Biographies et autobiographies

Zidane en lettres d’or

Cette biographie n’a pas vraiment de titre. Elle raconte dix-huit ans d’amitié entre Zinédine Zidane, le champion devenu entraîneur du Real Madrid et Frédéric Hermel, journaliste sportif ch’ti, correspondant de RMC sport en Espagne.

J’ai entendu parler de ce livre dans l’émission C à vous sur France 5 où l’auteur expliquait son analyse du fameux coup de boule donné en finale de coupe du monde mais en fin de compte, ce n’est pas le plus intéressant dans cette biographie.

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Frédéric Hermel

Flammarion

288 pages

19,90€

Ceci est tout sauf une biographie objective, distanciée de son sujet. C’est une véritable hagiographie (une biographie très élogieuse, comme la rédaction de la vie des saints). Les biographies, c’est un peu mon domaine de prédilection quand je collabore avec la box littéraire Kube.

Malgré son ton dithyrambique et ses envolées lyriques, ses déclarations d’amour à chaque page, j’ai bien aimé certains passages de ce livre dont je vous parle ici. J’ai de la sympathie pour Zidane, ce footballeur discret, mari et père de famille modèle. Je connais sa vie pour avoir lu une ou deux biographies. En 1998, j’avais onze ans et j’ai regardé un documentaire sur lui avec mon père réalisé par Dominique Le Glou de Stade 2.

Ce livre m’a rappelé des souvenirs heureux quand on se régalait en famille devant ses roulettes et autres prouesses techniques. Ou alors quand Nizar, un de mes camarades de classe bien sympas en 3eme s’autoproclamait Zidane quand il donnait une bonne réponse en cours de maths.

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Zinédine Zidane avec ses parents Malika et Smaïl

Zidane est l’ambassadeur de Marseille même s’il n’y vit plus depuis trente ans. Il symbolise la réussite des centres de formation français, de l’ascension sociale possible même quand on vient d’une famille très pauvre des quartiers Nord de Marseille.

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Il est multi-millionnaire mais garde la tête froide et se rappelle d’où il vient. Le chapitre où Frédéric Hermel raconte comment un club lui a offert une première voiture toute simple est touchant.

Il rend hommage au père de Zidane, Smaïl comme à ses premiers entraîneurs qui ne roulaient pas sur l’or mais qui se dévouaient pour lui.

Je vais mettre l’autobiographie du papa de ZZ dans ma pile à lire car il a une histoire personnelle assez édifiante : Sur les chemins de pierres, éditions Michel Laffon. 

Cette biographie s’adresse avant tout aux passionnés du Real de Madrid même si elle raconte aussi quelques anecdotes savoureuses en équipe de France. Elle raconte les affres du métier d’entraîneur car on ne lui fait pas de cadeau à Zizou, même quand il gagne un trophée avec son équipe.

Ce livre ce sont aussi les confidences d’un père de famille qui s’inquiète des retombées de la médiatisation, de l’argent qui coule à flots pour ses quatre garçons, futurs footballeurs talentueux comme lui. Il rend hommage à l’épouse de Zidane, Véronique, qui est son roc depuis ses débuts de footballeur et c’est beau à lire.

Cette biographie mérite bien une note de trois sardines : des anecdotes émouvantes mais des longueurs sur le Real de Madrid et le métier d’entraîneur.

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Zidane est avec Marcel Pagnol, le meilleur ambassadeur de Marseille, retrouvez ici mon carnet de voyages de cette ville de football !

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Biographies et autobiographies

La tolérance ne sauve pas, l’amour oui !

Il est fréquent que les Kubers à qui j’ai recommandé ce livre m’envoient une petite carte pour me dire que ce livre les a touché. Il faut dire que ça démarre fort dès le premier chapitre.

La petite fille à la balançoire

Frédérique Bedos avec Valérie Peyronnat

Les arènes

2013

223 pages

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La petite fille à la balançoire, c’est l’histoire vraie de Frédérique Bedos, animatrice de télévision bien connue. Elle a grandi, ballottée par une mère bohème et un peu perdue entre Paris et Lille dans les années 1970, accueillies par une famille d’accueil extraordinaire sur les conseils d’un prêtre.

Le premier chapitre raconte l’histoire d’amour de ses parents telle que sa mère lui a raconté, elle ne sait pas bien où est la part de rêve et où est la vérité. Ce que l’on comprend, c’est que vers la quarantaine, elle va chercher en vain son père à Haïti.

Ce témoignage ne sert pas à faire pleurer dans les chaumières même s’il pourrait tant j’ai été révoltée à certains moments par les responsabilités colossales sur les épaules de cette petite fille.

Frédérique Bedos raconte avec justesse et amour, sans aucun apitoiement sur son sort, la misère économique et affective vécue avec sa maman. Elle a fait preuve d’une résilience incroyable pour aimer sa mère tout en se protégeant d’elle, en lui rendant hommage dans ce livre avec des mots justes pour montrer tout son amour, sa lumière malgré la démence.

Pourtant, se retrouver dans une telle situation de co-dépendance : devenir la maman de sa maman a eu des conséquences terribles sur sa santé morale et psychique. Un scanner lui a montré l’étendue des dégâts du choc post-traumatique sur son cerveau.

Heureusement, cette petite fille à la dérive a été prise en charge par une famille d’accueil extraordinaire qui vivait l’Évangile et qui ne comptait plus les enfants qu’elle recueillait : des petites filles khmères, une petite fille sourde maltraitée, un bébé né sans bras ni jambes, un petit garçon africain défiguré…

Comme un miracle de Jésus pour nourrir une immense foule avec deux pains et cinq poissons, cette famille a vu ses ressources financières se multiplier en fonction de ses besoins pour nourrir ces enfants, les loger dans une maison plus grande…

Cette famille d’accueil sera d’ailleurs le premier sujet de la série de documentaires du projet Imagine, fondée par Frédérique Bedos, une fois qu’elle aura été lassée du monde de paillettes de la télévision qui ne la comblait plus. Elle a longtemps traversé une longue période de traversée du désert quand le téléphone ne sonnait plus.

J’ai beaucoup aimé ce témoignage qui raconte comment une petite fille s’est sauvée de l’insécurité affective permanente : des violences conjugales d’un énième beau-père patibulaire grâce à l’amour.

Elle conclut son témoignage par une très belle phrase : si les parents de sa famille d’accueil l’avaient seulement toléré pour l’argent ou par pitié, ça ne l’aurait pas sauvé mais l’amour oui !

Frédérique Bedos a connu des moments vraiment très sombres à cause de son histoire familiale très déstabilisante : la séparation brutale par deux fois avec ses demies-soeurs, ne pas connaître son père qui l’ont amené à sombrer plus tard une fois adulte. Mais elle partageait avec sa mère d’adoption une foi solide en Jésus dont elle témoigne volontiers dans les médias.

Biographies et autobiographies

L’amour de Dieu plus fort que le napalm

Le ao dai vietnamien qui cache et embellit le corps brûlé et cicatrisé.png

Quand j’avais dix ans, ma mère m’a expliqué ce que signifiait le grand dessin sur un cadre de bambou chez Marie, une amie vietnamienne de mes parents : la souffrance de familles anonymes qui ont vu les leurs mourir pendant la guerre et qui ont fui leur pays. On les appelait les boat-people, la situation se répète aujourd’hui depuis l’Afrique et le Moyen-Orient.

Qui ne connait pas la photographie de la petite fille vietnamienne (9 ans en 1972) qui hurle de douleur sur une route du Vietnam car un bombardement au napalm a brûlé ses vêtements puis sa peau. C’est l’une des photographies les plus célèbres de l’Histoire, prise par un photographe consciencieux et plein de compassion : Nick Ut.

La nudité de la petite fille a d’abord choqué ses supérieurs mais publiée en une du New York Times, elle fit le tour du monde et interrogea l’opinion publique quant au bien-fondé de la participation américaine dans la guerre du Vietnam.

Je lis beaucoup de biographies et d’autobiographies et celle- ci m’a particulièrement marquée :

Sauvée de l’enfer, la petite fille de la photo témoigne

Kim Phuc Phan Thi

2018

Ourania

398 pages

19€90

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Le résumé :

Quarante-cinq ans après le drame, Kim Phuc prend la plume pour expliquer comment Dieu lui a apporté la paix, la consolation et le pardon quand elle souffrait terriblement de ses brûlures, qu’elle voulait se suicider parce que son mal-être l’avait isolée et que la propagande communiste se servait d’elle en réinventant son histoire.

Dans cette autobiographie écrite avec sincérité et dénuée de tout esprit de revanche ou d’amertume, elle rend hommage à tous ceux qui ont été de précieux soutiens pour elle. Quatre photo reporters de toutes nationalités  ne se sont pas contentés de la prendre en photo, ils lui ont sauvé la vie en agissant rapidement dans les premiers moments.  Ensuite, ils ont pris soin d’elle des années plus tard en remuant ciel et terre pour qu’elle puisse sortir du bloc communiste et bénéficier des meilleurs soins.

Le journal français Le Monde s’était fait le relais de cette solidarité incroyable dans un article publié en 2012.

C’est un très beau livre qui montre la beauté de l’amour du prochain et qui démontre que seul Dieu peut apporter la vraie paix au corps et à l’esprit quand les hommes montrent leur limites.

Mon avis :

Ce récit  est structuré en quatre grandes parties : Le corps en feu, Une vie exploitée, A la recherche de la paix et Une vie restaurée.

Plus qu’un simple témoignage, c’est un livre très complet qui comprend une carte de l’Indochine en 1972 pour comprendre les enjeux militaires de l’époque, des photographies d’archives et qui explique aussi en quoi consiste la fondation de Kim envers les enfants victimes de la guerre.

Il m’est très difficile de résumer mon avis en quelques lignes à propos de ce livre qui m’a vraiment bouleversée : c’est tout sauf un témoignage d’apitoiement. Kim Phuc a puisé dans sa foi en Jésus-Christ la force de pardonner et d’être reconnaissante pour sa vie malgré ses souffrances physiques insupportables et le choc post traumatique.

Ce livre est tellement riche qu’il pourrait faire l’objet d’une conférence de quatre heures ( il est évident que si Kim Phuc vient en France dans le cadre de son rôle d’ambassadrice de bonne volonté de l’Unesco, je me débrouillerai pour y assister).

Alors pour la première fois dans la rédaction de ce blog, je ne peux pas juger ce livre en quatre ou cinq arguments. J’ai seulement envie de vous dire : lisez tout simplement, ce livre m’a émue aux larmes, il m’a beaucoup questionné sur la foi et la nature humaine.

Qu’on soit chrétien ou non, cette femme témoigne des miracles que Dieu a fait dans sa vie qui n’était que désolation et souffrances. Les chapitres où elle décrit sa vie difficile à Cuba après avoir réussi à fuir le Vietnam me désolaient mais la manière dont Dieu a transformé le mal en bien est vraiment source d’espérance.

Volontairement, je ne mettrai pas dans cet article la fameuse photographie mais je garde en mémoire le magnifique plan final du reportage de France 2 où on la voit de dos avec son premier enfant. Car malgré ses brûlures terribles, Dieu a fait la grâce à cette femme formidable d’avoir deux enfants.

Ma note :

5/5 sardines

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Ce livre est un excellent document d’Histoire, il explique bien les rouages de la propagande sous toutes ses formes. C’est un plaidoyer contre la guerre très efficace : le napalm est vraiment une arme perfide tant elle bousille les chairs humaines.

Kim Phuc reconnait dans son malheur que sa médiatisation internationale lui a aussi apporté quelques avantages comme l’accès aux meilleurs soins, pouvoir résider dans des chambres d’hôtels luxueuses et très confortables. On ne peut s’empêcher de penser à sa tante, ses cousins et tant d’autres qui ont eux aussi été brulés par le napalm et qui n’ont pas eu le même accès au soin et qui ont souffert dans le plu grand anonymat.

Cette photographie qui a bouleversé l’opinion publique met en valeur toute la noblesse du métier de photo reporter. Ces journalistes jouent un vrai rôle pour la société dans le monde.

 

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Mahtob et Betty Mahmoody

 

Ce livre est beaucoup plus efficace qu’un manuel d’Histoire impersonnel qui expliquerait la guerre du Viêtnam. C’est un récit personnel aussi passionnant et émouvant que d’autres témoignages de guerre comme Jamais sans ma fille de Betty Mahmoody et le récit de sa fille Mahtob, trente ans plus tard dans le livre Vers le pardon, ou encore Rescapé malgré moi, le témoignage du pasteur cambodgien Koeun Path.

BLFR020Ces anonymes ont tous en commun d’avoir vécu l’oppression, la peur des bombardements ou encore une notoriété médiatique dont ils se seraient bien passés. Les hommes étaient dépassés par leur histoire pour pouvoir les aider au mieux, Dieu les a consolés, guéris pour qu’ils puissent se relever grâce à Sa paix !

Biographies et autobiographies

Devenir, la biographie de Michelle Obama tant attendue, je l’ai lue !

Cette année pour Noël 2018 , j’avais une idée précise du cadeau que je voulais : la biographie de Michelle Obama en français.

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C’était l’événement éditorial de l’année, annoncé des mois en avance par les revues spécialisées comme Livres-hebdo. Les enchères sont vite montées entre éditeurs pour le publier.

C’est Fayard qui a remporté la mise et qui a mis en place toute une communication autour de ce livre : comme aux Etats-Unis, il est prévu une série de conférences avec l’auteure dans de grandes salles en France.

J’apprécie beaucoup cette personnalité publique pour son discours politique qui me plait bien, les valeurs familiales et conjugales qu’elle porte, son histoire personnelle et aussi détail futile, sa manière moderne et accessible de s’habiller.

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Copyright Reuters

J’ai même acheté, il y a dix ans maintenant, un livre en anglais dans la librairie Galignani qui recense ses tenues et non je n’en ai pas honte ! Je trouve que sa robe créée par Jason Wu pour un bal d’investiture en janvier 2008 est superbe et je suivais même un blog américain à un moment pour regarder ses cardigans, ses robes à lavallières et colliers de perles…

D’ailleurs, il est aussi question de mode dans ces mémoires. Michelle Obama explique comment ses vêtements comportaient sans qu’elle le veuille vraiment, un véritable message politique qui la dépassait un peu.

Celle qui lui a succédé en tant que First lady l’a d’ailleurs bien compris. J’ai beaucoup aimé la tenue bleue glacé de Mélania Trump pour la cérémonie d’investiture de 2017. Elle a choisi Ralph Lauren pour se placer dans la tradition américaine : la référence au style preppy et à Jackie Kennedy était évidente !.

En France aussi, on détaille beaucoup plus les tenues vestimentaires de la première dame (Brigitte Macron souvent habillée par Louis Vuitton) que son action caritative sur le terrain. Pourtant, les first ladies américaines sont beaucoup plus considérées aux Etats-Unis selon moi, on les prends au sérieux en définissant mieux leur rôle auprès de leur mari.

Je trouve ça même un peu fatigant ces polémiques sur l’argent du contribuable qu’elles coûtent, alors qu’elles se dévouent aussi à l’action politique de leur mari, qu’elles ont dû sacrifier leur métier, leur vie familiale comme Michelle Obama et que la politique les rebute beaucoup.

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J’avais lu auparavant les autobiographies de Bill Clinton, Hillary Clinton ainsi que le livre de Barack Obama, Les rêves de mon père. Ce sont des personnalités publiques populaires (les présidents démocrates et leurs épousent fascinent les Français).

Mais l’élection de Donald Trump prouve qu’envisager qu’une ancienne Première dame aussi expérimentée soit-elle puisse revenir à la Maison -blanche en tant que big boss est tout sauf une bonne idée.

Malgré elles, Hillary Clinton et Michelle Obama représentent un mandat politique déjà tenté avec ses qualités et ses défauts. Les Américains portent aux nues ces first-ladies en imaginant un mandat présidentiel de Michelle Obama suite à son discours virulent contre le machisme de Trump mais cela tient du conte de fées.

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Devenir

Michelle Obama

Editions Fayard, 2018

496 pages

24€

Le résumé : 

C’est un énorme pavé de 500 pages, structuré en trois grandes parties : Devenir moi, Devenir nous et Devenir plus.

Dans la première partie, Michelle Obama raconte son enfance et adolescence dans le South side de Chicago, au sein d’une famille de classe moyenne très unie composée de ses parents Marian et Fraser Robinson et de son frère Craig.

Elle rencontre Barack au chapitre huit ! C’est une femme amoureuse qui raconte leur histoire idyllique mais aussi leurs différences de caractère avec humour et vérité. Elle va vivre un drame : le décès de son père après un long combat contre la sclérose en plaques qui aurait pu mieux se passer si son père avait fait preuve d’un peu plus d’égoïsme, l’un des grands regrets de sa fille.

La troisième partie (la plus intéressante selon moi) est celle où elle raconte ses huit années passées à la Maison blanche. Elle explique comment elle a pu mettre en place un immense potager dans le jardin du palais présidentiel pour lutter contre l’obésité et la mauvaise nutrition des enfants américains.

Une réplique de Barack Obama m’a fait rire, quand sa femme faisait du lobbying pour interdire les snacks plein de graisses dans les cantines d’écoles américaines :

« Si je ne faisais pas voter cette loi, je pouvais dormir sur le canapé ! « 

Enfin, Michelle Obama raconte sa nouvelle vie à Washington, toujours protégée par des gardes du corps mais ayant retrouvé plus de liberté et d’indépendance vis à vis du protocole…

Mon avis :

Au début, je lisais assez lentement la première partie car Michelle Obama racontait son enfance au sein d’une famille heureuse et unie, des histoires assez ordinaires pour être honnête. Mais j’ai rapidement été convaincue par l’explication de son parcours méritocratique pour ne pas subir la fatalité : elle descend d’une famille d’esclaves noirs de Caroline du Sud.

La génération de ses parents et de ses oncles et tantes n’a pas pu connaître l’ascension sociale qu’ils méritaient parce qu’ils n’avaient pas de carte de syndicalistes pour entrer dans le système.

J’ai aussi beaucoup aimé son discours qui racontait une réalité injuste sans tomber dans le discours réactionnaire et revanchard anti-blanc. Michelle Obama est tout sauf une personne communautariste comme son mari qui a bâti son parcours politique sur une solide expérience d’animateur social dans les faubourgs de Chicago. C’est la meilleure ambassadrice du parcours de son mari et c’est beau à lire !

Je savais que tous les deux ont mis un bon moment à rembourser leurs prêts étudiants pour les études dans des universités prestigieuses de l’Ivy League : Princeton puis Harvard pour Michelle Obama.

Mais j’ai été assez impressionnée de voir que Barack Obama comptait (parfois à tort) sur les droits d’auteur de ses livres pour faire fortune. C’est assez encourageant de se dire que le travail intellectuel paye encore quand on veut être candidat à la présidentielle américaine, que tout ne se fait pas sur une fortune acquise depuis la naissance.

Enfin j’ai beaucoup aimé sa réflexion sur les évolutions sociétales très rapides auxquelles elle a été confrontée pour éduquer ses filles de manière authentique devant les caméras du monde entier : comment gérer la notoriété et l’emballement des réseaux sociaux, comment donner le sens de l’effort à des petites filles qui se retrouvent du jour au lendemain servies par des majordomes et des cuisiniers…

Il y a une personne centrale de la famille Obama dont la présence était déterminante à la Maison blanche pour garder la tête froide dans cet univers privilégié pour Michelle Obama : sa mère Marian Robinson. Elle rabrouait les journalistes qui encensait grossièrement ses enfants en remettant les pendules à l’heure avec beaucoup d’amour : « Ils ne sont pas exceptionnels, le South side regorge d’enfants comme eux « !

 

Ma note :

4/ 5 sardines

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Ce livre est dense, lourd à porter dans le train (mon mari a beaucoup râlé !) mais saluons son prix très correct : 24€ pour 500 pages.

Il m’a fait réaliser à quel point les Etats-Unis souffraient des tueries de masse et des règlements de comptes qui font vivre la terreur aux enfants et aux parents dans les écoles américaines maternelles, primaires et secondaires de tout le pays.

L’histoire d’une jeune fille du South side qui a été abattue dans la rue par erreur, m’a vraiment marquée.  Michelle Obama reconnaissait avec honnêteté que son mari et elle ne pouvaient pas donner de solutions miracles à ces jeunes sans cesse confrontés à la mort mais que l’école pouvait être un échappatoire possible.