Cinéma

Avec le film Les parfums, vous allez retrouver le goût et l’odorat…

Ce n’est pas moi qui le dit mais la punchline assez efficace de la publicité du film sur tous les bus parisiens en ce moment. Ce film, j’ai guetté sa sortie pendant le confinement parce que le sujet est passionnant (j’ai même lu le dossier de presse) et j’aime beaucoup le jeu d’acteurs d’ Emmanuelle Devos et Grégory Montel.

Mon amoureux est un fin connaisseur des parfums masculins un peu exceptionnels qu’il traque dans Paris avec une rigueur de fin limier. Même si le titre du film est peu original, il donne envie de se déplacer au cinéma. Le métier de nez ça envoie du rêve et ça suscite toujours la curiosité.

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Le résumé :

Anne et Guillaume sont deux quadragénaires parisiens solitaires. Lui est un chauffeur un peu fauché, papa divorcé qui cherche à pouvoir recevoir sa fille de dix ans en garde alternée. Elle est nez pour de grandes marques de l’industrie afin de trouver la solution miracle à une mauvaise odeur persistante d’un sac en cuir, d’une usine pétrochimique. Un emploi bien moins glamour que son ancienne carrière de créatrice de parfums mais qui est très recherché. Anne et Guillaume seront chien et chat au début de leur collaboration professionnelle mais au fil de leurs voyages en voiture, ils apprendront à se connaître et à s’entraider par des conseils personnels judicieux…

Mon avis :

Ce film m’a réconciliée avec les comédies sentimentales françaises. Il évite les poncifs qui me lassent de ce genre de films : vont-ils se séduire? Passer la nuit ensemble et se quitter sans dire un mot le lendemain matin?.

Ce film est une histoire d’amitié et d’entraide entre un homme et une femme. C’est bien joué par tous les acteurs : le duo Emmanuelle Bedos et Grégory Montel en tête mais aussi la ravissante petite fille de dix ans très touchante (Zélie Rixhon), le patron un peu looké Gustave de Kerven, Louise, l’agent artistique d’Anne complètement cynique limite malveillante….

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Les dialogues sont intéressants et d’une grande finesse psychologique, les scènes se succèdent tout en émotions et en sincérité. C’est du beau cinéma qui redonne espoir en l’amitié, l’ascension sociale de Guillaume, le bonheur d’Anne dans les bras de son médecin un jour…

J’ai beaucoup aimé trois scènes du film en particulier :

– Anne donne à Guillaume le conseil d’emmener sa fille dans un endroit qu’il aime pour lui transmettre des souvenirs pour ses dix ans. Il l’emmène sur la plage de Trouville en face de l’hôtel des Roches- noires et de l’ancien casino. J’y suis allée à quatre reprises avec ma grand-mère Annette et vingt ans plus tard, les souvenirs sont toujours là.

– Guillaume fait remarquer à sa patronne au restaurant que « les gens n’ont pas seulement une odeur ». Elle se fait violence pour sortir seule boire un verre dans un bar très animé en pleine semaine. Le spectateur est alors pleinement témoin de son malaise et de l’effort considérable qu’elle fait.

– la scène où Anne récupère un savon de sanitaires collectifs dans une station service qui lui rappelle un souvenir d’enfance. Cette scène dans le début du film exprime bien ce en quoi consiste le métier de nez.

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Ma note :

5

Je mets bien évidemment la note de cinq sardines à ce film pour le jeu des acteurs, l’originalité de cette histoire qui mise sur l’entraide et l’amitié entre un homme et une femme et non pas sur le sexe et la séduction. On a envie de voir autre chose aussi de temps en temps ! J’ai beaucoup aimé la manière dont Anne et Guillaume reprennent leur vie en main !

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Retrouvez ici mes précédents articles films et séries :

Mes premières fois sur Netflix, l’amitié au lycée

Pourquoi Chamboultout m’a chamboulée

– Standing ovation pour Tout le monde debout avec Alexandra Lamy et Franck Dubosc

Virgin River, une série Netflix qui parle de la guérison émotionnelle

Cinéma

Last Christmas, une romcom qui renoue avec le merveilleux !

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Ni les grèves, ni le peu de séances en version originale n’ont pu m’ empêcher d’aller voir Last Christmas au MK2 Nation tout rénové. Il faut dire que la presse encense cette comédie romantique qui aborde des thèmes sociétaux sérieux comme la xénophobie post Brexit, la quête d’identité quand on a émigré jeune, la désillusion amoureuse…

Un film réalisé par Paul Feig et scénarisé par Emma Thompson, j’ y vais les yeux fermés. Un de ses précédents films Mes meilleures amies m’avait fait pleuré de rire. Il montre les déboires amoureux et amicaux d’une trentaine américaine.

Kate ressemble un peu à Annie de Mes meilleures amies. Elles se mettent dans des embrouilles pas possibles et on a de la peine pour elles. Emma Tompson a eu du mal à imposer une héroïne névrosée à ses producteurs, comme si les filles lisses et qui réussissent étaient des modèles auxquels les spectateurs peuvent s’identifier (mon œil…)

Allez, je vous raconte le pitch de cette fabuleuse comédie au service du rêve et du merveilleux comme je l’ai lu dans un excellent article de l’Express.

Last Christmas
Copyright Universal Pictures International France

Le résumé : 

Kate a 26 ans, elle erre dans les rues de Londres avec sa valise, de canapés d’amis en canapés. Elle court les auditions pour décrocher le rôle de sa vie mais pour l’instant, elle officie comme elfe dans un magasin de décorations de Noël sous les ordres d’une patronne chinoise pas si autoritaire que ça. Elle a les idées en vrac depuis une lourde opération à cœur ouvert. Elle multiplie les rencontres foireuses d’un soir et semble se moquer de tout, irritant ainsi sa patronne et ses amis.

Mais la rencontre d’un gentil garçon pas comme les autres va l’aider à remonter la pente. Elle va renouer avec sa passion pour le chant et elle va se décentrer d’elle même pour venir en aide aux plus démunis.

Mon avis :

Dans cette comédie, on ne s’ennuie pas un seul instant et à aucun moment, on ne devine la situation suivante et ça devient très rare avec le lot de comédies formatées que je consomme sur Netflix. Et ce n’est pas bien grave, elles sont faites pour ça : un bon après-midi sous le plaid avec un bon thé dans un pyjama informe.

Pourtant comme Crazy asian rich – le précédent film d’Henry Golding- Last Christmas est sorti sur grands écrans.

Force est de constater que la romcom est un genre cinématographique bien particulier qui fait toujours actionner la cash machine. L’amour n’est pas mort, la preuve, il finance les comédies romantiques.

Last Christmas
Universal Pictures International France

Je dois même dire que Last Christmas m’a rassurée sur la qualité des relations entre hommes et femmes à travers l’amitié naissante entre Kate et Tom en 2019. Bien meilleur qu’un Disney où l’on ne sait pas si le prince est vraiment charmant, ce petit couple de Last Christmas ne va pas au pieu tout de suite (voire pas du tout), il confie ses peines et se montre sous sa vraie lumière : un peu cabossé, un peu perdu….

C’était la première fois que je regardais ce genre d’histoire au cinéma et ça m’a beaucoup plu. Je suis avec beaucoup d’attention tous les rôles d’Emma Thompson, une actrice formidable depuis son rôle tout en finesse et en subtilité d’épouse négligée dans Love Actually, Raisons et sentiments

Last Christmas
Copyright Universal Pictures International France

Je suis effarée d’avoir lu dans Stylist qu’il existe une polémique autour des panneaux de déclaration d’amour de Love Actually, une scène phare du film vécue comme un harcèlement des femmes. Le tribunal des réseaux sociaux traque tous les petits détails des comédies romantiques et les clouent au pilori.

J’ai beaucoup aimé le rythme de cette comédie avec ses cassures entre scènes où l’on rit franchement et celles qui sont vraiment tristes. Last Christmas est un mélodrame qui donne du baume au cœur grâce aux chansons de George Michael et Wham ! La scène finale est vraiment très agréable et nous emmène dans l’état d’esprit de Noël.

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Universal Pictures International France

 

Ma note : 5/5 sardines

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Même si le dénouement de l’histoire m’a pas du tout plu par sa brutalité, j’ai beaucoup aimé cette comédie beaucoup plus originale qu’attendu. Ce film n’est pas une comédie musicale, il sait ponctuer ses scènes de chansons quand il le faut. J’ai beaucoup aimé découvrir le jeu de deux jeunes acteurs très talentueux : Emilia Clarke et Henry Golding.

J’ai été sensible au fait que la famille de Kate-Katarina vient d’ex-Yougoslavie, c ‘est très bien amené dans l’histoire à travers la première scène : la chorale d’enfants au pays et la conclusion du film. Le père de Kate dit à sa mère : « Voyons Petra, sois un peu joviale, la guerre est finie ».

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Alors c’est Noël, soyons joviaux, un Sauveur nous est né !

D’autres articles consacrés à Londres et à la culture anglaise (Brexit ou non, vous serez toujours européens ! )

– Charlie monte le son ou l’adolescence 2.0 sur Netflix

Londres out of the box, un guide touristique original

Mes pépites Netflix : The Crown, Call the midwife…

La piscine de Rosemary, le sauvetage d’une piscine mythique de la banlieue de Londres

Plongez dans ce roman sensoriel

 

 

Du livre à l'écran

Venise n’est pas en Italie ou comment trouver une issue de secours à sa généalogie

Venise n'est pas en Italie

Je suis une inconditionnelle du jeu comique de Benoît Poelvoorde et Valérie Bonneton (il est belge, elle est du Nord, ils sont drôles par là haut, c’est évident). Alors quand j’ai su qu’ils jouaient ensemble dans l’adaptation du roman autobiographique Venise n’est pas en Italie, je l’ai noté dans mon bullet journal comme la sortie ciné à ne pas rater.

Et là stupeur et énervements, je me rends compte que moins d’une semaine après sa sortie en salles, il disparaît des rares écrans parisiens qui le projetaient. Heureusement, de petits cinémas intelligents de banlieue le projetaient encore mais j’ai jeté l’éponge cette fois-ci.

Je trouve cette uniformisation culturelle assez triste comme les derniers Marvel et autres Avengers trustent toutes les salles de cinéma à Paris et que trop de films sortent en même temps.

Alors, je lis le livre et après une centaine de pages, l’histoire aussi lente qu’un trajet avec une caravane, a pris un rythme de croisière qui m’a bien plu et m’a donné envie de vous en parler.

Venise n’est pas en Italie

Ivan Calbérac

Flammarion

2015

18€

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Le résumé :

Emile Chamodot a seize ans, il est amoureux d’une fille de son lycée, Pauline, qui l’invite à assister au concert de musique classique auquel elle participe à Venise. Emile et Pauline ne viennent pas du même milieu social.

Flanqué de ses parents un peu doux dingues et de son frère aîné un peu brutal sur les bords, Emile part pour un voyage initiatique dans la caravane familial à travers les Alpes. Choc des cultures garanti !

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Droits réservés Studio Canal

Mon avis :

Les cent premières pages ont été fastidieuses, j’ai sauté quelques chapitres pour y prendre goût avec l’arrivée du frère aîné dans l’histoire. Il s’appelle Fabrice, c’est un militaire aussi brute et simple qu’Emile est fluet et intelligent.

Les dialogues entre Fabrice et leur père sont savoureux, ils montrent très bien la finesse d’esprit d’Emile qui navigue en eaux troubles pour ne pas provoquer les réactions primaires de son frère et ses parents qui partent au quart de tour s’embrouiller vainement avec l’hôtesse de caisse d’une halte gastronomique qui n’ en est pas une.

Le talent d’Ivan Calbérac est de transformer les banalités du quotidien en  une oeuvre littéraire à la fois subtile et cocasse. On s’ y retrouve tout de suite dans ses descriptions d’aires d’autoroute où l’on a des habitudes en commun, cette manière de sonder la psychologie de personnages les plus simples.

Il serait réducteur et caricatural de traiter le père d’Emile de beauf mais avec ses petites citations toutes communes (chacun à sa philosophie de vie après tout) il en devient tout aussi intéressant qu’un grand personnage de la littérature française.

Pour moi, la littérature c’est avant tout un moyen de s’évader grâce à un livre. Et avec ce roman de gare par excellence (je l’ai découvert au Relay de la Gare de Lyon, c’est dire) on s’évade en caravane. Objectif réussi !

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Ma note :

3/5 sardines

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Même si je rigole bien avec les dialogues cocasses de cette famille déjantée, l’histoire se traîne en longueur. L’auteur déroule son intrigue vraiment à la vitesse d’une caravane. Pourtant, ce roman va me rester en mémoire tellement je suis scotchée par le bagout du père qui est vite fatigant à vivre, vraiment il n’y avait que mon cher Benoît pour interpréter un zèbre pareil. Je n’attribue à ce livre que trois sardines seulement car la forme du journal intime est vite ennuyeuse, l’adaptation cinématographique est beaucoup plus vivante.

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Droits réservés Studio Canal

Je ne pars plus en caravane mais je garde cette petite nostalgie de mes vacances avec mon frère et mes grands-parents en camping. Ils avaient économisé pour s’offrir une caravane neuve qui nous a fait découvrir de nombreux coins de France : dans la Creuse, à Villard de Lans, à Pont l’Évêque, à Trouville….

Il y a peu, j’ai découvert l’existence grâce à mes parents du musée de la caravane en Allemagne (celui de l’usine Hymer qui célèbre les voyages mobiles) et je trouve cela passionnant : comment les gens conçoivent leurs vacances. C’est un art de vivre différent qui a du plomb dans l’aile avec les vols low cost et les logements AirBNB.

Heureusement les petites caravanes vintage font le bonheur des magazines de déco, j’ai hâte de voir comment Marjolaine Solaro (une blogueuse pleine de talents que je suis depuis quelques temps ) va redécorer sa caravane Sakura

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Droits réservés Marjoliemaman

 

 

 

 

 

 

Cinéma·Du livre à l'écran

Pourquoi Chamboultout m’a chamboulée

Au début, le titre de ce film ne m’avait pas convaincue. Mais rapidement, je me suis intéressée à son sujet : comment une épouse a vécu un changement de vie terrible face au grave handicap de son mari. C’est un film choral autour d’un couple très convaincant : Fred et Béatrice interprétés par José Garcia et Alexandra Lamy. Le rigolo compère d’ Antoine de Caunes s’est volontairement mis à l’écart pour jouer cet homme devenu aveugle et totalement désinhibé.

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Copyright Nathalie Mazéas / Same Player / Gaumont

Désormais, je me déplace au cinéma pour chaque film d’ Alexandra Lamy car depuis Retour chez ma mère (d’Eric Lavaine également), Tout le monde debout de Franck Dubosc ou bien Le poulain dernièrement, je la considère comme une actrice incontournable dans le genre de la comédie dramatique. Ses premiers films comme Rickie de François Ozon m’avaient laissé quelque peu dubitative mais c’est génial le tournant que prend sa carrière cinématographique ces dernières années. Vive les actrices à l’approche de la cinquantaine !

Chamboultout, comédie dramatique d’Eric Lavaine avec Alexandra Lamy, José Garcia, Mickael Youn, Anne Marivin, Medi Sedoun, Olivia Côte, Michel Vuillermoz….

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Le résumé :

Béatrice vit à Bordeaux avec son mari Fred et leurs trois enfants. Ils ont la quarantaine, un peu d’argent et la vie devant eux. Un stupide accident de scooter fait basculer leur vie dans le lourd handicap : on ne sait pas ce qui est le plus pesant : la cécité de Fred ou bien sa totale désinhibition. Ils se retrouvent chaque été avec leur bande d’amis dans une maison de vacances de Biarritz. Mais l’harmonie amicale va être mise à mal à la lecture du livre de Béatrice. Elle a couché sur le papier ces cinq années difficiles à travers un roman d’autofiction qui bouscule leurs amis…

Mon avis :

Au début, j’ai trouvé les dialogues et le jeu des personnages un peu caricatural à l’image de Barbecue, un précédent film d’Eric Lavaine. Et puis quand on se concentre sur les deux personnages principaux : Fred et Béatrice, nos émotions s’envolent.

On ressent une sacrée compassion pour cette épouse qui cherche affolée son mari dans les rues de Bordeaux, qui fait preuve d’une grande patience quand il se gloutonne l’immense fraisier préparé pour sa fête d’anniversaire et quand on comprends que ce n’est plus vraiment un couple égal.

L’amour charnel s’est transformé en maternage pour Béatrice qui doit surveiller l’alimentation de son mari comme un enfant, s’occuper de lui la nuit. La scène où il s’enfuit la nuit au bord des falaises est captivante, j’ai vraiment été émue de la solidarité entre Béatrice et sa belle-soeur qui étaient alors en froid.

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Copyright Nathalie Mazéas / Same Player / Gaumont

Ils sont entourés d’une bande d’amis tous bien portants mais sacrément handicapés émotionnellement : il y a Nadia, magistralement campée par Anne Marivin. Elle joue une femme totalement insécure qui étouffe Béatrice en se servant de leur malheur pour se valoriser, son mari Fabrice (Mickael Youn) est prisonnier de ses addictions à aller voir ailleurs, il y a aussi Jipé le vrai gentil de la bande un peu neuneu sur les bords, Loïc prêt de ses sous et sa femme Valérie qui va faire une belle équipe de commères avec Nadia… Seule Emmanuelle, la meilleure amie de Béatrice comprend la réalité vécue par son amie. Elle fait preuve d’un soutien sans faille et la défend bec et ongles pour raisonner les autres, les inciter à oublier leur petit ego narcissique pour entourer ce couple de l’amour dont ils méritent.

La publication du roman de Béatrice fait vaciller leur amitié car chacun est inquiet de l’image qu’il renvoie au lieu de se mettre à sa place. Elle s’est lancée dans l’entreprise de ce livre pour se consoler, c’est une forme de résilience pour encourager les familles d’handicapés qui voient leur vie basculer du jour au lendemain.

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Copyright Nathalie Mazéas / Same Player / Gaumont

Je reproche beaucoup aux comédies françaises de valoriser l’adultère alors que même les comédies et les séries anglo-saxonnes plus trash ne rigolent pas la-dessus. Cela me fait bondir quand des scénaristes font passer le message que l’adultère renforce le couple. C’est un mensonge, l’adultère fragilise forcément le couple, il brise la confiance en l’autre et l’estime de soi.

L’adultère est un des sujets de ce film. Pour moi, quand on épouse quelqu’un on lui accorde fidélité et exclusivité qu’il soit malade ou bien portant. Pourtant, il serait très maladroit de juger cette épouse qui fait preuve d’une grande tendresse et bienveillance envers son mari. Leur couple n’est définitivement plus le même, l’amour s’est transformé, la sexualité ne fait plus partie de leur intimité et c’est terrible à vivre. Mais rien ne justifie de cacher la vérité.

La fille de Béatrice lui fait de sacrées remontrances, assez terribles à assumer pour cette maman. Je pense que cet aspect de leur vie est beaucoup plus développé dans le roman de Barbara Halary La course de la mouette, édité par La Martinière. Elle est co-scénariste de ce film librement inspiré de sa vie.

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Ma note : 4/5 sardines

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Même si les scènes de bande dans la maison de vacances m’ont un peu lassée, elles ont permis de mettre en lumière nos petites médiocrités à tous, notre ingratitude d’être bien portants et de sortir des énormités aux amis proches qui vivent des moments difficiles à cause du handicap.

J’ai vraiment été touchée par la manière très subtile de traiter comment le handicap bouleverse la vie quotidienne des trois enfants du couple, quand leur plus grande fille doit réconforter et encourager son papa à réussir de chanter La lumière du jour de Michel Berger dans la scène finale du film.

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Copyright Nathalie Mazéas / Same Player / Gaumont

 

Cinéma

Un vendredi soir devant la cérémonie des Césars 2019

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C’est ma meilleure soirée de télévision chaque année : la remise des prix des Césars à la salle Pleyel sur Canal+. Je me régale toujours à regarder les belles robes haute couture des actrices, écouter les interviews des nominés tout en mangeant, avant la sonnerie qui marque le début de la cérémonie.

La cérémonie des Césars, cru 2019

Cette année, c’était Kad Merad, le maître de cérémonie. Je ne parlerai que de ce que j’ai bien aimé de sa prestation : les dix premières minutes d’ouverture avec trois ou quatre tableaux de comédie musicale en l’honneur de Queen et de Bohémian Rapsody. Il a été époustouflant en arrivant avec un faux sceptre-micro, une longue cape qui rappelait la démesure de Louis XIV ou celle de Michael Jackson pour interpréter ce pastiche très réussi de Freddie Mercury.

Malheureusement, ça se gâte au fil de ces trois longues heures, sous le regard parfois consterné de Robert Redford, l’invité d’honneur de cette année.

Robert Redford est l’un de mes acteurs américains favoris, je ne connais que la fin de sa carrière (il a plus de 80 ans) mais j’aime beaucoup sa sensibilité romantique quand le cinéma raconte l’une de ses histoires d’amour : L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux avec Kristin Scott-Thomas, Nos âmes la nuit avec Jane Fonda, deux adaptations de romans au cinéma.

Our Souls At Night
Our Souls At Night

L’Académie des césars plébiscite des drames sociaux cette année : Shéhérazade, Les chatouilles et Jusqu’à la garde.

Je n’irai sans doute pas voir ces trois films parce qu’ils sont d’une grande dureté : moi j’ai plutôt plébiscité Pupille, un beau film sur l’amour porté à un nourrisson confié à l’adoption.

Shéhérazade montre un petit couple d’ados à Marseille qui s’est foutu dans une sale histoire : elle fait le trottoir, lui récupère son gain mais il tombe aussi amoureux…

Les chatouilles raconte l’histoire vraie de la réalisatrice Andréa Bescond, qui a été victime d’un pédocriminel, dans son enfance, un ami de la famille. C’est tellement plus précis de parler de pédocriminalité et non de pédophilie.

Jusqu’à la garde est un drame : Léa Drucker et Denis Ménochet se retrouvent devant le juge aux affaires familiales pour se disputer la garde de leurs enfants. La juge lit une lettre terrible d’un petit garçon d’une dizaine d’années qui demande à ne plus jamais voir son père, est-il manipulé par sa mère ou veut-elle le protéger d’un homme violent ?.

La cérémonie des Césars récompense la plupart du temps un cinéma intello (moins que le festival international de Cannes) dans lequel je ne me reconnais pas toujours mais qui représente bien cette fameuse exception culturelle française.

C’est pour cela que les grands écarts avec la culture populaire qui remplit les salles de cinéma sont vraiment des moments gênants au cours de cette cérémonie. Un César du public pour les Tuche 3, c’est un peu fort de café. La comédie est le genre cinématographique le plus difficile à construire. Cette année, j’ai beaucoup aimé le retour de la famille Verneuil de Qu’est ce qu’on a encore fait au bon Dieu?.

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Copyright Arnaud Borrel

Souvent la comédie reçoit un accueil glacial le soir des Césars alors que ce sont les comiques qui font l’audience de la cérémonie.

Soit les remettants ou les lauréats font de grands discours élaborés sur l’art du cinéma, à l’image d’Alex Lutz qui cite Cioran : « Dans un monde sans mélancolie, les rossignols se mettraient à roter » Comprenne qui pourra… Ou alors les remettants essayent de faire rire un auditoire très exigeant et se prennent un four.

Car tout le monde n’a pas le génie d’ Elie Semoun qui marque les esprits chaque année. Déguisé en Tootsie pour recevoir Dustin Hoffmann il y a quelques années, il a osé tomber le peignoir de bain en référence à la comédie Le grand bain de Gilles Lellouche. Avec ses méduses, son ventre bedonnant et habillé par le Slip français, il est allé loin dans l’exhibitionnisme sans jamais tomber dans la vulgarité. Chapeau l’artiste !

Mes coups de cœur cinéma :

Pupille de Jeanne Herry (une jeune réalisatrice prometteuse dans un milieu essentiellement masculin) avec Elodie Bouchez, Miou-Miou, Gilles Lellouche (qui méritait le César du meilleur acteur).

L’incroyable histoire du facteur Cheval de Nils Tavernier avec Jacques Gamblin et Laetitia Casta.

 

 

Cinéma

En janvier 2019, la famille Verneuil et ses gendres reviennent au cinéma nous faire rire !

 

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« La France est un paradis peuplé de gens qui se croient en enfer « .

Sylvain Tesson, écrivain

C’est Marie Verneuil, la sympathique grand-mère du film Qu’est ce qu’on a encore fait au bon Dieu et sa suite, qui cite cette phrase de Sylvain Tesson pour convaincre ses quatre gendres de toutes origines, de rester vivre en France avec leurs familles.

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Copyright Arnaud Borrel

Quelle bonne idée d’avoir organisé une avant-première dans un grand nombre de cinémas en France le 1er janvier 2019. On retrouve la famille Verneuil au complet avec beaucoup de plaisir. Cette famille est à l’image de la France de 2019 : multi-culturelle. Nous sommes allés voir le film dans une immense salle de 500 places du complexe CGR de la porte des Lilas.

Il n’y avait plus un seul fauteuil de libre, les familles chrétiennes, juives et musulmanes s’étaient déplacées pour rire de situations politiques et sociales cocasses imaginées par les deux scénaristes du film : Philippe de Chauveron et Guy Laurent.

Cette suite est très réussie car elle reprend les ingrédients qui ont fait le succès du premier film : la présence du comédien génial Pascal Nzonzi qui forme toujours un duo comique formidable avec Christian Clavier, les quatre gendres sont talentueux (ils viennent pour beaucoup du stand-up) et surtout on rit des amalgames raciaux, des clichés xénophobes sans jamais tomber dans la provocation ou l’humiliation publique d’une communauté (ça change de Premières vacances qui caricature la Bulgarie, grr !).

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Je vous recommande ce film génial qui a réussi l’exploit pour une suite de faire aussi bien, sinon mieux que le premier film. Le casting du film y est pour beaucoup.

Il s’agit d’un film choral qui réunit deux générations d’humoristes : Christian Clavier (la troupe du Splendid et leurs films iconiques) , Chantal Lauby ( les Nuls de Canal +) associés à une nouvelle génération issue du Jamel Comedy Club en grande partie : Ary Abittan, Noom Diawara, Frédéric Chau, Medi Sadoun, Claudia Tagbo… et des comédiennes talentueuses comme Frédérique Bel, Elodie Fontan, Julia Piaton…

 

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Copyright Arnaud Borrel

C’est une belle histoire qui rend hommage à la France mais aussi qui valorise l’amour familial : les époux Verneuil vont unir leurs forces et leur argent en se démenant pour leur famille : ils tiennent aux réunions de famille, ils veulent voir grandir leurs petits-enfants…

Et bien évidemment la suite comme le premier film se termine par un mariage avec de la musique de fête ….

Cinéma

Pupille, quand le cinéma montre un triomphe collectif

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Pupille est le film qui m’a le plus marqué en 2018 (il n’y en a pas eu beaucoup, je dois dire). J’attendais sa sortie avec impatience : peut-être est-ce le fait que je vais devenir parent prochainement en février ?.

J’ ai vraiment été convaincue par les interviews de Jeanne Herry, sa réalisatrice et de Gilles Lellouche, le « héros » masculin de l’histoire, qui joue un rôle à contre-emploi tout à fait attendrissant.

Jeanne Herry s’est servie de l’histoire personnelle d’une de ses amies sur le chemin tortueux de l’adoption pour écrire une histoire pleine de vie et de sensibilité. Elle traite d’un thème social très subtil : l’accouchement sous X et l’adoption qui peuvent faire peur aux spectateurs.

Elle s’éloigne des codes du reportage en maternité et du cinéma documentaire pour bâtir une fiction romanesque qui nous emmène des rires aux pleurs, suivre le parcours éprouvant mais tellement constructif d’une jeune femme, Alice (Élodie Bouchez) . Elle a attendu pendant huit ans qu’une institution de l’État lui confie un enfant à adopter.

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Copyright Studio Canal

Le résumé :

Une jeune mère, Clara, refuse qu’on enregistre son identité à la maternité afin d’accoucher sous X. Mathilde, fonctionnaire chargée des services d’adoption à Brest, va l’aider à remettre son fils Théo à l’ État comme pupille.

Au cours des deux mois pendant lesquels elle a le droit de se rétracter, une succession de fonctionnaires vont prendre son relais pour lui donner tout l’amour et l’attention dont il a été privé à la naissance, en respectant les procédures administratives à la lettre.

Ainsi interviendront une sage-femme attendrie (Stéfi Celma), des puéricultrices, les éducateurs spécialisés comme Karine (géniale Sandrine Kimberlain) , Jean l’assistant maternel (Gilles Lellouche) et le conseil de famille chargé de son adoption dont Lydie (Olivia Côte), celle qui va discerner quelle mère serait la plus apte à s’occuper de cet enfant.

 Mon avis :

Pupille est un film magnifique, ayant un message politique fort : il rend hommage aux services de l’État qui ne ménagent pas leur peine, ni leurs moyens pour permettre à un bébé de se construire affectivement tout en garantissant le secret de l’identité de sa maman.

Comme le soulignait Gilles Lellouche dans de nombreuses interviews, ce film fait comprendre au grand public combien payer des impôts en France sert l’intérêt public. C’est un très joli pied de nez à la montée de l’individualisme ambiant. Ce film montre la force du collectif qui unit ses forces dans un but commun.

Particulièrement à travers une scène. Les éducatrices spécialisées font comprendre à Mathilde qu’elle doit agir pour que le petit Théo n’entre pas dans une forme de léthargie déprimante. La sage-femme qui l’a accouché, aide ce bébé en écoutant aux portes quand la maman vient dire au revoir à son bébé mais qu’elle est incapable de lui parler.

Or la réalisatrice expliquait qu’il est primordial qu’un mère qui confie son enfant l’autorise verbalement et symboliquement à entrer dans un projet d’adoption avec un autre parent.

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Les références au travail de longue haleine de Françoise Dolto sont flagrantes, elles procurent même au film les meilleures répliques :

« Un bon candidat à l’adoption, ce n’est pas quelqu’un qui n’a jamais rien vécu de fâcheux. On a tous un champs de mines et un champs de fleurs. Notre travail c’est de savoir comment vous vous êtes occupés de votre propre champs  » dit Lydie à la future mère adoptive, Alice.

« Tout ira bien, tu es un super mec » dit Gilles Lellouche au bébé de deux mois qui va rencontrer dans un instant sa mère adoptive. Tout se joue dans les mots, choisis avec précision et clarté.

Prendre un bébé inconnu dans ses bras, lui donner de l’amour n’est pas du tout incompatible avec la procédure administrative, c’est même fortement recommandé pour prendre soin de lui.

Ma note :

5/5 sardines

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Je vous recommande ce film magnifique qui est joyeux et qui donne de l’espérance : oui, il y a toujours une assistance sociale et éducative de la part de l’État en France en 2018. C’est parfois le rôle de la télévision ou celui du cinéma de le rappeler à ses concitoyens, aux autorités politiques qui votent leurs budgets : le film Pupille ou encore la série Famille d’accueil sur France 3.

Jeanne Herry est une grande réalisatrice à suivre par la suite. Elle signe un film qui rend un bel hommage à Françoise Dolto sans occulter les problèmes très difficiles qui secouent les assistants maternels comme Jean au début du film.

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Copyright Studio Canal

Ils sont parfois lessivés par leur rôle quand un frère tente d’étrangler son cadet. On saisit alors toute la difficulté éprouvée par Jean quand il ne parvient pas à faire comprendre à son supérieur que maintenir le lien et ne pas vouloir séparer les fratries à tout prix peut s’avérer très dangereux…

Dans un prochain article, je vous chroniquerai un ouvrage qui retrace le travail de Françoise Dolto, une référence incontournable pour moi.

En attendant, voici une vidéo magnifique d’une puéricultrice reconnue, Sonia Krief qui parle avec tendresse et bienveillance aux nouveaux nés pendant leur tout premier bain.

Du livre à l'écran

Mon crush lecture #1 : La couleur des sentiments

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Ce gros pavé de 600 pages, je l’ai lu il y a quelques années dans un train, une semaine où j’étais malade et il avait été un meilleur compagnon de convalescence que les antibiotiques. C’est ma voisine qui me l’avait prêté après que je sois allée voir l’adaptation cinématographique avec ma mère. Cela avait été un bon moment de cinéma, un feel good movie comme on les aime.

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Cette année, on honore la mémoire de Martin Luther King, tombé sous les balles racistes, il y a cinquante ans à la terrasse d’un hôtel à Memphis, Tennessee, le 4 avril 1968. Ma mère nous a parlé de lui quand nous étions enfants, mon frère et moi, et les moniteurs des colonies de vacances protestantes que j’ai fréquenté adolescente,  nous ont sensibilisé à son attachement à la non-violence tirée des Évangiles à l’image de Jésus,  mais aussi de Gandhi.

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Des années plus tard, l’Histoire m’a mis une belle claque dans la salle de cinéma où j’étais allée voir Selma en 2015, le magnifique film d’ Ava Duvernay sur le droit de vote des Noirs acquis après une bataille très éprouvante pour les droits civiques à Selma, Alabama en 1965. C’est le billet de blog qui m’a le plus plu d’écrire.

Il y a peu, j’ai lu Génération Rosa Parks, un recueil de biographies de vingt militantes non-violentes, des anonymes qu’elles soient noires ou blanches, diplômées d’université, cueilleuses de coton dans les plantations du Sud ou couturières comme Rosa Parks

Elles fréquentaient des enfants blancs pendant leur enfance ou avaient de bonnes relations avec des Blancs à l’université mais les lois Jim Crow leur interdisaient de se mêler à leurs compatriotes. Voila le vrai sens de la ségrégation raciale : empêcher toute relation amicale, professionnelle ou sentimentale d’éclore entre Blancs et Noirs.

La couleur des sentiments

Kathryn Stockett

Editions Jacqueline Chambon, 2010

528 pages

23,80 €

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Le résumé : 

Il s’agit d’un récit à trois voix : celles de Minny et Aibileen, deux bonnes noires qui s’entraident face à la ségrégation raciale qu’elles subissent depuis leur enfance à Jackson Mississippi.

Elles vont s’associer malgré elles à la troisième narratrice Eugénia dite Skeeter, une jeune blanche, héritière d’une plantation de coton. Elle dénote parmi ses amies de lycée de la bonne société Elizabeth et Hilly,  Eugénia aspire à être journaliste et elle a mal vécu le départ de sa bonne Constantine qui était un vrai repère affectif pour elle.

L’écriture d’un livre sera l’occasion pour elle de rendre hommage à toutes ces femmes et de prendre son envol : son éditrice juive à New York lui sert de mentor et la convainc avec fermeté d’écrire sur un sujet d’actualité qui intéresse vraiment les Etats-Unis au début des années 1960 : les relations humaines entre les bonnes noires et les employées blanches dans les familles des Etats du Sud.

Pourquoi c’est mon crush lecture ?

Un crush, c’est un vrai coup de cœur passionné !

Ce roman est mon crush lecture parce que le thème de l’histoire c’est l’amour que l’on porte aux autres malgré sa différence. Le titre en français : La couleur des sentiments est vraiment bien trouvé. Le livre qu’écrivent ensemble Skeeter et la douzaine de bonnes reflète autant les mauvais cotés que les bontés déployées par les Blanches qui les emploient.

On les humilie, on leur rappelle leur condition servile, on peut même les renvoyer pour un simple regard de travers et les faire bousculer dans une profonde précarité économique et sociale…. Pourtant, les enfants dont elles se sont occupés se rappellent plus facilement de leur cuisine et de leurs gestes maternels que ceux de leurs propres mères. Johnny Foote, le seul personnage masculin un peu important, retrouve ses souvenirs d’enfance avec la cuisine de Minny.

Ces bourgeoises un peu péquenots de la bonne société de Jackson sont aussi malades d’amour. Elizabeth, la patronne d’ Abileen ne sait pas comment montrer de l’amour à leur petite fille. Elle la rabroue ou la bat dès qu’elle se tache ou dit quelque chose qui n’est pas convenable comme l’a fait sa propre mère avec elle.

J’ai eu ma petite larme à l’ œil quand je lisais les passages qui montrent la complicité entre Abileen et la petite fille boulotte Mae Mobley surtout quand Abileen lui raconte ses histoires secrètes de Martien Luther King…

L’humanité dont fait preuve Minny avec sa patronne Célia qui enchaîne fausses couches sur fausses couches et qui subit le mépris social d’ Hilly et ses amies m’a aussi beaucoup marquée. Le roman creuse beaucoup plus le portrait psychologique de Célia Foote que le film qui la montre seulement comme une Marilyn écervelée, magnifiquement interprétée par Jessica Chastain.

On sait déjà où nous irons pour nos dix ans de mariage : les Etats-Unis et surement les Etats du Sud tellement authentiques dans leurs paysages, l’architecture préservée de leurs villes comme la Nouvelle Orléans, leurs modes de vie assez différents du Nord de ce pays-continent…

Kathryn Stockett a écrit une fiction mais ce roman est profondément autobiographique. Skeeter, c’est elle même. A la fin du roman, elle raconte son histoire personnelle : l’amour quasi-maternel que lui portait sa bonne Demetrie. Elle voue un amour et une fierté assez conflictuelle au Mississippi pour ses aspects un peu rustres mais elle le défend avec force face aux New-Yorkais qu’elle côtoie dans les dîners mondains.

Rappelons que le Mississippi a vu éclore le talent de grands écrivains comme William Faulkner, Mark Twain… Dans le domaine de la chanson, citons Jackson de Johnny Cash, un grand musicien country que j’ai découvert à travers le génial biopic Walk the line ou encore la magnifique chanson Georgia on my mind chantée par l’enfant du pays Ray Charles…

Si jamais l’odieux passager du vol de Ryanair qui insulte avec hargne et haine une vieille dame noire me lit, lis La force d’aimer de Martin Luther King mon vieux, ça ne te fera pas de mal.

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Grâce à ce film, j’ai découvert Octavia Spencer, mon actrice américaine favorite que j’ai retrouvé avec grand plaisir dans le film La cabane, adaptation du roman chrétien La cabane, le chemin du pardon. Ce sera mon prochain crush !

 

Cinéma·Sociologie

Le film de la semaine : I feel good ou la critique de l’individualisme forcené

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J’attendais de longue date la sortie du film Le poulain : la prestation d’Alexandra Lamy en directrice de campagne aux dents longues, m’avait convaincue en regardant la bande-annonce. Mais la chronique ciné de La croix m’a plutôt conduite à aller voir le film I feel good avec Yolande Moreau et Jean Dujardin.

Un film qui fait honneur aux communautés Emmaüs, cela avait plus de sens pour moi que le cynisme des communicants de la vie politique pendant une heure trente.

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Copyright Ad Vitam

Il est bien loin le temps où l’on considérait Alexandra Lamy et Jean Dujardin comme des acteurs de télévision de seconde zone, par comparaison avec le septième art. Chouchou et Loulou ont fait du chemin (chacun de leur côté) depuis une décennie.

Ils ont donné vie avec tout leur talent à des personnages qui nous font rire, sourire, qui nous émeuvent aussi que ça soit la jeune femme handicapée, l’ un des plus beaux rôles d’Alexandra Lamy dans le film Tout le monde debout de Franck Dubosc ou le lieutenant lâche et fourbe interprété par Jean Dujardin dans le film Le retour du héros dernièrement.

La carrière cinématographique de Jean Dujardin s’est envolée avant The artist, avec les films OSS 117 et son fameux rôle de crétin. Jacques, le personnage principal du film I feel good est le digne héritier d’Hubert Bonisseur de la Bath.

C’est la première fois que je regardais un film réalisé par Gustave Kervern et Benoit Délépine. Je n’étais pas bien rassurée car mon fraternel regardait régulièrement Groland sur Canal + et autant vous dire que cet humour bien gras et scabreux n’était pas du tout ma tasse de thé.

J’ai trouvé qu’ils avaient fait preuve d’un profond respect envers la communauté Emmaüs et leur fondateur l’Abbé Pierre, ce qui leur vaut l’intérêt de la presse chrétienne.

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Photo Patrice Terraz

Le résumé :

C’est l’histoire de Jacques, un éternel ambitieux qui a été mis à la porte par ses parents en pleine crise de la quarantaine, après une vingtaine d’années sabbatiques à vivre à leurs crochets.

Des années après leur décès, il refait surface dans la vie de sa sœur Monique, qui dirige une communauté Emmaüs près de Pau. Ses parents comme sa sœur sont restés fidèles aux idéaux du communisme, Jacques lui, a cru en Bernard Tapie. Il n’ a pas le goût du travail, il cherche juste l’idée du siècle qui lui permettra de devenir très riche très vite : rendre les petites gens beaux. Il cherche alors à embobiner les compagnons d’Emmaüs pour les embarquer dans une formule low cost : faire de la chirurgie esthétique en Bulgarie….

« Tu sais que tu as un potentiel de séduction formidable.

Et si tu sortais de ta chrysalide ? « .

Mon avis :

C’était un film loufoque, absurde, parfois déprimant mais aussi avec beaucoup d’esprit, subversif pour donner matière à réfléchir sur le sens que chacun donne à sa vie. Il montre un homme aveuglé par la quête du profit, l’ argent facile. Il va droit dans le mur à vouloir gravir les marches de l’ascension sociale quatre par quatre.

Les deux réalisateurs dénoncent une société actuelle obsédée par l’apparence, la matérialité, la réussite. Avec I feel good, ce sont les ambitieux comme Jacques et son ancien camarade d’école Poutrin qui a fait fortune,  qui sont ridicules.

Les compagnons Emmaüs ont été confrontés à cette économie ultra-libérale qui ne laisse sa chance à personne. En ce qui concerne le pragmatisme et la sagesse, ils ont une bonne longueur d’avance sur Jacques et pourtant, ils ne lui donnent pas de leçons.

L’Abbé Pierre est mort en 2017 depuis plus d’une dizaine d’années, il est rare que l’on se souvienne de lui dans l’actualité médiatique. Pourtant, son oeuvre est plus que jamais un partenaire incontournable du paysage social et solidaire français et international avec ses 287 structures.

Cela me chiffonne un peu que ce film gomme toute la parenté chrétienne de ce mouvement, pour moi, on présente vraiment l’Abbé Pierre comme un altermondialiste. Ce n’est pas mal en soi d’être altermondialiste mais quand on sait qu’ aujourd’hui, cela ne veut plus rien dire d’être de gauche ou de droite, autant fonder son espoir sur les Évangiles que sur le Manifeste de Marx.

Ce grand ambitieux emmène ce petit groupe qui s’aime et se respecte sur les traces du communisme : le palais de Ceausescu à Bucarest en Roumanie, puis en Bulgarie à Buzludza.

C’est dans les montagnes, sur les hauteurs de Kazanlak, que le parti communiste a construit un gigantesque palais des congrès visible depuis la Roumanie et la Grèce. Il a été totalement vandalisé, les pilleurs ont désossé les mosaïques de pierres précieuses, tagué les fresques… Grâce à un film français, j’ai appris un peu plus de l’histoire de mon pays par alliance : la Bulgarie.

 

Ma note : 3/5 sardines

Mon avis est un peu mitigé. Gustave Kervern et Benoît Délépine ont trouvé un très bon sujet qui donne matière à réflexion : la solidarité, l’entraide comme remède à l’individualisme forcené.

Le gag final qui rend hommage à l’abbé Pierre  est savoureux. Jacques dit à son acolyte des coups foireux qu’il s’est rendu compte que les compagnons d’Emmaüs n’avaient pas besoin de chirurgie esthétique pour réussir car ils étaient beaux à l’intérieur.

C’est un film à voir mais il laisse une drôle d’impression. Je reste persuadée que le cinéma sert à enchanter les spectateurs, les aider à s’évader de la réalité et ce film comportait aussi quelques scènes peu esthétiques. On rit beaucoup avec ce film à cause de la médiocrité assumée de Jacques, magnifique Jean Dujardin !

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Cinéma

Standing ovation pour Tout le monde debout !

Convaincue par les bonnes critiques (elles sont d’habitude féroces avec Franck Dubosc) et une bande-annonce bien dosée, nous sommes allés voir, en couple, la comédie romantique Tout le monde debout.

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Le résumé :

Jocelyn est un dragueur menteur irrécupérable.  A l’approche de la cinquantaine, la drague compulsive est chez lui une fuite en avant pour ne pas affronter les questions qui fâchent : l’engagement avec une femme, s’accepter tel qu’il est… C’est d’ailleurs l’un de ses mensonges qui va le rattraper et le plonger dans un malentendu complètement fou. Pour séduire une jeune femme blonde, il se fait passer pour un handicapé et alors celle-ci lui présente sa sœur Florence, qui elle, est réellement handicapée…

Mon avis :

Grande amatrice de comédies françaises, je suis néanmoins souvent déçue par des situations prévisibles depuis cinq minutes, les dialogues qui tombent à plat et les fatidiques dix minutes où je m’ennuie. Çà m’est arrivé avec Le sens de la fête des frères de cinéma Toledano et Nakache et c’était vraiment dommage.

Rien de tout ça avec Tout le monde debout : on rit franchement à de nombreuses reprises car on s’y attend pas du tout, les dialogues fusent et font mouche.

« On ne pue pas des pieds quand on ne s’en sert pas« 

Franck Dubosc parle du handicap avec beaucoup de subtilité et de vérité. Il égratigne surtout les valides qui disent des bêtises plus grosses qu’eux sur les handicapés à l’image de Jocelyn et son assistante Marie.

Dans le couple qu’il forme avec Florence, c’est lui le plus handicapé des deux, car il se complique la vie avec ses mensonges et ses questionnements, ses faux semblants. Franck Dubosc explique dans le dossier de presse du film qu’il se place en tant que moraliste et non comme un moralisateur.

Son personnage Jocelyn ne profite même pas de sa chance d’être valide, il est maussade, il tire la gueule alors qu’Alexandra Lamy est très solaire avec son sourire éclatant une grande partie du film.

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Il dit à son meilleur ami qui lui conseille toujours de dire la vérité : « Elle réfléchit plus vite que nous, elle vit plus que nous » . 

Je pense profondément que le succès populaire d’Intouchables a fait changer les mentalités du milieu du cinéma sur le handicap. Avant, on se posait la question est-ce qu’on peut rire du handicap? et on ne lançait pas sur ce terrain.

Maintenant, la différence, le handicap sont le point de départ de belles comédies qui font sourire mais qui donnent aussi la larme à l’œil.

Ce sont des situations de vie de bon nombre de familles en France : le grand-père qui déclenche Alzheimer à qui son petit-fils tend la main dans le film La Finale avec Rayane Bensetti et Thierry Lhermitte, le petit garçon autiste Asperger qu’un éducateur sportif (Arnaud Ducret) prend sous son aile  dans le film Monsieur je sais tout

Mon dernier coup de cœur BD parlait de l’accueil d’un enfant trisomique dans une famille : Ce n’est pas toi que j’attendais de Fabien Toulmé.

Tout le monde debout est une comédie très réussie car chacun des personnages sont des professionnels de la comédie, des humoristes très populaires qui connaissent chaque ressort du rire et de l’émotion.

« Vous Marie, l’optimisme c’est que votre histoire d’amour elle dure, moi c’est que ça m’arrive encore de rencontrer quelqu’un, malgré le fauteuil ».

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Alexandra Lamy et Franck Dubosc ne sont pas là que pour la blague, ils nous transmettent aussi beaucoup d’émotions. La scène du dîner romantique et de la piscine est vraiment formidable sur le plan esthétique et émotionnel. Elle traite avec beaucoup d’élégance et de subtilité la naissance de leur intimité puisqu’ils sont libres de leurs fauteuils roulants : ils sont au fond de la piscine.

Ensuite, ce film comique parvient à faire passer au spectateur des messages importants : en deux phrases, Alexandra Lamy raconte comment elle a perdu l’usage de ses jambes. C’est beaucoup plus efficace qu’un spot de la sécurité routière sanguinolent pour moi.

Son personnage joue au tennis de haut niveau et quand on voit cette scène qui n’est absolument pas doublée, on se dit que le handisport c’est magnifique à regarder et tellement impressionnant. Pourquoi les jeux olympiques handisport n’ont-ils pas le rayonnement médiatique qu’ils méritent?.

Ma note : 5/5 sardines

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Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas vu une comédie française aussi réussie du début à la fin et je suis ravie d’avoir révisé mon jugement sur le jeu d’acteur quelque peu redondant de Franck Dubosc ces dix dernières années.

Je pense que le choix de sa partenaire de jeu : Alexandra Lamy y joue pour beaucoup. Je me réjouis beaucoup pour elle qu’elle soit sous les projecteurs car elle le mérite depuis fort longtemps :  j’étais collégienne devant Un gars, une fille il y a bientôt vingt ans et j’ai vraiment aimé son rôle de chômeuse divorcée dans Retour chez ma mère.

Autant, on n’attend pas Patrick (Chirac) l’idiot en slip de Camping mais on encourage Franck Dubosc à continuer d’écrire d’aussi belles histoires au cinéma.

SardinesPssst ! Si cet article t’a plu, rejoins le club des abonnés du blog  ou plutôt la boite à sardines pour qu’on chante tous ensemble la chanson énervante de Patrick Sébastien : « Ah qu’est ce qu’on est serré, au fond de cette boite, chantent les sardines ». C’est en haut à droite !