Ile de France et Paris

Fêter Kube par un beau dîner des métiers du livre dans le jardin des Plantes, en juin à Paris

Quel plaisir de rencontrer des confrères et consœurs libraires de toute la France, de faire partie de cette merveilleuse confrérie des métiers du livre. J’en fais des tonnes mais c’était à peu près ce sentiment un peu euphorique que j’ai ressenti en revenant de la fabuleuse soirée du dîner des libraires le 10 juin dernier.

Cet évènement annuel se déroulait au restaurant Les belles plantes, rue de Jussieu. La décoration rassemble tout ce que j’aime et que mon mari n’a pas la moindre envie d’avoir chez nous : des zelliges pour orner le bar, des papiers peints végétaux panoramiques, des chaises en rotin et des luminaires à la dernière mode. J’y reviendrai c’est sûr. Le jardin des plantes et son zoo est une promenade incontournable à Paris.

Pour tous les fanas de home staging comme moi, Les papiers de Ninon ont crée une collaboration originale avec le muséum d’Histoire naturelle qui met à l’honneur les serres du jardin.

Bref, revenons à Kube… Je suis une de leurs libraires partenaires depuis 2017 et je suis vraiment touchée par la sincère attention que me portent chaque année les fondateurs de la Kube : Anthony, Aurore et Samuel ainsi que Margaux qui m’envoie tous les jours trois ou quatre recommandations de lecture à chercher.

Je vous retrace le concept de cette box littéraire fondée sur la recommandation personnalisée à travers les précédents articles que j’ai écrit dans le blog. C’est une véritable communauté de lecteurs à laquelle je participe car j’en suis aussi au bénéfice. L’équipe Kube est vraiment généreuse avec nous les libraires. Ils pensent même à nos anniversaires.

Droits réservés Café Powell

Nous recevons assez régulièrement des boxs des libraires. Elles m’ont permis de découvrir La vie rêvée des chaussettes orphelines de Marie Vareille ou encore Bienvenue dans la charmante pension de famille de Christina Duenas, éditions Nami...

Ma dernière petite anecdote très touchante avec Kube date de la semaine dernière. Les usagers de la Kube à qui nous recommandons des livres ont la possibilité de nous écrire un petit mot sur le site ou écrire une petite carte postale prévue dans leur box.

C’est pour cela que j’aime collaborer avec eux. La dame a environ soixante-dix ans et elle m’a dit que le livre sur un explorateur : Lapérouse l’accompagné pendant un moment difficile à l’hôpital. Je ne vois pas quelle meilleure récompense : celle de se sentir utile grâce aux livres !

Mes précédents articles consacrés à la Kube :

L’heureuse invitée du dîner Kube à la brasserie Boffinger

Appartenir à une communauté de lecteurs : les cartes postales envoyées par les usagers de la Kube

La Kube de décembre !
Romans

Coup de coeur pour le roman Bienvenue à la charmante pension de famille…, une colocation de femmes un peu toquées mais terriblement attachantes !

Je remercie beaucoup Margaux et l’équipe de Kube pour la découverte de ce gros pavé de qualité. Il y a quelques années, la Kube m’avait fait découvrir La vie révée des chaussettes orphelines de Marie Vareille aux éditions Charleston.

Depuis ce groupe éditorial a aussi lancé les éditions Nami, la littérature de l’intime. Vous l’avez compris, j’aime lire des romans feel good mais si c’est plan-plan et fade, je le repère vite ! Moi j’aime les histoires romanesques avec des reliefs. Je suis d’ailleurs une lectrice intransigeante et difficile, capable de laisser tomber une lecture si elle ne me convainc pas les trois premiers chapitres.

J’ai une culture littéraire au ras des pâquerettes : je ne lis aucuns classiques alors que j’ai conseillé les livres de la Pléiade comme libraire… Mais j’ai bien suivi mes cours de français de sixième : les cinq sacro-saintes étapes du schéma narratif. Si la situation initiale est bien amenée avec une présentation intéressante des personnages pour s’attacher rapidement à eux, alors je vais passer un bon moment.

C’était un régal de lire ce roman que j’étais triste d’arriver à la fin du livre et que j’envisage même de le relire.

Il s’agit de l’histoire d’une avocate un peu toquée, Cécilia. Elle vit dans un luxueux appartement à Madrid qu’elle va quitter car son mariage est complètement raté. Elle va décider sur un coup de tête de transformer la maison de ses grands-parents en une pension de famille pour étudiantes. Elle convoque un entrepreneur aussi bourru que rustre. Il ne va pas prendre de gants pour doucher ses rêves de rénovation.

Mais un intéressant jeu romantique va s’instaurer entre eux. Cette pension de famille qui semblait être une idée complètement déjantée va rapidement prendre forme avec l’arrivée de trois colocataires : Noélia, une petite aristocrate à la peau diaphane et si fragile qu’on la croirait en porcelaine, Catalina, une jeune étudiante qui débusque vite quand les autres cachent un secret et Ivana, une jeune russe d’une beauté renversante mais très mystérieuse…

Cécilia va rapidement embaucher Azucena, une femme de ménage qui n’est peut-être pas là par hasard… C’est un beau roman choral qui réunit des personnages tous aussi intéressants les uns que les autres…

C’est un feel good qui parle du deuil, de nouveau départ mais il parle aussi de l’Espagne actuelle avec ses migrants africains qui traversent le détroit de Gibraltar au péril de leur vie pour aller travailler dans les champs de fraises ou vivre de petits boulots comme Justice, le jeune Kenyan d’une vingtaine d’années que Cécilia va recueillir…

Tout est réussi dans ce roman. Le style est fluide, on maintient le suspense avec ces personnages qui ont des vies rocambolesques. Ces femmes vivent des rivalités dans cette maison mais les épreuves de la vie vont les rapprocher…

J’ai beaucoup aimé ce livre que j’ai envie de recommander autour de moi. J’ai eu un vrai coup de coeur pour les éditions Nami dont je vais suivre la ligne éditoriale par la suite.

Retrouvez les éditions Charleston et Nami au festival du livre de Paris 2023 au Grand Palais éphémère du 21 au 23 avril, stand B6, entrée : 5 €

Lecture et autres challenges passionnants

L’heureuse invitée du dîner Kube

Dimanche soir, j’ai eu le privilège d’être invitée par la fantastique équipe de la Kube à leur premier dîner des libraires mais qui comptait aussi de nombreuses éditrices (la Kube collabore chaque mois avec un éditeur invité pour un thème) et aussi des lecteurs dits Kubers.

Je suis libraire partenaire de cette box littéraire depuis plus de deux ans : je recommande des livres pour répondre aux envies de lecture d’amateurs de livres francophones du monde entier.

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Ils ont mis les petits plats dans les grands puisque le dîner se déroulait dans un restaurant Art nouveau emblématique de la capitale : Bofinger, à deux pas de la place de la Bastille.

Tout était superbe : le cadre alsacien au premier étage avec les lampes cigognes, le menu ( Valrhona, la fierté de ma région était à l’honneur au dessert)… C’était tellement beau et bien organisé avec les fleurs sur les tables, je me croyais jurée du Goncourt dans un grand restaurant…

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J’avais découvert Bofinger à travers un livre que j’ai chroniqué : Was ist das ? éditions Les Arènes qui parle des différences et des similitudes culturelles entre Allemagne et France.

Mais cette invitation au restaurant était surtout l’occasion de célébrer la richesse du réseau de libraires et d’éditeurs qui collaborent à la Kube. Comme l’a rappelé Aurore, l’une des trois fondatrices de Kube avec Anthony et Samuel, l’objectif de cette box est de promouvoir la lecture.

On sent bien chez ces trois là, leur amour fou et passionné pour les livres quand ils envoient régulièrement leurs chroniques de livres. La Kube ce n’est pas une box marquetée qui marche au nombre de volumes vendus, elle se veut personnalisée selon les goûts des lecteurs tout en cherchant à leur faire découvrir de nouveaux horizons littéraires. C’est très agréable pour nous libraires de voir que notre premier savoir-faire : le conseil est reconnu.

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Enfin, les échanges à table avec deux éditrices de littérature m’ont vraiment rassurée quant au lien privilégié qui perdure entre éditeurs et libraires. Ces deux éditrices avaient une carte mentale de toutes les petites librairies de France et de Navarre et elles louaient le travail de médiation culturelle des libraires dans les petites villes auprès des écoles notamment. 

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La crise politique et sociale révélée par le mouvement des gilets jaunes montre une vraie fracture sociétale et culturelle entre Paris et les petites villes, les villages. Comme il y a des déserts médicaux, il y a aussi des déserts culturels. Je trouve assez détestable cette ironie parisienne de se moquer de certaines villes dans des romans ou des essais : comme Michel Houellebecq qui dénigre Niort.

J’étais sceptique face à l’argument de la Kube que la vente de boxes par correspondance pouvait renforcer le lien social entre lecteurs et libraires. Deux ans après le début de cette aventure, j’en suis désormais persuadée à l’image de ce dîner avec des libraires de toute la France. J’ai bien envie d’aller visiter la Compagnie des livres, librairie à Vernon, la gare d’arrivée pour aller à Giverny.

Retrouvez tous mes articles concernant cette expérience géniale avec la Kube :

Deux ans de collaboration avec la Kube, ça se fête

–  Retour sur l’expérience Kube made in Montrouge

–  et enfin mon tout premier article quand j’ai découvert le principe de cette box : c’est par ici les amis !

 

 

Romans

Ô vous, sœurs humaines. Le récit des féminités

Ô vous, soeurs humaines, Mélanie Chappuis

Editions Slatkine et compagnie, 2017

125 pages, 12 €

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Grâce à mon partenariat avec la Kube, les éditions Slatkine et Cie m’ont adressé un chouette cadeau : le recueil de nouvelles Ô vous, sœurs humaines de Mélanie Chappuis. Son titre fait référence au roman d’Albert Cohen, Ô vous, frères humains paru en 1972.

La couverture est illustrée par un tableau de Paul Gauguin dans sa période tahitienne. Il s’intitule Aha Oe Feii, Eh quoi tu es jalouse?.

Paul Gauguin est à la mode cet automne puisque le Grand Palais lui consacre une exposition et que Vincent Cassel lui donne ses traits dans un biopic consacré à sa période tahitienne.

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Le résumé :

Il s’agit d’un court recueil de nouvelles qui regroupe quarante portraits de femmes : mère, amie, fille, amoureuse, rivale…, des petits textes très brefs, divisés selon six grandes catégories : Rivalités, solidarités, dualités, complicités, fidélités et vanités.

Mon avis :

Autant j’attendais beaucoup du recueil de nouvelles Fendre l’armure d’ Anna Gavalda (je vous ai parlé de ma déception quand je l’ai lu, dans un précédent article) , autant Ô vous, sœurs humaines a été une agréable surprise, une jolie découverte.

J’aime bien le genre de la nouvelle et ce découpage thématique, original m’a bien plu. J’ai eu un peu de mal à entrer dans ce livre à cause du premier chapitre Rivalités qui m’a dérangée. Mais ensuite, j’ai beaucoup plus apprécié l’écriture fluide et savante de Mélanie Chappuis au fil des chapitres. On se rend rapidement compte que sa plume est aguerrie : elle a déjà écrit huit romans auparavant.

La tendance dans la littérature actuelle est d’envoyer balader les longues descriptions des personnages. Cela me déstabilise pas mal mais cela s’accorde bien au genre de la nouvelle, employée ici. Ces femmes sont des anonymes, leur identité importe peu car elles tendent à l’universalité.

Le texte qui m’a le plus émue est le récit d’une jeune femme qui parvient à sauver sa sœur cadette de la monstruosité de l’excision alors qu’elle en a été elle-même victime.

Un extrait :

« Sa cadette entre dans sa chambre, s’enquiert de ses larmes qui coulent sur son visage. Elle la serre contre elle, la console, la remercie. J’ai bien compris que tu m’avais sauvée, tu es mon héroïne, ma force, mon courage. L’aînée pleure de plus belle mais ses larmes ne sont plus amères. Elle a la reconnaissance de la petite ».

Ma note : 4/5 sardines

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Ô vous, sœurs humaines m’a emmenée en dehors des sentiers battus par rapport à ce que j’ai l’habitude de lire et ce fut une agréable découverte.

C’est d’ailleurs le principe de la Kube, la box littéraire à laquelle je collabore depuis janvier 2017 : faire découvrir la richesse littéraire des maisons d’édition indépendantes.