Bullet journal

Plus de six mois plus tard, l’expérience bullet journal continue

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A l’occasion de mes trente ans, je me suis lancée dans l’expérience du bullet journal. Cela me démangeait comme une piqûre de moustique pendant l’été, j’ai filé au BHV m’acheter un carnet Leuchtturm 1917 car Sennelier situé à côté de mon travail n’en avait pas et je m’y suis mise…

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Plus de six mois plus tard, mon carnet n’est définitivement pas un bullet journal et je vais t’expliquer pourquoi…

Un bullet journal c’est un carnet où tu compiles toutes tes informations primordiales, où tu passes beaucoup de temps avec une règle à tracer des cases et écrire des dates… Et ça m’énerve beaucoup, les agendas sont tellement plus pratiques…. Alors, moi j’ai vraiment personnalisé mon carnet.

J’ai rapidement mis à la trappe tous les trackers, les monthlys et les dailys pour ne retenir que le meilleur du bullet journal : les petits doodles pour illustrer mes meilleures sorties à Paris, l’étagère de livres dessinée pour faire le point sur les livres que j’ai lu ce mois ci, calligraphier mes titres avec mes feutres pinceaux…

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Alors si tu as envie de te lancer dans cette aventure bullet journal mais que tu as peur de te retrouver devant une page blanche ou que tu ne sais pas par où commencer, voici quelques conseils.

Tout d’abord le matériel :

Le carnet

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Leuchtturm ou Moleskine?

J’ai les deux mais la qualité du papier du Leuchtturm est supérieure quand on veut dessiner au feutre et leurs couvertures colorées sont beaucoup plus joyeuses mais j’aime bien aussi choisir un carnet sans lignes et rigide à la boutique Moleskine de la gare Saint Lazare.

Ensuite le grand débat : pages toutes blanches, à lignes ou à pointillés?

Toutes les afficionadas du bullet journal sont catégoriques : il faut des pointillés pour pouvoir tracer ses cases mais ce n’est pas du tout pratique pour écrire ses avis sur des livres, des films, des musées que j’ai bien aimé alors je privilégie les lignes. Je reconnais que quand j’ai reçu Mon bullet avec Bulle dop, édité par Flammarion jeunesse, je me suis bien amusée avec le carnet à points offert avec le livre mais c’est vite très fastidieux.

Les feutres

Il faut que ça soit des feutres pinceaux, pas forcément aquarellables, si tu n’es pas une passionnée de calligraphie anglaise comme moi.

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Lyra ou Tombow ?

Toutes les booktubeuses qui parlent de bullet journal ne jurent que par les Tombow. Des coloris fantastiques, ils sont aquarellables… mais ils coûtent une blinde !!! Moi, je suis fan des Lyra, deux fois moins chers à l’unité mais ils sont de grande qualité. Le seul bémol est qu’il y a beaucoup moins de coloris que les Tombow. Je te recommande aussi les stylos à pointes fines d’Hema et aussi les Stabilos de Monoprix en feutres et en pointes fines. Lyra et Stabilo, deux valeurs sûres…

Les masking tape et autres stickers décoratifs.

Je suis obnubilée par les masking tape, ils m’attirent comme des aimants. Des fois, je craque et je claque 3€50 au BHV ou à la papeterie de la rue de Belleville,à la station Pyrénées. Mais l’essentiel de ma collection vient d’Action où j’en trouve des géniaux pour 1€ les 3.
Sinon, j’aime beaucoup les stickers décoratifs d’Hema, la meilleure adresse de papeterie à petit prix.

Le contenu des doubles pages

J’ai joué le jeu pour un court temps des monthlys log et autres trackers quand j’ai testé le livre de Bulle dop de conseils bullet journal mais je m’en sers pas et c’est vraiment trop chronophage…

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Alors je me concentre sur trois double pages auxquelles je me tiens fidèlement.

Chaque mois est illustré par un petit dessin : un crayon pour septembre, un potiron en octobre, un coquelicot rouge pour novembre, des montagnes enneigées en janvier, des martiens de Toy story pour mars, des poissons d’avril, un brin de muguet en mai…

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Ensuite, sur cette double page du mois, j’écris toutes les sorties sympas que j’ai fait dans le mois comme un journal de souvenirs. J’y colle des illustrations que je trouve dans un journal gratuit lifestyle que j’aime beaucoup lire le lundi matin avant d’aller travailler : A nous Paris

Ma deuxième double page est consacrée à l’étagère dessinée de livres lus dans le mois que j’adore remplir, une pellicule cinéma avec les films que j’ai vu, les séries Netflix en cours et aussi les expos que j’aimerai voir, les bonnes adresses que j’aimerai découvrir…

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Enfin, la troisième double page est consacrée aux statistiques de mon blog et Instagram. C’est la double page la plus importante de mon carnet et elle me sert beaucoup. J’y définis mes idées d’articles, mon calendrier éditorial mais j’aimerai vraiment la rendre plus lisible et pratique pour développer mon blog. Work in progress…

Ce que j’aime le plus faire, ce sont les carnets de voyage : Budapest, la Bulgarie, l’Italie, Marseille, qui me servent alors de matière première pour un article de blog…

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Il y a d’autres pages que j’aimerai bien créer aussi mais ce qui est compliqué avec le bullet journal, c’est de se tenir à une habitude, j’aime pas trop passer du temps à créer une page si je ne m’en sers pas…

En ce moment, mon réel défi est de trouver une application pour me créer une PAL facile d’accès et d’utilisation. J’ai téléchargé Collibris mais ce n’est pas le top pour noter facilement dans quelle bibliothèque de la Ville de Paris je peux trouver mes livres facilement.

J’ai un petit carnet mais j’aime beaucoup voir les couvertures des livres et ce n’est pas le plus pratique. Si tu as une application top pour les PAL, je suis preneuse…

Je te laisse avec une vidéo de Bulle Dop qui m’a bien aidée quand j’ai démarré le bullet journal.

BD & romans graphiques

Jamais, la lutte contre l’érosion des souvenirs

Sa couverture est d’une grande beauté, son titre est très efficace. Je savais que je lirai rapidement cet album de BD Jamais après avoir vu un bandeau publicitaire dans Livres-Hebdo en janvier.

Et bien, j’ai été la toute première à l’emprunter à la nouvelle bibliothèque Assia Djebar dans le 20eme arrondissement. Bravo les bibliothèques de la Ville de Paris, encore bien joué !

J’ai lu l’avis de Fiona du blog My pretty books et j’ai eu à peu près les mêmes impressions qu’elle alors je vous les partage.

Jamais

Benoît Duhamel

Grand angle, Bamboo

60 pages en couleurs, 24 x 32 cm

15€90

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Le résumé : 

Troumesnil, une petite ville fictive de pêcheurs sur la Côte d’albâtre entre Fécamp et Dieppe avec son marché aux poissons, son café, ses falaises. Une vieille dame, Madeleine, 95 ans, aveugle de naissance, s’engage dans un bras de fer avec la mairie de son village, en dépit du bon sens.

Elle veut rester coûte que coûte dans sa maison, celle qu’elle a construit avec son mari Jules, un pécheur disparu en mer. L’érosion menace sa maison d’un éboulement imminent à cause de la canicule mais Madeleine s’en moque, elle s’accroche à ses souvenirs et à son chat Balthazar.

C’est une fable humoristique sur l’écologie qui fait la part belle aux paysages de la campagne du pays de Caux, le coin d’où vient le dessinateur et scénariste de cette BD, Benoît Duhamel.

Mon avis :

C’est un agréable moment de lecture mais ce n’est pas une histoire inoubliable. Le personnage de Madeleine est traité de manière trop caricaturale selon moi pour que je m’y attache. Pourtant, le dessinateur a été adroit pour raconter ses souvenirs avec des flash-backs subtils.

Mais l’aspect irréductible gauloise qui résiste à l’envahisseur prend trop le dessus. Dès les premières planches au marché aux poissons, les références à Astérix, l’oeuvre BD de Goscinny et Uderzo sont assumées.

Et j’ai bien aimé cela,  mais le scénario manque vraiment de profondeur, le seul suspense est le suivant : la falaise va t’ elle oui ou non s’ effondrer et emporter Madeleine et son chat avec elle?

J’ai aussi bien apprécié le rôle du pompier noir Ouedraogo qui joue le rôle de médiateur mais c’est vraiment un rôle secondaire, pas assez développé dans l’histoire à mon  goût.

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La vraie richesse de cet album, c’est le dessin de l’élément naturel. On s’y croit et moi je connais ces endroits. Cela m’a ramenée à Criel sur mer et ses plages de galets, les maisons condamnées par la mairie en bord de falaise, je les connais bien. Ou alors les valleuses près de Fécamp et leurs escaliers impressionnants.

Ce ne sont pas les coins les plus touristiques, même en été, vous n’y croisez pas foule mais vraiment ça vaut le détour, ce sont des paysages de cartes postales.

J’ai eu la bonne surprise de retrouver la pataugeoire de la plage de Criel sur mer, photographiée par Raymond Depardon dans un magnifique recueil de photographies en couleurs. Il a photographié la France périphérique, celle qui ne se trouve pas dans les grands axes mais en bordure, qui nécessite un détour….

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Extrait du catalogue d’exposition La France de Raymond Depardon, BNF.

Ma note : 3/ 5 sardines

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Je donne à cet album BD la note de trois sardines car je trouve que le dessin tellement expressif de la nature en bord de mer compense les faiblesses de scénario. C’est jovial, on se retrouve à la campagne se prendre une bouffée d’air frais.

J’ai beaucoup aimé le making-off d’une dizaine de pages à la fin de l’album, il montre les esquisses préparatoires du dessinateur pour le chat Balthazar, la couverture du livre… Au début, dans les pages de garde, vous pouvez scanner une vidéo de musique électronique autour de l’album. La BD attire les autres disciplines…

Si vous aimez les grandes étendues naturelles en bord de mer ou en pleine nature, je vous recommande l’exposition prochaine de mon ami Peter Morris. Il exposera du 25 au 28 mai aux Ateliers d’artistes de Belleville, dans le temple protestant, 97 rue Julien Lacroix, Paris 20eme de 14 heures à 20 heures.

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Littérature jeunesse

Marie -Aude Murail, ma référence dans le domaine de la littérature young adult en France

Au dernier salon du livre de Paris, j’ai assisté à une conférence vraiment géniale : Marie-Aude Murail répondait pendant plus d’une heure aux questions de ses lecteurs les plus fidèles.

Quand je suis en panne de bons romans (je suis très très difficile en termes de littérature), je vais piocher dans sa bibliographie et je ne suis jamais déçue.

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Je crois que c’est même le roman de Marie-Aude Murail qui m’a vraiment le plus touchée par son talent à comprendre la profondeur complexe, toutes les nuances des sentiments humains :

Papa et maman sont sur un bateau

Marie-Aude Murail

Collection Medium, L’Ecole des loisirs

2009 – 294 pages

11,20€

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Ce livre, je l’ai repéré sur les étagères de la bibliothèque Sorbier, près de Gambetta, c’est ma réserve de bons romans en grand format.

J’aime beaucoup leur travail de lecture publique très actuelle avec leurs animations sur leur page Facebook avec leur mascotte Mamy geek : ils organisent des clubs de lecture, de crochet, font appel à des auteurs, des booktubeuses comme Audrey du Souffle des mots, bref ils sont vraiment à la page de la lecture 2.0.

Revenons à mon coup de cœur lecture d’avril.

Au premier abord, j’ai trouvé le titre un peu nul, surtout pas très efficace mais la 4eme de couverture m’a convaincue : j’aime les histoires de familles ordinaires, les problèmes existentiels des adolescents autour du thème de l’identité… Bingo !

Ce roman annonce une trilogie que j’ai dévoré en moins de trois semaines : Sauveur et fils, publiée sept ans plus tard. Moi aussi, j’en viens à me poser des questions existentielles grâce à Marie-Aude Murail.

Pourquoi est-ce que je n’aime que les romans ultra réalistes? Pourquoi il m’est carrément impossible de lire de la littérature fantastique, imaginaire?.

Je pense avoir un premier élément de réponse : j’aime comprendre comment fonctionnent affectivement les gens, ça me passionne. C’est pour cette raison que j’ai suivi un cursus d’anthropologie sociale et culturelle de l’Europe, que je suis profondément citadine, j’aime voir vivre les gens, les étudier.

Le résumé :

C’est le récit d’une vie de famille en province. La vie professionnelle empiète beaucoup sur la vie familiale chez les Doinel car c’est le travail qui tire les cordons de la bourse et ça les intraitables managers hollandais le savent bien.

Marc Doinel est chef d’entreprise d’une petite société de transport qui emploie des bras cassés, des éclopés de la vie qui essayent de maintenir leur barque pour ne pas partir à la dérive… Doinel est leur capitaine dans cette tempête : le plan social qui broie les compétences sur son passage, qui souffle comme un ouragan sur leur fragile équilibre basé sur la main tendue, l’entraide.

Nadine, sa femme, est institutrice de petite section de maternelle. Flanquée de sa vassale, Rolande qui officie comme Atsem, elle mobilise ses nombreuses années de métier pour capter l’attention des tout-petits avec ses comptines éducatives mais se retrouve bien démunie face aux situations difficiles de ses petits élèves à l’image du petit Jules, élevé par une maman célibataire.

Ils ont deux enfants : une fille et un garçon, Charlie et Esteban qui ne voient pas beaucoup leurs parents réunis le soir. Cela ne les empêche pas de développer leur propre personnalité : ils parviendront à se construire affectivement et intellectuellement face aux questions de genre et le fléau du harcèlement scolaire, les grands défis de bon nombre de cours de récréation aujourd’hui…

Mon avis : 

J’ai vraiment adoré ce roman. Il m’a tenu en haleine toute une semaine. J’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire au début car la structure familiale n’était pas simple à cerner, et c’était volontaire de la part de l’auteur.
On assiste à un dialogue entre les deux parents seulement à la page 80, c’est dire ! . Mais ensuite, on s’attache énormément au personnage de Marc Doinel, son pouvoir de séduction mais aussi ses doutes personnels, comment va – t il arriver à mener son équipe sans les trahir?.

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Les scènes quotidiennes dans la classe maternelle sont aussi finement étudiées, elles révèlent mille et uns petits détails sur les relations humaines. Par ailleurs, Marie- Aude Murail est une fine observatrice de la vie adolescente au collège à travers la relation naissante entre Aubin et Charlie.

Ce livre parle du couple, du monde de l’entreprise. Il critique un mode de vie absurde, un système qui aliène les gens parce qu’ils ont un crédit sur le dos, des factures à payer….

C’est un rêve secret qui unit cette famille sans se le dire vraiment : un court article dans Psychologies magazine qui ouvre l’horizon sur la possibilité de vivre dans une yourte mongole, en retrait….

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C’est une chronique de la vie ordinaire menée tambour battant, avec des choix à faire et de multiples rebondissements.

Ma note :

6/5 sardines

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A situation absurde, je mets une note absurde. Marie-Aude Murail donne tout son sens à la littérature young adult qui occupe le devant de la scène de la librairie mondiale actuellement.

Ses romans s’adressent aux jeunes à partir de 16 ans comme aux adultes pour leur donner des occasions de se questionner sur le sens à donner à sa vie, quelle place donner au travail et comment s’en libérer pour ne pas passer à coté des choses importantes.

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Sociologie

Marée humaine à la plage, un véritable théâtre social

Le week-end dernier, nous étions à Marseille (ma ville de cœur) goûter aux joies du farniente le long de la corniche Kennedy car la plage des Catalans m’appelait de sa douce voix de sirène… (c’est mon endroit favori à Marseille…).

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Les bains militaires de l’anse de Malmousque

Je vous recommande le voyage avec le bus 83 depuis le rond-point du Prado, c’est vraiment formidable…

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Moi, j’aime beaucoup les productions des artistes marseillais autour de l’identité de leur ville. J’avais découvert une fois précédente les superbes stickers de Sardo Marsiho qui a eu la grande gentillesse de m’en envoyer quelques exemplaires. On se reconnaît entre sardines !

J’étais donc à la recherche d’autres objets dérivés de sardines, et là j’ai eu un vrai coup de cœur pour les baigneuses de Cécile Colombo au magasin Les toiles du large dans les arcades de la cathédrale de la Major, non loin du MUCEM.

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Copyright Cécile Colombo

Elles s’appellent Martine, Mireille, Yvonne, Nicole ou encore Margot comme la grand-mère marseillaise de l’artiste.

Elles portent des maillots de bain une pièce aux imprimés très graphiques, on dirait qu’elles sont en tenue de soirée avec leurs colliers et leurs chapeaux. Elles sont toujours coquettes car la plage est un théâtre social même quand on est bien en chair et qu’on a dépassé la cinquantaine.

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Ce sont les Marseillaises de l’enfance de l’artiste. Au début, elles ont inspiré des illustrations de recettes de cuisine éditées par Équinoxe, puis Cécile Colombo a décidé de les amener à la plage pour décorer des toiles mais aussi des assiettes de céramique et surtout des sacs en toile de voile en partenariat avec la boutique Les toiles du large.

A la plage, toutes les inégalités sociales disparaissent, on vient tous pour la même chose : se délecter des plaisirs du bain pourtant on met en scène son corps, son bronzage, son allure… C’est ce que j’ai retenu de mes études d’anthropologie sociale et culturelle de l’Europe avec les conservateurs du MUCEM.

Ces baigneuses m’ont beaucoup plu car elles sont les témoins d’une époque révolue ou non, d’une certaine classe populaire, celle que l’on ne remarque pas. On ne se retourne pas sur leur passage comme devant des petites jeunes en bikini mais elles sont tellement attachantes dans leur simplicité et leur sophistication recherchée. Cécile Colombo a peint une autre beauté.

Pascal Rabaté a un peu la même démarche dans le domaine de la BD puisqu’il aime chroniquer la vie des gens ordinaires dans ses albums : Les petits ruisseaux, La Marie en plastique ou encore Vive la marée. Il est aussi réalisateur de films et adapte au cinéma ses BD: Vive la marée est le scénario du film Ni à vendre ni à louer.

Vive la marée

Pascal Rabaté

Futuropolis, 2015

120 pages

20€

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C’est un album atypique sans personnages principaux. Pascal Rabaté raconte une saison estivale au bord du littoral atlantique à travers une galerie de portraits : des estivants d’un jour ou des vacanciers annuels, des locaux …

Le rythme est soutenu, il suit celui des voitures sur l’autoroute ou du train remplit de valises et de bouées…

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On suit les personnages le temps d’une anecdote très brève au fur et à mesure que le soleil tourne sur la plage ou que la marée monte. C’est la prouesse technique et narrative de cet album : on sent que l’élément naturel reprend sa place sur le théâtre social qui se joue à la plage.

Les citadins reviennent à l’état sauvage à l’image de l’enfant ou du père de famille qui cherche un crabe sous les rochers…

C’est un album très réussi à l’image de sa couverture un peu étrange qui remet bien en place toutes les stratégies humaines pour mettre son corps en valeur sur la plage : tous égaux face à l’inertie des corps sous l’eau !

En attendant l’été, je vous recommande d’autres lectures qui théorisent la plage comme les essais de Jean-Didier Urbain et de Jean-Claude Kauffmann ainsi que la BD Saison morte.

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Moi, je retourne rêver que je suis au bord de la plage des Catalans…

Lecture et autres challenges passionnants

Retour sur l’expérience Kube, la box littéraire sur-mesure made in Montrouge

Vendredi dernier, j’ai rendu une visite de courtoisie à une équipe de choc avec qui je collabore depuis janvier 2017 : la Kube, la box littéraire sur-mesure.

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Autour d’un bon thé qui fait partie intégrante de la box, on a discuté romans et swaps. Ils lancent bientôt une box spéciale Fête des mères en édition limitée ainsi qu’ une super Kube pour donner envie de lire aux enfants.

Je fais partie de leur groupe de réflexion pour la concevoir et c’est vraiment génial de répondre aux courts questionnaires chaque semaine…

Je me suis dis que c’était l’occasion de faire le point sur mon expérience Kube en quelques lignes tant les recommandations aux lecteurs m’apportent considération et satisfaction.

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C’est assez plaisant de recevoir dans sa boite email, un message de remerciements d’une lectrice qui a découvert les romans d’Annie Ernaux grâce à mes conseils. J’ai déjà reçu trois cartes de correspondances de lectrices et c’était vraiment une belle surprise à chaque fois.

En l’espace d’un peu plus d’un an, j’ai recommandé plus de 300 livres à des Kubers de la France entière (le plus souvent ceux de zone péri-urbaines avec peu de librairies dans leur coin), en Belgique et aussi à l’étranger. Je suis frappée par l’attrait des témoignages et biographies, surtout ceux qui aident à comprendre la Seconde guerre mondiale et les leçons de vie qui en découlent.

J’aime beaucoup collaborer à la Kube qui enrichit mon expérience professionnelle de libraire.

Les locaux de la Kube se trouvent à Montrouge et je suis tombée vraiment amoureuse de cette ville avec son beffroi, sa place avec les cafés et surtout la statue de Coluche.

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Michel Colucci était l’enfant de Montrouge, cette statue se trouve à deux pas de l’immeuble où il vivait enfant avec sa mère dans les années 1950.

J’apprécie énormément la statuaire publique et vraiment cette oeuvre dégage vraiment une émotion puissante, toute particulière.

C’est une statue en pied mesurant 1m57, une salopette vide en bronze, qui est dans un mouvement très dynamique. C’est l’ oeuvre d’un sculpteur local, Guillaume Werle.  Il a saisi toute la personnalité de Coluche, son accoutrement caricatural de beauf qui faisait rire la France entière…

Ainsi la salopette est élevée au rang du smoking, le costume vide montre toute la présence scénique du comédien et humoriste. Cette statue rappelle aussi le grand vide que laissa Coluche à sa mort en 1986, cette statue a été inaugurée en 2011 pour les 25 ans de sa disparition.

J’ai le projet d’écrire un livre sur la statuaire publique un jour avec mon amie Mapu picchu à l’aquarelle, il est certain que la statue de Coluche fera partie de la sélection…

 

BD & romans graphiques

Panique dans le XVI : La fronde pour préserver le ghetto du gotha.

Mardi soir, je suis allée à la rencontre organisée par la librairie Le genre urbain, rue de Belleville autour d’ un roman graphique qui avait suscité un fort engouement médiatique à sa parution en septembre 2017 :

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Panique dans le XVeme

Scénario de Monique et Michel Pinçon-Charlot

Dessins de Etienne Lécroart

Editions La ville brûle – 2017

96 pages – 16€

Le résumé : 

C’est une enquête sociologique en dessins à partir d’un événement public où l’insulte a pris le pas sur la bienséance. Le couple de sociologues Monique et Michel Pinçon-Charlot s’est rendu à une réunion publique d’information à l’université Paris-Dauphine le 16 mars 2016.

Elle réunissait 700 habitants du XVIeme arrondissement, la maire de Paris, Anne Hidalgo, l’un de ses adjoints, Ian Brossat… Ces autorités municipales ont été copieusement sifflées et insultées par des habitants totalement hostiles à l’installation d’un centre d’hébergement d’urgence.

Ce déferlement de violence, filmé et diffusé sur les réseaux sociaux, est le point de départ d’une grande enquête sociologique menée par le couple Pinçon-Charlot, pourtant habitué à sonder ces grands bourgeois maîtres dans l’art de la retenue, du verbe haut et policé….

Mon avis :

J’ai découvert les essais sociologiques du couple Pinçon- Charlot pendant mes études d’anthropologie sociale et culturelle de l’Europe sur le thème de la ville. Ce sont de grands spécialistes de la bourgeoisie française à travers leurs livres : Les ghettos du gotha, Les millionnaires de la chance, Quinze promenades sociologiques à Paris

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C’est leur deuxième collaboration à une bande dessinée après Riche, pourquoi pas toi? une fiction de Marion Montaigne aux éditions Dargaud en 2013.

Je trouve que le roman graphique est vraiment un bon support pour démocratiser l’approche sociologique universitaire qui s’ouvre alors au grand public.

En six grandes parties, les auteurs et le dessinateur explique les enjeux de pouvoir qui découlent de cette initiative municipale obligatoire dans toutes les communes de France. C’est simple à comprendre car cela concerne tous les citoyens, dans l’actualité politique et sociale immédiate.
Au premier abord, cette BD est traitée sous un angle humoristique à travers sa couverture : on rit du bourgeois. Mais à bien y réfléchir, finalement cela m’a plutôt fait froid dans le dos de constater une pareille fracture sociale, un refus total de toute forme de solidarité.

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C’est d’ailleurs ce qui me gêne avec ce livre, ce n’est plus une enquête sociologique mais une BD politiquement orientée.

Elle décrit une réunion publique qui tourne à la mascarade car le XVIeme arrondissement est un ghetto où l’on pense avoir tous les droits, être les plus puissants pour oser insulter publiquement les autorités.

Mais même si ce n’est pas son intention, cette BD tombe dans un écueil : son lecteur risque de mettre tous les riches du XVIeme arrondissement dans le même panier.

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J’avais lu dans Paris-Match un témoignage édifiant d’une mère de famille qui avait hébergé toute une famille de Roms dans son appartement bourgeois du XVIeme arrondissement. Un soir, en promenant leur chien dans le parc avec sa fille, elles avaient constaté l’immense détresse d’une autre mère de famille à la rue qui douchait ses deux petites filles dans une des fontaines du parc…

Un dernier mot sur la librairie Le genre urbain à Belleville. C’est un endroit très agréable et lumineux pour flâner. J’aime beaucoup leur fonds dédié à l’architecture et à la sociologie urbaine.

Je pense que c’est là bas que j’ai acheté un livre génial : Sociologie de Paris de Monique et Michel Pinçon-Charlot, Editions La découverte.

Je vous recommande leur chaîne Youtube et leurs chroniques de livres avisées : ça s’appelle La minute urbaine.

 

 

 

Cinéma

Standing ovation pour Tout le monde debout !

Convaincue par les bonnes critiques (elles sont d’habitude féroces avec Franck Dubosc) et une bande-annonce bien dosée, nous sommes allés voir, en couple, la comédie romantique Tout le monde debout.

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Le résumé :

Jocelyn est un dragueur menteur irrécupérable.  A l’approche de la cinquantaine, la drague compulsive est chez lui une fuite en avant pour ne pas affronter les questions qui fâchent : l’engagement avec une femme, s’accepter tel qu’il est… C’est d’ailleurs l’un de ses mensonges qui va le rattraper et le plonger dans un malentendu complètement fou. Pour séduire une jeune femme blonde, il se fait passer pour un handicapé et alors celle-ci lui présente sa sœur Florence, qui elle, est réellement handicapée…

Mon avis :

Grande amatrice de comédies françaises, je suis néanmoins souvent déçue par des situations prévisibles depuis cinq minutes, les dialogues qui tombent à plat et les fatidiques dix minutes où je m’ennuie. Çà m’est arrivé avec Le sens de la fête des frères de cinéma Toledano et Nakache et c’était vraiment dommage.

Rien de tout ça avec Tout le monde debout : on rit franchement à de nombreuses reprises car on s’y attend pas du tout, les dialogues fusent et font mouche.

« On ne pue pas des pieds quand on ne s’en sert pas« 

Franck Dubosc parle du handicap avec beaucoup de subtilité et de vérité. Il égratigne surtout les valides qui disent des bêtises plus grosses qu’eux sur les handicapés à l’image de Jocelyn et son assistante Marie.

Dans le couple qu’il forme avec Florence, c’est lui le plus handicapé des deux, car il se complique la vie avec ses mensonges et ses questionnements, ses faux semblants. Franck Dubosc explique dans le dossier de presse du film qu’il se place en tant que moraliste et non comme un moralisateur.

Son personnage Jocelyn ne profite même pas de sa chance d’être valide, il est maussade, il tire la gueule alors qu’Alexandra Lamy est très solaire avec son sourire éclatant une grande partie du film.

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Il dit à son meilleur ami qui lui conseille toujours de dire la vérité : « Elle réfléchit plus vite que nous, elle vit plus que nous » . 

Je pense profondément que le succès populaire d’Intouchables a fait changer les mentalités du milieu du cinéma sur le handicap. Avant, on se posait la question est-ce qu’on peut rire du handicap? et on ne lançait pas sur ce terrain.

Maintenant, la différence, le handicap sont le point de départ de belles comédies qui font sourire mais qui donnent aussi la larme à l’œil.

Ce sont des situations de vie de bon nombre de familles en France : le grand-père qui déclenche Alzheimer à qui son petit-fils tend la main dans le film La Finale avec Rayane Bensetti et Thierry Lhermitte, le petit garçon autiste Asperger qu’un éducateur sportif (Arnaud Ducret) prend sous son aile  dans le film Monsieur je sais tout

Mon dernier coup de cœur BD parlait de l’accueil d’un enfant trisomique dans une famille : Ce n’est pas toi que j’attendais de Fabien Toulmé.

Tout le monde debout est une comédie très réussie car chacun des personnages sont des professionnels de la comédie, des humoristes très populaires qui connaissent chaque ressort du rire et de l’émotion.

« Vous Marie, l’optimisme c’est que votre histoire d’amour elle dure, moi c’est que ça m’arrive encore de rencontrer quelqu’un, malgré le fauteuil ».

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Alexandra Lamy et Franck Dubosc ne sont pas là que pour la blague, ils nous transmettent aussi beaucoup d’émotions. La scène du dîner romantique et de la piscine est vraiment formidable sur le plan esthétique et émotionnel. Elle traite avec beaucoup d’élégance et de subtilité la naissance de leur intimité puisqu’ils sont libres de leurs fauteuils roulants : ils sont au fond de la piscine.

Ensuite, ce film comique parvient à faire passer au spectateur des messages importants : en deux phrases, Alexandra Lamy raconte comment elle a perdu l’usage de ses jambes. C’est beaucoup plus efficace qu’un spot de la sécurité routière sanguinolent pour moi.

Son personnage joue au tennis de haut niveau et quand on voit cette scène qui n’est absolument pas doublée, on se dit que le handisport c’est magnifique à regarder et tellement impressionnant. Pourquoi les jeux olympiques handisport n’ont-ils pas le rayonnement médiatique qu’ils méritent?.

Ma note : 5/5 sardines

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Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas vu une comédie française aussi réussie du début à la fin et je suis ravie d’avoir révisé mon jugement sur le jeu d’acteur quelque peu redondant de Franck Dubosc ces dix dernières années.

Je pense que le choix de sa partenaire de jeu : Alexandra Lamy y joue pour beaucoup. Je me réjouis beaucoup pour elle qu’elle soit sous les projecteurs car elle le mérite depuis fort longtemps :  j’étais collégienne devant Un gars, une fille il y a bientôt vingt ans et j’ai vraiment aimé son rôle de chômeuse divorcée dans Retour chez ma mère.

Autant, on n’attend pas Patrick (Chirac) l’idiot en slip de Camping mais on encourage Franck Dubosc à continuer d’écrire d’aussi belles histoires au cinéma.

SardinesPssst ! Si cet article t’a plu, rejoins le club des abonnés du blog  ou plutôt la boite à sardines pour qu’on chante tous ensemble la chanson énervante de Patrick Sébastien : « Ah qu’est ce qu’on est serré, au fond de cette boite, chantent les sardines ». C’est en haut à droite !

BD & romans graphiques

Mongolien toi même ! Un autre regard sur la trisomie en BD.

Cet imposant roman graphique, je l’ai découvert grâce au blog de Fiona, elle est bibliothécaire et elle publie chaque semaine des articles très complets sur l’actualité BD et littérature. Son blog My pretty books est vraiment prescripteur pour moi.

Moi qui aime les romans graphiques un peu consistants, j’ai été servie : 243 pages ! La thématique est très originale et personnelle.

La bande dessinée devient alors le support d’un témoignage. Mieux qu’un simple tract chez le pédiatre, cet album sensibilise les proches de parents d’enfants trisomiques sur toutes les petites marques d’affection à leur prodiguer ou les maladresses humaines à éviter.

Ce n’est pas toi que j’attendais

Fabien Toulmé, 2014

Delcourt, 243 pages

18,95€

ce n'est pas toi que j'attendais

Le résumé :

Fabien et Patricia, un couple franco-brésilien, attendent leur deuxième enfant. Le suivi médical avant la naissance procède à toutes les vérifications, pourtant à la naissance c’est le choc pour les parents : Julia est trisomique. A chaque saison, cette BD alterne les couleurs : une ambiance grise pour l’hiver ou des tons orangers quand c’est l’été.

Ce changement de saison reflète aussi les sentiments ambivalents qui secouent ce couple : le papa qui n’arrive pas à se réjouir d’avoir une seconde fille, la maman qui pleure beaucoup, la fille aînée qui accepte sa petite sœur sans problèmes…  C’est une très jolie histoire où sincérité et franc-parler autour du handicap sont de mise.

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La plus belle scène est celle d’une consultation chez le pédiatre et les conseils d’éducation précieux qu’il leur donne : ne pas surprotéger leur fille car elle est handicapée et comment aborder son avenir une fois adulte.

Mon avis :

J’ai vraiment réfléchi à une multitude de détails en lisant cette bande dessinée. La première séquence s’ouvre sur l’enfance de Fabien et son malaise quand il n’a pas su se positionner face à ses copains qui se moquaient d’un enfant trisomique.

Mongolien, gogole sont des insultes que l’on entend souvent dans les cours d’école mais aussi dans la bouche d’adultes qui parlent vraiment sans filtre.

L’entourage d’enfants trisomiques souffre beaucoup du regard des autres, de cette autonomie que l’on attend de ses enfants. Ce roman graphique est un hommage à tous les parents d’enfants handicapés qui ont eu des conversations pénibles avec leur conjoint, tiraillés par leur culpabilité de ne pas avoir la bonne réaction au bon moment.

Les scènes où la famille Toulmé se moque des jugements des autres, où elle invente ses propres codes en fonction de l’identité de chacun de ses membres m’a vraiment émue.

Au début du livre, j’étais pas bien rassurée parce que la trisomie c’est pas super fun comme sujet, mais l’auteur ne fait pas du tout pleurer dans les chaumières, au contraire on rit et c’est comme ça que cette famille affronte le regard des autres, les nombreux rendez-vous médicaux, la peur du lendemain et ça donne une sacrée leçon de vie.

Dernière chose, ce roman graphique est vraiment à part car il est écrit par un père à la première personne. Il est rare que les hommes s’emparent du sujet de la parentalité en BD et c’est une très bonne chose !

Je vous partage l’avis d’une booktubeuse que j’aime bien : Les bêtises de Manu, elle sait conseiller un livre et elle met les livres de Mitch Albom, un excellent auteur en arrière plan de ses vidéos dans sa bibliothèque.

Ma note : 5/5 sardines

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Ce roman graphique marque vraiment les mentalités pour ce récit introspectif à la première personne du singulier. Le message est simple : encouragez les parents d’enfants trisomiques par des paroles valorisantes, des marques d’affection. C’est le jugement des autres qui est le plus redoutable. C’est très touchant de voir quelques photos de famille de Julia bébé à la fin du livre.

Mon seul petit bémol est que la colorisation du roman graphique est un peu sommaire mais cela sert l’histoire.

C’est un premier roman graphique très prometteur : quand on parle de soi, les lecteurs repèrent toujours la sincérité et l’authenticité d’un livre.

Lifestyle

Des bulles et de la détente pour soi !

Samedi avec mon amoureux, nous avons commencé le week-end de Pâques avec une après-midi spa et détente à l’ Aquatonic de Val d’Europe.

Cela commence à devenir une habitude chez nous depuis que nous avons testé les mythiques bains Szechenyi de Budapest puis le sympathique spa à l’eau de mer de Balaruc les bains.

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On se rend bien compte que l’on vieillit parce que franchement, on ne cherche pas les mêmes sensations qu’ à Aquaboulevard.

Là bas, on rit comme des baleines avec nos grosses bouées dans les toboggans ou quand quelqu’un a eu la mauvaise idée de se lancer dans le grand bassin avec la liane de Tarzan… On est allé à Aquaboulevard, il y a quelques années en avril pour mon anniversaire.

C’était un super souvenir avec la grande vague artificielle dans le bassin et les toboggans mais on était vraiment déçus par l’espace bien-être : beaucoup de monde et peu d’espace pour profiter du hammam.

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Le meilleur hammam que j’ai fait, c’était Beauté d’Orient, 78 rue Mademoiselle dans le 15eme arrondissement de Paris : les huiles essentielles du hammam sentaient vraiment bon, le gommage était top pour un prix raisonnable et un bon thé avec des pâtisseries à la fin. A refaire rapidement.

Aquatonic à Val d’Europe, c’est une chouette expérience quand on profite d’une offre duo à 55€ sur Internet. J’ai découvert ce spa à cause d’une mésaventure avec Wonderbox qui nous a empêcher d’aller tester les thermes de Saint-Malo. C’est la même structure près de Disneyland.

C’est vraiment un bon spa car il propose un vrai parcours avec des geysers pour la plante des pieds, un massage du dos et des jambes avec des jets, des transats sous-marins, des tables de massage avec des jets, un bain bouillonnant extérieur et des cols de cygne qui massent bien la nuque et les épaules.

J’allais oublier de citer le couloir à contre-courant qui m’a donné envie de faire une bonne sieste de deux heures en rentrant. Je vous recommande cette expérience pour un anniversaire ou un enterrement de vie de jeune fille entre copines.

Ce n’est pas la même ambiance qu’ Aquaboulevard, c’est un univers beaucoup plus poli entre gens courtois et silencieux. Là-bas, on n’escalade pas les murets entre deux bassins alors pas question de faire la bombe pour éclabousser son voisin !

Et vous quels sont vos meilleures adresses pour se détendre au spa?

 

Romans

Indéterminés, la trajectoire sociale des Stagiaires de Samantha Bailly

Ces deux dernières semaines, j’ai choisi dans mes lectures, deux suites de romans que j’avais beaucoup aimé : Sauveur et fils saison 4 de Marie-Aude Murail ainsi qu’Indéterminés de Samantha Bailly. Quand on s’attache aux personnages d’un roman, c’est annonciateur d’une bonne lecture.

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J’ai vraiment aimé l’histoire des Stagiaires, le premier tome car les personnages sont vraiment décrits avec beaucoup de psychologie, contrairement aux nouveaux romans estampillés feel good où les personnages sont tellement caricaturaux que je n’ai absolument pas envie de passer 200 pages en leur compagnie.

C’est une trilogie : Les stagiaires , A durée déterminée et Indéterminés, mais comme j’en ai un peu ma claque des CDD à répétition, je n’ai pas attendu de lire le deuxième volume, je me suis jetée sur Indéterminés en grand format, que les éditions JC Lattès m’ont gentiment envoyé !

On y retrouve la consciencieuse Ophélie qui a été catapultée directrice de la communication de Pyxis mais patatras la sympathique start-up chaleureuse a été croquée par un gros requin du jeu-vidéo… Arthur Mareuil, le beau garçon des beaux quartiers revient au bercail : on l’embauche dans ce processus de fusion-acquisition pour dégraisser la masse salariale, augmenter la rentabilité.

Samantha Bailly poursuit sa narration originale à deux voix : celles d’Ophélie et d’Arthur s’alternent toujours à chaque chapitre. Ils approchent la trentaine et ont radicalement évolué depuis leur période de stage il y a cinq ans : Ophélie a fait une croix sur l’engagement amoureux alors qu’Arthur s’est lassé de son papillonnage adultérin…

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C’est un peu le sens du titre Indéterminés comme la référence au CDI mais aussi cette période d’entre-deux où l’on recule comme on peut face à l’engagement professionnel, l’engagement conjugal…

Ce roman est aussi une critique subtile et précise de l’entreprise : Ophélie sacrifie beaucoup de son temps, de sa personne pour son poste mais en retour, son entreprise ne lui assure aucune sécurité malgré son CDI.

Bon nombre d’articles de société jugent les employés de la génération Y comme versatiles, opportunistes et peu attachés à l’entreprise dans laquelle ils restent peu.

Ce n’est pas le cas des personnages de Samantha Bailly comme Ophélie ou encore Alix qui s’impliquent personnellement dans leur travail avec conscience professionnelle.

Le discours du directeur éditorial de Pixis qui veut profiter de la naïveté de deux jeunes illustratrices de manga talentueuses m’a rappelé la récente lutte #Paye ton auteur à Livre Paris.

Samantha Bailly est présidente de la charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, elle a mené avec d’autres auteurs une intense bataille médiatique sur les réseaux sociaux pour défendre les droits des auteurs à Livre Paris.

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Autant, avec ce premier volume, Samantha Bailly décrivait une période de la vie de tout jeune diplômé, autant Indéterminés montre la solitude et la pression d’employés qui ont affronté la précarité économique le temps d’un stage, se sont pliés à toutes les exigences de leurs supérieurs pour décrocher un contrat de travail et qui continuent de vivre dans la peur de perdre leur emploi s’ils haussent un peu trop la voix ou s’ils ne veulent pas bafouer leurs valeurs professionnelles.

C’était vraiment un excellent moment de lecture, que je vous recommande. Je vais même aller chercher en librairie le tome 2 A durée déterminée tellement j’aime ces personnages et leurs questionnements personnels.

Samantha Bailly est une auteure à suivre car comme Marie-Aude Murail, elle sait décrire les sentiments contradictoires que ressentent ses personnages dans une même phrase et apporter aux lecteurs des portraits psychologiques passionnants.

Je sais qu’une adaptation cinématographique est en négociation tant ce roman est passionnant : il arrive à rendre romanesque le stage en entreprise, c’est dire !  Dans mon imagination de lectrice , je voyais bien Alix sous les traits de Marilou Berri et Arthur Dupont pour jouer Arthur. Par contre, Ophélie est une énigme pour moi. Et vous qu’en pensez-vous?

SardinesPssst ! Si cet article t’a plu, rejoins le club des abonnés du blog  ou plutôt la boite à sardines pour qu’on chante tous ensemble la chanson énervante de Patrick Sébastien : « Ah qu’est ce qu’on est serré, au fond de cette boite, chantent les sardines ».

C’est en haut à droite !