marketing alimentaire. J’achète ces yaourts pour le tableau en premier !

Visiter Delft, ville européenne influente au 17eme siècle

Droits réservés Holland.com

Tout le monde vante la beauté d’Amsterdam comme étant une capitale européenne à absolument visiter. Curieusement, je suis plus attirée par une visite à Delft. Son architecture me rappelle beaucoup Bruges en Belgique…

Delft est renommée car c’était la ville de Vermeer et aussi pour sa fameuse faïence bleue, renommée dans toute l’Europe. Les Hollandais étaient leaders dans le commerce international avec des comptoirs commerciaux dans les Indes.

Je garde un vrai souvenir de la cuisine toute bleue de la maison de Claude Monet à Giverny. Je pense que la manufacture de Rouen qui les a réalisé a été inspirée par Delft.

Depuis longtemps, j’avais à coeur d’écrire cet article car La jeune fille à la perle est un de mes crush lecture. J’aime énormément comment la vie quotidienne au 17eme siècle est décrite : les servantes qui vont chercher de l’eau dans le canal pour faire le ménage…

Je vous invite à lire mes carnets de voyage urbains à Lille et Anvers. L’architecture flamande est vraiment caractéristique de l’identité européenne. J’ai hâte de visiter le beffroi d’Arras dans le Pas de Calais, les grand places sont vraiment extraordinaires et j’aime les façades de maisons avec pignons à gradins.

Pas étonnant que ce soit les images choisies pour les cartes de Noël. Si je ferme les yeux un soir de marché de Noël sur une de ces grand places, je me retrouve direct dans mon imaginaire avec le conte La petite fille aux allumettes

Lifestyle

Balades architecturales à Paname #1 : L’hôtel Gaillard

Depuis que je suis allée à Lille à Toussaint, je suis en mode focus architecture médiévale… et un samedi j’ ai trouvé une pépite. Je rentrais du Noël de l’entreprise de mon mari dans le 17eme arrondissement. J’étais en poussette avec ma fille, on cherchait l’arrêt du bus 20,boulevard Malesherbes et paf…

Je tombe sur cet hôtel particulier totalement dingue !

Il s’agit d’un bâtiment néo-Renaissance construit dans les années 1878-1882 pour un collectionneur d’art médiéval. C’est une copie de l’aile Louis XII à Blois, un des plus beaux châteaux de la Loire.

A l’heure où Paris était transformé par les travaux d’urbanisme du baron Haussmann, ce mécène éclairé : Monsieur Gaillard a voulu aller à contre-courant. Il a mis à l’honneur les boiseries, les clochetons, les fenêtres à meneaux….

Bref tout ce que j’aime.

Depuis 2019, cet hôtel particulier, à deux pas du parc Monceau, est devenu la cité de l’économie. Normal pour un bâtiment de la Banque de France. C’est un musée de société à ne pas manquer. Une idée de visite qui change de l’Opéra Garnier, la tour Eiffel et tout le toutim pour ceux qui connaissent Paris par coeur…

Ils proposent même des activités pédagogiques pour les enfants comme fabriquer un billet de banque.

Si vous aimez les bâtiments médiévaux, je vous recommande également la visite de l’hôtel de Sens au métro Pont-Marie. C’est l’un des plus beaux vestiges de l’architecture civile médiévale. Il a été construit au 15eme siècle pour un riche prélat du duché de Bourgogne dans le Marais.

La reine Margot y a vécu quand le roi de France Henri IV l’a laissé tombé pour une autre femme plus vertueuse : Marie de Médicis. La légende dit que c’était la grosse fiesta tous les soirs dans cet hôtel particulier pendant son séjour.

Je connais cet endroit car la mairie de Paris l’a rénové pour y installer une superbe bibliothèque dédiée à l’histoire de l’art.

J’aime bien cette nouvelle rubrique : Balades architecturales dans Paname… que j’ai bien envie de développer dans le blog. Le principe est simple. Depuis quinze ans, j’habite Paris et sa banlieue. Quand une architecture me cueille au coin d’une rue, je vous en ferai part pour raconter un peu son histoire et en quoi elle est exceptionnelle.

Je sais déjà que le prochain article de cette rubrique sera consacré à l’Institut d’art et d’archéologie, avenue de l’Observatoire. J’aime vraiment le spot avec son combo : jardin du Luxembourg, fontaine des quatre parties du monde et ce bâtiment hors du commun !

Retrouvez-ici mes derniers articles :

-On a testé en famille l’expo Tintin, l’aventure immersive à l’Atelier des lumières

-Une reine, vivre dans le mellah de Casablanca dans les années 1930

– Tant pis pour l’amour, une BD qui met un gros scud à la manipulation dans nos relations.

*Merci à DD expert du 17eme arrondissement et relecteur efficace !

Lifestyle

Commencer 2023 avec un coup d’œil dans le rétroviseur de 2022 grâce à mon bujo

Comme nous avons jusqu’au 31 janvier pour se souhaiter la bonne année, j’ai décidé qu’il en serait de même pour les bilans !

2022 a filé comme une étoile filante. On peut dire que ce fut une année intense au travail mais elle a aussi été agréable à vivre pour moi avec mes proches. Je chéris cette chance et cette grâce. J’ai décidé de continuer sur ma lancée de 2021 avec un retour dans les grandes lignes sur ces moments de vie qui la rendent plus lumineuse malgré les circonstances actuelles.

En janvier, j’ai renoué avec ma passion des collages pour mettre en images ce qui m’a touchée : le lancement avec mon équipe de travail du livre La Bible manuscrite ou encore le décès soudain de Gaspard Ulliel. Sa disparition a provoqué une onde de choc dans le pays car ce n’était pas seulement un people, c’était aussi un père de famille, un fils.

Malheureusement, 2022 a eu son lot de décès tragiques et inacceptables comme la jeune Lola en octobre et tous les jeunes tués par homicides cette année.

En février, je me suis régalée à trouver pour le premier anniversaire de ma fille à l’école des petits chapeaux pointus chez Hema. On a eu la chance de pouvoir visiter la Samaritaine par un grand soleil avec mes parents. Le soir, je me suis bien détendue avec la saison 2 de A l’ombre des magnolias sur Netflix.

Mars a été un mois à la fois difficile et festif. La déclaration de guerre de la Russie à l’Ukraine a sidéré tout le monde. C’était déstabilisant de croiser deux dames ukrainiennes avec une écharpe comme drapeau à Promod. Sinon, nous avons poussé la chansonnette pour fêter le départ à la retraite de Joëlle après 38 ans de bons et loyaux services.

On en aura eu des fous rires ensemble pendant six mois au déjeuner avec une joyeuse drille pareille. J’ai aimé regarder les cerisiers en fleurs, faire découvrir à ma fille les œufs à la coque.

Le 1er avril, il neigeait à Paris et ce n’était pas un poisson d’avril. Cela ne nous a pas découragé d’aménager notre balcon. J’ai eu la chance d’assister à un enterrement d’une grande beauté par le message d’espérance transmis. C’était celui d’Alain, un homme qui aimait Jésus et qui aimait aider les autres. Il a écrit un excellent livre sur l’aide aux personnes anorexiques.

Pendant les vacances de Pâques, nous avons fait l’expérience de baby-sitter un cochon d’Inde nommé Poppy. On ne peut pas dire que ce type d’animal est dynamique ! On craignait qu’il passe l’arme à gauche bien souvent.

Avec le retour du beau temps, nous avons retrouvé nos meilleurs spots: le lac d’Enghien en pédalo, mon anniversaire avec des amis de tous horizons, ça parle anglais, français et bulgare au lac des Minimes. J’ai renoué avec un des aspects de mon métier que je préfère : tenir un stand dans un salon du livre national au Festival du livre 2022 au Grand Palais éphémère.

A Pâques, Jean-Jacques Annaud m’a épatée avec un film magistral Notre Dame brûle.

En mai, j’ai découvert une superbe librairie non loin de mon travail : Le renard doré. Plus tard dans le mois, j’ai participé à un micro-trottoir sur la place Saint Sulpice avec mes collègues sur la lecture de la Bible. Cela m’a rappelé des souvenirs quand je vivais la bas, il y a dix ans dans ma petite chambre de bonne rue de Rennes.

Début juin, nous avons été reçus comme des rois à Marseille chez Roxane et Matthieu. C’était la première fois que notre petite biche nous accompagnait et elle a beaucoup aimé son trajet en ferry boat. L’eau était délicieuse à la plage des Catalans et nous a aidé à affronter la canicule tout au long du mois de juin. La fin d’année scolaire est vite arrivée avec une kermesse du centre de loisirs inoubliable pour clôturer avec bonheur la première année d’école de notre fille !

Pour le 14 juillet, nous sommes partis pour Sagnes et Goudoulet, le village de ma grand-mère en Ardèche. Elle fêtait ses 90 ans avec sept de ses frères et sœurs. La canicule n’a pas été facile à vivre en France et les incendies qui ont ravagé la Gironde m’ont fait réfléchir.

En août, nous avons eu le grand plaisir de profiter de la visite de mon frère et sa femme avant leur départ en Australie. C’était bon de pique-niquer au lac des Minimes. Puis, nous nous sommes envolés pour la Bulgarie comme chaque année.

Les vacances se sont terminées par un très bon mariage : celui de Lina et Daniel. Ils ont quinze ans de moins que nous mais ce sont pourtant de vieux amis de longue date.

En septembre, le travail a repris sur des chapeaux de roue. J’ai eu la bonne idée de m’octroyer une jolie escale en solo au Le Touquet pour quitter l’été en douceur. Septembre a été marqué par le décès de la reine Elisabeth II. Mieux que ses chapeaux pas possibles et ses tenues chatoyantes, c’était une femme qui gouvernait en donnant une grande place à sa foi chrétienne. D’ailleurs, l’aéroport du Touquet a pris son nom en hommage à ses 70 ans de règne.

La rentrée des classes en petite section s’est très bien passée. Notre petite musicienne aime son activité éveil musical avec passion. Elle retient une quinzaine de chansons avec beaucoup de malice.

En octobre, lasse de tourner en rond dans les boutiques, j’ai exploré Vinted pour trouver un manteau Gisèle sold out chez Promod (mais pas assez chaud) et des tennis Gola liberty (introuvables en première main partout en Europe). Puis je me suis régalée à travailler avec ma collègue Coco pour organiser le lancement du livre jeunesse Petit robot vert au temple du Marais.

Octobre s’est terminé merveilleusement bien par un voyage avec beaucoup de soleil à Lille !

On pourra dire que j’aurais vu du pays en novembre. On a joué aux touristes avec la visite de nos cousins de Grenoble. C’était un plaisir de circuler en bateaux-mouches en famille. On leur a fait découvrir le jardin public parisien par excellence : celui du palais Galliéra.

Côté famille, Ugo et Ellyse nous ont annoncé une grande nouvelle : nous allons devenir oncle et tante. Puis je suis partie en Guyane pour un chouette déplacement professionnel. Ce fut un mois de novembre aux antipodes.

Enfin, décembre n’a pas été fort ensoleillé en région parisienne mais il a été détendu ! Pendant l’Avent, on a épuisé la rubrique Cherche et trouve du magazine Popy spécial Noël. Puis nous sommes partis quelques jours à Remirémont dans les Vosges. C’était bien chouette de se dépayser. Nous avons vibré avec les Bleus lors de la finale de la coupe du monde de foot avec une énorme déception pour eux.

Enfin, l’année s’est terminé avec une superbe visite de l’expo Art déco à la Cité de l’architecture et du patrimoine le 31 décembre au Trocadéro.

Retrouvez-ici mes précédents articles :

– On a testé en famille Tintin, l’aventure immersive à l’atelier des Lumières.

Une reine, être femme dans le mellah de Casablanca des années 1930.

Au revoir Monsieur Sempé

BD & romans graphiques

Tant pis pour l’amour, une BD pour mettre un gros scud à la manipulation dans nos relations

J’ai découvert Sophie Lambda sur Instagram lors de la parution de son roman graphique Le monde au balcon, journal du confinement 2020, publié par Albin Michel. Je l’ai d’ailleurs chroniqué ici.

Ce n’est pas son premier album de BD. Elle avait signé en 2019, un best-seller Tant pis pour l’amour qui a était traduit en de nombreuses langues. Même si je trouve le titre un peu trop cynique à mon goût, je ne peux que louer l’efficacité du visuel associé au sous-titre du livre « Ou comment j’ai survécu à un manipulateur ».

Le terme de survie est loin d’être galvaudé car cet énorme roman graphique raconte une véritable descente aux enfers qui heureusement, s’est bien terminée grâce à une psychothérapie.

Je lis pas mal de romans graphiques et celui-ci sort du lot assurément. A travers ce témoignage autobiographique, il décortique le travail de sape de la manipulation, comment le piège de l’emprise se referme sur elle et détruit toute miette d’estime de soi malgré les avertissements de son ours en peluche Chocolat. Le livret avec des ressources d’aide est une véritable bouée de secours, un matériau utile pour les nombreux centres d’aide psychologiques.

J’en profite d’ailleurs pour déplorer que le dispositif d’aide psychologique offert aux étudiants ne soit plus gratuit en 2023. C’est vraiment dommageable.

Les relations toxiques, on en parle de partout dans les médias mais sait-on vraiment bien les discerner?

Sophie Lambda se sert des codes graphiques de la BD pour mettre en scène un pétage de plombs dans les hautes sphères avec des couleurs criardes, des bulles de BD qui grossissent quand le ton monte, des métaphores imagées pour aider à réaliser cette chute libre, dangereuse et vertigineuse. Pas bien cadrés, l’amour et la passion peuvent avoir un goût amer, toxique.

Après il faut aussi avoir un esprit critique sur la société qui nous entoure. Elle crée des situations de manipulations, d’emprise par les valeurs qu’elle véhicule : être le meilleur, prendre l’ascendant sur les autres, avoir une relation affective sans engagement (impossible selon moi). Je vous recommande également un petit livre passionnant : Le décodeur des violences psychologiques d’Ariane Calvo, éditions First.

J’aime beaucoup ce livre accessible à tous qui analyse les situations d’emprise au lieu de cataloguer les personnalités : les pervers narcissiques, les passifs agressifs…

Droits réservés éditions Delcourt

Tant pis pour l’amour n’est pas une BD où l’on se marre, c’est une BD utile, une bouée de secours pour réaliser que cela n’arrive pas qu’aux autres. Même une personnalité avec un fort caractère, affirmée peut être victime d’un manipulateur. Nous avons tous nos failles, nos vulnérabilités.

Sophie a fait quelques émissions de télévision très bien conçues comme Ca commence aujourd’hui avec Faustine Bollaert et Je t’aime etc de Daphné Bürki.

Je vous invite à regarder le compte Instagram de Sophie Lambda car cette mauvaise expérience ne conditionne pas toute sa vie. J’aime beaucoup ses projets illustratifs comme son challenge d’octobre autour de Friends ou encore le coeur maison qu’elle a dessiné.

Enfin, j’ai acheté cette BD en seconde main à la librairie Gibert Joseph, boulevard Saint Michel à Paris. Elle avait juste un coin un peu cabossé, ce qui m’a permis de faire une économie de 5€ sur le livre neuf. Je pense offrir cette BD à une boite à livres ou à un centre d’écoute psychologique car je pense que c’est un livre à transmettre.

Retrouvez-ici mes meilleures chroniques BD, car en janvier place au festival international de la BD à Angoulême !

Guernica, ou le devoir de mémoire grâce à la BD

-Rendez-vous dans la forêt, une série de romans graphiques qui entretient la foi et l’amitié avec Dieu

-Janvier rime avec BD

Expos

On a testé en famille Tintin, l’aventure immersive à l’Atelier des Lumières : toutes les générations ont aimé !

Comme ma fille grandit, je commence à avoir envie de lui faire visiter des expos à Paris. Sa première expérience : la Cité des sciences (incontournable pour les gosses) avait été concluante, je lui cherche d’autres sorties adaptées à son âge.

Depuis, il y a eu quelques ratés comme la sortie ciné de Noël : Ernest et Célestine (très impressionnant le passage du petit au grand écran) ou la non-visite à la Cité de l’architecture et du patrimoine : trop de pièces sombres, un sujet trop sérieux et historique pour une petite fille…

Avec Tintin, l’aventure immersive, j’étais sûre de mon coup. Nous avons profité de la visite de mon oncle et ma tante de Marseille pour les emmener à l’Atelier des lumières que nous visitions également pour la première fois.

Ce musée numérique se trouve entre Saint-Maur et Père Lachaise dans le 11eme arrondissement. Il s’agit d’une ancienne fonderie assez imposante qui peut accueillir entre 200 et 500 personnes pour chaque créneau horaire. Il est fortement recommandé de réserver ses billets à l’avance. On avait choisi notre horaire habituel de 10h30, un peu matinal mais on est des vieux de la vieille pour éviter les foules. A 11h30, la file d’attente s’étendait sur un pâté de maisons…

Tout est très bien organisé pour les flux de visiteurs. Il y a un vestiaire avec des casiers, des toilettes gratuites, un local surveillé pour les poussettes et un passage obligé par l’espace boutique en sortant. On a un peu l’impression de sortir en boite de nuit avec ses enfants, c’est drôle.

Quand nous sommes arrivés, j’étais un peu dépitée par le monde dans le lieu pour un dimanche matin (l’exposition se termine dimanche prochain après prolongations…). Mais rapidement, nous avons trouvé un large plot industriel pour pouvoir s’asseoir confortablement tous les cinq, de nombreux parents et enfants étaient assis par terre. Il y a aussi une tribune pour voir tous les écrans à 360 degrés.

C’était notre première expérience d’exposition immersive et je dois dire que j’ai beaucoup aimé ! C’était vraiment passionnant cette manière de filmer les détails, d’associer des musiques très bien trouvées. Les créateurs de ce film de quarante minutes ont réussi la prouesse de faire vivre l’œuvre de BD et de transmettre des émotions aussi bien à des bébés, qu’à des trentenaires comme moi ou des retraités.

Il faut dire que j’avais mon oncle à côtés de moi qui connaissait tous les titres : Yellow submarine et All you need is love des Beatles, les Pink Floyd, David Bowie… et le final avec Jacques Brel. La musique est très importante dans cette exposition car elle permet de nous indiquer le contexte historique dans lequel Hergé a crée les vingt trois albums de Tintin entre 1930 et 1976.

L’homme a marché sur la Lune en 1969 avec la mission Apollo-13 mais Hergé avait déja imaginé une histoire de conquête spatiale en 1953 avec Objectif lune. Chacun connait les couvertures de ces albums, dont on ne se sépare pas. On les garde dans le grenier de la maison de vacances pour les transmettre à ses enfants.

Les aventures de Tintin continuent à faire le bonheur de son éditeur Casterman avec plus de 270 millions d’albums vendus (totalisés en 2019) et traduits dans plus de 110 langues et dialectes.

Tintin me passionne à double titre car je travaille dans les métiers du livre depuis plus de dix ans et que j’ai étudié l’histoire de l’art à l‘Ecole du Louvre. En 2017, j’avais visité l’exposition dédiée à Hergé au Grand palais et écrit un article à retrouver ici : Tintin au royaume de l’histoire de l’art.

Tintin, le principe de la ligne claire, innovation BD

Hergé est le précurseur de la ligne claire, un graphisme sobre au profit de la netteté du trait. C’est d’ailleurs cette ligne claire qui fait la réussite de cette exposition numérique. Les techniques numériques employées justifient le prix un peu prohibitif du ticket d’entrée : le tarif réduit est à 14 euros à partir de 5 ans. Mais on en a pour son argent ! On peut d’ailleurs rester regarder une deuxième fois le film si on le souhaite…

Je vous recommande la lecture du site officiel de Tintin qui est une mine d’or d’informations. J’aime la BD passionnément depuis mon enfance. Surtout la BD belge avec Gaston Lagaffe, Boule et Bill… Je trouve que le 9eme art se prête vraiment bien à ce genre d’exposition immersive et je réfléchis à la prochaine que j’irai voir.

Tintin a cette richesse d’être un reporter qui parcourt le monde entier avec différentes esthétiques : le Far-West, les chinoiseries du Lotus bleue, l’île Noire, le monde sous-marin… J’ai trouvé que l’univers d’Hergé était beaucoup plus passionnant que des tableaux de peinture qui ont plus de mal à prendre vie qu’un jeune reporter intrépide qui poursuit les méchants…

C’est peu dire que cette exposition m’a emballée. J’avais hâte de vous en faire part. Cela enrichit toute ma réflexion sur la commercialisation des livres dans les musées.

J’ai travaillé pendant trois ans à la librairie RMN du musée du Louvre. Je dois dire que les musées de Culturespaces à travers le monde sont un modèle économique assez bluffant et innovant. Il réussit à capter les publics de toutes les générations. Cela permet de dépoussiérer l’image des musées. Tout un quartier permet de bénéficier du dynamisme de ce lieu. Il y a désormais autre chose à voir que le Père Lachaise dans le coin !

Il y a aussi Clint, le brunch idéal pour se restaurer dans un cadre bien décoré. On avait inauguré cette belle adresse quelques semaines avant de devenir parents début 2019. J’avais même consacré un article à cette chouette adresse. Nous y sommes donc retourné avec plaisir car leur cuisine est très bonne, on sent que c’est fait main même si l’addition est assez salée.

Le seul regret était la pression des serveurs pour nous presser un peu à libérer la table. On comprend quand on voit la file d’attente quand on sort mais ce n’est pas des plus agréables.

Nous avons vraiment apprécié cette virée à Paris un dimanche matin sous le soleil en janvier. Même si les temps de transports en RER en proche banlieue et les files d’attente dans les musées nous conditionnent avec des enfants. Mais c’est le jeu !

Retour dans le blog sur les plus belles expos parisiennes qui m’ont marquée:

-Gabrielle Chanel, l’îcone mode intemporelle

-Les Parisiens durant l’exode

Biographies et autobiographies

L’âge bête, l’hyperréalisme pour raconter l’adolescence dans les années 1990

J’ai découvert Géraldine Dormoy par le biais des blogs et d’Instagram. Son analyse de la mode et du monde qui l’entoure m’intéressent beaucoup. D’autant plus qu’elle a quitté Paris pour Montélimar il y a peu de temps. Moi j’ai fait le chemin contraire : je viens de la Drôme et j’ai adopté Paris depuis quinze ans.

Puissance d’Instagram : quand on suit le compte de quelqu’un, on fait connaissance et on s’attache… C’est le moyen idéal pour annoncer à sa communauté la sortie d’un livre : L’âge bête édité par Robert Laffont, 20€.

Il ne faut jamais négliger le sous-titre : Pontoise, 1990. J’ai quatorze ans et deux ou trois incertitudes. C’est aussi lui qui déclenche l’acte d’achat. Je remercie les éditions Robert Laffont de m’avoir envoyé un service de presse pour chroniquer ce livre. J’avais également chroniqué un autre récit Une reine de Judith Elmaleh du même éditeur début décembre.

Je lis régulièrement ses post Instagram et ses newsletters pour sa plume de journaliste très précise. Elle a fait de sa passion pour la mode une expertise qu’elle souhaite partager au plus grand nombre. C’est grâce à elle que j’ai réellement compris ce qu’était la fast fashion. J’ai d’ailleurs écrit un article à ce sujet : Ce que j’ai appris de la mode grâce à Promod, Camaïeu et Bonobo

J’ai réalisé avec cette autobiographie dans laquelle je me suis un peu reconnue, que l’adolescence est un moment charnière pour se construire personnellement à travers les vêtements.

Hommage à Camaïeu et ses bombers stylés…

Il y a plusieurs thématiques fortes dans son livre et j’en ai aimé plusieurs : les relations sociales avec les autres, la construction personnelle d’une adolescente qui a eu rapidement conscience des classes sociales en voulant porter tel ou tel vêtement, pratiquer une activité extra-scolaire pour rejoindre un groupe…

Et puis roman sur l’adolescence oblige, Géraldine parle de l’intime, de la transformation de son corps et de ses sens… Même s’ils sont bien écrits, je ne me suis pas régalée à lire ces chapitres car j’estime qu’il faut préserver son intimité dans une société tellement exhibitionniste aujourd’hui…

Après, sa démarche d’écriture était honnête et authentique mais comme elle explique qu’elle fait lire au fur et à mesure de l’écriture ses chapitres à son mari, ses parents ou sa sœur pour échanger, il peut y avoir malaise…

Cela m’a évoqué le sketch de De Caunes et Garcia à cette époque qui parodiaient les animateurs de Fun Radio : Doc et Difool...J’ai trouvé que la manière dont elle racontait la construction de ses goûts, de ses passions qui lui apporteront une forme d’expertise dans son métier… beaucoup plus intéressantes que son éveil au sexe, maintes fois raconté en littérature.

Elle questionne l’éducation post 1968 transmise par ses parents concernant la pudeur et la nudité. On est très loin de La familia grande de Camille Kouchner car ses parents étaient bien moins égocentrés que ceux de l’ élite germanopratine qui n’auraient jamais dû devenir parents (voila c’est dit).

La lecture de cette autobiographie m’a fait penser à Pierre Bourdieu, à Annie Ernaux, prix Nobel de littérature. J’ai trouvé tellement attendrissant sa manière de raconter le couple de ses parents, leurs origines sociales, sa grand-tante concierge espagnole dans le 16eme arrondissement.

Ces chapitres où elle raconte ses vacances en Espagne, maintenues chaque année malgré le revers de fortune de ses parents m’a beaucoup plu. Surtout le chapitre où elle raconte qu’elle devient une petite vendeuse du dimanche dans la boulangerie du coin pour se financer elle même son argent de poche.

J’ai voulu lire ce roman car il raconte une époque : les années 1980-1990, décennie dans laquelle je suis née. Je suis une fan inconditionnelle des deux films générationnels : La Boum de Claude Pinoteau avec Sophie Marceau et j’ai adoré lire L’odeur de la colle en pot d’Adèle Bréau.

J’aime beaucoup ces romans qui racontent la vie quotidienne dans les familles françaises, qu’on vive à Paris ou en province.

J’ai reconnu des copines dans cette ado qui collectionne des miniatures de parfums pour les exposer dans un cadre en bois en forme de maison au dessus de son bureau.

Il y a quelques jours, je regardais Un dimanche à la campagne, l’émission de télévision géniale de Frédéric Lopez avec Nelson Montfort, Berengère Krief et Slimane. Berengère montrait un magazine Starclub avec les paroles des chansons populaires au dos du livre. Cela m’a rappelé mes souvenirs : Les parfums Eau jeune et Anaïs Anaïs, la Macarena, la victoire de France 98…

La force de ce livre vient également de sa couverture très réussie avec des illustrations dessinées par Isabelle Oziol de Pigniol. On y retrouve toute la saveur des années 1990 : les Bensimon, le walkman, la bouteille de parfum Trésor, les revues de mode…

C’est aussi ce qui m’a incité à vouloir lire ce livre. Je suis persuadée que 95% de l’acte d’achat d’un livre en librairies ou sur les réseaux sociaux dépend de sa couverture. D’autant plus, que ce rose est sacrément tendance…

Enfin, j’ai trouvé cette lecture très originale et différente des autobiographies plus classiques que j’ai l’habitude de lire. Géraldine Dormoy fait des aller retours dans le temps entre les chapitres. Elle alterne le temps du récit comme elle l’a vécu avec le temps de l’écriture et la manière dont ses proches reçoivent son récit.

Mes recommandations de lectures si vous aimez les autobiographies :

-Devenir de Michelle Obama

– La tolérance ne sauve pas, l’amour oui : l’autobiographie de Frédérique Bedos

-Vers la liberté de Mahtob Mahmoody

On va éviter de vous recommander l‘autobiographie du prince Harry, Le suppléant, dont le déballage totalement idiot bête sera difficile à oublier…

Lifestyle

Décembre sous le signe de la détente…

… après un automne harassant. Je travaille dans une maison d’édition et on fait entrer tous les titres de Noël chez le distributeur en septembre/début octobre pour que les commandes de Noël soient expédiées dans les librairies fin octobre.

Autant vous dire que je ne me suis pas ennuyée ces précédents mois et que j’étais bien contente de pouvoir lâcher un peu de lest vers le 15 décembre quand le gros du travail a été accompli.

Quand j’étais libraire, j’aimais beaucoup m’activer dans les rayons à cette période de l’année pour conseiller les clients, les aider à trouver le cadeau qui ferait plaisir à leurs proches. Mais j’étais aussi très lasse face à cette marée humaine dans les rues de Paris, une course aux cadeaux effrénée qui rendait le mois de décembre vraiment très long…

Heureusement que j’ai été dans une bonne équipe à la librairie 7ici où l’on facturait, emballait et postait une quantité astronomique de commandes car Coco le virus parasitait Noël en 2020.

Cette année, nous avons pu faire un Secret Santa au bureau sans les masques, sans suspecter son collègue d’être cas contact et quel bien fou de retrouver ce genre de festivités malgré la lourdeur de l’actualité : l’inflation, les pénuries, les transports parisiens qui se dégradent en quelques mois….

Merci à ma Secret santa : Coraline de m’avoir offert ce qu’il me fallait (des feutres et du papier coloré) pour me détendre. Le premier week-end des vacances, j’ai dessiné en deux jours autant que ces trois derniers mois. Pas besoin de lire des livres de développement personnel plus ou moins foireux, trouvez d’abord ce qui vous détend et vous inspire !

Cela peut être faire un tour dans un magasin de loisirs créatifs : mon mari m’a offert un kit de peinture de numéro à La petite épicerie, je me suis trouvée une maison miniature à monter chez Action. J’assume tout à fait de suivre le modèle de François Pignon et ses monuments en allumettes dans Le dîner de cons

Cela peut aussi être des films ou des séries un peu décérébrées… Je me suis surprise à me régaler devant un film de Noël Netflix. Cela s’appelait The Noël diary. Une histoire d’amour sur fond de quête de ses origines et de deuil.

C’est tiré d’un roman écrit par Richard Paul Evans. Certes tous les poncifs du film de Noël étaient présents : l’histoire d’amour torturée, les bons sentiments… mais traités avec un peu plus de profondeur que d’habitude…

Dans un autre genre, j’ai honte de l’écrire mais j’ai regardé avec mon mari Quarante ans toujours puceau car je ne l’avais jamais vu et que je suis fan de Steve Carell. Je suis même arrivée à trouver des valeurs et des qualités à cette comédie bien lourdingue de Judd Apatow.

Il réussit avec talent à faire comprendre que l’engagement et la parentalité effraient plus les trentenaires que la pire des situations embarrassantes, les fesses à l’air en public. Faire le choix de la virginité dérange et constitue un vrai tabou qui permet des scènes cocasses dans le film. J’ai beaucoup aimé quand notre cher Steve accompagne la fille de sa copine à un cours d’éducation sexuelle au lycée pour se renseigner lui même…

J’avais aussi bien apprécié En cloque mode d’emploi avec Katherine Heigl… C’est l’actrice américaine emblématique des années 2000. C’est elle qui m’a donné envie de regarder Toujours là pour toi car son rôle de petite fille traumatisée par une mère hippie qui la délaisse est beaucoup plus profond que le film très niais 27 robes qu’elle a commis dix ans auparavant.

Copyright Diyah Pera/Netflix

Cette série qui raconte la trentaine d’années d’amitié de Tully et Kate est adaptée du roman La route des lucioles, que je cherche partout désespérément (pas fort Michel Lafon sur ce coup !). J’ai beaucoup aimé la saison 2 même si les très nombreux flashbacks entre l’adolescence des deux filles dans les années 1980, leur jeunesse dans les années 1990 et leur quarantaine dans les années 2020 était un peu difficile à suivre. Katherine Heigl est très talentueuse, je vous recommande cette série.

Sur Netflix, j’ai aussi aimé suivre la troisième saison d’ Emily in Paris, celle de la maturité (je blague). Ses personnages sont toujours aussi centrés mais un peu moins volages.

Le couple d’Alfie et Emily est très mignon à voir évoluer, Sylvie et Emily semblent devenir un tandem professionnel assez intéressant et surtout la manager américaine est vraiment un monstre caricatural. La manière dont elle gère sa nouvelle maternité est tout bonnement effrayante.

Les tenues d’Emily me piquent de moins en moins les yeux, elle devient de plus en plus Parisienne et surtout cette carte postale de ma ville chérie me met du baume au coeur. L’image de Paris en a pris un sacré coup depuis les confinements de 2020.

Les touristes américains sont revenus en nombre dans le quartier Latin. Je les reconnais vite quand je rentre du travail, ce sont les seuls braves à manger des steaks frites en terrasse à 17 heures. Netflix a crevé l’écran en décembre au forum des Halles avec son immense sapin au centre de la place. Visiblement, la sobriété énergique ce n’est pas leur credo…

Puis les vacances tant attendues sont enfin arrivées. Nous sommes partis trois jours en famille à Remiremont dans les Vosges. Ce fut un voyage bien agréable à la découverte d’une région de France que nous ne connaissions pas du tout. On a eu une vraie douche froide en rentrant quand la SNCF nous a annoncé que notre réveillon du 24 décembre en famille allait tomber à l’eau. Mais nous avons persévéré et nous sommes arrivés à Valence deux jours plus tôt.

L’année s’est clôturée de la plus belle des manières avec la visite de l’expo Art déco, France/Amérique du Nord le 31 décembre à la cité du patrimoine. J’ai hâte de vous partager mes impressions !

Décembre fut cette année beaucoup plus agréable à vivre que les autres années, malgré les galères dans les transports, le froid et le manque de soleil. Alors je vous en donne un peu avec cette découverte :

Carnets de voyages urbains

Un avant-gout de Noël à Remiremont dans les Vosges

Pour débuter les vacances de Noël, nous avons prévu trois jours dans les Vosges en quête de neige. Nous avons étudié tout cela sur Internet de manière très stratégique.

On ne connait pas du tout les Vosges mais quelques personnes de bon conseil nous ont recommandé cette destination bien moins chère que les Alpes et beaucoup plus proche en train : 2h40 depuis la gare de l’Est. Ce fut un choix ingénieux puisque nous avons passé un super séjour. La neige n’était pas au rendez-vous, la combinaison enfant Décathlon attendra un autre hiver mais nous nous sommes régalés.

Nous avons loué un gîte sur Booking qui s’est révélé être une super bonne idée. Une hôte vraiment gentille et habituée aux locations, un emplacement très bien situé et le confort de pouvoir faire ses courses et manger de manière beaucoup plus autonome qu’à l’hôtel. L’Ibis budget de Lille nous a guéri !

Nous sommes arrivés pile à l’heure pour la finale de la Coupe du monde : France/ Argentine à 16 heures.

Je profite de ce billet pour exprimer toute mon admiration à nos Bleus. Ils ont vraiment fait preuve d’un courage extraordinaire et d’une sacrée ténacité face à des Argentins vraiment hargneux et à la limite du fair-play. Je suis bien contente que même si la France n’a pas gagné, elle a donné des sueurs froides aux Argentins qui ont cru pendant 80 minutes que c’était plié. J’ai mon petit voisin de quatre ans qui s’appelle Léo. C’est un fan absolu de Kylian Mbappé, il a des étoiles dans les yeux quand il parle de lui… Je ne sais pas qui le gardien de but argentin fait rêver en ce moment…

On dit Gérardmé et non Gérardmer !

Lundi matin de bonne heure (9 heures, l’heure du bureau, on est des robots) , nous avons pris une navette une trentaine de minutes pour 4.50€ l’aller afin d’aller visiter le fameux lac de Gérardmer à une trentaine de kilomètres de Remiremont.

 Photo illustration VM /Jérôme HUMBRECHT

L’arrivée dans cette petite ville de 8500 habitants est assez remarquable avec ce lac majestueux. J’ai bien envie de revenir y faire un tour au mois de juin. Gérardmer c’est la capitale du linge de maison avec ses magasins d’usine Linvosges. Ce n’est pas ce qui me passionne le plus mais j’ai acheté des chaussettes Bleuforêt au Monoprix pour affronter le froid et il faut bien dire que les Vosges pèsent lourd dans l’économie et l’industrie française : les bonbons La Vosgienne en tête de gondole dans les supermarchés…

Gérardmer nous a beaucoup charmé avec son carrousel à étage, sa fontaine et son épicerie Mémé sur la place. J’ai vraiment adoré cette jolie épicerie avec plein de sucreries vintage, un espace salon de thé dans lequel je rêverai de réunir mes copines. Les hôtels avec spa et hammam m’ont aussi fait de l’œil.

Nous sommes allés nous réchauffer avec une bonne boisson chaude aux Rives du lac, une petite brasserie très bien décorée et à la carte très appétissante. Elle pourrait très bien servir de cadre à un film de Noël Netflix. Il faut dire que j’ai renoué avec ce genre cinématographique très niais. Je vous parlerai de mon coup de cœur pour The Noël diary dans un prochain article… La vue sur le lac était vraiment superbe.

La suite du séjour a filé très vite car nous restés deux nuits. Ce fut l’occasion de se balader à pied dans le joli centre-ville de Remiremont. Je regrette beaucoup les petites villes où l’on peut faire les magasins d’une traite sans se galérer dans les transports en commun. La rue principale de Rémiremont s’appelle rue Charles de Gaulle avec de beaux magasins de vêtements, des salons de thé et de décoration.

On a vu une chouette mise en scène des rois mages sur un des côtés de l’église. Dans l’est de la France, Noël est une fête importante avec ses marchés dès la Saint Nicolas, le 6 décembre. On a vraiment bien fait de venir ici à cette période de l’année.

La dernière journée a filé très vite, le temps de visiter la médiathèque municipale et surtout de se régaler à la crêperie Du fil à l’assiette. J’ai goûté une excellente galette de sarazin au Munster, la spécialité fromage dans le coin.

Un comble quand on pense que je me moquais de mes parents qui aimaient passionnément ce fromage qui sent les pieds. Ainsi qu’une galette flambée au Grand Marnier, j’étais un peu pompette à quatorze heures car le soleil de décembre tapait fort à notre table.

Ce fut d’excellentes vacances à trois avant d’aller réveillonner en famille à Privas. Nous avons eu la mauvaise surprise d’apprendre l’annulation de notre train aller pour le samedi 24 pour cause de grèves. Mais nous avons eu la chance de trouver une solution de repli.

Comme dirait Kylian Mbappé, incontournable partout dans la presse et sur les réseaux sociaux depuis cette folle finale, « nous reviendrons »… dans les Vosges. J’ai déjà repéré une luge gonflable sur le site de My nice fleet grâce au blog de Néroli

Retrouvez ici mes précédents articles consacrés à des bons moments en famille aux quatre coins de la France :

-Un week-end en famille pour Toussaint découvrir le Vieux-Lille

-Les aventures rocambolesques de Margot en Guyane

-Un avant goût de vacances d’été à Marseille au mois de juin

Lifestyle

Un Noël en Provence au BHV… et dans mon bujo…

Cette année, je cherchais un thème original pour décorer mon bujo pour décembre et ainsi finir mon carnet 2022 en beauté. Je m’étais régalée à dessiner des sapins et des boules à neige grâce à la chaîne Youtube Les astuces de Margaux. Mais je cherchais plus original… C’est le magasin parisien BHV qui m’a donné cette idée qui me ressemble beaucoup…

J’ai étudié les arts et traditions populaires dans un musée du même nom désormais disparu, à côté de l’actuelle fondation Louis Vuitton dans le 16eme arrondissement de Paris. Désormais, le musée des arts et traditions populaire s’est délocalisé à Marseille et s’est étendu à l’Europe et à la Méditerranée : c’est le fameux MUCEM !

Moi, je viens de Valence aux portes du duché de Provence. Et je passe souvent Noël avec ma famille de Marseille qui ramène avec elle la tradition des treize desserts dont la pompe à huile. Ma tante Martine a longtemps peint à la main les santons de Provence de la marque Carbonnel.

Ma grand-mère Evelyne doit avoir une crèche avec une cinquantaine de santons. Ces traditions perdurent et séduisent même le marketing !

Carbonnel, Les calissons du roi René, Souleiado, L’Occitane … sont autant de marques présentes au BHV pour ces vitrines Noël en Provence.

J’ai eu un vrai coup de cœur pour cette cigale en céramique signée Monochromic. Je regarde beaucoup les émissions de décoration sur M6 et c’est vrai que le total look provençal est un peu ringard : le combo olives, cigales et fond jaune c’est un peu trop chargé. Mais le design a cette magie avec la pureté de ses lignes de moderniser n’importe quel motif. Et la cigale c’est l’identité de la Provence !

Les becs sucrés à l’honneur en Provence

Je ne suis pas une inconditionnelle du nougat de Montélimar mais j’aime de manière éperdue le calisson et tout ce qui est à base d’amande. Je pense sérieusement à aller faire un tour au musée qui lui dédié à coté de la confiserie du roi René. Cette entreprise centenaire est basée à Aix en Provence.

Elle se réfère à un roi très apprécié, un important mécène du 15eme siècle qui a marqué de son empreinte tout son duché de Marseille à Tarascon. Si vous êtes de passage à Marseille, n’hésitez pas à grimper la tour du roi René pour avoir une vue inoubliable sur le Vieux port.

Cette confiserie très traditionnelle a sorti un beau coffret : celui des treize desserts en Provence. Il se compose de figues, de fruits secs, de nougats… Le chiffre treize est une référence au Christ et à ses apôtres. Par ailleurs, on dispose les nappes de la table de Noël par trois en référence à la Trinité.

J’aime beaucoup ces références chrétiennes, des traditions qui remontent même au 12eme siècle. D’ailleurs, en me documentant pour écrire cet article, j’ai découvert que la création de crèches provençales était un acte de rébellion.

Durant la Révolution française, les Marseillais ont trouvé une parade comme on leur interdisait de célébrer une messe de minuit. Dans la foulée, ils ont lancé une fête aux santons qui célèbre cette année ses 200 ans.

Les santons de la crèche provençale, une communauté chrétienne en miniature

Quand j’étais petite, j’adorais installer la crèche avec mon frère parce qu’on déballait les santons que ma tante avait peint à la main pour l’entreprise Carbonnel. Elle m’épatait à réussir un travail si minutieux à une cadence industrielle : j’avance le chiffre de 200 santons à peindre chaque semaine. On installait le ravi de la crèche, le maire, les anges et surtout la sainte famille car le petit Jésus est bien entendu le plus beau des santons.

Ma mère a complété la collection avec les rois mages et des chameaux. En novembre, j’ai vu une chouette crèche grandeur nature dans un centre commercial à coté de Cayenne. Je vous invite à visiter une église pour se recueillir devant une crèche car la naissance de Jésus, le Sauveur c’est la vraie bonne nouvelle qui change une vie !

Ma tante m’a fait un très chouette cadeau depuis une dizaine d’années. C’est une toute petite crèche bolivienne trouvée à la foire aux santons de Marseille. Elle est toute simple, minimaliste au possible. L’objet idéal quand je vivais dans une mini boite à chaussures de 9m².

Cela faisait un moment que j’en avais envie. Je me suis rendue compte que les régions et leur Histoire ont une vraie importance des siècles plus tard, malgré la mondialisation. Cet attachement des gens à leur région : les Flandres, la Provence m’a beaucoup inspiré cet hiver dans les pages de mon bullet journal.

Je crée une nouvelle page thématique dans ce blog que vous pouvez retrouver ici : elle est dédiée aux régions que j’aime : Paris et sa banlieue, ma patrie d’adoption depuis quinze ans, les Hauts de France car mes grands-parents maternels viennent du Pas de Calais et enfin Marseille et la Provence, Valence d’où je viens, c’est la porte de la Provence !

Cet hiver, je suis aussi allée sous le soleil de Guyane : un mois de novembre aux antipodes…