Expos

Explorer la nature finlandaise au Petit palais grâce aux tableaux naturalistes de Pekka Halonen

Je ne connaissais absolument pas le peintre finlandais Pekka Halonen (1865-1933) et j’ai été subjuguée par sa peinture. Visiblement, je n’étais pas la seule tant il y avait beaucoup de visiteurs dans les salles du Petit palais.

L’exposition se termine le 22 février donc ne manquez pas cette parenthèse méditative toute à fait bienvenue.

Il s’agit d’un peintre amoureux de la nature qui a pourtant été marqué par l’effervescence de la Ville Lumière vers 1900 quand il a été chargé avec d’autres peintres de décorer le pavillon finlandais de l’Exposition universelle.

125 ans plus tard, le Petit Palais, l’un des monuments phares de cette exposition universelle avec le Grand Palais lui organise la première grande rétrospective française.

« La source originale de mon inspiration est la nature. Depuis trente ans, je vis au même endroit avec la forêt à mes pieds. J’ai souvent pensé que j’avais le Louvre ou les plus grands trésors du monde à ma porte. Il me suffit de me rendre dans la forêt pour voir les plus merveilleuses des peintures – et je n’ai besoin de rien d’autre ».

L’exposition se structure en six grandes sections. C’est un très beau voyage intemporel vers la Finlande. Pekka Halonen fut le gardien du paysage national avant l’arrivée de l’industrialisation.

Cette rétrospective compte beaucoup de paysages mais ce n’est pas du tout lassant pour le spectateur car la scénographie architecturée rythme et structure le parcours.

J’ai particulièrement aimé le changement de couleur des cimaises à chacune des salles pour créer un effet de surprise. Il a été particulièrement réussi quand on entre dans une salle avec des lambris pour matérialiser sa maison atelier au milieu de la nature. Ses skis étaient même exposés !

Le point d’orgue de cette exposition, c’est bien entendu la sixième section de l’exposition intitulée Symphonie en blanc majeur. On sent bien la sérénité du peintre surnommé à juste titre le poète de la neige. Ses tableaux de neige ne sont jamais monotones. Et j’ai particulièrement aimé la beauté des cadres en bois, sculptés.

Je vous recommande de surveiller la programmation du Petit palais car les collections permanentes du musée sont gratuites et on compte de nombreuses conférences autour des expositions et des ateliers pour enfants de grande qualité.

Et puis quel quartier ! Les Champs-Elysées à partir du rond-point de l’avenue Montaigne est une très belle promenade piétonne avec les statues de Charles de Gaulle, Winston Churchill et Charles de Gaulle…

En janvier, j’ai vu de nombreuses expositions dans le Marais, au Grand Palais et au Petit Palais à retrouver ici :

En sortant de l’exposition, traverser le pont Alexandre III, le fleuron de l’Expo universelle de 1900
Ile de France et Paris·Sociologie

Un dimanche après midi au musée de la chasse et de la nature dans le Marais

Je suis ravie de ma découverte : le musée de la chasse et de la nature, rue des Archives dans le Marais. C’est un musée de taille moyenne très bien mis en valeur par une scénographie élégante et réfléchie. Je suis d’autant plus récompensée de mes modestes efforts car cette visite a emballé toute la famille dont ma fille de six ans !

Les hôtels particuliers Guenegaud et Mongelas, écrins d’exception du musée

Ce musée a été inauguré par André Malraux en 1957 dans un hôtel particulier réalisé par Mansart au 17eme siècle. En 2007, il a été agrandi dans l’hôtel Mongelas du 18eme siècle. Et enfin en 2019, un étage mansardé a été ajouté. J’aime énormément les poutres apparentes, les boiseries et les papiers peints de ce lieu très chaleureux. Comme en témoigne cette salle ci dessous où l’on peut s’asseoir dans de moelleux canapés verts.

© Musée de la Chasse et de la Nature – David Giancatarina

Cela ressemble plus à une douillette demeure bourgeoise qu’à un musée académique et c’est sans doute pour cela que l’on se sent si bien dans cet endroit. Ce musée rend hommage à deux de ses mécènes et collectionneurs les plus importants : le couple Sommer qui a crée une fondation dans les Ardennes en 1966.

Cette fondation oeuvre à la construction d’un discours apaisé d’une saine utilisation de la nature entre chasseurs et non chasseurs, dans le cadre d’une écologie humaniste.

J’ai beaucoup aimé la reconstitution de leur cabane en bois grandeur nature dans une des salles du musée. Mes grands-parents avaient construit une cabane de chasse non loin d’un étang de Montcavrel dans le Pas de Calais et c’était un lieu privilégié pour eux.

L’effet cabinet de curiosités est vraiment très réussi notamment les petits coffrages en bois qui présentent les principaux animaux sauvages : les plus connus de la littérature comme le loup, le renard, le hibou… Un tiroir vitré conserve leurs crottes. Cela plait beaucoup aux enfants.

Ce serait génial si ce musée organisait une belle exposition mettant en scène l’imaginaire populaire dans les livres jeunesse, la publicité avec le loup d’Intermarché ou Roule galette qui met en scène un renard.

Trois fois par an, le musée de la chasse et de la nature fait appel à des artistes contemporains pour enrichir le propos et dialoguer avec les œuvres de la collection permanente.

L’exposition La licorne, l’étoile et la lune de Lamarche-Ovize jusqu’au 8 mars 2026

Je ne connaissais pas l’univers de ce couple d’artistes mais j’ai vraiment été emballée par leur univers onirique, coloré et foisonnant que je vous recommande de découvrir !.

Florentine et Alexandre Lamarche-Ovize, c’est un couple des plasticiens qui allient dessin, céramique, lithographie, textile et objet dans un esprit de collages. Un univers qui m’a séduite d’emblée. On perçoit dans leur travail un héritage artistique solide : les papiers peints de William Morris, décorateur anglais de la seconde moitié du 19eme siècle.

Pour préparer cette belle exposition poétique, les deux artistes ont relu Le bestiaire de l’amour écrit par Richard de Fournival vers 1250 et Grenouilles, un texte d’Aristophane (5eme siècle avant JC)

J’ai beaucoup aimé leur microcosme tellement poétique notamment leurs lithographies très colorées dans une salle carrée. Puis, soixante-dix œuvres ont investis les collections permanentes du musée de la chasse et de la nature. J’aime beaucoup ce dialogue récurrent entre tradition et modernité, art académique et art contemporain. Dans ce musée, j’ai découvert l’art cynégétique même si je ne suis pas admiratrice de la chasse, j’ai apprécié l’aspect naturaliste de ce beau musée.

Musée de la chasse et de la nature, 62 rue des Archives, ouvert du mardi au dimanche de 11h à 18 heures, plein tarif : 13€ exposition et collections permanentes, 11€: tarif réduit. Gratuit pour les moins de 18 ans et le premier dimanche du mois.

Retour en images sur mes précédentes sorties culturelles en famille à Paris.