Ile de France et Paris

Une virée à Vincennes, le bois sacré en gaulois !

Quand je travaille le samedi à la librairie, j’ai un jour de congé bien agréable le jeudi et j’en ai profité pour aller me balader à Vincennes. C’est une sympathique ville de 50 000 habitants dont le centre-ville me fait penser à ma bonne vieille ville de Valence. Les magasins sont assez cotés mais au moins on trouve tout dans un petit périmètre. Pas besoin d’aller courir aux Galeries Lafayette ou aux Halles de Chatelet : c’est trop dense.

J’aime particulièrement la rue du Midi où j’ai trouvé un superbe bombers vert émeraude soldé à 25€. Une pièce maîtresse de mon dressing. J’aime aussi la boutique Aux merveilleux de Fred. Il y a toujours une file d’attente immense le samedi mais c’est tellement bon et original. Je vais aussi me décider à faire un tour à la boutique du pâtissier Yann Couvreur située rue de Fontenay pour Pâques. Et dernière adresse gustative : L’Urban bakery rue de Fontenay qui réalise de supers bons brownies. Comme beaucoup de salons de thé sont fermés et que le Macdonalds du centre-ville est archi blindé, c’est une bonne adresse pour se régaler.

Je vous recommande également la librairie Millepages qui est une solide référence dans le paysage littéraire français. Elle se déploie sur différents étages et les libraires sont des pointures pour donner de bons conseils. Cette librairie se trouve dans un pâté de maison bien calme et on a même découvert un Monsieur Bricolage dans une des galeries ! Une découverte précieuse parce qu’on ne rigole pas trop à Castorama Nation, beaucoup de monde et une folle course poursuite de deux vigiles après un client quand je suis allée chercher mes poignets de portes dorées. Quelle aventure !

A part les boutiques : Petit Bateau, Maison 123, des chausseurs, une bonne crêperie rue de Montreuil : Les monts d’Arrée, tout l’intérêt de Vincennes porte sur son bois et son château. C’était un pavillon de chasse au 12eme siècle puis une vraie capitale sous Charles V au 14eme siècle. Il y a fait construire son donjon et sa chapelle royale. Un peu comme Louis XVI, deux siècles plus tard à Versailles. Mais moi je préfère Vincennes. On a vraiment bien aimé notre promenade à pied entre le lac des Minimes à Fontenay et le château de Vincennes en passant par le parc Floral. On constate rapidement que c’est une ville de garnisons dans le centre-ville. On se croit dans l’Ancien Régime, c’est comique.

J’ai beaucoup aimé visiter le donjon avec l’Ecole du Louvre. C’est ouvert actuellement alors que beaucoup d’autres musées sont fermées et ils organisent un escape game bien intéressant selon un couple de copains. Le bois de Vincennes est juste à coté, c’est un superbe terrain de jeux pour les enfants avec des manèges, des tours de poneys, des barques, des vélos… On mesure notre chance d’habiter tout près et d’en profiter régulièrement les week-ends.

Nous y étions le 7 mars après-midi, il faisait un très beau soleil et cela nous a bien changé les idées à l’approche de l’anniversaire de la pandémie de coronavirus. La nature reprend ses droits comme dirait Sophie Lamba dont j’ai relu la BD Le monde au balcon, éditions Albin Michel. Et nous avons bien besoin d’elle !

J’aime beaucoup les petits chalets suisses qui servent de cabanes à glaces dans les jardins parisiens. A Fontenay, nous avons celui de la porte Jaune, une salle de réception sur une île, avec de belles boiseries jaunes et rouges. La plupart de ces poumons verts : Bois de Boulogne, Bois de Vincennes, Buttes-Chaumont, parc Montsouris, Lac Daumesnil.. sont des lacs artificiels conçus par l‘hygiéniste Alphand, un des bras droits du baron Haussmann en 1860. Merci Alphand. On n’a pas de Central Park dans Paris mais ces bois sont de bons échappatoires face à la pollution.

Le métro est arrivé dans la ville en 1934 et le RER en 1969. Cette innovation transformera la ville et amènera de nombreux habitants comme à Fontenay sous bois.

Notre prochaine escapade familiale sera au zoo de Vincennes, j’aime bien son rocher artificiel, que j’avais découvert dans une rétrospective consacrée à Jean-Paul Goude, l’enfant de Saint-Mandé au musée des arts décoratifs rue de Rivoli à Paris. Ou encore dans la scène finale du Père Noël est une ordure, un gag bien glauque.

Enfin, pour conclure, je suis allée faire un tour à la médiathèque municipale pour y lire la dernière BD de Margaux Mottin : Le printemps suivant chez Casterman. Ils ont toutes les dernières acquisitions en nouveautés et les salles de lecture sont bien agréables mais je trouve ça fort de café de faire payer 26€ à leurs administrés pour profiter de ce service. A Fontenay et à Paris, c’est bien gratuit.

Retrouvez mes derniers articles sur ma nouvelle patrie : le Val de Marne !

-Dé confiner tout en douceur en découvrant les belles maisons en meulière des bords de Marne.

Devenir banlieusarde après 15 ans de vie à Paris !

Une rue proche du bois de Vincennes.

Moments de vie

Apprécier rétrospectivement l’expérience des petits boulots

Depuis mars 2020, la crise sanitaire que nous vivons a mis à mal une quantité de petits boulots basculant dans la précarité un grand nombre de saisonniers et d’étudiants. J’ai réalisé que si je me trouvais dans ce cas de figure il y a dix ans, je ne pourrais n’y travailler à la librairie du musée du Louvre (fermée depuis début novembre) ni faire du baby-sitting quand théâtres, cinémas et restaurants sont également fermés.

Le mois dernier, j’avais publié un article qui me tenais à cœur : Devenir banlieusarde après quinze ans à Paris et vous lui avez fait un accueil fantastique. J’ai reçu des commentaires très sympathiques d’amies perdues de vue depuis cette fameuse époque sur Facebook.

Comme quoi, les chambres de bonnes c’est spartiate et relou mais c’est un moment de vie qui parle à tous ! J’espère seulement que les universités vont rapidement ré-ouvrir pour que ces logements ne deviennent pas des cellules de prison.

Alors, j’ai voulu vous raconter sept petits boulots qui ont compté dans ma vie entre 18 et 25 ans.

Droits réservés Mairie de Saint-Martial

Serveuse dans un restaurant touristique, Mont Gerbier des Joncs , juillet et août 2005, Ardèche

Ce petit boulot, c’est mon père qui me l’a trouvé et je l’en remercie. Le patron du restaurant avait la soixantaine d’années et je passais mes déjeuners en tête à tête avec lui tous les midis avant de commencer le premier service. Je faisais du mieux que je pouvais mais j’ai cassé un certain nombre de verres et fait de nombreuses erreurs à la caisse enregistreuse.

Mais il m’avait à la bonne et me payait quand même ma journée quand il y avait du brouillard et qu’il n’avait pas envie de bosser. Je me suis régalée à servir des tartes à la myrtille dans ce lieu assez touristique et de rentrer en vélo dans ma maison de vacances à six kilomètres de là.

Ce petit boulot juste après mon baccalauréat m’a permis de constituer un bon bas de laine pour mes études universitaires à Paris et reste un très bon souvenir. Alors Monsieur Champel, un grand merci !

Baby-sitter de 25 enfants à Paris entre 2006 et 2012 (pas tout en même temps). Jeune fille au pair à La Baule et Avène en 2010.

Mon petit boulot favori qui n’en était pas un finalement. J’ai adoré accompagner ces enfants au judo, aux anniversaires, dans le bus. Tous m’ont appris comment devenir maman quand il fallait calmer un chagrin, doucher une petite fille pleine de vomi à onze heures le soir, rigoler avec eux de leur petite vie à l’école. Mon plus long job de Mary Poppins a été dans la famille de Lorenzo, Anna et Raffaela.

J’ai même gardé tous leurs cousins germains le temps d’une soirée, au fil des années. Avec ces enfants et leur père, j’ai traversé la France en train toute une journée pour relier La Baule à Avène et ils m’ont épaté par leur patience et leur autonomie avec leurs valises. J’en menais pas large quand il fallait les protéger sur un pont et qu’un berger allemand joueur nous fonçait dessus. Ce sont mes meilleurs souvenirs de Paris, bien plus marquants que les soirées étudiantes.

Préparatrice en boulangerie, Intermarché en 2006, Valence

Je ne garde pas un souvenir impérissable de ce travail peu intéressant et répétitif mais les circonstances dans lesquelles je l’ai obtenu ont été parfaitement orchestrées par mon Dieu. Après une mauvaise expérience dans une boulangerie fast food à Paris (qui a fait faillite depuis), j’ai cherché du travail à Valence pour l’été.

J’avais du mal à trouver et pourtant j’avais besoin d’argent pour financer mes études à Paris. Intermarché me contacte pour vider et servir du poisson au rayon poissonnerie alors que je n’ai aucune compétence dans ce genre de tâches qui me dégoutent profondément. J’accepte le poste car je n’ai pas le choix et j’angoisse à cette idée les deux semaines suivantes.

Coup de théâtre, ce ne sera pas la poissonnerie mais la boulangerie à la place. Merci mon Dieu !

C’était un petit contrat à temps partiel. Je me levais à six heures du matin pour y être à sept heures durant le mois de juillet. Je voyais le soleil se lever sur la ville. Comme toujours, Dieu a transformé une situation pas terrible en bien mieux.

Vendeuse en librairie au musée du Louvre 2010-2013

Mon badge du musée du Louvre

J’ai rencontré le directeur de la librairie du musée du Louvre au salon du livre de Paris en mars. J’ai débuté mes premiers remplacements de libraire en juillet après un très long processus de recrutement auquel je ne croyais plus.

J’y suis restée pendant trois ans, à chaque période de vacances scolaires, J’ai adoré ce boulot de rêve. J’ai travaillé dans tous les rayons de la librairie y compris au comptoir de souvenirs, où j’ai récolté de sympathiques acouphènes sous la pyramide.

Ce comptoir n’existe plus avec les travaux de rénovation du musée et tant mieux, il a causé pas mal de souffrances physiques et morales pour le personnel de la librairie notamment les contrats CDD.

Mon meilleur souvenir c’est quand une Japonaise m’a sauté au cou et m’ a offert un mouchoir en dentelle (qu’elle avait dû acheter en visitant Versailles) car j’ai retrouvé son appareil photo hors de prix sur une pile de livres et que je l’ai mis en sécurité.

Un pick-pocket peut vite gagner 8000 euros en liquides dans la maison de Mona Lisa. J’ai raconté cet épisode de ma vie dans un article récent consacré à la série Lupin de Netflix, tournée au musée du Louvre.

Vendeuse de la Pléiade, Gallimard à la librairie de Paris à Saint-Etienne en 2012.

Une de mes meilleures expériences de libraire avec les salons du livre à Paris (fatigue en moins !) Pendant deux semaines, les éditions Gallimard m’ont envoyée tous frais payés (hôtel, billets de train et salaire fournis) pour vendre La Pléiade à l’occasion des fêtes de Noël.

C’était dans leur librairie partenaire La librairie de Paris, une importante librairie de Saint-Etienne.

J’ai adoré cet emploi avec une équipe de libraires vraiment accueillante. J’ai même aidé la responsable du rayon Beaux-livres comme je dépendais de son rayon.

Un mois plus tôt, les éditions Gallimard nous avait concocté une superbe journée de formation dans leurs locaux dans le 7eme arrondissement (à deux pas de mon poste actuel) avec visite de leur usine à Pléiades à Lagny sur Marne dans les locaux de la Sodis. Vraiment enrichissant d’observer cet artisanat de luxe.

Je me serai bien vue libraire à Saint-Etienne comme me le proposaient les deux directeurs de la librairie mais je venais de rencontrer l’amour à cette époque et j’aurai eu beaucoup de mal à quitter Paris…

Vendeuse de poêles et de casseroles, Culinarion, rue de Rennes, janvier à juin 2013

J’ai postulé à cet emploi par hasard en passant dans la rue de Rennes. J’ai commencé mon travail de vendeuse le premier jour des soldes de janvier à devoir mettre des étiquettes sur des cocottes en fonte Le Creuset. Comme j’aime les arts de la table, ce petit boulot de deux jours par semaine m’a rapidement bien plu.

Malgré le fait de rester debout huit heures par jour et devoir investir dans des bas de contention au bout de quelques mois. J’aimais bien conseiller les riches clientes du 6eme arrondissement avant qu’elles ne désertent les lieux en louant leurs appartements de luxe en Airbnb. Le magasin a depuis fermé comme Geneviève Lethu, dans la même rue. C’est un peu la bérézina pour les commerces de la rue de Rennes.

En 2013, j’ai aussi travaillé deux mois à la Fnac Montparnasse pour Noël, également dans la rue de Rennes.

J’ai vraiment adoré ce travail parce que l’équipe était vraiment géniale, ils m’ont adoptée tout de suite. La plupart des employés de l’équipe étaient là dès la création du magasin dans les années 1970. C’était un peu la crème de la profession pour gérer les stocks et commander les livres tous les jours.

Droits réservés Atelier Athem

Par contre, c’était un boulot éreintant que j’ai quitté sans regrets le 24 décembre au soir, j’étais sur les rotules. Il faut dire qu’ils recevaient un semi-remorque de livres en réassort pendant les fêtes chaque jour et qu’il fallait déballer rapidement une trentaine de caisses de livres chaque matin.

Grand seigneur, le directeur du magasin venait saluer tous les employés du magasin chaque magasin, même les petites mains comme moi. J’ai aussi eu droit à une prime de fin d’année qui m’a payé ma robe de mariée. Vive la Fnac !

Sociologie

Un de mes cousins à l’honneur de la série Ma vie rurale sur France 3

Chaque samedi sur France 3 à 16 h 15, nous suivons avec intérêt une série documentaire : Ma vie rurale qui montre avec précision le quotidien des travailleurs de la campagne à travers huit portraits d’hommes et de femmes qui ont fait le choix de travailler au plus proche de la nature.

C’est finement réalisé, un peu scénarisé pour mieux rendre compte des enjeux économiques des gens. C’est L’amour est dans le pré en plus sérieux. France 3 a dédié une case de sa programmation à ces « feuilletons du réel ».

Parmi eux, Pierre, le cousin germain de mon père, qui est éleveur à Sagnes et Goudoulet. Tout ce que je sais du métier d’agriculteur, je le connais grâce à Pierre et sa famille, en les voyant vivre tous les étés quand nous montions passer le mois d’août à notre maison de vacances. J’aimais vraiment bien le début du mois de juillet quand c’était la saison des foins avec ces belles boules qui décoraient le paysage.

« Ma vie rurale » – © BBC Studios France et France.tv studio

Quand on arrive au dernier carrefour avant le village des Sagnes, mon père a l’habitude de dire « Tiens, c’est les vaches de Pierrot » à la vue de ce troupeau de belles vaches à la robe marron. Ce qui est très beau dans ce documentaire, c’est la manière dont est filmé l’attachement de l’éleveur à ses animaux. Notamment quand le petit veau rejoint en voiture sa mère parce qu’il souffre d’arthrose très handicapante.

Avec mon frère, on a eu une chance immense quand nous étions petits de pouvoir assister à la traite des vaches le soir chez nos grands-oncles de la ferme-auberge des Grands sagnes et de rigoler comme des bossus devant l’élévateur chargé d’extraire la bouse des vaches.

Il y a pas longtemps, mon cher cousin Johan (qui apparait dans le documentaire consacré à son père) m’a fait rire aux larmes quand on parlait allaitement dans les grandes lignes après mon accouchement. Il m’a avoué qu’il ne savait pas qu’on parlait aussi de colostrum pour les mères de famille…La comparaison avec la vache à pis n’était pas bien loin…

J’ai aussi bien aimé que ce documentaire montre les valeurs éducatives de cette famille que je connais bien. Leurs enfants sont libres de reprendre ou non la ferme. Dans cette série, Pierre va transmettre sa ferme à des agriculteurs de la nouvelle génération qui ne seront pas ses enfants. Mais la transmission est bien là !

On est très fiers de notre famille fort télégénique : Pierre et Claire, les parents, Johan et Nans, les enfants, Jean-François et Valentin… Même la grand-mère Elisabeth est une habituée des plateaux télévision de France 3. Julie Andrieu est venue l’interviewer dans sa cuisine, il y a quelques années.

Ce feuilleton m’a donné ma petite larme à l’ œil à l’évocation de l’héritage familial de Pierre dans sa superbe ferme du 17eme siècle. J’ai alors revu ces visages de la famille qui nous ont quitté : Régis, son père qui allait aider à ramasser les pommes de terre sur l’imposant tracteur Massey Ferguson, Henri, notre grand-oncle…. Ma grand-mère a eu trois frères, tous agriculteurs. Les vacances d’été aux Sagnes ont été source d’enseignement pour les petits citadins que nous étions. J’en ai des tonnes de souvenirs d’enfance à Suchasson avec mes cousins !

Cette année, il n’y aura pas de salon international de l’agriculture, c’est bien dommage compte tenu de la popularité de l’évènement. Alors, cette émission en huit épisodes est l’occasion de mieux comprendre cette ruralité qui attire à nouveau !

Retrouvez un article de mon blog : carnet de voyages en Ardèche sur le plateau ardéchois.

Du livre à l'écran·Séries

Quand Lupin devient le blaze d’Omar Sy sur Netflix

Début janvier, j’ai regardé la saison 1 de Lupin avec notre Omar Sy national. Oui car n’en déplaisent aux affreux qui trouvent qu’il était un peu trop foncé pour le rôle : Omar Sy comme Arsène Lupin font partie du patrimoine culturel français et ils forment un très beau duo.

Omar n’interprète pas Arsène Lupin mais Assane Diop, un jeune émigré sénégalais qui veut venger la mort de son père Babakar, accusé d’un délit qu’il n’a pas commis. Il est fortement inspiré par les romans de Maurice Leblanc dont il essaie de transmettre la passion à son fils Raoul.

Omar ne porte pas la cape et le haut de forme, ce n’est pas Mardi gras mais une casquette de titi parisien et un manteau long très urbain. C’est une série très dense qui ne comporte que cinq épisodes pour cette première partie. La seconde partie sera diffusée en fin d’année 2021.

La fin de la première partie se clôture en beauté avec un final tout en suspens à Etretat avec une plage hors du temps, peuplée d’hommes en hauts de forme comme au 19eme siècle. L’effet cinématographique est très réussi.

J’ai beaucoup aimé cette série française financée par Netflix. J’avais très peur que des cinéastes américains caricaturent notre Paris dans le même genre qu‘ Emily in Paris (cette série m’a traumatisée en 2020). Tous les acteurs jouent bien, surtout les flics rebeus de la nouvelle génération qui essaient de mettre la main sur Lupin.

C’est assez agréable de voir ce genre de films et de séries : Intouchables, L’ascension, Lupin qui montrent les jeunes des cités de banlieue sous un jour plus favorable : la réalité finalement.

Omar Sy est le premier artiste noir à recevoir un César…. en 2012 ! Il l’a obtenu grâce à deux réalisateurs géniaux : Eric Toledano et Olivier Nakache qui savent donner une intensité dramatique à leurs comédies.

Omar Sy le leur rend bien puisque c’est leur acteur fétiche depuis Nos jours heureux, Tellement proches, Intouchables, Samba...

Dans un prochain article, je vous parlerai de leur série En thérapie diffusée sur Arte actuellement. J’aime le cinéma de ces deux réalisateurs pour la part autobiographique qui parle à chacun qu’ils mettent dans leurs films : la colonie de vacances, la belle-famille insupportable…

Dans cet article, je vais peu parler de Lupin, d’autres comme Jean-Luc Gadreau ont écrit des chroniques très réussies sur cette série relayées par Regards protestants. Moi, j’ai envie de vous parler de mes meilleurs souvenirs qui sont remontés à la surface en regardant Lupin.

Copyright Emmanuel Guimier/Netflix

Moi aussi, j’avais un badge du Louvre pour travailler dans la ville-musée !

Dans le premier épisode de Lupin, Omar Sy badge pour aller nettoyer les salles du musée du Louvre la nuit. Moi, j’ai travaillé trois ans pendant les vacances scolaires à la librairie du musée du Louvre (mon job d’été préféré). J’ai gardé précieusement ce précieux sésame en souvenir. Il m’ouvrait les portes du plus beau musée du monde.

C’est une vraie ville le musée du Louvre pour aller rendre sa caisse à la régie, aller manger à la cantine… J’avais chroniqué une BD formidable Lîle Louvre de Florent Chavouet, éditions Futuropolis dans mon ancien blog si vous voulez lire ma chronique, c’est ici !

J’aime cette série Lupin car elle donne envie à beaucoup d’entre nous de retourner au musée du Louvre et aussi de se plonger dans les dix-huit romans de Maurice Leblanc. Les aventures du gentleman-cambrioleur ont été crées en 1905 et connaissent une popularité qui ne s’est jamais vraiment tarie compte tenu des nombreuses adaptations au cinéma et les lectures imposées au collège-lycée.

Enfin, Arsène Lupin a redonné envie à de nombreux touristes d’aller faire un tour à Etretat et son aiguille creuse, titre d’un de ses romans. Maurice Leblanc vient du plus beau département de France selon moi : la Seine-Maritime (76). Il a situé son intrigue à Tancarville, à l’abbaye de Jumièges près de Rouen, sa ville natale…

Que des endroits que je connais pour les avoir visité avec mes grands-parents. Ils avaient une maison à colombages noirs et blancs près de Dieppe.

Les Falaises d’Etretat, Normandie – © Istock – Janoka82

Pour conclure, Lupin est une agréable série à regarder pour se divertir pendant le couvre-feu. Omar Sy y est pour beaucoup.

C’est l’un de mes acteurs favoris et j’ai profité de l’écriture de cet article pour revoir d’anciens sketchs du SAV des émissions sur Canal + entre 2005 et 2012 (j’aime le téléphone sans fil saumon des années 2000).

Intouchables a été un carton dans les salles de cinéma il y a déjà dix ans et Omar continue de nous redonner le sourire avec son rire tonitruant et ses pas de danse contagieux. Vive Omar ! Vive la France d’Arsène Lupin.

Retrouvez ici mes précédents articles :

-Devenir banlieusarde après quinze années à Paris

Rénover de vieux meubles de cuisine quand on peint comme un pied

Toujours là pour toi sur Netflix : le grand retour des lunettes triple foyer

Si cet article vous a plu, il est possible de s’abonner à mon blog en haut à droite de l’écran. Plus on est de fous dans la boite à sardines…

Foi chrétienne

Un article dans La Vie, source de nouveaux défis…

En janvier, j’ai eu la joie d’être interviewée par le magazine La vie pour un dossier autour du Carême. La pratique quotidienne du Bible journaling les intéressait beaucoup comme une manière de se nourrir de la Bible surtout en ces temps incertains.

Je suis une grande lectrice de ce magazine notamment pour les chroniques Psychologie de leur expert Jacques Arènes. C’est un magazine de qualité au ton et à la maquette moderne qui existe depuis 1945. J’aime beaucoup la presse écrite et comme je n’ai pas voulu me lancer dans une carrière de journalisme, je trouve mon compte avec mon blog.

Voici les deux extraits de l’article papier et web. Je me suis lancée pour l’occasion dans un nouveau défi : monter ma propre chaîne Youtube car montrer son carnet avec ses dessins en vidéo c’est beaucoup plus parlant.

Ce n’était pas de la tarte rien que pour installer le lieu de tournage (merci aux conseils avisés du bon Samuel, le youtubeur de la famille) mais je suis contente de m’être lancée : à moi les vlogs de voyages, les haul en folie… Youtube est ma nouvelle télévision et cela me paraissait être un bon relais de mon blog écrit.

Autre défi de taille de cette année : proposer des ateliers collectifs de Bible journaling quand les péripéties de Coco le virus seront derrière nous. J’ai différentes pistes à Paris ou en France.

Si ce type d’ateliers vous intéresse, je vous invite à me contacter dans le formulaire de contact du blog.

Lifestyle

Rénover des vieux meubles de cuisine quand on peint comme un pied

Hier, notre vaste chantier de rénovation de l’appartement s’est achevé en beauté avec une seconde vie pour nos vieux placards de cuisine bien rustiques. Nous avons dû regarder une vingtaine d’épisodes de Maison à vendre sur M6 avec les architectes d’intérieur Emmanuelle Rivassoux et Sophie Ferjani.

Elles vantent les mérites d’une résine géniale pour un beau lifting de votre cuisine à moindre coup. Cela s’appelle le home staging et ça nous a permis d’économiser l’achat d’une cuisine neuve.

AVANT

TADAM !

Nous avons rénové la salle de bain, on n’a pas lésiné sur la dépense car elle en avait bien besoin. Alors dans la cuisine, même si les placards paraissent pourris de chez pourris, nous nous sommes lancés dans cette voie pour des raisons économiques et au nom de l’écologie un peu aussi. Nous avons eu la chance que les meubles avaient de jolies courbes alors que certaines parties étaient vraiment abimées et boursouflées.

Nous avons poncé les parties abimées au préalable et bouché les trous. Ensuite direction Castorama Nation, pour acheter deux résines de la marque 3V3 : du kaki pour les meubles en bois, du blanc pour la crédence carrelée. On a voulu privilégier cette marque pour ses pots de petit volume, le prix d’achat et sa facilité d’utilisation. Vous ajoutez juste un additif au début alors qu’il faut plus de préparation sophistiquée pour les autres marques.

Ma cuisine mesure 8m², un pot de 2 litres pour les meubles et de 0,75 litre pour la crédence suffisent amplement. C’est une résine très couvrante mais cela demande deux couches de peinture appliquées généreusement.

La petite faiblesse de notre grand chantier peinture est que l’on voit un peu les irrégularités des meubles malgré le ponçage. Et puis, on attend de pied ferme celui qui nous vannera en nous disant qu’on a peint comme des sagouins parce que nous sommes très fiers de notre œuvre.

Voila le résultat ! On y a ajouté des poignées de porte dorées à 4€50 pièce.

Une bonne idée que j’avais vue sur Instagram.

Du livre à l'écran·Séries

Toujours là pour toi, la série Netflix qui renoue avec les brushing rétro et les lunettes triple foyer

Dimanche dernier, j’ai commencé une nouvelle série sur Netflix et j’en suis déja à la moitié : Toujours là pour toi compte dix épisodes. Je l’ai découverte via Facebook et 95 % de la série repose sur les épaules de Katherine Heigl.

Ce n’est pas mon actrice américaine favorite : elle joue trop avec son visage à écarquiller les yeux et sa filmographie compte un certain nombre de rôles de nunuches. Mais cette série m’a permis de la découvrir sous un autre angle et de mieux apprécier son jeu.

Le résumé :

Tully Hart est une star du petit écran. Elle confesse les Américaines moyennes (je déteste cette expression ) sur son canapé à la manière de Sophie Davant, Evelyne Thomas ou Faustine Bollaert.

Mais derrière la splendide jeune femme, se cache une petite fille au cœur brisé, livrée à elle même dans une manifestation peace and love. Sa mère qui se fait appeler Cloud, est venue la chercher mais on ne sait pas bien pourquoi. A quinze ans, Tully se retrouve à supporter les amants de sa mère dans une maison bordélique où flotte continuellement une odeur de beuh persistante.

Copyright Netflix

Heureusement, elle va faire la rencontre déterminante de Kate, sa voisine du même âge et future meilleure amie. Kate a des lunettes triple foyer, subit les moqueries des garçons mais elle vient d’un foyer stable et aimant où ses parents veillent sur son équilibre qu’elle soit ringarde ou non.

Cette série est structurée par des flash-backs incessants entre trois époques différentes : l’adolescence des deux filles dans les années 1970, leurs années d’études et leur premier boulot dans un studio de télévision de Seattle dans les années 1980 et enfin les années 2020 quand elles entament une quarantaine sexuellement libérée mais assez triste.

Mon avis :

Je suis très partagée pour juger au mieux cette série, une création originale Netflix. Je la trouve à la fois géniale et passablement décevante dans le message qu’elle porte. A plus de quarante ans, Kate et Tully attirent des hommes dans leur lit mais au lieu que cette victoire « féministe » – brandie comme un soutien-gorge en étendard (elle était facile, je vous l’accorde)- soit source d’épanouissement personnel, elle ne leur apporte que confusion émotionnelle.

Et elles ne s’en rendent même pas compte, elles ne pensent qu’à allonger le tableau de chasse. Si le trophée en question a dix ans de moins , c’est encore mieux.

Copyright Netflix

Cela me fait penser à une autre série Netflix que j’ai vraiment aimé : Never have I ever. Ravi et ses copines ne cherchent qu’à tomber le plus beau mec du lycée, Paxton, peu importe qu’il soit intéressant, cultivé ou intelligent. Tant qu’il a de beaux abdominaux et qu’il permet à Ravi de perdre sa virginité pour devenir populaire, c’est l’essentiel. A force de proposer des scènes de sexe délurées avec des MILF et des toyboys, on devient sexistes…. envers les hommes. Bonjour la modernité !

Après ce petit esclandre (la guerre idéologique actuelle entre les sexes me révolte, c’est dit!), passons à pourquoi cette série mérite un article dans ce blog : sa finesse psychologique ! En particulier, le personnage de Tully enfant et adolescente.

La scène où elle est abandonnée dans la manifestation pacifiste et qu’elle se retrouve toute seule sur un banc public a failli me faire pleurer tant elle est intense, dramatiquement bien filmée. Tully se retrouve face à un parent totalement immature, cela la laisse dans une insécurité affective permanente même quand elle devient adulte.

Voilà pourquoi cette série est intéressante à regarder ! Le personnage de Kate est aussi intéressant mais il devient vite caricatural quand elle commence à vieillir. Elle m’exaspère avec ses pleurnicheries parce qu’elle divorce et qu’elle hésite entre trois hommes différents en un week-end ( son ex-mari, un parent d’élève et un jeune photographe sexy). Finalement, elle passe ses soirées toute seule dans sa maison de la banlieue de Seattle totalement démente. Kate et Tully sont deux Américaines très riches mais pas très épanouies ! J’ai bien envie de lire ce roman Firefly Lane, adapté par Netflix.

Je vous recommande donc cette série, bien jouée par Katherine Heigel principalement. Elle parle avec beaucoup de justesse des traumatismes psychologiques qui empêchent de se construire en tant qu’ adultes. La presse féminine tire à boulets rouges sur le personnage de Tully.

Copyright Netflix

On la trouve trop égocentrique, écrasant totalement sa copine Kate. Il est juste de dire que leur amitié n’est pas toujours très constructive (cela coûte même à Kate son mariage) mais c’est un peu exagéré de parler d’amitié toxique. De mon point de vue, je trouve que cette Tully a bien de la chance d’avoir une telle amie depuis le collège, qui l’a surement aidée à ne pas sombrer totalement.

Cela m’a fait pensé à une interview de Joey Starr sur France 5 où il racontait son enfance vraiment chaotique à cause de l’instabilité émotionnelle totale qui régnait chez lui. Il expliquait qu’il se sentait plus en sécurité dehors dans sa cité du 93 que chez lui où les coups dégringolaient avant même les demandes d’ explications de son père.

Cela n’excuse pas les actes du personnage mais cela nous éclaire sur l’origine et les causes de comportements auto-destructeurs.

Ile de France et Paris

Devenir banlieusarde après 15 années à Paris

En septembre dernier, j’ai fêté mes quinze ans de vie à Paris. Depuis fin décembre, j’ai traversé le périph pour aller vivre à Fontenay sous bois et ça m’a fait un petit choc. Prendre le bus et le RER tous les jours, écouter le chant des oiseaux en se réveillant le matin, vivre de manière plus paisible en général. Nous sommes à dix kilomètres de Paris mais le rythme de vie les week-ends est bien différent.

Je vis un sentiment un peu ambivalent entre vraie nostalgie de notre ancien quartier de la porte de Bagnolet et profond soulagement de vivre plus simplement dans un endroit boisé avec une vue très dégagée. Les ciels d’hiver sont notre télévision chaque début de soirée. Je ne m’attendais pas à ce que ce spectacle soit aussi ressourçant pour nous.

Avant de vous présenter notre nouvelle ville, j’ai eu envie de revenir dans ce blog sur mes six adresses successives dans Paris pendant ces quinze années !

Ma toute première adresse parisienne en jette et je me la raconte beaucoup car c’est un très beau souvenir !

Foyer international La vigie, rue Poulletier, Ile Saint-Louis, 4eme arrondissement, chambre de 9m² .

Ce plan en or a été trouvé par ma maman qui a cru en moi quand je passais le concours national de l’Ecole du Louvre. C’est un foyer très recherché à Paris et j’y ai trouvé des amies avec qui j’ai gardé très longtemps contact.

Une tonne de souvenirs se bousculent dans ma tête : la fête d’anniversaire de ma voisine Juliette improvisée sur un quai de Seine avec les bateaux-mouches en arrière plan, les bonnes soirées au Café Oz de Chatelet d’où on revenait à pied, le jour où il y a eu un incendie dans l’immeuble voisin et que c’était le branle-bas de combat pour une cinquantaine de filles en pyjama dans la cour.

Et enfin les grandes chargées de l’accueil qui essayaient de me convaincre de voter Ségolène Royal à la présidentielle de 2007 car elles faisaient partie de son équipe de campagne avec son fils…

Ce petit côté people, c’est aussi ce qui m’attire à Paris, je dois bien l’avouer. J’aime me trouver au km zéro de l’actualité en France quand je me balade quai Voltaire ou avenue de l’Opéra. C’est un peu moins drôle pendant une énième manifestation des gilets jaunes un samedi ou pendant une grève des transports bien paralysante en décembre 2019 mais j’aime éperdument Paris. Je m’en suis rendue compte pendant toute cette année bien confinée.

Le palace de Carrie de Sex and the city sur mon chemin le matin pour aller à l’IUT.

Chambre de bonne de 12m², rue de la Trémoille, 8eme arrondissement, 370 euros à un particulier.

Nous n’avions le droit de rester seulement deux ans au foyer La Vigie. Alors, j’ai pris mon baluchon pour la grande aventure : une chambre de bonne minuscule à deux pas des Champs-Elysées et du Plaza Athénée, en plein dans le triangle d’or comme les agents immobiliers l’appellent. C’est très chic, cossu et élégant comme quartier mais profondément antipathique et impersonnel.

Je l’ai choisi pour sa situation géographique. L’IUT où j’étudiais les métiers du livre se trouvait au fin fond du 16eme arrondissement, je ne voulais pas être vraiment trop excentrée et j’ai bien calculé mon coup. C’était spartiate mais c’était bien de pouvoir aller voir un film au Gaumont Champs- Elysées régulièrement.

Chambre de bonne de 12 m², rue de Rennes, 6eme arrondissement, juin 2010 – juillet 2013, 460-500 euros à un particulier

Le trajet du bus 95 pour aller en cours le matin !

Quand je suis retournée finir mes études à l’Ecole du Louvre, j’ai voulu vivre à proximité. J’ai trouvé cette chambre de bonne à dix minutes en bus du musée en plein Saint-Germain des Près.

Ce n’est pas ma tasse de thé ce quartier mais j’ai bien aimé aller flâner à la librairie L’écume des pages à onze heures du soir, me balader place Saint Sulpice et au jardin du Luxembourg.

J’ai quitté ce quartier sans grands regrets. Trop de bitume, trop touristique, trop cher pour boire un verre ou faire les boutiques, bref, je n’avais aucuns atomes crochus avec l’endroit. Surtout, j’ai souffert de la chaleur caniculaire sous les toits et mon sommeil a été longtemps perturbé par le volume sonore de la rue de Rennes la nuit.

Colocation sauvage dans un 80 m², rue d’Alésia, juillet 2013-avril 2014

Je ne m’étendrais pas sur cette sous-location sauvage dans laquelle je suis restée huit mois. J’en garde un seul souvenir cocasse : être réveillée en sursaut par les cris de la locataire principale. Elle avait oublié de bien fermer sa volière et son malotru de chat avait croqué trois ou quatre oiseaux à 80 euros pièce venus tout droit du marché aux oiseaux de l’île de la Cité.

Un conseil : quand on vous menace de retrouver vos affaires dans des sacs poubelles devant la porte d’entrée, prenez les devants, fuyez !

Mon premier appartement avec mon mari, 35 m², rue Ramponeau à Belleville, 860 euros à un particulier

Cet appartement fut un véritable cadeau du Seigneur pour un jeune couple qui a un petit budget : pas de frais d’agence, il était à moitié meublé et très lumineux. Les propriétaires étaient des gens adorables mais le voisinage nous a vite donné du fil à retordre : un restaurant s’est monté juste au dessous de chez nous et malgré toute sa bonne volonté, la propriétaire du lieu nous a bien cassé les pieds.

Les fresques, hommages à Germaines Tillon et Geneviève de Gaulle dans ma rue à Belleville

Il y avait cavalcade la nuit pour cause de prostitution chinoise sous les toits, mais on nous avait annoncé la couleur à la signature du bail. Sans que cela devienne pour autant invivable, nous avons été bien contents de recevoir une proposition de hlm huit mois plus tard (encore un cadeau de Dieu!).

Notre appartement de jeunes parents, juillet 2015-décembre 2020, porte de Bagnolet, 52 m², 750 euros en HLM de la RIVP.

J’ai vraiment aimé vivre dans cet appartement bien agencé et calme malgré la proximité du périphérique jusqu’à l’arrivée de notre petite fille. Le plancher qui craque était une véritable épreuve digne de Fort Boyard et nous n’avions plus de salon dans ce petit deux-pièces.

Mais le quartier était vraiment idéal pour une famille avec ses nombreux parcs et équipements culturels et sportifs : bibliothèques, piscines, stades… De tous les endroits où nous avons vécu, c’est celui dont nous sommes le plus nostalgiques. Car nous avons enfin sociabilisé avec des voisins… grâce à notre petite fille connue comme le loup blanc dans le quartier. Ce quartier, on y est resté cinq ans (notre record à Paris et je lui ai même consacré un article à lire ici !)

J’ai indiqué le nombre de mètres carrés et le loyer des logements dans lesquels j’ai vécu parce que cela me paraissait intéréssant mais je ne pense pas que ça soit très représentatif du marché immobilier actuel. J’ai profité des services bien utiles d’une association chrétienne : le CEP entraide étudiants de l’église de Saint-Germain des près.

Les chambres de bonnes étaient rudimentaires mais je leur suis reconnaissante d’avoir faire le tri dans les propriétaires. Je ne suis jamais tombée sur des marchands de sommeil, dans des conditions de vie bien glauques. Cela mérite d’être signalé car ce genre de mésaventures dangereuses est malheureusement monnaie courante.

Dans un prochain article, je vous vanterai les mérites de notre jolie ville d’adoption : Fontenay sous bois et ses belles maisons en meulière. Je vous en avais déjà donné un petit aperçu ce printemps avec l’une de nos premières promenades dé confinées : ici !

Foi chrétienne

Trois chaînes Youtube qui vont transformer ta conception de l’église le dimanche matin.

Pour moi, le dimanche est le meilleur de la semaine. Cela n’a pas toujours été le cas quand ma mère nous traînait à la messe alors qu’on avait envie de regarder Mariés deux enfants sur M6 (vu la médiocrité de la série, nous étions vraiment deux enfants perdus). Puis, un jour à la sortie de l’école, la femme du pasteur nous a invité à venir au culte réformé et c’était la fête ! Les chants étaient joyeux et vivants, on n’obligeait pas les enfants à se lever et s’assoir pendant un moment interminable. Adieu Al Bundy !

Après le bac, je suis partie vivre à Paris. Pendant huit ans, j’ai habité dans une chambre de bonne de 12m² avec peu de sorties étudiantes mondaines mais tellement contente d’aller à l’église le dimanche matin. Dans mon église, je rencontre des gens de tous les âges, tous les milieux sociaux, toutes les cultures… et ça vaut sacrément le coup de se lever le dimanche matin.

La révolution numérique dans les églises du monde entier depuis mars 2020.

Pendant le confinement de mars, j’ai réalisé que c’était vraiment le culte qui me manquait dans ma semaine. En moins d’une semaine, les églises ont dû se renouveler radicalement pour faire face à cette situation inédite.

Le culte en ligne de l’église MLK de Créteil et les prédications de son pasteur principal Ivan Carluer.

Cette église qui compte plus d’un millier de membres venus de toute l’Ile de France a totalement rénové son format en devenant une véritable émission : MLK chez vous. J’attend chaque nouvel épisode le dimanche soir tant l’approche est originale et percutante : des équipes de louange toutes aussi talentueuses les unes que les autres, des interviews sur des canapés pour donner toute leur place à des témoignages forts. A un moment de ma vie, j’ai eu un sacré coup de mou qui heureusement a duré moins de deux mois et s’est miraculeusement résolu par la grâce de Dieu ( j’ai pu signer le CDI que l’on m’avait promis).

La série de trois messages du pasteur Carluer sur la charge mentale à partir de l’histoire de Moïse m’a redonné courage et foi. Ce pasteur a un vrai don pour sonder la psychologie des personnages bibliques, la mettre en scène et nous faire comprendre que les préoccupations premières des hommes et femmes de la Bible ne sont pas bien éloignées des nôtres.

Le culte en ligne de l’église M de Valence et la prédication de Noël de Jérémie Chamard, l’un des pasteurs de l’église.

Je viens de Valence et pourtant j’ai beaucoup tardé avant de visiter cette église extraordinaire. J’aime beaucoup son architecture en bois très chaleureuse, décorée avec goût selon les codes modernes. Elle compte plus de 700 membres dans tout le bassin valentinois, un territoire très évangélique sur la route prise par les Huguenots au 17eme siècle pour fuir les guerres de religion en Suisse et en Allemagne.

J’aime beaucoup les messages de leurs pasteurs. Ils n’ont pas toujours un rôle facile avec leurs messages qui doivent être à la fois pédagogues, aimants tout en dérangeant notre petit confort d’esprit avec des remarques un peu poil à gratter mais très utiles pour évoluer et ressembler plus à Jésus.

Enfin voici une troisième chaîne que j’aime suivre : celle de Sarah et Matt Marvane. Ils sont pasteurs à Lyon et conducteurs de louange. Je les suis depuis cinq ans maintenant car j’aime leurs compositions originales : Je chanterai gloire, le CD Noirs et blancs… Je vous encourage à suivre leur chaîne car ils donnent de bons conseils pour vivre sa foi au quotidien.

La foi chrétienne s’exerce toute la semaine, ce n’est pas une pratique comme un sport ou une activité manuelle. Vous n’êtes pas obligés d’aller dans une église pour entretenir une relation personnelle et amicale avec Dieu. Je cite tout le temps Alain Auderset et ses romans graphiques Rendez vous dans la forêt par exemple.

Mais l’église locale est un endroit où l’on se sent soutenu, écouté et accueilli comme rarement ailleurs. Les églises cherchent à rayonner à l’image de Jésus mais elles sont composées par des hommes et des femmes avec leurs qualités et leurs défauts.

La crise sanitaire actuelle et ses multiples confinements nous isole et nous fragilise émotionnellement. D’ailleurs, si vous n’aimez pas vous lever le dimanche matin, il y a aussi des cultes en fin d’après midi le dimanche. Pendant les confinements, les églises catholiques et protestantes sont fermées mais il est tout à fait possible d’entretenir sa foi avec les cultes en ligne sur Youtube.

Coco le virus aura au moins eu le mérite de précipiter les églises traditionnelles dans l’ère du culte en ligne qui a permis à certaines assemblées de se faire connaître un peu plus largement que leur cercle habituel. Je connais une cliente de la librairie qui a bientôt soixante-dix ans et qui suit trois cultes en ligne par jour : à Créteil, à Mulhouse et au Québec !

Grâce à aux fameuses vidéos de La bénédiction France, j’ai découvert une église catholique très dynamique à coté de chez mes parents, renvoyant dans leurs cordes tous mes vieux clichés sur la messe.

Romans

Il ne faut jamais se fier à ses idées reçues. Mon coup de cœur pour La petite librairie des cœurs brisés.

J’ai emprunté à ma nouvelle médiathèque municipale, un pavé littéraire qui ne payait pas de mine mais la chronique de Fiona du blog My pretty books m’avait convaincue de le lire. Il se trouve que mon amie Alix m’a signalé l’avoir mis dans sa PAL quand elle est venue gentiment me ravitailler de galette des rois et de pétillant pomme rhubarbe.

La prescription par ses pairs lectrices est donc beaucoup plus efficace qu’un titre faiblard et une couverture moche. Cela m’a donné une leçon quand je dénigre un peu trop rapidement un feel good book en librairie ou en bibliothèque.

J’ai passé un très agréable moment de lecture dans le métro et dans mon lit ce week-end. Ce roman m’a bien divertie face au couvre-feu bien déprimant, au froid et à notre confinement dans deux chambres de notre appartement en rénovation.

Le résumé :

C’est une histoire de rivalité entre un aristocrate oisif Sébastian et une jeune libraire londonienne Posy. Elle tire un peu le diable par la queue depuis la mort de ses parents qui tenaient la librairie et le salon de thé. La propriétaire du lieu, Lavinia a pris sous son aile Posy. A sa mort, elle décide de lui léguer l’endroit mais lui propose une association professionnelle très déroutante : faire équipe avec Sebastian pour que la librairie redécolle comme au bon vieux temps des soeurs Mitford.

Cependant, ils n’ont pas du tout les mêmes aspirations littéraires : il veut se spécialiser dans le roman policier. Elle ne jure que par la romance. C’est un roman très contemporain sur Londres et sa gentrification inévitable. Il raconte en quoi un groupe de trentenaires cherche désespérément le véritable amour avec une sacrée dose de méfiance et de cynisme.

Mon avis :

D’un point de vue stylistique, ce n’est pas un chef-d’œuvre littéraire mais au moins, je n’ai pas baillé d’ennui. J’abandonne vite toute lecture lénifiante de toute manière. Comme Helen Fielding, l’auteure Annie Darling s’inspire largement d’Orgueil et préjugés de Jane Austen. Mais c’est assez agréable à lire, je ne jugerai pas ça comme du plagiat mais bien comme des références à un patrimoine littéraire anglais bien valorisé. Ce premier roman adresse une véritable déclaration d’amour aux librairies de centre-ville. A la fin du roman, l’auteure dresse une liste de ses cinq librairies favorites en Europe.

J’ai accroché à cette histoire car je suis moi-même libraire et la restructuration de sa boutique est passionnante. On a envie que cela marche et que Posy gagne son pari. Elle a un prénom un peu nunuche, se laisse marcher sur les pieds avec un rustre qui l’appelle Tignasse à tout bout de champs et qui moque continuellement son apparence physique décontractée. Mais elle a une véritable expertise de libraire et elle me plaît pour ça. Elle a compris que les gens ont besoin de rêver au grand amour à travers les livres pour se réconforter des sales coups bas que peuvent leur faire un crush potentiel sur les sites de rencontres.

Annie Darling a un vrai don pour retranscrire en littérature le processus de deuil et les émotions contradictoires. Les portraits psychologiques de Posy et Nina sont les plus intéressants. Même Sebastian m’a donné matière à réflexion.

Je me suis questionnée sur ce qui fait le charme d’un homme. Il est visiblement très beau, s’habille avec goût et fait chavirer Posy avec des effluves luxueuses. Mais il est vraiment irritant et n’écoute rien de ce que Posy lui dit. Comme quoi, de beaux abdominaux, ça ne suffit pas ! Ce n’est que lorsqu’il baisse la garde et montre ses fêlures qu’il est le plus intéressant et cela fait avancer l’histoire.

Il est fréquent que je chronique dans ce blog des séries, des films et des romans anglais. Ces British sont doués pour nous vendre du rêve et de la féerie alors que nous Français, avons des proses de syndicalistes bourrus où ça s’engueule à table en famille. Ce roman m’a fait penser au film Last Christmas qui se déroule dans une boutique de décorations de Noël.

Ma note : 5 sardines

Cela faisait un sacré moment que je n’avais pas donné une très bonne note à un roman. Même sans grande verve littéraire, il a complètement fait le job : me divertir pendant tout un week-end pas funky et des trajets en RER quotidiens. Même si certaines scènes étaient cousues de fil blanc, je me suis bien régalée à lire cette histoire de librairie.

Il ne faut jamais se fier à ses propres idées préconçues, c’est le bal littéraire des sardines qui vous le dit !