Libraire et parisienne d'adoption depuis 2005. J'écris un blog culturel qui me ressemble pour transmettre ma passion pour les livres, Paris et ma foi en Jésus !
En 2020, j’ai choisi de changer de format de bullet journal pour plus grand : du A5 au A4 et de faire un carnet par an. Mon précédent carnet A5 doré était très dense sur trois années de vie et je voulais une mise en page plus aérée.
Mon grand carnet groseille est désormais terminé et je peux dire que 2020 fut vraiment une année spéciale. J’ai eu beaucoup de temps pour écrire dans ce carnet au fil de ces deux confinements. Visiblement, la pratique d’un journal intime fut salvatrice pour bon nombre d’entre nous.
Pour mon nouveau carnet 2021, j’ai appris de mes erreurs en divisant par 12 (le nombre de mois de l’année) le nombre de pages du carnet.
Il faut dire que mon mois d’avril 2020 prend une dizaine de pages à lui seul, j’ai dû ramer pour décorer décembre aux couleurs de Noël par manque de pages…
Ensuite, je me suis disciplinée à introduire des marges pour la double page souvenirs du mois et laisser une page vide entre chaque mois, parce que sinon ça serait l’usine à gaz… Comme diviser le nombre de pages par mois, cela demande une organisation au préalable au crayon à papier.
J’ai décidé de consacrer dix pages de mon carnet chaque mois que je découpe selon ces thématiques :
– une double page souvenirs du mois avec le traditionnel plan with me.
C’est un dessin assez grand qui symbolise un moment de l’année, une saison. C’est ce que j ‘aime le plus faire en début de mois. Je m’inspire des comptes Youtube : Les astuces de Margaux, Les lectures du loup, Lou Lacoste… Je les recopie dans une petite miniature pour ma table des matières en début de carnet avec un résumé des douze mois de l’année.
– une double page lecture et culture en général.
J’aime y noter les films et les séries que j’ai vu ou que j’ai envie de voir. Mais aussi les expositions, les pièces de théâtre…. Les revues gratuites comme 20 minutes, Cnews ou encore la revue culturelle du Mac Donald’s pour les jeunes sont de bonnes banques d’images pour cette rubrique essentielle de mon bullet journal.
Comme bonne résolution, j’ai décidé de consacrer une plus grande place à mes lectures marquantes dans mon bullet journal mais ce n’est pas toujours évident de trouver des romans qui me passionneront pour la postérité.
– une double page consacrée à ma foi. Un rempart intemporel contre la sinistrose ambiante et les fake news.
J’y note des versets bibliques, des prédications marquantes, des paroles de chants qui m’encouragent mais aussi certaines paroles de bénédictions reçues, des prières qui ont été exaucées. Ainsi mon bullet journal m’aide ainsi à me rendre compte des bénédictions quotidiennes de Dieu dans ma vie. Un excellent moyen de voir le verre à moitié plein et d’avoir un état d’esprit serein et constructif.
Je vais aussi mettre en place un mood tracker pour bien me rendre compte que les jours où je suis fatiguée, morose ou malade ne sont pas si nombreux que cela !
Voici pour les trois thématiques récurrentes : souvenirs du mois, lecture et culture, foi en Jésus …
Ensuite, j’y ajoute d’autres thématiques plus originales en fonction de mes envies selon les mois. Des recettes de cuisine rafraîchissantes en été, des carnets de voyages, un résumé plus détaillé d’une série qui m’a passionnée…
En ce moment, ma grande passion est la décoration d’intérieur pour rénover mon appartement. Je m’amuse à faire des planches de style que je colle dans mon bullet journal mais je me demande si c’est le meilleur endroit vu l’étendue du projet en terme de pages…
Enfin, j’aime faire une double page table des matières en début de carnet comme un résumé de l’année, une page rétrospective de l’année dernière et une page mes objectifs pour l’année à venir.
En fin de carnet, je dessine une bibliothèque et une filmothèque pour recenser tous les films et les livres que j’ai bien aimé au cours de l’année.
Ce blog fait la part belle au dessin et au bricolage DIY (do it yourself ). S’occuper les mains est une vraie détente pour moi, cela me sauve du shopping compulsif ou d’un raid dans le placard à biscuits.
En octobre je me suis régalée à dessiner un grand arbre avec des feuilles ramassées le matin dans un parc. J’ai mixé différentes techniques comme le collage et le coloriage aux feutres. On peut aussi bien s’exprimer avec des morceaux de kraft déchirés.
Je me suis aussi découvert un talent pour les plans de décoration intérieure même si je prends de grandes libertés avec la notion de perspective.
Ce sont les dessins des architectes d’intérieur Emmanuelle Rivassoux et Sophie Ferjani de Maison à vendre sur M6 qui m’ont inspirée.
Je me suis servie de mes feutres Tombow ainsi qu’une petite gamme de feutres à alcool que j’ai acheté chez Action.
Cet article, ça faisait longtemps que j’avais envie de l’écrire. Vive les petites étiquettes d’ Instagram qui me permettent d’enregistrer tous mes coups de cœur.
Je trouve Instagram beaucoup moins brouillon que Pinterest pour s’inspirer. Et vous?
Voila mes six coups de cœur dans des domaines créatifs très variés : la broderie, le bullet journal, le papier, les collages et les bijoux et autres objets décoratifs de ma chère Mapu Picchu.
La broderie : Virginie.renault_brodeuse
Je voue une grande passion aux sequins, perles et autres. J’admire mais je ne pratique plus la broderie car c’est un loisir qui me prend trop de temps et de place, j’accumulerai des tonnes de matériel inutilisé…. Mais je me régale à regarder les illustrations en broderie de Virginie Renault. C’est une ancienne libraire qui s’est reconvertie brodeuse et c’est une as de l’aiguille.
Grâce à un point indien très précis, elle peut broder une paire de fesses mais aussi les portraits des Culottées de Pénélope Bagieu, les manies des Parisiennes de Margaux Mottin… Bref, elle magnifie le dessin d’une BD avec tous ses détails sur un autre medium et je suis scotchée par son talent. Elle brode aussi des robes de mariées…
COLLABORATION MATHOU X VIRGINIE RENAULT BRODEUSE
Le papier : Papier papier papier
Pendant le confinement, j’ai découvert grâce à la revue Le guide du papier créatif, Laure et sa marque Papier papier papier qui a écrit un livre génial, Objets papier, éditions Eyrolles.
Choisie par de nombreuses marques comme Jacadi ou le Carroussel du Louvre, elle réalise des installations absolument démentes. Je pense m’offrir un jour un atelier DIY avec elle quand l’occasion se présentera.
J’adore construire des objets en papier, je suis tellement contente de moi quand ça ressemble à quelque chose. Je suis vraiment admirative du travail de Laure que l’on peut tout à fait qualifier d’ingénieure papier.
Bluffée par cette installation de Laure Faron dans une cour des Antiquités orientales du musée du Louvre
Pour la petite histoire, j’ai passé cinq heures un jour à monter un cactus en papier (un DIY génial du blog Make my lemonade) aidé par mes deux adorables cousins marseillais : Céline et Matthieu !
Le bullet journal : Plan_with_Clem et Le bujo de Laura
Grâce au hastag #bulletjournalfrançais, j’ai découvert un super compte: Plan_with Clem. Cet été, je me suis régalée à m’inspirer de ses dessins pour réaliser de délicieuses piscines rafraîchissantes. Elle a un vrai talent pour le rendu de l’eau et ses reflets. Elle est professeur d’arts plastiques (ça aide aussi !).
J’aime aussi beaucoup le compte Le bujo de Laura et ses architectures vraiment réussies. Je vais redessiner l’immeuble de Lisbonne avec ses azulejos tellement c’était un régal !
Les collages : Julie adore
J’ai découvert les livres de Julie Adore sur le compte Instagram de Marjolaine Solaro. Je vous une passion aux collages depuis l’enfance. J’aime beaucoup ses photos depuis la datcha de ses parents en Russie. Car Julie est Russe et elle apporte tout son inspiration artistique slave avec elle.
C’est elle qui m’a inspirée de dessiner des matriochkas russes et des poupées bulgares ensemble. J’enrage d’avoir perdu mes emballages de chocolats russes avec des ours polaires, ça aurait inspiré un collage génial.
Droits réservés Julie adore – Eyrolles
Les bijoux et autres créations fait main : Ma pu picchu
Droits réservés Mapu picchu
Marion, c’est ma compatriote drômoise et amie depuis plus de dix ans. Elle sait tout faire : des boucles d’oreille en plastique fou, des mobiles pour décorer une chambre de bébé, des luminaires sophistiqués, des illustrations à la chaîne pour mon mariage (reconnaissance éternelle).
Avec mon mari, on est toujours ébahis par l’étendue de sa créativité à chaque fois qu’elle nous invite à manger le poulet du dimanche dans son appartement-atelier de Montreuil. J’aime son trait de pinceau et son inspiration venue de ses voyages ou du street art au coin de la rue.
Retrouvez ici son portrait rédigé il y a quelques années dans mon blog.
Et vous quels sont les comptes Instagram qui inspirent votre créativité ?
Retrouver ici d’autres articles plus anciens de mes expériences artistiques et DIY :
Après plus de quatre ans d’absence, les deux familles de Fais pas çi, fais pas ça reviennent pour un épisode spécial Noël. C’est plutôt un trait de la culture anglo-saxonne : Love actually, l’épisode de clôture de Downton Abbey…
Je vous préviens, cet article sera totalement schizophrène : j’ai trouvé cet épisode à la fois raté de chez raté mais aussi c’était un bon réconfort de retrouver ces personnages auxquels je suis tant attachée.
Copyright Philippe Le Roux/FRANCE TV
J’aime regarder cette série depuis dix ans au moins et il était temps de lui faire une place sur ce blog ! J’aime énormément les moments d’émotion en famille car on s’y retrouve forcément un peu et je regarde cette série d’un œil totalement nouveau depuis que je suis devenue maman. C’est pour moi la série la plus réussie sur la complexité et la richesse des liens familiaux en France.
L’intérêt de cette série est de rassurer les parents spectateurs qui culpabilisent de ne pas être parfaits. Tout le sel de cette série, c’est quand les parents se plantent et rectifient le tir pour vivre en harmonie avec leurs enfants. Les plus beaux enseignements, je les tire de la famille Lepic et du père en particulier : Renaud Lepic.
Guillaume de Tonquédec est de loin mon acteur français favori. Son personnage de père de bonne famille lui colle tellement à la peau que j’ai du mal à l’imaginer dans un autre rôle au théâtre par exemple.
Par contre, je suis allée voir une pièce avec Isabelle Gélinas en février avec mon chéri :Un amour de jeunesse et c’était vraiment un bon moment de détente. J’irai voir Valérie Bonneton au théâtre rapidement dès que ça sera possible si le scénario vaut le coup !
Les enfants de la série jouent très bien mais n’ont pas la même intensité dramatique ni humoristique des quatre locomotives Gélinas, Salomone, De Tonquedec et Bonneton… Dans l’épisode spécial Noël, j’ai bien aimé les personnages de Soline et de Salomé, elles déraillent chacune dans un extrême différent.
Salomé devient une sorte de monstre écologique qui se mord la queue (la référence à Greta Thunberg est évidente) tandis que Soline agace tout le monde avec son train de vie très ostentatoire qui va rapidement la brouiller avec ses frères et soeurs. La tirade de Christophe qui se tire du réveillon de Noël avec femme et enfant est très bien trouvée.
On y ressent la patte de Michel Leclerc, scénariste de génie, réalisateur de films très politisés comme Le nom des gens ou bien Télé gaucho. On rit mais on réfléchit aussi dans cette série. Les écolos en prennent pour leur grade tant la manière de les caricaturer est riche et subtile.
Copyright France 2
Noël est le sujet idéal pour critiquer la société de consommation et ses dérives. Mais l’autre extrême écologique est tout aussi terrifiant. On retiendra la séquence d’anthologie de Valérie et Fabienne au supermarché pour nourrir les végétariens et les vegans.
Copyright Eric Vernazobre/FTV
Le vrai point faible de cet épisode est son côté hyper réaliste qui nous blase. Si on essaie d’éviter les réveillons familiaux avec débats idéologiques qui n’en finissent plus, ce n’est pas pour les retrouver à la télévision. Mon mari et notre poto allemand aiment bien se moquer des films français où forcément ça s’engueule à table. Et le pire, c’est qu’ils ont totalement raison !.
Même si certains dialogues sont vraiment percutants et drôles, je regrette que cet épisode constituait plutôt une succession de sketchs sans réelle unité. Fabienne Dion nous a bien fait rigoler, c’était sympa de retrouver Médusor mais je me suis ennuyée à certains moments.
Un passage m’a même franchement mise mal à l’aise tant il était douteux et incohérent. Tout au long de la série, on se marre bien de voir Christiane Potin faire des avances irréalisées à Renaud. Et là voila qui l’accuse d’agression sexuelle au commissariat de police. La scène où Renaud est tout nu dans sa chambre avec Christiane est tout simplement improbable.
Copyright Bernard Barbereau / FTV
A ce moment de l’histoire, j’ai pensé que c’était l’épisode de trop. Heureusement, cela s’arrange avec un moment de vérité au commissariat de police. Renaud Lepic retrouve son côté chevalier servant que j’aime tant avec une déclaration d’amitié à Christiane. On sent que la dame est bien remontée contre les riches.
Peut-être le scénariste a voulu glisser une critique subtile des Gilets jaunes et du mouvement Me too mais c’était vraiment très ambivalent et donc malvenu.
Enfin, l’épisode se termine avec une séquence comédie musicale comme je les déteste. La chanson est fade mais pourtant j’ai bien aimé l’aspect nostalgie de l’enfance que les enfants Lepic transmettent au petit dernier Kim.
Voilà, je vous avais prévenu. Cet article est totalement mi-figue mi-raisin mais peut-être est-il à l’image de cette année 2020 ou de nos relations humaines en général ?.
J’ai demandé le meilleur des cadeaux de Noël : le coffret des saisons 1 à 6 de la série et c’est un très bon remède contre la sinistrose ambiante. J’ai ri comme un bossu pendant le confinement de novembre avec les égarements de Fabienne Lepic et sa verve bien à elle : quand elle insulte un auteur d’appels anonymes au téléphone ou qu’elle se lance dans un bricolage pour réunir les chaussettes orphelines totalement improbables.
Et vous quels sont vos meilleurs souvenirs de Fais pas ça , Fais pas ça?
Retrouvez mes chroniques sur la parentalité, inspirées indirectement par la parentalité Bouley ou Lepic selon les circonstances de la vie !
Attention, attention on parlera beaucoup décoration d’intérieur dans ces prochains mois dans ce blog. En effet, après sept longs mois d’attente, nous allons déménager pour Fontenay sous bois et le Val de Marne. Après plus de six prorogations au compromis de vente, Dieu nous a donné un sacré coup de pouce tant la situation devenait absurde et sans beaucoup d’espoir…
Mais avant de partir, j’avais envie de rendre hommage à notre quartier, où nous avons vécu presque six ans. J’aurai toujours une tendresse particulière pour lui car c’est le lieu de la toute petite enfance de notre petite biche. Nous avons vraiment été bien entourés par notre nounou, l’ensemble de nos voisins et les gardiens de notre résidence HLM. C’est la première fois que nous restions aussi longtemps dans un quartier de Paris.
Je vous recommande les logements RIVP à Paris pour les soins apportés aux logements, le sérieux de leur personnel et la qualité du voisinage : la mixité sociale existe toujours !
Je vous propose donc une galerie photos de mes dix coins favoris du 20eme arrondissement :
La vue depuis ma cuisine vers les Mercuriales à Bagnolet.
Pendant les deux confinements, j’ai eu tout le loisir d’en admirer la vue. J’ai bien aimé cette fenêtre vers l’horizon avec la beauté des arbres au printemps et en automne. On se croyait un peu à New-York. Ma petite cuisine me manquera !
La vue depuis le square Séverine
Un square en hauteur et peu bruyant malgré la proximité du périphérique. Chapeau bas à la mairie du 20eme arrondissement pour tous ses parcs et jardins bien entretenus malgré les rats inévitables à Paris. C’était notre spot tous les week-ends jusqu’à la fermeture du parc et j’aimais voir les couchers de soleil du dimanche soir sur les maisons de La campagne à Paris.
La campagne à Paris.
En écrivant cet article, j’ai découvert que c’est un pasteur protestant Sully Lombard qui a crée cet espace pavillonnaire vers 1907 pour loger les foyers les plus modestes, face à la crise du logement. Il se trouve que c’était le pasteur de l’église protestante de Belleville (mon église !) Face à la Grande guerre et à la crise économique qui suivit la première guerre mondiale, les premières maisons ont été construites vers 1926. Ce sont des maisons qui valent aujourd’hui un million d’euros en moyenne ! Les temps changent.
Droits réservés. Un jour de plus à Paris
C’est un très beau lotissement de maisons en meulière qui tranchent avec les immeubles années 1930 du quartier. Stéphane Plaza y a tourné le générique de l’émission Maison à vendre sur M6 si vous y faites attention. Un havre de paix où les promeneurs du quartier viennent le dimanche arpenter les pavés des allées.
Le square Debrousse, rue de Bagnolet
De loin, mon parc favori pour la beauté de ses arbres en automne et sa fontaine tellement reposante pour l’esprit en ces temps difficiles. Ce square me manquera énormément pour tous les bons souvenirs là-bas : les parties de molky avec nos copains, les premières descentes de ma fille, les anniversaires des enfants qui débordent sur les pelouses…
La statue d’Edith Piaf sur sa place attitrée rue Belgrand, Paris 20eme avec une couverture de survie après la Nuit solidaire
La statue d’Edith Piaf sur sa place
Contrairement à sa légende, Edith n’est pas née sur un trottoir de la rue de Belleville mais bien comme tout le monde à l’hôpital Tenon. J’aime énormément la sculpture publique et cette statue est très réussie. C’est une place très sympathique du quartier.
La traverse de Charonne entre Porte de Vincennes et Gambetta
Cette petite navette m’a vraiment arrangée la vie pendant les fameuses grèves de transport de décembre 2019. Elle m’a épargné du stress et trois kilomètres à pied au pas de course pour aller récupérer ma fille le soir. Je l’appelle la Batmobile parce qu’elle va assez vite n’empêche. C’est le moyen privilégié par les personnes âgées pour se déplacer dans le quartier. Alors s’il vous plait la mairie, sauvegardez cette traverse vraiment utile !
La frise du MK2 Gambetta et son parc tout proche
Je ne suis pas très fan de la place Gambetta car sa rénovation est un vrai raté, c’est bruyant et embouteillé. Heureusement, la mairie du 20eme et son architecture lui sauve la mise. J’aime beaucoup son petit cinéma MK2, pas encore trop cher et sa frise Art déco si originale.
J’aime bien les serres du parc à proximité de l’hôpital Tenon. Mais c’est un lieu à fuir car beaucoup trop bruyant.
Le restaurant Au fond du jardin, rue Pelleport
Notre lieu de sociabilités favori. Nous allons vraiment regretter cette chouette terrasse urbaine où nous avons vécu pleins de bons moments avec nos amis. Les pizzas valent le détour, le personnel est sympathique. Nous y avons fêté le premier anniversaire de notre fille. Un souvenir inoubliable.
Le parc Martin Nadaud
J’aime beaucoup ce square en hauteur avec une belle vue sur le cimetière du Père Lachaise mais il est malheureusement trop petit pour tous les enfants du quartier. Le 20eme arrondissement est le plus peuplé de Paris ! Tout près, je vous recommande la bibliothèque Sorbier et La Bellevilloise. Plus loin, c’est Ménilmontant, un quartier aussi sympathique mais ce n’est plus chez nous déjà !
Le street art avec la devise de la ville de Paris, rue Belgrand
C’est un petit carreau de faïence contre un mur, pas facile à repérer. Je l’aime bien pour sa devise « Fluctuat nec mergitur » : « Il est battu par les flots mais ne sombre pas ».
Cette devise a été affichée en très grand sur la place de la République après les attentats de 2015. Elle a du sens pour moi.
Quitter notre quartier n’est pas une démarche évidente. Mais cet article qui fleure bon la nostalgie m’aide à passer ce cap. Il était important de parler de la porte de Bagnolet dans mon blog.
En 2021, je vous parlerai de tous les trésors du Val de Marne : Vincennes avec son zoo et son centre-ville si sympathique, les bords de Marne et ses guinguettes, les balades d’architecture pour moi et aussi de décoration intérieure car nous avons trouvé un appartement qui nous plaît. C’est un beau challenge motivant !
Depuis trois mois, je trépigne d’impatience de lire le nouveau volume de la série Rendez-vous dans la forêt, roman graphique du dessinateur de BD suisse Alain Auderset.
Il faut dire que les extraits du livre qu’il distille sur son blog et son compte Instagram sont particulièrement passionnants…
J’aime suivre son compte Instagram avec ses superbes forêts suisses en automne. C’est le talent d’Alain Auderset : observer la nature et en tirer des enseignements, un peu (beaucoup) dans l’esprit de Jésus qui se servait des paraboles dans le Nouveau testament.
Pour ce 4eme volume d’une série à succès (le premier volume de Rendez-vous dans la forêt s’est vendu à plus de 13 000 exemplaires), Alain Auderset a décidé de revenir aux origines avec son témoignage personnel riche et sincère.
J’aime les autobiographies (notamment celle de David Gréa, dans un genre plus littéraire), les romans graphiques et surtout j’aime le dessin très moderne d’Alain Auderset.
Il révolutionne le genre de la bande dessinée chrétienne avec son trait très contemporain qui tranche avec les productions plus classiques et plus datées.
Ses romans graphiques sont des bijoux de fabrication, avec la petite attention unique : la feuille de sa forêt offerte à chaque livre…
Ce nouveau volume est plus épais que les autres, il contient plus de 360 anecdotes de sa vie depuis sa naissance. Alain Auderset a rencontré Jésus à l’âge de quinze ans alors qu’il était un petit garçon brutalisé par ses camarades d’école.
Il a raconté quelques uns de ses souvenirs dans les précédents tomes de Rendez-vous dans la forêt mais cette fois-ci place totale au témoignage personnel et à l’introspection.
J’aime cette série de romans graphiques pour son ton authentique qui raconte des rencontres humaines extraordinaires entre Alain et les visiteurs de son atelier, grâce à Jésus, leur ami commun. Le terme de communauté n’est pas un vain mot chez les Auderset à Saint-Imier.
Il a une grande communauté virtuelle dans toute la francophonie à travers ses live Youtube et ses posts.
Mais son inspiration lui vient aussi de toute la vie qui se déroule dans son atelier : la main à la pâte de ses enfants, les bénévoles qui viennent apporter leur aide spontanément, les artistes qui se forment chez Auderset et redécouvrent une foi vivante et vraie en allant se balader dans la forêt… Un vrai ministère… !
Ce nouveau volume a été écrit pendant le confinement. Un travail important de lectures et de corrections pour réaliser un livre unique qui retrace au plus juste une rencontre personnelle avec Dieu.
Alain Auderset prend souvent la posture du rigolo mais c’est un incroyable bosseur qui use son poignet à reprendre inlassablement ses illustrations jusqu’à douze heures par jour parfois. Il dessine vraiment très bien et avec l’inspiration de l’Esprit.
Ce livre, je vais l’offrir à mes proches comme compagnon de confinement !
Retrouvez ici mes précédentes chroniques des précédents tomes de RDVF :
La manière dont la société de consommation détourne le temps de l’Avent avec ses calendriers matérialistes m’énerve au plus haut point.
Déjà que la naissance de Jésus est totalement éclipsée par le Père Noël et ses cadeaux, que certaines familles se mettent dans le rouge pour fêter dignement Noël, on monétise l’attente vers Noël en inventant de nouvelles envies.
Mon grand-père aimait nous rappeler qu’il recevait juste une orange pour Noël pour nous faire enrager. Peut-être est-il temps de revenir à plus de sobriété ? Rappelons que ce genre de calendriers (bières, produits de beauté, kits de loisirs créatifs) coûtent une bagatelle : 80 € en moyenne !
La statue d’Edith Piaf sur sa place attitrée rue Belgrand, Paris 20eme avec une couverture de survie après la Nuit solidaire
Moi aussi, j’attendu le Père Noël avec impatience quand j’étais petite le 24 décembre au soir avec mes cousins chez mes grands-parents à Privas. Mais le miracle de la Nativité, ce n’est pas le dernier Iphone qu’on peut se faire voler dans le métro à l’heure de pointe un mois plus tard.
Avec le coronavirus et la récession économique terrible qui nous attend, ce n’est pas le matérialisme qui nous sauvera.
Mais un Messie né dans le plus grand dénuement !
Depuis quelques années, j’avais vaguement entendu parler de ce calendrier inversé. Cette année, je vais le faire très sérieusement. 2020 nous oblige à changer de philosophie : un sac de farine n’a jamais eu autant de valeur que cette année.
J’ai donc décidé de préparer 31 petits cadeaux (comme les 31 jours du mois de janvier) dans un petit carton que j’irai déposer fin décembre à la Mission évangélique envers les sans-logis, place Sainte-Marthe à Belleville.
J’y mettrai des produits de première nécessité : une brosse à dents, des rasoirs, des pinces à linge, un plaid mais aussi avec d’autres choses un peu plus exceptionnelles pour égayer le quotidien : un livre, un paquet d’Oréos… avec un petit mot à son destinataire que je ne connais pas.
Soyons francs, cette initiative, je la fais pour moi pour me délester un peu de ma mauvaise habitude de penser un peu beaucoup trop à moi dans l’année.
Retrouvez ici ma chronique du livre Belleville au cœur, le journal de rue de Christian Page.
Et d’autres belles initiatives du Paris solidaire :
En novembre, j’ai décoré mon bullet journal d’un mug bien fumant de chocolat chaud, inspiré par les dessins d’Alain Auderset. J’ai dessiné un coffee shop inspiré par le compte Instagram de Sarah Eliz et j’ai beaucoup blogué.
Le 1er novembre, j’avais envie de continuer mon été avec des photos de Bulgarie : des livres comme sculptures publiques et des châteaux de sable de la plage de Bourgas.
Ensuite, j’ai voulu chroniquer le film Rebecca que j’ai vu sur Netflix. J’adore les adaptations littéraires au cinéma. Ce roman gothique m’a beaucoup questionnée sur la manière dont il cautionne le meurtre au nom de l’amour et de la passion amoureuse. Un écho au procès Daval qui a eu lieu ce mois-ci…
Cr. KERRY BROWN/NETFLIX
Complètement dépitée de ne pas avoir pu voir l’exposition Chanelau palais Galliéra avec ma copine Alix, j’ai épluché son dossier de presse pour vous donner envie d’y aller, un fois dé confinés.
J’ai bien aimé la présentation virtuelle de l’exposition sur Facebook un samedi soir, c’était bien agréable.
Puis, j’ai inauguré un billet qui se veut drôle et plein d’autodérision sur toutes les situations nouvelles et cocasses que nous vivons en tant que jeunes parents depuis bientôt deux ans. Je l’ai intitulée Les déboires d’une mère moderne. L’épisode 1 s’intitule Des gigoteuses à la pelle, le second est consacré au sommeil et comment prendre ses quarts comme un marin du Vendée globe.
On visite beaucoup Netflix en confinement, ça distrait cinq minutes mais les écrans à haute dose = sinistrose. J’ai voulu vous lister mes dix meilleures découvertes Netflix depuis trois ans et vous donner mes impressions sur la saison 4 de The crown que j’ai engloutie en moins d’une semaine.
Rien de meilleur qu’un bon livre ou une bonne promenade dehors. Je compte bien vous chroniquer davantage de livres le mois prochain comme les bibliothèques et les libraires réouvrent (youhou, danse de la joie !).
Le mois de novembre se termine sur une note solidaire. Je vous raconte ma journée en tant que bénévole aux Soupes de Belleville. Une journée extraordinaire qui m’a rassurée sur la qualité des relations humaines malgré Coco le virus et la pauvreté.
Et enfin,je vous prépare à Noël avec un bon feel good movie des familles : L’ascension avec Ahmed Sylla, adaptation de l’histoire vraie de Nadir Dendoune. Ce banlieusard de la Courneuve s’attaque à l’ascension de l’Everest en autodidacte. Il le raconte dans son livre Un tocard sur le toit du monde !
Copyright Mars films
J’ai déjà bien avancé mes publications pour le mois de décembre (visiblement le confinement m’inspire pour bloguer…
Au programme : calendrier de l’Avent inversé, sortie de l’autobiographie d’Alain Auderset sous forme de roman graphique, on parlera déménagement et décoration intérieure….Tout sauf du coronavirus qui ferait bien de se faire oublier en 2021.
Hier soir, nous avons regardé un superbe film avec mon mari. Il faut dire que nous n’avons pas du tout les mêmes goûts cinématographiques et que je m’ennuie vite devant un film, le format des séries m’intéresse beaucoup plus.
C’est une adaptation d’un livre que je recommande souvent dans la box littéraire Kube à laquelle je collabore. Le livre s’appelle Un tocard sur le toit du monde de Nadir Dendoune, édité par Pocket.
C’est un vrai feel good encore plus enchanteur qu’il est tiré d’histoire vraie. Il montre la Seine Saint-Denis sous un tout autre jour. Nadir Dendoune est joué par Ahmed Sylla, qui interprète Samy un jeune sénégalais qui prend au mot une fille. Il va gravir l’Everest pour conquérir son cœur. Le romantisme éxiste encore au 21eme siècle.
C’est un très beau film, joué avec brio par tous les acteurs, que ce soit les premiers comme les seconds rôles. Mention spéciale à Jeff, le guide d’alpinisme de Samy et Johnny, son sherpa népalais. Ils se rendent rapidement de l’imposture du garçon mais ils vont l’aider à conquérir son but.
Copyright Mars Films
J’ai vraiment bien aimé les scènes où Samy lit un roman à l’eau de rose à Johnny, son sherpa, un deal entre eux pour que le jeune Népalais lui apprenne à se servir d’un piolet et des crampons.
Tous les dialogues sont de qualité, pas de vulgarité inutile ou de blagues graveleuses, place aux sentiments et aux apprentissages. Le héros du film a une forme de candeur qui attendrit les spectateurs : quand il amadoue un yack avec des Krema.
C’est même un film avec du suspens parce qu’on veut qu’il réussisse son défi avec tous ceux qui le soutiennent.
Le message de ce film est qu’on peut bousculer les idées reçues, faire mentir les stéréotypes que les jeunes de banlieue ne vont pas plus loin que leur canapé en bas de la cité des 4000. Samy a d’ailleurs une jolie famille avec des parents qui s’aiment et qui le soutiennent.
Ce film est aux antipodes de La haine, il se moque gentiment des inégalités sociales et des idées reçues avec les trois copains de Samy qui ont quelques répliques bien choisies.
Copyright Mars Films
Ahmed Sylla est un jeune acteur fort talentueux, capable de porter tout un film sur ses épaules. Il a une bouille juvénile qui a l’air de plaire au cinéma français. Je l’ai découvert avec ce film et je vais le suivre attentivement. Le couple qu’il forme à l’écran avec Alice Belaïdi envoie du rêve mais elle fait plus âgée que son rôle je trouve.
Elle était vraiment drôle dans son dernier film Terrible jungle que j’ai vu en septembre. Elle jouait une cheffe de cartel vraiment peu distinguée, limite caricaturale.
Je vous recommande ce film si votre moral n’est pas au beau fixe. Vous avez bien le droit avec cette année particulièrement compliquée pour tous. Prenez soin de vous, lisez, matez des films. Votre imaginaire a le droit d’être nourri et encouragé !
Pendant ce second confinement, j’avais plus de temps personnel pour aider à une œuvre sociale. Informée de cette chouette initiative par la newsletter de mon église et son compte Instagram vivant et sympathique, j’ai rejoint cette aventure humaine pour un jour.
Je vais bientôt reprendre mon travail mais j’ai bien envie de retourner aider tellement j’ai été encouragée par l’ambiance fraternelle de l’endroit.
Cette initiative solidaire est née de la collaboration entre un pasteur, un restaurateur et un poète. Les soupes sont préparées dans les locaux de l’église protestante-unie de Belleville en collaboration avec le cabaret Culture rapide et le restaurant Les bols d’Antoine.
La Mission évangélique envers les sans-logis est aussi partenaire de cette opération. Vous pouvez la soutenir en participant à la cagnotte solidaire ici. La Mission évangélique envers les sans-logis a servi cette année près de 40 000 repas.
Copyright Philippe Labrosse
J’arrive sur la place Fréhel, il y a explication un peu musclée inévitable sur le port du masque de la part du propriétaire de la terrasse qui accueille Les soupes de Belleville. Ce sera la seule petite tension vite oubliée de la journée. Les gens sont très coopératifs dans le port du masque et du gel hydroalcoolique sur les mains.
C’est ma première tâche de la journée : sensibilisation aux gestes barrières obligatoires. Même avec tous ces inconvénients de la distanciation sociale : la solidarité, la reconnaissance, les remerciements surpassent tout et ça fait un bien fou !
J’ai dû parler avec une quarantaine de personnes du quartier, tous milieux sociaux confondus. Ce n’est pas la soupe populaire de l’Armée du Salut ou les Restos du cœur (tellement indispensables).
Il y a eu une vraie mixité sociale parmi les 120 personnes à qui nous avons servi une soupe : deux policières de la mairie, des jeunes actifs du quartier, des sans-abris ou des personnes précaires.
Cela serait mesquin de raisonner comme des rats à se dire, il est gonflé lui de venir se servir gratuitement alors qu’il a les moyens. C’est même contre-productif car les gens qui ont vraiment besoin de manger sautent le pas en se fondant dans la masse. L’anonymat a du bon.
Certains avaient besoin de parler comme ce monsieur de 76 ans qui m’a dit qu’il touchait une retraite de 1000€ et payait un loyer de 800 € ou encore cette dame qui racontait qu’elle ne voulait pas aller aux Restos du cœur à cause des bagarres. D’autres en partant, ont lâché le gros mot : en confiant « avoir honte » de ne pas s’en sortir.
Je me suis vraiment sentie honorée par ces gens soucieux mais d’une politesse et d’une reconnaissance incroyable. Même quand ils avaient peu sur le dos et pas grand chose de plus dans le ventre, j’ai été touchée par leurs remerciements en partant. Moi aussi, j’ai mangé sur la place avec ces soupes vraiment trop bonnes.
Cela m’a réconciliée avec la soupe. J’ai passé quatre heures dehors, j’ai mangé sur un petit muret en béton et je peux dire que passer une demi-journée dehors en hiver c’est du sport ! Total respect à ceux qui sont dans la rue depuis des années.
C’est important pour le moral que ces soupes soient préparées par des restaurateurs. On se sent tous privilégiés et vraiment c’était très nutritifs. Cela me donne bien envie de me rendre dans le restaurant Les bols d’Antoine dès que ça sera possible. Cette excellente soupe a réunit des gens qui ne se rencontreraient jamais en temps normal autour d’un moment réconfortant, une sorte de communion pour cette année vraiment difficile pour tous et toutes.
Logo de Benoit Jeay
Je devais aider en tant que brigade volante c’est à dire faire des maraudes, coller des affiches, recueillir des denrées dans le quartier. L’organisation de la journée en a décidé autrement mais c’était aussi bien. J’ai aidé une équipe de cinq bénévoles : quatre femmes de mon âge et un référent très sympa, ancien restaurateur.
Nous avons dans l’ensemble du même âge, habitons dans le même coin un peu bobo du 20eme arrondissement et pourtant, nous sommes tous fragilisés par l’inquiétude pour nos emplois alors que l’an dernier, ces préoccupations nous passaient au dessus de la tête. Ces bénévoles formidables m’ont tous confié la même chose : la difficulté de se sentir inactifs chez eux alors que ce sont tous des Parisiens bien occupés le restant de l’année.
J’ai aidé à l’accueil des gens entre midi et 15heures 30. Ma journée s’est terminée par le balayage de la place (qu’est ce qu’on pollue même en faisant attention) et par la plonge de deux énormes marmites de soupe dans la cuisine du temple. Cela m’a rappelé mes jobs d’été sur le plateau ardéchois.
Mon église locale me manque beaucoup. Je suis ravie de m’être saisie de cette opportunité autorisée de m’y rendre pour faire une bonne action dans le quartier.
En rentrant, je me suis offert une bonne gaufre liégeoise au bar Le bariolé, rue Mélingue. Cette journée a été la meilleure de ce re confinement qui prend bientôt fin pour moi. Je me sens à la fois heureuse d’avoir été utile mais aussi soucieuse de la précarité dans notre pays en entendant toutes ces histoires de vie.
J’ai trouvé la saison 3 de The crown avec Olivia Colman dans le rôle de la reine Elisabeth II vraiment géniale. C’était bien joué, profond sur les thèmes de la foi, du devoir envers ses sujets, de l’émotion face à l’horreur d’un éboulement minier à Aberfan en 1966…
J’attendais donc la saison 4 avec impatience mais aussi avec appréhension car je savais que cette saison serait trash avec l’entrée en scène de Lady Diana et de Margaret Thatcher.
Si vous avez vraiment besoin de vous changer les idées en cette fin d’année 2020 particulièrement morose, passez votre chemin, la saison 4 de The Crown va vous plomber l’imaginaire.
Cette saison comporte dix épisodes. Cela commence avec l’attentat terroriste de l’IRA contre Lord Mountbatten, l’oncle du prince Philippe et dernier vice-roi des Indes qui organisa la partition de l’Inde. Tout au long de cette saison, je me suis intéressée à la relation complexe entre la reine et Margaret Thatcher.
Elles ont le même âge mais viennent de milieux totalement opposés et cela les conduit à se montrer méfiantes l’une envers l’autre. Lady Diana est une aristocrate mais c’est un électron libre et joyeux qui va vite dynamiter le système pour sauver sa santé mentale.
Helena Bonham Carter- Copyright Netflix
La terre entière connaît cette histoire du couple princier malheureux, englué dans ce mariage filmé en Mondovision . Cela me rappelle un mauvais téléfilm de M6 où l’actrice qui joue Diana se jette de désespoir dans l’escalier. Le pire exemple de mariage qui dégoutera des générations de jeunes.
Je compatis vraiment à l’enfance et l’adolescence vraiment malmenée de William et Harry Windsor entre une notoriété incontrôlable, des parents qui se déchirent et un protocole complètement rigide, il y a de quoi péter les plombs tout nu à Las Vegas (je m’égare).
Copyright Netflix
La santé mentale est le thème majeur de cette nouvelle saison de The crown. Elle sensibilise les spectateurs de la série aux dégâts des troubles alimentaires par des scènes de boulimie assez trash. C’est très choquant mais sans doute efficace.
Tous souffrent dans leur coin : la princesse Anne et son mariage malheureux, le prince Charles non considéré par sa famille, la princesse Diana livrée en pâture dans l’arène des médias ou encore la princesse Margaret écartée des activités de la Couronne brutalement…
Ceux qui tiennent le coup : la reine-mère, la reine et son mari le prince Philipp sont de sacrés handicapés émotionnels. On aurait envie de les secouer comme des pruniers pour qu’ils soient un plus empathiques.
Alors je me suis demandée qu’est-ce que la saison 4 de The crown va bien pouvoir nous apporter de nouveau ?
J’ai apprécié véritablement deux épisodes de la série. Celui intitulé Fagan. C’est le nom d’un peintre décorateur londonien au chômage qui s’introduit dans la chambre de la reine une nuit. Désespéré par la politique de Margaret Thatcher, il vient crier son désespoir à la reine.
J’ai aimé cet échange humain, l’un des points d’orgue de cette saison. La reine se soucie de ses sujets alors que la Première ministre ne voit que des chiffres et des bilans comptables. A la fin de l’épisode, la reine prône une économie morale face au libéralisme sauvage et têtu de la Dame de fer.
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J’ai aussi beaucoup apprécié l’épisode 48 contre 1. Il raconte comment la reine a rompu avec son principe de neutralité politique en désavouant publiquement l’attitude la Première ministre qui refusait de sanctionner l’apartheid en Afrique du Sud pour intérêts économiques.
L’Histoire donnera raison à la reine puisque Nelson Mandela indiquera que les sanctions du Commonwealth ont aidé à y mettre fin. Mais la reine y a perdu des plumes et a fait preuve d’un sacré manque de courage en faisant porter le chapeau à son responsable presse. L’épisode le plus magistral de la saison.
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La reine est la grande héroïne de cette série. J’admire son sens du devoir, son élégance et son intelligence. Mais dans la saison 4 de The Crown, elle commence à être complètement à coté de ses pompes. Elle comprend mal ses enfants pour le peu de temps qu’elle passe à entretenir des relations avec eux et elle semble totalement hors du temps dans sa bulle aristocratique.
Elle ne connaît pas la musique de Billy Joël et n’est pas la meilleure des hôtesses pour ses invités à Balmoral. Dans son château à la campagne, on lui donnerait bien la médaille d’or des rustres.
Le couple formé par Margaret Thatcher et son mari Denis semble beaucoup plus uni et complice, même si Margaret est une bourreau de travail qui ne se distrait jamais. Elle reçoit ses conseillers à sa table en les servant elle même. Le chef du gouvernement écoute son équipe en tablier à la cuisine.
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Margaret Thatcher est énervante au possible mais elle est beaucoup plus moderne que la reine. Elle assume pleinement qui elle est : la fille de l’épicier et le revendique à toutes les sauces. Elle m’a vraiment choquée par son discours volontariste et élitiste : »Marche ou crève » mais c’est de loin le personnage le plus fascinant de cette saison.
Cela me donne bien envie de revoir le biopic La dame de fer avec mon actrice fétiche Meryl Streep.
L’autre personnage fascinant est bien entendu Lady Diana, superbement joué par Emma Corrin. Un rôle pas facile tant la pression était forte sur les épaules de cette jeune actrice anglaise, aux faux airs de Jodie Foster.
The crown fait réfléchir à beaucoup de sujets notamment à la notoriété subite de cette Lady Diana. Elle est malheureuse dans son couple et sa belle-famille, le monde entier l’adule. La suite de l’histoire nous a montré que cela n’a pas suffit à la consoler, la rendre pleinement heureuse.
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Je me souviens d’un reportage où l’on constatait l’acharnement médiatique dont elle a fait l’objet après son divorce. De quoi basculer dans la folie. J’admire l’action de ses fils d’intenter des procès contre les journaux qui ont provoqué la mort de leur mère, directement ou indirectement.
Le prince Harry a été courageux de faire des sacrifices pour protéger la santé mentale de sa femme Meghan en quittant sa famille. Même si cela a été fait maladroitement sur Instagram, c’était une belle preuve d’amour.
Meghan comme Diana il y a quarante ans, ont considérablement ringardisé la famille royale qui vit comme des rentiers avec leurs visites officielles d’apparat. Au 21eme siècle, on fait fortune sur son travail, son labeur et non pas sur son sang, sa lignée royale. L’épisode 7 : Principe non-héréditaire est d’ailleurs particulièrement révoltant .
Les thèmes de la saison 4 sont particulièrement sinistres : pas bien funky les années 1980 en Angleterre. Heureusement la bande-originale est là pour donner un peu de gaieté et de joie dans les épisodes.
La musique a une grande place dans la série pour donner une intensité dramatique aux évènements historiques ou privés en train de se jouer.
J’aime beaucoup quand le scénariste Peter Morgan a recours aux chansons populaires de l’époque : la princesse Anne qui chante un standard de l’époque dans sa voiture, Lady Diana qui sort avec ses copines pour son enterrement de vie de jeune fille qui sert aussi d’adieux à sa vie civile ou encore David Bowie qui accompagne les nuits d’ivresse de la princesse Margaret.
Pour conclure, The crown est une série qui montre avant tout les rouages de la monarchie et de l’aristocratie anglaise. Au fil des saisons, on voit ce système de castes devenir de plus en plus déconnecté des réalités sociétales et économiques que vit le Royaume-Uni, qui n’est plus un empire colonial comme d’antan.
Cette saison 4 je l’ai regardé en moins d’une semaine mais avec un goût amer et désagréable tant les relations humaines qu’elles soient familiales, conjugales ou hiérarchiques sont malmenées. C’est peu dire que ce n’est pas l’exemple dont nous avons besoin en ce moment avec ce foutu Coco le virus.
Je préfère de loin la solidarité des sœurs et des sages-femmes de Call the midwife ou rigoler un bon coup avec Le journal de Bridget Jones, Coup de foudre à Nothing Hill ou encore Love actually.
Mes précédents articles qui parlent de l’Angleterre :