Du livre à l'écran

Mon crush lecture #1 : La couleur des sentiments

Crush lecture #1.png

Ce gros pavé de 600 pages, je l’ai lu il y a quelques années dans un train, une semaine où j’étais malade et il avait été un meilleur compagnon de convalescence que les antibiotiques. C’est ma voisine qui me l’avait prêté après que je sois allée voir l’adaptation cinématographique avec ma mère. Cela avait été un bon moment de cinéma, un feel good movie comme on les aime.

couleur-des-sentiments1.png

Cette année, on honore la mémoire de Martin Luther King, tombé sous les balles racistes, il y a cinquante ans à la terrasse d’un hôtel à Memphis, Tennessee, le 4 avril 1968. Ma mère nous a parlé de lui quand nous étions enfants, mon frère et moi, et les moniteurs des colonies de vacances protestantes que j’ai fréquenté adolescente,  nous ont sensibilisé à son attachement à la non-violence tirée des Évangiles à l’image de Jésus,  mais aussi de Gandhi.

060744.jpg

Des années plus tard, l’Histoire m’a mis une belle claque dans la salle de cinéma où j’étais allée voir Selma en 2015, le magnifique film d’ Ava Duvernay sur le droit de vote des Noirs acquis après une bataille très éprouvante pour les droits civiques à Selma, Alabama en 1965. C’est le billet de blog qui m’a le plus plu d’écrire.

Il y a peu, j’ai lu Génération Rosa Parks, un recueil de biographies de vingt militantes non-violentes, des anonymes qu’elles soient noires ou blanches, diplômées d’université, cueilleuses de coton dans les plantations du Sud ou couturières comme Rosa Parks

Elles fréquentaient des enfants blancs pendant leur enfance ou avaient de bonnes relations avec des Blancs à l’université mais les lois Jim Crow leur interdisaient de se mêler à leurs compatriotes. Voila le vrai sens de la ségrégation raciale : empêcher toute relation amicale, professionnelle ou sentimentale d’éclore entre Blancs et Noirs.

La couleur des sentiments

Kathryn Stockett

Editions Jacqueline Chambon, 2010

528 pages

23,80 €

couleurdessentiments

Le résumé : 

Il s’agit d’un récit à trois voix : celles de Minny et Aibileen, deux bonnes noires qui s’entraident face à la ségrégation raciale qu’elles subissent depuis leur enfance à Jackson Mississippi.

Elles vont s’associer malgré elles à la troisième narratrice Eugénia dite Skeeter, une jeune blanche, héritière d’une plantation de coton. Elle dénote parmi ses amies de lycée de la bonne société Elizabeth et Hilly,  Eugénia aspire à être journaliste et elle a mal vécu le départ de sa bonne Constantine qui était un vrai repère affectif pour elle.

L’écriture d’un livre sera l’occasion pour elle de rendre hommage à toutes ces femmes et de prendre son envol : son éditrice juive à New York lui sert de mentor et la convainc avec fermeté d’écrire sur un sujet d’actualité qui intéresse vraiment les Etats-Unis au début des années 1960 : les relations humaines entre les bonnes noires et les employées blanches dans les familles des Etats du Sud.

Pourquoi c’est mon crush lecture ?

Un crush, c’est un vrai coup de cœur passionné !

Ce roman est mon crush lecture parce que le thème de l’histoire c’est l’amour que l’on porte aux autres malgré sa différence. Le titre en français : La couleur des sentiments est vraiment bien trouvé. Le livre qu’écrivent ensemble Skeeter et la douzaine de bonnes reflète autant les mauvais cotés que les bontés déployées par les Blanches qui les emploient.

On les humilie, on leur rappelle leur condition servile, on peut même les renvoyer pour un simple regard de travers et les faire bousculer dans une profonde précarité économique et sociale…. Pourtant, les enfants dont elles se sont occupés se rappellent plus facilement de leur cuisine et de leurs gestes maternels que ceux de leurs propres mères. Johnny Foote, le seul personnage masculin un peu important, retrouve ses souvenirs d’enfance avec la cuisine de Minny.

Ces bourgeoises un peu péquenots de la bonne société de Jackson sont aussi malades d’amour. Elizabeth, la patronne d’ Abileen ne sait pas comment montrer de l’amour à leur petite fille. Elle la rabroue ou la bat dès qu’elle se tache ou dit quelque chose qui n’est pas convenable comme l’a fait sa propre mère avec elle.

J’ai eu ma petite larme à l’ œil quand je lisais les passages qui montrent la complicité entre Abileen et la petite fille boulotte Mae Mobley surtout quand Abileen lui raconte ses histoires secrètes de Martien Luther King…

L’humanité dont fait preuve Minny avec sa patronne Célia qui enchaîne fausses couches sur fausses couches et qui subit le mépris social d’ Hilly et ses amies m’a aussi beaucoup marquée. Le roman creuse beaucoup plus le portrait psychologique de Célia Foote que le film qui la montre seulement comme une Marilyn écervelée, magnifiquement interprétée par Jessica Chastain.

On sait déjà où nous irons pour nos dix ans de mariage : les Etats-Unis et surement les Etats du Sud tellement authentiques dans leurs paysages, l’architecture préservée de leurs villes comme la Nouvelle Orléans, leurs modes de vie assez différents du Nord de ce pays-continent…

Kathryn Stockett a écrit une fiction mais ce roman est profondément autobiographique. Skeeter, c’est elle même. A la fin du roman, elle raconte son histoire personnelle : l’amour quasi-maternel que lui portait sa bonne Demetrie. Elle voue un amour et une fierté assez conflictuelle au Mississippi pour ses aspects un peu rustres mais elle le défend avec force face aux New-Yorkais qu’elle côtoie dans les dîners mondains.

Rappelons que le Mississippi a vu éclore le talent de grands écrivains comme William Faulkner, Mark Twain… Dans le domaine de la chanson, citons Jackson de Johnny Cash, un grand musicien country que j’ai découvert à travers le génial biopic Walk the line ou encore la magnifique chanson Georgia on my mind chantée par l’enfant du pays Ray Charles…

Si jamais l’odieux passager du vol de Ryanair qui insulte avec hargne et haine une vieille dame noire me lit, lis La force d’aimer de Martin Luther King mon vieux, ça ne te fera pas de mal.

989820d8-ff26-11e0-a605-6482f263e7a1.jpg

Grâce à ce film, j’ai découvert Octavia Spencer, mon actrice américaine favorite que j’ai retrouvé avec grand plaisir dans le film La cabane, adaptation du roman chrétien La cabane, le chemin du pardon. Ce sera mon prochain crush !

 

Lifestyle

Marie Denise, une chouette adresse vintage pour un thé entre copines à Père Lachaise

Marie-Denise et autres gourmandises5 salons de thé à tester à Paris !.png

Ce jeudi après-midi, je suis retournée pour la deuxième fois au salon de thé Marie-Denise, situé 16 avenue Gambetta dans le 20eme arrondissement. Je voulais le faire découvrir à mon amie et voisine Alix, grande amatrice de salons de thé elle aussi !

NB__20180222_821.jpg

Je l’ai découvert en passant un jour, en bus dans la grande montée entre Père Lachaise et Gambetta. On ne peut pas louper sa devanture rose et bleue, toute bariolée comme on n’oublie pas facilement le nom de ce salon emprunté aux deux grands-mères de la pâtissière et propriétaire du lieu : Tiphaine.marie_denise_07505600_142431930

C’est un endroit très chouette où rien n’est laissé au hasard sur le plan marketing : la carte des gourmandises sucrées et salées, le fait de privilégier les produits bio, le recours à une décoration vintage partout… mais c’est fait avec beaucoup de sincérité et d’authenticité.

Je l’ai ressenti autant dans le goût des pâtisseries que dans l’atmosphère du lieu. On passe un très bon moment chez Marie-Denise surtout quand on s’y rend en semaine.

La première fois, c’était un samedi, j’avais choisi un flan à la vanille de Madagascar et sa pâte m’était un peu restée sur l’estomac. Cependant, l’endroit était tellement sympathique que j’ai voulu y retourner tester d’autres gâteaux et j’ai beaucoup aimé le fondant au chocolat sans gluten. Une recette simple mais très efficace.

J’ai aimé aussi la limonade bio que j’avais choisi et leurs thés venus tout droit de Bordeaux, fournis par la marque La diplomate concurrencent ma valeur sûre : Mariage Frères.

13-logo-diplomate-salon-the-herbesfauves-fleuriste-bordeaux-300x300.jpgLes boites de thé sont très belles avec leurs étiquettes qui rappellent les codes de l’art déco du début du 20eme siècle. Elles se marient très bien avec le comptoir tout bleu de la boutique, les gâteaux présentés sous des cloches transparentes, la vaisselle vintage dans le vaisselier… On se croirait aussi bien dans la boutique du roman La pâtissière de Long Island que dans le salon de ma copine Mapu picchu

On se sent comme chez soi dans ce vaste salon de thé avec ses banquettes moelleuses, ses fauteuils club et ses chaises d’écolier….

Sur les murs, se côtoient des photographies en noir et blanc de mariés d’un autre temps, des illustrations un peu kitsch mais attendrissantes et des reproductions d’œuvres d’art familières : Les époux Arnolfini, Jo la femme et muse d’Edward Hopper, les pionniers américains avec leur fourche du tableau iconique American Gothic que j’ai eu le grand plaisir de voir lors d’une superbe expo intitulée La peinture américaine dans les années 1930 au musée de l’Orangerie, il y a deux ans. C’était l’endroit idéal por deux diplômées d’histoire de l’art comme nous.

Marie-Denise est donc l’une de mes adresses favorites pour passer un bon moment entre copines autour d’un bon thé et d’un gâteau car l’un ne va pas sans l’autre bien évidemment!.

NB__20180222_852_-_copie

Je vous recommande d’autres salons de thé de la boite à sardines. Ces bonnes adresses ont des formules thé et pâtisseries aux alentours de 10€.

La Charlotte en l’Île, rue Saint Louis en l’île, Île Saint Louis,4eme arrondissement.
L’endroit est vaste, assez touristique. Le cake au chocolat est délicieux ainsi que les thés même si le choix des pâtisseries gagnerait en diversité. Ambiance agréable,j’y viens surtout parce que ça se trouve sur l’île Saint Louis, mon berceau parisien depuis douze ans.

la-charlotte-de-l-isle

 

Rose Thé, 104 avenue Ledru Rollin, 11eme arrondissement, métro Ledru Rollin

 

rose_the_07505600_101037092

Une carte très sympa avec de très bons desserts et des thés de qualité. La salle est assez vaste mais c’est bruyant le samedi, et l’endroit est trop sobre à mon goût côté décoration. Un excellent rapport qualité/prix tout de même.

– Ladurée, 75 avenue des Champs Elysées, 8eme arrondissement, métro Georges V

 

b7070594adcd98df66fe28eff1c9c0b4e903f6cb_store-369-1.jpg

C’est mon souvenir coup de cœur de mon enterrement de vie de jeune fille en 2014. Contre toute attente, vous êtes très bien reçues dans ce salon de thé très touristique. Les serveurs sont charmants, ils ne vous pressent pas pour que vous débarrassiez le plancher une fois vos macarons et vos thés engloutis. J’avais quelques préjugés sur cette enseigne, mes quatre visites suivantes n’ont fait que confirmer mes très bonnes impressions.
Les prix ne sont pas exorbitants et les produits sont vraiment de grande qualité.

Je prends toujours la coupe Ispahan à 12 euros car c’est mon péché mignon : glace à la rose et au litchi, framboises et litchis entiers… sous une bonne couche de crème chantilly délicieuse….

coupe ispahan

J’ai bien dans l’idée de découvrir d’autres salons de thé, si vous avez de bonnes adresses, je suis preneuse ! .

Ma prochaine visite gourmande sera pour le salon de thé libanais Kanoun, 98 rue de Charonne dans le 11eme arrondissement..

Cinéma·Sociologie

Le film de la semaine : I feel good ou la critique de l’individualisme forcené

Le film de la semaine.png

J’attendais de longue date la sortie du film Le poulain : la prestation d’Alexandra Lamy en directrice de campagne aux dents longues, m’avait convaincue en regardant la bande-annonce. Mais la chronique ciné de La croix m’a plutôt conduite à aller voir le film I feel good avec Yolande Moreau et Jean Dujardin.

Un film qui fait honneur aux communautés Emmaüs, cela avait plus de sens pour moi que le cynisme des communicants de la vie politique pendant une heure trente.

0679826.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx
Copyright Ad Vitam

Il est bien loin le temps où l’on considérait Alexandra Lamy et Jean Dujardin comme des acteurs de télévision de seconde zone, par comparaison avec le septième art. Chouchou et Loulou ont fait du chemin (chacun de leur côté) depuis une décennie.

Ils ont donné vie avec tout leur talent à des personnages qui nous font rire, sourire, qui nous émeuvent aussi que ça soit la jeune femme handicapée, l’ un des plus beaux rôles d’Alexandra Lamy dans le film Tout le monde debout de Franck Dubosc ou le lieutenant lâche et fourbe interprété par Jean Dujardin dans le film Le retour du héros dernièrement.

La carrière cinématographique de Jean Dujardin s’est envolée avant The artist, avec les films OSS 117 et son fameux rôle de crétin. Jacques, le personnage principal du film I feel good est le digne héritier d’Hubert Bonisseur de la Bath.

C’est la première fois que je regardais un film réalisé par Gustave Kervern et Benoit Délépine. Je n’étais pas bien rassurée car mon fraternel regardait régulièrement Groland sur Canal + et autant vous dire que cet humour bien gras et scabreux n’était pas du tout ma tasse de thé.

J’ai trouvé qu’ils avaient fait preuve d’un profond respect envers la communauté Emmaüs et leur fondateur l’Abbé Pierre, ce qui leur vaut l’intérêt de la presse chrétienne.

benoit-delepine-et-son-complice-gustave-kerven
Photo Patrice Terraz

Le résumé :

C’est l’histoire de Jacques, un éternel ambitieux qui a été mis à la porte par ses parents en pleine crise de la quarantaine, après une vingtaine d’années sabbatiques à vivre à leurs crochets.

Des années après leur décès, il refait surface dans la vie de sa sœur Monique, qui dirige une communauté Emmaüs près de Pau. Ses parents comme sa sœur sont restés fidèles aux idéaux du communisme, Jacques lui, a cru en Bernard Tapie. Il n’ a pas le goût du travail, il cherche juste l’idée du siècle qui lui permettra de devenir très riche très vite : rendre les petites gens beaux. Il cherche alors à embobiner les compagnons d’Emmaüs pour les embarquer dans une formule low cost : faire de la chirurgie esthétique en Bulgarie….

« Tu sais que tu as un potentiel de séduction formidable.

Et si tu sortais de ta chrysalide ? « .

Mon avis :

C’était un film loufoque, absurde, parfois déprimant mais aussi avec beaucoup d’esprit, subversif pour donner matière à réfléchir sur le sens que chacun donne à sa vie. Il montre un homme aveuglé par la quête du profit, l’ argent facile. Il va droit dans le mur à vouloir gravir les marches de l’ascension sociale quatre par quatre.

Les deux réalisateurs dénoncent une société actuelle obsédée par l’apparence, la matérialité, la réussite. Avec I feel good, ce sont les ambitieux comme Jacques et son ancien camarade d’école Poutrin qui a fait fortune,  qui sont ridicules.

Les compagnons Emmaüs ont été confrontés à cette économie ultra-libérale qui ne laisse sa chance à personne. En ce qui concerne le pragmatisme et la sagesse, ils ont une bonne longueur d’avance sur Jacques et pourtant, ils ne lui donnent pas de leçons.

L’Abbé Pierre est mort en 2017 depuis plus d’une dizaine d’années, il est rare que l’on se souvienne de lui dans l’actualité médiatique. Pourtant, son oeuvre est plus que jamais un partenaire incontournable du paysage social et solidaire français et international avec ses 287 structures.

Cela me chiffonne un peu que ce film gomme toute la parenté chrétienne de ce mouvement, pour moi, on présente vraiment l’Abbé Pierre comme un altermondialiste. Ce n’est pas mal en soi d’être altermondialiste mais quand on sait qu’ aujourd’hui, cela ne veut plus rien dire d’être de gauche ou de droite, autant fonder son espoir sur les Évangiles que sur le Manifeste de Marx.

Ce grand ambitieux emmène ce petit groupe qui s’aime et se respecte sur les traces du communisme : le palais de Ceausescu à Bucarest en Roumanie, puis en Bulgarie à Buzludza.

C’est dans les montagnes, sur les hauteurs de Kazanlak, que le parti communiste a construit un gigantesque palais des congrès visible depuis la Roumanie et la Grèce. Il a été totalement vandalisé, les pilleurs ont désossé les mosaïques de pierres précieuses, tagué les fresques… Grâce à un film français, j’ai appris un peu plus de l’histoire de mon pays par alliance : la Bulgarie.

 

Ma note : 3/5 sardines

Mon avis est un peu mitigé. Gustave Kervern et Benoît Délépine ont trouvé un très bon sujet qui donne matière à réflexion : la solidarité, l’entraide comme remède à l’individualisme forcené.

Le gag final qui rend hommage à l’abbé Pierre  est savoureux. Jacques dit à son acolyte des coups foireux qu’il s’est rendu compte que les compagnons d’Emmaüs n’avaient pas besoin de chirurgie esthétique pour réussir car ils étaient beaux à l’intérieur.

C’est un film à voir mais il laisse une drôle d’impression. Je reste persuadée que le cinéma sert à enchanter les spectateurs, les aider à s’évader de la réalité et ce film comportait aussi quelques scènes peu esthétiques. On rit beaucoup avec ce film à cause de la médiocrité assumée de Jacques, magnifique Jean Dujardin !

517417635517417635517417635

 

Romans

La chorale des dames de Chilbury, la musique plus forte que la guerre !

La musique plus forte que la guerre !.png

Je l’ai repéré grâce à la chronique d’un libraire, Stanislas Rigot de la librairie Lamartine dans l’émission de télévision Télématin. Il est évident que La chorale des dames de Chilbury est le roman coup de cœur de bon nombre de libraires compte tenu des nombreuses vidéos sur le web .

Je vous partage celle du libraire de la Griffe noire, Gérard Collard. J’ai failli faire une ridicule danse de la joie quand je l’ai trouvé sur la table des nouveautés de la bibliothèque Marguerite Duras, d’autant que j’ai eu beaucoup de mal à trouver un bon roman à lire ces trois derniers mois.

Il a tous les bons ingrédients pour conquérir son public : un titre qui suscite la curiosité, c’est un roman historique qui se déroule durant la Seconde guerre mondiale, cela parle de solidarité féminine dans l’épreuve et le chant transcende la tragédie….

Enfin, la couverture signée Neil Gower est un vrai petit bijou artistique : des notes de musique, un petit village verdoyant en proie aux flammes d’un bombardement….

La chorale des dames de Chilbury

Jennifer Ryan

2018, Albin Michel

462 pages, 22€

la-chorale-des-dames-de-chilbury-1045810-264-432

Le résumé

Chilbury, Kent, 1940. Les hommes sont partis au front, mais une dizaine de femmes du village reprend la chorale comme fait de résistance contre cette guerre qui bouscule leurs vies, les maintient dans une angoisse permanente d’apprendre la mort d’un fils, d’un mari…

Sous la forme de lettres ou de journal intime, ce roman historique est une galerie de portraits de femmes de tous les âges et de toutes les conditions sociales qui vont ne plus être les mêmes personnes au cours de la guerre.

Il y a Prim, la chef de choeur qui montre la voie à ses choristes, Madame Tilling, le personnage central de ce roman, une veuve peu assurée qui va prendre de l’envergure. Elle est une infirmière responsable, avec un grand cœur chrétien qui va prendre soin de ces femmes  même de la plus coriace Edwina Paltry ou la plus délurée Vénetia, la fille du général tyrannique fou furieux…

C’est un roman historique passionnant qui retrace l’histoire de l’Angleterre pendant la seconde guerre mondiale à travers les anecdotes personnelles de la grand-mère de l’auteure et c’est cela qui fait toute la saveur de ce roman : on sent une profonde authenticité dans son écriture.

Mon avis :

Les dames de Chilbury ont du répondant : ça barde dans les chaumières au moment du thé et des scones. C’est tout sauf une histoire de dames patronnesses plan-plan… Il y a des vrais méchants qui montrent toute leur noirceur : Edwina, le général, Etsie, le soupirant éconduit Henry….et des vrais gentils comme le colonel Mallard, Mrs Tilling, Venetia…

L’ intrigue est très bien construite, on se prend au jeu de la lecture dès le début du roman.

Je suis épatée par le talent de ces auteurs anglais comme Jennifer Ryan, Helen Simonson (l’auteure de La dernière conquête du major Pettigrew) ou encore Mary Ann Schaffer (Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates) qui parviennent à toucher la corde sensible des émotions avec des personnages d’une grande humanité ou bien d’une grande médiocrité.

Car c’est dans l’adversité que se révèlent les noirceurs ou la beauté de l’âme humaine : voila comment je résumerai ce roman pour vous donner envie de le lire.

52a6dae3720733889b575c0c168b45c2

Voici une petite liste de mes films, séries et romans so british favoris. Cela se déguste avec une bonne tasse de thé Mariages frères et des petits sablés au pain d’épice glacés au sucre. Miam !

Downtown Abbey

Comme tout le monde, j’aime cette série historique qui raconte la vie d’une famille d’aristocrates qui possède un immense domaine en Angleterre avec un superbe château en 1912, après le naufrage du Titanic. Cette série relate la vie en Angleterre entre 1914 et 1935 avec beaucoup de justesse historique. Un régal devant les costumes des années Folles, le carré garçonne de lady Mary….

The crown

Cette série, je l’ai dévorée en trois semaines tellement j’étais emballée. J’ai même eu la chance de ne pas attendre un an avant la deuxième saison puisque je l’ai découverte peu de temps avant une nouvelle diffusion sur Netflix. Les monarchies ce n’est pas mon truc du truc mais cette Elisabeth on s’y attache vite…. Claire Foy est une grande actrice avec ses grands yeux candides, sa maladresse timide. Elle va prendre du galon face à Churchill, ses conseillers et même son époux… La détresse psychologique de sa sœur, la princesse Margaret, m’a émue mais j’ai particulièrement aimé l’épisode avec l’évangéliste Billy Graham, ou encore la scène de danse avec le dirigeant nigérian, véritable exercice diplomatique pour la reine…

La dernière conquête du major Pettigrew

La derniere conquete du major Pettigrew

C’est mon roman feel good coup de coeur, celui que je recommande à tous les Kubers qui cherchent un bon roman feel good. Helen Simonson a vraiment réussi son pari avec ce premier roman. Je vous laisse le soin de découvrir ma chronique ici car ce roman m’a vraiment emballée : je pense sérieusement à le relire….

Le diable habite à Nothing Hill

Ce n’est pas le roman du siècle, c’est même de la littérature de poulettes clairement assumée mais j’avais passé un bon moment de détente au bord de la plage avec ces personnages très caricaturaux. J’avais surtout beaucoup aimé les couvertures des livres de cette trilogie et les querelles de territoires de ces nouveaux riches…

Nothing hill

 

Romans

Une envie d’aller visiter Guernesey grâce à un roman…

J’aime les adaptations littéraires au cinéma : le film Le cercle littéraire de Guernesey est sorti le 13 juin au cinéma, la plupart de mes amies ont beaucoup aimé ce livre et le casting du film regroupe beaucoup d’acteurs de Downton Abbey, la série à la mode ces dernières années.

0462841.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg

Malgré toutes ces bonnes raisons, j’ai bien failli passer à côté de ce livre car j’ai beaucoup de mal avec les romans épistolaires. Cependant, la modernité du personnage de Juliet dans le Londres d’après guerre en 1946 m’a bien encouragée à poursuivre ce roman qui s’est avéré être une lecture passionnante.

Il faut dire que la bande annonce du film m’a bien aidée pour imaginer les personnages et m’ y retrouver dans tous ces échanges de correspondances : il y a une dizaine de personnages principaux et secondaires. Ils se sont entraidés et soutenus pendant la Seconde guerre mondiale à travers un cercle littéraire.

C’est d’ailleurs cette solidarité d’un groupe d’amis sur une île envahie par les Nazis qui est le sujet central de ce livre.

Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates

Mary Ann Schaffer et Annie Barrows

Editions Nil

2009, 416 pages

20€

bm_3726_aj_m_3620.jpg

Le résumé : 

Londres,1946. Une jeune femme, Juliet Ashton, écrivain à succès, cherche une nouvelle idée de roman auprès de son éditeur et ami Sydney.

Une lettre venue de Guernesey va changer le cours de sa vie : un habitant cherche à se procurer des livres comme son île a été  en pénurie de vivres, de papier, de bois, pendant l’Occupation allemande.

De fil en aiguille, Juliet va faire la connaissance de l’ensemble des membres du cercle littéraire des amateurs de patates via leurs lettres, puis elle va les rejoindre pour écrire un livre sur leurs conditions de vie pendant la guerre.

Peu à peu, son livre va s’orienter vers un point de vue : une biographie d’Elisabeth Mac Kenna, une jeune infirmière intrépide. La création du cercle littéraire vient d’un de ses mensonges à l’ennemi car ses amis et elle n’avaient pas respecté l’heure du couvre-feu.

Ses nombreux autres actes de bravoure la mèneront pourtant à sa perte puisqu’elle sera déportée pendant la guerre. En 1946, elle est toujours portée disparue et les membres du cercle littéraire prennent soin de sa petite fille Kit, née de son histoire d’amour avec un officier allemand.

Mon avis :

Pour moi, ce roman est passionnant car il est porté par une héroïne à la personnalité forte et sans concession : Juliet. Le choix de Lily James à l’écran est une excellente idée, elle est jolie et pas un brin pimbêche.

4643056.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg

Au début du roman, c’est une demi-mondaine qui s’amuse dans les réceptions et les cocktails littéraires à Londres. Mais sa correspondance avec les habitants de Guernesey va révéler une femme de cœur, sensible aux autres et fidèle à ses convictions. C’est une femme indépendante, qui gagne sa vie sans dépendre d’un homme grâce à son travail intellectuel. Cela nous change de Lady Mary de Downton Abbey, une éternelle rentière.

Elle évolue dans le Londres intellectuel d’après guerre, qui se relève économiquement des bombardements mais qui vit toujours avec les rationnements, le deuil de sa maison totalement détruite…

Cette période historique est très bien décrite dans la série de Netflix The crown, notamment la saison 2 qui raconte la tentative de trahison du frère du roi d’Angleterre Edward VII et sa femme Wallis Simpson qui complotaient avec Hitler.

Ensuite, ce roman est une source historique pour comprendre la situation politique des îles anglo-normandes pendant la guerre : ils parlent anglais, leur monarchie est anglaise mais ils ne font pas formellement partie du Royaume -Uni.

L’Angleterre n’a pas envoyé d’armée les défendre contre les Allemands mais elle a évacué rapidement les enfants, un moment très émouvant du livre. Allemands comme habitants de l’île ont rapidement soufferts de la faim, de la pénurie de combustibles, les conduisant à se conduire de façon primaire pour survivre mais d’autres ont aussi choisi de s’entraider par humanité.

5149440.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg

 

C’est le grand point fort de ce livre, il montre toutes les nuances de l’âme humaine. Deux ans après la fin de la guerre, les habitants racontent à Juliet les pires travers de méchanceté des Allemands mais ils louent aussi les qualités humaines d’autres soldats qui ont oublié un moment la guerre pour tendre la main à l’autre. Le portrait de l’officier allemand Christian est vraiment réussi.

On soulignera le talent de l’auteure Mary Ann Shaffer qui a imaginé des personnages plein d’humanité, de différents âges et de différents milieux sociaux qui vont s’entraider. Elle est morte quelques mois avant la parution du livre et en a confié la fin de l’écriture à sa nièce Annie Barrows. C’est donc un roman écrit à quatre mains.

Pour la petite histoire, l’édition française est éditée par les éditions Nil, une maison d’édition qui publie de la littérature de qualité à l’image du premier roman d’Helen Simonson, La dernière conquête du major Pettigrew, mon coup de coeur de l’automne dernier.

Ma note : 4/5 sardines

517417635517417635517417635517417635

Il faut un peu s’accrocher au début de la lecture pour entrer dans l’histoire mais les souvenirs de guerre des habitants de l’île suscitent vite toute l’attention du lecteur, surtout que l’auteure a utilisé la technique très efficace du flash-back.

Elle a vraiment choisi un excellent sujet d’Histoire car ces îles ont vraiment vécu un contexte politique et social très particulier pendant la guerre. C’est l’un des meilleurs romans sur la Seconde guerre mondiale que j’ai lu.

Seul petit bémol pour moi : le personnage de la bigote dont je ne me souviens plus le nom. C’est une commère malfaisante qui dénigre les membres du cercle littéraire auprès de Juliet pour la décourager dans son projet. Je ne doute pas que ce genre de créatures existent mais elle donne vraiment une mauvaise image des chrétiens.

Je donne donc la note de 4 sardines à ce roman qui a enchanté mes longs trajets de métro cette semaine. Une des tirades de la dame bigote a d’ailleurs beaucoup résonné dans ma tête : « Ces gens là n’auraient jamais ouvert un livre si l’île n’avait pas été occupée par les Allemands » Et alors?.

 

Lifestyle

A la découverte de Mapu Picchu, créatrice sans frontières

A la rencontre de Mapu picchu, créatrice sans frontières.png

Marion c’est ma compatriote drômoise, mon acolyte créatif avec qui je partage une vraie passion pour Klimt et l’histoire de l’art en général, les stands qui prennent la pluie en région parisienne et surtout la création de broches en feutrine.

34319669_1765304453506371_4020346876640362496_n

Il faut nous voir mettre le bazar dans un salon en cinq minutes, déballer nos rubans et dégainer nos pistolets à colle, faire des patrons et des prototypes. C’était à une époque où le chômage avait pointé son nez pour un temps chez moi et réaliser de belles choses de mes mains m’avaient redonné confiance !

Depuis trois ans, Marion est montée en puissance avec un très chouette atelier-maison à Montreuil et une boutique en ligne qui donne envie : Mapu picchu, l’univers des petites choses.

26731123_1617676794935805_3225181578058231294_n.jpg13466121_1050407384996085_6850917248966034006_n.jpg

Difficile de synthétiser en quelques phrases ses créations tant elles sont le fruit de mille expérimentations et découvertes, mélanges entre de nombreux matériaux et supports comme le cuir, l’encre de chine, la feuille d’or, les tissus…

L’un de ses matériaux de prédilection est tout de même le plastique fou (celui qui se réduit au four), support de ses illustrations très subtiles et sensibles qui décorent des boucles d’oreilles de toutes les formes : en goutte, en camembert…

29497151_1686726294697521_8714536572513700969_n.jpg

Il y a beaucoup de créations fait main sur les stands de créateurs, sur le site Un grand marché. Marion se distingue par son vrai talent pour l’illustration, le dessin et le graphisme. C’est aussi une aquarelliste formidable, qui a dû se spécialiser dans l’architecture des villes d’Europe à cause de moi pour un décor de mariage.

J’aime beaucoup regarder ses carnets de voyage car elle utilise l’aquarelle avec beaucoup de modernité pour rendre les expressions des personnes qu’elle rencontre, le mouvement des tissus des danseuses de flamenco en Espagne ou alors se décider à dessiner sur des sachets de thé pour en faire des marques pages après un séjour en Ouzbékistan.

32725611_1744271495609667_9217155174773030912_n

1158345-manchette-en-cuir-bracelet-en-cuir-bracelet-cuir-2_medium.jpegMapu picchu voyage beaucoup et ça se ressent dans ses créations, influencées par les quatre coins du monde : les marques pages sur des journaux comme à Cuba, mon bracelet en plastique fou à l’effigie d’une femme vietnamienne, des marque-pages avec du tissu inspiré par l’Espagne…

Mais Marion est aussi une Parisienne d’adoption puisqu’elle dessine les toits de Paris, des citations de poèmes d’ Eluard sur des galets, fabrique des broches et des bouillottes renardes…

1161833-bouillotte-seche-renard-renarde-chaufferette-mains-1_medium

 

24862342_1575222935847858_2289285162190202634_n.jpg

Son univers créatif est en perpétuel renouvellement mais il est aussi très cohérent et constant dans les moindres détails : son nom d’artiste par exemple.

Mapu picchu est un dérivé d’une langue imaginaire inventée avec sa colocataire pendant ses études d’orthophonie à partir de rudiments d’alphabet cyrillique russe.

 

Elle aime les voyages, les langues, les paysages, les autres modes de vie… et cela se voit dans ses créations !

Mapu picchu, l’univers des petites choses sur Un grand marché et Instagram.

1160773-magnets-pinces-a-linge-theme-printanier-rose-mauve-v-1_medium.jpeg

 

BD & romans graphiques

Clément Oubrerie, spécialiste ès biographies BD

interieur-voltaire-amoureux-215x290-inddA chaque fois que Clément Oubrerie publie une nouvelle BD, je suis sur le pont. Dans le cadre de ma collaboration avec la Kube, je recommande principalement des biographies et je suis une grande fan d’adaptations littéraires en BD ou au cinéma.

Clément Oubrerie est un pilier de la BD française depuis une vingtaine d’années puisqu’il a connu de nombreux succès avec la série Aya de Yopougon, Pablo, Il était une fois dans l’Ouest… Il aime les séries et sa nouvelle BD Voltaire amoureux est aussi une série. J’ai lu le premier tome et voici mon avis :

Voltaire amoureux, tome 1

Clément Oubrerie

Editions les Arènes, 2017

20€

VOLTAIRE-COVER.jpg

Le résumé : 

1718, sous l’Ancien Régime en France. Le Roi-soleil est mort depuis trois ans, le Régent règne et on peut dire qu’il n’apprécie pas beaucoup Voltaire. Encouragé par sa milice personnelle, il l’a fait embastiller à l’âge de 24 ans. cela ne l’empêchera pas, à sa sortie de prison de devenir l’un des dramaturges les plus en vus du royaume.

Cette BD est le roman d’apprentissage d’un jeune ambitieux, qui se rebelle contre sa famille bourgeoise et qui tombe souvent amoureux de marquises ou de comédiennes de théâtre…

prologue.jpg

Mon avis :

Je trouve que cette série serait intéressante pour un cours de littérature, de philosophie, ou d’Histoire sur l’Ancien Régime et la philosophie des Lumières.

Comme à son habitude, Clément Oubrerie croque avec talent les contemporains de Voltaire : les marquises, les aristocrates ou encore le simple peuple. C’est un régal de parcourir le Paris du 18eme siècle avec ses aquarelles…

image_0_voltaire_amoureux-0f887

On s’attache rapidement au jeune Voltaire qui réussit ou qui se prend les pieds dans le tapis bien comme il faut.

Mais le vrai bémol, c’est que je ne me suis pas passionnée pour cette série comme ce fut le cas pour Pablo car je ne suis pas une passionnée de l’époque. Il faut vraiment être passionné par les Temps modernes pour suivre toute cette série.

Ma note :

3/5 sardines

517417635517417635517417635

Clément Oubrerie a crée un BD très réussie tant sur le plan du dessin, du scénario. On retrouve dans chacune de ses BD d’époque un réel travail de documentation sur les manières de vivre, les architectures des quartiers de Paris….

Je n’ai pas été emballée par le premier tome comme je m’y attendais mais je persévérerai avec la suite car le premier tome de Pablo était aussi un peu déroutant avant l’emballement affectif pour les trois tomes suivants.

Ile de France et Paris

Tu aimes les coffee-shop à Paris : voici une bonne adresse à te recommander !

logo-fb.jpgJ’ai découvert le café Joyeux grâce à un article du mensuel L’ 1nvisible, un journal catholique qui parle de l’actualité chrétienne en France.

Le café Joyeux applique les valeurs de l’ Évangile en employant des salariés porteurs de handicaps mentaux ou cognitifs.

J’aime beaucoup les coffee shops pour leur ambiance feutrée, leur décoration soignée. J’enviais les Strasbourgeois pour leur café Oh my godness et j’étais un peu triste de la disparition de Costa coffee,rue Rambuteau,  mon adresse favorite à Paris.

cafe_joyeux_paris.png

Je suis donc ravie de l’implantation du café Joyeux, passage Choiseul, qui se trouve sur mon trajet quotidien pour aller travailler à la librairie.

C’est un très joli lieu, la décoration est un critère essentiel pour moi, c’est très lumineux et ce café propose plein de bonnes choses qui donnent faim.

Cet endroit maîtrise tous les codes du coffee shop haut de gamme avec le petit plus qui fait toute la différence : le lien social.

passagedechoiseul-ohlescoeurs.jpgUn vendredi de juin, vers 15 heures au Café Joyeux, passage Choiseul. 

J’ai été accueillie par trois personnes derrière le comptoir : une jeune femme qui préparait les plateaux, un serveur et une caissière.

La caissière a pris le temps de discuter avec moi un minimum, m’inviter à la soirée du handicap sur le parvis de Notre Dame de Paris. Cela fait du bien !

Je suis rentrée dans ce café, pétrie de mes bons sentiments, bien résolue à ne pas me comporter en Parisienne pressée et exigeante (quand on veut jouer la montre). Et j’ai reçu un accueil très professionnel mais aussi authentique…. la suite de l’article sur le blog Oh les coeurs…

caféjoyeux-ohlescoeurs.jpg

Lecture et autres challenges passionnants

L’art du swap en trois leçons

21617930_10154635285206652_5576021306963537198_n
Mon premier swap en septembre dernier !

Cet été, j’ai découvert le sens du mot swap grâce aux nombreuses vidéos des booktubeuses Bulle Dop, Margaud liseuse, Lily bouquine….

Un swap c’est un colis que l’on s’échange avec son binôme d’après un questionnaire qui porte sur nos goûts de lecture, nos centres d’intérêts avec des petites surprises de papeterie, des petites choses à grignoter pour former un ensemble.

C’est la version moderne de la pochette surprise.

Le concept me plaisait bien : j’aime beaucoup ouvrir des paquets cadeaux mais j’étais un peu effarée par le budget dépensé et les énormes colis préparés.

Depuis, j’ai participé à trois swaps dont un swap voyageur. J’en ai un peu discuté avec ma cousine Léa et je me suis dis que ça serait une bonne idée pour mon blog de te donner quelques conseils si tu veux te lancer dans cette aventure sympa mais sacrément consumériste.

Un swap comment ça fonctionne ?

Pas facile d’épater une amie d’amie que tu connais peu mais le facteur découverte est vraiment passionnant. C’est vraiment l’intérêt du swap selon moi. Le plus facile serait de choisir un binôme où tu connais vraiment bien les goûts de ton amie mais la prise de risque est alors proche de zéro.

Je pense que tu l’as bien compris, le swap est essentiellement une affaire de filles. Nos conjoints nous regardent comme des martiennes quand on assemble nos swap mais ils sont bien contents de venir voir les petites surprises qu’on a reçu surtout quand ça se mange !

31046372_10155111612251652_467686286010875904_n

L’équation idéale du swap :

Un bon roman de poche avec un petit marque pour expliquer le choix du livre + un jus de fruits bio ou des capsules Nespresso, du thé + une gourmandise (moi j’offre souvent une barre de chocolat belge Galler) + un mug, c’est souvent la plus grosse pièce du swap, celle qui fait bien plaisir + une bougie + des petits accessoires de papeterie comme des marques-pages, des carnets… + une ou deux cartes postales pour écrire à votre binôme.

Le swap s’appuie sur de bons vieux codes anthropologiques vieux comme le monde : le don et le contre-don, la transmission…

Un swap c’est comme un look de mode comme dirait Christina Cordula, il faut que ça soit dépareillé, tout sauf coordonné sinon c’est monotone, sans surprises… C’est plein de petits cadeaux éclectiques qui forment un tout. Une belle boite à ouvrir, du joli papier cadeau pour emballer les éléments et les découvrir au fur et à mesure…

Hema, c’est le magasin de référence pour les swaps mais ça devient vite tristounet si tout vient du même endroit. En plus, tu cours le risque que ton amie l’ai déjà : ça m’est  arrivé…

C’est ce qui est le plus difficile et le plus contraignant avec le swap : courir les magasins à la recherche d’une idée originale, je te recommande de privilégier un ou deux surprises fait main : moi j’ai sollicité mon amie Mapu picchu pour offrir de belles boucles d’oreilles, un modèle unique…

Enfin, tout swap est un bon prétexte à se réunir dans un salon de thé pour échanger les colis car rien n’est meilleur de voir l’expression de surprise de la personne.

J’ai quelques bonnes adresses de salons de thé dans Paris : Marie-Denise , métro Père Lachaise, La Charlotte en l’Isle sur l’île Saint-Louis ou encore Rose thé, métro Ledru Rollin…

Voila, j’espère que ces quelques conseils te mèneront à tenter un swap avec tes copines autour d’un thème particulier : Noël , l’été ou encore la fête des mères ou d’autres choses beaucoup plus originales.

Viens me raconter sur le blog tes meilleures expériences autour du swap !

21686432_10154635285101652_4667924589902647_n
Tous les petits cadeaux que j’ai reçu !
Sociologie

Profession prêtre

Profession prêtre.png

C’est à travers un article dans l’hebdomadaire La vie en avril 2017 que j’ai connu l’histoire de David Gréa, un prêtre lyonnais qui a décidé de se marier . Je m’étais réjouie pour ce couple que je connaissais pas. Je me suis dit que c’était une bonne nouvelle que ce prêtre connaisse ce bonheur, au grand jour.

Six mois plus tard, je rencontre Magalie et David Gréa dans un week-end communautaire de ma paroisse.

Dans mon blog Le bal littéraire des sardines, j’affectionne aussi les essais qui questionnent la société actuellement. Cette autobiographie est l’un de mes coups de cœur littéraires de ce printemps pour son style très agréable à lire, les questions que l’auteur soulève et son talent à décrire le portrait d’une France catholique qui croit toujours en Jésus en 2018 avec foi et ferveur.

Ce sont les Arènes, une maison d’édition grand public qui a publié le livre de David Gréa. Cet éditeur donne la parole à un croyant qui cite la Bible, explique l’importance de la prière dans sa vie et raconte au grand public en quoi la messe est vivante !.

J’aime beaucoup leur ligne éditoriale puisque j’ai déjà chroniqué trois livres publiés récemment aux éditions Les Arènes : Le secret d’Adèle, Was ist das et London out of the box. C’est un bon choix d’éditeur car ce livre s’adresse au grand public, en dehors de nos milieux chrétiens.

Je suis persuadée que le prêtre a un véritable rôle de médiateur dans la société actuelle et c’est d’ailleurs le sujet central de ce livre : le récit d’une expérience spirituelle et professionnelle de dix-sept ans au service des autres.

Une vie nouvelle

Prêtre, marié, heureux

Père David Gréa,

avril 2018. Les Arènes

288 pages. 18€

Disponible à la librairie 7ici,

48 rue de Lille 75007 Paris

UneVieNouvelle-COUV-Plat1-Bande.jpg

Le résumé :

Avril 2017, les journaux et les radios d’informations nationaux font leurs gros titres d’un événement privé et personnel. David Gréa, prêtre médiatisé de l’église Lyon centre en pleine croissance, est contraint de quitter précipitamment sa paroisse à l’approche de son mariage civil avec Magalie.

Cette autobiographie retrace le parcours d’un homme qui a réussi avec toute une équipe de laïcs et un groupe de louange pop Glorious à opérer un véritable renouvellement générationnel dans son église en adaptant le langage religieux à ce que vivent leurs paroissiens quotidiennement.

Ce livre n’est pas un manifeste contre le célibat de tous les prêtres, il raconte une expérience personnelle qui démontre que les bancs des églises catholiques sont loin d’être vides en 2018.

Mon avis : 

J’aime beaucoup les autobiographies surtout quand elles sont bien écrites. C’est le cas de ce premier livre, ce n’est jamais évident de se raconter. David Gréa y parvient très bien dans un style fluide, empreint d’humilité et de grande sincérité.

Né juste après Mai 1968, enfant de la génération X, il raconte sa construction intellectuelle et spirituelle, héritée de son éducation issue du catholicisme social de ses parents dans la région de Lyon.

Lyon, c’est la ville d’où est partie la fameuse marche des beurs en 1986 avec le prêtre ouvrier Christian Delorme, interprété à l’écran par Olivier Gourmet dans le film La marche avec Jamel Debbouze. Ce film m’a marquée par la fraternité qu’il dégage.

David Gréa a été lui aussi un éducateur dans les quartiers populaires de Lyon, il s’attache à décrire avec vérité le quotidien d’un prêtre confronté directement à la réalité sociale, celle d’une société qui ne fait pas de cadeaux aux plus faibles.

Le prêtre apporte du lien social là où il n’y en a plus, il tente de pallier aux manquements des institutions, de s’adapter à la montée de l’individualisme dans les paroisses et parfois, il s’épuise.

J’ai beaucoup aimé ce livre qui raconte avec vérité les joies mais aussi les difficultés que rencontre un prêtre. La croissance de son église est très motivante mais elle demande beaucoup d’efforts d’engagement personnel pour écouter les paroissiens, les accompagner dans leurs difficultés ou se réjouir avec eux lors des baptêmes et des mariages, mais le soir, le prêtre se retrouve seul dans le presbytère.

David Gréa a dû se battre contre la solitude durant de longues années et son récit suscite beaucoup de compassion. Ce livre n’est pas un manifeste militant pour le mariage des prêtres même si c’est l’un des sujets centraux du livre. David Gréa raconte avec beaucoup d’estime l’écoute bienveillante de ses supérieurs, le cardinal Barbarin qui lui facilitera une entrevue avec le Pape François.

Un tribunal ecclésiastique lui a demandé de ne plus exercer son ministère de prêtre comme il s’est marié. L’une des forces de ce livre est de ne pas tomber dans le piège du livre à charge contre l’Eglise bien que ce témoignage mette en lumière l’absurdité des dogmes : exiger le célibat des prêtres est une règle mais pas une tradition biblique.

J’ai beaucoup aimé les citations de la Bible en début de chaque chapitre, elles expliquent aux lecteurs en quoi bon nombre de chrétiens comme David Gréa ou moi même, puisent dans la Bible des réponses à leurs questions, leurs choix de vie aujourd’hui.

Ma note : 5/5 sardines

517417635517417635517417635517417635517417635

C’était une lecture passionnante à mi chemin entre l’autobiographie et l’essai de société. J’ai apprécié le fait que l’éditeur ne soit pas un éditeur chrétien spécialisé pour que ce livre touche un public beaucoup plus large. C’est un témoignage passionnant qui éclairera chacun sur les spécificités de la vocation de prêtre aujourd’hui.