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Le temps n’est jamais perdu à Cabourg en famille début avril

Pendant longtemps je ne connaissais que Trouville-Deauville où j’aimais particulièrement venir en hiver pour le calme de sa plage si revigorant même par temps gris.

Puis, j’ai découvert Cabourg. Nous n’avons pas de voiture personnelle et les stations balnéaires de Normandie sont souvent de vrais entonnoirs infernaux pour se garer et circuler. Alors on privilégie le train.

Je vous recommande le trajet en TER Trouville-Deauville/Cabourg qui dure 40 minutes et qui coûte 13€20 l’aller pour un adulte. C’est le plus beau trajet en TER que j’ai fait avec vue plongeante sur la plage d’Houlgate et cette Manche si proche.

La vue depuis notre studio dans la rue principale, avenue de la Mer

Une station balnéaire accessible en train depuis les années 1870.

La gare de Dives-Cabourg est minuscule, elle se trouve à quinze minutes à pied du centre-ville. On compte environ 3700 Cabourgeais qui vivent ici à l’année. Dans les années 1870, le chemin de fer a drainé les Parisiens les plus aisés qui venaient humer le meilleur air iodé sans encore se jeter à l’eau.

Cette manière d’apprivoiser la plage est très bien documentée par un petit film en noir et blanc diffusé en introduction de l’exposition permanente de la Villa du temps retrouvé.

Un cousin a retracé l’arbre généalogique de ma famille dans le Pas de Calais depuis le 17eme siècle. Je me demande bien si mes ancêtres nés dans les années 1870 allaient déja à la plage du côté de Merlimont et dans quelles tenues…

La villa du temps retrouvé ne m’a pas vraiment épatée par son architecture mais j’ai beaucoup aimé son exposition permanente et ses jardins. Son parti-pris est original : il s’agit d’un musée Belle époque qui se visite comme une maison avec une exposition qui se réinvente chaque année depuis son inauguration en 2021 grâce aux prêts de musées régionaux.

Renoir, Bonnard, Monet sont ainsi exposés dans la villa qui conserve aussi des objets d’époque comme un téléphone du 19eme siècle ou les premières machines de cinéma.

C’est très didactique pour les enfants. J’ai également beaucoup aimé l’exposition temporaire dédiée à l’Orient express, ce train de légende ! .Le musée a reconstitué un wagon restaurant en bois du mythique train. Tous les visiteurs disaient la même chose devant cette reconstitution : « Qu’est ce que c’est chic !. »

Une statue en bronze de Marcel Proust pour accueillir les visiteurs du musée.

Je connais très mal l’œuvre de Marcel Proust a part l’incippit du Côté de chez Swann que j’ai étudié à l’université : « Longtemps je me suis couché de bonne heure ».

Mais il faut reconnaître que Marcel Proust est l’ambassadeur de Cabourg comme Monet à Giverny. La promenade qui porte son nom est un lieu remarquable du littoral normand que nous avons beaucoup aimer arpenter pendant deux jours.

Je me souviens que l’un des personnages du film américain Little Miss Sunshine : l’oncle gay interprété par Steve Carell était un spécialiste de l’œuvre de Marcel Proust a l’université. Proust est tellement iconique qu’un anonyme a fait une mini mosaïque style manga de l’écrivain sur un des murs de l’entrée de la villa.

D’autres villas cossues du front de mer montrent l’opulence de Cabourg au 19eme siècle.

Cette station balnéaire réputée était le lieu de rendez-vous de la bourgeoisie européenne : française, suisse, anglaise, belge et russe entre 1870 et 1914, avant que la première guerre mondiale n’éclate. Il y a une villa qui m’a coupé le souffle par son faste. Il s’agit de la Villa Marie-Antoinette avec son porche en bois sculpté, ses épis faîtières en céramique, typiques du pays d’Auge, ses tourelles et ses colombages.

C’était aussi beau que l’hôtel Normandy à Deauville. Je réfléchirai à y réserver une nuit une prochaine fois. Si vous êtes un fana d’architecture balnéaire, je vous recommande le circuit de visite guidée des villas de Cabourg organisé par l’office du tourisme de la ville.

Cabourg, la reine des plages familiales.

Cabourg est la plage idéale pour les familles avec sa promenade-jetée très accessible pour les poussettes. C’est très différent des magasins de luxe de Deauville : ce sont les villas Belle époque cossues qui volent la vedette à Dior, Chanel ici…

Il y a une rue principale l’avenue de la Mer qui débouche sur le casino et le Grand- hôtel cher à Marcel Proust. Nous avons déjeuné au Café de la jetée, un des plus anciens cafés de Cabourg avec une très belle vue et un accueil très sympathique. Mais malheureusement, on ne s’est pas régalé avec nos plats: on s’est demandé si ce n’était pas industriel.

Par contre le soir, c’était bien meilleur ! Nous avons diné au restaurant La factory situé avenue de la Mer. Nous sommes restés deux nuits à Cabourg lors du week-end de Pâques. Nous étions logés avenue de la Mer dans un studio très lumineux qui donnait sur la rue. Heureusement, les restaurants de Cabourg ont une bonne capacité d’accueil lors des ponts de printemps.

Train Paris Saint-Lazare/ Dives-Cabourg via le TER Nomad, environ 2h57, correspondance à Trouville-Deauville et Lisieux. Achat personnel.

Il se trouve que pendant notre week-end à Cabourg, je lisais le roman Donut girl de Lauriane Bordenave, publié par les éditions Les escales. Il se déroule pendant le débarquement allié sur les plages de Normandie, non loin du Calvados.

Quand on traversait les paysages de bocages normands, on peut se rendre compte que les chars américains ont eu du mal à progresser les semaines suivants le 6 juin 1944.

Émerveillés par la vue sur la plage d’Houlgate en train, ce sera notre prochaine destination pour les beaux jours. Retrouvez ici nos précédentes excursions en famille, à moins de deux heures de Paris.

La carte du Calvados, dans la gare de Trouville-Deauville