Sociologie

L’amour d’une famille d’accueil ne se dose pas comme du lait maternel: Trois semaines et un jour, le docu émotions !

Cette semaine, j’ai regardé deux documentaires de grande qualité sur France tv : La réparation dans l’émission Infrarouge qui retraçait le parcours d’un groupe de parole de justice réparative. La réalité de la fiction chef-d’oeuvre Je verrai toujours vos visages de Jeanne Herry.

Mais aussi le documentaire de Laetitia Gaudin- Le Puil : Trois semaines et un jour qui m’a beaucoup émue. J’ai même pleuré deux fois au cours de ce documentaire d’une heure.

Il se trouve que ce documentaire a été mis en valeur dans les pages Espérance du journal La vie, où je travaille. Véronique Durand, journaliste est allée à la rencontre de cette famille unie dont la réalisatrice est la fille ainée.

Le résumé :

Yona avait trois semaines et un jour quand elle a été placée chez Maryvonne, assistante familiale à Lanvénégen, petite commune du Centre-Bretagne. Le bébé est devenu une jeune fille bien dans ses pompes, portée par l’amour et le soutien de sa famille d’accueil. Si ceux qu’elle appelle Tata et Tonton sont comme ses parents, elle a aussi une maman… et un papa auquel elle se heurte, armée d’un sens inné de la répartie. Mais à l’aube de sa vie d’adulte, Tonton tombe malade. Yona va alors prendre soin de lui comme il a pris soin d’elle vingt ans plus tôt.

Je suis sensible à ces belles histoires de familles d’accueil car j’aime énormément les récits où les liens affectifs se créent malgré les circonstances, les manques de moyens. On suit Yona qui a une vingtaine d’années. Elle est apaisée par l’équilibre qu’elle a pu mettre en place car elle est entourée d’adultes intelligents.

Elle discute de ses projets d’avenir avec ses deux copines. On la voit tour à tour avec sa famille d’accueil qui se réjouit avec elle de ses bons résultats scolaires, puis elle est dans sa famille biologique en compagnie de son père et de ses tantes qui lui tressent les cheveux. De ce parcours de vie un peu particulier, elle tire une conclusion philosophique : « j’ai beaucoup de monde dans mon arbre généalogique ». Elle est arrivée à concilier ses origines et ses parents d’adoption.

Ce documentaire ne parle pas seulement des placements d’enfants en familles d’accueil. Il traite aussi de la maladie de Charcot dont souffre Tonton et dont il va succomber en octobre 2023.

Yona va ainsi devenir une aidante avec Maryvonne. Ce n’est pas un renvoi d’ascenseur, c’est de la réciprocité. Je vous invite à regarder le documentaire formidable de Stéphanie Pillonca : Invincible été avec Olivier Goy.

Le documentaire se termine par une visite chez le notaire ou la juge des affaires familiales, je n’ai pas bien saisi. Maryvonne et Yona s’y rendent ensemble pour finaliser l’adoption de Yona.

Je trouve que la protection de l’enfance n’est pas assez subventionnée en France mais que le droit français est bien fait. Il permet à la personne adoptée de faire entrer dans sa généalogie ses parents adoptifs sans oublier ses parents biologiques.

J’ai été vraiment émue par la complicité entre Yona et son assistante familiale Maryvonne Herpe qu’elle appelle Tata. Seulement, 5% des enfants placés en famille d’accueil obtiennent le baccalauréat (dont Yona qui fait des études supérieures d’infirmière). On les catalogue vite comme cas sociaux car ils vivent des parcours de vie chaotiques.

Yona a été ballotée de ville en ville quand il a été décidé qu’elle retournerait vivre chez son père entre 10 ans et 14 ans. Alors qu’ils sont d’autant plus méritants qu’ils s’accrochent à leurs rêves. Et que des adultes les aiment au point de croire en eux et de les valoriser.

France 3 a longtemps diffusé une série familiale formidable Famille d’accueil avec Virginie Lemoine. Elle racontait une famille qui accueillait temporairement des enfants placés par l’ASE et comment l’assistante familiale conjuguait son métier avec l’éducation de ses propres enfants, comment ses supérieurs l’encadraient dans son travail en fonction des règlements de lois…

Cela me rappelle un très beau témoignage que j’ai lu : La petite fille à la balançoire de Frédérique Bedos, éditions Les arènes. C’est l’histoire d’une petite fille métisse qui vit toute seule avec sa maman qui a de lourds problèmes de santé mentale.

Elle va alors être recueillie dans une famille d’accueil extraordinaire dans le Nord de la France. Ses parents adoptifs, chrétiens engagés, ont pris soin d’une dizaine d’enfants avec des parcours de vie très douloureux : des enfants immigrés d’Afrique, d’Asie avec les boat people mais aussi des infirmes…

J’ai retenu de ce livre que c’est l’amour qui sauve quelqu’un, la tolérance ne suffit pas.

Retrouvez ici d’autres articles consacrés aux adolescents :

Thérapie de groupe, la série Sauveur et fils de Marie-Aude Murail, L’école des Loisirs

Youth Bible, Vivre sa foi chrétienne quand on est adolescent.

Bullet journal

Un mois d’avril sous le signe du cinéma, des lectures et découvertes à Paris et dans la Drôme

Le mois d’avril a filé sans crier gare. Il a été très inégal du point de vue de la météo à Paris. On a eu très chaud sous les verrières du Grand Palais pour le festival du livre le 12 avril et la pluie était aussi au rendez-vous.

Je suis très contente que ma fille découvre les joies de la tradition du poisson d’avril en grande section de maternelle. Elle s’est amusée à mettre à profit ses progrès au théâtre pour nous faire des farces. Elle a même innové avec le poisson de mai le premier mai.

Dans le blog, je me suis régalée à analyser un des films iconiques de mon enfance que j’ai enfin partagé avec mon mari. Les visiteurs c’est un joyau de la comédie française qui a séduit plus de 14 millions de spectateurs dans les salles de cinéma et autant d’enregistrements sur cassettes VHS !

Mais j’ai aussi lu un livre très émouvant : Soeurs de douleur, écrit par Nassera Kermiche et Roseline Hamel, éditions Xo. C’est un très beau livre de témoignage sur le deuil et le pardon. Ce livre retrace un évènement très médiatisé : l’assassinat du père Jacques Hamel dans une église à Saint Etienne du Rouvray en juillet 2016.

Ces deux femmes racontent avec beaucoup de pudeur comment le terrorisme a fait volé leur vie de famille en éclats. Mais le terrorisme n’a pas le dernier mot, ces deux femmes ont choisi de s’emparer des mots pour raconter leur histoire, leur intégration dans la société française.

Avril est indissociable du festival du livre où je me rends chaque année. Quarante ans plus tard le festival du livre retrouve le Grand Palais et ses superbes verrières 1900.

Quelle joie de retrouver ce monument parisien emblématique où le judo français nous a fait vibrer cet été durant les JO. J’ai beaucoup aimé ce festival du livre où j’ai aperçu Amélie Nothomb, Brigitte Macron et ses gardes du corps dans les allées…

J’ai particulièrement apprécié d’échanger avec Roland Perez, l’auteur du roman autobiographique Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan qui a réunit 1.6 million de spectateurs émus par l’histoire de cette mère qui a eu une foi indestructible pour son fils qui avait un pied bot. Car son pied s’est redressé, le miracle a eu lieu. C’est un très beau film qui parle de foi.

Puis, nous sommes partis en vacances en famille dans le Diois, la région de la Clairette de Die et de la forêt millénaire de Saou. Le lundi de Pâques, de retour à Paris, nous avons appris la mort du pape François alors que nous étions au musée de Montmartre entourés d’Italiens.

Le musée avait organisé une chasse aux œufs dans le jardin de la balançoire peinte par Renoir.

Et enfin en fin de mois, j’ai visité avec mes collègues l’époustouflante exposition dédiée à l’univers de Tolkien, au collège des Bernardins.

La cité internationale de la tapisserie d’ Aubusson a réalisé dix-sept tapisseries en grand format pour mettre en valeur l’oeuvre du Hobbit qui date de 1937.

BD & romans graphiques

Lebensborn, un roman graphique à la fois intime et universelle : naître dans une maternité nazie

J’ai découvert Lebensborn, ce roman graphique autobiographique dans les dernières pages du magazine La Croix l’hebdo. Mais c’était difficile de suivre le fil de l’histoire car il était divisé en extraits comme un feuilleton. Je viens de l’emprunter à la médiathèque de ma ville pour le lire en entier cette fois-ci : c’est un vrai joyau à la fois au niveau du dessin mais aussi pour la force du récit inter-générationnel.

Lebensborn, c’est l’histoire de la dessinatrice : Isabelle Maroger. Elle grandit dans les années 1990, à une époque où les relations avec l’Allemagne sont idylliques : c’est l’Europe. Sa maman va alors lui révéler que leur grand-mère qui les a tant choyé l’a adoptée toute petite.

Lebensborn, Isabelle Maroger, Bayard graphic, 9782227500822, 224 pages, 22€

Elle vient de Norvège, issue d’une histoire d’amour entre une jeune norvégienne et un officier allemand. Il n’adhérait pas aux idées raciales des nazis mais il suivait le mouvement. Leur bébé est donc né dans une maternité nazie dans laquelle on lui traçait toute une trajectoire funeste. Heureusement, sa mère biologique a retrouvé ses esprits et elle a fui en traineau grâce à sa soeur en 1945.

Ce beau roman graphique de 200 pages, est une succession de flash-backs qui raconte comment une mère et sa fille sont parties ensemble en famille à la recherche de leurs origines entre Norvège et Allemagne.

Le résumé :

Un jour, Isabelle Maroger se promène avec son fils sur le ventre et elle se fait interpeller par une femme qui la complimente pour ce bel enfant blond aux yeux bleus et ajoute « ça devient rare comme race » … Un choc pour Isabelle, qui réalise qu’il est temps pour elle de raconter son histoire. Car si elle est, elle aussi, grande, blonde et aux yeux bleus, c’est parce qu’elle est à moitié norvégienne.
Sa mère est née, pendant la guerre, dans un Lebensborn, ces maternités mises en place par les nazis pour produire à la chaîne de bons petits aryens. « Un roman graphique d’une rare puissance sur son histoire familiale, une enquête bouleversante sur les maternités nazies ».

Mon avis :

J’ai beaucoup aimé ce roman graphique très dense en petits dessins, en émotions. Sa lecture m’a donné matière à réflexion les semaines suivantes en pensant à cette chronique que j’avais très envie d’écrire. L’auteure montre comment leur histoire familiale s’est retrouvée prisonnière d’un grand délire racial façonné par ces fous furieux nazis. Mais ce n’est pas une BD historique avec une chronologie linéaire.

Feuilletez ici un extrait du roman graphique.

La force de cette BD est de montrer les sentiments, les émotions d’une famille à la recherche de ses origines. L’histoire commence très fort avec cette discussion terriblement gênante autour des traits physiques d’un nourrisson dans un bus en 2014. Le vrai sujet de cette BD, c’est avant tout la transmission des souvenirs, d’une histoire bien plus que la génétique. Cette histoire parle d’adoption, de retrouvailles avec des frères et soeurs quarante ans plus tard…

Le style graphique d’Isabelle Maroger est très graphique, contemporain et même féminin. J’ai beaucoup aimé les petits dessins pour illustrer un changement de chapitres. Les vignettes sont foisonnantes : on peut en compter trois sur une même page. Elle se sert de la couleur alternée au noir et blanc pour définir le temps du récit et ceux des souvenirs.

D’autres BD et films qui traitent de la seconde guerre mondiale :

Guernica, plaidoyer pour la paix en BD, éditions La boite à bulles

Adele Bloch-Bauer, la Joconde des nazis était juive

Droits réservés La boite à bulles
Lifestyle

Visiter le Diois : aventures au saut de la Drôme

Pensant profiter d’un temps printanier, nous avons pris la direction de Luc en Diois dans la Drôme pour les vacances de Pâques. J’étais déjà venue ici quand j’avais une dizaine d’années et le fameux saut de la Drôme m’avait laissé un souvenir impérissable.

Je vous recommande de visiter le Diois aux beaux jours en mai/ juin ou en septembre/ octobre car il s’agit d’une zone assez touristique à trois heures de TGV de Paris.

Luc en Diois est accessible en TER depuis Valence ville et Valence TGV mais la voiture est tout de même le moyen de transport le plus indiqué pour rejoindre les villes voisines : Gap, Die et même Saou. Toutefois, il est possible de rejoindre le fameux claps et le saut de la Drôme à pied : il se trouve à 2.5 kilomètres de Luc en Diois.

Le saut de la Drôme : un trésor naturel à explorer

On appelle claps l’éboulement rocheux qui a eu lieu en 1442. C’est un lieu remarquable, prisé par les vacanciers qui ont envie de se baigner dans l’eau de la Drôme d’une belle couleur verte aux beaux jours.

Nous avons logé dans l’un des gîtes du camping des Foulons. L’isolation de la maison n’était pas idéale mais le prix de la location en basse saison et l’accueil chaleureux de la gérante du camping ont fait la différence. Nous avons payé 300 euros en basse saison pour un gîte de 5 personnes. La literie était sommaire mais le gîte était bien équipé : télévision, lave-vaisselle et machine à laver. Le gîte était également bien localisé : proche du village et de ses commerces.

Nous avons pu prendre le TER pour aller à Gap et fréquenter la bibliothèque un jour de pluie.

Die, la ville qui pétille grâce à sa clairette

Impossible de visiter le Diois sans faire une halte à Die, le berceau de la fameuse clairette. C’est l’un des vignobles les plus hauts de France (700 mètres d’altitude). L’AOC existe depuis 1942 et les cuves de Jaillance dominent le marché français. Nous n’avons pas pu visiter le musée Muséo’bulles mais il était possible d’acheter des bouteilles à la boutique de l’usine.

Le centre-ville de Die est charmant avec de belles boutiques comme la maison Achard-Verdurand, une confiserie qui date de 1839, un chouette coffee-shop dans une rue piétonne qui utilisait le chocolat Valrhona pour ses pâtisseries. Nous avons mangé un inoubliable moelleux à la châtaigne dans une pâtisserie de la place de la cathédrale.

Parlons-en de cette cathédrale : un véritable vaisseau de calcaire de style roman. Les fenêtres sont très hautes et l’intérieur vaut le détour. Le clocher-porche est aussi très impressionnant.

J’ai bien aimé qu’il y ait des petites chaises pour les enfants avec un coin coloriage. J’observe plutôt cela dans les églises réformées et les églises évangéliques. C’est une bonne chose de se mettre à la portée des enfants.

A la sortie de la ville en direction de Luc en Diois, il y a une chouette sortie familiale à faire : la ferme aux papillons. Cette serre surchauffée réunit plus de 400 espèces de papillons dont beaucoup viennent de pays exotiques : Guyane, Costa Rica…

Je me suis étonnée à me passionner pour cette visite tant les espèces étaient superbes : leurs couleurs, les motifs de leurs ailes, on aurait dit des bijoux ou des motifs de mode. Le tarif est de 8€ pour les adultes et 5€ pour les enfants de 4 à 12 ans. Les chèques vacances sont acceptés.

Visiter la Forêt de Saou et ses joyaux : une aventure familiale

Trente cinq ans après mon premier voyage scolaire en maternelle, je suis retournée dans la forêt de Saou. C’est un majestueux vaisseau de calcaire, boisé qui existe depuis la Préhistoire. Nous en avons profité pour visiter l’auberge des Dauphins, musée qui appartient au département de la Drôme.

C’est une auberge qui a été crée durant les années folles par un industriel alsacien, Maurice Burrus vers 1920.

Il s’est décidé à se lancer dans le tourisme vert en créant toute une piste de circulation autour du domaine et en installant des tables de pique-nique. Il a crée sur le modèle du Trianon de Versailles, un restaurant de luxe récompensé par le guide Michelin. Malheureusement, toute cette exaltation festive dans la forêt de Saou a été stoppée nette par la seconde guerre mondiale.

Je vous recommande cette chouette visite à faire en famille. Le billet d’entrée est de cinq euros par adulte. Les expositions autour de la nature sont interactives et ont suscité l’intérêt de ma fille de six ans. On a bien ri ensemble car l’équipe d’accueil nous a prêté des masques en feutrine sur le thème des animaux de la forêt de Saou.

L’auberge des dauphins, forêt de Saou, Drôme,  du samedi 5 avril au dimanche 2 novembre 2025, entrée : 5 € par adulte.

Des idées de destinations pour des vacances en famille :

Le Crotoy et la baie de Somme

-Les galériens de la SNCF : une escapade au Touquet dès le déconfinement

-Se régaler en Drôme-Ardèche

Séries

Le sens des choses : la théologie à la conquête du grand public grâce à une série Max.

Vendredi dernier, j’ai eu la chance de visionner en avant première le premier épisode de la série Le sens des choses adapté de l’histoire personnelle de la rabbin Delphine Horvilleur et de son best seller Vivre avec nos morts, publié par Grasset.

Cette projection avait lieu dans le cadre du lancement du partenariat entre Le Monde, Télérama et la plateforme Max .

Max fait partie du studio de cinéma HBO crée dans les années 1920 et connu pour avoir fait connaître la série Sex and the city en France. Le sens des choses est une création originale française, l’actrice principale Léa Guedj a reçu le prix de la meilleure actrice lors de Séries Mania 2025 à Lille.

Le résumé :

Léa, 28 ans, décide de devenir l’une des rares femmes rabbins de France et tente de trouver les réponses aux petites et grandes questions de la vie. Entre les demandes parfois improbables, la cohabitation avec un père résolument athée et une vie sentimentale en chantier, Léa jongle entre sa fonction et ses doutes personnels. Comment être un guide pour les autres quand on est soi-même en quête de sens ?

Je n’ai pas lu Vivre avec nos morts, ce best seller qui a dépassé les 300 000 exemplaires vendus. J’ai vraiment découvert Delphine Horvilleur qui intervenait dans le documentaire Invincible été de Stéphanie Pillonca. Elle dialoguait avec Olivier Goy, atteint de la maladie de Charcot sur le sens de la vie et de la mort.

Je connais très mal le judaïsme mais j’aime sa manière de rendre compréhensible la théologie d’après ce que je connais de l’Ancien testament.

Dans le premier épisode du Sens des choses, Léa séjourne chez son père qui est psychanalyste en attendant de trouver un appartement à Strasbourg. Il apprend par les réseaux sociaux qu’elle devient rabbin dans une synagogue libérale achetée par un homme très riche et très décomplexé. Au cours des huit épisodes, Léa va rencontrer différents membres de la synagogue qui veulent organiser des rites de passage comme la circoncision, le mariage ou alors une bar-mitsva. Ce sera l’occasion pour eux d’échanger sur le sens de ces rites et ce qu’ils signifient dans leur vie personnelle.

Une série comique et biographique sur la quête de sens pour chacun d’entre nous

C’est une série fondée sur la comédie pour parler de religion. Le sens des choses s’appuie sur les doutes de Léa, sans doute la plus à même de comprendre les crises existentielles que traversent la myriade de personnages qu’elle va rencontrer et écouter au fil de la série.

Le premier épisode intitulé Trancher démarre sur les chapeaux de roue. Chaque épisode dure trente minutes, le rythme est soutenu, les répliques fusent et les situations cocasses s’emballent. Et pourtant, on a paradoxalement aussi le temps de réfléchir à la portée des mots et des situations.

Je n’ai pu voir que le premier épisode sur la circoncision et j’ai énormément aimé l’explication du rite à travers l’exemple d’Abraham et le fameux tableau du Caravage : Le sacrifice d’Isaac.

Le père du bébé est vraiment doué pour jouer la tension permanente, le tiraillement puis l’apaisement. J’ai aussi beaucoup apprécié le rôle du père de Léa joué par le talentueux Eric Elmosnino. Et j’ai hâte de découvrir les autres personnages de la série.

Extrait du livre Vivre avec nos morts, éditions Grasset

Dans la salle de cinéma, les rires fusaient tant les situations étaient à la fois comiques et profondes. Cette série est sans nulle doute, l’une des meilleures que j’ai vu depuis des années car à travers les excès, elle parvient à montrer toutes les nuances. Télérama titre d’ailleurs que cette célébration des nuances fait un bien fou et je trouve cela très juste.

Cinéma

Pourquoi Les visiteurs est un film iconique pour la génération Y dont je fais partie ?

Il était grand temps de parler de mon attachement personnel à la comédie historique Les visiteurs dans ce blog. Un véritable coup de coeur que je partage avec bon nombre d’amis de ma génération qui connaissent aussi les dialogues par coeur.

Cette comédie est le 5eme succès populaire de l’histoire du cinéma français ( que des comédies, posez vous des questions l’Académie des Césars), il a réunit quatorze millions de spectateurs dans les salles obscures en 1993. Cette chouette comédie est portée par deux piliers de la troupe du Splendid : Marie-Anne Chazel et Christian Clavier mais aussi par Jean Reno et Valérie Lemercier.

Voici le résumé du film pour les rares personnes qui seraient passés à côté de ce film incontournable :

En l’an de grace 1123, le comte de Montmirail et son fidèle écuyer, Jacquouille la Fripouille, se retrouvent propulsés en l’an 1992 après avoir bu une potion magique fabriquée par l’enchanteur Eusaebius, censée leur permettre de se défaire d’un terrible sort.

Après les cassettes de chanson française et Alf, voici le troisième dessin dans mon carnet : la cassette VHS des Visiteurs de mon challenge dessin : Back to les années 1990.

Back to 1993 quand les moyen-ageux font rire des générations d’enfants.

J’ai une dizaine d’années : parfois on s’ennuie le dimanche après-midi avec mon frère car mon père est de garde. Alors on fouille dans les cassettes VHS à la recherche d’un film enregistré à la télé. Si on retrouve les Visiteurs à sa musique si reconnaissable, on n’hésite pas à le regarder, ce n’est que la douzième fois.

J’ai toujours la frousse quand Godefroy décapite l’Anglois ou quand il va déloger la sorcière et ses copines diaboliques. Mais ensuite on se marre comme des baleines quand Godefroy et Jacquouille boivent la potion magique pour actionner la machine à remonter le temps. Ou quand les forces de l’ordre doivent maîtriser le comte de Montmirail devant l’église.

Ce film, c’est ma madeleine de Proust des années 1990 avec ses looks un peu colorés, le Courtepaille en région parisienne et la camionnette jaune de La Poste.

Des placements de produits : Chanel, Renault, Courtepaille très efficaces pour renforcer les anachronismes.

Personnellement, le recours au placement de produits dans ce film ne me choque pas. Il est sacrément efficace puisque le film est drôle à cause des anachronismes et grâce aux références aux codes bourgeois. La scène où les deux moyen-âgeux prennent le deuxième bain de leur vie à grands renforts de Chanel numéro 5 est tellement réussie. Elle fait particulièrement rire les enfants.

Le film a été tourné en région parisienne dans les Yvelines : la caravane de Dame Ginette donne sur un superbe panorama de voie rapide et de pylônes électriques. Mais aussi sur les remparts de Carcassonne pour le début du film qui se déroule au Moyen-Age.

Le film s’appuie sur le patrimoine français familier mais aussi sur des oeuvres d’art : les reliques et les bijoux de famille volés au duc de Pouille, le tableau du Hardi est inspiré par un portrait de Della Francesca d’un chef local italien conservé au musée du Louvre.

Sur les traces du film Les visiteurs : les lieux emblématiques du tournage du film

Je pense que ce film a contribué à ma passion scolaire pour l’Histoire. Les Visiteurs exaltent l’identité française sans nationalisme. Le règne de Louis VI le Gros au 12eme siècle, c’est un peu l’âge d’or du Moyen-Age. Le recours au vieux français est l’un des ingrédients de la réussite de ce film. C’est crédible et on rit beaucoup. Les dialogues sont aussi savoureux que le comique de situations enrichi par les effets spéciaux.

« Longue vie à notre sire » grâce aux effets spéciaux de plus en plus performants en l’an de grâce 1992.

Les Visiteurs est une comédie réussie car elle se fonde sur l’imaginaire d’enfance du duo Poiré /Clavier. Le réalisateur a retrouvé des années plus tard, une petite histoire de quatre pages qu’il avait écrite à 17 ans en cours de mathématiques et qui se déroulait sur la Grand’place d’Arras.

Elle sera la trame du scénario retravaillé par Christian Clavier et lui-même.

Les Visiteurs est un film choral où tous les personnages ont un rôle important à jouer. Ils reconstituent en quelque sorte la société très hiérarchisée au Moyen-Age.

Bien évidemment tout repose sur le tandem Godefroy le hardi, le noble et son écuyer pas si fidèle Jacquouille la Fripouille. On rit de leurs déboires mais eux vivent un véritable drame : ils sont coincés à une autre époque parce qu’un mage incompétent a oublié une partie de sa formule. Heureusement, leur plongée dans le futur les rassure sur le fait qu’ils ont eu une descendance.

« Je suis Jacquouille la fripouille, son fidèle écuyer mais je ne sais pas quand je suis né « 

« Béatrice, pourquoi ton mari montre son fessard à une femme« 

« J’chante pas plus mal que Steph’ de Monac’ »

« Ma mère avait pour nom Gwendoline, elle est morte dévorée par les loups… parce que notre père qu’était parti pour boire à la taverne de Duchenot a crevé gelé dans l’étang à cause de son pied-bot.« 


Les femmes ont les rôles les plus louables du film : Dame Ginette se prend d’affection pour Jacquouille sans trop se poser de questions. Béatrice de Montmirail est une chrétienne exemplaire qui a le sens de la famille. Elle ouvre sa maison à ces deux moyen-ageux qui jurent comme des charretiers, ruinent sa maison et effrayent ses enfants.

Et enfin, les petits rôles annexes sont tout aussi importants : le mari dentiste de Béatrice qui est jaloux et méfiant envers Cousin Hubert, l’escadron de flics et les clients de l’hôtel. Mais surtout Jacquart, le nouveau riche tellement hautain avec son blazer jaune poussin. Quand Jacquouille rencontre son descendant, il se rend compte que l’époque dans laquelle il se retrouve coincé lui accorde beaucoup plus de libertés alors pourquoi ne pas y rester…

Je vous recommande la lecture du livre de Jean -Poiré : Rire est une fête, édité par Michel Lafon. Christian Clavier l’a préfacé. Je choisis les yeux fermés un film avec Christian Clavier que je considère comme l’héritier de Louis de Funès. J’ai écrit un article hommage à Michel Blanc en octobre, bientôt, j’écrirai un article sur cinq films marquants de Clavier.

Christian Clavier, héritier de Louis de Funès.

J’avais beaucoup aimé la rétrospective consacrée à Louis de Funès à la Cinémathèque en 2021.

A quand une vaste exposition dédiée à la troupe du Splendid et à Jean-Marie Poiré, le génial réalisateur de Papy fait de la résistance, Le père Noël est une ordure et Les visiteurs ? .

Foi chrétienne

Sœurs de douleur : chercher un nouveau sens à sa vie au lieu de ruminer sa douleur

En février dernier, j’ai lu d’une traite ce récit d’amitié entre deux femmes, deux victimes collatérales de l’attentat à Saint Etienne du Rouvray en juillet 2016.

Elle est la soeur du père Hamel assassiné pendant la messe dans son église : Roseline Hamel. Elle est la mère de l’un des deux terroristes tués lors de l’assaut : Nassera Kermiche. Elles sont devenues amies alors que le pire devait les séparer. Sœurs de douleur, on ne pouvait pas trouver meilleur titre pour résumer ce livre.

Il s’agit d’un récit à trois voix puisqu’un journaliste de Pélerin magazine les accompagne dans ce récit d’une grande pudeur et sensibilité. En sept chapitres où s’alternent les récits de Roseline et de Nacera, Samuel Liéven retrace plus de huit années de deuil pour l’une et pour l’autre depuis l’attentat qui a eu un retentissement médiatique dans le monde entier.

J’avais un peu d’appréhension à lire ce livre car le récit du jour de l’attentat vécu différemment par ces deux femmes, est effroyable. Mais heureusement, la force du pardon et de la résilience sont des messages bien plus forts que le terrorisme et le fanatisme. Ce livre m’a donné des frissons à différents passages tant les leçons de vie de ces deux femmes sont des trésors relationnels.

J’ai beaucoup aimé que ce livre retrace leurs parcours respectifs. Roseline est née à Rouen en 1940. Nacera est née en Algérie en 1963, elle a grandi à Saint Etienne du Rouvray depuis sa petite enfance.

L’histoire personnelle de Roseline et Jacques Hamel m’a particulièrement émue car ils sont de la même génération que mes grands-parents du Pas de Calais. Le couple de leurs parents s’est rapidement disloqué pendant leur enfance. Roseline et Jacques ont dix ans d’écart et ils ont eu une relation privilégiée toute leur vie. Leur père souffrait d’alcoolisme et il était violent, il s’était remarié avec une autre femme. Il est allé récupérer sa fille à Armentières dans le Nord d’une manière brutale et traumatisante pour la petite fille. Heureusement pour Roseline, son frère Jacques la protégeait.

Cette relation frère et sœur est particulièrement belle car elle s’est renforcée quand ils ont vieilli. La veille de l’attentat, ils s’apprêtaient à partir en vacances tous ensemble. Roseline Hamel est une femme de foi qui a vécu de nombreuses épreuves dans sa vie. Elle a souffert de dépression à la mort de son mari et l’assassinat de son frère est une épreuve au quotidien pour ses vieux jours.

L’amour de Nassera Kermiche pour ses enfants est aussi très beau et bien décrit dans le livre. On sent toute la culpabilité d’une mère qui a pris les choses en main avec une de ses filles pour ne pas laisser son fils se radicaliser. Elle a cherché à entrer en contact avec les religieuses qui étaient également séquestrées dans l’église lors de l’attentat.

« Je ne suis pas venue chercher un pardon mais un moyen de gérer notre douleur ensemble » Roseline Hamel

Soeurs de douleur : extrait du livre

C’est un journaliste municipal bien inspiré qui a fait le lien entre Roseline et Nassera. Monseigneur Lebrun, l’évêque de Rouen a accompagné Roseline pour rencontrer chez elle Nassera et sa famille. Il a été d’un soutien sans faille pour Roseline Hamel notamment au procès des complices de l’attentat de Saint-Etienne du Rouvray qui s’est tenu à Paris en 2022.

Lors de ce procès, Guy Coponet, rescapé de l’attentat de 87 ans et Roseline Hamel ont fait preuve d’une foi et d’une humanité d’une grande puissance. Ils ont su toucher le coeur des accusés dans le box dont certains ont même demandé pardon.

Soeurs de douleur est un excellent livre qui montre que le vivre ensemble est toujours possible en France à condition d’être prêt à pardonner et à choisir la vie, respecter l’autre plutôt que de se complaire dans l’amertume. L’entourage professionnel de Nassera dans l’Education nationale a été exemplaire de compassion, ses collègues et ses élèves lui ont fait preuve d’un soutien de grande qualité, tout comme les employeurs de ses enfants.

Roseline Hamel a crée le prix Père Jacques Hamel depuis 2017 qui récompense un travail de journalisme sur des efforts de paix et de dialogue interreligieux. J’en profite pour remercier Stéphanie des éditions XO qui a eu la gentillesse de m’envoyer ce beau livre en service de presse.

Soeurs de douleur, Nassera Kermiche, Roseline Hamel et Samuel Lievin, XO éditions, 19.90€

Romans

Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, quand le déni de réalité d’une mère produit des miracles…

Ce dimanche, il pleuvait à Paris. J’avais prévu le coup avec une sortie ciné pour le Printemps du cinéma. J’attendais ce film de longue date depuis que j’avais lu d’une traite le roman autobiographique de Roland Perez : Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, éditions Les escales.

J’ai découvert ce roman en m’intéressant tout particulièrement à la belle carrière de Sylvie Vartan qui vient de prendre sa retraite artistique à 80 ans cette année. Je lis énormément de romans de la maison d’édition Les escales car ils savent mettre en valeur les beaux textes bien écrits, qui transmettent des émotions à leurs lecteurs.

J’ai à la fois ri aux éclats et versé une petite larme à la lecture de ce roman autobiographique découpé en une trilogie. Il faut dire que Roland Perez est un homme fort attachant, doué d’une acuité particulière pour la psychologie et les relations.

Le résumé :

Le récit tendre et détonnant d’une enfance pas comme les autres, bercée par la voix de Sylvie Vartan. Un roman drôle et chaleureux sur la famille et sur la différence. A cinq ans, Roland ne marche toujours pas. Il vit dans un HLM du XIIIe arrondissement de Paris avec sa famille juive séfarade d’origine marocaine. Un appartement plein de vie d’où Roland ne peut sortir, si ce n’est dans les bras de sa mère.


La religion et la culture juives tiennent dans sa vie une place primordiale. Très croyante et surprotectrice, elle le garde à l’écart du monde extérieur. L’appartement est devenu son territoire, d’où il observe avec fascination les va-et-vient de ses frères et sours et de leurs amis. Mais c’est en regardant la télévision qu’il découvre le monde. Il se passionne pour les émissions de variétés et pour Sylvie Vartan,  » étoile parmi les étoiles « . Un jour, alors qu’il a six ans, un miracle se produit : il réussit enfin à marcher. Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan est un roman tendre et loufoque, aux personnage drôles et attachants.
Une histoire vraie, lumineuse et pleine d’espoir.

 » Dieu ne pouvait être partout, alors il a crée les mères » Proverbe juif

Mon avis :

Ce film ne vous laissera pas insensible. On rit et on pleure grâce à cette maman haute en couleurs jouée avec brio par Leïla Bekhti. C’est également l’un des plus beaux rôles de Jonathan Cohen, qui est le narrateur de sa propre histoire.

J’ai préféré le roman même si le film est réussi. Dans le roman, Roland Perez détaille très bien toute la fantaisie et les excès de sa mère. La première partie du film qui raconte l’enfance de Roland Perez dans les années 1960 est très rythmée par une bande originale de qualité. Mais cela se fait aussi au détriment de l’émotion. Esther fait la surprise à ses autres enfants quand le petit dernier se met à marcher à huit ans. La musique est tonitruante et alors on perd l’émotion qui culmine dans cette scène.

Mais par contre, la scène où tous les membres de la famille Perez chantonnent dans leur coin La Maritza, c’est une belle réussite. Mention spéciale au grand frère qui fume dans son bain. Cette chanson est universelle, elle parle d’un fleuve bulgare, les racines de Sylvie en exil, et pourtant elle va comme un gant à cette famille séfarade.

Copyright Marie-Camille Orlando – 2024 Gaumont – Egérie Productions – 9492-2663 Québec Inc. (filiale de Christal Films Productions Inc.) – Amazon MGM Studios

Leïla Bekhti a aimé ce rôle car on lui offrait de jouer une conviction. C’est une mère qui veut le meilleur pour son enfant quitte à l’étouffer un peu même quand il a la trentaine. Elle sera même médaillée pour son dévouement par Jacques Chirac à l’Hôtel de ville de Paris.

C’est aussi un film qui parle de la foi chevillée au corps qui se concrétise avec ces miracles car le jeune Roland n’a pas seulement été guéri de son pied bot, il deviendra aussi l’avocat des célébrités comme Sylvie Vartan.

Je vous laisse découvrir la superbe chronique de Jean-Luc Gadreau, critique de cinéma et pasteur à propos de ce film beaucoup plus profond sur la spiritualité qu’il n’y parait.

Ile de France et Paris·Romans

Le Hobbit, plus de 80 ans d’inspiration pour la littérature, la décoration et la tapisserie, exposé au collège des Bernardins.

Le mois dernier, j’ai visité l’exposition Epiphanies au collège des Bernardins avec mes parents de passage à Paris. Ainsi, j’ai découvert le travail magistral d’Augustin Frison-Roche. L’exposition suivante est toute aussi passionnante et superbe : quinze tapis et tapisseries inspirées par l’oeuvre de Tolkien.

La programmation 2025 du collège des Bernardins en fait un lieu culturel incontournable à Paris. Et surtout l’entrée est gratuite !

Il y a cinq ans pendant le confinement de 2020, j’ai découvert dans un magazine de décoration, une de ces tapisseries d’Aubusson.

J’ai eu un vrai coup de coeur pour cette oeuvre car elle raconte un moment phare du film Le hobbit : quand les nains fuient une rivière dans des tonneaux. J’en ai fait un collage avec une caravane tellement cet univers et ses couleurs m’ont plu.

Je précise que je ne connais rien de rien à la trilogie du Seigneur des anneaux. Je ne suis pas une grande fan des films fantastiques mais je ne sais pas pourquoi j’ai eu un vrai coup de coeur pour Le hobbit.

J’aime énormément sa petite maison qui ressemble à un tumulus. En Bulgarie, nous nous rendons chaque année dans un endroit génial : le golden park à Lukovit avec des habitations en bois et en pierre inspirées par le roman. Mille mercis à mon beau-frère Alexandre d’avoir découvert le lieu !

Cette année, c’est l’anniversaire des 70 ans de la parution du Seigneur des anneaux. Le hobbit a conquit plus de cent millions de lecteurs à travers le monde. Sa popularité a pris un vrai virage quand la suite Le Seigneur des anneaux a été publiée en 1954.

J’aime bien offrir comme cadeau de Secret santa une édition collector du roman édité par Le livre de poche. C’est un bel objet à conserver dans sa bibliothèque.

J’aime particulièrement l’univers de Tolkien car il reflète aussi une époque : l’Angleterre des années 1920 à 1940 avec ses manuscrits tapés à la machine à écrire à Oxford, ses propres aquarelles de la Terre du milieu. Il a écrit de nombreuses lettres du Père Noël pour divertir ses enfants.

Cela me fait penser à Jean et Cécile de Brunhoff, leurs contemporains français qui ont aussi écrit et illustré Babar pour leurs enfants.

C’est l’exposition phare de ce printemps. Elle célèbre le savoir-faire de la cité internationale de la tapisserie qui a su valoriser ce fonds iconographique inestimable. Comme le détaille Stéphane Jarno de Télérama dans son article La tapisserie du « Milieu  » : les tapisseries d’Aubusson sont le fruit d’une écriture textile, ses techniques font vibrer les couleurs, suggèrent le mouvement, feignent le relief…

C’est l’exposition idéale à montrer aux enfants à partir de huit ans pour leur faire découvrir une oeuvre littéraire fantastique. Elle repose sur un univers indémodable pour des générations de lecteurs.

Vous pouvez retrouver ici toutes les informations pratiques pour visiter cette belle exposition à ne pas manquer ce printemps !

Comme son nom l’indique, Le bal littéraire des sardines se spécialise dans un domaine bien précis des métiers du livre : les succès éditoriaux qui deviennent patrimoniaux pour des générations de lecteurs.

-Martine fête ses 70 ans en 2024 à la galerie Gallimard

– Natacha, hôtesse de l’air part à la conquête du cinéma en avril prochain

-Ba ba bar, mon ami Babar, souvenir de mon plus beau carnaval en maternelle…

BD & romans graphiques

Natacha, hôtesse de l’air

Quand j’étais enfant, j’aimais beaucoup lire les albums de Natacha parce que c’était rare une femme comme héroïne de BD et le métier d’hôtesse de l’air était sacrément romanesque. Je trouvais ces BD grâce au fameux bibliobus de l’Ardèche qui alimentait la simple étagère qui servait de bibliothèque municipale dans le village où je passais mes vacances.

Natacha, Walter et l’équipage de l’avion égayait mes journées d’été pluvieuses quand le brouillard jouait les trouble-fête en août sur le plateau ardéchois.

Natacha est une série d’albums BD franco-belge crée par Gos et Walthéry et publiée par les éditions Dupuis. François Walthéry est aussi le dessinateur de Benoit Brisefer, Johan et Pirlouit, Les Schtroumpfs… Une vingtaine d’albums de BD ont été publiés en 1970 et 1998. J’ai bien envie de lire le dernier album de Natacha : L’épervier bleu, paru en 2018 pour me confrontrer à mes souvenirs de lecture.

En avril prochain, Natacha va partir à la conquête du cinéma sous les traits de Camille Lou et de Vincent Dedienne qui jouera Walter. Le film s’est inspiré d’un album : Natacha et Monna Lisa. Il se moque un peu du métier d’hôtesse de l’air de l’héroïne.

« Distribuer des Cocas à des gens qui ont les chevilles gonflées c’est ça votre rêve ? »

Une fresque street art en l’honneur de Natacha et Walter a été inaugurée à Bruxelles en 2009, signe que cette série BD fait partie du patrimoine national au même titre que Tintin, Gaston Lagaffe ou encore Martine.