BD & romans graphiques

Quatre sœurs, portrait d’une fratrie de filles

Quatre sœurs : Enid, Hortense, Bettina et Geneviève

Malika Ferdjoukh et Cati Baur

                                                    Ecole des Loisirs et Rue de Sèvres

1ere parution en 2003

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Je l’ai repéré sur un présentoir du rayon jeunesse de la bibliothèque Arthur Rimbaud (je vous la recommande pour sa sélection nouveautés BD et romans) et j’ai su que j’allais avoir un coup de cœur pour ce roman graphique.

Son titre m’ a plu : Quatre sœurs car j’affectionne les histoires de fratries. Ensuite sa couverture : on y voit Enid, une petite fille de neuf ans, accolée à un arbre aux couleurs de l’automne. En fond, on voit sa maison la Vill’hervé, une villa en bord de mer qui se trouve au bout du monde, impasse de l’Atlantique.

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Bingo, c’est le combo parfait du roman graphique pour moi : une histoire avec des portraits psychologiques finement amenés + du beau dessin à l’aquarelle : des personnages bien dessinés, des univers réalistes attachants…

Cela me rappelle beaucoup l’univers de Camille Jourdy et son travail aussi à l’aquarelle pour donner vie à Rosalie Blum, publié par Actes Sud BD.

« Enid doit faire dix-sept pas de l’abribus jusqu’à l’impasse de l’Atlantique qui mène à sa maison, la Vill’Hervé. Un de moins que l’été dernier. La preuve que ses jambes allongent, donc qu’elle a grandi. N’empêche qu’elle est toujours la plus petite des cinq sœurs Verdelaine. »

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Le résumé :

C’est l’histoire d’une fratrie de cinq filles : Charlie, 23 ans, Geneviève, 15 ans, Bettina, 13 ans, Hortense, 11 ans et Enid, 9 ans. Ce roman en quatre épisodes suit les quatre saisons : il débute avec l’automne et se termine avec l’été, la saison des émois amoureux de ces adolescentes.

Après la mort accidentelle de leurs parents, elles se serrent les coudes dans leur grande maison, lieu de vie de leurs joies toutes simples, leurs peines mais surtout leurs chicaneries, celles que vivent toutes les sœurs du monde autour d’un bon bol de chocolat chaud…

Mon avis :

Cette lecture a été un vrai coup de cœur pour moi : le thème de la fratrie est universel (la référence aux Quatre sœurs du Docteur March de Louisa May Alcott est évidente) et j’aime les portraits psychologiques des personnages bien écrits (c’était le cas des Stagiaires, ma dernière lecture en date).

J’ai lu le premier tome Enid en BD pour me créer un imaginaire : la présentation des personnages en médaillon m’a été vraiment très utile pour comprendre les personnalités bien marquées de chacune des sœurs. Mais ensuite, je me suis dépêchée de trouver les trois romans pour les lire dans la foulée. Impossible d’attendre les prochains romans graphiques.

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J’ai vraiment été happée par l’histoire d’amour de Bettina : la profondeur des sentiments et des émotions exprimés m’a marquée. Son personnage est présenté dans le premier tome comme une personne totalement égocentrée, acide et hautaine avec sa flanquée de copines. Elle va se révéler sensible et touchante par la suite.

L’autre personnage qui m’a émue est Hortense, la fille timide de la famille. Elle se raconte dans son journal intime : ses rêves de comédie, son amitié poignante avec Muguette, une petite fille atteinte de leucémie. Elles s’échangent des expressions complètement désuètes et étranges :  » tu es complètement Île et Vilaine… ».

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C’est un récit contemporain qui raconte la routine d’une famille ordinaire : le ramassage scolaire pour les plus jeunes, la livraison des courses de Nanouk surgelés par le jeune Merlin qui va faire chavirer le cœur de Bettina, leurs boums…

Elles sont orphelines et font face à des défis financiers majeurs. Mais ça ne pleure pas dans les chaumières, il n’ y a pas de pathos comme dans un roman de Dickens : elles ne collectionnent pas les malheurs et sont entourées de toute une galerie de personnages secondaires bienveillants.

Le plus important d’entre eux est sans conteste Basile, l’amoureux de Charlie, l’aînée devenue par la force des choses, la cheffe de famille. Leur histoire d’amour est le fil conducteur de ces quatre romans. On est forcément touchés par cette jeune femme qui sacrifie ses rêves par amour pour ses sœurs.

Ma note : 4/5 sardines

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L’Ecole des loisirs est  mon éditeur de littérature favori car il ne prend pas ses lecteurs pour des imbéciles en leur proposant des textes creux et superficiels, à effet de mode.

J’avais déja lu un très bon roman de Malika Ferdjoukh : Taille 42, l’histoire d’une famille juive de chausseurs qui a dû fuir Paris pour échapper à la mort pendant l’Occupation. Et puis je trouve que Quatre sœurs a la même profondeur psychologique que les romans de Marie-Aude Murail que j’affectionne tant.

J’ai aussi beaucoup aimé le trait de Cati Baur qui sait dessiner les femmes avec beaucoup de grâce et d’élégance : le détail d’une coiffure, d’une démarche… Son roman graphique Vacance ( l’histoire d’une mère de famille qui plaque toute sa vie sur une aire d’autoroute pour mener grand train sur la Riviera) .

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Je pense sérieusement à me constituer une belle Pile à Lire spéciale romans graphiques parce que c’est mon plaisir, encore plus qu’un roman. C’est beaucoup plus qu’un simple album de BD ou un roman.

Dommage que leur prix d’achat soit assez élevé et heureusement que les bibliothécaires de la Ville de Paris font un vrai travail de sélection et de prescription pour qu’on puisse les trouver facilement dans les bacs.

Voici un petit aperçu de mes romans graphiques favoris. Et vous quels sont les vôtres?.

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Bullet journal

Grâce à Mon bullet avec Bulle dop, j’ai décroché ma deuxième étoile…

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Mon bullet avec Bulle Dop

Bulle Dop, Flammarion jeunesse,

novembre 2017, 128 p

14€95

Cet été, je me suis lancée dans la grande aventure du bullet journal. Je connaissais déjà ce phénomène mais l’aspect agenda personnalisé où tu passes des heures à tracer des traits et remplir des cases ne m’attirait pas.

Puis, j’ai découvert les tutos de Bulle Dop sur Youtube avec tout un tas de petits conseils malins qui m’ont convaincue. Ni une ni deux, je suis allée me choisir un superbe carnet Leuchtturm 1917 au BHV de l’Hôtel de ville et je me suis lancée…

Le bullet journal c’est un peu comme le ski, au début on galère, puis on progresse et ensuite ça devient une  vraie addiction : trouver de nouveaux masking tape, découvrir des petits doodles sympas pour illustrer mes pages, trouver de nouveaux feutres pinceaux…

Je remercie Flammarion jeunesse qui m’a gentiment adressé ce livre que j’attendais de longue date parce que à force les vidéos You tube, ça n’aide pas à la concentration.

Le résumé :

Bulle Dop vous explique en sept grands chapitres comment démarrer un bullet journal : le matériel, les pages indispensables, comment s’organiser au quotidien, ses pages détente et ses petits plus, ses modèles de calligraphie et ses idées de thèmes…

Mon avis :

Ce livre est vraiment bien conçu : sa mise en page très aérée avec ses titres efficaces, permet d’expliquer les grandes lignes ce qu’est le bullet journal. On retrouve dans les textes de Bulle Dop, son ton toujours très pédagogue et encourageant pour ses lecteurs.

Car avant d’être l’une des booktubeuses francophones les plus connues, Bulle Dop parcourait les médiathèques de sa région, puis de la France entière pour parler aux jeunes de sa passion pour la lecture et les réseaux sociaux. Cette jeune femme est libraire comme moi mais elle a un grand talent de formatrice, qui a fait son succès dans ses tutos sur Youtube.

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C’est un ouvrage pratique à mi-chemin entre le scrapbooking et le développement personnel : faire du beau avec de la belle calligraphie et du dessin tout simple, ça renforce l’estime de soi.

C’est le message de Bulle Dop, malgré sa dyslexie, elle s’est lancée avec appétit dans la lecture. Elle a su tirer profit de l’immense couverture médiatique qu’offrent les réseaux sociaux pour devenir une critique littéraire 2.0 influente : elle anime une chronique livres dans l’émission C’est au programme sur France 2 depuis septembre.

Ce livre s’adresse aux ados à partir de 13 ans (le bujo est très majoritairement féminin), il donne des très bons conseils pour apprendre à s’organiser quotidiennement tout en customisant son carnet pour en faire un bijou arty.

Pourquoi acheter ce livre alors qu’on a vu tous les tutos bullet journal que le Web contient?

  • Il t’apprend la calligraphie peinard tranquille, sans devoir faire pause sur ta vidéo toutes les deux secondes et louper la moitié de l’explication, crois-moi c’est pénible !
  • Je me suis régalée à apprendre la calligraphie cartoon : le livre montre comment tracer toutes les lettres.
  • Les idées de thèmes sont originales et à portée de main parce que fouiller Pinterest à la recherche de doodles, ça va bien cinq minutes !
  • Le carnet offert avec le livre est vraiment de bonne qualité, le feutre ne passe pas à travers, je découvre la joie de dessiner dans un carnet à pointillés.Quand on sait qu’un carnet de bullet journal coûte à lui seul 17€, je trouve que le prix de ce coffret n’est pas exagéré…

Malgré quelques réserves : des photos un peu trop techniques et un chapitre sur le matériel peu développé, j’ai vraiment aimé tester ce livre pratique très réussi .

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Sociologie

Londres, out of the box, la ville en dehors des sentiers battus.

En ce moment, je suis bien suspendue aux épisodes de The crown qui retrace les débuts du règne d’Elisabeth II sur Netflix. La saison 2 arrive le 8 décembre (chic, chic !!!) et donc je visite Londres avec cette excellente série.

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Saviez vous qu’un immense smog avait recouvert la ville de Londres entre le 5 et le 9 décembre 1952, causant la mort de 12 000 personnes?. Les centrales à charbon carburaient à plein régime et le premier ministre de l’époque, le grand Winston Churchill, s’est retrouvé vite dépassé par la situation. Et malheureusement, il n’ y avait pas de Cop21 il y a 65 ans.

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J’ai toujours trouvé que Londres était une ville sombre et grise avec son architecture gothique massive et austère. Big Ben et le Parlement de Westminster sont de vrais joyaux architecturaux aux bords de la Tamise (il y a une sacrée ressemblance avec le Parlement hongrois de Budapest aux bords du Danube, c’est évident) mais Londres ne m’avait jamais vraiment emballée.

Mais j’ai reçu le guide Londres, out of the box, un envoi gracieux des éditions des Arènes (merci, merci, merci !) et j’ai découvert une ville très colorée grâce à ses quartiers : Notting Hill, Brick Lane, Greenwich….

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Sonia Delesalle Stolper, Hélaine Lefrançois

Collection Out of the box, éditions Les arènes

440 pages – 18,90 €

Londres Out of the box

J’aime beaucoup le parti-pris de ce guide qui sort des sentiers battus : il s’intéresse à six grandes zones autour de Londres. Ce sont principalement des quartiers résidentiels avec leurs pubs, leurs petites boutiques emblématiques qui montrent cette immense capitale européen avec humanité.

Ce sont ses habitants qui façonnent Londres : c’est une ville multiculturelle qui regroupe immigrés des colonies du Commonwealth, classes ouvrières des autres pays du Royaume-Uni, jeunes nantis … Autant de témoignages qui donnent à ce guide une dimension sociologique, vraie valeur ajoutée par rapport aux traditionnels guides touristiques.

Le maître-mot de ce guide est gentrification. Il montre le visage de Londres au 21eme siècle avec ses nouveaux quartiers, ses mutations démographiques en fonction des nouveaux bassins d’emplois…

Au lieu de retracer toute l’histoire de Londres, il nous parle de son actualité immédiate : la vie quotidienne depuis le Brexit, le défi écologique, la ville- monde. C’est aussi un formidable vivier de bonnes adresses : plus de 1400 lieux de vie pour faire de votre séjour à Londres, un moment unique.

Bien entendu, ce guide ne fait pas l’impasse du Londres touristique dans une petite partie du guide mais il propose aussi des adresses pour s’évader en dehors de la ville : dans la campagne ou sur la côte chez le major Pettigrew, l’un de mes personnages de fiction favoris…

J’ai découvert Londres à travers la littérature, les séries et les comédies romantiques : Oliver Twist, Orgueil et préjugés, Downton Abbey quand Lady Mary sort de sa campagne pour des mondanités, Love Actually et Coup de foudre à Notting Hill bien entendu…

Vivement les épousailles de Prince Harry et Meghan au printemps prochain pour regarder à la télévision le Londres du 21eme siècle…

Ma note : 5/ 5 sardines

J’ai beaucoup aimé ce guide pour l’exhaustivité de ses bonnes adresses, ses photographies originales qui montrent la vie quotidienne entre les fresques street-art et les devantures de boutiques, la multitude de cartes, les icônes qui fournissent des infos très pratiques pour voyager…

Autant de bonnes idées qui montrent que ce guide a été conçu par une équipe de journalistes et d’éditeurs aguerris aux voyages touristiques en milieu urbain. Out of the box est la collection de livres de voyage des éditions des Arènes, il existe aussi celui de New York...

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Romans·Sociologie

Les stagiaires, le roman d’apprentissage de la génération Y.

J’ai découvert ce roman grâce aux chroniques télé de Bulle Dop dans l’émission C’est au programme sur France 2.

Les stagiaires

Samantha Bailly, éditions Milady

2014 – 350 pages

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Je venais de terminer un très mauvais livre Les gentilles filles vont au paradis, les autres là où elles veulent : un vrai désastre littéraire. Une héroïne insupportable, une intrigue faible et fade, des personnages secondaires insipides… bref du feel-good tellement marqueté qu’il écœure les lecteurs compulsifs comme moi. J’ai envie d’écrire un article sur les feel-good books dans un prochain billet.

Donc, j’avais un peu peur que cette histoire de stagiaires soit superficielle et caricaturale. Et bien non, tout au contraire, c’est surement le roman le plus profond que j’ai lu : son analyse psychologique des personnages est très poussée.

Les stagiaires est tout sauf un feel-good book : il n’ y a pas d’happy end comme dans une comédie romantique (je n’en dirai pas plus…) C’est un véritable roman d’apprentissage dans un contexte tellement familier : le stage en entreprise.

Le résumé :

C’est l’histoire de six stagiaires : Ophélie, Hughes, Vincent, Arthur, Alix et Enissa. Provinciaux ou Parisiens, ils viennent de milieux sociaux différents pour acquérir une expérience professionnelle à Pyxis, la boite de jeux vidéos. Qui sera finalement embauché? Quel tournant donner à sa vie personnelle?

C’est un roman d’apprentissage à travers le stage, un moment charnière de la vie que nous avons tous vécu.

Mon avis :

Samantha Bailly a choisi un mode narratif très efficace : au fil des chapitres, ce sont les deux personnages principaux Ophélie et Arthur qui racontent à la première personne du singulier, les situations de vie du groupe : quand ils se retrouvent entre eux à la cafétéria ou lors de leurs fêtes ou bien quand ils sont confrontés à leurs supérieurs dans l’open space de Pyxis….

L’organigramme de l’entreprise sert de situation initiale pour commencer la lecture et j’ai trouvé ça très bien vu. Je ne déteste rien de plus qu’un roman qui ne me laisse pas faire connaissance avec les personnages qui vont m’accompagner les 300 prochaines pages.

Je me suis vraiment attachée à eux dans ce roman, aucun n’est stéréotypé. Que ce soit Enissa, la jeune fille aux seins refaits dont le langage rappelle celui d’une Nabilla. Derrière sa superficialité, Enissa cache un regard désabusé sur elle-même, elle se met une forte pression pour réussir dans la vie. Quant à Alix, la grande fille ronde totalement geek est la plus accueillante du groupe. Fine psychologue, elle sait discerner qui porte un masque et sera la bonne personne pour écouter Ophélie et la conseiller.

Le personnage le plus intéressant est sans conteste Arthur. Petit-bourgeois issu d’une grande école de commerce, il profite de cette année de césure pour explorer un monde qui le fascine hors du chemin prestigieux tout tracé par sa mère, ses amis et son milieu social.

Il côtoie des jeunes de son âge comme Ophélie qui doivent réussir leur entrée sur le marché du travail sans les relations de leurs parents, ni aide financière. L’argent n’est pas un souci pour lui.

Pourtant c’est lui le personnage le plus tourmenté qui se réfugie dans l’alcool, la drogue et l’adultère car il a peur de construire son avenir. Alors il le détruit et fait de sacrés dégâts autour de lui… Même les filles les plus raisonnables et responsables se laisseront attirer dans ses filets…

Ma note :

5/5 sardines

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J’ai vraiment été emballée par ce roman car il raconte la recherche identitaire, la quête du grand amour de jeunes adultes qui se construisent dans un contexte de précarité professionnelle et économique.

J’ai découvert une auteure très talentueuse : Samantha Bailly. L’épilogue du roman est très surprenant par ses nuances et sa tendresse. C’est une auteure que je vais suivre par la suite, c’est évident. Elle a déjà écrit une dizaine de livres, principalement de la fantasy (tout ce que je n’aime pas du tout) mais une telle profondeur d’approche psychologique de ses personnages donne envie de lire.

Margaud liseuse, booktubeuse réputée a fait  le tour de l’oeuvre littéraire de Samantha Bailly et voila ce qu’elle en pense :

Je viens de découvrir qu’il existe une suite aux stagiaires : A durée déterminée… je crois que je vais prolonger le stage de cette auteure talentueuse !.

Sociologie

Astérisque en Germanie

Astérisque en Germanie

Même si j’ai eu un peu de mal à comprendre le titre de ce livre au début, Was ist das, le livre de chroniques de Pascale Hugues, publié aux Arènes cet été, m’a captivée.

was ist dasWas ist das? Chroniques d’une Française à Berlin

Pascale Hughes, éditions Les Arènes, 2017

240 pages – 18€

 

Sa couverture très contemporaine et son sujet : les chroniques d’une Française à Berlin ont attiré toute mon attention.

C’est typiquement le genre de livres que j’affectionne : mon dernier coup de cœur en la matière était le livre de Pamela Druckmann, Bébé made in France, publié par Flammarion. Cette journaliste américaine sondait le système éducatif français à travers Jean-Jacques Rousseau, Françoise Dolto….

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Je remercie le service presse des éditions des Arènes qui m’a gentiment adressé ce livre. Je suis avec attention leur ligne éditoriale très originale et contemporaine, un de mes précédents articles, chroniquait le roman historique Le secret d’Adèle de la journaliste Valérie Trierweiler.

Le résumé du livre :

A l’occasion des élections allemandes, Pascale Hughes, correspondante diplomatique depuis trente ans et écrivain, dresse une trentaine de chroniques sur ce qui nous sépare outre-Rhin : le rapport aux hommes politiques, le naturisme dans les lieux publics, l’écologie, les vieilles bombes qui explosent parfois dans les centres-villes totalement reconstruits après guerre…

Mon avis

Pascale Hughes a choisi le ton du flâneur anthropologue pour écrire ce livre beaucoup plus personnel qu’il n’y parait. Et c’est ce qu’il m’a vraiment plu.

A vrai dire, je ne connais que très mal la culture allemande, alors que cette nation est notre voisine au même titre que l’Allemagne ou l’Espagne. Mais j’aime les livres qui étudient les différences culturelles ainsi que les biographies politiques très récentes.

La politique européenne a une place de choix dans ce livre. On ressent toute l’expérience politique de l’auteur dans les premiers chapitres. Ce livre a été écrit dans un contexte électoral décisif pour Angela Merkel et Emmanuel Macron, à quelques mois d’intervalle.

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Le Tiergarten, un personnage important de ce livre de chroniques.

Ces chapitres politiques ne sont pas les plus simples à lire mais la plume de Pascale Hugues sait vous emmener en promenade. J’aime beaucoup le recul sur l’actualité immédiate que permet le livre : le chapitre sur le modèle allemand vanté par la presse et la classe politique française est savoureux.

Mais ce qui me passionne, ce sont ses chroniques plus sociologiques (comment vivent les gens au quotidien) : l’écologie, le naturisme et la sexualité, les souvenirs de l’ancienne RDA, le fait de porter des Birkenstock, comment se comporter dans les jardins publics…

L’auteure est une femme française qui interviewe des célébrités comme Christian Louboutin, Alice Schwarzer, une célèbre féministe allemande… Son livre est aussi léger quand elle oppose les macarons parisiens à la forêt-noire berlinoise, Mona Lisa à Nefertiti.

Pascale Hugues raconte les ambiances aux antipodes de deux jardins publics : le jardin du Luxembourg à Paris et le Tiergarten de Berlin, deux notions diamétralement opposées de l’ordre et de la nature.

Mais attention, bien que l’ illustration de couverture signée Roxy Lapassade soit très girly (marketing oblige), ce livre ce n’est pas du même niveau que Les pintades à  Paris. C’est un véritable essai de sociologie, qui retrace aussi la construction de l’Europe.

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Ces chroniques prennent alors tous leurs sens quand Pascale Hugues questionne l’Histoire avec ses souvenirs d’avant 1989, quand Berlin était divisée en deux, entre communisme et capitalisme. Plusieurs fois, j’ai reposé ce livre en me disant « Tiens c’est vrai, je n’avais jamais vu les choses sous cet angle « .

Je me suis demandée comment le peuple allemand est parvenu à se reconstruire psychologiquement après la dictature du 3eme Reich et l’occupation soviétique d’une partie du pays.

J’ai retrouvé la description du choc des cultures qui m’avait tellement plu dans le film Good bye Lénine, l’histoire de ce jeune homme Alex, qui cache à sa mère, militante communiste, la chute du mur de Berlin quand elle se réveille du coma.

Ma note : 4/ 5 sardines

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Je mets cette note pour le ton personnel de l’auteur très agréable à lire, le fait qu’on réfléchisse vraiment grâce à ce livre, on rit aussi et surtout on actionne la machine à remonter le temps dans une époque révolue : l’ Europe communiste.

Moi qui visite chaque été l’Europe de l’Est par mes attaches familiales, j’aurais pu mettre cinq sardines à ce livre s’il n’y avait pas eu quelques longueurs dans les premiers chapitres.

Cela me donne bien envie de lire la biographie d’Angela Merkel, publiée par les éditions Empreinte temps présent. Cette biographie a été écrite par un journaliste spécialisé Resing Volker. Il  a mené une enquête minutieuse pour retracer le parcours de cette fille de pasteur devenue physicienne dans la RDA, avant de devenir la première femme chancelière.

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On ressent dans ce livre de chroniques, une forme de sympathie collective pour cette chancelière qui en impose dans ces sommets du G7 majoritairement masculins. J’ai du mal à croire que les Allemands l’appellent vraiment Mutti.

Et si le vrai modèle allemand ce ne serait pas d’oser élire une femme à la tête d’une des principales puissances mondiales?

 

Bullet journal

Trois mois plus tard, le bullet journal et moi…

Cet été, j’ai regardé un tas de vidéos de tutoriels de bullet journal et je me suis lancée dans cette aventure éditoriale et artisanale.
Après avoir écrit un premier article, point de départ de plein de discussions très intéressantes avec chacun de vous qui lisez mes articles, j’ai voulu vous donner des nouvelles de cette expérience, trois mois plus tard.

Voici une vidéo très bien faite de la youtubeuse Lou Lacoste sur le matériel utile pour créer son propre bullet journal.

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Le carnet de voyage dans le bullet journal !

Le bujo, c’est une vraie activité de détente et de création pour moi. Dans le métro en revenant du travail, je rêvasse en réfléchissant à quelle nouvelle idée de page je vais bien pouvoir créer…

Mais il faut dire que je me suis totalement émancipée des cases routinières d’un agenda hebdomadaire (les fameuses weekly, daily et autres trackers un peu martiaux pour remplir des objectifs).

Le principe du bullet journal est de réunir des codes et des normes pour construire un mode d’organisation bien lisible pour les tâches de la vie quotidienne.

Moi, j’ai remarqué que les vraies techniciennes du bujo passent beaucoup plus de temps à tracer des traits à la règle pour faire des cases que mettre du contenu, car le contenu doit être le plus minimaliste possible.

Moi ce que j’aime, c’est un espace pour noter mes impressions sur les livres qui m’ont marquée dans le mois, coller plein de photos détourées glanées dans A nous Paris, faire mes carnets de voyages…

Je trouvais que c’était beaucoup de décoration et de calligraphie pour noter des tâches aussi routinières que sortir les poubelles ou étendre le linge.

J’aime chercher une idée de décoration pour ma grande illustration qui annonce le mois : un crayon pour la rentrée de septembre, un potiron en octobre, un coquelicot en souvenir du 11 novembre….

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Ensuite, je réalise un peu toujours les mêmes pages chaque mois : les moments marquants du mois avec les sorties sympas, mon étagère à livres dessinée avec un petit cactus sympa ou une grande pellicule de cinéma pour noter les films qui m’ont marquée….

J’aime beaucoup rechercher des petits dessins (doodles) sur Pinterest. J’ai découvert que je savais quand même dessiner pas trop mal et j’ai fait de grands efforts en calligraphie au fil du temps. J’ai même crée une bannière en free style tout à fait convenable.

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Si vous avez envie de commencer un bullet journal mais que vous retrouver face à une page blanche vous inquiète, je vous recommande les tutos Youtube de Bulle dop, Rose poudrée, Madame Patachou et Green life.

Si vous habitez Paris ou la région parisienne, profitez de la soirée de lancement du livre de Bulle dop à la librairie La mouette rieuse le 17 novembre prochain. Elle expliquera comment elle crée son bullet journal en partenariat avec les carnets Leuchtturm 2017 et les loisirs créatifs Toga France.

La semaine dernière, j’étais dans ma ville (Valence) et j’ai discuté avec deux chefs de rayon de la Papéthèque dans le centre ville. On en a convenu que les carnets Leuchtturm étaient vraiment top ainsi que les feutres Lyra pour le bujo.

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Romans

Tout un été avec les personnages de Mitch Albom

20170807_080934Cet été, j’étais à court de romans pour la plage alors je suis aller fouiner dans la case de mon mari dans notre bibliothèque.

J’y ai trouvé les romans de l’auteur américain Mitch Albom qui m’ont fait rire, sourire, presque pleurer tant ils étaient passionnants.

Ces romans et leurs personnages furent de fidèles accompagnateurs pendant les longs trajets en voiture ou les heures d’attente dans les aéroports cet été.

J’ai commencé ma lecture avec Pour un jour de plus, un roman qui m’a passionnée pendant les dix heures de route d’un long trajet Paris- Valence en voiture le 14 juillet.

Pour un jour de plus

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Le résumé :

C’est l’histoire de Charley, un ancien joueur de base-ball alcoolique. Il retourne dans la ville de son enfance pour en finir avec la vie. A la suite d’un accident de voiture, un événement surnaturel lui permet de gagner quelques jours perdus avec sa mère disparue. Il va alors actionner la machine à remonter le temps pour redonner du sens à sa vie, grâce à toutes les leçons de vie que sa mère lui a inculqué pendant sa jeunesse.

Mon avis :

J’ai beaucoup aimé la structure de ce livre avec l’alternance de chapitres : les fois où ma mère m’a défendu, les fois où je n’ai pas défendu ma mère…. Mitch Albom raconte les discriminations morales vécues par une mère divorcée dans les années 1950 et 1960.

Ainsi, le narrateur fait l’éloge funèbre de sa mère, son héros, à sa manière. C’est un thème littéraire rare et original, cela m’a rappelé le sujet du livre La couleur des sentiments dans l’Amérique glorieuse et florissante de l’après-guerre.

 

La dernière leçon

510uWqpXr-L._SX210_Ce livre a été difficile à lire car il traite de la déchéance physique, la perte de la dignité, l’indépendance et tout ce que vole la maladie à quelqu’un qui meurt à petit feu.

Mitch Albom retrouve Morrie, son ancien professeur d’université qui participe à une émission de télévision un peu sensationnelle pour toucher le cœur des gens.

Sous forme d’entretiens sur le sens de la vie, Morrie va transmettre à Mitch le goût de vivre.

Lui, le petit immigré juif, orphelin de mère pendant la Grande dépression, qui a tant manqué d’amour pendant son enfance va en offrir à grands bouillons aux inconnus qui lui écrivent des lettres après l’émission de télévision qui se déroule chez lui. C’est un très beau livre sur la préciosité de l’amour.

Après Morrie, son ancien professeur d’université, Mitch Albom retrouve un autre mentor de sa vie : Albert , le vieux rabbin qui s’occupait de son éducation religieuse quand il était enfant dans le roman autobiographique Le vieil homme qui m’a appris la vie. 

Le vieil homme qui m’a appris la vie

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Ce roman m’a particulièrement touché car il croise les trajectoires de deux hommes de foi  :  Al, le rabbin et Henry, l’ancien caïd new-yorkais devenu pasteur à Détroit durant la dramatique crise des subprimes de 2008.

Mitch retrouve le rabbin qui lui fait une demande déroutante : passer du temps ensemble pour écrire un jour son éloge funèbre.

Al lui raconte son enfance durant la Grande dépression, le deuil d’une de ses filles, ses expériences avec Dieu…

C’est un magnifique livre sur la foi qui m’a vraiment marquée.

Et enfin mon été s’est achevé avec un livre unique, déroutant mais tellement talentueux :

La guitare magique de Frankie Presto

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C’est un gros pavé qui vous tient en haleine pendant toute une semaine. Mitch Albom a imaginé une fiction fantastique qui débute dans les heures sombres de l’Espagne franquiste.

Le narrateur est la musique, elle s’est penchée comme une fée sur le berceau de Francisco pour lui donner un don unique. Francisco sera un guitariste de génie, ce don lui sauvera la vie à de multiples reprises.

Il aura une vie hors norme en gagnant très jeune l’Amérique pour collaborer avec les  plus grands artistes des années 1950 et 1960. Ce livre montre le grand talent de Mitch Albom et sa maîtrise des flash-backs qui ne perdent jamais en route ses lecteurs.

 

Les chapitres s’alternent entre récit biographique et courte interview de musiciens qui ont voulu rendre hommage à Frankie lors de ses funérailles.

Ainsi Mitch Albom réunit dans ce livre plusieurs caractéristiques qui reflètent son oeuvre littéraire :

–  le recours aux souvenirs du passé pour se construire en tant qu’individu

–  l’hommage aux mentors lors d’un éloge funèbre

–  le thème incontournable de la transmission du savoir, des valeurs par un professeur de guitare, un professeur d’université, un vieux  rabbin, une maman divorcée…

Désormais, je coche les romans de Mitch Albom que j’ai déja lu, je me dresse une liste des livres qu’il me manque et je scrute le site web de son éditeur français s’il publie un nouveau roman.

Alors à vous de vous laisser séduire par son écriture…

 

Romans

Thérapie de groupe

Grâce à la lecture d’un blog littéraire vraiment génial : My pretty books, j’ai découvert une trilogie écrite par une auteure que j’affectionne de longue date.

C’est simple, j’ai dévoré les trois livres en une semaine, cette série m’a fait arriver deux heures avant dans une salle d’attente pour lire tranquille mon livre, et j’ai fait le tour des librairies du quartier tout une après-midi car je voulais absolument lire la fin de cette trilogie attendrissante.

Sauveur et fils, saisons 1, 2 et 3, Marie Aude Murail

Collection Medium, Ecole des loisirs

de 12 à 16 ans

300 pages- 17€

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En moins d’un an, Marie-Aude Murail nous régale avec trois épisodes de Sauveur et fils où patients adolescents et leurs parents se succèdent au cabinet à domicile du psychologue Sauveur Saint-Yves à Orléans. Une fresque de portraits où s’entrechoquent fatalement vie privée, confidentialité thérapeutique et questions de société.

marie aude murailMarie-Aude Murail est une auteure emblématique de la littérature jeunesse depuis 30 ans. Elle aime écrire des histoires de fratries comme Oh boy ! ou Simple, des romans qui s’adressent aussi bien aux adolescents qu’aux adultes.

Chacun de ses livres reçoit régulièrement des prix de littérature. Sauveur et fils, saison 1 n’échappe pas à la règle car il a reçu le prix Pépite décerné en 2016 par France Télévisions au dernier salon du livre jeunesse de Montreuil.

Marie-Aude Murail a mis un peu d’elle-même dans cette fiction qui se déroule à Orléans où elle vit et elle s’est rappelée de ses souvenirs d’une année passée aux Antilles dans sa jeunesse, pour construire le personnage de Sauveur.

Ce grand et bel homme de la Martinique suscite la curiosité des mamans à la sortie de l’école (l’une d’elles, Louise, va même tomber amoureuse de lui) quand il vient chercher son fils Lazare, 8 ans. Sauveur Saint-Yves est veuf. Lazare est un petit garçon métis dans une ville française de taille moyenne : Orléans.

Le multiculturalisme est présent à l’école (la saison 2 voit l’arrivée d’une petite fille chrétienne d’Irak) ou au cabinet de Sauveur mais on note un décalage sociétal avec la capitale Paris : la parole raciste des parents assumée par réflexe xénophobe, la honte et la résignation des parents à envoyer leur enfant consulter…

« – Il m’a demandé si je voulais garder son petit et, comme j’ai rien contre les Noirs, j’ai dit oui, ajouta Nicole, pensant édifier Louise avec ses bons sentiments. Je sais pas si c’est dans votre goût, les mélanges de race, mais je trouve que le petit Lazare est pas vilain de figure. Quand ils ne sont pas TROP noirs, ça va.
Louise écoutait, tétanisée par cet étalage de racisme et de bonne conscience. 
– Ce qui est dommage, c’est ce nom, poursuivit la nounou.
– Ce nom ?
– Mais « Lazare » ! Faut dire aussi que le père s’appelle Sauveur. Mon mari, il avait connu un nègre qui s’appelait Fêtnat parce qu’il était né le jour de la fête nationale ! Enfin, ça me gêne pas, moi. Ils font ce qu’ils veulent. Du moment qu’ils restent chez eux. Mais là, à Orléans, il y en a trop. On n’est plus chez nous. Je dis pas ça pour le docteur Sauveur, il paye ce qu’il doit, il est propre, y a pas de souci. Des Noirs, y en a des biens.  »

Un extrait de Sauveur et fils, tome 1

Le racisme, la filiation, la famille recomposée et le divorce, l’identité, le cyber-harcèlement ou les questionnements sur le genre à la puberté sont autant de thématiques abordées par Marie-Aude Murail.

Les trois romans suivent la même structure : chaque chapitre décrit une séance thérapeutique de Sauveur avec un patient. On suit l’évolution de la thérapie avec ses avancées et ses échecs. Notre humanité nous pousse à nous réjouir pour l’un des personnages qui se trouve libéré d’un secret de famille ou quand l’un des adolescents retrouve son père qu’il n’ avait jamais rencontré à cause de l’emprise de sa mère toxique.

 

A cette fresque de rencontres s’entrechoque l’histoire personnelle de Sauveur Saint Yves et son fils. La première saison parle du tiraillement identitaire dû à la couleur de peau et au métissage. Sauveur adopte un premier hamster à son fils pour qu’il se sente moins seul le soir quand il se laisse submerger par la fréquence de ses consultations.

Lazare le nomme Bounty (noir à l’extérieur, blanc à l’intérieur) comme le surnom difficile à porter pour Sauveur quand il était enfant en Martinique. Cela incitera le père à révéler à son fils les circonstances dramatiques qu’ils ont vécu quand Lazare était tout bébé.

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La seconde saison s’attache à montrer les défis de chacun pour s’intégrer dans une famille recomposée. Deux sœurs Margaux et Blandine sont des personnages récurrents des trois saisons. L’une se scarifie, l’autre est hyperactive car elle a peur pour sa sœur aînée. Leur histoire est particulièrement touchante car Marie-Aude Murail a su retranscrire la douleur d’enfants de divorcés face à leurs parents plus occupés à se renvoyer leur rancœur à la figure que de montrer de l’amour à leurs filles adolescentes.

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La troisième saison développe le thème de la relation au père, une thématique importante et peu développée dans les deux premières saisons : la plupart des adolescents qui viennent en thérapie sont accompagnés par leurs mamans qui cherchent des solutions pour que leurs enfants aillent mieux. Le père est soit réfractaire à l’idée d’une thérapie ou totalement absent de l’histoire.

Lecture et autres challenges passionnants·Lifestyle

1er Swap : expérience formidable

106650917Samedi dernier, le soleil était de retour pour donner le coup de départ à l’automne, j’ai retrouvé deux amoureuses des livres comme moi dans une librairie-café très sympathique : la librairie des Orgues au métro Crimée.

Grâce à mon travail de libraire, j’ai rencontré ces deux chouettes filles : Erika est l’éditrice des éditions MLK et Eloïse, l’auteur de la saga Les chroniques d’Amy, un premier roman talentueux. J’ai chroniqué le premier tome L’enceinte ici.

C’est Erika qui a eu la bonne idée d’organiser ce SWAP qui a réunit une dizaine d’amatrices de lecture. Son Swap de rentrée consistait à réunir dans un colis : un livre, une surprise de la rentrée, quelques marques-pages, une carte de correspondance, des gourmandises …

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Ce que j’ai voulu offrir à Éloïse !

Pour ce swap de rentrée, j’ai voulu partager mon coup de coeur : un roman graphique Rendez vous dans la forêt d’ Alain Auderset, j’ai acheté des masking tape et des magnets Snoopy pour le thème BD et la surprise de la rentrée, quelques sachets de thé Kusmi, une barre de chocolat belge Galler et quelques marques-pages…

Il y a deux mois, je ne connaissais même pas le phénomène, que j’ai déchiffré peu à peu grâce aux vidéos de booktubeuses comme Bulle Dop, Margaud liseuse, Lily bouquine… mais j’ai vraiment adoré le jeu.

Il s’appuie sur un principe tout simple mais qui fait toujours autant plaisir aux adultes comme aux enfants : dénicher des petites surprises pour épater quelqu’un.

C’était vraiment un moment génial de s’échanger les cadeaux en face to face car les frais de port grimpent vite. Je connaissais peu Éloïse et le fait qu’elle soit emballée par son livre m’a vraiment récompensée.

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Tous les petits cadeaux que j’ai reçu !

D’ailleurs, moi aussi, j’ai été vraiment ravie par son choix de livre que je ne vais pas tarder à commencer : Entretenez la flamme de Danny Silk, éditions Première partie.

Avec le livre,  j’ai reçu une bougie verte, un marque-page trop génial qui va devenir la mascotte de mon blog à coup sûr, du thé, de la pâte à tartiner qui vient de la Drôme comme moi, un petit carnet avec une illustration que j’adore, un stylo de poche avec des minis cactus dessus, un superbe mug et une cuillère à thé trop pratique.

Bref, c’était un super moment tout simple à préparer après avoir lu et répondu à un questionnaire succinct : mon adresse postale, mes goûts en termes de lecture, si j’ai des allergies alimentaires, mes couleurs préférées…

J’étais un peu dubitative de regarder des échanges de colis sur Youtube, ça n’a aucun intérêt de tenir la chandelle devant son ordinateur tandis que des petites veinardes  arrachent du papier cadeau… mais quand on le prépare pour une copine avec soin, sans se ruiner, c’est génial les swaps !

 

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Romans

L’enceinte, une explosion d’amour en milieu hostile.

Cet été, j’ai chroniqué des romans pour la plage autour de la sortie nationale du film La Cabane, adaptation cinéma du best-seller de Paul Young et j’ai découvert de nouveaux auteurs dont Eloïse Auvray !

Je vous raconte comment le temps d’un roman, je me suis essayée à la lecture d’un roman young adult : j’ai bien aimé !

L-enceinte

L’enceinte, tome 1 des aventures d’Amy

Eloïse Auvray, éditions MLK

2016-478 pages -18€90

9791096757015

Dès sa couverture, cet imposant roman intrigue. Cette jeune fille de dos c’est Amy, encore trop jeune pour être une adulte mais déjà trop marquée par les épreuves pour rester une enfant. Elle vit comme d’autres filles de son âge dans l’enceinte, une unité militaire froide et autoritaire dans laquelle les coups et les humiliations verbales sont légions.

 

C’est une communauté élitiste qui ne fait pas de cadeau aux plus faibles, les jeunes filles blindent leurs cœurs, font la guerre à leurs propres émotions, se méfient de leurs amies car l’entraide et la solidarité sont bannies dans l’enceinte. Et pourtant…même dans les endroits les plus sombres, dénués d’amour et dominés par la violence, Dieu règne.

Ce premier roman, édité par les éditions MLK (un des domaines d’activité de l’église MLK de Créteil) emploie les codes de la littérature young adult :  un roman d’apprentissage ponctué d’examens dans un pensionnat militaire où les jeunes adolescentes construisent leur identité. Eloïse Aufray aborde les thématiques de l’amitié, les relations sentimentales naissantes, le respect de l’autorité des adultes dans une société futuriste.

Elle a su tirer profit d’un procédé littéraire très efficace : démontrer que même dans les environnements les plus hostiles, on ne peut bannir l’amour. L’enceinte est l’exact opposé d’un feel good book, pourtant il porte le même objectif : redonner le sourire aux lecteurs face aux épreuves.

Ce roman s’adresse aux adolescents à partir de 13 ans mais aussi à un public adulte. Si vous avez passé comme moi l’âge des chicaneries de collégiennes, certains dialogues entre Amy et ses copines vous paraîtront superficiels.

Mais ce roman mérite de passer outre ce petit travers,  car il porte un message fort et authentique : il met en lumière les faiblesses et les absurdités de la loi moche et méchante pour faire éclore la grâce et la liberté qui permettent d’entretenir des relations constructives avec les autres.

Eloïse Auvray a su rompre avec les codes classiques de la narration puisque son roman débute sur des chapeaux de roues , elle ne laisse pas le lecteur faire connaissance avec Amy, dès les premières pages, le ton est donné : son destin est tout tracé : on l’entraîne avec dureté pour qu’elle serve toute sa vie dans l’une des unités opérationnelles de l’enceinte.

Ainsi, on rencontre une jeune fille seule au monde car toutes ses attaches familiales lui ont été arrachées lors d’un événement traumatisant dont elle ne se souvient que par des bribes.

Elle est sans cesse sur le qui-vive, accordant une confiance toute relative à ses proches, rendant coup pour coup quand on l’attaque. Puis une fameuse nuit initiatique va bousculer son état d’esprit.

Amy se rendra compte par la suite que nous avons tous besoin les uns des autres. Les règles inflexibles et rigides de l’enceinte sont peu de choses face à l’amour, l’amitié, la volonté de prendre soin, venir en aide à ceux qui nous entourent.

Les aventures d’ Amy se poursuivront dans trois prochains épisodes : quel sera l’heureux grain de sable (ou le grain de moutarde cité dans l’Évangile de Matthieu) qui viendra enrayer le fonctionnement de cette enceinte qui l’ embrigade?.

Les éditions MLK encouragent le talent des nouveaux auteurs. Si vous avez une jolie plume et des idées à coucher sur le papier, inscrivez vous au concours de nouvelles sur le thème de la féminité !

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