Cinéma

Pupille, quand le cinéma montre un triomphe collectif

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Pupille est le film qui m’a le plus marqué en 2018 (il n’y en a pas eu beaucoup, je dois dire). J’attendais sa sortie avec impatience : peut-être est-ce le fait que je vais devenir parent prochainement en février ?.

J’ ai vraiment été convaincue par les interviews de Jeanne Herry, sa réalisatrice et de Gilles Lellouche, le « héros » masculin de l’histoire, qui joue un rôle à contre-emploi tout à fait attendrissant.

Jeanne Herry s’est servie de l’histoire personnelle d’une de ses amies sur le chemin tortueux de l’adoption pour écrire une histoire pleine de vie et de sensibilité. Elle traite d’un thème social très subtil : l’accouchement sous X et l’adoption qui peuvent faire peur aux spectateurs.

Elle s’éloigne des codes du reportage en maternité et du cinéma documentaire pour bâtir une fiction romanesque qui nous emmène des rires aux pleurs, suivre le parcours éprouvant mais tellement constructif d’une jeune femme, Alice (Élodie Bouchez) . Elle a attendu pendant huit ans qu’une institution de l’État lui confie un enfant à adopter.

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Copyright Studio Canal

Le résumé :

Une jeune mère, Clara, refuse qu’on enregistre son identité à la maternité afin d’accoucher sous X. Mathilde, fonctionnaire chargée des services d’adoption à Brest, va l’aider à remettre son fils Théo à l’ État comme pupille.

Au cours des deux mois pendant lesquels elle a le droit de se rétracter, une succession de fonctionnaires vont prendre son relais pour lui donner tout l’amour et l’attention dont il a été privé à la naissance, en respectant les procédures administratives à la lettre.

Ainsi interviendront une sage-femme attendrie (Stéfi Celma), des puéricultrices, les éducateurs spécialisés comme Karine (géniale Sandrine Kimberlain) , Jean l’assistant maternel (Gilles Lellouche) et le conseil de famille chargé de son adoption dont Lydie (Olivia Côte), celle qui va discerner quelle mère serait la plus apte à s’occuper de cet enfant.

 Mon avis :

Pupille est un film magnifique, ayant un message politique fort : il rend hommage aux services de l’État qui ne ménagent pas leur peine, ni leurs moyens pour permettre à un bébé de se construire affectivement tout en garantissant le secret de l’identité de sa maman.

Comme le soulignait Gilles Lellouche dans de nombreuses interviews, ce film fait comprendre au grand public combien payer des impôts en France sert l’intérêt public. C’est un très joli pied de nez à la montée de l’individualisme ambiant. Ce film montre la force du collectif qui unit ses forces dans un but commun.

Particulièrement à travers une scène. Les éducatrices spécialisées font comprendre à Mathilde qu’elle doit agir pour que le petit Théo n’entre pas dans une forme de léthargie déprimante. La sage-femme qui l’a accouché, aide ce bébé en écoutant aux portes quand la maman vient dire au revoir à son bébé mais qu’elle est incapable de lui parler.

Or la réalisatrice expliquait qu’il est primordial qu’un mère qui confie son enfant l’autorise verbalement et symboliquement à entrer dans un projet d’adoption avec un autre parent.

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Copyright Studio Canal

Les références au travail de longue haleine de Françoise Dolto sont flagrantes, elles procurent même au film les meilleures répliques :

« Un bon candidat à l’adoption, ce n’est pas quelqu’un qui n’a jamais rien vécu de fâcheux. On a tous un champs de mines et un champs de fleurs. Notre travail c’est de savoir comment vous vous êtes occupés de votre propre champs  » dit Lydie à la future mère adoptive, Alice.

« Tout ira bien, tu es un super mec » dit Gilles Lellouche au bébé de deux mois qui va rencontrer dans un instant sa mère adoptive. Tout se joue dans les mots, choisis avec précision et clarté.

Prendre un bébé inconnu dans ses bras, lui donner de l’amour n’est pas du tout incompatible avec la procédure administrative, c’est même fortement recommandé pour prendre soin de lui.

Ma note :

5/5 sardines

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Je vous recommande ce film magnifique qui est joyeux et qui donne de l’espérance : oui, il y a toujours une assistance sociale et éducative de la part de l’État en France en 2018. C’est parfois le rôle de la télévision ou celui du cinéma de le rappeler à ses concitoyens, aux autorités politiques qui votent leurs budgets : le film Pupille ou encore la série Famille d’accueil sur France 3.

Jeanne Herry est une grande réalisatrice à suivre par la suite. Elle signe un film qui rend un bel hommage à Françoise Dolto sans occulter les problèmes très difficiles qui secouent les assistants maternels comme Jean au début du film.

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Copyright Studio Canal

Ils sont parfois lessivés par leur rôle quand un frère tente d’étrangler son cadet. On saisit alors toute la difficulté éprouvée par Jean quand il ne parvient pas à faire comprendre à son supérieur que maintenir le lien et ne pas vouloir séparer les fratries à tout prix peut s’avérer très dangereux…

Dans un prochain article, je vous chroniquerai un ouvrage qui retrace le travail de Françoise Dolto, une référence incontournable pour moi.

En attendant, voici une vidéo magnifique d’une puéricultrice reconnue, Sonia Krief qui parle avec tendresse et bienveillance aux nouveaux nés pendant leur tout premier bain.

Bullet journal

Innover avec des pages originales pour son bullet journal grâce aux conseils de Bulle Dop

Comme ce fut le cas l’an dernier, Flammarion jeunesse m’a gentiment envoyé la version poche de Mon bullet avec Bulle dop afin que je le teste et que je vous en parle sur ce blog.

Mon bullet avec Bulle Dop ( un carnet et une planche de stickers inclus)

Bulle Dop

Flammarion jeunesse

2018

127 pages

9€90

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Ce nouveau format est top, j’aime beaucoup son originalité. Les explications de Bulledop tiennent sur une grande page recto-verso que l’on déplie. Ensuite place à la créativité avec ce superbe carnet à points.

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Crédit Flammarion jeunesse – Bulle Dop

Ce livre-carnet coûte 9€90 alors que tous les carnets de bullet journal avoisinent les 17€. Flammarion jeunesse n’a pas lésiné sur la qualité technique du carnet avec ses pages au grammage très lourd pour supporter le feutre ou l’aquarelle, qui ainsi, ne traverseront pas la feuille. Et ça,  c’est la qualité première que je recherche dans le bullet journal !

Nouveauté aussi, Bulle Dop a dessiné pour ses lecteurs (des filles en grande majorité) une double planche de stickers tout à fait pratiques et bien réalisés.

Voici sa vidéo de présentation de son livre. La première version a connu un vrai succès en librairies en quelques mois puisque les 5000 exemplaires se sont vendus très rapidement.

Dans le précédent article consacré au livre Mon bullet avec Bulledop, je vous avais parlé surtout du matériel. Cette fois-ci, j’ai bien envie de vous parler de la manière dont je structure mon bullet journal mois après mois.

Car il n’ y a rien de plus énervant que de se retrouver devant une page blanche ou de passer du temps à concevoir des pages qui ne serviront pas beaucoup finalement.

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Ton bullet journal, tu aéreras !

Je ne l’ai pas fait pour mon premier bullet et je le regrette un peu. C’est mieux de laisser une demie-page blanche à chaque fin de mois surtout si votre illustration du mois prend toute une page de votre carnet.

Les pages récurrentes chaque mois 

Au bout d’un moment, je suis arrivée à trouver une structure qui me convient bien :

  • une page pour l’illustration du mois : les montagnes en novembre, une bûche glacée en décembre…
  • Puis, une double page pour les moments marquants du mois : les sorties sympas que j’ai fait pour un ciné, un salon de thé, une promenade dans un parc…, les naissances, l’actualité sympa en général, que j’illustre avec des photos que me fournit mon gratuit favori A nous Paris.
  • Ensuite, une double page pour les statistiques de mon blog avec le nombre d’abonnés, de visiteurs, les statistiques des articles, le référencement, les services de presse que j’ai envie de demander comme les idées d’articles qui me plairaient d’écrire. Mine de rien, cette double-page m’aide beaucoup pour développer de nouvelles idées pour mon blog. C’est ça le principe du bullet journal, ça aide bien à s’organiser surtout quand on a une mémoire visuelle.
  • Enfin, une double page, celle que j’adore faire : la page culture et loisirs. Je dessine une pile de livres à colorier pour me souvenir des livres que j’ai lu, des visuels des films et séries qui m’ont tapé dans l’œil même si je n’ai pas eu le temps de les voir, une petite partie pour les expositions en cours à Paris et nouveauté, les challenge DIY que j’ai fait au cours du mois. J’adore cette page très importante pour moi, c’est un bon remède face à la routine métro-boulot-dodo qui nous tombe parfois dessus…20181209_160356.jpgLes pages plus exceptionnelles selon les mois de l’année :
  • une page avec des cases à cocher pour les cadeaux de Noël à faire, que j’égaye avec des masking tape Père Noël et cadeaux de circonstance… Très pratique une fois dans les magasins pour avoir une vue d’ensemble des achats à faire…
  • une page carnets de voyages avec des cartes postales, des billets de tramway des capitales d’Europe où l’on va…
  • les dépenses shopping qui m’ont fait plaisir : je colorie des grosses pièces de monnaie jaunes dans une Mason jar, ça m’amuse bien…

Je recherche aussi d’autres pages originales pour innover dans mon bullet journal. Il faut bien reconnaître que c’est un bon outil d’organisation même si je suis volontairement très laxiste la dessus ( les monthly logs, les dailylog et les trackers à objectifs, très peu pour moi).

Je vous recommande sur Youtube les vidéos de Bulle Dop, Lou Lacoste et Rose poudrée car elles ont vraiment à cœur d’expliquer comment faire.

Ce week-end, je me suis régalée avec mes feutres Lyra et Tombow (achetés chez Lavrut, passage de Choiseul) à dessiner ce sablier-sablier et cette pomme de pin en robe de soirée, des dessins trouvés sur le compte Instagram de Lou Lacoste !.

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Carnets de voyages urbains

Anvers en automne

A chaque fois que nous allons en Belgique début novembre, nous avons le droit à un temps ensoleillé. Et quand il fait un peu froid, c’est bien appréciable.

Après Bruxelles et Bruges, cap sur Anvers pour cette année. Partis tôt le samedi matin de la gare du Nord, ce fut la grande course pour monter dans le Thalys. Mais deux heures et demie plus tard, nous étions déjà à la recherche d’une bonne gaufre belge dans la ville.

Premier émerveillement, la gare centrale d’Anvers quand on monte les escalators depuis les quais. Voici un petit aperçu en images. Dans le hall central, on se régale avec cette architecture classique du 19eme siècle : la gare a été inaugurée en 1836.

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Tiens la devise de la Belgique : L’union fait la force est la même que la devise bulgare ! Et elle est écrite en français en terre flamande. Car à Anvers, les francophones se font rares. Les petits louveteaux flamands qui venaient vers moi me vendre leurs sablés de Noël ne sont pas encore trilingues…

Une fois rassasiés de gaufres dans une boulangerie flamande, on se met à chercher notre hôtel en centre-ville.

Il s’appelle Elzenveld hotel, c’est un ancien couvent tout en briques qui me fait penser à Nonnatus house, le couvent de ma série du moment Call the midwife. Le cadre est formidable à proximité du jardin botanique, la chambre en duplex est vraiment confortable et le petit-déjeuner tient vraiment ses promesses pour 100 euros la nuit.

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Les immeubles d’Anvers sont vraiment imposants avec leurs décorations, témoignages d’une certaine opulence de la ville depuis la Renaissance. Anvers est connue pour être une place majeure des diamantaires et de la haute finance en Europe. C’était assez agréable de visiter cette ville avec toutes ces enseignes de luxe, ses façades typiques des Flandres.

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C’est très dépaysant car la culture flamande est très différente de la culture wallonne et française dans les manières de s’habiller, la langue, les modes de vie… : ici le vélo est roi ! On y retrouve les éléments architecturaux typiques comme la grand place, le beffroi, les cathédrales de la Renaissance…..

Rubens est la personnalité locale, sa statue domine la place principale de la ville et on peut visiter sa maison. A part le MAS le dimanche matin, nous avons préféré flâner dans la ville que d’arpenter les musées.

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Il se trouve vers les docks, il s’agit d’une grande tour de 65 mètres de haut qui abrite un musée de société très bien conçu, l’équivalent flamand du MUCEM à Marseille.

Il met à l’honneur le port d’Anvers, second port commercial d’Europe après Rotterdam. Ses expositions thématiques expliquent la manière de vivre à Anvers : se nourrir, se loger à travers des objets du quotidien très bien mis en scène par une scénographie intelligente. On y comprend que les colonies du Congo belge ont apporté une économie florissante pour la ville à travers le commerce de la banane et d’autres matières premières.

Le billet d’entrée de ce musée coûte 10€ et ça les vaut bien car les scénographes n’ont pas lésiné sur les moyens financiers (ça se voit très vite ) pour créer des décors audacieux et des ressources pédagogiques pertinentes et amusantes pour les adultes et les enfants.

Je vous recommande donc une escapade à Anvers le temps d’un week-end en automne, les feuilles orangées et rouges du jardin botanique sous le soleil m’ont apporté un précieux dépaysement !

Nous n’avons pas eu le temps de visiter le quartier Art Nouveau de la ville, ça sera l’occasion lors d’une prochaine visite en Belgique.

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Séries

Mes pépites séries pour cet automne

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Un court billet de blog pour vous partager mes découvertes séries quand l’automne arrive et qu’on a plus envie de se réfugier sous sa couette avec un bon Nesquik devant une série que d’aller se balader au vent au lac Daumesnil.

Je me suis abonnée il y a un an à Netflix car la bande-annonce de la série The crown avait captivé mon attention (il faut dire aussi qu’ils avaient sortis le carnet de chèques pour sa promotion commerciale).

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Depuis j’ai pu découvrir d’autres excellentes séries comme Grace et Frankie avec Jane Fonda et Lily Tomlin, des films géniaux disparus des radars comme Spanglish avec Paz Vega et dernièrement la série SOS sages femmes (Call the midwife) que je suis en train de regarder à vitesse grand V.

Franchement désappointée que Downtown Abbey ait disparu du catalogue Netflix, je suis tombée par hasard sur SOS Sages femmes, une série historique qui se déroule dans la banlieue londonienne dans les années 1950.

Elle raconte le quotidien d’un couvent Nonnatus House, une maternité, dirigée par des sœurs. Elles sont assistées par des nurses assez jeunes comme Jenny Lee (elle a des faux airs de Cécile Cassel) l’héroïne de cette série qui compte cinq saisons.

La guerre est finie depuis quelques temps mais la pauvreté est bien palpable : les maisons écroulées, les gosses qui traînent dans les rues, les références aux grands bouleversements que le Blitz a engendré dans ces familles…

J’aime beaucoup cette série car elle traite des problématiques psychologiques et sociales de l’époque avec beaucoup de finesse et de subtilité. Elles sont quatre nurses très solidaires les unes des autres : Jenny, Camilla dite Chummy, Trixie et Cynthia.

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Elles ont la vingtaine et elles sont entièrement dévouées à leur métier. Cette série traite de leurs histoires d’amour mais de manière très intelligente, elles vivent en harmonie avec les sœurs du couvent. Ces sœurs sont vraiment des personnages principaux de la série.

On ne les caricature pas du tout, elles sont de vrais soutiens psychologiques pour les femmes qu’elles accouchent, sachant se montrer aimantes, compréhensives. Elles font preuve de foi chrétienne quand leurs patientes des quartiers populaires font des choix de vie hasardeux qui les mènent à la prostitution par exemple.

C’est une série de grande qualité dont le thème central est la naissance, le métier de sage-femme dans les banlieues populaires de Londres dans les années 1950 .Mais cette série valorise aussi la foi chrétienne qui aime son prochain.

J’avais vu un film atroce basé sur une histoire vraie : Philomena. Judi Dench interprétait une fille-mère placée avec son bébé dans un couvent en Irlande dans les années 1950. Un jour, on lui enlève brutalement son bébé qu’elle ne pouvait voir qu’une heure par jour pour qu’un couple d’Américains l’adopte rapidement. Les sœurs de ce couvent n’avaient pas le beau rôle c’est le moins que l’on puisse dire.

Je vous recommande donc Call the midwife, une série géniale avec de beaux épisodes de Noël à chaque saison de la série comme savent les faire les Anglais. Elle contient de nombreuses similitudes historiques avec The crown comme cela se passe à la même période mais du point de vue du peuple anglais, les classes populaires qui connaissent un véritable baby-boom à cette période.

Coïncidence, j’avais noté dans ma PAL, le livre de mémoires de Jennifer Worth, la sage-femme dont les mémoires ont été adaptées à la télévision pour cette série.

Je crois que je n’aime plus que les séries historiques avec des costumes, des décors d’une autre époque car ils sont de formidables révélateurs de la manière de vivre des gens avant. Cela me change du 21eme siècle avec son storytelling permanent sur Facebook, Instagram et compagnie…

Dans un autre genre, j’ai découvert sur Youtube, une série assez innovante, drôle et bien conçue.

C’est une série française Les emmerdeurs : quatre jeunes Français, deux-garçons et deux filles dont un apprenti-curé pendant la seconde guerre mondiale.

Ils se retrouvent à faire partie de la Résistance bien malgré eux car ils ont bu un drôle d’élixir qui leur donne de supers pouvoirs. Cela va leur permettre de déjouer les plans funestes des nazis et de contribuer à libérer le pays. Encore faudrait -il qu’ils aient vraiment envie d’endosser ce costume de libérateurs…

Du livre à l'écran

Mon crush lecture #1 : La couleur des sentiments

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Ce gros pavé de 600 pages, je l’ai lu il y a quelques années dans un train, une semaine où j’étais malade et il avait été un meilleur compagnon de convalescence que les antibiotiques. C’est ma voisine qui me l’avait prêté après que je sois allée voir l’adaptation cinématographique avec ma mère. Cela avait été un bon moment de cinéma, un feel good movie comme on les aime.

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Cette année, on honore la mémoire de Martin Luther King, tombé sous les balles racistes, il y a cinquante ans à la terrasse d’un hôtel à Memphis, Tennessee, le 4 avril 1968. Ma mère nous a parlé de lui quand nous étions enfants, mon frère et moi, et les moniteurs des colonies de vacances protestantes que j’ai fréquenté adolescente,  nous ont sensibilisé à son attachement à la non-violence tirée des Évangiles à l’image de Jésus,  mais aussi de Gandhi.

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Des années plus tard, l’Histoire m’a mis une belle claque dans la salle de cinéma où j’étais allée voir Selma en 2015, le magnifique film d’ Ava Duvernay sur le droit de vote des Noirs acquis après une bataille très éprouvante pour les droits civiques à Selma, Alabama en 1965. C’est le billet de blog qui m’a le plus plu d’écrire.

Il y a peu, j’ai lu Génération Rosa Parks, un recueil de biographies de vingt militantes non-violentes, des anonymes qu’elles soient noires ou blanches, diplômées d’université, cueilleuses de coton dans les plantations du Sud ou couturières comme Rosa Parks

Elles fréquentaient des enfants blancs pendant leur enfance ou avaient de bonnes relations avec des Blancs à l’université mais les lois Jim Crow leur interdisaient de se mêler à leurs compatriotes. Voila le vrai sens de la ségrégation raciale : empêcher toute relation amicale, professionnelle ou sentimentale d’éclore entre Blancs et Noirs.

La couleur des sentiments

Kathryn Stockett

Editions Jacqueline Chambon, 2010

528 pages

23,80 €

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Le résumé : 

Il s’agit d’un récit à trois voix : celles de Minny et Aibileen, deux bonnes noires qui s’entraident face à la ségrégation raciale qu’elles subissent depuis leur enfance à Jackson Mississippi.

Elles vont s’associer malgré elles à la troisième narratrice Eugénia dite Skeeter, une jeune blanche, héritière d’une plantation de coton. Elle dénote parmi ses amies de lycée de la bonne société Elizabeth et Hilly,  Eugénia aspire à être journaliste et elle a mal vécu le départ de sa bonne Constantine qui était un vrai repère affectif pour elle.

L’écriture d’un livre sera l’occasion pour elle de rendre hommage à toutes ces femmes et de prendre son envol : son éditrice juive à New York lui sert de mentor et la convainc avec fermeté d’écrire sur un sujet d’actualité qui intéresse vraiment les Etats-Unis au début des années 1960 : les relations humaines entre les bonnes noires et les employées blanches dans les familles des Etats du Sud.

Pourquoi c’est mon crush lecture ?

Un crush, c’est un vrai coup de cœur passionné !

Ce roman est mon crush lecture parce que le thème de l’histoire c’est l’amour que l’on porte aux autres malgré sa différence. Le titre en français : La couleur des sentiments est vraiment bien trouvé. Le livre qu’écrivent ensemble Skeeter et la douzaine de bonnes reflète autant les mauvais cotés que les bontés déployées par les Blanches qui les emploient.

On les humilie, on leur rappelle leur condition servile, on peut même les renvoyer pour un simple regard de travers et les faire bousculer dans une profonde précarité économique et sociale…. Pourtant, les enfants dont elles se sont occupés se rappellent plus facilement de leur cuisine et de leurs gestes maternels que ceux de leurs propres mères. Johnny Foote, le seul personnage masculin un peu important, retrouve ses souvenirs d’enfance avec la cuisine de Minny.

Ces bourgeoises un peu péquenots de la bonne société de Jackson sont aussi malades d’amour. Elizabeth, la patronne d’ Abileen ne sait pas comment montrer de l’amour à leur petite fille. Elle la rabroue ou la bat dès qu’elle se tache ou dit quelque chose qui n’est pas convenable comme l’a fait sa propre mère avec elle.

J’ai eu ma petite larme à l’ œil quand je lisais les passages qui montrent la complicité entre Abileen et la petite fille boulotte Mae Mobley surtout quand Abileen lui raconte ses histoires secrètes de Martien Luther King…

L’humanité dont fait preuve Minny avec sa patronne Célia qui enchaîne fausses couches sur fausses couches et qui subit le mépris social d’ Hilly et ses amies m’a aussi beaucoup marquée. Le roman creuse beaucoup plus le portrait psychologique de Célia Foote que le film qui la montre seulement comme une Marilyn écervelée, magnifiquement interprétée par Jessica Chastain.

On sait déjà où nous irons pour nos dix ans de mariage : les Etats-Unis et surement les Etats du Sud tellement authentiques dans leurs paysages, l’architecture préservée de leurs villes comme la Nouvelle Orléans, leurs modes de vie assez différents du Nord de ce pays-continent…

Kathryn Stockett a écrit une fiction mais ce roman est profondément autobiographique. Skeeter, c’est elle même. A la fin du roman, elle raconte son histoire personnelle : l’amour quasi-maternel que lui portait sa bonne Demetrie. Elle voue un amour et une fierté assez conflictuelle au Mississippi pour ses aspects un peu rustres mais elle le défend avec force face aux New-Yorkais qu’elle côtoie dans les dîners mondains.

Rappelons que le Mississippi a vu éclore le talent de grands écrivains comme William Faulkner, Mark Twain… Dans le domaine de la chanson, citons Jackson de Johnny Cash, un grand musicien country que j’ai découvert à travers le génial biopic Walk the line ou encore la magnifique chanson Georgia on my mind chantée par l’enfant du pays Ray Charles…

Si jamais l’odieux passager du vol de Ryanair qui insulte avec hargne et haine une vieille dame noire me lit, lis La force d’aimer de Martin Luther King mon vieux, ça ne te fera pas de mal.

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Grâce à ce film, j’ai découvert Octavia Spencer, mon actrice américaine favorite que j’ai retrouvé avec grand plaisir dans le film La cabane, adaptation du roman chrétien La cabane, le chemin du pardon. Ce sera mon prochain crush !

 

Lifestyle

Marie Denise, une chouette adresse vintage pour un thé entre copines à Père Lachaise

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Ce jeudi après-midi, je suis retournée pour la deuxième fois au salon de thé Marie-Denise, situé 16 avenue Gambetta dans le 20eme arrondissement. Je voulais le faire découvrir à mon amie et voisine Alix, grande amatrice de salons de thé elle aussi !

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Je l’ai découvert en passant un jour, en bus dans la grande montée entre Père Lachaise et Gambetta. On ne peut pas louper sa devanture rose et bleue, toute bariolée comme on n’oublie pas facilement le nom de ce salon emprunté aux deux grands-mères de la pâtissière et propriétaire du lieu : Tiphaine.marie_denise_07505600_142431930

C’est un endroit très chouette où rien n’est laissé au hasard sur le plan marketing : la carte des gourmandises sucrées et salées, le fait de privilégier les produits bio, le recours à une décoration vintage partout… mais c’est fait avec beaucoup de sincérité et d’authenticité.

Je l’ai ressenti autant dans le goût des pâtisseries que dans l’atmosphère du lieu. On passe un très bon moment chez Marie-Denise surtout quand on s’y rend en semaine.

La première fois, c’était un samedi, j’avais choisi un flan à la vanille de Madagascar et sa pâte m’était un peu restée sur l’estomac. Cependant, l’endroit était tellement sympathique que j’ai voulu y retourner tester d’autres gâteaux et j’ai beaucoup aimé le fondant au chocolat sans gluten. Une recette simple mais très efficace.

J’ai aimé aussi la limonade bio que j’avais choisi et leurs thés venus tout droit de Bordeaux, fournis par la marque La diplomate concurrencent ma valeur sûre : Mariage Frères.

13-logo-diplomate-salon-the-herbesfauves-fleuriste-bordeaux-300x300.jpgLes boites de thé sont très belles avec leurs étiquettes qui rappellent les codes de l’art déco du début du 20eme siècle. Elles se marient très bien avec le comptoir tout bleu de la boutique, les gâteaux présentés sous des cloches transparentes, la vaisselle vintage dans le vaisselier… On se croirait aussi bien dans la boutique du roman La pâtissière de Long Island que dans le salon de ma copine Mapu picchu

On se sent comme chez soi dans ce vaste salon de thé avec ses banquettes moelleuses, ses fauteuils club et ses chaises d’écolier….

Sur les murs, se côtoient des photographies en noir et blanc de mariés d’un autre temps, des illustrations un peu kitsch mais attendrissantes et des reproductions d’œuvres d’art familières : Les époux Arnolfini, Jo la femme et muse d’Edward Hopper, les pionniers américains avec leur fourche du tableau iconique American Gothic que j’ai eu le grand plaisir de voir lors d’une superbe expo intitulée La peinture américaine dans les années 1930 au musée de l’Orangerie, il y a deux ans. C’était l’endroit idéal por deux diplômées d’histoire de l’art comme nous.

Marie-Denise est donc l’une de mes adresses favorites pour passer un bon moment entre copines autour d’un bon thé et d’un gâteau car l’un ne va pas sans l’autre bien évidemment!.

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Je vous recommande d’autres salons de thé de la boite à sardines. Ces bonnes adresses ont des formules thé et pâtisseries aux alentours de 10€.

La Charlotte en l’Île, rue Saint Louis en l’île, Île Saint Louis,4eme arrondissement.
L’endroit est vaste, assez touristique. Le cake au chocolat est délicieux ainsi que les thés même si le choix des pâtisseries gagnerait en diversité. Ambiance agréable,j’y viens surtout parce que ça se trouve sur l’île Saint Louis, mon berceau parisien depuis douze ans.

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Rose Thé, 104 avenue Ledru Rollin, 11eme arrondissement, métro Ledru Rollin

 

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Une carte très sympa avec de très bons desserts et des thés de qualité. La salle est assez vaste mais c’est bruyant le samedi, et l’endroit est trop sobre à mon goût côté décoration. Un excellent rapport qualité/prix tout de même.

– Ladurée, 75 avenue des Champs Elysées, 8eme arrondissement, métro Georges V

 

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C’est mon souvenir coup de cœur de mon enterrement de vie de jeune fille en 2014. Contre toute attente, vous êtes très bien reçues dans ce salon de thé très touristique. Les serveurs sont charmants, ils ne vous pressent pas pour que vous débarrassiez le plancher une fois vos macarons et vos thés engloutis. J’avais quelques préjugés sur cette enseigne, mes quatre visites suivantes n’ont fait que confirmer mes très bonnes impressions.
Les prix ne sont pas exorbitants et les produits sont vraiment de grande qualité.

Je prends toujours la coupe Ispahan à 12 euros car c’est mon péché mignon : glace à la rose et au litchi, framboises et litchis entiers… sous une bonne couche de crème chantilly délicieuse….

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J’ai bien dans l’idée de découvrir d’autres salons de thé, si vous avez de bonnes adresses, je suis preneuse ! .

Ma prochaine visite gourmande sera pour le salon de thé libanais Kanoun, 98 rue de Charonne dans le 11eme arrondissement..

Cinéma·Sociologie

Le film de la semaine : I feel good ou la critique de l’individualisme forcené

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J’attendais de longue date la sortie du film Le poulain : la prestation d’Alexandra Lamy en directrice de campagne aux dents longues, m’avait convaincue en regardant la bande-annonce. Mais la chronique ciné de La croix m’a plutôt conduite à aller voir le film I feel good avec Yolande Moreau et Jean Dujardin.

Un film qui fait honneur aux communautés Emmaüs, cela avait plus de sens pour moi que le cynisme des communicants de la vie politique pendant une heure trente.

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Copyright Ad Vitam

Il est bien loin le temps où l’on considérait Alexandra Lamy et Jean Dujardin comme des acteurs de télévision de seconde zone, par comparaison avec le septième art. Chouchou et Loulou ont fait du chemin (chacun de leur côté) depuis une décennie.

Ils ont donné vie avec tout leur talent à des personnages qui nous font rire, sourire, qui nous émeuvent aussi que ça soit la jeune femme handicapée, l’ un des plus beaux rôles d’Alexandra Lamy dans le film Tout le monde debout de Franck Dubosc ou le lieutenant lâche et fourbe interprété par Jean Dujardin dans le film Le retour du héros dernièrement.

La carrière cinématographique de Jean Dujardin s’est envolée avant The artist, avec les films OSS 117 et son fameux rôle de crétin. Jacques, le personnage principal du film I feel good est le digne héritier d’Hubert Bonisseur de la Bath.

C’est la première fois que je regardais un film réalisé par Gustave Kervern et Benoit Délépine. Je n’étais pas bien rassurée car mon fraternel regardait régulièrement Groland sur Canal + et autant vous dire que cet humour bien gras et scabreux n’était pas du tout ma tasse de thé.

J’ai trouvé qu’ils avaient fait preuve d’un profond respect envers la communauté Emmaüs et leur fondateur l’Abbé Pierre, ce qui leur vaut l’intérêt de la presse chrétienne.

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Photo Patrice Terraz

Le résumé :

C’est l’histoire de Jacques, un éternel ambitieux qui a été mis à la porte par ses parents en pleine crise de la quarantaine, après une vingtaine d’années sabbatiques à vivre à leurs crochets.

Des années après leur décès, il refait surface dans la vie de sa sœur Monique, qui dirige une communauté Emmaüs près de Pau. Ses parents comme sa sœur sont restés fidèles aux idéaux du communisme, Jacques lui, a cru en Bernard Tapie. Il n’ a pas le goût du travail, il cherche juste l’idée du siècle qui lui permettra de devenir très riche très vite : rendre les petites gens beaux. Il cherche alors à embobiner les compagnons d’Emmaüs pour les embarquer dans une formule low cost : faire de la chirurgie esthétique en Bulgarie….

« Tu sais que tu as un potentiel de séduction formidable.

Et si tu sortais de ta chrysalide ? « .

Mon avis :

C’était un film loufoque, absurde, parfois déprimant mais aussi avec beaucoup d’esprit, subversif pour donner matière à réfléchir sur le sens que chacun donne à sa vie. Il montre un homme aveuglé par la quête du profit, l’ argent facile. Il va droit dans le mur à vouloir gravir les marches de l’ascension sociale quatre par quatre.

Les deux réalisateurs dénoncent une société actuelle obsédée par l’apparence, la matérialité, la réussite. Avec I feel good, ce sont les ambitieux comme Jacques et son ancien camarade d’école Poutrin qui a fait fortune,  qui sont ridicules.

Les compagnons Emmaüs ont été confrontés à cette économie ultra-libérale qui ne laisse sa chance à personne. En ce qui concerne le pragmatisme et la sagesse, ils ont une bonne longueur d’avance sur Jacques et pourtant, ils ne lui donnent pas de leçons.

L’Abbé Pierre est mort en 2017 depuis plus d’une dizaine d’années, il est rare que l’on se souvienne de lui dans l’actualité médiatique. Pourtant, son oeuvre est plus que jamais un partenaire incontournable du paysage social et solidaire français et international avec ses 287 structures.

Cela me chiffonne un peu que ce film gomme toute la parenté chrétienne de ce mouvement, pour moi, on présente vraiment l’Abbé Pierre comme un altermondialiste. Ce n’est pas mal en soi d’être altermondialiste mais quand on sait qu’ aujourd’hui, cela ne veut plus rien dire d’être de gauche ou de droite, autant fonder son espoir sur les Évangiles que sur le Manifeste de Marx.

Ce grand ambitieux emmène ce petit groupe qui s’aime et se respecte sur les traces du communisme : le palais de Ceausescu à Bucarest en Roumanie, puis en Bulgarie à Buzludza.

C’est dans les montagnes, sur les hauteurs de Kazanlak, que le parti communiste a construit un gigantesque palais des congrès visible depuis la Roumanie et la Grèce. Il a été totalement vandalisé, les pilleurs ont désossé les mosaïques de pierres précieuses, tagué les fresques… Grâce à un film français, j’ai appris un peu plus de l’histoire de mon pays par alliance : la Bulgarie.

 

Ma note : 3/5 sardines

Mon avis est un peu mitigé. Gustave Kervern et Benoît Délépine ont trouvé un très bon sujet qui donne matière à réflexion : la solidarité, l’entraide comme remède à l’individualisme forcené.

Le gag final qui rend hommage à l’abbé Pierre  est savoureux. Jacques dit à son acolyte des coups foireux qu’il s’est rendu compte que les compagnons d’Emmaüs n’avaient pas besoin de chirurgie esthétique pour réussir car ils étaient beaux à l’intérieur.

C’est un film à voir mais il laisse une drôle d’impression. Je reste persuadée que le cinéma sert à enchanter les spectateurs, les aider à s’évader de la réalité et ce film comportait aussi quelques scènes peu esthétiques. On rit beaucoup avec ce film à cause de la médiocrité assumée de Jacques, magnifique Jean Dujardin !

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Romans

La chorale des dames de Chilbury, la musique plus forte que la guerre !

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Je l’ai repéré grâce à la chronique d’un libraire, Stanislas Rigot de la librairie Lamartine dans l’émission de télévision Télématin. Il est évident que La chorale des dames de Chilbury est le roman coup de cœur de bon nombre de libraires compte tenu des nombreuses vidéos sur le web .

Je vous partage celle du libraire de la Griffe noire, Gérard Collard. J’ai failli faire une ridicule danse de la joie quand je l’ai trouvé sur la table des nouveautés de la bibliothèque Marguerite Duras, d’autant que j’ai eu beaucoup de mal à trouver un bon roman à lire ces trois derniers mois.

Il a tous les bons ingrédients pour conquérir son public : un titre qui suscite la curiosité, c’est un roman historique qui se déroule durant la Seconde guerre mondiale, cela parle de solidarité féminine dans l’épreuve et le chant transcende la tragédie….

Enfin, la couverture signée Neil Gower est un vrai petit bijou artistique : des notes de musique, un petit village verdoyant en proie aux flammes d’un bombardement….

La chorale des dames de Chilbury

Jennifer Ryan

2018, Albin Michel

462 pages, 22€

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Le résumé

Chilbury, Kent, 1940. Les hommes sont partis au front, mais une dizaine de femmes du village reprend la chorale comme fait de résistance contre cette guerre qui bouscule leurs vies, les maintient dans une angoisse permanente d’apprendre la mort d’un fils, d’un mari…

Sous la forme de lettres ou de journal intime, ce roman historique est une galerie de portraits de femmes de tous les âges et de toutes les conditions sociales qui vont ne plus être les mêmes personnes au cours de la guerre.

Il y a Prim, la chef de choeur qui montre la voie à ses choristes, Madame Tilling, le personnage central de ce roman, une veuve peu assurée qui va prendre de l’envergure. Elle est une infirmière responsable, avec un grand cœur chrétien qui va prendre soin de ces femmes  même de la plus coriace Edwina Paltry ou la plus délurée Vénetia, la fille du général tyrannique fou furieux…

C’est un roman historique passionnant qui retrace l’histoire de l’Angleterre pendant la seconde guerre mondiale à travers les anecdotes personnelles de la grand-mère de l’auteure et c’est cela qui fait toute la saveur de ce roman : on sent une profonde authenticité dans son écriture.

Mon avis :

Les dames de Chilbury ont du répondant : ça barde dans les chaumières au moment du thé et des scones. C’est tout sauf une histoire de dames patronnesses plan-plan… Il y a des vrais méchants qui montrent toute leur noirceur : Edwina, le général, Etsie, le soupirant éconduit Henry….et des vrais gentils comme le colonel Mallard, Mrs Tilling, Venetia…

L’ intrigue est très bien construite, on se prend au jeu de la lecture dès le début du roman.

Je suis épatée par le talent de ces auteurs anglais comme Jennifer Ryan, Helen Simonson (l’auteure de La dernière conquête du major Pettigrew) ou encore Mary Ann Schaffer (Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates) qui parviennent à toucher la corde sensible des émotions avec des personnages d’une grande humanité ou bien d’une grande médiocrité.

Car c’est dans l’adversité que se révèlent les noirceurs ou la beauté de l’âme humaine : voila comment je résumerai ce roman pour vous donner envie de le lire.

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Voici une petite liste de mes films, séries et romans so british favoris. Cela se déguste avec une bonne tasse de thé Mariages frères et des petits sablés au pain d’épice glacés au sucre. Miam !

Downtown Abbey

Comme tout le monde, j’aime cette série historique qui raconte la vie d’une famille d’aristocrates qui possède un immense domaine en Angleterre avec un superbe château en 1912, après le naufrage du Titanic. Cette série relate la vie en Angleterre entre 1914 et 1935 avec beaucoup de justesse historique. Un régal devant les costumes des années Folles, le carré garçonne de lady Mary….

The crown

Cette série, je l’ai dévorée en trois semaines tellement j’étais emballée. J’ai même eu la chance de ne pas attendre un an avant la deuxième saison puisque je l’ai découverte peu de temps avant une nouvelle diffusion sur Netflix. Les monarchies ce n’est pas mon truc du truc mais cette Elisabeth on s’y attache vite…. Claire Foy est une grande actrice avec ses grands yeux candides, sa maladresse timide. Elle va prendre du galon face à Churchill, ses conseillers et même son époux… La détresse psychologique de sa sœur, la princesse Margaret, m’a émue mais j’ai particulièrement aimé l’épisode avec l’évangéliste Billy Graham, ou encore la scène de danse avec le dirigeant nigérian, véritable exercice diplomatique pour la reine…

La dernière conquête du major Pettigrew

La derniere conquete du major Pettigrew

C’est mon roman feel good coup de coeur, celui que je recommande à tous les Kubers qui cherchent un bon roman feel good. Helen Simonson a vraiment réussi son pari avec ce premier roman. Je vous laisse le soin de découvrir ma chronique ici car ce roman m’a vraiment emballée : je pense sérieusement à le relire….

Le diable habite à Nothing Hill

Ce n’est pas le roman du siècle, c’est même de la littérature de poulettes clairement assumée mais j’avais passé un bon moment de détente au bord de la plage avec ces personnages très caricaturaux. J’avais surtout beaucoup aimé les couvertures des livres de cette trilogie et les querelles de territoires de ces nouveaux riches…

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Romans

Une envie d’aller visiter Guernesey grâce à un roman…

J’aime les adaptations littéraires au cinéma : le film Le cercle littéraire de Guernesey est sorti le 13 juin au cinéma, la plupart de mes amies ont beaucoup aimé ce livre et le casting du film regroupe beaucoup d’acteurs de Downton Abbey, la série à la mode ces dernières années.

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Malgré toutes ces bonnes raisons, j’ai bien failli passer à côté de ce livre car j’ai beaucoup de mal avec les romans épistolaires. Cependant, la modernité du personnage de Juliet dans le Londres d’après guerre en 1946 m’a bien encouragée à poursuivre ce roman qui s’est avéré être une lecture passionnante.

Il faut dire que la bande annonce du film m’a bien aidée pour imaginer les personnages et m’ y retrouver dans tous ces échanges de correspondances : il y a une dizaine de personnages principaux et secondaires. Ils se sont entraidés et soutenus pendant la Seconde guerre mondiale à travers un cercle littéraire.

C’est d’ailleurs cette solidarité d’un groupe d’amis sur une île envahie par les Nazis qui est le sujet central de ce livre.

Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates

Mary Ann Schaffer et Annie Barrows

Editions Nil

2009, 416 pages

20€

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Le résumé : 

Londres,1946. Une jeune femme, Juliet Ashton, écrivain à succès, cherche une nouvelle idée de roman auprès de son éditeur et ami Sydney.

Une lettre venue de Guernesey va changer le cours de sa vie : un habitant cherche à se procurer des livres comme son île a été  en pénurie de vivres, de papier, de bois, pendant l’Occupation allemande.

De fil en aiguille, Juliet va faire la connaissance de l’ensemble des membres du cercle littéraire des amateurs de patates via leurs lettres, puis elle va les rejoindre pour écrire un livre sur leurs conditions de vie pendant la guerre.

Peu à peu, son livre va s’orienter vers un point de vue : une biographie d’Elisabeth Mac Kenna, une jeune infirmière intrépide. La création du cercle littéraire vient d’un de ses mensonges à l’ennemi car ses amis et elle n’avaient pas respecté l’heure du couvre-feu.

Ses nombreux autres actes de bravoure la mèneront pourtant à sa perte puisqu’elle sera déportée pendant la guerre. En 1946, elle est toujours portée disparue et les membres du cercle littéraire prennent soin de sa petite fille Kit, née de son histoire d’amour avec un officier allemand.

Mon avis :

Pour moi, ce roman est passionnant car il est porté par une héroïne à la personnalité forte et sans concession : Juliet. Le choix de Lily James à l’écran est une excellente idée, elle est jolie et pas un brin pimbêche.

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Au début du roman, c’est une demi-mondaine qui s’amuse dans les réceptions et les cocktails littéraires à Londres. Mais sa correspondance avec les habitants de Guernesey va révéler une femme de cœur, sensible aux autres et fidèle à ses convictions. C’est une femme indépendante, qui gagne sa vie sans dépendre d’un homme grâce à son travail intellectuel. Cela nous change de Lady Mary de Downton Abbey, une éternelle rentière.

Elle évolue dans le Londres intellectuel d’après guerre, qui se relève économiquement des bombardements mais qui vit toujours avec les rationnements, le deuil de sa maison totalement détruite…

Cette période historique est très bien décrite dans la série de Netflix The crown, notamment la saison 2 qui raconte la tentative de trahison du frère du roi d’Angleterre Edward VII et sa femme Wallis Simpson qui complotaient avec Hitler.

Ensuite, ce roman est une source historique pour comprendre la situation politique des îles anglo-normandes pendant la guerre : ils parlent anglais, leur monarchie est anglaise mais ils ne font pas formellement partie du Royaume -Uni.

L’Angleterre n’a pas envoyé d’armée les défendre contre les Allemands mais elle a évacué rapidement les enfants, un moment très émouvant du livre. Allemands comme habitants de l’île ont rapidement soufferts de la faim, de la pénurie de combustibles, les conduisant à se conduire de façon primaire pour survivre mais d’autres ont aussi choisi de s’entraider par humanité.

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C’est le grand point fort de ce livre, il montre toutes les nuances de l’âme humaine. Deux ans après la fin de la guerre, les habitants racontent à Juliet les pires travers de méchanceté des Allemands mais ils louent aussi les qualités humaines d’autres soldats qui ont oublié un moment la guerre pour tendre la main à l’autre. Le portrait de l’officier allemand Christian est vraiment réussi.

On soulignera le talent de l’auteure Mary Ann Shaffer qui a imaginé des personnages plein d’humanité, de différents âges et de différents milieux sociaux qui vont s’entraider. Elle est morte quelques mois avant la parution du livre et en a confié la fin de l’écriture à sa nièce Annie Barrows. C’est donc un roman écrit à quatre mains.

Pour la petite histoire, l’édition française est éditée par les éditions Nil, une maison d’édition qui publie de la littérature de qualité à l’image du premier roman d’Helen Simonson, La dernière conquête du major Pettigrew, mon coup de coeur de l’automne dernier.

Ma note : 4/5 sardines

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Il faut un peu s’accrocher au début de la lecture pour entrer dans l’histoire mais les souvenirs de guerre des habitants de l’île suscitent vite toute l’attention du lecteur, surtout que l’auteure a utilisé la technique très efficace du flash-back.

Elle a vraiment choisi un excellent sujet d’Histoire car ces îles ont vraiment vécu un contexte politique et social très particulier pendant la guerre. C’est l’un des meilleurs romans sur la Seconde guerre mondiale que j’ai lu.

Seul petit bémol pour moi : le personnage de la bigote dont je ne me souviens plus le nom. C’est une commère malfaisante qui dénigre les membres du cercle littéraire auprès de Juliet pour la décourager dans son projet. Je ne doute pas que ce genre de créatures existent mais elle donne vraiment une mauvaise image des chrétiens.

Je donne donc la note de 4 sardines à ce roman qui a enchanté mes longs trajets de métro cette semaine. Une des tirades de la dame bigote a d’ailleurs beaucoup résonné dans ma tête : « Ces gens là n’auraient jamais ouvert un livre si l’île n’avait pas été occupée par les Allemands » Et alors?.

 

Lifestyle

A la découverte de Mapu Picchu, créatrice sans frontières

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Marion c’est ma compatriote drômoise, mon acolyte créatif avec qui je partage une vraie passion pour Klimt et l’histoire de l’art en général, les stands qui prennent la pluie en région parisienne et surtout la création de broches en feutrine.

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Il faut nous voir mettre le bazar dans un salon en cinq minutes, déballer nos rubans et dégainer nos pistolets à colle, faire des patrons et des prototypes. C’était à une époque où le chômage avait pointé son nez pour un temps chez moi et réaliser de belles choses de mes mains m’avaient redonné confiance !

Depuis trois ans, Marion est montée en puissance avec un très chouette atelier-maison à Montreuil et une boutique en ligne qui donne envie : Mapu picchu, l’univers des petites choses.

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Difficile de synthétiser en quelques phrases ses créations tant elles sont le fruit de mille expérimentations et découvertes, mélanges entre de nombreux matériaux et supports comme le cuir, l’encre de chine, la feuille d’or, les tissus…

L’un de ses matériaux de prédilection est tout de même le plastique fou (celui qui se réduit au four), support de ses illustrations très subtiles et sensibles qui décorent des boucles d’oreilles de toutes les formes : en goutte, en camembert…

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Il y a beaucoup de créations fait main sur les stands de créateurs, sur le site Un grand marché. Marion se distingue par son vrai talent pour l’illustration, le dessin et le graphisme. C’est aussi une aquarelliste formidable, qui a dû se spécialiser dans l’architecture des villes d’Europe à cause de moi pour un décor de mariage.

J’aime beaucoup regarder ses carnets de voyage car elle utilise l’aquarelle avec beaucoup de modernité pour rendre les expressions des personnes qu’elle rencontre, le mouvement des tissus des danseuses de flamenco en Espagne ou alors se décider à dessiner sur des sachets de thé pour en faire des marques pages après un séjour en Ouzbékistan.

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1158345-manchette-en-cuir-bracelet-en-cuir-bracelet-cuir-2_medium.jpegMapu picchu voyage beaucoup et ça se ressent dans ses créations, influencées par les quatre coins du monde : les marques pages sur des journaux comme à Cuba, mon bracelet en plastique fou à l’effigie d’une femme vietnamienne, des marque-pages avec du tissu inspiré par l’Espagne…

Mais Marion est aussi une Parisienne d’adoption puisqu’elle dessine les toits de Paris, des citations de poèmes d’ Eluard sur des galets, fabrique des broches et des bouillottes renardes…

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Son univers créatif est en perpétuel renouvellement mais il est aussi très cohérent et constant dans les moindres détails : son nom d’artiste par exemple.

Mapu picchu est un dérivé d’une langue imaginaire inventée avec sa colocataire pendant ses études d’orthophonie à partir de rudiments d’alphabet cyrillique russe.

 

Elle aime les voyages, les langues, les paysages, les autres modes de vie… et cela se voit dans ses créations !

Mapu picchu, l’univers des petites choses sur Un grand marché et Instagram.

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