Romans

Ma pile à livres et à films pour préparer l’été

Mi-mai, j’ai pris quelques jours de vacances. Je pensais dur comme fer que je rêvais d’arpenter de long en large les rues de mon Paris car depuis que j’habite en proche banlieue, je n’ai jamais le temps de flâner.

Au bout de deux-trois heures dans le quartier Opéra-Grands magasins, j’étais rassasiée de Paris car je n’avais pas anticipé le bruit des voitures, le monde dans les rues même un matin en semaine et le prix exorbitant de toutes les petites consommations sympas comme manger des pancakes en terrasse.

J’ai réalisé que la meilleure détente pour moi c’était d’acheter des bons romans à la FNAC des Halles et d’aller les lire sur mon balcon avec les oiseaux en fond sonore et une bonne citronnade maison.

La meilleure évasion pour moi : la lecture

Désenchantées de Marie Vareille, éditions Charleston, 2022

Très bon moment de lecture même si le premier chapitre du livre m’a glacé le sang. Mais connaissant la plume de Marie Vareille qui sait si bien montrer la profondeur des sentiments comme l’amitié, l’entraide entre femmes, j’ai persévéré. Il s’agit d’un roman générationnel qui se déroule dans les années 2000 dans une petite ville non loin du Cap Gris-nez face à l’Angleterre.

Il raconte une amitié qui a volé en éclats à cause d’une belle-mère franchement toxique et de très mauvais principes d’éducation quant à la masculinité et à la séduction sauvage qui n’a que faire du consentement.

Ce n’est pas un pamphlet féministe qui met tous les hommes dans le même sac. C’est bien plus fort : un roman qui met en scène des adolescentes sans repères parentaux bien solides qui vont être confrontées à des situations insécures, même carrément dangereuses.

Le reflet d’une réalité sociale bien présente quand on entend dans les médias les féminicides de ces derniers mois.

Après l’océan de Laurence Peyrin,2022, Calmann-Lévy

J’ai découvert ce livre grâce au blog de My little pretty books (encore une fois). J’avais déjà lu Ma chérie que j’avais chroniqué ici, une lecture sympa mais pas inoubliable. Je repense souvent à ce roman Après l’océan pour la profondeur des thématiques qu’il traite.

Il raconte comment deux sœurs, rescapées du naufrage du Titanic ont tenté de se reconstruire à New-York les mois qui ont suivis cette onde de choc dans la société américaine. J’ai beaucoup aimé comment l’auteure française a analysé ce traumatisme terrible (reconnu comme tel plus de cinquante ans plus tard) et les réactions humaines plus que maladroites que Letta et sa sœur ont dû affronter.

C’est un très bon livre qui parle de santé mentale avec nuances et intelligence. Il s’agit d’une famille de boulangers anglais qui ont tout vendu pour vivre le rêve américain. Après l’océan n’est pas un livre feel-good où un commerce comme une pâtisserie ou une librairie donne un sens à la vie d’une trentenaire un peu désœuvrée.

Dans ce roman, les tourtes, les brioches et les petits gâteaux préparés en famille sont des souvenirs heureux qui aident à la guérison de l’âme. Un texte puissant et vivant !

Toujours là pour toi, série Netflix adaptée de La route des lucioles de Kristin Hanna.

J’avais déja chroniqué mon coup de coeur pour la saison 1 de Firefly Lane car c’était une belle histoire d’amitié contemporaine. Mais la saison 2 diffusée sur Netflix a pris un tour beaucoup plus profond et dramatique.

C’est d’ailleurs, ce que j’aime avec les séries, elles permettent de bien mieux connaître les personnages, de comprendre les enjeux et les relations qui les font sombrer ou grandir. Le roman permet de mieux comprendre ce qui se passe dans l’esprit de Tully qui a dû mettre en place une sacrée carapace face aux nombreux abandons qu’elle a subi.

FIREFLY LANE (L to R) ALI SKOVBY as YOUNG TULLY and ROAN CURTIS as YOUNG KATE in episode 109 of FIREFLY LANE. Cr. COURTESY OF NETFLIX © 2020

Des séries de qualité qui sondent le caractère féminin avec la charge mentale et les injonctions sociales face à lesquelles on doit se positionner.

Bardot de Christopher et Danièle Thompson, France 2, avec Julia de Nunez, Yvan Attal, Victor Belmondo… Mini série de six épisodes qui raconte la jeunesse de Brigitte Bardot.

Rien n’est plus difficile que réaliser un biopic sur la vie d’une personne encore vivante : Aline de Valérie Lemercier, Bardot… Pourtant Danièle Thompson et son fils ont une grande finesse pour construire des personnages forts en raison de leur complexité psychologique.

Je connaissais mal la vie de Brigitte Bardot. Sa notoriété précoce et soudaine, le fait qu’à partir de 25 ans, sa vie personnelle appartenait à la presse est un véritable drame qui a inspiré cette mini- série de six épisodes.

Des films qui montrent une femme et un homme complémentaires, en équipe pour réussir

Stillwater sur Netflix avec Matt Damon, Camille Cottin, Anne Le Ny et Abigail Breslin.

J’ai bien aimé ce thriller bien joué qui se déroule à Marseille. Bill, un ancien foreur de pétrole de l’Amérique profonde rend visite à sa fille emprisonnée à tort, depuis cinq ans aux Baumettes. On l’accuse d’avoir tué sa petite amie qui vient des fameux quartiers Nord de Marseille.

Aidée par une comédienne de théâtre française (Camille Cottin), Bill va être confronté à l’omerta, au racisme, à l’homophobie qui règne à Marseille et où le choc des cultures complique les choses au point de les rendre absurdes et bien difficiles à solutionner.

La vérité parviendra-t-elle à éclater?

On sourit pour la photo avec Jacques Gamblin, Pascale Arbillot, Pablo Pauly

Quand sa vie de famille menace de voler un éclat, un père tout juste retraité tente le tout pour le tout pour récupérer sa femme. Il joue sur la corde sensible : celle de la nostalgie d’un vieux road trip en Grèce en 1998. Il soudoie ses enfants devenus grands d’y prendre part. Ils vont jouer le jeu car la famille ça ne craint pas tant que ça, cela structure même.

J’ai beaucoup aimé cette comédie où les frères et sœurs se chamaillent comme avant alors qu’ils ont pris des chemins différents, la manie du papa de les emmener voir tous les sites touristiques… De toutes manières dans toutes les sélections Pile à livres, pile à films de ce blog, il y a toujours un film avec Jacques Gamblin

Couleurs de l’incendie avec Benoit Poelvoorde, Léa Drucker, Alice Isaaz et Clovis Cornillac

J’adore les adaptations littéraires au cinéma. C’est l’histoire d’une riche héritière qui se fait complètement plumer par son conseiller financier dans les années 1930. Elle va devoir quitter son hôtel particulier pour vivre chichement. Mais elle va fomenter une vengeance aussi brillante que jubilatoire.

La vengeance, ce n’est pas mon credo mais j’ai beaucoup aimé ce film qui fait beaucoup penser à Un long dimanche de fiançiailles . C’est un film très minéral qui se déroule la plupart du temps dans Paris, au milieu des hôtels particuliers de la plaine Monceau.

J’ai réalisé combien il était important pour moi de compiler dans mes différents bullet journaux les livres et les films qui m’ont vraiment marqué au fil des années. Cela fait aussi partie des moments de vie et des sources d’inspiration. Je suis en train de faire une rétrospective des lectures, films et séries que j’ai aimé depuis 2017, la création du blog.

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Un dernier été, comment Paris Match a façonné mon imaginaire littéraire

Vive la sieste, non tu n’es pas forcément un #parent épuisé, tu vis un autre rythme !

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