Ile de France et Paris

Le Palais de la femme, refuge des Victorieuses

C’est grâce à un blog (toujours le même) My Pretty books que j’ai repéré ce livre Les Victorieuses. Je connaissais un peu le style littéraire de Laetitia Colombani même si je n’ai pas lu La tresse.

Son nouveau livre m’a intéressé car je suis protestante : Le Palais de la femme est un foyer pour femmes démunies géré par une oeuvre chrétienne L’Armée du Salut.

J’ai visité plusieurs fois le grand foyer du Palais de la femme, un lieu emblématique du Paris solidaire aussi pour son architecture Art Déco des années 1920. Juste à coté, se trouve un salon de thé libanais Kanoun

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Le salon de thé Kanoun, rue de Charonne

 

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Les victorieuses

Laetitia Colombani

Editions Grasset

2019

224 pages

18€

Il ne faut pas s’arrêter à la couverture très rétrograde alors que le titre du livre est plutôt  engagé féministe. Espérons que cela s’arrangera pour la version poche.

Je regrette aussi l’aspect très marketé du livre qui joue sur l’aspect feel good  : une jeune femme brillante à qui tout réussit et qui découvre que la vie est vaine si on sacrifie l’amour, l’attention aux autres sur l’autel de l’argent, la carrière et la réussite sociale.

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Cette fois-ci comme c’est le cas dans d’autres romans feel good, Solène n’ouvre pas un restaurant, une librairie ou un magasin de fleurs pour se reconvertir au plus proche des gens. Non, elle devient écrivain public pour femmes en détresse dans un foyer social et c’est cette fibre humaniste  que j’ai apprécié alors que ce n’était pas gagné du tout.

Je déplore les grosses ficelles employées pour vendre un roman en grande quantité et qu’ à force la littérature trop marketée ne détournera plus les jeunes générations de Netflix, Youtube et des écrans en général. J’ai trouvé les critiques culturelles élitistes très dures avec Laetitia Colombani, parce que son livre plaît au grand public.

Mais personnellement j’ai du mal à lire un livre quand la structure se limite souvent à sujet -verbe- complément avec de nombreuses répétitions.  J’aime quand l’écriture découle de manière très fluide et que les portraits psychologiques des personnages sont très travaillés.

 

Le résumé :

Solène a 40 ans. Elle était une avocate aisée à qui tout réussissait en apparence mais le matérialisme n’a pas réussi à donner un sens à sa vie. Et après le suicide de l’un de ses clients sous ses yeux, c’est la dégringolade physique et morale.

Le burn-out qui couvait depuis quelques temps lui est tombé dessus sans crier gare : les cachets la maintiennent à flots mais elle est incapable de travailler et prend conscience de tout ce qu’elle a sacrifié : son réseau d’amis, son envie de maternité…

Aider les autres en tant qu’écrivain public va l’aider à se relever. Le palais de la Femme, ce foyer pour femmes en difficulté va s’avérer être son refuge. C’est comme cela que le concevait Blanche Peyron, officière de l’armée du Salut en 1925 quand elle s’est lancée avec tout son cœur dans une vaste collecte de fonds nationale avec son mari Albin. Ils ont sollicité toutes les élites du pays : des industriels au président de la République pour financer un ancien hôpital de guerre qui pourrait mettre à l’abri de la misère plus de 700 femmes seules ou avec enfants. Le Palais de la femme fêtera bientôt son centenaire.

Ce roman croise les trajectoires de deux femmes : l’une était fille de pasteur et officière de l’armée du Salut en 1925, l’autre avocate parisienne contemporaine des attentats de novembre 2015, dont les balles ont éraflés la façade du Palais de la femme quand le bar La belle équipe a été pris pour cible.

C’est un roman réaliste très contemporain qui fait la part belle à une galerie de portraits de femmes en détresse : Cvetlana, Cynthia, Viviane, Binta et sa petite fille, La Renée, Lily… Elles sont de toutes origines : Parisiennes ou provinciales, Africaines ou encore exilée des Balkans, mais chacune a vécu les abus comme le viol, les violences conjugales, la misère et le dénuement…

Mon avis :

Même si ses portraits psychologiques sont vraiment très superficiels et caricaturaux, il faut saluer le mérite de Laetitia Colombani d’avoir choisi comme héroïne une femme qui prêche l’ Évangile dans les rues de Paris aux miséreux. Car, dans l’esprit de la société moderne, une officière de l’Armée du salut n’ est pas aussi bankable qu’une instagrameuse en vue, une chanteuse ou bien une vedette éphémère de télé-réalité.

L’action sociale de Blanche Peyron est remarquablement mise en valeur . A quand une biographie entièrement consacrée à cette femme d’exception ?. Elle aurait toute à fait sa place dans la sélection des Culottées de Pénélope Bagieu.

Je vous conseille un livre : William Booth, soupe savon, salut d’une collection de qualité Les héros de la foi, éditée par Jeunesse en missionCe sont des biographies de protestants célèbres qui ont marqués l’Histoire par leur engagement chrétien : Frère André, C.S Lewis, Corrie Ten Boom, Eric Lidell…

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Ma note :

3/5 sardines

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Même si je n’ai pas beaucoup apprécié le style littéraire de Laetitia Colombani qui use et abuse de la métaphore du Palais et de ses princesses, j’ai été touchée par cette histoire.

Le Palais de la femme et l’Armée du Salut ont été présentés avec beaucoup de respect et d’authenticité. Si la lecture de ce roman fait lever des fonds, des dons et des vocations de bénévoles à grande échelle alors bravo à l’auteure !.

n503310246_1704882_7119Moi aussi j’ai vécu dans un foyer chrétien de jeunes filles : La Vigie sur l’île Saint Louis avec des femmes de toutes les origines géographiques et sociales, certaines étaient des petites étudiantes françaises comme moi, des princesses très riches du Moyen-Orient mais aussi des jeunes filles qui étaient cachées par des associations pour échapper à des mariages forcés.

Même si c’est une fiction on comprend aisément que Laetitia Colombani raconte la vie réelle de nombreuses anonymes  qui se sont réfugiées de la rue, des coups…

 

 

 

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