J’ai toujours bien aimé aller à Deauville-Trouville en novembre. Cette petite tradition me vient de ma grand-mère Annette qui habitait Rouen.
Elle aimait prendre sa voiture même si ce n’était pas la porte à côté pour nous emmener sur la journée dans le Calvados. On allait déjeuner à sa brasserie favorite Les vapeurs parce que c’est l’un des mois idéaux pour les moules-frites.
Pour le week-end du 11 novembre, on a profité d’une superbe promotion des trains Nomad’ de la SNCF : 40 euros par adulte AR du samedi matin très tôt au dimanche vers 16 heures.
Trouver un hôtel familial avec une localisation idéale pour profiter au max de la plage.
On avait décidé de passer aussi une nuit à l’hôtel des Embruns situé à Trouville, juste en face du casino. La localisation était vraiment top.
Il se trouve que j’ai retrouvé une carte postale de la piscine de Trouville écrite en 1955 par ma grand-mère à sa famille. C’était un vrai dessin animé vivant d’observer les familles sur la plage depuis notre fenêtre tôt le matin comme la nuit tombée. C’était évident que les gens voulaient profiter un max de la plage. Le temps était nuageux mais sans pluie ni vent.
Aller au musée de Trouville pour connaître son histoire et contempler le meilleur des panoramas
C’est la première fois que nous visitions ce petit musée municipal et ce fut une belle découverte. Le billet d’entrée est à 8 euros par adulte et la vue sur la plage qui surplombe l’hôtel des Roches noires est inoubliable. J’ai beaucoup aimé l’étage qui raconte l’histoire de Trouville, une des premières stations balnéaires du pays.
Le musée-villa Montebello, 64 rue du général Leclerc à Trouville.
Le samedi soir, nous avons eu la mauvaise surprise de découvrir que beaucoup de restaurants à Trouville étaient complets en ce long week-end du 11 novembre. Mais nous avons tout de même trouvé refuge dans une chouette crêperie familiale : Pierre et le loup dans une rue piétonne de Trouville.
Le lendemain, nous avons rejoint Deauville par le pont des Belges en passant par le fameux marché du dimanche de Trouville qui longe la Touques. L’hôtel Normandy est toujours aussi beau avec ses épis faitiers en terre cuite. Ils représentent souvent des chevaux qui sont à l’honneur à Deauville mais aussi des colombes ou bien des hiboux.
On a rejoint la plage par le chemin qu’utilisent les festivaliers en septembre chaque année pour le festival du film américain de Deauville. La plage de Deauville est vraiment impressionnante avec ses planches centenaires et ses expos photo grandeur nature.
Une virée de cinéma sur les planches centenaires de Deauville
Le bar de la plage est une institution. Comme c’était l’hiver, les mythiques parasols de couleur avaient été retirés de la plage. Ils apportent un beau décor de carte postale au lieu mais heureusement la cabine californienne de secouriste était bien conservée. On n’a pas manqué d’y faire une photo.
Enfin, je vous recommande l’office de tourisme de Deauville si vous voulez faire de beaux cadeaux : c’est une boutique de souvenirs de grande qualité.
On a bien profité de ce week-end à la plage en savourant au max les balades dans le sable avec pelles et seaux. Les chateaux de sable sont de mise même en novembre !
Retrouvez-ici mes précédents carnets de voyage urbains pour des idées de sorties en famille à deux heures de Paris !
Je suis un animal étrange qui regarde le film adapté du roman avant de lire le livre. Et je n’ai pas de problème à relire un roman deux ou trois fois si j’ai aimé passionnément l’histoire.
Ça a été le cas dernièrement avec Brooklyn et Pour un garçon. Il faut dire que Nick Hornby est le scénariste du film Brooklyn. Pour un garçon est une comédie avec Toni Colette, Hugh Grant et Rachel Weisz qui date de 2001. Je pense avoir vu toutes les comédies romantiques anglaises avec Hugh Grant et Colin Firth des années 2000 : Love Actually, Le journal de Bridget Jones, Coup de foudre à Noting Hill…
Rentier oisif, célibataire fier de son immaturité et séducteur invétéré, Will a une nouvelle idée de génie pour draguer : assister à des réunions de parents célibataires. Mais la rencontre décisive à laquelle va le mener ce stratagème sera en fait celle d’un gamin de douze ans, Marcus, son opposé absolu sur l’échelle du cool. Quand Will se goinfre de modernité, Marcus écoute des disques de baba cool et porte des vestes en mouton. L’un et l’autre ont pourtant un point commun qui va les rapprocher : leur solitude. Au travers des pérégrinations de cet improbable duo, Nick Hornby poursuit avec humour et sensibilité son exploration des ressorts de la masculinité.
Mon avis :
J’ai beaucoup aimé ce roman qui est beaucoup plus profond qu’une comédie romantique. Il raconte deux solitaires qui vont s’entraider : ils n’ont aucun lien de parenté et ne se seraient jamais rencontré sans cette idée farfelue de s’inventer un enfant pour draguer des mères célibataires.
Marcus a saisi la supercherie et va s’en saisir comme la chance de sa vie d’avoir un modèle d’adulte qui connait les chanteurs et les dernières baskets à la mode pour se faire accepter au collège. Sa mère est une hippie pas si pacifique que ça qui lui impose son mode de vie alors qu’un ado veut rentrer dans le moule à son âge.
Will, dragueur invétéré qui fuit le grand amour et l’engagement va se laisser convaincre par Marcus qu’être amoureux est beaucoup plus puissant que ce qu’il imaginait. C’est un superbe roman qui parle d’une entraide réciproque dans un société de plus en plus individualiste où la famille n’est plus une valeur refuge. Et pourtant on en a sacrément besoin au quotidien.
Dans un tout autre genre, j’ai lu cet été la suite de La liste de nos envies 2 de Grégoire Delacourt.
Le titre est peu original mais on s’était vite attaché à Jocelyne, cette mercière d’Arras au coeur d’or. Elle a gagné au Loto mais aussi les ennuis qui vont avec. Dans le premier roman, elle subit les errements de son Jocelyn de mari, qui est un affreux jojo, il faut bien le dire.
J’ai préféré la suite car Jocelyne intègre un groupe de parole des gagnants du Loto. Chacun des participants va apporter sa pierre à l’édifice pour vivre au mieux ce tsunami dans une vie. Ce n’est pas de la grande littérature selon moi mais c’est un roman agréable à lire qui nous questionne sur l’impact de l’argent dans nos relations familiales et amicales.
L’inspiration évidente des maisons flamandes de la rue de la Monnaie à Lille
Cela va devenir une tradition : on aime profiter du week-end de la Toussaint en famille pour aller passer deux jours à Lille en automne.
On profite des prix attractifs de OUIGO depuis Marne la Vallée (20euros aller-retour pour un adulte et 16euros pour un enfant de 5 ans). En une heure, nous arrivons à la gare de Lille Flandres en plein centre ville.
En 2022, nous avions logé deux nuits à l’hôtel Ibis près de la rue de Gand et tous ses estaminets. C’était assez central mais le confort des chambres était un peu rudimentaire et ce n’était pas bien agréable de petit-déjeuner avec BFM-TV en boucle le matin.
Cette année, nous avions choisi l’hôtel Kanai, situé dans une rue piétonne : rue de Béthune. Nous avons pris une chambre triple avec petit-déjeuner inclus. L’hôtel se trouvait juste à côté de la station de métro Rihour et de l’office de tourisme.
Nous étions à 400 mètres de la Grand’ place de Lille et c’était vraiment génial de s’y balader un samedi matin quand la place était encore déserte. Les boutiques de vêtements et de décoration du Vieux-Lille sont vraiment somptueuses. Une fois de plus, je n’ai pas pu tester le fameux salon de théElisabeth’s car c’était très fréquenté.
Mais je suis bien contente de moi car j’avais eu la bonne idée de réserver dans la semaine un créneau pour visiter la maison natale du général de Gaulle, rue Princesse, le jour de Toussaint à 17 heures.
La visite de la maison natale du général de Gaulle : encore mieux que l’univers de Downton abbey !
C’est une belle maison bourgeoise avec un étage et une superbe façade qui date du Lille de la Belle époque (1870-1914). Charles de Gaulle y est né en 1890, dans la maison de ses grands-parents. Il n’y vivra que quelques mois mais il se sentira toute sa vie profondément lillois.
Les lieux sont quand même fragiles dont on y entre par petits groupes de dix personnes et nous avons des consignes strictes car aucune des pièces n’est protégée par des vitrines en verre.
C’est un sacré avantage de la visite. On a le sentiment d’être invité par la famille de Gaulle dans un très bel environnement bourgeois. Cela ressemble beaucoup à la visite de la maison de Claude Monet à Giverny.
Toutes les pièces même les commodités sont plus intéressantes les unes que les autres. Cette maison fourmille d’un millier d’objets. La plupart n’appartiennent pas proprement à la famille du général mais on remarque le talentueux travail de conservation pour réunir les objets du quotidien les plus emblématiques de cette époque.
Bonne surprise, cette visite digne d’une maison de poupées a beaucoup intéressé ma fille de cinq ans. Elle a remarqué la gaufre sur le coin d’une assiette dans le salon, la partie de dominos mais aussi les sucreries typiques du Nord dans la cuisine…
Moi, j’ai été subjuguée par le jardin d’hiver avec les jeux pour enfants. Bonne Maman, la grand-mère avait 18 petits enfants dont Charles. Elle désignait la cour comme « un hurloir aux enfants« , je trouve que c’est une belle pédagogie éducative pour l’époque.
Le jardin d’hiver, la pièce maîtresse de la maison
Cette visite a été une réussite pour toute la famille. Cela m’a même un peu émue car mes grands-parents étaient très attachés au général de Gaulle, un héros de guerre de la génération de leurs parents. Ils avaient beaucoup de livres à son sujet dans leur bibliothèque. J’ai beaucoup aimé le buste sculpté sur un socle qui vient de l’île de Sein. C’est symbolique car la plupart des hommes de cette île ont rallié le général de Gaulle après l’appel du 18 juin 1940.
Le prix d’entrée de la visite n’est pas du tout excessif : 8€ plein tarif, 6€ tarif réduit et gratuit pour les moins de 26 ans. Il y a une boutique-librairie où l’on peut même acheter des gaufres Meert, les préférées du général.
Avant de rentrer à l’hôtel, on a fait un tour par l’ancienne bourse où il y a toujours de la brocante de livres jeunesse, d’affiches de cinéma, de vieux vinyles… C’est ici qu’une scène de la série à succès HPI a été tournée. On y voit Karadec et Roxane chiner dans les allées, je pense que c’est dans la saison 2.
La citadelle, le poumon vert de Lille et le paradis des enfants.
Le lendemain c’est à dire le samedi, comme il faisait moche, on a trainé un peu le matin à l’hôtel devant les dessins animés. Vers onze heures, nous avons quitté l’hôtel pour rejoindre la citadelle qui se situe à dix minutes à pied du centre-ville. Nous y étions déjà allés en 2022.
Cette année, notre fille a pu profiter de toutes les attractions de Cita parc car elle mesure plus d’ 1m20. L’achat du ticket unique (3€ le manège) était beaucoup plus correct que les prix du jardin d’acclimatation dans le bois de Boulogne ( 4.50€ le ticket).
C’est vraiment un endroit génial, une institution lilloise pour les familles. En automne, c’est très beau et assez calme comme lieu.
Pendant ce week-end, j’ai beaucoup comparé Lille et Paris. Le centre commercial Euralille n’est pas aussi important que celui de la Défense mais pourtant cela ressemblait à un immense paquebot noir de monde.
Une astuce bien utile : la passerelle qui relie la gare au centre commercial Euralille.
On atterrit toujours là bas en fin de voyage quand on est bien fatigué pour attendre le train au Colombus café. Sachez qu’il y a une passerelle bien utile qui relie directement le centre commercial à la gare de Lille-Flandres. Nous ne sommes pas les seuls naufragés là-bas avec nos valises.
La prochaine visite dans le Nord sera dédiée à la découverte d’Arras, dans le Pas de Calais, berceau de mes grands-parents.
Retrouvez-ici d’autres articles précédemment rédigés dans le blog :
J’ai découvert le travail de l’auteure illustratrice Juliette Lagrange en visitant la librairie Chantelivre qu’elle a décoré pour sa rénovation en grandes pompes.
Ces toits en zinc tellement parisiens avec ses balcons de chambres de bonne, ce panorama à vue d’oiseau vers le jardin du Luxembourg apportent beaucoup de féerie à cette librairie emblématique du 6ème arrondissement.
Ensuite, nous avons lu le soir en famille Hulotte et Léonà Paris. J’avais beaucoup aimé cet album qui me rappelait les albums deMadeline écrits par l’auteur américain et adaptés au cinéma.
Ce tour des monuments de Paris vu par des oiseaux fait rêver les enfants comme les parents. Je remercie chaleureusement les éditions L’école des loisirs qui m’ont envoyé Les vacances d’Hulotte en service de presse.
Une fois de plus, le plaisir de lecture était au rendez vous. Après les rats des villes, Juliette Lagrange s’intéresse aux rats des champs. Hulotte rejoint en train ses grands parents dans le sud de l’Ardèche pour des vacances d’automne.
Elle pense qu’elle va royalement s’y ennuyer et elle va vivre d’excellentes vacances en lien direct avec la nature. C’est un album jeunesse sur la transmission de moments de vie précieux des grands parents à leur petite fille et cela m’a beaucoup parlé. Comme moi, Juliette Lagrange a des grands parents ardéchois. Il est indéniable que cet album est un peu beaucoup autobiographique. Cette petite Hulotte ressemble beaucoup à son auteure.
Droits réservés-Juliette Lagrange
Elle va rencontrer les amis de ses grands parents lors d’une partie de pétanque mémorable, apprendre une recette de tartes aux poires avec son Papi, traverser une rivière en barque avec sa Mamie pour rejoindre son jardin partagé.
Droits réservés-Juliette Lagrange
J’ai aimé cet ouvrage car il met en valeur la vieillesse et sa douceur de vivre quand on peut couler une retraite heureuse. A la fin de l’album, Hulotte a dessiné son carnet de vacances à l’aquarelle avec les quelques mots de patois qu’elle a appris, les champignons qu’elle a ramassé en famille et son observation de la nature.
Cette lecture a résonné en moi car il est important de reconnecter à la nature quand on vit toute l’année en ville et qu’on ne sait plus reconnaître à quelle espèce d’arbre on a affaire en balade au parc.
Droits réservés-Juliette Lagrange
Retrouvez-ici mes derniers articles consacrés à la littérature jeunesse :
Ce biopic, j’attends sa sortie depuis au moins un an, mais je me rends compte que je ne connais pas si bien que cela ni la vie ni l’œuvre de Charles Aznavour.
J’aime les chansons d’Aznavour en souvenir de ma grand-mère Annette qui l’écoutait énormément comme tous les chanteurs à textes de sa génération. Elle avait vingt ans dans les années 1950 et elle allait écouter les chanteurs à la mode à Deauville-Trouville pendant ses vacances.
Je suis allée voir Charles Aznavour en concert avec ma mère qui fêtait ses 50 ans en 2011 à la halle Tony-Garnier à Lyon. Il avait à l’époque 80 ans bien tassés, mais il a réalisé un concert énergique qui a duré bien trois heures. Avec le film, je me rends compte que c’était vraiment un addict au travail dans la décennie 2010 (il est mort en 2018) puisqu’il donnait des concerts dans toutes les villes d’Europe.
Le résumé :
Fils de réfugiés, petit, pauvre, à la voix voilée, on disait de lui qu’il n’avait rien pour réussir. À force de travail, de persévérance et d’une volonté hors norme, Charles Aznavour est devenu un monument de la chanson, et un symbole de la culture française.
Ce biopic dure deux heures et quart mais je l’ai trouvé très bien structuré avec une narration en cinq grandes parties. Chaque titre est noté au crayon dans ses fameux carnets rouges où il notait ses chansons. Aznavour a composé plus de 1400 chansons depuis 1940.
Ses années d’enfance avec sa sœur Aïda et ses parents restaurateurs m’ont beaucoup émue. Notamment ces scènes de fête qui se télescopent avec des images d’archives du génocide arménien. Ils ont vécu la pauvreté, le racisme mais ils sont restés sacrément unis. Le couple qui joue les parents de l’artiste sont très touchants.
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Ils n’ont pas hésité à cacher le couple Manouchian pendant la guerre dans leur appartement du 6eme arrondissement avec l’issue tragique que l’on connait. La scène de liesse à la Libération est un moment fort du film avec ses drapeaux bleu-blanc-rouge même si on voit de loin que les immeubles parisiens sont des décors de studio.
Son amitié avec Pierre Roche, un pianiste issu de la bourgeoisie va lui permettre de rencontrer Edith Piaf, qui se montrera autant de bons conseils que de mauvaise foi un peu méchante et acide. Piaf est superbement jouée par Marie-Julie Baup qui apporte une toute autre interprétation que Marion Cotillard. Plus tôt en octobre, j’avais lu la biographie très authentique de Piaf par sa sœur de rue Simone Berteaut. Charles Aznavour a vraiment été bien fait de lui servir d’homme à tout faire pendant huit ans. La scène où il s’émancipe de Piaf est fascinante.
La France s’est aznavourée dans les années 1960 après lui avoir ri au nez pendant vingt ans
Ce biopic montre sa tenacité face aux salles à moitié vides, aux critiques déplacées sur sa taille, son physique, ses origines. Puis un soir en 1960, il a écrit une chanson géniale Je me voyais déja et sa carrière a enfin décollé à 36 ans.
Aznavour inspire les jeunes générations notamment le rap et le slam. Dr Dre a samplé Parce que tu crois écrit en 1966 et c’est magnifiquement rendu dans le film pour illustrer les années de vaches grasses d’Aznavour après les nombreuses années de vaches maigres.
La série Lupin de Netflix se termine avec un morceau d’Aznavour pour illustrer des retrouvailles familiales : Hier encore.
J’ai découvert qu’une chanson que j’aime tout particulièrement She reprise dans un de mes films favoris Coup de foudre à Nothing Hill a été composé par Charles Aznavour alors que je pensais que c’était un crooner américain. A l’apogée de sa carrière Aznavour est parvenu à obtenir le même cachet que Sinatra.
Et enfin, la plus belle transmission de l’oeuvre d’Aznavour, c’était ce petit moment suspendu cet été où j’ai entendu des fillettes africaines dans mon quartier qui chantaient For me, formidable après la prestation d’ Aya Nakamura avec la garde républicaine lors de la cérémonie d’inauguration des Jeux olympiques de Paris 2024.
Pour moi la magie du cinéma , c’est de donner au spectateur une émotion unique, intemporelle et universelle quand il découvre le processus de création : la genèse d’une chanson mondialement connue. Une chanson est réussie quand elle rappelle des souvenirs, des émotions au monde entier. Le cas du Boléro de Ravel.
Les biopics qui m’ont le plus émue :
Ray, avec Jamie Foxx, 2005
Encore un chanteur dont la musique m’a été transmise par ma grand-mère. Je crois qu’elle l’a vu en concert une fois au casino du Touquet. Il est né en 1930 comme mon grand-père. J’ai beaucoup aimé ce biopic qui raconte l’ascension d’un jazzman aveugle dans un pays sacrément raciste. Ce biopic parle de ses addictions, de ses drames enfant et aussi de la manière dont son Etat d’origine : la Géorgie a fait amende honorable avec lui. On a tous le superbe chant Georgia on my mind en tête.
Walk the line avec Joaquin Phenix, Reese Witherspoon, 2006
J’ai découvert ce biopic par hasard car je connaissais Johnny Cash et June Carter Cash que par leurs rôles dans les séries Docteur Quinn femme médecin et La petite maison dans la prairie. J’aime beaucoup la musique country et cette belle histoire d’amour avec une chanteuse country m’a beaucoup fait rêver. Comme Ray Charles, Johnny Cash a vécu une enfance difficile et précaire avec un accident dramatique qui a tué son frère. Longtemps, Johnny a été dépendant à la drogue pour exorciser son passé puis il a découvert la foi en Jésus qui sauve et restaure…
La môme avec Marion Cotillard, Sylvie Testud, 2007
Edith Piaf est une légende française par son histoire personnelle et sa voix qui a bouleversé le monde entier comme l’indique sa plaque de lieu de naissance rue de Belleville. J’ai vécu pendant cinq ans dans son quartier d’origine.
On pourrait la qualifier aujourd’hui de personne toxique mais elle reste tout de même assez attachante pour la manière dont elle vivait ses chansons. Elle ne trichait pas et elle a su faire aimer son Paris populaire dans le monde entier : Etats-Unis en tête.
Cloclo avec Jérémie Rénier et Benoit Magimel en 2012,
Ce biopic je l’ai vu avec mon frère, grand fan des chansons de Claude François. Avec ce film on a réalisé que l’homme était vraiment imbuvable et zinzin. Mais c’est un très beau film qui commence par un exil forcé, le revers de fortune du papa en Egypte.
La famille sera obligée de revenir en France sans rien. La performance de danseur et de chanteur de l’acteur est exceptionnelle, elle aurait mérité un César.
Boléro avec Raphaël Personnaz, 2024
C’est plutôt l’histoire du Boléro qui est intéressante ici que celle de Maurice Ravel. C’est l’un des morceaux de musique classique le plus écouté au monde. Sa lente élaboration tout au long du film m’a passionnée.
J’ai vraiment hâte de voir les deux biopics consacrés à Johnny Hallyday . D’ailleurs, Johnny fait une courte apparition dans le film Monsieur Aznavour.
Et vous quelle est votre chanson favorite de Charles Aznavour?
Retrouvez ici mes précédents articles de la rubrique Toute la musique que j’aime et autres hommages :
En 2016, j’étais exposante au festival du livre de Paris. Les trajets en métro pour aller travailler étaient interminables. Ma lecture du roman Brooklyn a été un vrai échappatoire bienvenu : une belle histoire d’amour qui m’a permis une évasion littéraire totale.
Il faut dire que cette histoire a été adaptée au cinéma par un scénariste de génie : Nick Hornby. Il a écrit Pour un garçon lui aussi adapté au cinéma.
L’affiche du film Brooklyn est iconique, elle symbolise tellement la manière dont on peut rêver de New York : un couple qui s’embrasse au pied du Brooklyn bridge.
Long island est la suite de Brooklyn. Il se déroule entre Long Island et l’Irlande dans les années 1970, vingt ans après qu’ Eilis Lacey ait émigré aux Etats-Unis car il n’y avait pas d’avenir pour elle au pays.
Tony et Eilis sont désormais mariés depuis vingt ans avec deux grands enfants en âge d’aller à l’université. Leur couple italiano irlandais vit dans un village de Long Island avec comme voisins les parents de Tony, ses frères et leurs femmes. Tous sont italiens et leurs choix de vie sont vite commentés lors des réunions familiales.
Ils justifient les erreurs des membres de la famille par une solidarité sans failles quoi qu’il en coûte. Il se trouve que Tony a planté un sérieux coup de canif dans leur contrat conjugal.
Un jour sans crier gare, un homme irlandais assez intimidant vient lâcher une bombe dans le quotidien d’Eilis . Il lui apprend que son mari plombier a séduit sa propre femme. Elle est enceinte et le mari fou furieux déposera l’enfant sur le pas de la porte d’un Tony adultérin à sa naissance… Quelle décision radicale va prendre Eilis ?
Mon avis :
Long Island est un roman de grande littérature. L’auteur est réputé comme un maître de l’ellipse et des non dits. Ce roman démarre sur des chapeaux de roue en choquant ses lecteurs.
J’ai été happée dès les premiers chapitres par le rythme très soutenu avec des situations où les sentiments les plus violents s’entrechoquent : jusqu’ au point de rupture. J’ai abandonné ma lecture car l’attitude de deux personnages principaux m’a profondément heurté. Ce roman raconte avec brio un triangle amoureux et je déteste les histoires de triangle amoureux car il y a toujours une trahison à la clé.
Long Island est un excellent roman très bien écrit mais il m’a vraiment dérangée dans ma conception du romantisme et de la loyauté dans un couple. Autant les personnages de Brooklyn étaient chaleureux et attachants : le prêtre, Rose, la sœur dévouée, Tony…, autant les personnages de Long Island sont froids et sans aucune empathie les uns avec les autres.
Le seul personnage de Long Island qui m’a intéressée est Nancy Sheridan, l’amie d’enfance d’Eilis. Vingt ans plus tard, elle se retrouve veuve à tenir un débit de friture avec son fils, jeune adulte sur lequel elle ne peut pas vraiment compter. En raison de son commerce, elle peut être confrontée à la violence, l’insécurité à cause de l’alcool quand un samedi soir trop arrosé peut dégénérer.
Enfin, la couverture du livre est superbe. On dirait un tableau d’Hopper ou de Dali peignant sa muse Gala. Elle annonce un portrait de femme d’une grande froideur.
La note du bal littéraire des sardines : 4/5 sardines
J’aurai adoré mettre cinq sardines à ce roman tant j’aimé Brooklyn, l’un de mes cinq romans préférés. Mais l’ambiance polaire entre les personnages m’a sacrément refroidie.
J’ai une théorie bien établie comme quoi un roman c’est comme un travail thérapeutique avec un psy : il faut qu’une alliance thérapeutique se noue dans la situation initiale. Et cela n’a pas du tout été le cas dans ce roman. J’ai été plus choquée que séduite par cette histoire, qui est malgré tout, un roman de grande littérature.
Retrouvez ici mes précédentes chroniques de romans ici :
Vendredi matin, j’ouvre le site de Paris Match et là c’est le coup de massue : Michel Blanc est mort. J’ai réalisé avec sa mort à quel point j’aimais sa manière de jouer et je me rendais même pas compte que je choisissais un film car il jouait dedans.
Il est de la même génération que mon père et depuis une vingtaine d’années, ses rôles étaient emprunts de transmission et de bienveillance envers les générations suivantes. Il jouait un père, un prof comme dans Nos 18 ans… On a entendu les hommages de la chanteuse Louane, de Pierre Niney ou d’ Hakim Jemili car Michel Blanc a accompagné leurs premiers rôles au cinéma comme partenaire.
Depuis l’annonce de son décès, je ne cesse que de regarder des reportages qui lui rendent hommage. J’imagine la peine indéfinissable de ses amis de la troupe du Splendid car ils ont connu le succès ensemble depuis cinquante ans. Ils se connaissent depuis leurs 14 ans au lycée Pasteur à Neuilly.
Il se trouve que j’avais lu ce printemps la biographie de Josiane Balasko, une de mes actrices préférées. C’était très émouvant de les voir poser tous ensemble pour fêter les 75 ans de Paris Match. Cette troupe a marqué l’histoire du cinéma, tous sont devenus des vedettes ! Ils sont très touchants par leur amitié éternelle alors qu’ils ont des opinions politiques assez diverses, ils continuent de rire ensemble et de se vanner.
J’ai voulu lister cinq grands films dans lesquels Michel Blanc m’a émue.
Les Bronzés et Les bronzés font du ski par Patrice Leconte : 1978 et 1979 : Jean-Claude Dusse
Ce sont deux films patrimoniaux avec des répliques cultes qui se transmettent de générations en générations. Elles sont même entrées dans le langage commun : « Sur un malentendu », « Je sens que je vais conclure…. »
Michel Blanc était connu pour être le dialoguiste de la troupe du Splendid. Il est indéniable que Jean-Claude Dusse est le personnage le plus marquant des Bronzés avec ses déconvenues amoureuses ou bloqué sur un télésiège.
Il s’est efforcé de changer de registre vers le drame car le rôle de Jean-Claude Dusse tellement iconique était un peu trop encombrant et réducteur. Moi j’adore le début des Bronzés font du ski quand on suit Jean-Claude en train de prendre le métro dans Paris avec ses skis et ses batons vers la gare de Lyon pour rejoindre l’Alpe d’Huez…
Je vous trouve très beau, réalisé par Isabelle Mergault, 2006 : Aymé Pigrenet
J’ai beaucoup aimé cette comédie sociale qui a été tourné dans la Drôme, ma patrie. Elle raconte l’histoire d’un fermier, Aymé, qui se retrouve brutalement veuf et sacrément désappointé car ni la cuisine, ni la lessive ne sont ses points forts.
Il va s’envoler pour la Roumanie avec une responsable d’agence matrimoniale pour trouver plus une fermière qu’une épouse. Il va trouver la perle rare : Elena, une jeune femme solaire qui a du mal à accepter que les sentiments ne feront pas partie de l’équation. L’un des plus beaux rôles de Michel Blanc, celui d’un fermier bourru qui va accepter de vivre la tendresse et l’affection.
Nos 18 ans, 2008, réalisé par Fréderic Berthe : Monsieur Martineau
J’aime énormément cette petite comédie générationnelle qui se déroule à Bordeaux dans les années 1990. C’est l’histoire d’un groupe d’adolescents qui passe le bac et qui vit ses premiers émois amoureux lors de soirées où retentissent les meilleurs sons de Téléphone, Manu Chao… Les petits jeunes de la bande ne sont pas très connus à part Pierre Niney. Ils vont être encadrés par deux belles figures du cinéma français : Michel Blanc et Bernadette Lafont, qui jouent une mère et un fils.
Michel Blanc est un professeur de philosophie un peu rigide, bête noire de l’un de ses élèves Théo. Manque de bol, Théo se ramasse aux rattrapages mais il va pouvoir bénéficier de la main tendue et inespérée de Monsieur Martineau.
Demi-sœur réalisé par Josiane Balasko, 2013 : Paul.
C’est un film très émouvant qui repose sur le duo Balasko/Blanc. Nénette est une petite fille de 60 ans qui retrouve par la force des choses son frère Paul qui est pharmacien et qui ignore tout de son existence. On ne peut pas dire que l’accueil va être des plus chaleureux tant Paul est psychorigide et peu empathique avec les handicapés mentaux.
Josiane Balasko et Michel Blanc sont les deux seuls de la troupe du Splendid à avoir vraiment cherché à jouer des rôles plus dramatiques. C’est un film tendre et profond.
Et enfin Docteur ? de Tristan Séguela, 2019 : Serge
Je l’ai vu avec mon mari et on a vraiment bien aimé cette comédie un peu grinçante qui se moque de l’uberisation de la médecine généraliste. C’est le soir de Noël et Michel Blanc joue un médecin proche de la retraite et un peu désocialisé. Il est débordé par ses gardes et il force sur la piquette pour tenir le coup.
Il a tellement chargé la mule qu’il se bloque le dos et il va devoir faire équipe avec Malek (Hakim Jemili) un livreur Uber eats, lui aussi de service, ce soir là… Ce duo comique qui réunit deux générations d’humoristes fonctionne très bien et on passe un bon moment de cinéma avec ces deux-là.
Jeudi 11 octobre, c’était les obsèques de Michel Blanc dans l’église Saint-Eustache. Un fan s’est présenté en tenue de skieur avec ses skis, ses gants et son masque de ski. Le plus bel hommage à Michel Blanc : Jean-Claude Dusse n’est pas seulement iconique, il est inoubliable dans nos cœurs !
Retrouvez ici d’autres hommages à des acteurs et des chanteurs qui m’ont marquée !
Mercredi soir, j’avais une soirée pro à la Maison du protestantisme, 47 rue de Clichy, Paris 9eme pour assister au lancement d’un livre de notre programme d’automne : À table avec la Bible.
Sous les moulures et les dorures de la salle de réception donnant sur un superbe petit jardin, Jean-Luc nous accueillait avec son four à pizzas et ses condiments car il y a eu une partie dégustation de prévue dans la soirée et c’était vraiment top ! .
Le ton du livre était donné : place à la convivialité et au partage, deux valeurs centrales de la Bible. J’ai rencontré Jean Luc Gadreau quand j’étais libraire et j’aime beaucoup sa plume sensible et authentique. Il est passionné de cinéma, de musique et de cuisine. Il a écrit une biographie réussie d’Aretha Franklin : Sister soul, publiée par Ampelos que j’ai chroniqué ici.
Le vieux livre de cuisine chez mes parents
A table avec la Bible est un beau livre à offrir pour les fêtes de fin d’année. J’aime sa couverture efficace qui respecte les codes du livre de cuisine de mon enfance : les Ginette Mathiot, les Julia Child tout en modernisant le genre.
Saluons le remarquable travail d’édition de Sara Landes, directrice éditoriale de Bibli’o, ma collègue. Mais aussi les photos et les illustrations de qualité de Tiphaine Birotheau, photographe. Jean Luc Gadreau s’est bien entouré pour écrire son livre car il a fait appel à Ludovic Bisot, fromager, meilleur ouvrier de France, Lucas Spinelli, champion du monde de patisserie et François Moutot, expert des vins.
C’était un lancement très convivial où le relationnel avait une grande place.
Jean-Luc Gadreau a parlé de l’héritage culinaire de sa maman italienne mais aussi de son père qui était pasteur. Sa soeur Françoise Caron, présidente des associations familiales protestantes était aussi présente. J’avais lu son témoignage passionnant en 2019 :La famille chevillée au coeur, éditions Première partie.
J’ai été touchée par le témoignage de Jean-Luc qui a raconté que la cuisine avait pris une part plus importante dans son quotidien car sa femme avait un travail prenant à une époque de leur vie ou quand ils ont été confrontés à des soucis de santé.
Jean-Luc Gadreau n’est pas un cuisinier professionnel mais il a suivi une formation de pizzaïolo par passion pour monter un projet solidaire pendant le confinement de 2020 dans la région de Poitiers. C’est un pasteur épicurien et un journaliste doté d’une belle plume. La valeur ajoutée de ce livre est de savoir transmettre des ressentis, des émotions à travers la Bible et la cuisine.
» La Bible fait partie de ma vie«
J’ai beaucoup aimé son discours sur l’importance des repas communautaires dans les églises ou les agapes entre amis. Jean-Luc a raconté qu’il avait mené de nombreux entretiens pastoraux autour d’une table pour les moments de vérité que la cuisine peut aider à apporter.
La soirée a commencé par la présentation d’une dizaine d’extraits de films majoritairement français ou des dessins animés Disney se déroulant autour de la table. Il y avait un extrait de La passion de Dodin Bouffant, de Délicieux, La cuisine au beurre, La belle et le clochard pour ses spaghettis, Ratatouille bien évidemment …
Moi j’ajoute un de mes films fétiches : Julie and Julia.
Prochaines rencontres autour du livre A table avec la Bible : vendredi 4 octobre | 19h30 | Eglise EceM – rue de la Grattine 29 à 7140 Morlanwelz – réservations via SMS 0495.301505
samedi 5 octobre | 11h | librairie UOPC – avenue Gustave Demey 16 à 1160 Bruxelles – réservations via https://www.uopc.be/events/
dimanche 6 octobre | 10h | Eglise EPEC – rue Emile Vandervelde 13 à 6010 Charleroi
Rencontre prévue à la Librairie La procure Paris, rue de Mézières 75006 Paris, le jeudi 5 décembre à 18 heures.
A table avec la Bible, Jean-Luc Gadreau, éditions Bibli’o, 38€, parution le 4 octobre 2024.
Quelle joie pour moi de découvrir que le duo de talent Birmant/Oubrerie s’est lancé dans l’écriture d’un biopic BD de la vie de Salvator Dali, douze ans après la série consacrée à Pablo Picasso. Les peintres avant-gardistes espagnols ont la côte !
Leur projet s’est même sacrément étoffé et il a gagné en qualité puisque les couvertures des deux premiers tomes de Dali sont saisissantes de beauté et d’efficacité. Bien évidemment, je vais leur consacrer un petit encart dans ma nouvelle rubrique Emballée par la couv‘.
Revenons pourtant à Salvador !. Cette série BD est exceptionnelle car on le reconnait tout de suite même sans ses moustaches dans sa jeunesse. Le génie de ces biographies BD que ce soit pour Picasso ou Dali est de montrer l’évolution psychologique de l’homme, artiste en devenir.
Ils sont géniaux et précurseurs mais ils sont surtout sacrément fougueux et exaltés. Ce sont leurs emportements permanents, leurs tourments qui rendent leur vie romanesque.
J’aime ces biographies BD pour le trait génial de Clément Oubrerie. On reconnait tout de suite les peintres des avant-gardes. La palette chromatique est tellement belle.
Ce dessinateur sait magnifier le Paris perdu entre 1900 et 1930 avec ses monuments des expositions universelles disparus, sa vie de bohême entre Montmartre et Montparnasse…
J’ai étudié l’histoire de l’art au lycée puis à l’Ecole du Louvre. Dali et Picasso sont des peintres avant -gardistes mais aussi des célébrités du star-system. On les connait pour leurs innovations picturales mais aussi pour leurs personnalités volcaniques, leurs muses et leurs coups d’éclat.
Ces albums plairont au grand public comme aux connaisseurs d’histoire de l’art. C’est un vrai régal de lire une BD qui magnifie nos imaginaires, qui fait référence à des connaissances apprises pendant notre scolarité.
Droits réservés éditions Dargaud
Et puis ce duo Birmant/Oubrerie donne aussi de l’importance aux personnages de l’ombre comme Fernande Olivier, la première femme de Picasso ou bien Gala, la muse de Dali.
Nous sommes en 1930 dans l’atelier de Picasso de la rue de la Boétie. Arrive Éluard, radieux. Dali dîne enfin avec sa femme, Gala. « Éluard n’est pas jaloux ? ? Non. », répond le poète.
Picasso est sidéré et met en garde son ami : pour lui, Salvador Dali, du haut de ses 25 ans, est un drôle de coco, vieux et jeune à la fois, un peintre au talent sidérant, à l’intelligence vrombissante, prêt à tout…
Et Picasso de croquer Dali en chat Mephisto, un chat qui prend vie, se frotte aux jambes d’une Gala qui se baisse et le caresse, et le chat aussitôt de l’emmener avec lui dans son passé, sa jeunesse, et pour commencer à Figueras, ville de Catalogne.
Paris. 1929. Salvador Dali s’enfuit avant la projection du « Chien Andalou » qu’il a co-écrit avec son ami Buñuel. Ignorant tout du succès retentissant du film, il quitte Paris, en quête de gloire et de femmes, et embarque ses angoisses avec lui pour retrouver sa catalogne natale. Cet été là, à Cadaquès, il fait la rencontre de Gala Eluard dont l’obsédante existence va changer sa vie.
J’espère que cet article vous aura permis de belles découvertes BD qui se prolongeront par une visite du musée de Montmartre. En 2014, le musée avait organisé une superbe exposition Picasso à Montmartre autour de l’univers de la BD. J’avais beaucoup aimé la maquette du quartier et les crayonnés de la BD. L’exposition se terminait par un audio d’époque où Fernande Olivier, très âgée racontait ses souvenirs de 1900.
Et puis je pense qu’une visite en Catalogue va bientôt s’imposer à nous pour notre prochaine escapade en famille. J’ai visité le musée Dali de Figueras il y a une vingtaine d’années et c’était une visite inoubliable en raison de l’architecture exceptionnelle du lieu.
A quand une série BD sur l’oeuvre d’Antoni Gaudi, un autre génie de l’histoire de l’art en Espagne ?
Il y a beaucoup de témoignages écrits ou à la télévision de femmes qui ont du mal à créer un lien avec leur bébé à la naissance. Quand l’instinct maternel n’est pas au rendez-vous.
Je viens de finir le roman Retrouvailles à la librairie de Wellfleet. La couverture et le titre sont trompeurs : ce n’est pas un énième feel good qui parle de biblio thérapie.
Le résumé :
C’est un texte fort qui raconte l’histoire d’une mère célibataire tout juste sortie de l’adolescence. Elle a fait le bon choix de confier son bébé Matthew à un couple américano indien formidable quelques jours après sa naissance. Pourtant ce bon choix est tout de même un abandon de ce qu’elle avait de plus précieux et cet événement va la faire tanguer quotidiennement les années qui suivront. Surtout quand son fils biologique décide de se pointer à la librairie qu’elle possède à Cape cod sans crier gare l’été de ses dix huit ans.
”Maintenant, tu vas m’écouter. J’étais terrifiée à l’idée de te garder et terrifiée à l’idée de te faire adopter. J’ai choisi tes parents parmi plus d’une centaine de couples. Ils ont fait du bien meilleur boulot que moi car c’étaient des adultes. Ils voulaient un enfant et ils avaient des économies. J’avais dix-sept ans. Tu te sentirais prêt à élever un enfant à dix-sept ans ?
Mon avis :
Ce roman se structure selon trois points de vue qui alternent selon les chapitres : celui d’Harlow, la mère biologique, Monica, la maman adoptive et Cynthia, l’employée revêche d’Harlow et accessoirement cousine lointaine…
Le temps d’un été, Harlow va se confronter à son passé dont sa famille ignore tout, ce qui va créer des tensions mais aussi des retrouvailles très émouvantes. Seul sa meilleure amie Rose était au courant depuis l’université.
J’ai eu un énorme coup de coeur pour ce roman car il évoque les émotions contradictoires que ressentent ces trois femmes au fil du récit. Peut-être est ce lié au fait que je suis aussi maman mais j’ai trouvé les réflexions d’Harlow sur la parentalité d’une grande justesse.
J’ai éprouvé beaucoup de sympathie pour cette jeune fille qui entre dans l’âge adulte et la sexualité avec beaucoup de brutalité. Elle tombe enceinte lors de sa première fois et son soupirant est vraiment un con fini, méchant de surcroit, qui va lâchement l’abandonner quand elle va lui annoncer sa grossesse.
Les flash-backs qui nous ramènent dix-huit ans en arrière sont très émouvants surtout quand sa meilleure amie se rend compte qu’elle part vraiment à la dérive psychiquement et comment elle va la secourir…
J’aimerai tellement qu’on abandonne l’étiquette feel-good en littérature. Elle est tellement usée qu’elle est totalement galvaudée.
J’ai pensé à ce roman tout l’été. Je suis très chanceuse d’avoir pu lire les épreuves non corrigées grâce à Margaux de l’équipe de la box littéraire Kube. J’ai vraiment adoré la structure du livre selon les points de vue de ces trois femmes : Harlow, Monica et Cynthia.
Seul bémol : j’ai trouvé la famille nombreuse d’ Harlow un peu caricaturale et niaise. L’auteure aurait pu se passer de deux ou trois personnages un peu secondaires pour s’en tenir aux parents un peu immatures d’Harlow, le grand-père même s’il a un surnom ridicule et la meilleure amie d’université qui m’a beaucoup touchée pour sa vulnérabilité.
C’est sans nul doute le plus beau roman sur l’adoption et l’instinct maternel que j’ai jamais lu. J’ai bien envie de lire d’autres romans de cette auteure aux deux millions de lecteurs aux USA.
C’est peu dire que je suis une grande fan des romans qui se déroulent aux États Unis. Retrouvez ici d’autres chroniques de romans ici.
Toujours là pour toi, superbe roman d’amitié où les hippies ne sont pas si sympathiques que ça.