BD & romans graphiques

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Dessin préparatoire de Sofia, par Marion Ferlay  https://www.facebook.com/mapupicchu/

J’ai découvert le récit de voyage Touriste de Julien Blanc-Gras (un nom typiquement français et marrant ! ) à travers mes recommandations pour la box littéraire Kube car les Kubers que l’on me confie, aiment les récits de voyages.

Julien Blanc-Gras, il est un peu du même tonneau qu’Antoine de Maximy, le journaliste loufoque de l’émission télé J’irais dormir chez vous sur France 5, Sarah Marquis, Mike Horn ou encore Sylvain Tesson… Certains fuient les villes, d’autres y sont attirés comme des aimants…

Ce roman graphique Touriste alimente toute une réflexion  (oui rien que ça), fruit de mon cursus d’anthropologie sociale et culturelle de l’Europe au sujet du tourisme international et en particulier celui des plages. Une exposition sur ce thème très actuel au MUCEM de Marseille, ça serait chouette non?.

 

Le résumé :

C’est l’histoire d’un trentenaire parisien qui a décidé que sa profession serait touriste. Ce roman graphique reprend la trame de son roman publié en 2011 au Diable vauvert.

Chacun de ses voyages : l’épisode colombien, indo-népalais, tunisien dans une usine à soleil de Djerba, puis dans le désert marocain avec des Bretons normaux, dans les favelas brésiliennes, en Chine ou à Madagascar … est présenté avec une carte géographique introductive et une courte citation philosophique.

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Mon avis :

J’ai  aimé ce récit masculin au dessin féminin (pas besoin de regarder la couverture : la palette graphique et la police toute calligraphiée en arrondie des dialogues n’y trompent pas : c’est une nana de la veine de Pénélope Bagieu, Margaux Motin et consorts qui a dessiné cet album). Elle s’appelle Mademoiselle Caroline et son blog vaut le détour . J’ai bien envie de lire ses autres albums de BD.

Le scénariste et la dessinatrice de ce roman graphique sont deux globe-trotters aguerris, ils ont colorié la moitié des pays du globe visités, le tourisme est aussi bien une passion féminine que masculine (n’est ce pas Ma pu picchu, l’univers des petites choses).

Ma note :

3/5 sardines

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Même si ce roman graphique était agréable à lire, je ne me suis pas esclaffée à tout bout de champs, l’humour m’a clairement manquée dans cette lecture. C’est pour cette raison que je lui mettrais la petite note de trois sardines…

C’est surtout car il est le point de départ d’une réflexion sur le tourisme de masse que ce roman graphique m’intéresse. Avec les vols low cost, les réservations d’hôtels sur Internet et l’explosion du phénomène Air BNB, le touriste n’est plus autant le bienvenu qu’avant.

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Cet été, j’ai lu un article du Monde comme quoi le centre-ville de Barcelone était complètement vidé de ses habitants au profit des touristes et de leurs valises à roulettes. C’est moche ! J’espère qu’il n’arrivera pas la même chose à Sozopol, ma ville touristique d’adoption. Je n’ y suis pas tout à fait touriste, c’est le coin d’où est originaire la famille de mon mari en Bulgarie. C’est fantastique comme endroit mais chut ! je n’ai pas envie que la moitié de l’Europe y débarque.

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SardinesPssst ! Si cet article t’a plu, rejoins le club des abonnés du blog  ou plutôt la boite à sardines pour qu’on chante tous ensemble la chanson énervante de Patrick Sébastien : « Ah qu’est ce qu’on est serré, au fond de cette boite, chantent les sardines ». C’est en haut à droite !

 

 

Séries

Pourquoi j’aime la série The Crown

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C’est en regardant une bande-annonce de la série The crown (La couronne pour les anglo-récalcitrants comme moi) sur Facebook que j’ai découvert Netflix.

J’aime les biographies historiques pour les costumes, les décors d’époque. Downtown Abbey ou le biopic Le discours d’un roi avec Colin Firth m’avaient emballée.

La jeune Claire Foy est tout à fait attendrissante dans son rôle de la jeune souveraine de 25 ans qui doit prendre son destin en main. Les deux premières saisons de cette série m’ont même donné envie de lire la biographie d’Elisabeth II, le livre de ma box Kube, gentiment offerte ! Et je compte bien m’atteler à la biographie de Winston Churchill bientôt.

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La Kube de décembre !

C’est le personnage incontournable de la saison 1, celui qui forme la jeune Elisabeth aux rudiments politiques et diplomatiques. Il se noue entre eux une relation amicale particulièrement émouvante dans le dernier épisode.

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Excellent communicant pendant l’épisode du smog de Londres en décembre 1952 qui tua de nombreux Londoniens, sa démarche unique et son franc-parler pour gérer le retour en Angleterre de l’ancien roi Edouard VIII, cette série montre bien en quoi il fut un personnage politique incontournable de la seconde guerre mondiale.

La saison 2, diffusée à partir du 8 décembre 2017 (je n’en ai fait qu’une bouchée) gagne en intensité. Trois épisodes m’ont particulièrement marquée pour la profondeur de leur analyse de la monarchie.

Le premier raconte la montée au créneau d’un jeune aristocrate zélé qui essuya les foudres des monarchistes les plus radicaux. Il critiqua le manque de chaleur et de sincérité d’un des discours de la reine dans une usine. La reine en fut profondément blessée mais elle accepta de se remettre en cause en écoutant ses conseils. Cela eu un impact considérable sur le rapprochement affectif entre la reine et ses sujets grâce à l’enregistrement télévisé des vœux de la reine le soir de Noël.

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Un face à face tendu entre un oncle et sa nièce, un sujet félon et sa souveraine.

Le second épisode marquant de cette saison 2 est celui qui raconte une des croisades de l’évangéliste américain Billy Graham. Connu dans le monde entier dans les années 1960, la reine, touchée dans sa foi par ses prédications, lui demanda une audience privée dans son palais. A ce moment précis, elle découvre un secret de famille qui aurait pu changer la donne dans toute l’Europe pendant la seconde guerre mondiale. Elle découvre que son oncle, l’ancien roi Edouard VIII et sa femme Wallis Simpson ont rencontré Hitler et avaient conclu un pacte avec les nazis pour renverser son père Georges VI. Cet épisode intense sur le plan psychologique pose la question du pardon chrétien lors des entretiens de la reine avec Billy Graham.

On se pose des questions philosophiques et théologiques avec The Crown !

Enfin le troisième épisode (celui que j’attendais avec impatience) s’appelle Chère Madame Kennedy. Jackie et John F. Kennedy réalisent une tournée triomphante (du moins ce que tout le monde croit, subjugués par leur jeunesse et leur beauté) en Europe. La reine se sent en concurrence avec cette femme américaine qui représente la modernité alors qu’Elizabeth est plus engoncée dans ses vêtements, dans ses traditions de l’Ancien monde.

Cette concurrence féminine va cependant être bénéfique à la reine sur un plan géopolitique tout à fait inattendu au Ghana. Piquée au vif par une remarque désagréable de la First lady, Elisabeth va sortir de sa réserve protocolaire pour inviter un chef rebelle au Commonwealth à danser un fox-trot. Cette scène totalement insolite, immortalisée par les photographes du monde entier, lui vaudra la gloire et les honneurs sur la scène politique internationale. La petite reine gauche et timide a réussi un grand coup ce soir là sous le regard admiratif et aimant de son mari, le prince Philip.

Cette série me plait pour le portrait psychologique très profond de la reine : la soeur, la fille, la mère, l’épouse en privé. Et en public, le chef de l’Eglise anglicane, à la tête d’un empire colonial qui se délite et l’interlocutrice de Premiers ministres qui valsent souvent.

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Cette série n’est ni pro-monarchique, ni pro- républicaine, elle montre comment le protocole brise certaines personnalités comme la princesse Margaret, ou l’ancien roi Edouard VIII et comment il structure d’autres personnes comme Elisabeth ou son mari.

La saison 2 est beaucoup plus intense que la première saison qui montrait l’accession au trône d’une frêle jeune fille de 25 ans sans bagages politiques ni diplomatiques. Elisabeth a mûri dans la saison 2 qui retrace dix ans de sa vie.

Que nous réserve la saison 3?.

SardinesPssst ! Si cet article t’a plu, rejoins le club des abonnés du blog  ou plutôt la boite à sardines pour qu’on chante tous ensemble la chanson énervante de Patrick Sébastien : « Ah qu’est ce qu’on est serré, au fond de cette boite, chantent les sardines ». C’est en haut à droite !

BD & romans graphiques

Février rime avec BD : Udama chez ces gens-là

J’ai découvert les éditions La boite à bulles grâce à une émission de France Inter consacrée au roman graphique John Bost, un précurseur.

COUV_JOHN-BOST-e1488888620802Ensuite, j’ai eu la chance d’interviewer les deux auteurs du livre : Vincent Henry et Bruno Loth au salon du roman historique de Levallois-Perret (une chouette manifestation culturelle gratuite).

C’était un bon sujet et un bon souvenir éditorial : la première fois que j’étais citée dans une revue de presse. Depuis, ce formidable roman graphique a obtenu le prix de la BD chrétienne d’Angoulême 2017. Voici le lien vers cette chronique ici

La ligne éditoriale de la Boite à bulles me plait pour son traitement subtil des questions contemporaines avec psychologie et surtout du beau dessin. Ce sont mes trois critères principaux pour dévorer un roman graphique.

Udama chez ces gens-là – Zelba

La boite à bulles – 2017

104 pages – 20€

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Celui-ci, je l’ai lu d’une traite. Pendant mes études, j’ai été baby-sitter, j’ai fréquenté quelques fois les squares de l’Ouest parisien. Et j’entendais ces conversations de nounous immigrées qui se racontaient entre elles les tactiques de leurs employeuses pour ne pas les déclarer.

Le résumé : 

Udama est une superbe et jeune mère célibataire africaine. Sans diplôme et ayant une famille à nourrir au fin fond de la banlieue parisienne, elle accepte de se charger de toutes les tâches que sa patronne préfère payer que de faire…

Ce couple parisien sans espérance, habite dans un immeuble cossu du 16eme arrondissement avec des masques africains comme déco (ce n’était pas ma partie préférée de la lecture, l’ombre dérangeante de ces masques). Ils ont tout matériellement mais il leur manque la tendresse, l’entraide, l’amour…. et ainsi tout va dérailler dans cet appartement.

« Si je n’ai pas l’amour, je ne suis qu’une cymbale qui résonne «  1 Corinthiens 13.

Mon avis :

Cet album n’est pas un pamphlet qui dénonce l’exploitation des travailleurs pauvres par les bourgeois. Le titre de ce livre est très efficace : il dénonce le racisme à double sens. On se caricature réciproquement : les bourgeois n’ont pas de cœur : ils sont sans foi, ni loi,  la nounou africaine aura des drôles de coutumes dont elle va contaminer leur petite fille….

Mais la xénophobie, l’exploitation sociale n’est qu’une partie du sujet de ce roman graphique : il parle aussi de la souffrance d’un couple qui n’ arrive pas à se retrouver à la naissance de son enfant, la pression sociale et professionnelle sur les jeunes mères, le baby blues…

Personne n’est tout blanc dans cette histoire : ni Udama qui va trahir une autre nounou par nécessité, ni Hervé, le mari délaissé. Même Claire, la mère carriériste et dirigiste nous émeut.

« J’aurai jamais pensé que des femmes pouvaient en payer d’autres pour ne pas avoir à faire l’amour avec leur mari« .

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Copyright Zelba- La boite à bulles

 

Cette vie de dure labeur que mène Udama est la réalité de milliers de femmes qui font le ménage dans des hôtels dans des conditions inacceptables car elles n’ont pas le choix  elles font la toilette des personnes âgées dans les maisons de retraite ou à domicile. On leur confie l’intime, les tâches ingrates que d’autres ne voudraient pas faire tout en leur rappelant bien qu’elles sont tout en bas de l’ascenseur social.

Or, dans cette histoire, c’est le dominé qui devient dominant. Cette histoire finit bien pour tout le monde : chacun des personnages a eu assez d’intelligence pour garder la tête haute et faire les bons choix pour sauver son équilibre. Et sans vouloir vous spoiler la fin, le seul homme de l’histoire a évité de justesse l’étiquette misandre #Balance ton porc. 

Ma note :

5/5 sardines

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Je vais retenir le nom de Zelba, cette scénariste et dessinatrice d’origine allemande. Elle a signé un très beau roman graphique qui rend hommage à toutes ces femmes qui travaillent dur et subissent une pression sociale qu’elles soient cadres supérieures ou techniciennes de surface. La subtilité psychologique avec laquelle elle dessine les traits de ses personnages, m ‘incitent à surveiller ses prochains livres avec plaisir et curiosité !

 

Du livre à l'écran·Romans

Nos âmes la nuit, l’intimité à l’aube de la vie

J’aime les adaptations de romans américains au cinéma. J’avais eu un vrai coup de cœur pour le roman Promenons-nous dans les bois de Bill Bryson, un road-trip de deux vieux messieurs sur un trail ardu dans un coin montagneux des Etats-Unis. J’aime beaucoup le jeu de Robert Redford et j’ai aimé son rôle de Louis dans son dernier film Nos âmes la nuit.

Je suis assez admirative du cinéma américain actuel qui place ses anciens en tête d’affiche : Robert Redford, Jane Fonda, Michael Caine et Morgan Freeman, Robert de Niro… La vieillesse est beaucoup plus caricaturée dans le cinéma français.

La vieillesse, le veuvage sont les deux thèmes majeurs de ce magnifique roman, assez court (180 pages) : Nos âmes la nuit de Kent Haruf, un auteur américain originaire du Colorado. Il est mort quelques mois avant la parution de ce livre en 2015.

Le résumé :
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Addie et Louis sont de vieux voisins dans une petite ville du Colorado. Un soir, Addie vient toquer à la porte de Louis avec une demande inédite et osée : accepterait-il de venir la nuit dormir avec elle pour affronter la solitude de la nuit à l’aube de leur vie?.

C’est l’histoire d’une profonde complicité amicale et sentimentale qui se construit sous les yeux de leurs enfants adultes mais aussi de cette petite ville cancanière.

Mon avis :
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J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce livre et le style de son auteur que je ne connaissais pas du tout. Il a su saisir la réalité sociologique de ces retraités.

Au début de leur arrangement peu commun, ils sont un peu empruntés. Partager sa chambre, dormir ensemble est beaucoup plus intimidant et intime que d’avoir une relation sexuelle avec un inconnu.

C’est tellement évident que de nombreux sociologues et anthropologues ont étudié la question. Histoires de chambres de Michelle Perrot étudie cet espace très particulier  mais surtout Jean-Claude Kauffmann avec ses ouvrages Le lit, tendre guerre et Premier matin, la construction d’une histoire d’amour.

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Rien n’est plus intimidant de se réveiller ensemble, se chuchoter des confidences dans le noir et pourtant c’est comme ça que ces deux retraités vont se soutenir mutuellement dans leurs relations avec leurs enfants, leur estime de soi par rapport à leurs mariages révolus.

Ils sont un peu rouillés les premiers jours  avec un enfant rivé à son écran. Ils prendront soin de lui pendant quelques mois. Ils vont donner tout simplement de l’amour à Jamie, le petit-fils d’Addie que son père lui a confié parce que rien n’allait plus avec la maman du petit garçon.

Le Guardian dit de ce livre : « Nombre de romans évoquent la quête de l’amour mais celui-ci est illuminé par sa présence ».

Ce livre montre les remarques narquoises des autres habitants de la ville qui indignent leurs enfants et les incitent à faire la leçon à leurs parents au nom du qu’en dira t’on?. La sexualité des veufs est taboue, ce livre le prouve.

Peut-on recommencer à aimer quand on est veuf?. Faut-il qu’ Addie et Louis endurent seuls leur solitude parce que la personne à qui ils ont juré fidélité toute une vie est décédée?. Le lecteur est alors témoin de leur souffrance quand on essaie  de les séparer à la fin du roman.

« Si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien  » écrit l’apôtre Paul dans l’épître aux Corinthiens

Je vous recommande ce livre qui raconte plusieurs solitudes : celle d’ Addie, de Louis, celle du petit-fils tiraillé entre ses parents qui l’ont laissé chez sa grand-mère, celle de la petite chienne recueillie par l’enfant, celle de la vieille dame sans famille Ruth… et comment ces gens s’entraident par amour, sans avoir de liens familiaux particuliers.

C’est un magnifique livre sur l’engagement amoureux.

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Romans

Je me lance dans un doctorat feel good books

Ca y est j’ai trouvé ma lecture cold winter à la librairie Le genre urbain, rue de Belleville.

Ce sera La pâtissière de Long Island, un feel book qui croise deux histoires de femmes à des époques différentes. Elles sont de même famille et la transmission d’une recette de pâtisserie va transformer leurs vies…

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On parle beaucoup de biblio thérapie, je n’irais pas jusque la non plus mais d’avoir choisi ma lecture de vacances d’hiver pour prendre l’avion pour Sofia, ça donne un avant-goût de vacances.

Il se trouve que mon amie Marion a reçu le même livre pour Noël. Elle a eu un peu le même avis que moi : une lecture sympathique mais qui ne restera pas dans les annales.

J’ai toute une théorie sur les feel-good books.

L’héroïne est souvent une jeune femme célibataire d’une trentaine d’années, qui cherche un sens à sa vie amoureuse mais aussi à sa vie tout court (vaste programme).

Elle tient un commerce de proximité créatif : libraire, fleuriste ou encore pâtissière. Les desserts, ça donne faim aux lecteurs et c’est plus vendeur que employée de pompes funèbres ou contrôleuse de gestion.

Une des histoires qui m’avait le plus touchée est l’adaptation du livre Julie and Julia de Julie Powell avec Meryl Streep et Amy Adams. Le sous titre du livre : sexe, blog et boeuf bourguignon emprunte les codes de la littérature de poulettes ou du feel-good mais le style était bien meilleur et cette autobiographie faisait preuve d’humour et d’auto-dérision.

Surtout c’était une histoire authentique qui rendait sympathique et attachante la narratrice. A force d’exploiter le filon du feel-good book, les éditeurs vont casser la corde car les vrais lecteurs aiment les histoires de qualité avec une vraie situation initiale et des portraits psychologiques des personnages plus fouillés.

Et si c’était un bon feel good ce n’était pas un feel-good qui s’ignore finalement ?. Si vous n’arrivez pas encore à cerner ce qu’est le feel-good, l’exemple parfait est la série Fais pas ci, fais pas ça de France 2 (ma série phare).

Mon avis :

La-Pâtissière-de-Long-IslandJe me suis vraiment ennuyée les cent premières pages de ce roman, quitte à me demander si je n’allais pas carrément abandonner ma lecture.

Cette fameuse Marie, immigrée allemande dans les années 1930 était sympathique mais son personnage m’a rapidement lassée. Comme d’habitude, je déplore une structure initiale désolante qui n’installe pas du tout l’histoire et ça ne décolle pas.

Le portrait psychologique de cette fille était ennuyeux comme la pluie. J’ai commencé à m’y intéresser qu’à partir de sa rencontre avec Walter, le mauvais garçon riche qui la courtise platoniquement.

Pourtant l’idée de départ était bonne : le récit de vie de trois jeunes émigrés qui noient leur errance identitaire dans le travail pour percer aux Etats-Unis pendant la prohibition. L’auteure raconte l’émergence des idées nazies à travers le personnage d’Arthur, l’amoureux transi de Marie venu la chercher depuis l’Allemagne.

L’intrigue autour de la recette secrète du cheese-cake était vraiment faible, certains dialogues étaient aussi niais qu’un conte de fées. Le seul passage qui m’a vraiment passionnée est celui où Rona, sa petite-nièce ouvre un salon de thé en Frise-orientale et comment elle renoue avec les origines juives de l’aïeule Freida, celle qui a transmis la recette à Marie.

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L’auteur montre que le cheese-cake américain découle d’une longue tradition sucrée, un héritage juif qui a longtemps voyagé en Europe.

Pour conclure, je dirai que ce livre était moyennement nul et qu’il n’ apporte rien de bien particulier à la littérature. Je lui mets même un vrai carton rouge de valoriser le reiki et l’occulte à travers le personnage de la voisine new age de Rona. C’est pas bien feel-good tout ça.

Je donnerai à ce roman la note d’une seule sardine.

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Heureusement, j’ai aussi trouvé grâce au club de lecture Mango & Salt sur Facebook, un roman talentueux adapté au cinéma sur Netflix (vive Netflix !) : Nos âmes la nuit de Kent Haruf, collection Pavillons, éditions Robert Laffont.

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C’est l’histoire de deux veufs qui vivent dans une petite ville : Holt, à l’intérieur des terres aux Etats-Unis. Un soir, Addie (Jane Fonda) vient proposer à Louis (Robert Redford) de venir dormir le soir avec elle car les nuits sont longues quand on souffre de la solitude à l’aube de sa vie…

Jane Fonda et Robert Redford ont passé le cap des 80 ans et ce sont les têtes d’affiche d’une comédie romantique tendre et passionnante. Comme quoi le jeunisme au cinéma, dans la littérature ou dans la vie d’entreprise a ses limites….

Je vous en reparle très vite dans un prochain article…

BD & romans graphiques

Quatre sœurs, portrait d’une fratrie de filles

Quatre sœurs : Enid, Hortense, Bettina et Geneviève

Malika Ferdjoukh et Cati Baur

                                                    Ecole des Loisirs et Rue de Sèvres

1ere parution en 2003

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Je l’ai repéré sur un présentoir du rayon jeunesse de la bibliothèque Arthur Rimbaud (je vous la recommande pour sa sélection nouveautés BD et romans) et j’ai su que j’allais avoir un coup de cœur pour ce roman graphique.

Son titre m’ a plu : Quatre sœurs car j’affectionne les histoires de fratries. Ensuite sa couverture : on y voit Enid, une petite fille de neuf ans, accolée à un arbre aux couleurs de l’automne. En fond, on voit sa maison la Vill’hervé, une villa en bord de mer qui se trouve au bout du monde, impasse de l’Atlantique.

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Bingo, c’est le combo parfait du roman graphique pour moi : une histoire avec des portraits psychologiques finement amenés + du beau dessin à l’aquarelle : des personnages bien dessinés, des univers réalistes attachants…

Cela me rappelle beaucoup l’univers de Camille Jourdy et son travail aussi à l’aquarelle pour donner vie à Rosalie Blum, publié par Actes Sud BD.

« Enid doit faire dix-sept pas de l’abribus jusqu’à l’impasse de l’Atlantique qui mène à sa maison, la Vill’Hervé. Un de moins que l’été dernier. La preuve que ses jambes allongent, donc qu’elle a grandi. N’empêche qu’elle est toujours la plus petite des cinq sœurs Verdelaine. »

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Le résumé :

C’est l’histoire d’une fratrie de cinq filles : Charlie, 23 ans, Geneviève, 15 ans, Bettina, 13 ans, Hortense, 11 ans et Enid, 9 ans. Ce roman en quatre épisodes suit les quatre saisons : il débute avec l’automne et se termine avec l’été, la saison des émois amoureux de ces adolescentes.

Après la mort accidentelle de leurs parents, elles se serrent les coudes dans leur grande maison, lieu de vie de leurs joies toutes simples, leurs peines mais surtout leurs chicaneries, celles que vivent toutes les sœurs du monde autour d’un bon bol de chocolat chaud…

Mon avis :

Cette lecture a été un vrai coup de cœur pour moi : le thème de la fratrie est universel (la référence aux Quatre sœurs du Docteur March de Louisa May Alcott est évidente) et j’aime les portraits psychologiques des personnages bien écrits (c’était le cas des Stagiaires, ma dernière lecture en date).

J’ai lu le premier tome Enid en BD pour me créer un imaginaire : la présentation des personnages en médaillon m’a été vraiment très utile pour comprendre les personnalités bien marquées de chacune des sœurs. Mais ensuite, je me suis dépêchée de trouver les trois romans pour les lire dans la foulée. Impossible d’attendre les prochains romans graphiques.

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J’ai vraiment été happée par l’histoire d’amour de Bettina : la profondeur des sentiments et des émotions exprimés m’a marquée. Son personnage est présenté dans le premier tome comme une personne totalement égocentrée, acide et hautaine avec sa flanquée de copines. Elle va se révéler sensible et touchante par la suite.

L’autre personnage qui m’a émue est Hortense, la fille timide de la famille. Elle se raconte dans son journal intime : ses rêves de comédie, son amitié poignante avec Muguette, une petite fille atteinte de leucémie. Elles s’échangent des expressions complètement désuètes et étranges :  » tu es complètement Île et Vilaine… ».

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C’est un récit contemporain qui raconte la routine d’une famille ordinaire : le ramassage scolaire pour les plus jeunes, la livraison des courses de Nanouk surgelés par le jeune Merlin qui va faire chavirer le cœur de Bettina, leurs boums…

Elles sont orphelines et font face à des défis financiers majeurs. Mais ça ne pleure pas dans les chaumières, il n’ y a pas de pathos comme dans un roman de Dickens : elles ne collectionnent pas les malheurs et sont entourées de toute une galerie de personnages secondaires bienveillants.

Le plus important d’entre eux est sans conteste Basile, l’amoureux de Charlie, l’aînée devenue par la force des choses, la cheffe de famille. Leur histoire d’amour est le fil conducteur de ces quatre romans. On est forcément touchés par cette jeune femme qui sacrifie ses rêves par amour pour ses sœurs.

Ma note : 4/5 sardines

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L’Ecole des loisirs est  mon éditeur de littérature favori car il ne prend pas ses lecteurs pour des imbéciles en leur proposant des textes creux et superficiels, à effet de mode.

J’avais déja lu un très bon roman de Malika Ferdjoukh : Taille 42, l’histoire d’une famille juive de chausseurs qui a dû fuir Paris pour échapper à la mort pendant l’Occupation. Et puis je trouve que Quatre sœurs a la même profondeur psychologique que les romans de Marie-Aude Murail que j’affectionne tant.

J’ai aussi beaucoup aimé le trait de Cati Baur qui sait dessiner les femmes avec beaucoup de grâce et d’élégance : le détail d’une coiffure, d’une démarche… Son roman graphique Vacance ( l’histoire d’une mère de famille qui plaque toute sa vie sur une aire d’autoroute pour mener grand train sur la Riviera) .

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Je pense sérieusement à me constituer une belle Pile à Lire spéciale romans graphiques parce que c’est mon plaisir, encore plus qu’un roman. C’est beaucoup plus qu’un simple album de BD ou un roman.

Dommage que leur prix d’achat soit assez élevé et heureusement que les bibliothécaires de la Ville de Paris font un vrai travail de sélection et de prescription pour qu’on puisse les trouver facilement dans les bacs.

Voici un petit aperçu de mes romans graphiques favoris. Et vous quels sont les vôtres?.

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Bullet journal

Grâce à Mon bullet avec Bulle dop, j’ai décroché ma deuxième étoile…

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Mon bullet avec Bulle Dop

Bulle Dop, Flammarion jeunesse,

novembre 2017, 128 p

14€95

Cet été, je me suis lancée dans la grande aventure du bullet journal. Je connaissais déjà ce phénomène mais l’aspect agenda personnalisé où tu passes des heures à tracer des traits et remplir des cases ne m’attirait pas.

Puis, j’ai découvert les tutos de Bulle Dop sur Youtube avec tout un tas de petits conseils malins qui m’ont convaincue. Ni une ni deux, je suis allée me choisir un superbe carnet Leuchtturm 1917 au BHV de l’Hôtel de ville et je me suis lancée…

Le bullet journal c’est un peu comme le ski, au début on galère, puis on progresse et ensuite ça devient une  vraie addiction : trouver de nouveaux masking tape, découvrir des petits doodles sympas pour illustrer mes pages, trouver de nouveaux feutres pinceaux…

Je remercie Flammarion jeunesse qui m’a gentiment adressé ce livre que j’attendais de longue date parce que à force les vidéos You tube, ça n’aide pas à la concentration.

Le résumé :

Bulle Dop vous explique en sept grands chapitres comment démarrer un bullet journal : le matériel, les pages indispensables, comment s’organiser au quotidien, ses pages détente et ses petits plus, ses modèles de calligraphie et ses idées de thèmes…

Mon avis :

Ce livre est vraiment bien conçu : sa mise en page très aérée avec ses titres efficaces, permet d’expliquer les grandes lignes ce qu’est le bullet journal. On retrouve dans les textes de Bulle Dop, son ton toujours très pédagogue et encourageant pour ses lecteurs.

Car avant d’être l’une des booktubeuses francophones les plus connues, Bulle Dop parcourait les médiathèques de sa région, puis de la France entière pour parler aux jeunes de sa passion pour la lecture et les réseaux sociaux. Cette jeune femme est libraire comme moi mais elle a un grand talent de formatrice, qui a fait son succès dans ses tutos sur Youtube.

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C’est un ouvrage pratique à mi-chemin entre le scrapbooking et le développement personnel : faire du beau avec de la belle calligraphie et du dessin tout simple, ça renforce l’estime de soi.

C’est le message de Bulle Dop, malgré sa dyslexie, elle s’est lancée avec appétit dans la lecture. Elle a su tirer profit de l’immense couverture médiatique qu’offrent les réseaux sociaux pour devenir une critique littéraire 2.0 influente : elle anime une chronique livres dans l’émission C’est au programme sur France 2 depuis septembre.

Ce livre s’adresse aux ados à partir de 13 ans (le bujo est très majoritairement féminin), il donne des très bons conseils pour apprendre à s’organiser quotidiennement tout en customisant son carnet pour en faire un bijou arty.

Pourquoi acheter ce livre alors qu’on a vu tous les tutos bullet journal que le Web contient?

  • Il t’apprend la calligraphie peinard tranquille, sans devoir faire pause sur ta vidéo toutes les deux secondes et louper la moitié de l’explication, crois-moi c’est pénible !
  • Je me suis régalée à apprendre la calligraphie cartoon : le livre montre comment tracer toutes les lettres.
  • Les idées de thèmes sont originales et à portée de main parce que fouiller Pinterest à la recherche de doodles, ça va bien cinq minutes !
  • Le carnet offert avec le livre est vraiment de bonne qualité, le feutre ne passe pas à travers, je découvre la joie de dessiner dans un carnet à pointillés.Quand on sait qu’un carnet de bullet journal coûte à lui seul 17€, je trouve que le prix de ce coffret n’est pas exagéré…

Malgré quelques réserves : des photos un peu trop techniques et un chapitre sur le matériel peu développé, j’ai vraiment aimé tester ce livre pratique très réussi .

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Sociologie

Londres, out of the box, la ville en dehors des sentiers battus.

En ce moment, je suis bien suspendue aux épisodes de The crown qui retrace les débuts du règne d’Elisabeth II sur Netflix. La saison 2 arrive le 8 décembre (chic, chic !!!) et donc je visite Londres avec cette excellente série.

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Saviez vous qu’un immense smog avait recouvert la ville de Londres entre le 5 et le 9 décembre 1952, causant la mort de 12 000 personnes?. Les centrales à charbon carburaient à plein régime et le premier ministre de l’époque, le grand Winston Churchill, s’est retrouvé vite dépassé par la situation. Et malheureusement, il n’ y avait pas de Cop21 il y a 65 ans.

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J’ai toujours trouvé que Londres était une ville sombre et grise avec son architecture gothique massive et austère. Big Ben et le Parlement de Westminster sont de vrais joyaux architecturaux aux bords de la Tamise (il y a une sacrée ressemblance avec le Parlement hongrois de Budapest aux bords du Danube, c’est évident) mais Londres ne m’avait jamais vraiment emballée.

Mais j’ai reçu le guide Londres, out of the box, un envoi gracieux des éditions des Arènes (merci, merci, merci !) et j’ai découvert une ville très colorée grâce à ses quartiers : Notting Hill, Brick Lane, Greenwich….

Londres out of the box,

Sonia Delesalle Stolper, Hélaine Lefrançois

Collection Out of the box, éditions Les arènes

440 pages – 18,90 €

Londres Out of the box

J’aime beaucoup le parti-pris de ce guide qui sort des sentiers battus : il s’intéresse à six grandes zones autour de Londres. Ce sont principalement des quartiers résidentiels avec leurs pubs, leurs petites boutiques emblématiques qui montrent cette immense capitale européen avec humanité.

Ce sont ses habitants qui façonnent Londres : c’est une ville multiculturelle qui regroupe immigrés des colonies du Commonwealth, classes ouvrières des autres pays du Royaume-Uni, jeunes nantis … Autant de témoignages qui donnent à ce guide une dimension sociologique, vraie valeur ajoutée par rapport aux traditionnels guides touristiques.

Le maître-mot de ce guide est gentrification. Il montre le visage de Londres au 21eme siècle avec ses nouveaux quartiers, ses mutations démographiques en fonction des nouveaux bassins d’emplois…

Au lieu de retracer toute l’histoire de Londres, il nous parle de son actualité immédiate : la vie quotidienne depuis le Brexit, le défi écologique, la ville- monde. C’est aussi un formidable vivier de bonnes adresses : plus de 1400 lieux de vie pour faire de votre séjour à Londres, un moment unique.

Bien entendu, ce guide ne fait pas l’impasse du Londres touristique dans une petite partie du guide mais il propose aussi des adresses pour s’évader en dehors de la ville : dans la campagne ou sur la côte chez le major Pettigrew, l’un de mes personnages de fiction favoris…

J’ai découvert Londres à travers la littérature, les séries et les comédies romantiques : Oliver Twist, Orgueil et préjugés, Downton Abbey quand Lady Mary sort de sa campagne pour des mondanités, Love Actually et Coup de foudre à Notting Hill bien entendu…

Vivement les épousailles de Prince Harry et Meghan au printemps prochain pour regarder à la télévision le Londres du 21eme siècle…

Ma note : 5/ 5 sardines

J’ai beaucoup aimé ce guide pour l’exhaustivité de ses bonnes adresses, ses photographies originales qui montrent la vie quotidienne entre les fresques street-art et les devantures de boutiques, la multitude de cartes, les icônes qui fournissent des infos très pratiques pour voyager…

Autant de bonnes idées qui montrent que ce guide a été conçu par une équipe de journalistes et d’éditeurs aguerris aux voyages touristiques en milieu urbain. Out of the box est la collection de livres de voyage des éditions des Arènes, il existe aussi celui de New York...

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Romans·Sociologie

Les stagiaires, le roman d’apprentissage de la génération Y.

J’ai découvert ce roman grâce aux chroniques télé de Bulle Dop dans l’émission C’est au programme sur France 2.

Les stagiaires

Samantha Bailly, éditions Milady

2014 – 350 pages

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Je venais de terminer un très mauvais livre Les gentilles filles vont au paradis, les autres là où elles veulent : un vrai désastre littéraire. Une héroïne insupportable, une intrigue faible et fade, des personnages secondaires insipides… bref du feel-good tellement marqueté qu’il écœure les lecteurs compulsifs comme moi. J’ai envie d’écrire un article sur les feel-good books dans un prochain billet.

Donc, j’avais un peu peur que cette histoire de stagiaires soit superficielle et caricaturale. Et bien non, tout au contraire, c’est surement le roman le plus profond que j’ai lu : son analyse psychologique des personnages est très poussée.

Les stagiaires est tout sauf un feel-good book : il n’ y a pas d’happy end comme dans une comédie romantique (je n’en dirai pas plus…) C’est un véritable roman d’apprentissage dans un contexte tellement familier : le stage en entreprise.

Le résumé :

C’est l’histoire de six stagiaires : Ophélie, Hughes, Vincent, Arthur, Alix et Enissa. Provinciaux ou Parisiens, ils viennent de milieux sociaux différents pour acquérir une expérience professionnelle à Pyxis, la boite de jeux vidéos. Qui sera finalement embauché? Quel tournant donner à sa vie personnelle?

C’est un roman d’apprentissage à travers le stage, un moment charnière de la vie que nous avons tous vécu.

Mon avis :

Samantha Bailly a choisi un mode narratif très efficace : au fil des chapitres, ce sont les deux personnages principaux Ophélie et Arthur qui racontent à la première personne du singulier, les situations de vie du groupe : quand ils se retrouvent entre eux à la cafétéria ou lors de leurs fêtes ou bien quand ils sont confrontés à leurs supérieurs dans l’open space de Pyxis….

L’organigramme de l’entreprise sert de situation initiale pour commencer la lecture et j’ai trouvé ça très bien vu. Je ne déteste rien de plus qu’un roman qui ne me laisse pas faire connaissance avec les personnages qui vont m’accompagner les 300 prochaines pages.

Je me suis vraiment attachée à eux dans ce roman, aucun n’est stéréotypé. Que ce soit Enissa, la jeune fille aux seins refaits dont le langage rappelle celui d’une Nabilla. Derrière sa superficialité, Enissa cache un regard désabusé sur elle-même, elle se met une forte pression pour réussir dans la vie. Quant à Alix, la grande fille ronde totalement geek est la plus accueillante du groupe. Fine psychologue, elle sait discerner qui porte un masque et sera la bonne personne pour écouter Ophélie et la conseiller.

Le personnage le plus intéressant est sans conteste Arthur. Petit-bourgeois issu d’une grande école de commerce, il profite de cette année de césure pour explorer un monde qui le fascine hors du chemin prestigieux tout tracé par sa mère, ses amis et son milieu social.

Il côtoie des jeunes de son âge comme Ophélie qui doivent réussir leur entrée sur le marché du travail sans les relations de leurs parents, ni aide financière. L’argent n’est pas un souci pour lui.

Pourtant c’est lui le personnage le plus tourmenté qui se réfugie dans l’alcool, la drogue et l’adultère car il a peur de construire son avenir. Alors il le détruit et fait de sacrés dégâts autour de lui… Même les filles les plus raisonnables et responsables se laisseront attirer dans ses filets…

Ma note :

5/5 sardines

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J’ai vraiment été emballée par ce roman car il raconte la recherche identitaire, la quête du grand amour de jeunes adultes qui se construisent dans un contexte de précarité professionnelle et économique.

J’ai découvert une auteure très talentueuse : Samantha Bailly. L’épilogue du roman est très surprenant par ses nuances et sa tendresse. C’est une auteure que je vais suivre par la suite, c’est évident. Elle a déjà écrit une dizaine de livres, principalement de la fantasy (tout ce que je n’aime pas du tout) mais une telle profondeur d’approche psychologique de ses personnages donne envie de lire.

Margaud liseuse, booktubeuse réputée a fait  le tour de l’oeuvre littéraire de Samantha Bailly et voila ce qu’elle en pense :

Je viens de découvrir qu’il existe une suite aux stagiaires : A durée déterminée… je crois que je vais prolonger le stage de cette auteure talentueuse !.

Sociologie

Astérisque en Germanie

Astérisque en Germanie

Même si j’ai eu un peu de mal à comprendre le titre de ce livre au début, Was ist das, le livre de chroniques de Pascale Hugues, publié aux Arènes cet été, m’a captivée.

was ist dasWas ist das? Chroniques d’une Française à Berlin

Pascale Hughes, éditions Les Arènes, 2017

240 pages – 18€

 

Sa couverture très contemporaine et son sujet : les chroniques d’une Française à Berlin ont attiré toute mon attention.

C’est typiquement le genre de livres que j’affectionne : mon dernier coup de cœur en la matière était le livre de Pamela Druckmann, Bébé made in France, publié par Flammarion. Cette journaliste américaine sondait le système éducatif français à travers Jean-Jacques Rousseau, Françoise Dolto….

bébé made in france

Je remercie le service presse des éditions des Arènes qui m’a gentiment adressé ce livre. Je suis avec attention leur ligne éditoriale très originale et contemporaine, un de mes précédents articles, chroniquait le roman historique Le secret d’Adèle de la journaliste Valérie Trierweiler.

Le résumé du livre :

A l’occasion des élections allemandes, Pascale Hughes, correspondante diplomatique depuis trente ans et écrivain, dresse une trentaine de chroniques sur ce qui nous sépare outre-Rhin : le rapport aux hommes politiques, le naturisme dans les lieux publics, l’écologie, les vieilles bombes qui explosent parfois dans les centres-villes totalement reconstruits après guerre…

Mon avis

Pascale Hughes a choisi le ton du flâneur anthropologue pour écrire ce livre beaucoup plus personnel qu’il n’y parait. Et c’est ce qu’il m’a vraiment plu.

A vrai dire, je ne connais que très mal la culture allemande, alors que cette nation est notre voisine au même titre que l’Allemagne ou l’Espagne. Mais j’aime les livres qui étudient les différences culturelles ainsi que les biographies politiques très récentes.

La politique européenne a une place de choix dans ce livre. On ressent toute l’expérience politique de l’auteur dans les premiers chapitres. Ce livre a été écrit dans un contexte électoral décisif pour Angela Merkel et Emmanuel Macron, à quelques mois d’intervalle.

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Le Tiergarten, un personnage important de ce livre de chroniques.

Ces chapitres politiques ne sont pas les plus simples à lire mais la plume de Pascale Hugues sait vous emmener en promenade. J’aime beaucoup le recul sur l’actualité immédiate que permet le livre : le chapitre sur le modèle allemand vanté par la presse et la classe politique française est savoureux.

Mais ce qui me passionne, ce sont ses chroniques plus sociologiques (comment vivent les gens au quotidien) : l’écologie, le naturisme et la sexualité, les souvenirs de l’ancienne RDA, le fait de porter des Birkenstock, comment se comporter dans les jardins publics…

L’auteure est une femme française qui interviewe des célébrités comme Christian Louboutin, Alice Schwarzer, une célèbre féministe allemande… Son livre est aussi léger quand elle oppose les macarons parisiens à la forêt-noire berlinoise, Mona Lisa à Nefertiti.

Pascale Hugues raconte les ambiances aux antipodes de deux jardins publics : le jardin du Luxembourg à Paris et le Tiergarten de Berlin, deux notions diamétralement opposées de l’ordre et de la nature.

Mais attention, bien que l’ illustration de couverture signée Roxy Lapassade soit très girly (marketing oblige), ce livre ce n’est pas du même niveau que Les pintades à  Paris. C’est un véritable essai de sociologie, qui retrace aussi la construction de l’Europe.

les pintades à Paris

Ces chroniques prennent alors tous leurs sens quand Pascale Hugues questionne l’Histoire avec ses souvenirs d’avant 1989, quand Berlin était divisée en deux, entre communisme et capitalisme. Plusieurs fois, j’ai reposé ce livre en me disant « Tiens c’est vrai, je n’avais jamais vu les choses sous cet angle « .

Je me suis demandée comment le peuple allemand est parvenu à se reconstruire psychologiquement après la dictature du 3eme Reich et l’occupation soviétique d’une partie du pays.

J’ai retrouvé la description du choc des cultures qui m’avait tellement plu dans le film Good bye Lénine, l’histoire de ce jeune homme Alex, qui cache à sa mère, militante communiste, la chute du mur de Berlin quand elle se réveille du coma.

Ma note : 4/ 5 sardines

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Je mets cette note pour le ton personnel de l’auteur très agréable à lire, le fait qu’on réfléchisse vraiment grâce à ce livre, on rit aussi et surtout on actionne la machine à remonter le temps dans une époque révolue : l’ Europe communiste.

Moi qui visite chaque été l’Europe de l’Est par mes attaches familiales, j’aurais pu mettre cinq sardines à ce livre s’il n’y avait pas eu quelques longueurs dans les premiers chapitres.

Cela me donne bien envie de lire la biographie d’Angela Merkel, publiée par les éditions Empreinte temps présent. Cette biographie a été écrite par un journaliste spécialisé Resing Volker. Il  a mené une enquête minutieuse pour retracer le parcours de cette fille de pasteur devenue physicienne dans la RDA, avant de devenir la première femme chancelière.

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On ressent dans ce livre de chroniques, une forme de sympathie collective pour cette chancelière qui en impose dans ces sommets du G7 majoritairement masculins. J’ai du mal à croire que les Allemands l’appellent vraiment Mutti.

Et si le vrai modèle allemand ce ne serait pas d’oser élire une femme à la tête d’une des principales puissances mondiales?