Expos

Retrouver son histoire familiale à travers une exposition consacrée à l’exode en 1940

Hier, c’était l’anniversaire du décès de ma grand-mère Annette. C’est mon second prénom et je parle souvent d’elle ici car elle m’a souvent confié sa vie. Elle est née en 1937, à Saint-Pol sur Ternoise dans le Pas de Calais.

Quand elle avait trois ans, elle est partie sur les routes de l’exode avec sa mère, ses grands-parents, son frère, son oncle et sa tante qui était alors enceinte de son premier enfant. Cette fameuse tante c’est ma bien-aimée Ma Tante Julienne (avec des majuscules à chaque mot tant on s’aimait bien elle et moi).

L’église Saint Paul à St Pol sur Ternoise. Droits réservés La voix du Nord

Elle est partie en janvier dernier et j’avais écrit mon meilleur article dans ce blog pour lui dire au revoir. En juin, mon cousin Victor, l’un de ses petits-enfants a envoyé à toute la famille un cadeau inestimable : une heure d’entretien avec Julienne dans le jardin de son moulin à Wavrans sur Ternoise. Un endroit de rêve.

Julienne y raconte son enfance (elle est née en 1919), son mariage qui n’a failli ne pas avoir lieu à cause de l’entrée en guerre de la France de la seconde guerre mondiale et surtout la fuite sur les routes de France.

Ma Tante Julienne à gauche, ma grand-mère à droite et moi

Une grande partie de la famille s’est réfugiée à Avoine en Touraine pendant plus d’un mois et demie, cachés dans des caves où ils n’ont pas mangé grand chose. Ensuite, on leur a dit de rentrer chez eux dans le Nord. Le retour à la maison ne s’est pas fait sans difficultés : mon arrière-grand mère est rentrée avec ses enfants dans un wagon à bestiaux depuis Longueau près d’Amiens.

Tandis que Julienne est rentrée en voiture avec sa fille sur les genoux depuis Melun mais tous les ponts étaient détruits par les Allemands. Et une fois rentrés, le pire les attendait puisque Saint Pol sur Ternoise était un lieu stratégique pour les Allemands avec une gare de triage très souvent bombardée.

On se croirait véritablement dans les romans Suite française d’Irène Nemirowski ou La bicyclette bleue de Régine Desforges…

Une pareille histoire familiale que je viens de découvrir en intégralité cet été grâce à ce précieux film, me fait bien réfléchir sur le luxe de la liberté en 2020, même confinés !

Huit millions de personnes ont fui le nazisme sur les routes de France dans un chaos total et très soudain. Comment les petites villes de province sont-elles parvenues à nourrir cet afflux soudain de populations effrayées et à bout de force ? Je suis aussi sensible au désarroi de ces familles qui ont confié leurs enfants pour les protéger et qui les ont perdus pendant des années.

Cette bande-annonce du musée de la Libération de Paris est géniale, je vous raconte ma visite de l’exposition 1940, les Parisiens dans l’exode.

C’est une petite exposition de quelques pièces mais très forte sur le plan émotionnel. Elle commence avec des affiches de propagande, des brochures pour expliquer comment se comporter en cas d’attaque aérienne, comment porter le masque à gaz (tiens, tiens, nous aussi nous avons des masques…. mais nous sommes bien mieux lotis qu’eux )…

J’ai lu dans le dossier de presse une référence directe à l’Exode d’Egypte dans la Bible. Cela me parait évident quand j’y réfléchis mais les Hébreux étaient bien mieux guidés par Dieu qui savait exactement où il voulait les emmener et comment les secourir.

J’ai beaucoup pensé à l’exode de 1940, quand le 16 mars 2020, Paris s’est vidé de près d’un million d’habitants qui ont fui un confinement dans un logement trop étriqué. Les dangers ne sont pas les mêmes mais les mouvements aussi massifs de populations sont toujours autant significatifs.

J’ai bien aimé la vidéo avec le discours de Churchill, Winston ce héros, les photographies pour mettre à l’abri les œuvres du Louvre…

Puis la catastrophe arrive. On organise la sortie de la population via les portes de Paris mais les avenues sont trop petites pour contenir la foule. J’ai été frappée par les photographies où les gens marquaient leur nom et leur date de leur passage à la craie sur les murs d’une ville de province pour donner des nouvelles à leurs proches. On était loin de la géolocalisation…

On se prend en pleine figure des photographies choc comme l’arrivée d’Hitler et son état-major au Trocadéro le 23 juin 1940. Un gros affreux n’arrivant jamais seul, on trouve ensuite le portait du maréchal Pétain, héros de Verdun devenu un vieux revanchard qui ne fait pas l’unanimité.

Il a mis le genou à terre devant l’ennemi, divisant irrémédiablement le pays pour une vingtaine d’années. J’ai noté une de ses critiques de la société française qui m’a bien interrogée. Pétain dénonce l’esprit de jouissance de la société française. Étonnant pour un homme qui avait des propos moralisateurs mais une vie privée assez olé olé !

Portrait de Charles de Gaulle

Mais dans cette galerie de portraits des principaux protagonistes de la seconde guerre mondiale, il y a aussi une belle photographie en noir et blanc de Charles de Gaulle. C’est le héros de mon grand-père, un gars du Nord comme lui. Il faudra que je lise un jour une de ses biographies tant mes grands-parents m’ont bassinée avec lui et je ne le connais pas tant que ça !

La fin de l’exposition m’a achevée avec un extrait du film Jeux Interdits de René Clément. On y voit une petite fille qui court sur un pont en plein bombardement pour récupérer son petit chien. Ses parents lui courent après et ils se font toucher par les balles des avions. C’est Guernica sur les routes, j’étais vraiment écœurée.

Mon frère Ugo en a dans le sac d’être allé visiter Ouradour sur Glane et un camp de concentration en Allemagne quand il a gagné plusieurs fois le concours national de la résistance et de la déportation quand il était au collège.

Je vous recommande donc cette excellente exposition qui montre de manière très efficace en quoi la guerre est abjecte. Ce musée se trouve place Denfert-Rochereau et il mérite le détour. Le prix d’entrée de l’exposition était de 6€, un tarif très raisonnable.

Retrouvez ici d’autres articles sur le même sujet ou sur les musées de société :

Guernica en BD, plaidoyer pour la paix

Les objets du confinement s’exposent au Mucem

Une journée dans le Pas de Calais pour dire au revoir à une grande dame.

Droits réservés La boite à bulles
Ile de France et Paris·Lifestyle

Quand la fragilité devient une force

Dans ce blog, je vous parle souvent d’un coffee-shop qui me plaît beaucoup à Paris : le café Joyeux. Ce café emploie exclusivement des serveurs et des cuisiniers porteurs de trisomie 21 ou de handicaps mentaux.

Ils sont encadrés par des managers au grand cœur, j’aurai bien aimé en avoir des aussi gentils quand je travaillais dans une enseigne de restauration rapide atroce humainement. Elle a disparu de la situation et je ne vais pas m’en plaindre.

Cette entreprise inclusive a la faveur d’un grand nombre de médias nationaux comme Paris-Match, un reportage de 13h15 le samedi sur France 2… J’ai vraiment été touchée par le témoignage de Charlotte, une équipière embauchée au café Joyeux des Champs-Elysées.

Lors de son entretien d’embauche filmé par une équipe de télévision, elle racontait au fondateur Yann et à son équipe ses déboires professionnels passés avec un cri du coeur, « je veux faire un travail qui compte dans ce monde« .

Je vous encourage à fréquenter ce café où l’on se sent bien car on est accueilli comme des rois, sans pression ni mauvaise humeur. Il y a une bien meilleure ambiance qu’à Starbucks Opéra ou dans les autres Cojean et snacks rapido où l’on se fait bien pigeonner le porte-monnaie. Chez Joyeux, tout est bon, bien décoré et on passe un chouette moment.

Pour ceux qui ne seraient pas très à l’aise avec le handicap, détendez-vous ! On ne vient pas au café Joyeux par charité même si on contribue à l’emploi de personnes bien marginalisées sur le marché du travail et ça c’est trop chouette. Quand on voit la beauté de leur café sur la plus belle avenue du monde, on se dit que c’est des petits veinards de travailler dans un si bel endroit avant tout.

J’en viens au plus important : au café Joyeux, on fait des rencontres marquantes. C’est le lieu où les familles aidantes et les associations se retrouvent. Avant d’attendre un enfant, j’ai observé un jour au café Joyeux Opéra la joie d’un jeune garçon de 14 ans , porteur de trisomie 21. Il dansait de tout son cœur sur Beyoncé et il faisait vraiment plaisir à voir pour sa joie de vivre.

Ce petit moment volé m’a bien accompagnée quand j’ai claqué la porte d’un gynécologue âgé mais sacrément maladroit qui me pressait de faire toute une batterie d’examens pour « dépister les enfants mongoliens » (sic)

Alors, j’ai eu envie de lire le superbe récit de vie de la maman de Marcel écrit par Carole Deschamps : L’extraordinaire Marcel, édité par Flammarion.

Carole et son mari Sylvain se sont aperçus à la naissance du handicap de leur petit garçon. Ils n’ont pas baissé les bras grâce à l’amour et le soutien de leur famille et de leurs amis très attentionnés et précautionneux.

J’ai beaucoup aimé le ton de ce livre et la sincérité avec laquelle cette mère raconte comment cette embûche a transformé sa vie en bien ! Elle raconte la batterie de rendez-vous médicaux hebdomadaires pour Marcel mais aussi en quoi ses deux fils émerveillent sa vie.

C’est un livre très complet et bien écrit. Il s’adresse aux parents sur qui l’armoire vient de tomber dessus et je pense qu’il leur apportera un puissant réconfort et de précieux conseils pratiques pour le suivi médical et administratif de leur enfant… extraordinaire.

Le lectorat de ce livre c’est les nouveaux parents comme moi ou les professionnels de santé dans le domaine de la petite enfance. Il faut avoir passé l’épreuve du feu de l’accouchement qu’on soit le père ou la mère pour comprendre les montagnes émotionnelles que ces parents ont pu ressentir.

Ce livre m’a fait réfléchir sur la médiatisation des enfants trisomiques car j’avais des idées reçues. Je trouve que Carole Deschamps est une femme talentueuse qui a bien compris comment marchent les réseaux sociaux. Elle a trouvé le bon équilibre pour exposer Marcel tout en le protégeant.

Et surtout, j’ai compris que les réseaux sociaux servent de véritable bouée de sauvetage pour que ces parents d’enfants trisomiques se soutiennent et s’entraident dans ce casse-tête administratif que représente la scolarisation de leurs enfants. Elle rappelle pour clôturer le livre que l’éducation est un droit obligatoire à partir de 3 ans.

« Marcel, je l’aime, il est beau, j’ai envie de le montrer à tout le monde !  »

Carole Deschamps

C’est à travers les réseaux sociaux que j’ai découvert cet été le cri du cœur déchirant d’une famille aidante. On a refusé l’accès à leur petite fille dans un club de loisirs sur leur lieu de vacances parce que c’était trop compliqué pour les moniteurs de s’occuper d’une grande fille en couches.

La maman avait envoyé des emails bien avant leur arrivée pour expliquer l’importance de sa demande. On ne peut pas en vouloir à ces animateurs de loisirs d’avoir respecté les eux fermés les règlements en cette période sanitaire bien compliquée. Mais les règlements ne prennent pas en compte la fatigue physique, la charge mentale de ces familles aidantes à longueur d’année.

On a refusé à ces parents le droit de souffler et de sortir du rejet le temps des vacances. Notre société est bien handicapée de ses lourdeurs administratives.

C’est grâce à des émissions comme La maison des maternelles ou Ça commence aujourd’hui qu’il y a une meilleure prise de conscience collective du quotidien de ces familles. Je trouve ça génial que le petit Marcel ait posé pour une campagne publicitaire Petit Bateau, bravo à ces marques pour enfants qui ont fait preuve d’intelligence !

Je trouve que les campagnes publicitaires, les émissions de télévision ou encore les embauches dans les cafés Joyeux contribuent aussi à rassurer l’opinion publique en montrant que les personnes handicapées ne sont pas des extraterrestres non plus.

Bonne nouvelle, l’ostracisme envers les personnes trisomiques ou autistes a fait son temps ! Bon vent !

Je vous recommande une excellente BD écrit par un papa qui a découvert le handicap de sa petite fille à la naissance : J’ai écrit un article Mongolien toi même !

Romans

Thérapie de groupe : Sauveur et fils tome 6

La série Sauveur et fils en cinq saisons a été ma compagne de confinement. Ce nouveau livre, je l’attendais depuis avril, annoncé sur Instagram pour la rentrée. L’auteure a été bien charitable avec ses lecteurs, je sais déjà qu’il y aura une saison sept riche en rebondissements.

Autant vous dire que j’ai bondi de mon siège d’autocar dans la navette Beauvais-Porte Maillot vers minuit quand j’ai compris que mon livre tant attendu sortait le 19 août et que je pouvais lire un extrait du premier chapitre sur le site du libraire Decitre.

En lisant le début de Sauveur et fils tome 6, je me suis dit « ça démarre sacrément fort » et j’ai scruté toutes les librairies parisiennes où me le procurer. Je l’ai réservé au Comptoir des mots, place Gambetta dans le 20eme arrondissement et je l’ai dévoré en quatre jours. La finale de la ligue des champions n’a pas fait le poids face à la fin de mon livre.

Le premier chapitre commence avec une imposture impardonnable mais sacrément drôle à lire. Jovo, est un vieux légionnaire barbouzeur recueilli par le psychologue antillais Sauveur Saint-Yves dans sa jolie famille recomposée d’une maison cossue d’Orléans. Il s’introduit tôt le matin dans le cabinet du thérapeute pour se mettre littéralement à sa place. Et c’est sacrément dangereux et irresponsable.

Dans un cabinet de psychothérapie, on recueille les secrets de famille difficiles à porter, on soutient des personnes qui arrivent avec leur fardeau et leur grande vulnérabilité émotionnelle. Sauveur Saint-Yves est aussi un homme qui doute et qui fait des erreurs dans sa stratégie d’accompagnement de ses patients. C’est d’ailleurs tout le sel de cette série, découvrir comment un psy peut se tromper et retomber sur ses pattes… ou non.

Il reçoit et écoute avec professionnalisme plus de soixante personnes par semaine, empiétant même sur son samedi matin pour les urgences. Psychologue, je le vois comme un sacerdoce !

J’aime lire Sauveur et fils pour ces moments de grâce, ceux où quelqu’un prend conscience de sa valeur ou encore qu’il est plus fort que le piège dans lequel il était tombé. Au bout de six années de thérapie ponctuées par six romans, on s’attache aux jeunes patients de Sauveur. Au milieu de ma lecture alors que je dévore ces romans avec délice et espoir, j’ai failli tout abandonner parce que dans les chapitres qui se succédaient, soit les personnages déconnaient ou alors il leur arrivait des choses vraiment sinistres en cascade. Et moi la sinistrose, ça m’ écœure !

Sauveur et fils est une série young adult publiée par un éditeur jeunesse reconnu. Il ne faut pas mettre ce tome dans les mains d’un adolescent de moins de seize ans. Avec beaucoup de réalisme, Marie-Aude Murail parle de violences conjugales où la pire jalousie conduit tout droit à la tentative de meurtre, de la transophobie, du consentement sexuel, la peur de l’échec et la pression parentale, et aussi de la grossophobie à l’école primaire.

On se croirait dans la page société de mon journal favori Le Monde. C’est à la fois talentueux et vraiment déprimant. Il y a eu l’ histoire de Sarah qui a m’a pas mal remuée : elle a des hallucinations visuelles et auditives de démons et d’autres créatures peu amicales. Sauveur ressent la présence de l’esprit d’un patient dans son cabinet. Cela décrit des pratiques occultes avec lesquelles il ne faut surtout pas jouer !

Mais, heureusement j’ai persévéré dans ma lecture et les moments de grâce sont arrivés en cascade, eux aussi. Je ne vous les spoile pas mais j’ai eu la larme à l’œil pour ces personnages de papier !

Et en plus, on reste sur sa faim pour le tome 7 : Jovo va-t- il enfin se faire coincer par Sauveur ou la police… ?

Retrouver d’autres articles qui mêlent littérature et psychologie :

Thérapie de groupe : la série Sauveur et fils

La conférence dédiée à Marie-Aude Murail à Livre Paris 2018

Aimer sans dévorer pour vivre libres !

Lifestyle·Parentalité

Traverser l’Europe en une journée avec une mini voyageuse de 18 mois pour aller en Bulgarie.

Cela fait toujours son petit effet quand on le dit ! Bon on blague un peu comme le vol en avion ne dure que 2h40 mais douze heures de voyage porte à porte ça vous met sur les genoux.

On n’a pas du tout regretté d’avoir laissé la poussette canne à la maison, notre porte-bébé BabyBjörn nous a sauvé la mise une fois de plus à l’aéroport de Beauvais. J’ai ressenti une petite pointe de fierté maternelle en me disant que je m’étais vraiment bien débrouillée avec l’organisation des valises.

Pourtant, ces vacances ont commencé sur les chapeaux de roue. Vomito sur la route après une cinquantaine de kilomètres à peine, arrêt sur la bande d’arrêt d’urgence pour changer la petite biche des pieds à la tête.

Mais rien n’allait nous décourager : #vacances bien méritées.

On s’est réveillé tôt le matin au 10eme étage du Vitosha park hôtel de Sofia avec une vue superbe sur les montagnes depuis une terrasse à couper le souffle. Prix de la nuit : 44 € avec petit déjeuner inclus. Même s’il y a eu des couacs : pas le lit parapluie prévu, pas d’eau chaude dans les chambres et donc pas possible d’utiliser la piscine intérieure, j’ai bien aimé cet hôtel et son petit-déjeuner européen.

Ensuite, nous avons pris la voiture avec mon beau-père pour rejoindre la grand-mère de mon mari Dafina que nous voyons une fois par an, dans sa ville de Cherven Bryag. J’aime beaucoup son appartement vintage des années 1970 avec ses boiseries, ses tapis et surtout ses deux balcons traversants depuis le 7eme étage.

C’est une vraie carte postale de la vraie Bulgarie avec ses immeubles communistes en mauvais état mais qui m’impressionnent beaucoup. Au bord de la mer Noire, c’est beaucoup plus élaboré en termes d’infrastructures pour répondre aux attentes des touristes. Et moi depuis huit ans de voyages en famille là-bas, je ne suis plus tout à fait une touriste.

Cet article n’est donc pas un carnet de voyages comme les autres. J’avais envie de vous parler de la vie quotidienne des gens en Bulgarie. Visiter l’Europe de l’est ou l’Europe centrale (je n’ai vu que Budapest pour l’instant) est assez instructif pour comprendre l’Europe dans sa diversité. C’est ma passion depuis que j’ai étudié l’anthropologie sociale et culturelle de l’Europe à l’Ecole du Louvre avec le Mucem.

Je vais commencer par ce qui vous intéresse le plus : la cuisine bulgare. J’affectionne trois plats principaux en Bulgarie. Ils constituent mon alimentation de base en été car ils sont bien rafraîchissants et revigorants après la plage : le tarator, la shopska salad et les banitsa.

En Bulgarie, vous allez manger beaucoup de concombre et de sirene (feta bulgare excellente) en été. J’adore aller dans les petites épiceries de village pour regarder les rayons. Je vous recommande de manger une bonne banitsa en revenant de la plage vers midi, ça requinque ( l’équivalent du croissant au petit déjeuner mais il faut aimer entre nous).

Ensuite, j’aime beaucoup observer l’architecture soviétique de la grande époque des années 1970 et 1980 à Sofia et dans la partie ouest du pays. C’est pas forcément très beau dans le paysage mais c’est une expérience à faire pour comprendre comment vivent les gens dans une Europe bien différente de la mienne.

Dans la partie est, celle où je vais tous les étés en vacances, c’est totalement biaisé pour le tourisme. Les stations balnéaires telles que Sozopol, Nesebar, Pomorie et surtout Sunny Beach logent une grande partie de l’Europe de l’est en été. Il faut donc appâter les touristes avec les dernières infrastructures modernes.

Je vous recommande Sozopol, ma station balnéaire favorite pour ses vestiges anciens et ses loisirs très bon marché qui vous feront passer des vacances inoubliables avec vos enfants. La visite de la vieille ville en début de soirée est d’une beauté et d’un dépaysement génial.

Ses maisons en bois ne sont pas classées au patrimoine mondial de l’Unesco mais c’est tout comme. Je vous recommande l’ hôtel Villi Sozopol à la pointe de la vieille ville avec sa vue impressionnante et sa bonne cuisine.

C’est le lieu idéal pour se baigner avec des enfants : le tour de banane gonflable tirée par un jet-ski coûte 5 € l’aller retour de 30 minutes (impensable en France) et vous pouvez fréquenter la piscine d’un hôtel pour 4 € la journée si la mer est trop agitée (ce que nous avons fait avec délice !).

A travers la lecture de cet article, vous aurez sans doute compris que la différence de standards économiques entre la France et la Bulgarie saute aux yeux. J’ajouterai que les professionnels du tourisme en Bulgarie sont vraiment aux petits soins pour les touristes étrangers. Il faut juste ne pas se laisser berner par les chauffeurs de taxi à l’aéroport de Sofia et à Sozopol (mais c’est universel je crois). La plupart des Bulgares sont assez francophiles !

Alors davaï en Bulgarie, vous y serez très bien accueillis.

J’ai même poussé l’expérience sociologique d’aller chez le coiffeur dans le village de mes beaux-parents, avec mon interprète de mari obligatoirement. Pour l’équivalent de 4€ la coupe, nous avons économisé vingt euros chacun pour une coupe sans shampoing ni brushing mais tout à fait dans le coup.

Retrouvez mes précédents articles qui parlent de mon pays par alliance :

En août, Le bal littéraire des sardines se met à l’heure bulgare !

Carnet de voyages en Bulgarie

Bulgarie

En août, Le bal littéraire des sardines se cale à l’heure bulgare

Comme chaque été depuis sept ans, je pars en Bulgarie, patrie de mon cher époux. Mon blog se met donc à l’heure bulgare (+1 heure de décalage horaire) à partir du 5 août.

Au programme : Sofia, Cherven Brag, Bourgas et Sozopol. Ce n’est pas un carnet de voyages comme un autre car je ne suis plus tout à fait une touriste en Bulgarie. Nous allons rendre visite à la grand-mère de mon mari dans un endroit peu connu des Français du film Premières vacances Je suis une bien meilleure ambassadrice de la Bulgarie que ces casse-pieds taquins soit dit en passant…

J’ai envie de vous parler cuisine, vestiges communistes, art de vivre et farniente (je suis sûre que Sozopol devient une destination touristique un peu connue, on a croisé des gens de Roubaix il y a deux ans).

Tous les jours, je vous posterai une photo ou publierai une story significative pour vous raconter notre voyage et vous donner envie d’être curieux. Les Bulgares sont particulièrement hospitaliers et francophiles (surtout un !)

Première découverte pour vous : le tarator bulgare. C’est cadeau pour vous, pour affronter les températures terribles de ces prochains jours !

Tout à fait réalisable en France (contrairement à la shopska salade qui demande des ingrédients typiques bulgares, je vous en parle dans un prochain article, c’est mon aliment de base).

A bientôt sur Facebook et Instragram, on a un avion à prendre !

Mes précédents articles qui parlent de la Bulgarie :

Carnet de voyages à Sozopol et Sofia

Mon top 5 des meilleurs parcs et jardins en Europe.

Blogs, podcasts et applications numériques

Les contenus de juillet

D’habitude en juillet, canicule oblige, je ferme à toute vitesse mon ordinateur. Aucune envie de bloguer. Mais cette année, portée par des températures beaucoup plus clémentes et de bons sujets, rien ne m’arrêtait.

J’ai publié sept articles avec beaucoup de plaisir. Certains marquaient un sacré dé-confinement culturel : un retour très apprécié dans les salles de cinéma et les musées.

Je me suis régalée avec le film Les parfums, une belle histoire d’amitié qui ne se termine pas obligatoirement au lit.

Copyright Les Pyramides

Ensuite, j’ai tenu à remercier tous ces gentils Kubers qui m’envoient de belles cartes postales pour me remercier pour les lectures que je leur recommande chaque mois.

J’ai récidivé à écrire un second article sur l’exposition Louis de Funès à la Cinémathèque tellement ce petit monsieur est un génie de la comédie.

Une autre exposition de société m’a tapée dans l’oeil : l’exposition Lu au musée d’Histoire de Nantes. L’occasion de rendre hommage à tous ces braves routiers qui nous ont nourri pendant le confinement. Une pénurie de biscuits serait une sacrée épreuve chez nous !

J’ai lu un chouette roman qui ne payait pas de mine vu sa longueur : Millésime 1954. C’était un voyage dans le temps très agréable. Au même moment, j’ai acheté le carnet urbain de coloriages de Paris de Zoé de las Cases. Je me suis lancée dans une compilation de souvenirs de quinze années à Paris depuis mon arrivée en 2005 sur l’île Saint-Louis. Vaste chantier !

Nous avons rejoint notre famille et nos amis à Valence et Lyon, de belles retrouvailles depuis le confinement. Il fait beau et chaud, le rosé et le barbecue étaient au rendez-vous.

Enfin, j’ai lu un roman fort sur la Floride des années 1960. J’ai trouvé le titre un peu nul mais c’était un bon moment de lecture et d’évasion. Venetian pool, attends-moi !

Romans

Ma chérie, au bord d’une piscine de Miami.

Comme j’ai un vrai souci pour lire un bon roman jusqu’au bout sans me décourager, je scrute avec attention le blog My pretty books, écrit par Fiona qui est bibliothécaire. Son blog est une vraie mine d’or, ses avis sont souvent ceux d’une critique littéraire aguerrie.

Fiona a un vrai talent pour mettre en valeur le résumé et les thèmes charnières d’une histoire. J’ai voulu lire Ma chérie car cela parle d’une fille pas si paumée que cela en Floride dans les années 1950-1960.

Inspirée par @Mamasdrawings

Bon, le titre de ce roman est nul (ça commence mal) mais la couverture du format poche est jolie. J’ai détesté les deux premiers chapitres qui ne développent pas assez la psychologie d’une femme, Gloria que l’on va suivre pendant deux cent pages tout de même ( mais je les ai relus après avoir fini le livre, cherchez pas la logique…)

Je vous laisse découvrir la chronique de Fiona au sujet de ce roman. J’ai choisi de parler de ce livre dans mon blog pour une raison toute autre : rêver de Miami et de la Floride. C’est un projet pour nos dix ans de mariage d’aller faire un grand voyage aux Etats-Unis.

Dans les films ou les séries, on caricature un peu la Floride comme un repaire pour retraités friqués. Les parties de golf de Donald Trump sur les deniers de l’Etat ne vont pas redorer le blason de la Floride. Ce roman met à l’honneur la richesse architecturale de Miami ainsi que son histoire. C’est un état du Sud, réputé très conservateur.

J’ai appris avec ce roman, ce qu’était un ou une redneck. C’est à dire un péquenaud peu ouvert sur le monde. Cela tombe mal, la Floride c’est un creuset de bon nombre d’ethnies par sa position géographique,aux portes des Caraïbes… Avec ce roman écrit par une Française très bien documentée, j’ai appris qui étaient les Séminoles, ce peuple amérindien qui s’est révolté contre la colonisation anglaise et qui est venu en aide aux esclaves afro-américains.

Mon frère Ugo qui voyage beaucoup pour son travail, a pris la sympathique habitude de nous envoyer des cartes postales du monde entier. Celle de la Nouvelle-Orléans nous a vraiment donné envie d’aller visiter le Sud des Etats-Unis. Je rêve des Keys, du parc Disney et des ballades architecturales à Miami et Tampa. C’est incontournable pour moi d’aller à Venetian pool, cette ancienne carrière transformée en piscine d’eau de source. Je vous en parlais déja dans l’une de mes chroniques du roman La piscine de Rosemary.

Retrouvez ici d’autres articles en lien avec les Etats-Unis ou les piscines de rêve :

Combattre le racisme à l’aide des livres et des films

– Mon crush lecture : La couleur des sentiments

– Chronique du roman La piscine de Rosemary

Carnets de voyages urbains

Exulter de rire et de joie en vacances dans un vieux train entre Valence et Lyon !

Vendredi matin, nous sommes partis tôt pour Valence retrouver notre famille après le confinement. On préfère voyager en semaine et sur trois jours, c’est plus rentable vu le barda qu’on emmène avec une jeune biche de seize mois.

Pour une escapade à Valence, je vous recommande de choisir la gare de Valence ville et non Valence TGV qui se trouve loin dans la campagne. Pour visiter le parc Jouvet, la place des Clercs, la maison des têtes… c’est beaucoup plus pratique.

Après un bon tour de manège dans le superbe parc municipal crée en 1905, nous sommes partis pour Saint-Péray, le pays des vins. C’est peu dire que j’aime ce grand village où mes parents ont acheté une chouette maison il y a cinq ans désormais. Voici mes meilleures adresses à retrouver ici.

Je me suis accordée un petit kiff de maman en allant nager à la piscine municipale en plein air. Nous étions seules, ma daronne et moi. C’était même un peu triste de voir ces bassins vides sans enfants qui courent de partout et s’éclaboussent.

Le lendemain, on a grimpé (littéralement) dans un antique TER qui nous menait jusqu’à Lyon Part-Dieu retrouver nos bons copains chez eux à Villeurbanne. Je ne sais pas si c’était la nostalgie des années 1990, la belle vue sur le Rhône et les vignes de Tain l’ Hermitage… Mais il régnait dans ce wagon une ambiance de douce folie.

On a bien fait les déglingos tous les trois, Petite biche, Mon chéri et moi à brailler « On est en vacaaaances » dans le wagon alors qu’on ne l’était pas encore et à danser de manière très contradictoire. Les gens du wagon voisin en ont pris pour leur grade mais cela faisait du bien d’exulter, manifester bruyamment que Coco le virus n’allait pas nous voler notre joie cet été.

On s’est bien régalé à retrouver nos copains, nos biquets ont deux mois d’écart et s’entendent comme larrons en foire (c’est eux qui jouent au molky ensemble maintenant!). Le barbecue, les pizzas étaient au rendez-vous, énorme fou rire quand une main innocente a renversé mon verre de rosé dans mon assiette et m’a bien douchée ! Bref, il était loin le confinement et c’était bon !

Pendant ces deux jours, nous avons fait un superbe pique-nique en soirée devant les serres du parc de la Tête d’or même si nos charmantes têtes blondes ne nous ont pas laissé le loisir de faire notre traditionnelle partie de molky.

Le dimanche matin, nous avons gagné le centre-ville de Lyon en métro. Direction la place Bellecour déserte puis le Vieux-Lyon par les passerelles qui enjambent la Saône. Avec ces collines, ces immeubles à la chaux, ces fleuves d’un beau vert, on hésite entre mille références : Florence ? Budapest?. Lyon est une ville assez incroyable, un petit air d’Italie assez remarquable.

Droits réservés Lyon France

Même si je viens de Valence, je connais beaucoup mieux Paris et Marseille que Lyon. Ces escapades amicales sont donc l’occasion de pallier nos carences lyonnaises. L’an dernier, nous avions enfin visité le parc de la Tête d’or et nous y sommes retournés avec grand plaisir. Ses cactus et autres plantes sont vraiment impressionnants. J’aurai bien joué à la pétanque !

Je vous recommande la lecture de ce super guide touristique de Lyon qui vous fera découvrir cette ville unique sous un angle tout à fait insolite. Avec ses vieilles traboules, ses bouchons lyonnais…, on sent bien que cette ville a un caractère historique bien particulier. Lyon, c’est plus que la ville de la praline, du coussin de pâte d’amandes et de la quenelle (de semoule!).

Puis, nous avons pris le train pour regagner nos pénates. Même si nous pestons beaucoup contre la capitale cette année, on était content de rentrer à la maison. Cela sentait l’écurie dès l’arrivée à Paris-gare de Lyon !

Retrouvez mes précédents articles Lifestyle en Rhône-Alpes :

Mon top 5 des jardins publics en France et en Europe

-Un week-end de mariage en Rhône-Alpes

Viens faire un tour sur le plateau ardéchois

Se régaler en Drôme Ardèche

Romans

Millésime 54, un chouette petit roman qui cultive la nostalgie du Paris d’avant

Il ne faut jamais se fier à la longueur d’un livre. J’ai tendance à privilégier les gros pavés qui envoient du lourd pour un mois de lecture au moins…. et ça réduit drastiquement mes chances de lire un bon roman (je deviens ultra sélective).

Avec Millésime 54, je me suis accrochée à ma lecture même si je m’ennuyais au démarrage, ces quatre personnages étaient assez sympas donc j’ai poursuivi et j’ai bien fait. Ma lecture suivante dont je ne me souviens même plus du titre (une histoire de lettres en Espagne pour sauver la postière locale) , je ne lui ai pas laissée sa chance, abandon au bout de trente pages !

Le résumé :

Millésime 1954 raconte la rencontre entre quatre personnes que tout oppose mais qui vont devenir amis le temps d’une soirée à partager un verre d’un très bon vin. Hubert, le président du syndicat de copropriété invite deux propriétaires de son immeuble, Magalie et Julien tous deux célibataires à partager sa soirée. Ils l’ont aidé à se sortir d’un cambriolage rocambolesque de sa cave, soutenus par Bob, un Américain débrouillard mais fraîchement accueilli par Hubert. Il vient prendre possession d’un AirBnb, pratique peu appréciée par les Parisiens du quartier. Cette fameuse bouteille de vin les enverra tous les quatre en 1954, un voyage drôle et léger dans les couloirs du temps…

Mon avis :

C’est une histoire simple mais efficace comme un petit beurre à la sortie de l’école. Le ressort de ce roman, c’est la nostalgie du Paris des années 1950. Les anachronismes fonctionnent aussi bien que la comédie populaire Les Visiteurs (sans la visite au vieux mage dégarni). J’ai beaucoup aimé le chapitre où Hubert se rend au Ritz et trouve que la RATP a vraiment fait les choses en grand pour les journées du patrimoine.

Antoine Laurain est un écrivain brillant qui a su me divertir dans le métro avec des trouvailles géniales et des répliques très tendres : notamment quand Bob propose de partager ses dollars avec ses trois amis qui n’ont que des euros et qui ne pourront rien faire avec, en souvenir de La Fayette.

Avec ces quatre personnages, on rencontre Salvator Dali, Jacques Prévert et Robert Doisneau, Audrey Hepburn et le fondateur du Harry’s bar (adresse totalement inconnue alors que je passe dans ce quartier tous les jours), Edith Piaf et Jean Gabin… Ce n’est pas très plausible parfois mais on s’en fout, la magie de la nostalgie opère. Je me suis trouvée des points communs avec cette Magalie, toute émerveillée de se retrouver dans l’animation disparue des légendaires Halles de Paris. Ce roman est une magnifique déclaration d’amour à Paris, j’y ai appris des choses comme la fameuse langue inventée des métiers de bouche dans les Halles.

Ils vont partir tous les quatre à la campagne pour remonter les couloirs du temps en retrouvant le père la soucoupe, l’aïeul de Julien. C’est une histoire de doux dingue bien agréable à lire.

La force de ce livre repose sur l’amitié entre ces quatre personnages qui se connaissent peu et qui vont devenir de vrais amis en quelques jours. On ne passe pas 300 pages à d’étendre sur leur psychologie (même si on comprend vite certaines failles, joies et désillusions de leurs vies) mais on s’attache très vite à eux. Chacun va s’accommoder rapidement à ce voyage dans le temps complètement déstabilisant car il va les aider à donner un sens à leur vie. J’ai aimé particulièrement le personnage d’Hubert. On sent qu’il s’est enfermé dans une routine un peu ennuyeuse, sa femme semble faire peu de cas de lui.Il va s’attacher à Magalie et Julien ainsi qu’à Bob dans un véritable esprit de camaraderie et d’entraide.Il n’y a aucune réplique vacharde entre eux comme on peut les trouver dans des films : Bourvil et De Funès dans La grande vadrouille par ensemble.

Cette très belle camaraderie est très agréable à lire dans la scène de pêche miraculeuse qu’ils vivent ensemble à la campagne. Hubert comprend alors la beauté du moment et la vanité de sa vie d’administrateur immobilier régie par des avalanches de mails quotidiennes.

Avec mon mari, on s’est amusé à regarder des vidéos de l’ Ina qui interviewait des adolescents dans les années 1960. Force est de constater le fossé culturel et sociétal entre la manière de parler un peu gauche et l’aplomb d’aujourd’hui. Internet et les réseaux sociaux sont passés par là.

Ma note :

3

Ce petit roman a été une agréable surprise même si j’ai peu accroché à quelques moments qui me paraissaient peu plausibles. Je ne suis pas une passionnée des histoires de soucoupes volantes. Mais j’ai beaucoup aimé les anachronismes et la jolie nostalgie de ce roman. Le personnage de Bob l’Américain qui reconnait le Dieu des miracles dans la guérison de sa femme désespérée est un très joli moment du livre…

Cette veine nostalgique m’a convaincue de me lancer dans un projet d’une grande ampleur. Je vous avais parlé de mon carnet de coloriages de Paris, réalisé par Zoé de las Cases. Pour mes quinze années à Paris en septembre prochain, j’ai décidé de transformer ce carnet assez plat en un carnet de souvenirs avec des collages, des coloriages à l’aquarelle, aux feutres… pour compiler tous les coins de Paris que j’aime et ça sera une sacrée entreprise !

Alors, je colle des cartes géographiques de Paris, des cartes de visite, j’enrichie le carnet d’adresses de cette Zoé avec mes propres souvenirs. Voici un petit aperçu du démarrage de ce grand projet !

Expos

Respirer une bonne odeur de biscuit à l’exposition Lu à Nantes

J’aime beaucoup les expositions de société sur l’histoire d’une entreprise par exemple. Je ne suis jamais allée à Nantes, l’eldorado immobilier de tous les Parisiens exilés en ce moment.

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J’irai bien découvrir le château des ducs de Bretagne avec ma famille pour visiter l’exposition LU, un siècle d’innovation du 27 juin au 3 janvier 2021. Ce château abrite le musée d’Histoire de Nantes. C’est là où tout a commencé pour le 2eme géant mondial du biscuit, les usines Lu sont incontournables dans le paysage économique et culturel de la ville.

Cette marque de biscuits a marqué l’histoire de l’art avec ses réclames publicitaires réalisées par Alfons Mucha entre autres et le fait que l’enfance soit mise en avant comme argument marketing. Le petit dernier de la famille Lefèvre-Utile a sa bobine tamponnée sur des milliards de Petit-écolier depuis 1882.

Cette exposition me paraît être un bon rappel de l’actualité toute récente. On dénigre l’industrie agro-alimentaire à grands cris actuellement mais on peut surtout remercier Dieu de ne pas avoir vécu de pénurie alimentaire pendant ce confinement. Les biscuits m’ont été d’un grand réconfort (j’assume) quand je me demandais combien de temps cette assignation à résidence allait encore durer. Un livre Routiers publié par les éditions de l’Iconoclaste, rend hommage aux routiers qui nous nourrissent quotidiennement et qui ont été vraiment maltraités sur les aires d’autoroute.

Pendant ce confinement, les sacs de farine étaient aussi recherchés que des lingots d’or car la pâtisserie est une valeur refuge quand l’heure est à la peine. Le petit beurre c’est le biscuit universel de la petite enfance, un plaisir sain à l’image de son packaging simple mais terriblement efficace.

La prouesse technique est là : proposer une exposition en odorama. Moi renifler l’odeur des Paille d’or pendant ma visite, ça me motive à prendre le train. Chacun a un lien affectif avec les biscuits Lu. Mon frère et mes parents sont des fans des Figolu pour le sport et les randonnées. Il y a même eu une pétition quand Lu a retiré des grandes surfaces la recette d’origine des biscuits à la figue en 2015.

J’aime ces expositions de société qui rendent compte de notre vie quotidienne, il y a de la matière à étudier pour les musées sur les manières de vivre qui évoluent. Ce confinement nous l’a montré.

Je vous recommande d’autres belles expositions aussi populaires les unes que les autres :

– Les objets du confinement trouvent refuge au Mucem.

Louis de Funès, meilleur remède contre la sinistrose, à l’honneur à la Cinémathèque française.

– René Goscinny, le génie de l’humour, trésor national français.