Carnets de voyages urbains

Un souvenir de Barcelone, être touriste autrement

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En ce moment, toute la famille est confinée au tour du pâté de maison quotidien et nous rêvons de notre prochaine escapade familiale quelque part en Europe. Hier midi, à table, mon chéri et moi nous nous remémorions notre fameux week-end de trois jours à Barcelone autour du 14 juillet 2015.

C’était la troisième ou quatrième fois que j’ y allais  mais cette fois-ci, nous n’avons pas privilégié les sites touristiques. Bien sûr, nous nous sommes approchés des monuments de Gaudi les plus connus comme la Casa Batllo, le parc Güell et le parc de la Sagrada Familia. Mais nous n’avons ni attendu, ni déboursé d’argent pour les visiter.

Quand, j’étais en classe de première, j’avais eu la grande chance de partir quatre jours en voyage scolaire à Barcelone chez l’habitante et on avait visité la ville de fond en comble, j’avais adoré ça. C’était en février et je vous conseille d’y aller à la fin de l’hiver car le 14 juillet, Barcelone c’est comme un DOM-TOM.

Mon chéri a eu l’idée lumineuse de réserver un hostel dans un immeuble très atypique  Carrer Ampel (il ne se plante jamais pour choisir un bon hôtel), en plein quartier gothique, à cinq minutes du métro aux pieds des ramblas, c’était on ne peut plus central.

Le premier jour, nous sommes allés à pied à la plage de la Barceloneta (comme dans l’Auberge espagnole). Il y avait du monde, c’était sympathique pour une plage aussi urbaine que celle-ci et surtout on s’est régalé avec une bonne glace parfum Oréo sur la plage. La jeune femme qui vendait les glaces nous a même dépanné d’un euro. Je les trouve gentils ces Catalans même quand on vient les coloniser de toute l’Europe.

Car c’est bien ce qui m’a marquée dans ce séjour : l’hyper tourisme qui menace les paysages et la cohésion sociale. L’immobilier flambe à Barcelone, rien n’est plus désagréable pour les locaux de voir leurs centre-villes vides et le son des valises de touristes qui résonnent dans les rues rejoindre leur AirBnb. Avec cette pandémie mondiale, il faudra réinventer notre manière de voyager, de prendre soin de notre environnement immédiat comme plus lointain.

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Droits réservés. Le palais idéal du facteur Cheval

Cela m’a fait un peu mal au cœur de voir le parc Güell autant pris d’assaut par le public et les tentatives de le protéger en faisant payer son entrée (pas sûr que cela marche). Donc, nous ne sommes pas entrés dans le saint des saints qui commence avec le banc le plus long du monde. Nous avons pris notre pique-nique sur les hauteurs du parc, mon endroit favori à Barcelone. Les murs de palmiers en pierre de Gaudi me rappellent beaucoup le palais idéal du facteur Cheval dans la Drôme.

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On a réalisé notre circuit Gaudi en déambulant Passeig de Gracia et les immeubles de  ses riches mécènes. La casa Batllo est unique au monde, j’étais contente de la voir en vrai. Cela méritait bien un selfie devant (pour l’originalité, on repassera).

Un jour, je vais écrire un mémoire d’histoire de l’art sur les villes Art nouveau en Europe : Budapest, Barcelone,Vienne parce que ça me bluffe cette frénésie artistique qui a bouleversé l’art en Europe en aussi peu de temps. Pour moi, Gaudi est un génie au même titre que Klimt en Europe centrale.

Pendant notre séjour, nous avons déambulé dans les petites rues du quartier gothique au hasard, sans guide touristique dans la poche. On est montés au dernier étage du Cortès Ingles, les Galeries Lafayette locales pour admirer la place de Catalogne en bas. On a bu des strawberry mojitos dans un bar à cocktails anglais très authentique, bu des excellentes sangrias en carafe dans un petit restaurant tout simple dans son jus en arrivant le soir après deux heures de retard de l’avion…

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Droits réservés Dunaeva Natalia

C’était sans doute mon carnet de voyages le plus décousu : aucune bonne adresse précise, ni noms de bars ou de restaurants à vous transmettre dans ce blog. Juste une envie de me souvenir d’un voyage à deux génial, coucher mes souvenirs ici dans mon blog pour rêver à d’autres latitudes quand nous pourrons voyager à nouveau… autrement.

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Ile de France et Paris

De Funès, le meilleur remède contre la sinistrose

Cette exposition de la Cinémathèque consacrée à Louis de Funès, je l’attends de longue date. Elle avait fait polémique quand elle avait été annoncée et j’avais vraiment trouvé ça snob !

Déclarer que Louis de Funès était bien trop populaire pour la Cinémathèque française est une ânerie monumentale. Cela me rappelle le dédain de l’Académie des Césars pour les comédies qui, en plus de remplir les caisses, divertissent et réjouissent les spectateurs. On en a marre des propos rabat-joie de l’intelligentsia parisienne ! Place au rire !

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Louis de Funès est le grand gagnant de ce confinement, quarante ans après sa mort. Les chaînes de télévision le programment à fond pour permettre à ceux qui dépriment d’oublier pendant 90 minutes l’épidémie.

Si je ne le connaissais pas par cœur, j’aurais pu me laisser tenter de regarder Les aventures de Rabbi Jacob ce mardi à 14 heures sur France 2.

Dans cet article, je vous explique en quoi cette exposition est une bonne aubaine pour oublier très vite cette crise sanitaire quand sonnera l’heure bénie du déconfinement.

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Droits réservés Qhuit

Pour moi, comme Goscinny et Uderzo qui ont inventé le mythe Astérix, je considère Louis de Funès comme un trésor national de notre patrimoine culturel. J’emprunte d’ailleurs cette analyse très pertinente au rédacteur du dossier de presse de l’exposition qui a réalisé un travail exceptionnel.

Dans cette exposition, vous retrouverez de nombreux objets, des affiches de films à l’étranger, des maquettes de la Folie des grandeurs. Je me tiens encore les côtes d’avoir tellement ri de ce déguisement que porte le méchant Don Salluste en dame espagnole des Temps modernes.

Cette exposition ne met pas seulement de Funès à l’honneur, elle montre avec brio la qualité du travail de réalisation de Gérard Oury, l’un de mes réalisateurs favoris. Vladimir Cosma, Bourvil. Cela me donne bien envie de lire quelques biographies comme  celle du compositeur des musiques des films Vladimir Cosma, celle de Bourvil ou encore le livre Gérard Oury, mon père L’as des as de Danielle Thompson, éditions La Martinière, , 

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Ces deux génies du cinéma français ont connu une popularité transgénérationnelle dingue, même héréditaire puisque la fille de Gérard Oury, Danielle Thompson, scénariste de bon nombre de ses films a continué sur sa lancée : scénariste de La boum et réalisatrice hors-pair.

La rédaction de cette article me rend prolixe, tant mes souvenirs personnels fusent dans tous les sens. Les films de De Funès c’était notre récompense des jours fériés en mai avec mon frère. L’autorisation de se coucher tard pour se bidonner en famille devant une bonne comédie.

Même si on les connaît par cœur, on les reprogramme et on les regarde encore et encore. Les comédies de Gérard Oury et De Funès sont construites sur la force du gag.

Je connais par cœur la scène d’ouverture de La grande vadrouille quand Bourvil, peintre en bâtiment arrose de peinture un général nazi sans le vouloir. J’aime la chorégraphie de Rabbi Jacob, reprise par Valérie Lemercier aux Césars 2007 en hommage à Gérard Oury.

Je me souviens sans problème de la fameuse scène de poursuite dans un usine de plastique vert dans Les aventures de Rabbi Jacob. Le film L’aile ou la cuisse m’a sensibilisée de manière très efficace aux pièges de la malbouffe. Ce film, on l’a vu et revu avec ma maman et la scène d’usine où les poulets sont peints au pistolet m’avait marquée. Décidément, les comédies françaises des années 1960 se passaient souvent dans les usines…

Il faut dire qu’elles plaisent autant aux gens car elles montraient rapidement les évolutions économiques, sociales et culturelles du pays : l’urbanisation et l’industrialisation, l’évolution des mœurs, les conflits générationnels… Par ailleurs, elles ont aussi contribué à réconcilier le peuple français avec son Histoire, en traitant de l’Occupation avec légèreté en 1966.

Notons que les meilleures performances au box office du cinéma français ont été réalisées par des comédies : La grande vadrouille, Bienvenue chez les ch’tis, Intouchables… Je vous invite à assister aux conférences autour de cette exposition à la Cinémathèque, elles sont d’une grande richesse intellectuelle et culturelle.

On se rend  alors compte à quel point la comédie est un genre cinématographique très exigeant. A travers son dossier de presse, j’ai découvert toute une filiation de l’humour français révélée dans cette exposition.

Les héritiers directs de Louis de Funès et Gérard Oury furent bien évidemment la bande du Splendid avec Papy fait de la résistance, Les Bronzés… Mais Louis de Funès a aussi inspiré toute une génération de comiques de tous horizons : Jim Carrey, Alain Chabat, Dany Boon…

Et vous quels sont vos films favoris de Louis de Funès et Gérard Oury?

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Ile de France et Paris

Le 7eme arrondissement de Paris comme je le connais

Pendant les grèves, je pestais comme tout le monde mais j’ai réalisé la beauté de mon trajet le matin jusqu’à la librairie où je travaille dans le 7eme arrondissement, en bord de Seine.

Mon travail se trouve près du quai Voltaire, j’ai le droit à l’un des plus beaux panoramas au monde tous les matins. Le bus 68 traverse la Seine, vous avez le choix entre l’île de la Cité et Notre-Dame d’un côté et le Petit et Grand Palais de l’autre.

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Droits réservés. Le bal littéraire des sardines

Cet hiver, j’ai repéré une sculpture un peu étrange et vraiment bien réussie avec le cadre architectural du Louvre en arrière-plan. C’était une exposition temporaire du sculpteur Bruno Catalano organisée à Saint-Germain des Près.

J’aime énormément la sculpture publique quand je me balade à Sofia ou à Budapest, j’irai sans doute voir la statue en hommage à René Goscinny dans le 16eme arrondissement. 

Cet homme ultra contemporain se trouvait au pied du pont du Carrousel, non loin de la boutique de beaux-arts Sennelier. C’est une adresse historique sur le quai Voltaire : la boutique tout en bois existe depuis 1887 (cent ans avant moi !). J’aime bien y aller pour chercher mes feutres aquarelle et mes carnets Moleskine.

Ensuite, si on longe la rue de Lille, je vous indique deux bonnes adresses pour manger après une exposition au Louvre ou au musée d’Orsay.

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Droits réservés – Le bal littéraire des sardines

La première s’appelle Les antiquaires. Rénovée ce mois-ci, ce restaurant de qualité propose une cuisine française délicieuse pour un budget d’une trentaine d’euros par personne. J’aime leur décor pour manger ou boire un verre, l’équipe de serveurs est très agréable dans ce quartier si touristique. On a même tourné une interview d’auteur pour la librairie aux Antiquaires !

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Droits réservés. Les climats

LOGO+LES+CLIMATS_OR+copyLa seconde adresse s’adresse aux privilégiés étant donné le luxe des plats et le prix de la carte : Les climats. Mais j’irai sans doute boire un verre la-bas un jour tant le cadre architectural me plaît. C’était l’ancienne maison des Dames des PTT, construit en 1905, un petit bijou Art Nouveau. Il y a un jardin d’hiver et une terrasse unique dans le centre de Paris. Cela vaut le détour !

Enfin, je vous recommande une visite au musée d’Orsay dans la même rue car c’est le plus beau musée de Paris selon moi !

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Droits réservés. Le bal littéraire des sardines.

De l’autre côté de la Seine, dans le jardin des Tuileries, c’est tout aussi beau mais ce n’est plus le 7eme arrondissement… Je vous recommande un tour de grande roue au marché de Noël l’an prochain. Pour 12€, vous avez une vue imprenable à 360 degrés.

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Ile de France et Paris

Un samedi soir au théâtre de la Renaissance à Paris : Un amour de jeunesse

Cette pièce, je l’ai repérée sur une colonne Morris. Une histoire d’amour avec en tête d’affiche Stéphane de Groodt, Isabelle Gélinas et Olivia Côte, c’était une sortie théâtre idéale pour une Saint-Valentin un peu en avance.

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Je n’irai pas par quatre chemins pour vous donner mon avis sur la pièce Un amour de jeunesse : c’est une réussite !

Dans l’entrée du théâtre, il y avait les livres des pièces d’ Ivan Calbérac dont L’étudiante et Monsieur Henri et Venise n’est pas en Italie (que j’avais chroniqué ici). Je ne serai pas étonnée qu’Un amour de jeunesse soit aussi adapté au cinéma. Cet hiver, j’ai aussi regardé une série sur France 2 : Marjorie, l’histoire d’une jolie et drôle psychothérapeute Le garçon a du talent, cela va sans dire et je vais surveiller ses prochaines réalisations au théâtre.

La trame de cette pièce est toute simple et c’est sans doute pour cela qu’elle fonctionne aussi bien.

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© Fabienne RAPPENEAU Droits réservés.

Le résumé : 

C’est l’histoire d’Antoine (Stéphane De Groodt) patron du CAC 40 qui s’est marié sur un coup de tête avec Maryse (Olivia Côte), une humanitaire passionnée, il y a vingt-cinq ans en Inde. Il a fait fortune et vit avec Diane (Isabelle Gélinas), une aristocrate dans sa bulle.

S’il veut divorcer de Maryse sans devoir partager avec elle la moitié de sa fortune, il va devoir lui faire croire qu’il est encore plus fauché qu’elle. Alors avec la complicité de leur gestionnaire de famille (Sébastien Pierre) , Diane et Antoine vont investir le studio HLM de leur femme de ménage chinoise (Nelly Clara) à Sarcelles, qu’ils envoient à l’île Maurice. Mais rien ne va se passer comme prévu…

Mon avis :

L’histoire devient rapidement intéressante car elle est fondée sur des décalages comiques : Diane l’aristocrate va devoir abandonner ses bonnes manières rapidement tant dans son vocabulaire que dans son style vestimentaire (attention, ça pique les yeux), la bonne chinoise prend vite parti d’une situation cocasse qui pourrait tourner à son avantage mais pour combien de temps ?.

Les cinq comédiens sont très talentueux et au service de l’histoire. Mention particulière à Stéphane de Groodt, le personnage principal de la pièce. A part un petit rôle dans ma série préférée Fais pas çi, Fais pas ça, je ne le connaissais que très peu. C’est un excellent comédien de théâtre. Il y avait tout un groupe de spectateurs Belges qui se prenaient en photo devant la façade du théâtre de la Renaissance.

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Les locaux du théâtre étaient le seul bémol de cette soirée très réussie. Les escaliers latéraux mériteraient un petit coup de neuf, c’était un peu le bazar les longues files d’attente devant le théâtre à quinze minutes de la pièce. Surtout, nos places bon marché (17 euros au balcon) étaient vraiment inexploitables. Comme dirait mon mari : on a bien ri mais on n’a rien vu ! On a dû faire les mauvais élèves et changer de place un étage au dessous en pleine pièce. Un peu plus de transparence sur les sites qui vendent les places serait bienvenue !

 

Ma note :

5/5 sardines

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Je me déplace au théâtre pour les comédiens que j’aime. Je savais qu’Isabelle Gélinas était une excellente comédienne de théâtre, j’en ai eu la preuve samedi soir. Je suis nostalgique de l’arrêt de Fais-pas ci, Fais-pas ça et c’était une bonne occasion de revoir des petites touches de Valérie Bouley dans son jeu.

J’aime aussi énormément Olivia Côte que j’ai véritablement découvert dans Pupille puis Chamboultout cette année. C’est elle qui a vraiment lancé le tournant d’ Un amour de jeunesse en chantant avec une guitare San Francisco de Maxime Le Forestier.

C’était un très bon spectacle, il y a eu huit rappels dans une salle comble et les comédiens ne boudaient pas leur plaisir !

D’autres chroniques de films cités dans cet article :

Venise n'est pas en Italie

Venise n’est pas en Italie ou comment trouver une issue de secours à sa généalogie

–  Pupille : l’amour comme obligation d’Etat

–  Chamboultout : comment rester un couple quand on es une personne aidante

 

 

 

 

 

 

Carnets de voyages urbains

Se régaler en Drôme-Ardèche

Le week-end du 11 novembre, nous sommes partis tous les trois retrouver notre famille dans la région de Valence. A deux heures de Paris, c’est une destination ensoleillée, ma ville de naissance avec un beau centre-ville et de superbes paysages de vignes sur les hauteurs de Crussol en Ardèche.

J’ai découvert une nouvelle boutique drômoise Le comptoir de Mathilde, rue Emile Augier.

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Façade d’un des magasins Le comptoir de Mathilde

Ce magasin de chocolats drômois, je l’avais découvert à… Paris, quand je travaillais rue Rambuteau dans le 3eme arrondissement. J’aime bien leur décoration un peu travaillée sans en faire trop, contrairement à celle trop kitsch de la Cure gourmande, un magasin de biscuits qui m’écœure avec ses couleurs criardes et ses emballages provençaux pour touristes chinois dans le quartier de l’Opéra (voilà c’est dit !)

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L’authenticité pour une boutique c’est le plus important. Surtout que grâce au Comptoir de Mathilde, j’ai retrouvé un souvenir d’enfance : le camion Tube Citroën du boucher ambulant dans mon village de vacances à Sagnes et Goudoulet en Ardèche.

Comme dans le film Le fils de l’épicier (qui a été tourné dans la Drôme), le boucher faisait le tour des villages du plateau ardéchois et il klaxonnait le samedi quand il arrivait devant notre maison en plus.

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J’ai donc acheté la réplique miniature de ce petit camion Citroën et nous nous sommes régalés avec des cuillères hot chocolate à faire fondre dans du lait chaud pour nous récompenser de notre semaine de dur labeur.

C’était bon mais pas aussi savoureux que les chocolats du voisin ardéchois Valrhona. Nous n’avons pas eu le temps de visiter son musée-usine La cité du chocolat à Tain l’ Hermitage.

 

Le samedi midi, nous avions réservé à l’ Auberge de Crussol, sur les hauteurs de Saint-Péray avec un couple d’amis lyonnais et leur bébé. Le restaurant est très accessible aux poussettes et il  y a des chaises hautes, c’est important !

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Pour les locaux, ce restaurant a remplacé l’ancienne crêperie, maintenant la carte fait la part belle au burger (la médaille d’or du burger en France), au poulet fermier, au gratin de courges et à la polenta en accompagnements. La carte est assez élaborée et la serveuse vous fera les gros yeux si vous osez demander des frites avec votre burger.

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Le fameux burger Le chaillet par Anthony Verset

La propositions de desserts est variée : j’ai bien apprécié la faisselle locale avec la crème de marrons. La décoration du lieu est très soignée surtout l’entrée qui donne sur la cuisine ouverte, la vue est assez extraordinaire. J’ai bien envie de retourner à leur terrasse en été boire un verre ou lors d’un mariage ou un anniversaire.

L’endroit est familier, toutes les familles valentinoises viennent en ballade à Crussol un jour ou l’autre. C’était sympa d’y retourner des années après, de revoir cette bonne vieille ruine de château médiéval et son théâtre de verdure. Ici a lieu un grand festival de musique avec la chanteuse Zaz en juillet.

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Je vous recommande cette bonne adresse pour ses mets de qualité, son cadre exceptionnel. Ce restaurant mérite ses prix un peu élevés (plat et dessert pour 24-30 € par personne le week-end, le menu est à 19€ en semaine) pour la qualité de sa carte et le raffinement de la décoration, c’est une belle bâtisse en pierre. Le chef est aussi propriétaire d’un autre restaurant très design La ruche sur la place du village de Saint Péray.

L’auberge de Crussol, chemin de Beauregard, quartier de Crussol, 07130 Saint Péray. 

Le lendemain, nous sommes allés voir les châtaigniers de mon grand-père à Saint-Priest.  Puis, nous sommes rentrés bien tranquillement le 11 novembre à midi sans ressentir le séisme.

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D’autres articles sur ma région d’origine dans ce blog :

– Le film biographique consacré au palais idéal du facteur Cheval

–  Mes meilleurs spots dans la Drôme

–  Sortir des chemins touristiques en venant sur le plateau ardéchois

–  Un week-end de mariage en Rhône-Alpes : Lyon, Méaudre, Autrans

 

Carnets de voyages urbains

Un week-end de mariage en Rhône-Alpes

Cet été, nous sommes partis trois jours dans le Vercors à l’occasion du mariage de ma chouette cousine Olga avec Loïc.

Je n’y étais pas allée depuis une vingtaine d’années et retourner à Méaudre, Autrans, Lans en Vercors et Villard de Lans fut l’occasion d’actionner la machine à souvenirs.

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Quand j’avais entre cinq et huit ans, nous avons passé plusieurs étés au camping de l’Oursière avec mes cousines, mon frère et mes grands-parents. C’est à Méaudre que j’ai appris à nager  et à la patinoire de Villard de Lans, j’ai eu un autographe de la championne de patinage artistique Surya Bonaly.

C’est peu dire que j’aime beaucoup le Vercors, une destination bien pratique pour de premières vacances estivales avec un bébé de six mois quand on a subi un mois de juillet caniculaire à Paris.

Nous sommes arrivés à la gare de Grenoble en TER depuis Lyon, un trajet bien agréable et ergonomique pour une poussette king size (bravo les gars!). J’ai vu Grenoble sous un autre jour et la route jusqu’ Autrans fut très belle.

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Nous avons logé au Logis de France Le Vernay dans le centre d’ Autrans. L’hôtel était très confortable, bien insonorisé et le personnel avait pensé à notre lit parapluie indispensable. J’ai bien aimé leur décoration dédiée au ski et leur salle à manger assez moderne. Il y avait même une piscine mais nous n’avons pas pris le temps de la tester.

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Autrans-Méaudre est une chouette destination familiale aussi bien en hiver qu’en été : ski de fond, ski de piste, speed-luge, vélo, piscines et loisirs aquatiques, tout est conçu pour se régaler au vert. Je pense me convertir aux vacances montagnardes pendant l’été si le réchauffement climatique s’accentue rapidement.

Les prix de logement et d’alimentation grimpent un peu avec l’altitude mais c’est tout de même raisonnable.

Beaucoup d’amis parisiens connaissent le Vercors pour y être venus en classe de neige ou en colonie de vacances. Moi, j’ai eu le droit au devoir de mémoire du maquis du Vercors et cela m’a un peu traumatisée les histoires de massacres de résistants à huit ans.

Le vin d’honneur du mariage s’est déroulé au refuge des Narces en altitude dans un petit bosquet, un refuge de biches comme l’aurait aimé mon grand-père. C’était vraiment délicieux (il faut dire que le marié est patron de trois boucheries en Isère) et la décoration était originale. Le photo booth était bien chouette : une cabine de télésiège.

Le Vercors, c’est un massif montagneux plus accessible que les Alpes où l’on peut pratiquer le ski de fond, le ski de piste, les raquettes à Fond d’Urle ou à l’ Echaillon, entre Drôme et Isère.

Nous avons emprunté la magnifique mais redoutable route des gorges de la Bourne avec ses villages pittoresques que j’aime tant : Saint Nazaire en Royans, Pont en Royans…

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Les maisons suspendues de Pont en Royans. Isère tourisme. Droits réservés

C’est une région avec des trésors gastronomiques : le Saint-Marcellin, les ravioles du Royans… Cela me donne faim tout ça !

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Retrouvez d’autres carnets de voyages ici :

–  Les plus beaux spots de la Drôme

–  Un tour sur le plateau ardéchois

– Le top 5 des meilleurs jardins publics

Carnets de voyages urbains

Mon top 5 des parcs et jardins publics en Europe

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Depuis que nous sommes devenus parents, nous devenons experts en jardins publics pour découvrir ceux qui sont le plus accessibles en transports publics, mais aussi les moins bondés, les plus protégés en termes de bruits urbains et ceux qui nous dépaysent le plus…

Il faut dire que dans le 20eme arrondissement, nous sommes plutôt bien lotis : entre les Buttes-Chaumont au nord, le lac Daumesnil au sud, nous avons l’embarras du choix entre le square Séverine, le pavillon de l’Ermitage, le jardin de la rue Vitruve, le square de Gambetta et celui de la place Martin Nadaud sans parler du Père Lachaise…

Nous avons la chance de vivre dans un vrai poumon vert avec des petites maisons biscornues, ce qui me change des immeubles haussmaniens tellement rectilignes. Je suis fan de mon quartier, cela va sans dire…

Cet été, nous sommes partis en vadrouille en Bulgarie, à Lyon, dans le Vercors à Autrans et Méaudre… Un article consacré aux cinq jardins publics qui ont marqué notre été m’a paru être une riche idée !

Le parc de la Villette, depuis le tramway 3b à Paris 19eme arrondissement.

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Je le connaissais enfant quand je pique-niquais dehors en visite à la Cité des sciences mais je l’ai vraiment découvert en amoureux quand c’était l’euphorie Pokémon Go et que des grappes d’adolescents nous entouraient pour chasser Pikachu et ses potes, c’était épique.

J’aime beaucoup les pelouses près du canal et surtout les œuvres d’art contemporains : le vélo géant décomposé de Claes Olenburg, un artiste important du pop art américain. On voit un morceau de ce vélo depuis le périphérique c’est fort non ?. On a aussi découvert une maison assez atypique, où l’on compte se réfugier à la prochaine canicule car son allée de platanes est très rafraîchissante.

J’ai remarqué que les platanes sont l’arbre phare des meilleurs jardins publics, je les ai même photographié à Bourgas en Bulgarie. Je lance donc mon grand coup de gueule suite à un article que j’ai lu dans Le Monde sur les îlots de chaleur dans Paris : arrêtez de raser les platanes, on respirera mieux !

J’en viens alors à vous présenter mon deuxième coup de cœur de l’été :

Le jardin maritime de Burgas, Bulgarie

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Burgas est la ville natale de mon mari aux bords de la Mer noire (comme dans le bêtisier de Questions pour un champion), où j’ai la chance d’aller en vacances chaque année. Ce jardin est le jardin d’Eden sur terre pour moi. Il sépare la ville de la plage par une grande terrasse immense avec une vue superbe. C’est le paradis pour les enfants avec la piscine, les aires de jeux, les glaciers, les loueurs de vélos, les petites cabanes en bois, les bancs et surtout les statues qui m’intriguent : il y en a plus de deux cents. A Sofia, j’aime aussi le parc du Théâtre National Ivan Vazov avec la statue de danseuse.

Le parc de la Tête d’or à Lyon

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Il est reconnu sur le plan régional quand on habite à Valence, plus au sud. Et j’ai bien compris son pouvoir d’attraction dès l’entrée avec ses superbes grilles en fer forgé. Construit en 1857, ce parc urbain mesure plus de 115 hectares avec des serres, un superbe zoo et aussi un vaste lac où l’on peut naviguer avec de petits bateaux à moteur.

La vue sur la colline de la Croix Rousse (l’équivalent de Montmartre à Paris) vaut le détour. Nous avons vu des tortues domestiques adoptées par le parc, des singes, une panthère et un lion, un jeune paresseux, des oies cendrées en liberté… Il y avait beaucoup de monde, la chaleur était supportable, ce fut donc une visite agréable et nous reviendrons c’est sûr pour jouer au molky.

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Le jardin d’Acclimatation, Paris

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De retour à Paris, nous nous sommes décidés à prolonger les vacances avec une visite à Neuilly après avoir fait chou blanc en novembre dans notre projet de visiter la fondation Vuitton.

C’est un parc très moderne et ultra sécurisé avec ses portails à l’entrée : il a été fondé au 19eme siècle par Alphand, l’un des élèves du baron Haussmann, fondateur du parc des Buttes-Chaumont mais il a été entièrement rénové. Avec ses attractions, cela ressemble plutôt à un mini Disneyland Paris où il faut souvent mettre la main au porte-monnaie. Mais pour 5€ l’entrée – promenade, cela valait la visite.

Les jeux d’eau proches de la fondation Vuitton valent le détour. On a beaucoup aimé les petits bassins et les jardins aquatiques, les architectures japonaises nous ont bien dépaysés. Nous n’avons pas eu le temps de tout voir car il faisait très chaud et c’était bondé mais nous reviendrons assurément un matin !

Emballés par notre visite au jardin d’acclimatation, nous redonnerons sa chance au bois de Boulogne cet automne même si c’est très loin de chez nous.

Et voici le moment de vous donner ma dernière adresse, même si j’ai du mal à lâcher le bon plan (un jardin public peu connu à Paris, c’est comme un bon coin à champignons) :

Le lac des Minimes à Fontenay sous bois.

C’est notre terrain de jeu favori pour le molky et les pique-niques dès qu’il fait beau. Moins connu que le lac Daumesnil mais tout aussi sympathique, on peut y faire de la barque et manger de bonnes glaces au pavillon de la Main Jaune, accessible en Vélib et en RER A facilement.

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D’autres carnets de voyages dans ce blog :

– Un road trip à Marseille

– Sofia et la mer Noire en Bulgarie

Anvers en automne

– Mes meilleurs spots dans la Drôme

 

 

 

 

 

 

Ile de France et Paris

Le Palais de la femme, refuge des Victorieuses

C’est grâce à un blog (toujours le même) My Pretty books que j’ai repéré ce livre Les Victorieuses. Je connaissais un peu le style littéraire de Laetitia Colombani même si je n’ai pas lu La tresse.

Son nouveau livre m’a intéressé car je suis protestante : Le Palais de la femme est un foyer pour femmes démunies géré par une oeuvre chrétienne L’Armée du Salut.

J’ai visité plusieurs fois le grand foyer du Palais de la femme, un lieu emblématique du Paris solidaire aussi pour son architecture Art Déco des années 1920. Juste à coté, se trouve un salon de thé libanais Kanoun

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Le salon de thé Kanoun, rue de Charonne

 

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Les victorieuses

Laetitia Colombani

Editions Grasset

2019

224 pages

18€

Il ne faut pas s’arrêter à la couverture très rétrograde alors que le titre du livre est plutôt  engagé féministe. Espérons que cela s’arrangera pour la version poche.

Je regrette aussi l’aspect très marketé du livre qui joue sur l’aspect feel good  : une jeune femme brillante à qui tout réussit et qui découvre que la vie est vaine si on sacrifie l’amour, l’attention aux autres sur l’autel de l’argent, la carrière et la réussite sociale.

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Cette fois-ci comme c’est le cas dans d’autres romans feel good, Solène n’ouvre pas un restaurant, une librairie ou un magasin de fleurs pour se reconvertir au plus proche des gens. Non, elle devient écrivain public pour femmes en détresse dans un foyer social et c’est cette fibre humaniste  que j’ai apprécié alors que ce n’était pas gagné du tout.

Je déplore les grosses ficelles employées pour vendre un roman en grande quantité et qu’ à force la littérature trop marketée ne détournera plus les jeunes générations de Netflix, Youtube et des écrans en général. J’ai trouvé les critiques culturelles élitistes très dures avec Laetitia Colombani, parce que son livre plaît au grand public.

Mais personnellement j’ai du mal à lire un livre quand la structure se limite souvent à sujet -verbe- complément avec de nombreuses répétitions.  J’aime quand l’écriture découle de manière très fluide et que les portraits psychologiques des personnages sont très travaillés.

 

Le résumé :

Solène a 40 ans. Elle était une avocate aisée à qui tout réussissait en apparence mais le matérialisme n’a pas réussi à donner un sens à sa vie. Et après le suicide de l’un de ses clients sous ses yeux, c’est la dégringolade physique et morale.

Le burn-out qui couvait depuis quelques temps lui est tombé dessus sans crier gare : les cachets la maintiennent à flots mais elle est incapable de travailler et prend conscience de tout ce qu’elle a sacrifié : son réseau d’amis, son envie de maternité…

Aider les autres en tant qu’écrivain public va l’aider à se relever. Le palais de la Femme, ce foyer pour femmes en difficulté va s’avérer être son refuge. C’est comme cela que le concevait Blanche Peyron, officière de l’armée du Salut en 1925 quand elle s’est lancée avec tout son cœur dans une vaste collecte de fonds nationale avec son mari Albin. Ils ont sollicité toutes les élites du pays : des industriels au président de la République pour financer un ancien hôpital de guerre qui pourrait mettre à l’abri de la misère plus de 700 femmes seules ou avec enfants. Le Palais de la femme fêtera bientôt son centenaire.

Ce roman croise les trajectoires de deux femmes : l’une était fille de pasteur et officière de l’armée du Salut en 1925, l’autre avocate parisienne contemporaine des attentats de novembre 2015, dont les balles ont éraflés la façade du Palais de la femme quand le bar La belle équipe a été pris pour cible.

C’est un roman réaliste très contemporain qui fait la part belle à une galerie de portraits de femmes en détresse : Cvetlana, Cynthia, Viviane, Binta et sa petite fille, La Renée, Lily… Elles sont de toutes origines : Parisiennes ou provinciales, Africaines ou encore exilée des Balkans, mais chacune a vécu les abus comme le viol, les violences conjugales, la misère et le dénuement…

Mon avis :

Même si ses portraits psychologiques sont vraiment très superficiels et caricaturaux, il faut saluer le mérite de Laetitia Colombani d’avoir choisi comme héroïne une femme qui prêche l’ Évangile dans les rues de Paris aux miséreux. Car, dans l’esprit de la société moderne, une officière de l’Armée du salut n’ est pas aussi bankable qu’une instagrameuse en vue, une chanteuse ou bien une vedette éphémère de télé-réalité.

L’action sociale de Blanche Peyron est remarquablement mise en valeur . A quand une biographie entièrement consacrée à cette femme d’exception ?. Elle aurait toute à fait sa place dans la sélection des Culottées de Pénélope Bagieu.

Je vous conseille un livre : William Booth, soupe savon, salut d’une collection de qualité Les héros de la foi, éditée par Jeunesse en missionCe sont des biographies de protestants célèbres qui ont marqués l’Histoire par leur engagement chrétien : Frère André, C.S Lewis, Corrie Ten Boom, Eric Lidell…

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Ma note :

3/5 sardines

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Même si je n’ai pas beaucoup apprécié le style littéraire de Laetitia Colombani qui use et abuse de la métaphore du Palais et de ses princesses, j’ai été touchée par cette histoire.

Le Palais de la femme et l’Armée du Salut ont été présentés avec beaucoup de respect et d’authenticité. Si la lecture de ce roman fait lever des fonds, des dons et des vocations de bénévoles à grande échelle alors bravo à l’auteure !.

n503310246_1704882_7119Moi aussi j’ai vécu dans un foyer chrétien de jeunes filles : La Vigie sur l’île Saint Louis avec des femmes de toutes les origines géographiques et sociales, certaines étaient des petites étudiantes françaises comme moi, des princesses très riches du Moyen-Orient mais aussi des jeunes filles qui étaient cachées par des associations pour échapper à des mariages forcés.

Même si c’est une fiction on comprend aisément que Laetitia Colombani raconte la vie réelle de nombreuses anonymes  qui se sont réfugiées de la rue, des coups…

 

 

 

Carnets de voyages urbains

Venir à Deauville Trouville pour … dormir puis visiter

Deauville

Nouveaux parents depuis février, c’était véritablement notre premier week-end à deux depuis la naissance de notre petite fille. Nous avons donc choisi une destination assez proche de Paris : Deauville-Trouville et un hôtel non loin de la gare : Ibis.

Après avoir subi trois jours bien difficiles de canicule à Paris fin juillet, notre premier réflexe a été de faire la sieste après un agréable pique-nique sur la plage de Deauville. Le petit Casino nous a nourri pour une somme assez exorbitante : 3€80 le pâté croûte car nous avons vite renoncé à l’idée fantasque d’aller à la nage au Burger King du Havre.

« Les chiens et l’alcool sont interdits sur la plage de Deauville » entendu au microphone

Je résumerai Deauville en quelques lignes car cet entre-soi bourgeois ne m’a pas vraiment emballée. Cela ne me dépaysait pas assez de Paris et de sa banlieue ouest, j’ai beaucoup mieux apprécié Trouville, cet ancien village de pécheurs à la plage beaucoup plus familière et familiale (je venais en vacances à Pont l’Évêque lors de la coupe du monde 1998, un souvenir mémorable).

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« Comment s’appelle ce petit bijou? Minoko.

Une dame fortunée qui présentait son petit chien exotique à la terrasse du Morny’s, du nom du duc de Morny, l’un des fondateurs de Deauville.

Pour moi, la plage est un espace démocratique où s’effacent toutes différences sociales en maillots de bain et à Deauville, c’est tout le contraire.

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J’ai étudié les stations balnéaires lors d’un cours d’anthropologie sociale et culturelle de l’Europe. Deauville est une réussite immobilière remarquable qui attira la jeune Coco Chanel en 1914 pour fonder l’une de ses premières boutiques au sein de l’hôtel Normandy. Seulement le front de mer est beaucoup plus chaleureux à Trouville, les planches de Deauville et leurs parasols sont mythiques mais très isolés de la ville, c’est étrange comme configuration de l’espace.

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Deauville est très intéressante d’un point de vue architectural avec ses villas anglo- normandes, ses hôtels mythiques et ses épis faîtiers remarquables avec des chevaux ou des coqs mais on a vraiment l’impression de déambuler dans un musée à ciel ouvert.

Il faut tout de même faire attention à ce que le ciel ne nous tombe pas sur la tête car un parapluie rouge du casino Barrière est tombé d’un immeuble sur la tête de la dame juste devant nous dans une rue principale.

J’ai beaucoup aimé la ballade du dimanche matin dans les rues de Trouville, il y avait beaucoup de Parisiens mais c’était très agréable de déambuler dans les ruelles, visiter les salons de thé et les librairies. Je ne compte plus le nombre de fois où mes grands-parents m’ont emmené à la plage des Roches Noires, au restaurant Les Vapeurs, au marché sur les bords de la Touques, et j’ai retrouvé tous ces souvenirs le temps d’un week-end.

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Je vous recommande la ballade photographique en bord de Touques, d’aller faire un tour à la boutique de l’office de tourisme de Deauville et enfin de lire l’article des Pinçon-Charlot sur la construction immobilière de Deauville pendant le Second empire, c’est passionnant.

« A Deauville, il y a aussi la mer »

Le week-end était très agréable mais c’est sûr : nous reviendrons à trois avec notre petite fille à Trouville pour sa plage familiale et accessible facilement. Cet article contenait pas mal de citations car comme l’analysait le sociologue Jean-Didier Urbain, la plage est un vaste théâtre social où l’on s’observe plus que l’on observe le rivage.

Pour une prochaine escapade à deux, j’ai bien envie d’aller découvrir Saint-Malo, Quiberon ou de retourner au Touquet ou à la Baule.

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Dans mes prochains carnets de voyage, je vous parlerai de notre voyage annuel estival à Sozopolis au bord de la mer Noire avec des recettes de cuisine originales.

Mais la France sera aussi à l’honneur puisque je vous raconterai notre périple Lyon-Méaudre- Autrans à l’occasion du mariage de ma super cousine Olga.

Cet été, nous en avons parcouru des jardins publics : le jardin maritime de Bourgas, Bulagrie, le parc de la tête d’Or à Lyon, le jardin d’acclimatation à Paris… je vous raconte nos impressions dans un prochain billet aussi !

Les précédents carnets de voyages :

Giverny

Marseille

La Bulgarie

Carnets de voyages urbains

Les meilleurs spots de l’Ardèche

Viens faire un tour sur le plateau ardéchois...

Dernièrement, j’ai écrit un article sur les meilleurs spots de la Drôme à l’occasion de la sortie du film biographique consacré au facteur Cheval à Hauterives.

Décidément, le cinéma est inspiré par la Drôme puisque le prochain film de Benoît Poelvoorde, Raoul Taburin a un secret (adapté des dessins du génial Sempé) a été tourné en Drôme provençale  : j’ai reconnu direct les vieilles pierres et les couleurs ocre des Barronnies.

Comme j’ai la double nationalité « dromardéchoise », je t’invite à enjamber le Rhône quand tu arrives à la gare de Valence pour venir en Ardèche.

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La vue sur l’Ardèche depuis le belvédère du musée de Valence

Aux pieds du château de Crussol, une ruine médiévale, se trouvent des vignes qui délimitent les fameux coteaux du Rhône : Saint-Péray, Cornas, Tain l’Hermitage… Certes, il y a du bon vin mais aussi de délicieux chocolats à l’usine Valrhona, un salon du livre de référence et une foire à l’oignon ancestrale à Tournon …

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Une escale à Privas avant de prendre la route de montagne qui mène aux sources de la Loire, à la limite de la Haute-Loire et de l’Auvergne.

Les marrons glacés Clément Faugier, Privas

Mon arrière-grand père nous a transmis des terrains dans la région de Privas avec des châtaigniers. C’est la tradition chaque automne de faire la récolte des châtaignes pour une bonne rôtie, le soir devant la télé ou avec la dinde le soir de Noël.

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Privas est l’adresse mondialement connue de l’usine Clément Faugier, un peu comme le Nutella de Ferrero et ses noisetiers en Italie. Ce sont les belles boites de crème de marrons que vous trouvez dans toutes les crêperies itinérantes. Je les aime tellement ces boites métalliques que j’en fais mes pots à crayons. Je vous recommande les fondants à la châtaigne, même s’ils sont difficiles à trouver hors de Privas.

Puis, il est temps de grimper en voiture pour rejoindre le col de l’Escrinet et le plateau ardéchois. Une quarantaine de kilomètres tout en virages et en paysages remarquables (quand tu vois le Mont Blanc au loin, c’est signe d’un temps de chien le lendemain) et l’odeur entêtante du genet en fleurs qui te donne la nausée.

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Le mont Gerbier des Joncs

En hiver ou bien en été, le trajet vaut toujours le détour. On est bien content quand on arrive à Lachamp-Raphaël près de la cascade du Ray Pic et que l’on reconnait au loin la silhouette du Mont-Gerbier de Joncs. C’est un coin d’anciens volcans, le point de départ d’un des principaux fleuves du pays : la Loire.

Si tu as la flemme de faire l’ascension du Mont-Gerbier de joncs, tu peux tranquillement te régaler avec une bonne glace aux myrtilles sur l’esplanade et aller dîner à l’hôtel Chanéac, le restaurant de ma grande famille depuis quatre générations. Julie Andrieu y est même venue interviewer ma grande-tante Elisabeth dans le cadre de son émission Les carnets de Julie sur France 3.

Alors certes, il n’ y a pas toujours le wifi, ni même de réseau tout court mais c’est là où tu peux voir le plus beau ciel étoilé, des éclairs qui découpent le panorama à 360 degrés, faire des parties de pétanque et de molky dans des résidences secondaires immenses avec un grand parquet au grenier pour danser la bourrée auvergnate avec mes quarante cousins à la Chave ou à Bourlatier, passer tout un après-midi à faire de l’escalade à Les Coux…

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Les chambres d’hôtes de Suchasson

Je te recommande la ferme de Suchasson, une table d’hôtes vraiment géniale (c’est mes cousins en plus) et leur compte Instagram qui te laissera rêveur, citadin empêtré dans la pollution parisienne.

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Jean-François et Pierre Chanéac, deux frères , restaurateur et agriculteur du Fin gras du Mézenc

 

Mieux que le salon de l’agriculture, j’ai des souvenirs géniaux d’enfance avec mon frère quand on allait à la traite des vaches le soir avec le pot à lait, ou alors qu’on les regardait traverser le village pour aller au pré en juillet.

Mon grand kiff c’est de cueillir des œillets des Chartreux par grandes brassées et de les dessiner à l’aquarelle, peinard tranquille dans mon jardin.

Notre point de chute pour les vacances, c’est Sagnes et Goudoulet, un petit village ardéchois avec de belles fermes aux toits de lauzes, de chouettes coins de baignade au bord de la Loire ou de la Padelle. Il y a aussi le lac d’Issarlès, 25 kilomètres plus loin. C’est un endroit très agréable pour faire de la planche à voile et du camping.

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Le lac d’ Issarlès

L’hiver, je te recommande la station de ski très familiale des Estables, la bonne adresse pour faire du ski de piste sans trop casser sa tirelire.

C’est un road trip bien moins touristique que les gorges de l’Ardèche avec ses canoës et son cagnard étouffant que je te propose. Pour aller sur le plateau ardéchois, si tu n’as pas une voiture, ce sera une aventure rocambolesque mais le dépaysement est garanti !