Cinéma

Pourquoi Les visiteurs est un film iconique pour la génération Y dont je fais partie ?

Il était grand temps de parler de mon attachement personnel à la comédie historique Les visiteurs dans ce blog. Un véritable coup de coeur que je partage avec bon nombre d’amis de ma génération qui connaissent aussi les dialogues par coeur.

Cette comédie est le 5eme succès populaire de l’histoire du cinéma français ( que des comédies, posez vous des questions l’Académie des Césars), il a réunit quatorze millions de spectateurs dans les salles obscures en 1993. Cette chouette comédie est portée par deux piliers de la troupe du Splendid : Marie-Anne Chazel et Christian Clavier mais aussi par Jean Reno et Valérie Lemercier.

Voici le résumé du film pour les rares personnes qui seraient passés à côté de ce film incontournable :

En l’an de grace 1123, le comte de Montmirail et son fidèle écuyer, Jacquouille la Fripouille, se retrouvent propulsés en l’an 1992 après avoir bu une potion magique fabriquée par l’enchanteur Eusaebius, censée leur permettre de se défaire d’un terrible sort.

Après les cassettes de chanson française et Alf, voici le troisième dessin dans mon carnet : la cassette VHS des Visiteurs de mon challenge dessin : Back to les années 1990.

Back to 1993 quand les moyen-ageux font rire des générations d’enfants.

J’ai une dizaine d’années : parfois on s’ennuie le dimanche après-midi avec mon frère car mon père est de garde. Alors on fouille dans les cassettes VHS à la recherche d’un film enregistré à la télé. Si on retrouve les Visiteurs à sa musique si reconnaissable, on n’hésite pas à le regarder, ce n’est que la douzième fois.

J’ai toujours la frousse quand Godefroy décapite l’Anglois ou quand il va déloger la sorcière et ses copines diaboliques. Mais ensuite on se marre comme des baleines quand Godefroy et Jacquouille boivent la potion magique pour actionner la machine à remonter le temps. Ou quand les forces de l’ordre doivent maîtriser le comte de Montmirail devant l’église.

Ce film, c’est ma madeleine de Proust des années 1990 avec ses looks un peu colorés, le Courtepaille en région parisienne et la camionnette jaune de La Poste.

Des placements de produits : Chanel, Renault, Courtepaille très efficaces pour renforcer les anachronismes.

Personnellement, le recours au placement de produits dans ce film ne me choque pas. Il est sacrément efficace puisque le film est drôle à cause des anachronismes et grâce aux références aux codes bourgeois. La scène où les deux moyen-âgeux prennent le deuxième bain de leur vie à grands renforts de Chanel numéro 5 est tellement réussie. Elle fait particulièrement rire les enfants.

Le film a été tourné en région parisienne dans les Yvelines : la caravane de Dame Ginette donne sur un superbe panorama de voie rapide et de pylônes électriques. Mais aussi sur les remparts de Carcassonne pour le début du film qui se déroule au Moyen-Age.

Le film s’appuie sur le patrimoine français familier mais aussi sur des oeuvres d’art : les reliques et les bijoux de famille volés au duc de Pouille, le tableau du Hardi est inspiré par un portrait de Della Francesca d’un chef local italien conservé au musée du Louvre.

Sur les traces du film Les visiteurs : les lieux emblématiques du tournage du film

Je pense que ce film a contribué à ma passion scolaire pour l’Histoire. Les Visiteurs exaltent l’identité française sans nationalisme. Le règne de Louis VI le Gros au 12eme siècle, c’est un peu l’âge d’or du Moyen-Age. Le recours au vieux français est l’un des ingrédients de la réussite de ce film. C’est crédible et on rit beaucoup. Les dialogues sont aussi savoureux que le comique de situations enrichi par les effets spéciaux.

« Longue vie à notre sire » grâce aux effets spéciaux de plus en plus performants en l’an de grâce 1992.

Les Visiteurs est une comédie réussie car elle se fonde sur l’imaginaire d’enfance du duo Poiré /Clavier. Le réalisateur a retrouvé des années plus tard, une petite histoire de quatre pages qu’il avait écrite à 17 ans en cours de mathématiques et qui se déroulait sur la Grand’place d’Arras.

Elle sera la trame du scénario retravaillé par Christian Clavier et lui-même.

Les Visiteurs est un film choral où tous les personnages ont un rôle important à jouer. Ils reconstituent en quelque sorte la société très hiérarchisée au Moyen-Age.

Bien évidemment tout repose sur le tandem Godefroy le hardi, le noble et son écuyer pas si fidèle Jacquouille la Fripouille. On rit de leurs déboires mais eux vivent un véritable drame : ils sont coincés à une autre époque parce qu’un mage incompétent a oublié une partie de sa formule. Heureusement, leur plongée dans le futur les rassure sur le fait qu’ils ont eu une descendance.

« Je suis Jacquouille la fripouille, son fidèle écuyer mais je ne sais pas quand je suis né « 

« Béatrice, pourquoi ton mari montre son fessard à une femme« 

« J’chante pas plus mal que Steph’ de Monac’ »

« Ma mère avait pour nom Gwendoline, elle est morte dévorée par les loups… parce que notre père qu’était parti pour boire à la taverne de Duchenot a crevé gelé dans l’étang à cause de son pied-bot.« 


Les femmes ont les rôles les plus louables du film : Dame Ginette se prend d’affection pour Jacquouille sans trop se poser de questions. Béatrice de Montmirail est une chrétienne exemplaire qui a le sens de la famille. Elle ouvre sa maison à ces deux moyen-ageux qui jurent comme des charretiers, ruinent sa maison et effrayent ses enfants.

Et enfin, les petits rôles annexes sont tout aussi importants : le mari dentiste de Béatrice qui est jaloux et méfiant envers Cousin Hubert, l’escadron de flics et les clients de l’hôtel. Mais surtout Jacquart, le nouveau riche tellement hautain avec son blazer jaune poussin. Quand Jacquouille rencontre son descendant, il se rend compte que l’époque dans laquelle il se retrouve coincé lui accorde beaucoup plus de libertés alors pourquoi ne pas y rester…

Je vous recommande la lecture du livre de Jean -Poiré : Rire est une fête, édité par Michel Lafon. Christian Clavier l’a préfacé. Je choisis les yeux fermés un film avec Christian Clavier que je considère comme l’héritier de Louis de Funès. J’ai écrit un article hommage à Michel Blanc en octobre, bientôt, j’écrirai un article sur cinq films marquants de Clavier.

Christian Clavier, héritier de Louis de Funès.

J’avais beaucoup aimé la rétrospective consacrée à Louis de Funès à la Cinémathèque en 2021.

A quand une vaste exposition dédiée à la troupe du Splendid et à Jean-Marie Poiré, le génial réalisateur de Papy fait de la résistance, Le père Noël est une ordure et Les visiteurs ? .