BD & romans graphiques

Tant pis pour l’amour, une BD pour mettre un gros scud à la manipulation dans nos relations

J’ai découvert Sophie Lambda sur Instagram lors de la parution de son roman graphique Le monde au balcon, journal du confinement 2020, publié par Albin Michel. Je l’ai d’ailleurs chroniqué ici.

Ce n’est pas son premier album de BD. Elle avait signé en 2019, un best-seller Tant pis pour l’amour qui a était traduit en de nombreuses langues. Même si je trouve le titre un peu trop cynique à mon goût, je ne peux que louer l’efficacité du visuel associé au sous-titre du livre « Ou comment j’ai survécu à un manipulateur ».

Le terme de survie est loin d’être galvaudé car cet énorme roman graphique raconte une véritable descente aux enfers qui heureusement, s’est bien terminée grâce à une psychothérapie.

Je lis pas mal de romans graphiques et celui-ci sort du lot assurément. A travers ce témoignage autobiographique, il décortique le travail de sape de la manipulation, comment le piège de l’emprise se referme sur elle et détruit toute miette d’estime de soi malgré les avertissements de son ours en peluche Chocolat. Le livret avec des ressources d’aide est une véritable bouée de secours, un matériau utile pour les nombreux centres d’aide psychologiques.

J’en profite d’ailleurs pour déplorer que le dispositif d’aide psychologique offert aux étudiants ne soit plus gratuit en 2023. C’est vraiment dommageable.

Les relations toxiques, on en parle de partout dans les médias mais sait-on vraiment bien les discerner?

Sophie Lambda se sert des codes graphiques de la BD pour mettre en scène un pétage de plombs dans les hautes sphères avec des couleurs criardes, des bulles de BD qui grossissent quand le ton monte, des métaphores imagées pour aider à réaliser cette chute libre, dangereuse et vertigineuse. Pas bien cadrés, l’amour et la passion peuvent avoir un goût amer, toxique.

Après il faut aussi avoir un esprit critique sur la société qui nous entoure. Elle crée des situations de manipulations, d’emprise par les valeurs qu’elle véhicule : être le meilleur, prendre l’ascendant sur les autres, avoir une relation affective sans engagement (impossible selon moi). Je vous recommande également un petit livre passionnant : Le décodeur des violences psychologiques d’Ariane Calvo, éditions First.

J’aime beaucoup ce livre accessible à tous qui analyse les situations d’emprise au lieu de cataloguer les personnalités : les pervers narcissiques, les passifs agressifs…

Droits réservés éditions Delcourt

Tant pis pour l’amour n’est pas une BD où l’on se marre, c’est une BD utile, une bouée de secours pour réaliser que cela n’arrive pas qu’aux autres. Même une personnalité avec un fort caractère, affirmée peut être victime d’un manipulateur. Nous avons tous nos failles, nos vulnérabilités.

Sophie a fait quelques émissions de télévision très bien conçues comme Ca commence aujourd’hui avec Faustine Bollaert et Je t’aime etc de Daphné Bürki.

Je vous invite à regarder le compte Instagram de Sophie Lambda car cette mauvaise expérience ne conditionne pas toute sa vie. J’aime beaucoup ses projets illustratifs comme son challenge d’octobre autour de Friends ou encore le coeur maison qu’elle a dessiné.

Enfin, j’ai acheté cette BD en seconde main à la librairie Gibert Joseph, boulevard Saint Michel à Paris. Elle avait juste un coin un peu cabossé, ce qui m’a permis de faire une économie de 5€ sur le livre neuf. Je pense offrir cette BD à une boite à livres ou à un centre d’écoute psychologique car je pense que c’est un livre à transmettre.

Retrouvez-ici mes meilleures chroniques BD, car en janvier place au festival international de la BD à Angoulême !

Guernica, ou le devoir de mémoire grâce à la BD

-Rendez-vous dans la forêt, une série de romans graphiques qui entretient la foi et l’amitié avec Dieu

-Janvier rime avec BD

Expos

On a testé en famille Tintin, l’aventure immersive à l’Atelier des Lumières : toutes les générations ont aimé !

Comme ma fille grandit, je commence à avoir envie de lui faire visiter des expos à Paris. Sa première expérience : la Cité des sciences (incontournable pour les gosses) avait été concluante, je lui cherche d’autres sorties adaptées à son âge.

Depuis, il y a eu quelques ratés comme la sortie ciné de Noël : Ernest et Célestine (très impressionnant le passage du petit au grand écran) ou la non-visite à la Cité de l’architecture et du patrimoine : trop de pièces sombres, un sujet trop sérieux et historique pour une petite fille…

Avec Tintin, l’aventure immersive, j’étais sûre de mon coup. Nous avons profité de la visite de mon oncle et ma tante de Marseille pour les emmener à l’Atelier des lumières que nous visitions également pour la première fois.

Ce musée numérique se trouve entre Saint-Maur et Père Lachaise dans le 11eme arrondissement. Il s’agit d’une ancienne fonderie assez imposante qui peut accueillir entre 200 et 500 personnes pour chaque créneau horaire. Il est fortement recommandé de réserver ses billets à l’avance. On avait choisi notre horaire habituel de 10h30, un peu matinal mais on est des vieux de la vieille pour éviter les foules. A 11h30, la file d’attente s’étendait sur un pâté de maisons…

Tout est très bien organisé pour les flux de visiteurs. Il y a un vestiaire avec des casiers, des toilettes gratuites, un local surveillé pour les poussettes et un passage obligé par l’espace boutique en sortant. On a un peu l’impression de sortir en boite de nuit avec ses enfants, c’est drôle.

Quand nous sommes arrivés, j’étais un peu dépitée par le monde dans le lieu pour un dimanche matin (l’exposition se termine dimanche prochain après prolongations…). Mais rapidement, nous avons trouvé un large plot industriel pour pouvoir s’asseoir confortablement tous les cinq, de nombreux parents et enfants étaient assis par terre. Il y a aussi une tribune pour voir tous les écrans à 360 degrés.

C’était notre première expérience d’exposition immersive et je dois dire que j’ai beaucoup aimé ! C’était vraiment passionnant cette manière de filmer les détails, d’associer des musiques très bien trouvées. Les créateurs de ce film de quarante minutes ont réussi la prouesse de faire vivre l’œuvre de BD et de transmettre des émotions aussi bien à des bébés, qu’à des trentenaires comme moi ou des retraités.

Il faut dire que j’avais mon oncle à côtés de moi qui connaissait tous les titres : Yellow submarine et All you need is love des Beatles, les Pink Floyd, David Bowie… et le final avec Jacques Brel. La musique est très importante dans cette exposition car elle permet de nous indiquer le contexte historique dans lequel Hergé a crée les vingt trois albums de Tintin entre 1930 et 1976.

L’homme a marché sur la Lune en 1969 avec la mission Apollo-13 mais Hergé avait déja imaginé une histoire de conquête spatiale en 1953 avec Objectif lune. Chacun connait les couvertures de ces albums, dont on ne se sépare pas. On les garde dans le grenier de la maison de vacances pour les transmettre à ses enfants.

Les aventures de Tintin continuent à faire le bonheur de son éditeur Casterman avec plus de 270 millions d’albums vendus (totalisés en 2019) et traduits dans plus de 110 langues et dialectes.

Tintin me passionne à double titre car je travaille dans les métiers du livre depuis plus de dix ans et que j’ai étudié l’histoire de l’art à l‘Ecole du Louvre. En 2017, j’avais visité l’exposition dédiée à Hergé au Grand palais et écrit un article à retrouver ici : Tintin au royaume de l’histoire de l’art.

Tintin, le principe de la ligne claire, innovation BD

Hergé est le précurseur de la ligne claire, un graphisme sobre au profit de la netteté du trait. C’est d’ailleurs cette ligne claire qui fait la réussite de cette exposition numérique. Les techniques numériques employées justifient le prix un peu prohibitif du ticket d’entrée : le tarif réduit est à 14 euros à partir de 5 ans. Mais on en a pour son argent ! On peut d’ailleurs rester regarder une deuxième fois le film si on le souhaite…

Je vous recommande la lecture du site officiel de Tintin qui est une mine d’or d’informations. J’aime la BD passionnément depuis mon enfance. Surtout la BD belge avec Gaston Lagaffe, Boule et Bill… Je trouve que le 9eme art se prête vraiment bien à ce genre d’exposition immersive et je réfléchis à la prochaine que j’irai voir.

Tintin a cette richesse d’être un reporter qui parcourt le monde entier avec différentes esthétiques : le Far-West, les chinoiseries du Lotus bleue, l’île Noire, le monde sous-marin… J’ai trouvé que l’univers d’Hergé était beaucoup plus passionnant que des tableaux de peinture qui ont plus de mal à prendre vie qu’un jeune reporter intrépide qui poursuit les méchants…

C’est peu dire que cette exposition m’a emballée. J’avais hâte de vous en faire part. Cela enrichit toute ma réflexion sur la commercialisation des livres dans les musées.

J’ai travaillé pendant trois ans à la librairie RMN du musée du Louvre. Je dois dire que les musées de Culturespaces à travers le monde sont un modèle économique assez bluffant et innovant. Il réussit à capter les publics de toutes les générations. Cela permet de dépoussiérer l’image des musées. Tout un quartier permet de bénéficier du dynamisme de ce lieu. Il y a désormais autre chose à voir que le Père Lachaise dans le coin !

Il y a aussi Clint, le brunch idéal pour se restaurer dans un cadre bien décoré. On avait inauguré cette belle adresse quelques semaines avant de devenir parents début 2019. J’avais même consacré un article à cette chouette adresse. Nous y sommes donc retourné avec plaisir car leur cuisine est très bonne, on sent que c’est fait main même si l’addition est assez salée.

Le seul regret était la pression des serveurs pour nous presser un peu à libérer la table. On comprend quand on voit la file d’attente quand on sort mais ce n’est pas des plus agréables.

Nous avons vraiment apprécié cette virée à Paris un dimanche matin sous le soleil en janvier. Même si les temps de transports en RER en proche banlieue et les files d’attente dans les musées nous conditionnent avec des enfants. Mais c’est le jeu !

Retour dans le blog sur les plus belles expos parisiennes qui m’ont marquée:

-Gabrielle Chanel, l’îcone mode intemporelle

-Les Parisiens durant l’exode

Biographies et autobiographies

L’âge bête, l’hyperréalisme pour raconter l’adolescence dans les années 1990

J’ai découvert Géraldine Dormoy par le biais des blogs et d’Instagram. Son analyse de la mode et du monde qui l’entoure m’intéressent beaucoup. D’autant plus qu’elle a quitté Paris pour Montélimar il y a peu de temps. Moi j’ai fait le chemin contraire : je viens de la Drôme et j’ai adopté Paris depuis quinze ans.

Puissance d’Instagram : quand on suit le compte de quelqu’un, on fait connaissance et on s’attache… C’est le moyen idéal pour annoncer à sa communauté la sortie d’un livre : L’âge bête édité par Robert Laffont, 20€.

Il ne faut jamais négliger le sous-titre : Pontoise, 1990. J’ai quatorze ans et deux ou trois incertitudes. C’est aussi lui qui déclenche l’acte d’achat. Je remercie les éditions Robert Laffont de m’avoir envoyé un service de presse pour chroniquer ce livre. J’avais également chroniqué un autre récit Une reine de Judith Elmaleh du même éditeur début décembre.

Je lis régulièrement ses post Instagram et ses newsletters pour sa plume de journaliste très précise. Elle a fait de sa passion pour la mode une expertise qu’elle souhaite partager au plus grand nombre. C’est grâce à elle que j’ai réellement compris ce qu’était la fast fashion. J’ai d’ailleurs écrit un article à ce sujet : Ce que j’ai appris de la mode grâce à Promod, Camaïeu et Bonobo

J’ai réalisé avec cette autobiographie dans laquelle je me suis un peu reconnue, que l’adolescence est un moment charnière pour se construire personnellement à travers les vêtements.

Hommage à Camaïeu et ses bombers stylés…

Il y a plusieurs thématiques fortes dans son livre et j’en ai aimé plusieurs : les relations sociales avec les autres, la construction personnelle d’une adolescente qui a eu rapidement conscience des classes sociales en voulant porter tel ou tel vêtement, pratiquer une activité extra-scolaire pour rejoindre un groupe…

Et puis roman sur l’adolescence oblige, Géraldine parle de l’intime, de la transformation de son corps et de ses sens… Même s’ils sont bien écrits, je ne me suis pas régalée à lire ces chapitres car j’estime qu’il faut préserver son intimité dans une société tellement exhibitionniste aujourd’hui…

Après, sa démarche d’écriture était honnête et authentique mais comme elle explique qu’elle fait lire au fur et à mesure de l’écriture ses chapitres à son mari, ses parents ou sa sœur pour échanger, il peut y avoir malaise…

Cela m’a évoqué le sketch de De Caunes et Garcia à cette époque qui parodiaient les animateurs de Fun Radio : Doc et Difool...J’ai trouvé que la manière dont elle racontait la construction de ses goûts, de ses passions qui lui apporteront une forme d’expertise dans son métier… beaucoup plus intéressantes que son éveil au sexe, maintes fois raconté en littérature.

Elle questionne l’éducation post 1968 transmise par ses parents concernant la pudeur et la nudité. On est très loin de La familia grande de Camille Kouchner car ses parents étaient bien moins égocentrés que ceux de l’ élite germanopratine qui n’auraient jamais dû devenir parents (voila c’est dit).

La lecture de cette autobiographie m’a fait penser à Pierre Bourdieu, à Annie Ernaux, prix Nobel de littérature. J’ai trouvé tellement attendrissant sa manière de raconter le couple de ses parents, leurs origines sociales, sa grand-tante concierge espagnole dans le 16eme arrondissement.

Ces chapitres où elle raconte ses vacances en Espagne, maintenues chaque année malgré le revers de fortune de ses parents m’a beaucoup plu. Surtout le chapitre où elle raconte qu’elle devient une petite vendeuse du dimanche dans la boulangerie du coin pour se financer elle même son argent de poche.

J’ai voulu lire ce roman car il raconte une époque : les années 1980-1990, décennie dans laquelle je suis née. Je suis une fan inconditionnelle des deux films générationnels : La Boum de Claude Pinoteau avec Sophie Marceau et j’ai adoré lire L’odeur de la colle en pot d’Adèle Bréau.

J’aime beaucoup ces romans qui racontent la vie quotidienne dans les familles françaises, qu’on vive à Paris ou en province.

J’ai reconnu des copines dans cette ado qui collectionne des miniatures de parfums pour les exposer dans un cadre en bois en forme de maison au dessus de son bureau.

Il y a quelques jours, je regardais Un dimanche à la campagne, l’émission de télévision géniale de Frédéric Lopez avec Nelson Montfort, Berengère Krief et Slimane. Berengère montrait un magazine Starclub avec les paroles des chansons populaires au dos du livre. Cela m’a rappelé mes souvenirs : Les parfums Eau jeune et Anaïs Anaïs, la Macarena, la victoire de France 98…

La force de ce livre vient également de sa couverture très réussie avec des illustrations dessinées par Isabelle Oziol de Pigniol. On y retrouve toute la saveur des années 1990 : les Bensimon, le walkman, la bouteille de parfum Trésor, les revues de mode…

C’est aussi ce qui m’a incité à vouloir lire ce livre. Je suis persuadée que 95% de l’acte d’achat d’un livre en librairies ou sur les réseaux sociaux dépend de sa couverture. D’autant plus, que ce rose est sacrément tendance…

Enfin, j’ai trouvé cette lecture très originale et différente des autobiographies plus classiques que j’ai l’habitude de lire. Géraldine Dormoy fait des aller retours dans le temps entre les chapitres. Elle alterne le temps du récit comme elle l’a vécu avec le temps de l’écriture et la manière dont ses proches reçoivent son récit.

Mes recommandations de lectures si vous aimez les autobiographies :

-Devenir de Michelle Obama

– La tolérance ne sauve pas, l’amour oui : l’autobiographie de Frédérique Bedos

-Vers la liberté de Mahtob Mahmoody

On va éviter de vous recommander l‘autobiographie du prince Harry, Le suppléant, dont le déballage totalement idiot bête sera difficile à oublier…

Lifestyle

Décembre sous le signe de la détente…

… après un automne harassant. Je travaille dans une maison d’édition et on fait entrer tous les titres de Noël chez le distributeur en septembre/début octobre pour que les commandes de Noël soient expédiées dans les librairies fin octobre.

Autant vous dire que je ne me suis pas ennuyée ces précédents mois et que j’étais bien contente de pouvoir lâcher un peu de lest vers le 15 décembre quand le gros du travail a été accompli.

Quand j’étais libraire, j’aimais beaucoup m’activer dans les rayons à cette période de l’année pour conseiller les clients, les aider à trouver le cadeau qui ferait plaisir à leurs proches. Mais j’étais aussi très lasse face à cette marée humaine dans les rues de Paris, une course aux cadeaux effrénée qui rendait le mois de décembre vraiment très long…

Heureusement que j’ai été dans une bonne équipe à la librairie 7ici où l’on facturait, emballait et postait une quantité astronomique de commandes car Coco le virus parasitait Noël en 2020.

Cette année, nous avons pu faire un Secret Santa au bureau sans les masques, sans suspecter son collègue d’être cas contact et quel bien fou de retrouver ce genre de festivités malgré la lourdeur de l’actualité : l’inflation, les pénuries, les transports parisiens qui se dégradent en quelques mois….

Merci à ma Secret santa : Coraline de m’avoir offert ce qu’il me fallait (des feutres et du papier coloré) pour me détendre. Le premier week-end des vacances, j’ai dessiné en deux jours autant que ces trois derniers mois. Pas besoin de lire des livres de développement personnel plus ou moins foireux, trouvez d’abord ce qui vous détend et vous inspire !

Cela peut être faire un tour dans un magasin de loisirs créatifs : mon mari m’a offert un kit de peinture de numéro à La petite épicerie, je me suis trouvée une maison miniature à monter chez Action. J’assume tout à fait de suivre le modèle de François Pignon et ses monuments en allumettes dans Le dîner de cons

Cela peut aussi être des films ou des séries un peu décérébrées… Je me suis surprise à me régaler devant un film de Noël Netflix. Cela s’appelait The Noël diary. Une histoire d’amour sur fond de quête de ses origines et de deuil.

C’est tiré d’un roman écrit par Richard Paul Evans. Certes tous les poncifs du film de Noël étaient présents : l’histoire d’amour torturée, les bons sentiments… mais traités avec un peu plus de profondeur que d’habitude…

Dans un autre genre, j’ai honte de l’écrire mais j’ai regardé avec mon mari Quarante ans toujours puceau car je ne l’avais jamais vu et que je suis fan de Steve Carell. Je suis même arrivée à trouver des valeurs et des qualités à cette comédie bien lourdingue de Judd Apatow.

Il réussit avec talent à faire comprendre que l’engagement et la parentalité effraient plus les trentenaires que la pire des situations embarrassantes, les fesses à l’air en public. Faire le choix de la virginité dérange et constitue un vrai tabou qui permet des scènes cocasses dans le film. J’ai beaucoup aimé quand notre cher Steve accompagne la fille de sa copine à un cours d’éducation sexuelle au lycée pour se renseigner lui même…

J’avais aussi bien apprécié En cloque mode d’emploi avec Katherine Heigl… C’est l’actrice américaine emblématique des années 2000. C’est elle qui m’a donné envie de regarder Toujours là pour toi car son rôle de petite fille traumatisée par une mère hippie qui la délaisse est beaucoup plus profond que le film très niais 27 robes qu’elle a commis dix ans auparavant.

Copyright Diyah Pera/Netflix

Cette série qui raconte la trentaine d’années d’amitié de Tully et Kate est adaptée du roman La route des lucioles, que je cherche partout désespérément (pas fort Michel Lafon sur ce coup !). J’ai beaucoup aimé la saison 2 même si les très nombreux flashbacks entre l’adolescence des deux filles dans les années 1980, leur jeunesse dans les années 1990 et leur quarantaine dans les années 2020 était un peu difficile à suivre. Katherine Heigl est très talentueuse, je vous recommande cette série.

Sur Netflix, j’ai aussi aimé suivre la troisième saison d’ Emily in Paris, celle de la maturité (je blague). Ses personnages sont toujours aussi centrés mais un peu moins volages.

Le couple d’Alfie et Emily est très mignon à voir évoluer, Sylvie et Emily semblent devenir un tandem professionnel assez intéressant et surtout la manager américaine est vraiment un monstre caricatural. La manière dont elle gère sa nouvelle maternité est tout bonnement effrayante.

Les tenues d’Emily me piquent de moins en moins les yeux, elle devient de plus en plus Parisienne et surtout cette carte postale de ma ville chérie me met du baume au coeur. L’image de Paris en a pris un sacré coup depuis les confinements de 2020.

Les touristes américains sont revenus en nombre dans le quartier Latin. Je les reconnais vite quand je rentre du travail, ce sont les seuls braves à manger des steaks frites en terrasse à 17 heures. Netflix a crevé l’écran en décembre au forum des Halles avec son immense sapin au centre de la place. Visiblement, la sobriété énergique ce n’est pas leur credo…

Puis les vacances tant attendues sont enfin arrivées. Nous sommes partis trois jours en famille à Remiremont dans les Vosges. Ce fut un voyage bien agréable à la découverte d’une région de France que nous ne connaissions pas du tout. On a eu une vraie douche froide en rentrant quand la SNCF nous a annoncé que notre réveillon du 24 décembre en famille allait tomber à l’eau. Mais nous avons persévéré et nous sommes arrivés à Valence deux jours plus tôt.

L’année s’est clôturée de la plus belle des manières avec la visite de l’expo Art déco, France/Amérique du Nord le 31 décembre à la cité du patrimoine. J’ai hâte de vous partager mes impressions !

Décembre fut cette année beaucoup plus agréable à vivre que les autres années, malgré les galères dans les transports, le froid et le manque de soleil. Alors je vous en donne un peu avec cette découverte :

Carnets de voyages urbains

Un avant-gout de Noël à Remiremont dans les Vosges

Pour débuter les vacances de Noël, nous avons prévu trois jours dans les Vosges en quête de neige. Nous avons étudié tout cela sur Internet de manière très stratégique.

On ne connait pas du tout les Vosges mais quelques personnes de bon conseil nous ont recommandé cette destination bien moins chère que les Alpes et beaucoup plus proche en train : 2h40 depuis la gare de l’Est. Ce fut un choix ingénieux puisque nous avons passé un super séjour. La neige n’était pas au rendez-vous, la combinaison enfant Décathlon attendra un autre hiver mais nous nous sommes régalés.

Nous avons loué un gîte sur Booking qui s’est révélé être une super bonne idée. Une hôte vraiment gentille et habituée aux locations, un emplacement très bien situé et le confort de pouvoir faire ses courses et manger de manière beaucoup plus autonome qu’à l’hôtel. L’Ibis budget de Lille nous a guéri !

Nous sommes arrivés pile à l’heure pour la finale de la Coupe du monde : France/ Argentine à 16 heures.

Je profite de ce billet pour exprimer toute mon admiration à nos Bleus. Ils ont vraiment fait preuve d’un courage extraordinaire et d’une sacrée ténacité face à des Argentins vraiment hargneux et à la limite du fair-play. Je suis bien contente que même si la France n’a pas gagné, elle a donné des sueurs froides aux Argentins qui ont cru pendant 80 minutes que c’était plié. J’ai mon petit voisin de quatre ans qui s’appelle Léo. C’est un fan absolu de Kylian Mbappé, il a des étoiles dans les yeux quand il parle de lui… Je ne sais pas qui le gardien de but argentin fait rêver en ce moment…

On dit Gérardmé et non Gérardmer !

Lundi matin de bonne heure (9 heures, l’heure du bureau, on est des robots) , nous avons pris une navette une trentaine de minutes pour 4.50€ l’aller afin d’aller visiter le fameux lac de Gérardmer à une trentaine de kilomètres de Remiremont.

 Photo illustration VM /Jérôme HUMBRECHT

L’arrivée dans cette petite ville de 8500 habitants est assez remarquable avec ce lac majestueux. J’ai bien envie de revenir y faire un tour au mois de juin. Gérardmer c’est la capitale du linge de maison avec ses magasins d’usine Linvosges. Ce n’est pas ce qui me passionne le plus mais j’ai acheté des chaussettes Bleuforêt au Monoprix pour affronter le froid et il faut bien dire que les Vosges pèsent lourd dans l’économie et l’industrie française : les bonbons La Vosgienne en tête de gondole dans les supermarchés…

Gérardmer nous a beaucoup charmé avec son carrousel à étage, sa fontaine et son épicerie Mémé sur la place. J’ai vraiment adoré cette jolie épicerie avec plein de sucreries vintage, un espace salon de thé dans lequel je rêverai de réunir mes copines. Les hôtels avec spa et hammam m’ont aussi fait de l’œil.

Nous sommes allés nous réchauffer avec une bonne boisson chaude aux Rives du lac, une petite brasserie très bien décorée et à la carte très appétissante. Elle pourrait très bien servir de cadre à un film de Noël Netflix. Il faut dire que j’ai renoué avec ce genre cinématographique très niais. Je vous parlerai de mon coup de cœur pour The Noël diary dans un prochain article… La vue sur le lac était vraiment superbe.

La suite du séjour a filé très vite car nous restés deux nuits. Ce fut l’occasion de se balader à pied dans le joli centre-ville de Remiremont. Je regrette beaucoup les petites villes où l’on peut faire les magasins d’une traite sans se galérer dans les transports en commun. La rue principale de Rémiremont s’appelle rue Charles de Gaulle avec de beaux magasins de vêtements, des salons de thé et de décoration.

On a vu une chouette mise en scène des rois mages sur un des côtés de l’église. Dans l’est de la France, Noël est une fête importante avec ses marchés dès la Saint Nicolas, le 6 décembre. On a vraiment bien fait de venir ici à cette période de l’année.

La dernière journée a filé très vite, le temps de visiter la médiathèque municipale et surtout de se régaler à la crêperie Du fil à l’assiette. J’ai goûté une excellente galette de sarazin au Munster, la spécialité fromage dans le coin.

Un comble quand on pense que je me moquais de mes parents qui aimaient passionnément ce fromage qui sent les pieds. Ainsi qu’une galette flambée au Grand Marnier, j’étais un peu pompette à quatorze heures car le soleil de décembre tapait fort à notre table.

Ce fut d’excellentes vacances à trois avant d’aller réveillonner en famille à Privas. Nous avons eu la mauvaise surprise d’apprendre l’annulation de notre train aller pour le samedi 24 pour cause de grèves. Mais nous avons eu la chance de trouver une solution de repli.

Comme dirait Kylian Mbappé, incontournable partout dans la presse et sur les réseaux sociaux depuis cette folle finale, « nous reviendrons »… dans les Vosges. J’ai déjà repéré une luge gonflable sur le site de My nice fleet grâce au blog de Néroli

Retrouvez ici mes précédents articles consacrés à des bons moments en famille aux quatre coins de la France :

-Un week-end en famille pour Toussaint découvrir le Vieux-Lille

-Les aventures rocambolesques de Margot en Guyane

-Un avant goût de vacances d’été à Marseille au mois de juin

Lifestyle

Un Noël en Provence au BHV… et dans mon bujo…

Cette année, je cherchais un thème original pour décorer mon bujo pour décembre et ainsi finir mon carnet 2022 en beauté. Je m’étais régalée à dessiner des sapins et des boules à neige grâce à la chaîne Youtube Les astuces de Margaux. Mais je cherchais plus original… C’est le magasin parisien BHV qui m’a donné cette idée qui me ressemble beaucoup…

J’ai étudié les arts et traditions populaires dans un musée du même nom désormais disparu, à côté de l’actuelle fondation Louis Vuitton dans le 16eme arrondissement de Paris. Désormais, le musée des arts et traditions populaire s’est délocalisé à Marseille et s’est étendu à l’Europe et à la Méditerranée : c’est le fameux MUCEM !

Moi, je viens de Valence aux portes du duché de Provence. Et je passe souvent Noël avec ma famille de Marseille qui ramène avec elle la tradition des treize desserts dont la pompe à huile. Ma tante Martine a longtemps peint à la main les santons de Provence de la marque Carbonnel.

Ma grand-mère Evelyne doit avoir une crèche avec une cinquantaine de santons. Ces traditions perdurent et séduisent même le marketing !

Carbonnel, Les calissons du roi René, Souleiado, L’Occitane … sont autant de marques présentes au BHV pour ces vitrines Noël en Provence.

J’ai eu un vrai coup de cœur pour cette cigale en céramique signée Monochromic. Je regarde beaucoup les émissions de décoration sur M6 et c’est vrai que le total look provençal est un peu ringard : le combo olives, cigales et fond jaune c’est un peu trop chargé. Mais le design a cette magie avec la pureté de ses lignes de moderniser n’importe quel motif. Et la cigale c’est l’identité de la Provence !

Les becs sucrés à l’honneur en Provence

Je ne suis pas une inconditionnelle du nougat de Montélimar mais j’aime de manière éperdue le calisson et tout ce qui est à base d’amande. Je pense sérieusement à aller faire un tour au musée qui lui dédié à coté de la confiserie du roi René. Cette entreprise centenaire est basée à Aix en Provence.

Elle se réfère à un roi très apprécié, un important mécène du 15eme siècle qui a marqué de son empreinte tout son duché de Marseille à Tarascon. Si vous êtes de passage à Marseille, n’hésitez pas à grimper la tour du roi René pour avoir une vue inoubliable sur le Vieux port.

Cette confiserie très traditionnelle a sorti un beau coffret : celui des treize desserts en Provence. Il se compose de figues, de fruits secs, de nougats… Le chiffre treize est une référence au Christ et à ses apôtres. Par ailleurs, on dispose les nappes de la table de Noël par trois en référence à la Trinité.

J’aime beaucoup ces références chrétiennes, des traditions qui remontent même au 12eme siècle. D’ailleurs, en me documentant pour écrire cet article, j’ai découvert que la création de crèches provençales était un acte de rébellion.

Durant la Révolution française, les Marseillais ont trouvé une parade comme on leur interdisait de célébrer une messe de minuit. Dans la foulée, ils ont lancé une fête aux santons qui célèbre cette année ses 200 ans.

Les santons de la crèche provençale, une communauté chrétienne en miniature

Quand j’étais petite, j’adorais installer la crèche avec mon frère parce qu’on déballait les santons que ma tante avait peint à la main pour l’entreprise Carbonnel. Elle m’épatait à réussir un travail si minutieux à une cadence industrielle : j’avance le chiffre de 200 santons à peindre chaque semaine. On installait le ravi de la crèche, le maire, les anges et surtout la sainte famille car le petit Jésus est bien entendu le plus beau des santons.

Ma mère a complété la collection avec les rois mages et des chameaux. En novembre, j’ai vu une chouette crèche grandeur nature dans un centre commercial à coté de Cayenne. Je vous invite à visiter une église pour se recueillir devant une crèche car la naissance de Jésus, le Sauveur c’est la vraie bonne nouvelle qui change une vie !

Ma tante m’a fait un très chouette cadeau depuis une dizaine d’années. C’est une toute petite crèche bolivienne trouvée à la foire aux santons de Marseille. Elle est toute simple, minimaliste au possible. L’objet idéal quand je vivais dans une mini boite à chaussures de 9m².

Cela faisait un moment que j’en avais envie. Je me suis rendue compte que les régions et leur Histoire ont une vraie importance des siècles plus tard, malgré la mondialisation. Cet attachement des gens à leur région : les Flandres, la Provence m’a beaucoup inspiré cet hiver dans les pages de mon bullet journal.

Je crée une nouvelle page thématique dans ce blog que vous pouvez retrouver ici : elle est dédiée aux régions que j’aime : Paris et sa banlieue, ma patrie d’adoption depuis quinze ans, les Hauts de France car mes grands-parents maternels viennent du Pas de Calais et enfin Marseille et la Provence, Valence d’où je viens, c’est la porte de la Provence !

Cet hiver, je suis aussi allée sous le soleil de Guyane : un mois de novembre aux antipodes…

Biographies et autobiographies·Romans

Une reine, être femme dans le mellah de Casablanca des années 1930

En novembre, la famille de Gad Elmaleh était à l’honneur avec la sortie du film Reste un peu. C’est un film très autobiographique où l’humoriste a invité ses parents et sa sœur à jouer leur propre rôle. Il raconte l’expérience spirituelle qu’il est en train de vivre et comment il a osé entrer dans une église catholique avec sa sœur Judith quand il était âgé de sept ou huit ans à Casablanca…

Elle travaille dans l’ombre de ses frères Arié et Gad qui sont tous les deux comédiens. Elle participe à l’écriture de ses sketchs et scénarise également. Le sujet de son premier roman m’a vraiment intéressée et m’a permis de mieux la connaître à travers les émissions de télé et les articles de presse.

C’est d’ailleurs, l’article de Paris Match qui m’a vraiment donné envie de lire ce roman. On les a photographié unis, en famille, dans la cuisine des parents. L’article titre : « Il n’y a plus de secrets chez les Elmaleh » et reproduit un portrait de Simha pour raconter son histoire.

Judith sous les traits d’Anna, son double littéraire, se réfugie quelques jours chez sa grand-mère à Casablanca car elle divorce à nouveau. Avec beaucoup de tact et de douceur, elle va aider sa grand-mère Simha surnommée Mimi et jamais Mamie à lui raconter sa vie. J’ai aimé ce roman car il m’a rappelé mes conversations avec ma grand-mère Annette.

Elle m’a transmis son optimisme et sa joie de vivre : relativiser et profiter de ce qui est bon et joyeux quand on saute dans le fossé avec son petit vélo pour se protéger d’un bombardement ennemi dans les années 1940 dans le Pas de Calais.

Ce livre parlera à tous ceux qui ont été enrichis par la transmission de souvenirs et d’expériences personnelles avec leurs ascendants. J’ai eu cette chance avec ma grand-mère et mon arrière tante Julienne, qui ont pris les routes de l’exode ensemble alors que Julienne était enceinte de son premier enfant (pour accoucher sereinement, on a connu mieux).

Simha était une toute jeune fille de quatorze ans dans le mellah de Casablanca dans les années 1930. Sa famille était très pauvre et vivait dans une vraie promiscuité. Pour améliorer le quotidien et fournir des enfants à sa tante stérile et son mari, on lui a organisé son propre mariage sans qu’elle ne comprenne rien.

Dans les premiers chapitres du roman, la narration est confiée à Simha pour se livrer en employant la première personne. Le talent de Judith Elmaleh est d’avoir su retranscrire avec précision et authenticité tous les non-dits, les regards lourds de sens quand on la prépare pour son mariage. C’est une gamine qui ne comprend rien à ce qu’il se passe, elle se demande pourquoi on lui accorde autant d’importance en l’emmenant au hammam pour la préparer comme une reine.

Et ensuite, une fois mariée, on nie carrément son intégrité, son consentement en l’envoyant dans le lit d’un homme bien plus âgé qu’elle : vingt-cinq ans d’écart. Heureusement, elle est tombée sur un homme bon et attentionné qui va aimer deux femmes à sa manière. La situation de Simha aura pu être vraiment catastrophique car comme elle était jolie et très pauvre, le proxénète du quartier commençait à roder dans le quartier.

La bigamie est un sujet sulfureux qui fait glousser sous cape. Mais dans ce roman, il met en lumière les rivalités entre femmes en sourdine, mais bien réelles. Cela devait être acrobatique ces sept enfants brinquebalés entre deux mamans et deux maisons car bien sûr dès que Simha mettait au monde un enfant, on l’envoyait vivre avec la première épouse. Le récit de son premier accouchement quand le couple attend derrière la porte le bébé est déchirant.

En tant que maman, j’ai eu le cœur serré pour cette toute jeune fille qu’on a propulsé dans le monde des adultes sans pouvoir grandir à son rythme. Le vrai sujet du livre, ce n’est pas la bigamie, c’est la construction personnelle pour devenir une femme face au poids de la tradition. Forcément, l’histoire d’Abraham qui prend pour maîtresse sa servante Agar pour avoir une descendance fait écho ici.

Judith Elmaleh fait aussi référence à une autre histoire vraie beaucoup plus contemporaine. Celle de Lady Diana et c’est assez dingue. Comme Simha, Diana a été choisie pour sa jeunesse, sa virginité et sa généalogie pour donner un héritier au futur roi d’Angleterre qui en aimait une autre : Camilla Parker Bowles. Encore une fois, la tradition a été la plus forte. Pour Diana, le traumatisme a été dévastateur car elle mangeait de manière compulsive pour noyer son chagrin.

La grand-mère de Judith, Simha est parvenue à trouver sa place dans cette situation familiale sacrément cocasse. Mais on réalise que dans les échanges avec sa petite fille, elle porte en elle le poids de l’amertume d’avoir été utilisée. La scène où elle regarde un chanteur à la télévision avec l’enthousiasme d’une midinette est touchante, on dirait qu’elle retombe dans l’enfance dont on l’a privée.

L’unité de cette grande famille juive marocaine de sept enfants est assez extraordinaire. C’est l’un des oncles de Judith qui lui confie certains aspects de ce secret de famille pour s’en délester car son père n’ose pas lui en parler vraiment.

Judith Elmaleh décrit avec beaucoup d’affection cette famille que l’on connait de mieux en mieux grâce à Paris Match (ma lecture hebdomadaire favorite).

Le rire est aussi une religion chez eux, il faut être drôle et se répéter pour bien raconter une blague. C’est leur fameux grand père Eliahou qui a transmis cette obligation. Il a bien fait puisque tous les membres de cette famille sont talentueux. Le jeu d’acteurs des parents de Gad Elmaleh dans Reste un peu est assez exceptionnel. J’aime aussi beaucoup Arié Elmaleh dans la plupart des rôles comiques qu’il interprète.

Enfin, ce livre m’a donné envie d’aller visiter Casablanca, cette ville mythique au bord de l’Atlantique. Judith Elmaleh a su écrire un roman sensoriel et tactile qui capte avec excellente l’atmosphère d’un quartier emblématique, le choc entre les cultures françaises et marocaines…

Je remercie les éditions Robert Laffont pour l’envoi de ce beau roman en service de presse. La couverture de ce premier roman est très efficace. Elle donne envie d’aller visiter le Maroc et de mieux comprendre la culture juive du Maghreb par un saut au musée d’art et d’histoire du judaïsme dans le Marais à Paris.

Retrouvez ici d’autres articles consacrés à d’autres personnalités enrichies par la culture juive :

René Goscinny, génie de la BD

-Helena Rubinstein, un empire industriel à la force du poignet

-Adèle Bloch Bauer, muse de Gustav Klimt pour l’éternité.

Ile de France et Paris

#Mes moments de vie : un mois de novembre aux antipodes

Le mois de novembre a filé à toute vitesse mais je l’ai vraiment vécu de manière intense. Il a commencé par un superbe week-end de la Toussaint à Lille avec des températures d’une douceur historique.

Cette visite en famille du Vieux Lille m’a vraiment inspirée pour mon bujo de novembre. J’aime sans modération l’architecture typique flamande avec ses façades à pignons, ses beffrois, ses grand places… Je me suis replongée dans la lecture de La jeune fille à la perle, un de mes nombreux crush lecture…

Je vous recommande de visiter le centre-ville de Lille si vous aimez l’histoire de l’art et plus particulièrement le Moyen-Age. J’ai adoré déambuler dans ces rues totalement intemporelles et sans prise avec la modernité toute moche et sans âme…

De retour à Paris, le jour de la Toussaint, nous avons eu la joie de revoir mon oncle de Grenoble avec toute sa tribu. Nous avons fait un tour de bateaux-mouches ensemble. Ma fille était très contente d’avoir autant de grandes filles pour s’occuper d’elle. Je serai bien allée avec eux faire un tour au musée du Louvre, en pèlerinage d’un lieu où j’ai étudié et travaillé.

Mais, la situation commence à devenir compliquée dans les transports parisiens. Il y a moins de trains alors que l’affluence de voyageurs est revenue après la pandémie et donc c’est moins agréable de déambuler dans Paris en famille le week-end dans ces conditions…

Puis après le 11 novembre, je suis partie une semaine en déplacement professionnel en Guyane. C’était assez chouette de faire la tournée des librairies religieuses à Cayenne. C’était la première fois que je visitais un territoire d’outre-mer et donc que je quittais ma bonne vieille Europe.

Je raconte tout ça dans un article de blog à retrouver ici : Les (rocambolesques) aventures de Margot en Guyane..

Les séries et les émissions que j’ai regardé :

Tropiques criminelles, Sonia Rolland et Béatrice de La Boulaye, saison 3, France 2

J’aime bien le jeu de comédie de ce duo de femmes flics à la Martinique. Elles enquêtent sur des homicides de plus en plus gore. J’aime cette série car elle montre la diversité des Antilles comme un reportage Géo et non comme une carte postale comme le souligne le journaliste de Télématin dans cet extrait. Crivelli a un côté un peu chien fou qui est très drôle tandis que la commandante Mélissa Sainte Rose jouée par Sonia Rolland est plus posée.

Elle est mère de famille et elle sait réconforter les ados sur des interventions de police musclées. J’aime que cette série montre la fibre sociale et psychologique du métier de policier même si leurs enquêtes et les situations auxquelles elles sont confrontées vampirisent leur vie personnelle.

Toutefois, je me questionne sur la portée médiatique des faits divers que cette série met en scène. l’animateur Patrick Sébastien a expliqué dans une interview que les séries macabres ont vraiment pris le pas sur les divertissements à la télévision. Alors que malheureusement, la réalité dépasse la fiction dans les journaux…

En aparté avec Nathalie Levy, Canal +

Cela fait un sacré moment que j’aime cette émission du temps où Pascale Clark interviewait des people dans un superbe appartement de cinéma. Moi qui aime la décoration, je suis ravie. Avec la reprise du concept, ils ont vraiment mis le paquet avec la cheminée high tech, l’espace cinéma, l’immense canapé, la bibliothèque avec les affiches, les DVD et la superbe platine vinyle.

J’ai un peu déchanté quand j’ai constaté que la superbe vue de Marseille pour Kad Merad était en fait un fond d’écran très sophistiqué (du fake quoi). Cela aurait eu de la gueule un appartement délocalisé à Marseille avec vue sur Notre Dame de la Garde.

En attendant que Canal+ m’invite pour parler de mon œuvre, je rêve un peu à quels souvenirs marquants pour moi, ils pourraient mettre dans les étagères. J’ai déjà commencé à adapter ici dans mon blog la rubrique Dans le bureau de … de Paris Match… Pour Noël, je vais me lancer dans la conception d’une maison miniature trouvée sur le site Miniature box

J’ai découvert qu’au bureau nous avions le même fauteuil marron que celui de l’émission. Je vais vous faire un petit aperçu des meilleures pièces choisies par mon patron pour décorer notre bureau…

Les livres que je suis en train de lire :

Une reine de Judith Elmaleh, éditions Robert Laffont,18€

Les différentes émissions de télévision auxquelles Gad Elmaleh et sa sœur ont participé m’ont convaincu de lire ce roman très autobiographique. Il raconte la quête d’une jeune femme parisienne qui essuie un second divorce. Elle trouve refuge chez sa grand-mère pour quelques jours à Casablanca.

Sa grand-mère va accepter de lui raconter comment à quatorze ans sa famille a négocié dans son dos, son mariage avec un homme plus âgé. Il était déjà marié avec sa propre tante et le deal c’était qu’elle donne une progéniture à ce couple dont la femme était stérile. Une vie sacrément rude et déstabilisante pour le psychisme !

Dans un autre genre, je me suis ruée acheter le nouveau roman graphique de la collection Rendez-vous dans la forêt.

-Rendez-vous dans la forêt 4, Alain Auderset, Atelier Auderset, 20€

Pour ce nouveau recueil de témoignages, j’ai vraiment eu un coup de cœur pour cette couverture inspirée comme toujours. Je chronique chacun de ces livres tant j’aime la force des témoignages qu’il contient. C’est un dessinateur suisse qui a monté un bel atelier qui est aussi un lieu de rencontres pour tous ceux qui cherchent Dieu.

Ils sont bénévoles pour donner un coup de main à cette petite maison d’édition indépendante qui présente Dieu à ses contemporains. Ils sont inspirés et sacrément doués en dessin !

Les expos que j’ai envie de voir :

J’ai bien envie de retourner au musée malgré le prix exorbitant des tickets d’entrée. J’aime beaucoup deux musées du 16eme arrondissement : La cité du patrimoine et le musée Galliera pour son superbe jardin public très parisien.

Art déco, France/Amérique du Nord à la Cité de l’architecture, jusqu’au 6 mars 2023

J’ai vraiment hâte d’aller voir cette expo, véritable machine à remonter le temps dans les années 1930, à l’époque de Downtown Abbey… Les objets présentés sont très représentatifs de cette époque assez faste pour les arts. Le beffroi de Lille est de style Art déco et j’ai pris une claque en passant devant de nuit. C’était assez imposant comme architecture. La revue Dada a conçu un livret pour enfants spécialement pour l’exposition.

Frida Kahlo, au delà des apparences, musée Galliéra, jusqu’au 5 mars 2023

Je connais très peu l’artiste (un comble quand on a étudié l’histoire de l’art) mais j’ai bien envie de découvrir sa vie à travers un livre ou un biopic avec Salma Hayek. Il faut dire que Frida Kahlo est iconique, son visage inspire les produits dérivés comme les objets pop art d’Andy Warhol pour la mode, la maison. J’aime beaucoup que cet artiste soit célébrée dans un musée dédié à la mode, qu’il s’agisse d’une exposition multidisciplinaire.

Dans un prochain article, je vais innover en me distinguant des calendriers de l’Avent super mercantiles et peu inspirés. J’ai envie de vous parler arts et traditions populaires (ma spécialité à l’Ecole du Louvre) avec un article Noël en Provence.

C’est mon grand magasin favori, le BHV qui m’a donné cette bonne idée !

Retrouvez ici mes derniers articles sur le blog :

Les aventures de Margot en Guyane

Un week-end en famille à Lille

Ma pile à lire pour cet automne

Carnets de voyages urbains

Les (rocambolesques) aventures de Margot en Guyane

Cette semaine, j’ai vécu un sacré voyage initiatique : premier déplacement professionnel lointain, premier vol long courrier, première visite sur un autre continent que ma bonne vieille Europe…et évidemment premier voyage en Guyane.

Le but de ce voyage était de mettre en place avec mes collègues guyanais et antillais de nouvelles idées pour mieux servir les librairies religieuses de la Guyane. Ce fut un déplacement professionnel très riche qui donne envie d’expérimenter des techniques de vente qui vont donner du fruit dans les mois à venir mais qui oblige aussi à surmonter de sacrés enjeux liés à la mondialisation.

Il était important de nouer des contacts, aller sur le terrain pour mieux comprendre les réalités économiques de ce métier qui me passionne depuis dix ans. Je suis très reconnaissante à mon entreprise de pouvoir vivre ceci dans mon parcours professionnel.

Découvrir autre chose que l’Hexagone à mes trente-cinq ans…

Et puis en tant que citoyenne française, j’ai découvert une France plurielle. La Guyane est le premier département d’outre mer que je visite. Quand j’étais enfant dans les années 1990, je trompais l’ennui chez mes grands-parents privadois en regardant Dimanche Martin le dimanche après-midi… Le présentateur faisait gagner des séjours en Antilles et en Guyane avec Air France et je rêvassais un peu…

Trente ans plus tard, me voici dans un vol long courrier pour Cayenne, patrie d’Henri Salvator et de Félix Eboue. Le vol en soi fut une aventure car je suis plus habituée aux charters low cost Wizz air très rudimentaires pour les vacances en Bulgarie. J’ai regardé plein de films que je n’ai pas eu le temps de voir cette année : Elvis, Downtown Abbey II, Qu’est ce qu’on a encore fait au bon Dieu 3… Je me suis amusée du format dinette des collations Air France…

Et puis je suis arrivée à Cayenne. La descente vers l’aérogare vaut le détour, ce n’est pas le moment de ronfler à côté du hublot…

Mais c’était éprouvant huit heures trente de vol dans l’avion miniature format Playmobil.

Plutôt que de raconter jour par jour mon voyage, j’ai voulu choisir un format thématique plus original. Pendant quatre jours, je n’ai visité que la Guyane urbaine : Cayenne et Kourou, tournée des librairies oblige.

Kourou et Cayenne sont les deux villes principales du département, distantes de 60 kilomètres l’une de l’autre. Il n’y a pas de routes secondaires et les embouteillages sont légions à Cayenne (j’en ai fait les frais l’avant-dernier jour, sensé être le dernier jour, sacrés ascenseurs émotionnels…).

Kourou

A Kourou, j’étais logée à l’hôtel des Roches, un hôtel au top avec piscine king size et vue sur les îles du Salut… Les seuls voisins qui me saluaient étaient des vacanciers en Guyane tandis que les employés en mission pour le centre spatial étaient sacrément mal lunés et dans leur bulle spatio-temporelle.

Notre entrepôt est hébergé avec beaucoup de dévouement par un couple d’entrepreneurs guyanais au sein d’une société d’armoires électriques. C’était vraiment passionnant de voir leur activité d’un autre secteur que le mien pour apprendre des uns et des autres.

A Kourou, j’ai visité une petite partie du centre spatial qui lance la fameuse fusée Ariane. C’était intéressant mais je ne suis pas une fana de l’espace car je suis effarée par toute la pollution et les dégâts sanitaires pour la population provoquée par cette fusée. D’accord, elle génère des milliers d’emplois mais …

Mon meilleur souvenir de Kourou, c’est cet excellent déjeuner de midi à Dzindzano, un restaurant mahorais à la cuisine savoureuse comme artisanale. Le cadre était hors du commun avec cette vue mer exceptionnelle. Je me suis régalée car c’était peu pimenté. Je ne me suis jamais aventurée auparavant à manger des accras de crevettes, un filet mignon sauce gastrique et surtout une mousse chocolat et crème sur lit de bananes écrasées.

La formule entrée plat dessert coûtait 26€ et c’était bien meilleur que les plats semi-industriels que nous avons mangé dans un restaurant plus chic quelques jours plus tard à Cayenne…

Cayenne

J’étais un peu frustrée de ne pas avoir plus de temps pour visiter le centre-ville de Cayenne mais il faut bien avouer que j’ai souffert tous les jours de l’humidité ambiante. J’ai trouvé que le soleil tapait sacrément fort en Guyane et je me réfugiais vite à l’intérieur. Les climatisations sont omniprésentes en Guyane et elles et moi ne faisons jamais bon ménage. Je les coupais la nuit et j’ai manqué d’une bonne couette.

J’ai visité les librairies Les délices de la vie, Sel et lumière ainsi que The Gift shop. Cette rencontre avec d’autres confrères du métier était vraiment enrichissante. Je me suis rendue compte à quel point un parking était indispensable pour un commerce. Le vrai défi de mon métier est de jongler avec les navires du Havre pour que les nouveautés arrivent le plus rapidement possible en Guyane et aux Antilles.

A Cayenne, j’ai vraiment aimé déjeuner au restaurant The Wood pour ses brochettes de bœuf vraiment copieuses et savoureuses. En Guyane, j’ai vraiment fait le plein de jus de fruit bien vitaminés. Ils m’ont bien aimé à tenir le bon quand je me suis réveillée tous les jours à 4h30, heure locale. Sacrée horloge biologique.

Enfin, l’heure de rentrer approche. J’ai un peu honte de raconter ma mésaventure d’hier à l’aéroport car je me suis trompée de jour avec mon billet. Je me suis présentée un jour trop tôt à l’aéroport et l’ambiance était assez électrique. Les contrôles policiers se sont intensifiés ces derniers temps à cause des trafics de drogue qui utilisent des pauvres gens comme réceptacles de drogue. Ces fameuses mules comme on les appelle. Leurs oppresseurs les appellent comme ça, ne les déshumanisons pas nous aussi.

C’était un beau voyage, confortable grâce aux bons soins de mon entreprise mais ce n’était pas un voyage insouciant et reposant. Ce genre de voyage m’a ouvert l’esprit et fait sortir de ma zone de confort. Je remercie infiniment mes collègues guyanais et antillais pour leur accueil extraordinaire. Je leur souhaite le meilleur pour développer leur activité professionnelle et la nôtre en partenariat.

La Guyane est un département luxuriant, d’une grande beauté naturelle qui doit composer avec ses réalités sociales pour pouvoir se développer économiquement. Ils ont de sacrées ressources et du talent !

Retrouvez ici mes précédents carnets de voyages :

Un week-end en famille dans le Vieux Lille pour la Toussaint

-Un avant goût de vacances à Marseille en famille

– Le bal littéraire des sardines se met à l’heure bulgare tous les étés

Romans

1969, été plus dramatique qu’érotique : Un été à Nantucket

Ce roman, je l’ai trouvé bon dès les cinq premières pages et je l’ai dévoré en quelques jours pendant notre week-end en famille à Lille. Je me souviens plus comment j’ai découvert ce livre, je crois que c’était dans les pages littéraires du magazine Elle.

J ‘aime énormément la littérature étrangère surtout quand l’histoire se déroule aux Etats-Unis dans les années 1960. C’est le premier livre d‘Erin Hilderbrand, que je viens de lire et je vais sans aucun doute continuer sur ma lancée. J’apprécie beaucoup sa manière de sonder ses personnages et de créer dès la situation initiale une proximité entre le lecteur et ses personnages.

Cet été, j’ai lu Les affinités sélectives de JC Sullivan car j’ai aimé ses précédents livres : Maine et Les anges et tous les saints que j’ai chroniqué dans ce blog. Ben, c’était nul et creux, ça ne décollait pas même au bout de 400 pages de lecture alors que ses précédents romans étaient très bons.

Un été à Nantucket est également publié par les éditions Les escales. J’aime ces gros pavés en grand format très agréables à lire par leur mise en page. Chaque chapitre porte le titre d’une chanson de cet été là comme par exemple Ring of fire de mes chouchous chrétiens Johnny Cash et June Carter Cash… Le biopic Walk the line est un de mes films favoris.

Ce roman se déroule en deux parties et l’auteure sait ménager son suspens pour tenir ses lecteurs en haleine jusqu’au bout. Il m’arrive souvent de deviner une intrigue deux cents pages avant la fin et c’est très frustrant. Ici, ce n’est pas du tout le cas.

On pourrait définir ce roman comme une chronique de mœurs. C’est une saga familiale qui raconte les tourments personnels d’une mère, Kate et ses trois filles : Blair, Kirby et Jessie. Blair a une trentaine d’années, elle est brillante et aurait pu faire une très belle carrière en poursuivant ses études universitaires. Mais elle s’est mariée à un homme plus âgé qu’elle et sacrément vieux jeu. Il lui donne une fin de non-recevoir quand elle lui annonce vouloir travailler. Elle se désole elle même de ne pas avoir eu le reflexe de se rebeller.

Kirby a la vingtaine. Elle étudie dans une université de Boston et vient d’une famille assez privilégiée. Elle milite activement pour les droits civiques et son militantisme lui a valu quelques arrestations au poste de police. Les conséquences dans sa vie personnelle sont lourdes. Elle a décroché un poste de réceptionniste dans un hôtel de Martha’s Vineyard et tente de prendre un nouveau départ….

Jessie fête ses treize ans durant ce fameux été et pourtant pas grand monde ne fait attention à elle. Par intermittences, sa mère Kate et sa grand-mère Exalta l’emmènent au restaurant ou au club de tennis mais elles se soucient plus de leur renommée sociale sur l’île que d’entretenir une relation personnelle avec elle. Cette pré-adolescente se sent abandonnée par ses sœurs et sa mère alors qu’elle est effrayée à l’idée de perdre son grand frère Tiger qui combat au Vietnam.

Cet été là va être fondateur pour elle car Jessie va expérimenter les premier émois amoureux, l’arrivée de ses règles et surtout la construction de sa personnalité. Elle va éprouver pour sa grand-mère une colère froide et puissante qui va bouillonner sans exploser car ils sont reçus chaque année en vacances chez elle.

J’ai beaucoup aimé ce roman car il sonde avec beaucoup de justesse la complexité des relations familiales avec cette matriarche Exalta Nichols qui domine sa fille, Kate alors qu’elle va bientôt avoir cinquante ans. Ses petits-enfants qui ont pourtant du caractère font des choix amoureux ou professionnels en fonction de son approbation. Cette famille vit dans un cadre assez huppé entre Boston et Nantucket. Le grand-père a étudié à Harvard, il faut perpétuer la lignée…

En regardant les vlogs touristiques, ce n’est pas dit que j’ai envie d’aller visiter Nantucket car je trouve ça trop classique comme quoi. Mais l’architecture de Martha ‘s Vineyard et ses maisons me plait bien. Il se trouve que mon mari et mon beau-frère ont travaillé plusieurs étés comme saisonniers dans des restaurants ou des hôtels pour tondre la pelouse ou faire la plonge…

C’était une excellente lecture à laquelle je donne la note de cinq sardines (le graal) car je ne me suis pas ennuyée pendant quatre cents pages. J’ai même été tourmentée par les errements de ces femmes de tous les âges : la grand-mère, la mère et ses trois filles. Elles forcent pas mal sur les cocktails car l’alcool leur permet d’édulcorer les moments les moins drôles de leur vie mais on se demande si elles ne vont pas aller droit dans le mur.

A la fin du roman, un nouveau personnage féminin fait son entrée et provoque un beau bazar dans cette maison de famille déjà sans dessus dessous. C’est une jeune femme hippie aussi irresponsable que désagréable qui m’a fait pensé au personnage de Cloud dans la série Netflix, Toujours là pour toi. Je trouve cela intéressant d’aller à l’encontre de la culture du bon hippie peace and love.

J’ai beaucoup aimé ce roman car il met un petit scud à une idée reçue entretenue par les manuels d’Histoire sur les prétendues Trente Glorieuses. Certes, il y a eu le baby boom, l’essor de la société de consommation qui donnait accès à tout un tas de loisirs, de voitures, de produits ménagers pour améliorer le confort des maisons.

Mais le matérialisme n’effaçait pas la violence au quotidien dans les Etats du Sud, les traumatismes de la seconde guerre mondiale vécus par les familles de soldats en Corée ou au Vietnam… Ce roman raconte les vacances d’une famille aisée de Boston qui dîne de homards et boit des cocktails sur les plus belles plages de l’île. Cela ne leur évite pas de sacrément cogiter pour chercher un sens à leur vie.

Il se trouve qu’en lisant ce roman, j’ai lu une interview de l’actrice Julia Roberts qui est née en 1967. Elle raconte que ses parents étaient un peu saltimbanques, un peu fauchés mais avec un sacré bon cœur. Ils vivaient en Géorgie, un Etat pas des plus rigolos à l’époque et ont lié amitié avec le couple King. Ils ont accueillis dans leur école de théâtre, leurs enfants sans discriminations.

Et le couple King a payé les frais d’hôpital à la naissance de l’actrice. Cette amitié qui ne se laisse pas impressionner par la bêtise me fait penser à celle de Darren et Kirby à cette époque…

Retrouvez-ici d’autres chroniques sur de bons romans, de la littérature de qualité.

Maine, quand la maison de vacances cristallise les tensions familiales

-Angie, enquête de police en cours menée par Marie-Aude Murail au Havre

– Mon bilan lecture et ciné de cet été !