Romans·Séries

Trois coups de cœur séries et romans qui m’aident à attendre le printemps en février

Cette année particulièrement, j’ai vraiment hâte que l’hiver se termine, qu’on jette aux oubliettes nos masques et que le printemps reprenne tous ses droits. L’an dernier, la météo nous a bien arnaqué avec un printemps lamentable et un été passé inaperçu.

D’ici là, j’hiberne comme une vieille ourse sous ma couette avec de bonnes séries et de bons livres en attendant que mon balcon soit prêt pour de longues soirées à siroter des citronnades en contemplant les couchers de soleil avec mon mari. Tout un programme à venir !

Je me rends compte que mes collègues de bureau ont regardé les mêmes séries Netflix que moi en février, signe que c’était des bons moments de détente à partager avec vous sur ce blog !

A l’ombre des magnolias, saison 2 sur Netflix.

J’ai un peu honte d’avouer que j’ai compté les jours jusqu’à la diffusion de la saison 2 le 4 février alors que je n’avais pas été tendre avec la saison 1 ici même ! Ah ces bons vieux cliffhangers, ils vous donnent envie de replonger la cuillère dans le pot de Nutella même quand vous êtes pas mal écœurée.

Alors je persiste, ce n’est pas à la hauteur de Call the midwife, The crown, Mes premières fois et Atypical. Mais c’est une petite série qui fait le job malgré ses longueurs dans les dialogues ou ces postures chrétiennes un peu trop identitaires.

J’aime suivre l’évolution de la vie de ces trois femmes, au fil de leurs soirées cocktails avec leurs tenues inspirantes pour Maddy et Helen, leurs intérieurs à la mode. C’est une vision un peu idéale de la petite ville du Sud des Etats-Unis, où racisme et délinquance semblent ne pas exister.

Comme dans la première saison, les adolescents de cette série ont l’air plus matures sentimentalement que leurs parents.

Cette série montre des quadragénaires un peu blasées par leurs expériences conjugales bancales, elles rejettent les engagements sentimentaux au profit d’expériences ludiques et inédites tout en restant fleur bleue.

Mention spéciale au grand benêt qui sème des enfants partout dans la petite ville de Serenity. Cet épisode m’a vraiment sidéré, c’est l’un des grands points forts de cette saison. On aurait dit que la chanson Papaoutai de Stromae a été écrite pour lui.

Etre père est bien évidemment le thème central de cette deuxième saison, l’envie de maternité d’Helen l’illustre à la perfection. J’ai aussi bien aimé que la série développe la seconde chance que se donne le couple de Dana Sue et Ronnie. Cette chef cuistot est loin d’être un personnage que j’affectionne, la carapace qu’elle s’est forgée la rend assez antipathique. Mais ce revirement de situation est assez intéressant à suivre.

A l’ombre des magnolias est une adaptation littéraire d’une série de romans Arlequin où l’héroïne, Maddy, mère de famille admirable a une sacrée différence d’âge avec le coach Maddox, dixit Joëlle, mon homologue séries de filles. Pas sûr que j’aurais lu la série de romans tout de même.

Une fois A l’ombre des magnolias terminée, j’étais fort dépourvue. Heureusement, Netflix a fait jouer son redoutable algorithme avec Inventing Anna.

Au début, j’ai cru que c’était un documentaire (le générique me fait vaguement penser à la Joconde, va savoir pourquoi). J’avais lu l’histoire de cette fille, Anna Sorokin dans Elle dans quelques années. L’article décrivait bien le culot avec lequel elle avait arnaqué une bonne partie du gotha new-yorkais en devenant une amie bien fuyante quand il s’agissait de régler la note.

C’est une fiction librement adaptée d’une histoire vraie (c’est même mis en avant dans le générique à chaque épisode) en dix épisodes très bien structurés et tous aussi passionnants les uns que les autres. C’est une sacrée réussite tant les portraits psychologiques des personnages sont complexes et intéressants. Palme d’or à cette fameuse Anna qui fait froid dans le dos dans les trois premiers épisodes.

Elle se comporte vraiment mal avec Vivian, cette journaliste new-yorkaise qui s’intéresse à son histoire avec humanité mais aussi intérêt : avoir cet entretien exclusif lui permettrait de relancer sa carrière. C’est Vivian et Todd, l’avocat chargé de la défense d’Anna qui tiennent le beau rôle dans cette histoire.

Vivian est entourée d’une équipe de vieux routards de la presse qui vont lui donner un sacré coup de main. C’est cet hommage au journalisme d’investigation qui m’a plu dans cette série car les selfies d’une mondaine sur Instagram, ça va bien cinq minutes.

Copyright Nicole Rivelli/Netflix

C’est une série de grande qualité, très bien rythmée avec des retournements de situations passionnants. La roue tourne et les relations deviennent plus profondes quand Todd et Vivian prennent cette casse-pied de première sous leurs ailes. Car sous ses grands airs, c’est une gamine qui va se retrouver en prison une grande partie de sa vie, totalement abandonnée par ses parents restés en Allemagne.

J’ai été marquée par la scène où Todd fait la leçon à sa femme qui ne connait que le luxe et la vie facilitée par des parents présents dans son appartement de dingue à New-York : son dressing donne le vertige…

Cela a résonné avec l’une de mes lectures du mois : La villa aux étoffes, contribution de ma collègue Marine à notre future boite à livres au bureau qui verra bientôt le jour.

Malgré ses similitudes évidentes avec la série anglaise Downton Abbey, j’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman car il était bien écrit. Il réussit à montrer les rapports sociaux entre une jeune aristocrate et sa femme de chambre.

Elles ont parfois le même âge, imaginent comment elles pourraient devenir amies sans réaliser l’abyme sociétal qui les sépare.

Ce roman parvient à décrire ce thème incontournable de rapports sociaux entre maîtres et domestiques par des mots bien choisis, là où la série a moins de facilités sur grand écran. J’aimé que ce livre soit un gros pavé avec des rebondissements. Le fait que l’histoire se passe dans une usine de tissus en Allemagne juste avant la première guerre mondiale était un bon prétexte pour donner de la profondeur au récit.

La petite échappée dans le Montmartre des avants-gardes en 1914 à Paris m’a beaucoup plu même si c’était un peu tiré par les cheveux. Le personnage de Katharina, la plus jeune des filles de la famille est passionnant. On a envie de la secouer comme un prunier pour lui dire « Mais reviens sur terre, rends toi compte de la situation dans laquelle tu te mets au lieu de rêvasser à ce point ».

La sœur ainée, Elisabeth, est totalement aigrie car la nature ne l’a pas dotée du même physique et donc elle est dans le contrôle permanent pour ne pas perdre la face. Un roman un peu profond sur le plan psychologique et me voila ravie !

Je ne sais pas encore si je lirai la suite (c’est un peu des romans à l’eau de rose quand même malgré la dimension historique). Il y a trois autres tomes à lire en attendant la sortie du second volet de Downton Abbey.

Lire la suite de La villa aux étoffes sera toujours une meilleure détente que le roman La colline aux esclaves édité par Charleston. Ce roman qui raconte les pulsions meurtrières des maîtres sur leurs esclaves noirs quand ils avaient un pet de travers m’a donné des cauchemars. J’ai vite abandonné cette lecture même si la force des mots pour traduire l’horreur m’a épatée.

D’autres romans et séries que je vous conseille dans le blog pour attendre l’arrivée du printemps :

– Mes dix meilleures pépites trouvées sur Netflix

– Un roman aussi dépaysant qu’un trajet en Eurostar pour se retrouver dans le Sussex sur les traces d’un major anglais

Tout un été avec les personnages de Mitch Albom

Ile de France et Paris·Lifestyle

Fromaville, reconnecter le 9-3 à son passé campagnard

Le premier producteur de fromages du 9-3 est l’un des meilleurs potos de mon frère depuis le lycée. Il s’appelle Xavier et s’est reconverti fromager après une carrière à parcourir les hypermarchés français pour un grand groupe américain spécialisé dans l’industrie de l’hygiène et des cosmétiques.

Il a ouvert sa fromagerie urbaine en octobre 2021. Son pari a rapidement suscité l’engouement sur les réseaux sociaux. Xavier s’est appuyé sur une fidèle communauté de followers à qui il racontait l’histoire d’un fromage par jour sur Instagram. Puis il a mené une campagne de crowdfunding pour créer son commerce

Ce projet rencontre son public car il répond à bon nombre d’aspirations de consommateurs et d’entrepreneurs : privilégier les circuits courts quand on en a sa claque des supermarchés impersonnels où l’on ne sait pas si ce que l’on trouve dans son assiette n’a pas traversé la moitié de l’Europe par exemple.

Au départ, je reconnais que j’ai trouvé l’idée saugrenue. Mais le gars ne vient pas de nulle part, il connait les rouages de la grande distribution. Et surtout il a fait de sa passion, son métier. Cette dimension affective se ressent dans ses stories Instragram.

Son aventure entrepreneuriale m’a intéressée car récemment, j’ai pris le chemin contraire. Après dix ans derrière la caisse d’une librairie, je m’occupe de la diffusion de livres à une échelle industrielle. C’est à dire que je ne vois pas physiquement les produits que je vends. Je comprends tout à fait le sens de toutes ces reconversions professionnelles de cadres dans les métiers de bouche ou dans le domaine de l’épicerie fine.

Dans un commerce, on rencontre directement ses clients et on sait rapidement nos produits plaisent et pourquoi. Xavier a eu la bonne idée d’organiser son espace de vente attenant à son atelier de production de 75m² pour que les clients puissent voir la fabrication de leurs fromages. La pâtisserie Aux merveilleux de Fred a adopté la même stratégie gagnante.

Nous avons pu goûter un claquos de Saint Ouen, un pavé des Puces et surtout un excellent yaourt vanille. Le lait est collecté deux fois par semaine à moins de cent kilomètres de Fromaville dans un utilitaire-citerne chez des agriculteurs bio. Avec ces récoltes de lait, il produit 400 fromages.

Le claquos était vraiment délicieux, ma collègue Joëlle qui vient de Saint-Denis m’a dit que c’était un fromage connu dans le département. Mais j’ai moins aimé le pavé. Les yaourts étaient vraiment savoureux, nous allons y retourner pour tester d’autres parfums car bien sûr ma fille a adoré !

Une marque moderne qui s’appuie sur le passé

Cela m’a rappelé un de mes devoirs d’anthropologie qui portait sur les décors de commerces alimentaires parisiens entre 1850 et 1914 : Avant le supermarché, le décor du magasin alimentaire était un art . J’ai découvert qu’il y avait des laiteries à proximité de Paris dans les petits villages qui seront annexés après 1860 ou que le lait était convoyé par chemin de fer.

Les boulangeries, crèmeries ou encore charcuteries ornaient leurs devantures de panneaux peints et fixés sous verre, autant d’images d’Epinal pour rappeler les origines paysannes des Parisiens qui se sont massivement exilés en ville.

Fromaville s’est fondé sur l’histoire industrielle de Saint-Ouen comme ancrage de son identité. Un commerce, c’est comme une personne, on aime savoir d’où elle vient et les valeurs qu’elle porte. Ce sont les clés du succès du storytelling sur Instagram.

L’identité visuelle des produits Fromaville (la vitrine, le logo sur les sacs en papier, les étiquettes des fromages) a été confiée à l’agence de design Saguez et partners.

L’emplacement de la boutique n’a pas été non plus choisie au hasard. Fromaville se situe dans le quartier des Docks à Saint-Ouen. L’arrivée de la ligne 14 du métro parisien attire les familles et les jeunes actifs (ceux qu’on qualifie avec caricature de « bobos ») qui veulent vivre dans plus grand.

Je parie que Fromaville parviendra à réunir une clientèle de trentenaires qui aime préparer son apéro du week-end entre copains et une clientèle plus âgée et retraitée qui prend soin de choisir sa meilleure viande, son fromage et son pain comme sur l’esplanade de Maubert Mutualité ou place Gambetta dans le 20eme arrondissement.

Quel que soit son âge, le Français type comme vous et moi est un épicurien qui aime le bon pain, le bon vin et le bon fromage. C’est cliché à fond mais ce n’est pas près de changer. Son témoignage a fait l’objet d’un article de qualité dans Les échos, que je vous partage ici.

Fromaville, 10 rue des Bateliers, 93400 Saint Ouen. Ouvert du mardi au samedi.

DIY

Passion broderie

Quand j’étais petite, ma grand-mère nous a initié au point de croix pour nous occuper l’été au camping quand le désœuvrement était à son comble.

Puis, j’ai abandonné ce loisir même si j’allais de temps en temps faire un tour au magasin Modes et travaux, rue Saint Lazare pour regarder si je ne trouvais pas quelque chose à mon goût. L’air de rien !

Longtemps, j’ai trouvé la broderie trop classique, voire mémérisante dans ses motifs, ses coloris. Et puis Instagram est passé par là. Ainsi, j’ai découvert des blogueuses comme Ginacie, Britney Pompadour qui ont modernisé cette pratique avec beaucoup de talent.

Coeur brodé de Ginacie dans le blog Merci pour le chocolat

Cet hiver, en piochant dans les bacs dépareillés d’un Noz de zone artisanale, j’ai trouvé un trésor. Des petits motifs de verre à cocktail et de , très girly, une collaboration entre DMC et Octobre rose.

Un kit complet pour aider les pas dégourdies dans mon genre à se lancer. Je suis aussi une élève très peu dissipée carje ne respecte pas les consignes et j’aime expérimenter des points de broderie très peu réglementaires. Seul m’importe le résultat visuel final.

Prochainement, je vais aller encore plus loin hors des sentiers battus, me débarrassant de tout canevas pour aller à l’aventure : décalquer comme je peux de beaux motifs sur des tee-shirts bon marché mais de qualité.

Je ne promets même pas de me servir du cercle à broder (même si c’est l’idéal pour tendre le tissu) pour la bonne et simple raison que je ne sais pas comment le fixer convenablement.

Site commercial de Britney Pompadour

Ce printemps, je me suis régalée avec un kit prêt à broder acheté sur le site de Britney Pompadour. J’ ai rapidement abandonné toute consigne mais une fois le tee-shirt repassé, j’étais très contente du résultat.

Voici quelques idées de motifs que j’ai bien envie d’essayer ainsi qu’une courte bibliographie pour vous engager vous aussi sur la route sinueuse mais passionnante de la broderie !

Dans le domaine des loisirs créatifs, Eyrolles est mon éditeur de référence. Ainsi, j’ai découvert les livres de Julie Adore, Laure de Papierpapierpapier

Ce livre : Mots brodés, je l’ai découvert grâce au blog de son auteure Gina et cie. J’aime les motifs très modernes qui me donnent envie de me lancer à broder car c’est bien moins difficile que l’on ne pense. Il y a quarante-cinq motifs à broder dans ce livre.

Le blog est un excellent complément pour y trouver d’autres idées. Vous pouvez y télécharger des motifs comme la silhouette de la photographe Vivian Maier ou un dessin de la fameuse porte violette de la série Friends, à condition de citer la dessinatrice des motifs.




Biographies et autobiographies

Stromae, retour en 10 coups d’éclats marquants

Je me réjouis du retour sur le devant de la scène de Stromae. Il réussit la prouesse de faire l’unanimité auprès de chaque génération de ma famille : mes parents, mon frère et mon mari…. Une prouesse car nous avons des goûts musicaux très différents.

Son immense popularité vient du fait que Stromae n’est pas seulement un chanteur. Il est aussi un formidable danseur, un parolier hors pair et indéniablement un youtubeur qui sait capter au détail près la société actuelle pour la faire réagir.

Il se sert de la mode et même de ses cheveux pour bousculer les codes sociaux établis.

A travers cet article fort difficile à écrire, j’ai voulu exprimer en quoi l’œuvre de Stromae marque collectivement les décennies 2010-2020. Peu d’artistes parviennent à ce tour de force, tentons d’analyser en quoi sa musique est un véritable phénomène de société.

Des textes graves et profonds associés à une musique festive : Alors on danse, 2010

La force de Stromae est d’être authentique et drôle. Ses leçons de musique électro avec son synthétiseur portatif sont vraiment sympas à suivre car il y’a toute une mise en scène.

Stromae est un véritable personnage de BD, il sait jouer à la perfection le grand beta avec les Diables rouges dans Ta fête comme le dictateur bien méchant qui me fait peur, le gros macho ou la jeune femme vulnérable qui se déchirent…

Comme Angèle actuellement, Stromae est l’ambassadeur de la Belgique dans le monde entier, il impressionne les chanteurs américains comme Black Eyed Peas ou Chris Martin. Il assume son accent flamand dans son interprétation.

Son physique grand et sec, son phrasé, sa présence scénique par de grands gestes, sont autant de comparaisons avec Jacques Brel.

C’est facile comme comparaison mais ça me parait évident quand je regarde une vidéo Youtube de son concert à Montréal. Surtout que Jacques Brel chantait aussi des chansons pas toujours bien joyeuses mais qui racontaient la société des années 1950.

Le tournant de la carrière de Stromae c’est indéniablement Papaoutai en 2013. Sa chanson la plus personnelle mais dans laquelle bon nombre d’enfants peuvent s’identifier. Stromae a confié s’être inspiré de sa relation avec son propre père qui avait la mauvaise manie d’être un coureur alors qu’il avait une famille.

Comme Céline Dion, Stromae a cette capacité d’être totalement ouvert pour évoquer sa vie avec son public. Ainsi, il parle ouvertement de son père et le deuil qu’il a du vivre quand son père est mort à ses treize ans lors du génocide rwandais.

L’humour noir et méchant dont a fait preuve Charlie Hebdo en détournant sa chanson Papaoutai pour composer une couverture de bien mauvais goût m’indigne particulièrement.

Les références à la mode vestimentaire des sapeurs en Afrique

© Getty Images / Tony Barson

Stromae se sert aussi de sa double culture : européenne et africaine dans son travail. Il conjugue musique electro et élégance des sapeurs congolais. Il est grand et s’habille de manière colorée et élégante. Ses polos aux motifs géométriques ont même été commercialisés par son label Mosaert avec un défilé au Bon marché en 2018. Je suis fan du look décalé polos inspirés par l’Art nouveau belge associés aux chaussettes claquettes.

Tous les mêmes , Le grand journal, 2013

Cette performance d’acteur et de danseur je la regarde souvent tant je la trouve géniale. Elle montre bien le talent millimétré de ce génie qui est un fin observateur des rapports hommes/femmes. Il sait jouer à la perfection de son androgynie pour interpréter une femme bafouée et l’instant suivant un bon gros macho qui se met les doigts dans le nez (dans le clip hein, pas dans l’émission).

Ses choristes, tous des hommes en nœud papillon et chapeau melon, le lancent dans une superbe carioca qui se passe de mots car tout est dit dans le premier couplet :

« Cette fois c’était la dernière
Tu peux croire que c’est qu’une crise
Mate une dernière fois mon derrière
Il est à côté de mes valises
Tu diras au revoir à ta mère, elle qui t’idéalise
Tu n’vois même pas tout c’que tu perds
« 

Santé, 2021

A la première écoute, j’ai trouvé les paroles de cette chanson pleines de bons et nobles sentiments mais je n’étais pas convaincue. Puis, j’ai vu le clip et j’ai réalisé que la réussite d’un morceau de Stromae, c’est un tout.

Il y a une chorégraphie très savante qui fait corps avec la musique , c’est une ronde entrainante avec une trentaine d’hommes et de femmes. On dirait des marins ou un corps professionnel laborieux comme ceux décrits dans la chanson Santé.

Les choristes de Stromae sont vêtus comme lui, d’une sorte de chemisier immaculé, dessiné par sa femme, Coralie Barbier, styliste. Depuis Papaoutai, c’est Marion Motin qui signe la plupart de ses chorégraphies. On se croirait à la grande époque du Grand journal. Chapeau bas l’artiste !

L’enfer , journal de 20 heures de TF1 de Anne-Claire Coudray, 2022

Cette performance à la fin du journal de 20 heures a crée un buzz sans précédent qu’il est intéressant d’analyser. Cette prestation m’a laissée perplexe, je suis admirative du courage de se livrer autant quand on connait la période de désert par laquelle le chanteur est passé mais j’ai trouvé la mise en scène sinistre et dérangeante.

Cette fois-ci, la sobriété était de mise car Stromae portait un costume cravate très classique, comme un homme politique… Et je pense que ce n’était pas anodin.

Les réactions des journalistes étaient vraiment passionnantes à lire. Stromae a ainsi révolutionné l’exercice de la promotion médiatique tout en libérant la parole sur la santé mentale.

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que Stromae a fait appel aux choristes traditionnelles bulgares d’Orenda pour illustrer le chaos dans la tête d’une personne totalement en proie à des pensées suicidiaires.

Ce gars-là est sacrément talentueux pour associer les musiques du monde entier. Il le doit à sa mère, une globe-trotter qui emmenait ses enfants, hors des sentiers battus, dans des autobus déglingués sur les routes du monde entier pour découvrir des paysages, des sonorités différentes.

Il réussit la prouesse d’élargir notre culture musicale au service de la chanson française. Grâce à Stromae, j’ai découvert l‘ehru, une vièle chinoise employée dans le morceau Santé.

Il y a d’ailleurs un musée à Bruxelles que j’ai très envie de visiter : le superbe musée Art nouveau dédié aux instruments de musiques.

Prochainement dans ce blog, j’ai bien envie de créer une rubrique dédiée chanson française pour me souvenir avec vous des chansons qui ont marqué ma vie personnellement : celles de Bénabar, Jean-Jacques Goldman depuis que j’ai vu le film Envole-moi.

Et vous, quelle est votre chanson préférée de Stromae ?

Retrouvez ici mes articles qui traitent de la vie d’artiste des chanteurs que j’aime :

Demain, j’irai mieux, la musique inspirée d’Andrée Grise

Aline, les coulisses de la vie d’artiste

-Sister soul, comment Aretha Franklin a démocratisé la musique gospel

Bullet journal

Transformer nos moments de vie en collages éclectiques dans nos bullet journaux

Alors que le premier confinement touchait à sa fin en mai 2020, je me suis lancée dans un joli challenge #30 jours de collage lancé par Julie adore.

C’était un moyen salutaire pour moi de mettre en images ce mois de renouveau un peu étrange. Une case à illustrer tous les jours avec ce que je trouve sous la main.

C’est un bon moyen de se souvenir de nos petits moments de vie perso qui se télescopent avec la société en général. Ainsi, j’ai voulu coller une attestation de déplacement dans mon bujo en mars 2020.

Pas forcément car c’était un bon souvenir mais pour mieux apprivoiser ces constantes adaptations que l’on nous demande depuis deux ans. D’ailleurs, il y a un musée de société à Marseille : le Mucem qui recueille les objets du confinement.

En 2021, j’ai commencé à le faire sur les mois d’été où je me suis découverte une véritable passion pour les étiquettes de produits alimentaires et de boissons en Bulgarie. J’ai voulu recommencer timidement en novembre et en décembre. En 2022, je me lance sur douze mois, on verra si je me lasse.

Quelques conseils pour vous aider si cette lubie vous prends aussi…

J’utilise une double page où je colle deux feuilles de Canson pour pouvoir dessiner avec des feutres aquarellables. Je divise en 30 ou 31 cases assez grandes pour pouvoir mettre des légendes et respecter un équilibre entre texte et image.

L’astuce est de créer une respiration avec des cases colorées pour un peu aérer l’espace et ménager son œil. L’horreur du vide n’est jamais agréable à regarder et vous vous lasserez vite de votre composition.

Il faut aussi alterner entre éclectisme et uniformité. En décembre, mois le plus exigeant du bullet journal, j’ai failli me décourager car je me suis lancée dans un thème calendrier de l’Avent et branches de houx trouvé chez Sostrene Grene trop uniforme à mon goût.

Je suis arrivée à m’en sortir à la fin du mois en bricolant. Je ne suis pas mécontente du résultat.

Quels supports pour ce genre de collages ?

Rapidement, je me suis rendue compte que l’industrie agro-alimentaire mettait le paquet sur les étiquettes et les packaging pour donner faim à des bons clients comme moi.

Alors, si je ne voulais pas me retrouver avec que des étiquettes de biscuits ou de boissons, il allait falloir ruser. J’y colle donc des timbres, des emballages de jouets : la première Barbie de ma fille, un très beau emballage d’un parfum de mon chéri, un sticker de papeterie avec un dessin du Panthéon, une carte de visite d’un restaurant ou d’un magasin que je viens de découvrir…

En janvier, j’ai voulu y mettre une photographie de Gaspard Ulliel pour ne pas oublier cet acteur talentueux du film Un long dimanche de fiançailles. Sa disparition tragique a suscité une grande émotion dans le pays, signe que notre société est encore capable d’empathie et de compassion.

J’ai aussi mis l’étiquette d’un autotest anti-Covid puisque ce genre d’objets onéreux et contraignants ont fait l’apparition massive et soudaine dans nos foyers avec des écoliers.

J’aime beaucoup ces premières pages de chaque mois de mon bullet journal. Tous ces moments de vie nous inspirent à l’image des vlogs de Léna situations ou des chouettes recueils de souvenirs de Virginie Grimaldi dans deux titres : Chère Mamie et Chère Mamie au pays du confinement.

Je me suis régalée avec ses billets très bien écrits. Ils m’ont décroché de bons fous rires tant l’humour et l’autodérision sont à l’honneur !

Elle parle de son poids, de sa condition de mère qui la pousse dans ses derniers retranchements ou dans des situations franchement cocasses sur des toboggans aquatiques avec ses copines et ses enfants.

Cet équilibre entre courts billets et photographies du quotidien en Polaroïd m’a beaucoup divertie au parc dimanche dernier ! Et pour couronner le tout, la couverture est très graphique !

Ce genre de petits collages du quotidien est un excellent moyen de vous démontrer que vous savez créer du beau mais aussi dessiner des petites choses toutes simples. Se souvenir et prendre du recul sur ses joies et ses peines est un moteur sacrément encourageant en ces temps particulièrement usants !

Quelques articles écrits pendant les confinements en 2020 et 2021

-Ma meilleure routine pendant le confinement : lire et dessiner la Bible

-J’ai réussi mon challenge collages

Espérer en Jésus, le meilleur remède contre la sinistrose

Romans

Pourquoi je suis une bonne cliente de la littérature de poulettes

Maintenant que je n’exerce plus le métier de libraire, je peux bien le dire : je n’ai jamais lu un roman récompensé par un prix Goncourt et je n’aime pas particulièrement les classiques littéraires.

Cela ne m’a pas empêchée de promouvoir le catalogue de la Pléiade dans une librairie stéphanoise en 2011 grâce à une solide culture générale. J’ai eu pendant deux ans une passionnante professeure de littérature à l’IUT qui m’a fait découvrir avec passion Proust, Céline, Duras, Ernaux

En 2008, j’ai rédigé un mémoire de fin d’études dans le cadre du DUT métiers du livre sur la littérature au féminin, partant du constat que le lectorat de romans mais aussi le porte-monnaie est principalement … féminin.

Je ris sous cape car il y a dix ans de cela, émergeait dans le paysage éditorial français, la chick-lit anglo-saxonne (traduisez littérature de poulettes) : Le diable s’habille en Prada ou Les confessions d’une accro au shopping… Désormais ce type de lectures a acquis ses lettres de noblesse : on parle de feel-good book, des livres qui font du bien mais ce n’est pas leur qualité littéraire qui éveille l’âme.

Récemment, j’ai constaté que je suis accro à la lecture surtout depuis cette pandémie. Quand je finis un bon livre et que je n’ai rien à lire pour la semaine dans le RER ou le soir, c’est vraiment la loose.

Comme au cinéma, je ne raffole pas des films primés au festival de Cannes, j’aime la culture populaire, celle partagée par le plus grand nombre.

Je suis spécialement allée chercher un petit pavé de 330 pages à la librairie Eyrolles pendant les fêtes. Je suis l’excellent blog littéraire de Fiona, bibliothécaire et rédactrice de My pretty little book depuis des années.

Grâce à elle, j’ai découvert Mille petits riens de Jodi Picoult alors que je n’avais pas du tout envie de prendre en compte les sentiments de suprématistes blancs complétement rageux.

Echange loft londonien contre cottage bucolique est une lecture beaucoup plus légère que Mille petits riens, pourtant elle m’a donné matière à réflexion sur la société actuelle et pourquoi un tel genre de livres m’a plu.

La littérature de poulettes, la poule aux œufs d’or de l’édition : une stratégie marketing au cordeau

La couverture ne paie pas de mine mais elle est efficace. Elle me rappelle une vraie bonne daube qui m’avait bien divertie sur la plage, un été : Le diable habille Nothing Hill de Rachel Johnson, la sœur du fameux Boris.

Ensuite le titre réussit un tour de force. Il m’a convaincue d’acheter le livre. Il résume les aspirations de bon nombre d’urbains occidentaux depuis le début de cette longue pandémie : opérer un retour aux sources quand on en a sa claque de la ville.

Même moi (citadine jusqu’au bout des ongles), je rêve parfois d’un cottage bucolique au fin fond de la Seine maritime. Le sujet de ce livre est original et très moderne, il reflète les vlogs Youtube très populaires sur la toile : échanger de vie avec ses amis pendant une semaine.

Je rêve aux valleuses de Fécamp dans le RER A quand il y a un colis suspect qui perturbe mon trajet…

Le résumé

Leena est consultante dans une boite londonienne pour qui elle est prête à sacrifier son épanouissement personnel, sa santé mentale et toutes autres formes de loisirs.

Un jour, elle s’écroule devant ses supérieurs et ses clients lors d’une réunion très importante. Elle n’arrive plus à donner le change. Elle a perdu sa petite sœur brutalement, son petit ami n’est qu’un soutien émotionnel, une collègue lorgne sa place…

Sa planche de salut, c’est d’échanger de vies avec sa grand-mère Eileen, 80 ans qui vit dans un petit village du Yorkshire, au nord de l’Angleterre.

Le Yorkshire, patrie de Downton Abbey

Eileen accepte ce challenge complètement toqué car elle aussi a des regrets. Son mari, ce pleutre, l’a larguée comme une vieille chaussette pour une professeure de danse après plus de cinquante ans de mariage. Elle saisit la perche que lui lance sa petite-fille pour vivre une expérience à Londres qu’elle a dû sacrifier dans sa jeunesse.

Mon avis :

Ce roman se structure autour d’un récit écrit à la première personne du singulier (un atout narratif). Tour à tour, Eileen et Leena prennent la parole pour exprimer au lecteur en quoi cet échange bouleverse leurs vies.

Rapidement, le personnage d’Eileen capture toute la lumière, c’est elle la véritable héroïne de cette histoire. Elle est beaucoup moins paumée que sa petite-fille car elle a pris de la maturité à une autre époque, elle sait ce qu’elle veut et qui elle est. J’ai bien ri quand Eileen se fait avoir par un brouteur qui l’amadoue grâce à sa passion pour Agatha Christie.

L’intérêt de ce roman est qu’il parle sans détour de la sexualité des seniors et de leurs sentiments : « Vais-je encore plaire, séduire à mon âge?  » A quel âge on s’arrête de penser au sexe ? C’est le genre de débats intéressants que j’aurai aimé avoir avec ma grand-mère Annette. Cela me rappelle une publicité que j’ai vu dans le métro il y a quelques années et qui m’avait fait réfléchir bien plus que je ne le pensais.

Les hommes en prennent pour leur grade dans ce roman, Leena qualifie son grand-père de con et sa grand-mère fait peu de cas de son gendre, le père de Leena et Carla. Je n’aime pas ce message féministe rageux où l’on essaie de faire croire qu’on peu très bien se passer des pères car ils sont trop nuls.

Même si ce roman n’est pas d’une grande qualité littéraire, il a le mérite de traiter du deuil avec beaucoup de tact et de profondeur. C’est d’ailleurs pour cela que la littérature de poulettes a été élevée au noble rang de romans feel good, l’un des secteurs de l’édition occidentale les plus porteurs actuellement.

Le problème avec ces romans, c’est que je repère vite un schéma d’écriture qui se répète dans la production d’une même auteure : Sophie Tal Men, Adèle Bréau, Virginie Grimaldi, Marie Vareille

Pour finir, voici une liste de mes romans et films favoris made in England !

Un roman passionnant qui vous envoie directement dans le Sussex sans prendre l’ Eurostar.

La piscine de Rosemary, plongez tout habillés dans ce grand bain littéraire

Last Christmas, une romcom qui renoue avec le merveilleux !

Biographies et autobiographies

Deux Américaines à l’honneur cet hiver à Panthéon-Luxembourg

Emily a beau monopoliser les colonnes Morris du quartier pour annoncer qu’elle revient à Paris dans une saison 2 sur Netflix, je ne vais pas vous parler d’elle mais bien de Joséphine Baker et Vivian Maier.

Ce sont deux Américaines qui ont marqué la France par leurs talents artistiques et leur personnalité, elles ont vécu un attachement particulier avec notre pays.

Comme les expositions qui leur étaient consacrées sont temporaires ou coûtent un rein (14€50 pour visiter l’exposition Vivian Maier au musée du Luxembourg, ce n’est acceptable, messieurs les sénateurs, faites quelque chose), j’ai choisi de lire leurs biographies.

Elles ont rapidement rejoint ma bibliothèque, non loin de Sister soul, la biographie géniale d’Aretha Franklin écrite par Jean-Luc Gadreau.

Une femme en contre-jour, Gaëlle Josse, Editions Noir sur blanc, 2019, 14€

Ce roman biographique, je l’ai lu pendant les vacances de Noël. Il a beau être court à lire : 160 pages, il est très dense tant le portrait psychologique de cette femme seule est précis et passionnant.

Le titre est très bien choisi. Il raconte l’histoire hors norme d’une femme née en 1926 à New-York dans une famille dysfonctionnelle à son comble.

La grand-mère française Eugénie, abandonne sa fille Maria à sa sœur en Haute-Savoie pour faire fortune en Amérique. La jeune fille rejoint cette mère totalement inconnue et vit une vie totalement instable, livrée à elle-même.

Elle rencontre alors Charles Maier, qu’on peut tout à fait qualifier de très mauvais bougre. Il terrorise les femmes qu’il épouse à tour de rôle et n’assume aucunes responsabilités paternelle.

Vivian Maier en héritera de profonds troubles psychologiques que les familles qui l’emploieront comme nurse constateront à un moment ou à un autre de ses années chez eux. Certains la prenaient en grippe, d’autres s’attachaient à elle. Comme ses trois petits protégés de Chicago qui lui fourniront un toit dans ses dernières années qu’elle vécu dans un grand dénuement.

Ce sont eux qui feront cette découverte de milliers de clichés exceptionnels.

Vivian Maier, sans titre, 3 septembre 1954 
(Vivian Maier / Maloof Collection, Courtesy Howard Greenberg Gallery, New York

Vivian Maier se distingue beaucoup de la tendre nostalgie d’un Robert Doisneau avec ces écoliers parisiens rêveurs (je cite Gaëlle Josse dans son livre) . Elle montre la crasse des trottoirs new-yorkais, la pauvreté des quartiers peu recommandables où elle aimait s’aventurer avec les enfants qu’elle gardait. C’est vraiment l’envers du décor du rêve américain et cela passionne les gens !

Droits réservés Ginacie

Vivian Maier fut l’une des plus grandes photographes américaines du 20eme siècle. Mais aucune exposition de son vivant ne révéla l’étendue de son talent. Décédée en 2009, cette exposition au musée du Luxembourg est l’une des premières d’envergure mondiale dédiée à l’artiste.

Cette lecture m’a été recommandée par ma collègue Ana (si tu passes une tête par ici, merci beaucoup !). J’aime beaucoup la plume de Gaëlle Josse qui a su mettre des mots sur les maux de Vivian, elle parle de santé mentale et de violences intra-familiales avec beaucoup de pudeur et de retenue.

Alors que c’est vraiment la famille Groseille dans l’Amérique des années 1930.

Enfin, magie d’Internet, j’ai découvert le blog de la brodeuse Ginacie, une mine d’or qui m’inspire beaucoup en ce moment. Vivian Maier est l’une de ses références artistiques.

Collage de Carole B

Joséphine Baker par Jacques Plessis, Folio Gallimard, 8€60

Cette biographie de qualité n’a pas de titre, c’est dommage alors que La croix magazine a été plus inspiré : La renaissance d’un phénix. J’ai véritable découvert son histoire grâce à un chef d’œuvre : Culottées de Pénélope Bagieu, roman graphique et dessin animé génialissime.

Je connaissais ses chansons grâce à ma grand-mère et mon arrière-tante nées en 1919 et en 1937 mais pas son passé de résistante et de militante anti-raciste.

Cette femme est tout simplement unique en son genre. Comme Vivian Maier, elle a grandi dans une famille dysfonctionnelle avec de vrais malheurs très jeune. Mais avec sa joie de vivre en étendard, elle a su tirer son épingle du jeu grâce à son don pour la danse et la comédie. Dans une Europe franchement raciste, elle a réussit le tour de force de se faire aimer et respecter. Quelle schizophrénie à l’heure actuelle de la cancelled culture et du wokisme de célébrer Joséphine Baker au Panthéon le 30 novembre 2021.

Oui lors de l’exposition universelle de 1931, la France coloniale montrait des zoos humains porte de Vincennes. Mais la France a aussi accueilli Joséphine Baker les bras ouverts, subjuguée par ses pitreries et surtout son don pour danser le charleston comme personne. Elle a bâti une véritable fortune lui permettant d’acquérir un château comme celui de la Belle au bois dormant en Dordogne.

Elle a su jouer de son exotisme, de son originalité pour attirer les foules à ses spectacles, devenant la muse des peintres d’avant-gardes. Ses contemporains n’étaient pas bien finauds à la considérer comme une sauvage mais ils avaient une véritable curiosité, une forme de respect pour ces danseurs, ses musiciens noirs.

Droits réservés C215

Ma grand-mère Annette, était une enfant de la seconde guerre mondiale qui a grandi avec la radio. Elle vouait une admiration sans borne à tous ces musiciens de jazz : Louis Amstrong, Sidney Bechet….Je me souviens d’une excellente conférence au Petit palais sur le tourisme international à Paris.

Les universitaires présents expliquaient que malgré la guerre d’Algérie et son lot d’injustices, les Afro-américains se sentaient plus en sécurité à Paris que dans leur pays dans les années 1960.

La manière dont Joséphine Baker s’est attachée à la France est admirable. Je peux vous dire qu’il y avait une atmosphère de joie dans les rues et dans les commerces autour du Panthéon le 30 novembre dernier. Joséphine Baker avait beau être décédée depuis plus de quarante ans, cette cérémonie avait du sens ! Célébrer une résistante en 2021 est important.

Plus que symbolique, cet hommage à une femme de caractère me console à l’idée que mon pays La France est encore capable d’être une terre d’accueil à laquelle on a envie de s’attacher.

L’époque de Joséphine Baker n’était pas bien plus glorieuse que l’époque actuelle avec la montée du nazisme, la ségrégation aux Etats-Unis mais elle n’a jamais baissé les bras. Même acculée par les dettes et chassée comme une malpropre de son château alors qu’elle a permit le rayonnement de toute une région.

Il y a pléthore de livres consacrés à cette personnalité incontournable (elle a été invitée au couronnement d’Elisabeth II en 1953, le pape l’a encouragé dans son projet de créer une famille arc-en-ciel). Cette femme a vécu mille vies, toutes aussi déroutantes les unes que les autres.

J’ai choisi cette biographie la plus classique, de manière volontaire car j’aime beaucoup cette collection Folio biographies. J’avais beaucoup aimé lire celle consacrée à Klimt. L’auteur raconte une femme aussi courageuse que déraisonnable.

Il explique les gloires de sa vie publique incomparable mais aussi les affres de ses blessures personnelles : la stérilité, l’état de santé en dents de scie où la grande faucheuse a essayé de faire perdre les armes à une femme d’une vitalité incomparable, les dettes et les multiples divorces…

Retrouvez ici d’autres biographies de personnalités célèbres aux trajectoires qui font réfléchir !

La petite fille à la balançoire : la tolérance ne sauve pas, l’amour oui

-Profession prêtre

-L’amour de Dieu plus fort que le napalm

Foi chrétienne

Une soirée de lancement de la Bible manuscrite entre grâce et émotions

Mercredi soir, je donnais un coup de main à mes collègues chefs de projets de l’Alliance biblique française pour la soirée de lancement de la Bible manuscrite.

Cette soirée de fête réunissait les copistes, les chefs de projets de cette aventure humaine un peu folle et les amoureux de la Bible autour d’artistes au collège des Bernardins.

C’est un trio vocal et piano qui ouvrit la soirée avec un superbe chant africain Atamilélé puis Expect the great, un voeu engagé pour une année 2022 qui commence avec difficulté. La voix puissante de Julia Sarr qui groove, je l’apprécie depuis des années.

C’est une voix familière qui a accompagné notre cérémonie de mariage avec d’autres amis chers : Victoria, Samuel, Pierre et deux Rebecca. Quel cadeau !

J’ai découvert le talent de Krys Loial (soprano), Dimitri Jacob (ténor) et Eddy Benoit, un grand pianiste. Ils font partie du band de Jean-Marc Reyno, un grand chanteur gospel que j’ai découvert lors d’un superbe concert à l’église de Belleville il y a quelques années. Jean-Marc accompagne Andrée Grise, une autre grande chanteuse talentueuse et inspirée.

Droits réservés. Alliance biblique française

Ils ont interprété deux autres chants : Le nom de Jésus et Que ton règne vienne, deux moments de grâce. Puis le talentueux pianiste Eddy a accompagné une lecture de la lettre de Paul aux Corinthiens par deux adolescents, Vitalie et Thomas.

Les copistes présents ont été applaudis, ils étaient reconnaissables par un sticker jaune bien choisi (par Laurène et Marine, mes collègues de l’ABF).

Ce projet amorcé pendant le premier confinement de mars 2020 a fédéré toute une communauté de copistes, de relecteurs , une équipe éditoriale associée à des biblistes pour recopier la Bible comme au temps des moines dans les abbayes.

Reprendre la plume pour s’accrocher à la Bible quand on ne sait pas de quoi demain sera fait a été une puissance source de réconfort.

Confinés pendant plus de deux mois, des hommes et des femmes célèbres ou anonymes, des familles avec enfants, des religieuses dans leur couvent, une classe de collège, un prisonnier et son aumonier… ont recopié et illustré à la main le Nouveau testament, les Psaumes et les Proverbes.

C’est une formidable aventure humaine, la preuve que l’Homme n’est pas devenu neurasthénique pendant cette pandémie. Cette soirée avait une saveur particulière alors qu’une énième vague de contaminations déferle dans le monde entier.

Malgré nos masques, nous étions réunis pour nous enrichir du texte biblique, véritable rempart contre la sinistrose et le désespoir.

Comme l’ont bien souligné François Clavairoly et Haïm Korsia, invités de la table ronde, « se confronter à des textes anciens qui montrent comment les hommes ont affronté des pandémies aussi dangereuses par le passé est une véritable source de réconfort ».

Le point culminant de cette soirée de grande qualité fut la prestation de Jin-Lee, dessinateur sur sable et artiste.

J’ai été saisie d’une grande émotion quand il a raconté toute l’histoire de la Bible manuscrite, surtout quand il a dessiné l’Hexagone français touché par le coronavirus, cette vilaine bête à pointes facilement reconnaissable. Ces gens masqués mais aux visages souriants dans leurs maisons car reliés par un projet commun : La Bible manuscrite portée par l’Alliance biblique française.

Pour la petite histoire, avant de rejoindre l’Alliance biblique française, j’étais libraire à 7ici. Nous avons accueilli les copistes qui venaient récupérer leur exemplaire de la Bible manuscrite et nous avons échangé sur leurs impressions de recopier une partie de la Bible à la main à l’heure où le numérique prend une telle place. Désormais, je m’occupe de la valorisation commerciale de ces ouvrages porteurs de sens.

Dans ma bibliothèque, j’ai voulu garder un souvenir de cette époque un peu folle que nous vivons depuis maintenant deux ans. Il y a deux livres qui sont symboliques pour moi, dans deux genres bien différents : Le monde au balcon de Sophie Lambda, Albin Michel et Tant de certitudes pour temps d’incertitude, des méditations quotidiennes par le personnel de la Maison de la Bible. Je les ai bien sûr chroniqués ici.

Enfin, avant cette belle soirée, je suis allée faire un tour dans un chouette magasin de décoration Bü, rue des écoles. J’ai observé, en passant, un groupe d’étudiants attablé en terrasse, ils parlaient de la foi sans trop la nommer et puis j’ai vu ma vieille île Saint-Louis, ce quartier qui était le mien il y a quinze ans.

Même malmenée en ces temps de pandémie, Paris m’attire toujours autant. Cette belle soirée au collège des Bernardins m’a donné envie de ne pas me laisser abattre par nos circonstances.

Droits réservés Laurence de Terline

Retrouvez ici d’autres articles sur des expériences marquantes que j’ai vécu ces deux dernières années :

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Commencer 2022 avec un bilan de 2021

– Lutter contre la sinistrose grâce à l’espérance en Jésus

Moments de vie

Commencer 2022… par un bilan de 2021

Quand je regarde dans le rétroviseur de 2021, l’année a été celle des couvre-feu, des restrictions de déplacements entre janvier et mai mais aussi quelle année intense pour nous malgré tout.

En janvier, nous commencions l’année dans une nouvelle ville où l’on entend le chant des oiseaux et on admire les couchers de soleil en mode panorama.

En février, notre petite fille a fêté ses deux ans une semaine après d’harassants travaux de rénovation de notre nouvel appartement qui a duré un mois mais quel résultat !

En mars, le mot d’ordre était quarantaine car nous avons été touchés par le variant anglais. En fin de mois, le gouvernement français nous a fait un très mauvais poisson d’avril avec l’annonce d’empêcher les parents de confier les enfants aux assistantes maternelles. Heureux rétropédalage !

En avril, j’ai vraiment profité de mes vacances de Pâques avec mon mari en télétravail. Nous avons vécu un chouette pique-nique au jardin du Luxembourg malgré les terrasses vides qui rendaient les rues de Paris sinistres malgré le printemps naissant. Mais haut les cœurs !

En mai, nous avons foncé sur le site de la Sncf pour organiser un week-end en famille à Deauville-Trouville pour le week-end de Pentecôte. Toute l’Ile de France avait eu la même idée mais nous étions heureux malgré la foule, la pluie et la chambre d’hôtel un peu rudimentaire. A nous les frites en terrasse et le manège en face de l’hôtel Normandy !

Fin juin, l’été jouait les abonnés absents mais on s’est bien régalé avec nos amis visiter la Cité des enfants à la Villette. C’était bruyant et épuisant mais le souvenir en valait le coup !

En juillet, j’ai commencé un nouveau boulot, toujours dans les métiers du livre mais au service d’une maison d’édition après plus de dix années en librairie. Je surkiffe mon nouveau quartier de travail, théâtre des aventures de Emily in Paris dans notre rue.

En août, nous avons alterné nos vacances entre des coins déserts comme les valleuses de Fécamp et l’ hyper tourisme à Sozopol, Bulgarie. Agréables l’un comme l’autre.

En septembre, un vrai changement a eu lieu pour toute la famille : notre fille a intégré la classe des tout-petits avec douze camarades. C’est un régal de la voir s’épanouir dans une communauté scolaire aussi sympathique et dévouée. Soutien à toutes les équipes pédagogiques : enseignants et personnels de centre de loisirs qui se dévouent pour nos enfants dans ce vaste foutoir épidémique.

En octobre, nous avons vraiment profité d’un bel été indien après un été particulièrement morose.

En novembre, nous avons pris le train pour aller rendre visite à mon frère et ma belle-soeur à Bern en Suisse, le pays des ours !

En décembre, j’ai renoué avec de belles vacances de Noël à Valence en famille : jouer aux jeux de société, se promener au parc Jouvet et retrouver les cousins chez Mamie Evelyne comme avant…

Ce que je retiens de cette année, c’est que malgré toutes les restrictions et les privations bien reloues que nous avons vécu, l’année fut tout de même belle grâce à ces petits riens beaucoup plus importants que l’on veut bien le croire. Je les ai bien compilé dans mon bullet journal pour ne rien oublier et ce fut salutaire !

Retrouvez-ici la page maternité/parentalité que j’ai eu grand plaisir à commencer : Les aventures rocambolesques d’une mère moderne !

Bullet journal

Révolutionner son bullet journal en 2022

La fin de l’année arrive et mon carnet sur lequel je passe bien au moins cinq heures hebdomadaires est bientôt fini. C’est la troisième année que je remplis un carnet de format A4 de 122 pages et c’est le format qui me convient le mieux.

Cependant, dernièrement, j’ai ressenti une petite forme de lassitude qui m’encourage à révolutionner mon bullet journal en 2022. Enfin, révolutionner est un bien grand mot, il y a des pages thématiques indéboulonnables mais j’ai envie de le faire évoluer !

Tout d’abord, il faut que j’aère plus le texte de manière plus structurée. Je construis une sorte de chemin de fer au crayon de papier en divisant mon carnet en douze mois et en barrant certaines pages sinon c’est l’horreur du vide et cela devient illisible.

J’ai trouvé dans une revue Modes et travaux ou chez Action de superbes pages de papier coloré ou à motifs qui créent une respiration fort bienvenue.

Les plan with me mensuels

Mon grand kiff sur Youtube est de regarder les plan with me mensuels des Astuces de Margaux, de La belette go green, Plan with_Clem, Le bujo de Laura, Bulle dop en son temps… car elles me font faire de vrais progrès en dessins.

Mais leur approche trop thématique et uniforme sur un mois complet ne me convient pas. Au cours d’un mois, je peux être inspirée par différents chemins : les carpes koi, les cocktails d’été, les baleines avec des fleurs de cerisiers… J’ai compris que j’aimais concevoir des carnets éclectiques qui faisaient la part belle aux collages.

Inspiré par Le bujo de Laura

Je remarque qu’il y a des saisons de l’année plus propices à bujoter que d’autres. L’été me donne bien envie de dessiner et je me régale sur la terrasse en vacances à Sozopol, Bulgarie face à la mer Noire.

Je suis aussi beaucoup inspirée par les plan with me de Décembre sur Instagram mais c’est à double tranchant, cela me met une pression folle car j’ai des tonnes d’idées et le Christmas mood est très exigeant.

Même le pull moche de Noël n’est pas si décontracté que ça. Alors bien souvent, mon mois de Décembre n’est pas le plus réussi dans mon bujo alors que j’avais des tonnes d’idées. C’est comme ça, il faut l’accepter.

Par contre, je suis toujours très contente de mes carnets de voyages, autant de respirations vitales en ces temps délimités et confinés.

Les carnets de voyage

Cette année, j’ai dessiné mes souvenirs de la Seine maritime, Deauville et Trouville, Bern en Suisse et même les parcs d’attractions Disneyland Paris et Astérix, destinations encore inconnues mais qui me branchent bien. Le bullet journal sert aussi à planifier ses projets de voyages : rêver pour tenir bon face à la routine métro-boulot-dodo.

Les pages culture : les séries Netflix qui me marquent, mes lectures, mes inspirations mode…

J’ai réalisé que ce bullet journal reflétait mes goûts et donc une partie de mon identité. Je tiens beaucoup à noter les livres, films et séries qui m’ont touchée dans l’année car ces inspirations alimentent notre créativité et notre imaginaire.

Je pense à y ajouter une section patrimoniale des chansons qui me marquent depuis mon enfance. Cette idée m’a été donnée par ma fille sans le savoir qui ne s’endort jamais sans qu’on chante la biche (comprenez Une chanson douce d’Henri Salvador). J’ai envie de recopier des extraits de chansons de Bénabar ou de Jean-Jacques Goldman pour les moments de vie qu’ils illustrent.

Les pages foi chrétienne

Il est indéniable qu’avec cette pandémie vécue plus ou moins bien depuis bientôt deux ans que l’être humain a soif de spiritualité. Je n’ai pas attendu mars 2020 pour réfléchir à la place que je voulais donner à Dieu dans ma vie. J’en ai noirci des cahiers de prédications basées sur la Bible qui ont été autant d’encouragements ou de renoncements utiles dans mon parcours.

J’ai trouvé essentiel de trouver une place à ces pages dans mon bullet journal : j’y calligraphie des citations de la Bible, j’y colle des dessins inspirés d’Alain Auderset et surtout j’y compile des expériences de foi pour me souvenir. Car se souvenir est une grande aide dans mon cheminement personnel avec Dieu.

Les planches de tendances décoration

Cette planche de styles a vraiment opéré un tournant dans ma pratique du bullet journal. C’est d’ailleurs mon patron (merci Jonathan) qui m’a inspirée indirectement. J’ai remarqué une grande unité décorative dans la rénovation de nos bureaux près du Panthéon.

Il s’est inspiré de deux styles décoratifs : les verrières industrielles jumelées à un style plus Art déco comme dans Gatsby le magnifique avec du velours, des luminaires ronds en verre, des coussins, des papiers peints et des carreaux de ciment dans la cuisine. La bibliothèque patrimoniale contient près de 3000 Bibles depuis le 19eme siècle et elle a vraiment bien été mise en valeur par une décoration soignée et étudiée.

Mon bullet journal en 2022 va donc évoluer vers un carnet très éclectique qui reflètera tout ce qui m’inspire dans la rue. Et on peut dire qu’entre la publicité dans le métro, celle sur les colonnes Morris, les journaux gratuits le matin, je ne vais pas m’ennuyer l’année prochaine.

Voici déja de quoi donner matière à réflexion dans mon blog et mon bullet journal l’an prochain : une affiche un peu énigmatique du grand retour de Stromae, l’un de mes artistes favoris, vu en partant en vacances toute guillerette, à la station Luxembourg, vendredi soir !

Dans un prochain article consacré au bullet journal (mes préférés), j’ai envie de vous parler de tous les Plan with me que j’ai fait depuis 2017 avec plus ou moins de réussite et surtout de ma nouvelle passion : les collages pour résumer et illustrer mes souvenirs du mois. Le quotidien est assez morne alors autant l’illuminer par les collages : merci Julie adore pour ce génial #30jours de collage !

Retrouvez-ici mes meilleurs articles consacrés au bullet journal :

-J’ai réussi mon challenge collages grâce au livre de Julie adore : Collage créatif, éditions Eyrolles

– Mon bullet journal en 2020 : passage réussi au format A4 !