Même quand on travaille dans un bureau, on peut avoir droit à une sortie de fin d’année avec ses collègues. Un grand merci à mon employeur L’ Alliance biblique française d’avoir organisé avec l’Observatoire Pharos, nos coworkers une visite guidée de l’exposition La haine des clans, au musée de l’armée.
J’en ai visité un paquet des musées parisiens durant mes études à l’Ecole du Louvre mais je découvrais leurs collections dans ce si beau lieu : l’hôtel des Invalides. Tout Parisien sait reconnaître ce fameux dôme doré de loin mais connait-on vraiment son histoire ?.
Il s’agit d’un hôtel du 17eme siècle qui accueillait les invalides de guerre. D’ailleurs, ce matin dans la cour d’honneur, nous avons assisté en sortant de l’exposition à l’hommage rendu à Léon Gautier, l’un des derniers soldats du bataillon Kieffer, ayant participé au débarquement en Normandie en 1944. Le personnel soignant qui s’occupe des invalides de guerre était présent.

Aux Invalides, il y a au moins trois musées à visiter : le musée de l’armée, le musée des plans reliefs et la chapelle qui abrite le tombeau de Napoléon 1er. Depuis que je suis petite, j’aime énormément l’histoire/géographie et cette exposition de société sur les guerres de religion m’a tout de suite rappelé mon année de CM2.
J’avais raconté dans ce blog comment je suis devenue protestante à l’école primaire. Je viens de Valence dans la Drôme. Situé entre les Cévennes et la Suisse, ce département a vu passer de nombreux Huguenots en direction des pays du Refuge. A l’Alliance biblique française, nous conservons des Bibles de chignon, des femmes protestantes les cachaient sous leurs cheveux lors des dragonnades.

Je salue la qualité de la scénographie. C’est ce à quoi je reconnais une expo réussie. Les objets sont choisis avec soin et mis en scène de manière théâtrale avec des moyens numériques complémentaires.

L’ échiquier des jeux de pouvoirs entre les différents protagonistes des huit guerres de religion est limpide comme de l’eau de roche.
Cette exposition me parait accessible aux enfants à partir de 10 ans même si les massacres représentés sur les tableaux grand format sont assez insoutenables car il s’agit d’une histoire vraie malheureusement, absurde et délirante mais bien vraie.
J’étais loin de me douter que j’apprécierai autant cette exposition qui fait la part belle aux armures, aux monnaies, aux armes, aux textes de loi… C’est ce que j’aime le plus les expositions des musées de société car elles sont comme des machines à remonter le temps.
Cela me rappelle mes cours à l’Ecole du Louvre en partenariat avec le MUCEM à Marseille, les TD au chateau d’Ecouen qui appartenait au connétable Anne de Montmorency, l’un des grands belligérants des guerres de religion.

La manière dont les armes sont mises en scène pour montrer l’impact psychologique d’un massacre urbain est saisissante.
Je ne pensais pas que voir en vrai l’édit de Nantes, l’édit de Fontainebleau le révoquant et le texte de loi de la séparation des Eglises et de l’Etat de 1905, serait émouvant. Ces trois textes majeurs de l’identité française viennent des Archives nationales.

Je peste souvent contre le prix de plus en plus élevé des expositions à Paris. Mais vu la qualité intellectuelle et la mise en scène de l’exposition qui a nécessité le concours de nombreux corps de métiers, le prix du billet d’entrée est justifié.

Surtout pour quinze euros vous pouvez accéder à l’exposition et aux collections permanentes, à l’église des Invalides, au tombeau de Napoléon 1er, au musée de l’ordre de la Libération et celui des plans reliefs. La perspective d’une excellente journée familiale et culturelle !
J’ai bien envie d’y retourner pour visiter le musée de l’ordre de la Libération. Les Invalides mettent en valeur trois grandes personnalités françaises sur leur façade : ce bon vieux Nap, Louis XIV et aussi Charles de Gaulle, le héros de mes grands parents Annette et Jean.

J’ai découvert dans les collections permanentes du musée de l’armée cette robe France libre de l’épouse du général Dio. Il y aura une exposition intitulée Victoire organisée au musée de l’Armée en octobre prochain. Une thématique bien plus réjouissante que les sanglantes guerres de religion.
Comme quoi après plus de quinze ans de vie à Paris, je découvre encore de nouveaux lieux extraordinaires comme les Invalides.
Le site du musée de l’armée présente les Invalides comme une cité citoyenne où chaque citoyen est chez lui : j’ai trouvé ça assez juste à l’image de l’hommage de la Nation à Jean-Paul Belmondo ou aux victimes des attentats du 13 novembre 2015.
Retrouvez ici mes articles consacrés aux expositions qui m’ont inspiré dans ce blog :
-On a testé l’exposition Tintin de l’atelier des Lumières en famille
– Quand l’histoire familiale rejoint la grande Histoire : Les parisiens sous l’exode
-Gabrielle Chanel, impact décisif dans la mode occidentale du 20eme siècle
