Ile de France et Paris·Sociologie

Un dimanche après midi au musée de la chasse et de la nature dans le Marais

Je suis ravie de ma découverte : le musée de la chasse et de la nature, rue des Archives dans le Marais. C’est un musée de taille moyenne très bien mis en valeur par une scénographie élégante et réfléchie. Je suis d’autant plus récompensée de mes modestes efforts car cette visite a emballé toute la famille dont ma fille de six ans !

Les hôtels particuliers Guenegaud et Mongelas, écrins d’exception du musée

Ce musée a été inauguré par André Malraux en 1957 dans un hôtel particulier réalisé par Mansart au 17eme siècle. En 2007, il a été agrandi dans l’hôtel Mongelas du 18eme siècle. Et enfin en 2019, un étage mansardé a été ajouté. J’aime énormément les poutres apparentes, les boiseries et les papiers peints de ce lieu très chaleureux. Comme en témoigne cette salle ci dessous où l’on peut s’asseoir dans de moelleux canapés verts.

© Musée de la Chasse et de la Nature – David Giancatarina

Cela ressemble plus à une douillette demeure bourgeoise qu’à un musée académique et c’est sans doute pour cela que l’on se sent si bien dans cet endroit. Ce musée rend hommage à deux de ses mécènes et collectionneurs les plus importants : le couple Sommer qui a crée une fondation dans les Ardennes en 1966.

Cette fondation oeuvre à la construction d’un discours apaisé d’une saine utilisation de la nature entre chasseurs et non chasseurs, dans le cadre d’une écologie humaniste.

J’ai beaucoup aimé la reconstitution de leur cabane en bois grandeur nature dans une des salles du musée. Mes grands-parents avaient construit une cabane de chasse non loin d’un étang de Montcavrel dans le Pas de Calais et c’était un lieu privilégié pour eux.

L’effet cabinet de curiosités est vraiment très réussi notamment les petits coffrages en bois qui présentent les principaux animaux sauvages : les plus connus de la littérature comme le loup, le renard, le hibou… Un tiroir vitré conserve leurs crottes. Cela plait beaucoup aux enfants.

Ce serait génial si ce musée organisait une belle exposition mettant en scène l’imaginaire populaire dans les livres jeunesse, la publicité avec le loup d’Intermarché ou Roule galette qui met en scène un renard.

Trois fois par an, le musée de la chasse et de la nature fait appel à des artistes contemporains pour enrichir le propos et dialoguer avec les œuvres de la collection permanente.

L’exposition La licorne, l’étoile et la lune de Lamarche-Ovize jusqu’au 8 mars 2026

Je ne connaissais pas l’univers de ce couple d’artistes mais j’ai vraiment été emballée par leur univers onirique, coloré et foisonnant que je vous recommande de découvrir !.

Florentine et Alexandre Lamarche-Ovize, c’est un couple des plasticiens qui allient dessin, céramique, lithographie, textile et objet dans un esprit de collages. Un univers qui m’a séduite d’emblée. On perçoit dans leur travail un héritage artistique solide : les papiers peints de William Morris, décorateur anglais de la seconde moitié du 19eme siècle.

Pour préparer cette belle exposition poétique, les deux artistes ont relu Le bestiaire de l’amour écrit par Richard de Fournival vers 1250 et Grenouilles, un texte d’Aristophane (5eme siècle avant JC)

J’ai beaucoup aimé leur microcosme tellement poétique notamment leurs lithographies très colorées dans une salle carrée. Puis, soixante-dix œuvres ont investis les collections permanentes du musée de la chasse et de la nature. J’aime beaucoup ce dialogue récurrent entre tradition et modernité, art académique et art contemporain. Dans ce musée, j’ai découvert l’art cynégétique même si je ne suis pas admiratrice de la chasse, j’ai apprécié l’aspect naturaliste de ce beau musée.

Musée de la chasse et de la nature, 62 rue des Archives, ouvert du mardi au dimanche de 11h à 18 heures, plein tarif : 13€ exposition et collections permanentes, 11€: tarif réduit. Gratuit pour les moins de 18 ans et le premier dimanche du mois.

Retour en images sur mes précédentes sorties culturelles en famille à Paris.

Sociologie

Entre adoration et domination : comprendre nos dynamiques sociales avec les animaux

Récemment, j’ai réalisé que même si je n’avais pas d’animaux à la maison, je regardais quand même pas mal des vidéos de refuges pour chats errants, de vétérinaires et même de toiletteurs de chiens sur les réseaux sociaux.

Je m’occupe dans le cadre de mon travail de la partie administrative des hors-séries du journal La Vie et donc j’ai pu lire ce beau hors-série en avant-première : Les animaux et nous, disponible en kiosques depuis le 4 septembre dernier.

Le résumé :

Leurs laisses, leurs croquettes et désormais leurs poussettes sont un formidable marché. Les vétérinaires ne savent plus où donner de la tête et, des pet-sitters aux éducateurs canins, les animaux de compagnie semblent ne jamais avoir été aussi entourés de soins par leurs maîtres. On peut y voir un signe de décadence d’une société marquée par l’isolement.

Sauf que les archéologues et éthologues invités dans ces pages nous le rappellent, entre les humains et les animaux, le compagnonnage remonte à très loin.

Et si, comme le montrent nos enquêtes ou l’interview de Cédric Sapin-Defour (auteur du best-seller Son odeur après la pluie), les liens que nous tissons avec nos bêtes peuvent s’égarer dans la domination tout autant que l’adoration. Dans notre relation avec l’animalité c’est toute une part de notre humanité qui se joue.

Ce hors-série passionnera tous les amateurs d’anthropologie dont je fais partie. Il détaille en trois grandes parties : Si loin, si proches , Apprivoiser ou dominer, Miroir, mon beau miroir ; ce lien si particulier qui unit l’homme à l’animal sauvage ou domestiqué depuis plus de 9000 ans.

Quand j’étais petite, j’aimais beaucoup l’émission de télévision 60 millions d’amis qui est aussi une fondation de protection animale et un magazine de presse. En 2025, la France compte désormais 75 millions d’animaux.

Dans ce hors-série, j’ai beaucoup aimé lire le grand entretien de Cédric Sapin-Defour sur son amitié pendant treize ans avec son chien Ubac qui a donné naissance à un roman Son odeur après la pluie dans lequel beaucoup de lecteurs se sont reconnus. Les animaux inspirent aussi la bande dessinées : Le Marsupilami , les contes pour enfants : le lapin d’Alice au pays des merveilles ou encore le loup…..

En juin dernier, nous sommes partis en famille à Blois le temps d’un week-end. Outre le château, le clou de la visite a été une croisière naturaliste sur la Loire.

Organisée par Observatoire Loire, cette visite menée par un intervenant passionnant nous a expliqué le rôle très utile du castor dans la préservation des territoires.

Autrefois pourchassé pour sa fourrure bon marché, il est aujourd’hui une espèce protégée qui cause son lot de tracas aux agriculteurs.

Un des articles de ce hors-série détaille les histoires houleuses du Père Castor avec l’Homme.

C’est un chouette cadeau à faire à tous les amoureux des animaux y compris les adolescents à partir de quinze ans !

Les animaux et nous, hors-série La Vie, 3260500010351, 68 pages,22 x 28 cm, 8€50