Du livre à l'écran·Séries

Quand Lupin devient le blaze d’Omar Sy sur Netflix

Début janvier, j’ai regardé la saison 1 de Lupin avec notre Omar Sy national. Oui car n’en déplaisent aux affreux qui trouvent qu’il était un peu trop foncé pour le rôle : Omar Sy comme Arsène Lupin font partie du patrimoine culturel français et ils forment un très beau duo.

Omar n’interprète pas Arsène Lupin mais Assane Diop, un jeune émigré sénégalais qui veut venger la mort de son père Babakar, accusé d’un délit qu’il n’a pas commis. Il est fortement inspiré par les romans de Maurice Leblanc dont il essaie de transmettre la passion à son fils Raoul.

Omar ne porte pas la cape et le haut de forme, ce n’est pas Mardi gras mais une casquette de titi parisien et un manteau long très urbain. C’est une série très dense qui ne comporte que cinq épisodes pour cette première partie. La seconde partie sera diffusée en fin d’année 2021.

La fin de la première partie se clôture en beauté avec un final tout en suspens à Etretat avec une plage hors du temps, peuplée d’hommes en hauts de forme comme au 19eme siècle. L’effet cinématographique est très réussi.

J’ai beaucoup aimé cette série française financée par Netflix. J’avais très peur que des cinéastes américains caricaturent notre Paris dans le même genre qu‘ Emily in Paris (cette série m’a traumatisée en 2020). Tous les acteurs jouent bien, surtout les flics rebeus de la nouvelle génération qui essaient de mettre la main sur Lupin.

C’est assez agréable de voir ce genre de films et de séries : Intouchables, L’ascension, Lupin qui montrent les jeunes des cités de banlieue sous un jour plus favorable : la réalité finalement.

Omar Sy est le premier artiste noir à recevoir un César…. en 2012 ! Il l’a obtenu grâce à deux réalisateurs géniaux : Eric Toledano et Olivier Nakache qui savent donner une intensité dramatique à leurs comédies.

Omar Sy le leur rend bien puisque c’est leur acteur fétiche depuis Nos jours heureux, Tellement proches, Intouchables, Samba...

Dans un prochain article, je vous parlerai de leur série En thérapie diffusée sur Arte actuellement. J’aime le cinéma de ces deux réalisateurs pour la part autobiographique qui parle à chacun qu’ils mettent dans leurs films : la colonie de vacances, la belle-famille insupportable…

Dans cet article, je vais peu parler de Lupin, d’autres comme Jean-Luc Gadreau ont écrit des chroniques très réussies sur cette série relayées par Regards protestants. Moi, j’ai envie de vous parler de mes meilleurs souvenirs qui sont remontés à la surface en regardant Lupin.

Copyright Emmanuel Guimier/Netflix

Moi aussi, j’avais un badge du Louvre pour travailler dans la ville-musée !

Dans le premier épisode de Lupin, Omar Sy badge pour aller nettoyer les salles du musée du Louvre la nuit. Moi, j’ai travaillé trois ans pendant les vacances scolaires à la librairie du musée du Louvre (mon job d’été préféré). J’ai gardé précieusement ce précieux sésame en souvenir. Il m’ouvrait les portes du plus beau musée du monde.

C’est une vraie ville le musée du Louvre pour aller rendre sa caisse à la régie, aller manger à la cantine… J’avais chroniqué une BD formidable Lîle Louvre de Florent Chavouet, éditions Futuropolis dans mon ancien blog si vous voulez lire ma chronique, c’est ici !

J’aime cette série Lupin car elle donne envie à beaucoup d’entre nous de retourner au musée du Louvre et aussi de se plonger dans les dix-huit romans de Maurice Leblanc. Les aventures du gentleman-cambrioleur ont été crées en 1905 et connaissent une popularité qui ne s’est jamais vraiment tarie compte tenu des nombreuses adaptations au cinéma et les lectures imposées au collège-lycée.

Enfin, Arsène Lupin a redonné envie à de nombreux touristes d’aller faire un tour à Etretat et son aiguille creuse, titre d’un de ses romans. Maurice Leblanc vient du plus beau département de France selon moi : la Seine-Maritime (76). Il a situé son intrigue à Tancarville, à l’abbaye de Jumièges près de Rouen, sa ville natale…

Que des endroits que je connais pour les avoir visité avec mes grands-parents. Ils avaient une maison à colombages noirs et blancs près de Dieppe.

Les Falaises d’Etretat, Normandie – © Istock – Janoka82

Pour conclure, Lupin est une agréable série à regarder pour se divertir pendant le couvre-feu. Omar Sy y est pour beaucoup.

C’est l’un de mes acteurs favoris et j’ai profité de l’écriture de cet article pour revoir d’anciens sketchs du SAV des émissions sur Canal + entre 2005 et 2012 (j’aime le téléphone sans fil saumon des années 2000).

Intouchables a été un carton dans les salles de cinéma il y a déjà dix ans et Omar continue de nous redonner le sourire avec son rire tonitruant et ses pas de danse contagieux. Vive Omar ! Vive la France d’Arsène Lupin.

Retrouvez ici mes précédents articles :

-Devenir banlieusarde après quinze années à Paris

Rénover de vieux meubles de cuisine quand on peint comme un pied

Toujours là pour toi sur Netflix : le grand retour des lunettes triple foyer

Si cet article vous a plu, il est possible de s’abonner à mon blog en haut à droite de l’écran. Plus on est de fous dans la boite à sardines…

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Toujours là pour toi, la série Netflix qui renoue avec les brushing rétro et les lunettes triple foyer

Dimanche dernier, j’ai commencé une nouvelle série sur Netflix et j’en suis déja à la moitié : Toujours là pour toi compte dix épisodes. Je l’ai découverte via Facebook et 95 % de la série repose sur les épaules de Katherine Heigl.

Ce n’est pas mon actrice américaine favorite : elle joue trop avec son visage à écarquiller les yeux et sa filmographie compte un certain nombre de rôles de nunuches. Mais cette série m’a permis de la découvrir sous un autre angle et de mieux apprécier son jeu.

Le résumé :

Tully Hart est une star du petit écran. Elle confesse les Américaines moyennes (je déteste cette expression ) sur son canapé à la manière de Sophie Davant, Evelyne Thomas ou Faustine Bollaert.

Mais derrière la splendide jeune femme, se cache une petite fille au cœur brisé, livrée à elle même dans une manifestation peace and love. Sa mère qui se fait appeler Cloud, est venue la chercher mais on ne sait pas bien pourquoi. A quinze ans, Tully se retrouve à supporter les amants de sa mère dans une maison bordélique où flotte continuellement une odeur de beuh persistante.

Copyright Netflix

Heureusement, elle va faire la rencontre déterminante de Kate, sa voisine du même âge et future meilleure amie. Kate a des lunettes triple foyer, subit les moqueries des garçons mais elle vient d’un foyer stable et aimant où ses parents veillent sur son équilibre qu’elle soit ringarde ou non.

Cette série est structurée par des flash-backs incessants entre trois époques différentes : l’adolescence des deux filles dans les années 1970, leurs années d’études et leur premier boulot dans un studio de télévision de Seattle dans les années 1980 et enfin les années 2020 quand elles entament une quarantaine sexuellement libérée mais assez triste.

Mon avis :

Je suis très partagée pour juger au mieux cette série, une création originale Netflix. Je la trouve à la fois géniale et passablement décevante dans le message qu’elle porte. A plus de quarante ans, Kate et Tully attirent des hommes dans leur lit mais au lieu que cette victoire « féministe » – brandie comme un soutien-gorge en étendard (elle était facile, je vous l’accorde)- soit source d’épanouissement personnel, elle ne leur apporte que confusion émotionnelle.

Et elles ne s’en rendent même pas compte, elles ne pensent qu’à allonger le tableau de chasse. Si le trophée en question a dix ans de moins , c’est encore mieux.

Copyright Netflix

Cela me fait penser à une autre série Netflix que j’ai vraiment aimé : Never have I ever. Ravi et ses copines ne cherchent qu’à tomber le plus beau mec du lycée, Paxton, peu importe qu’il soit intéressant, cultivé ou intelligent. Tant qu’il a de beaux abdominaux et qu’il permet à Ravi de perdre sa virginité pour devenir populaire, c’est l’essentiel. A force de proposer des scènes de sexe délurées avec des MILF et des toyboys, on devient sexistes…. envers les hommes. Bonjour la modernité !

Après ce petit esclandre (la guerre idéologique actuelle entre les sexes me révolte, c’est dit!), passons à pourquoi cette série mérite un article dans ce blog : sa finesse psychologique ! En particulier, le personnage de Tully enfant et adolescente.

La scène où elle est abandonnée dans la manifestation pacifiste et qu’elle se retrouve toute seule sur un banc public a failli me faire pleurer tant elle est intense, dramatiquement bien filmée. Tully se retrouve face à un parent totalement immature, cela la laisse dans une insécurité affective permanente même quand elle devient adulte.

Voilà pourquoi cette série est intéressante à regarder ! Le personnage de Kate est aussi intéressant mais il devient vite caricatural quand elle commence à vieillir. Elle m’exaspère avec ses pleurnicheries parce qu’elle divorce et qu’elle hésite entre trois hommes différents en un week-end ( son ex-mari, un parent d’élève et un jeune photographe sexy). Finalement, elle passe ses soirées toute seule dans sa maison de la banlieue de Seattle totalement démente. Kate et Tully sont deux Américaines très riches mais pas très épanouies ! J’ai bien envie de lire ce roman Firefly Lane, adapté par Netflix.

Je vous recommande donc cette série, bien jouée par Katherine Heigel principalement. Elle parle avec beaucoup de justesse des traumatismes psychologiques qui empêchent de se construire en tant qu’ adultes. La presse féminine tire à boulets rouges sur le personnage de Tully.

Copyright Netflix

On la trouve trop égocentrique, écrasant totalement sa copine Kate. Il est juste de dire que leur amitié n’est pas toujours très constructive (cela coûte même à Kate son mariage) mais c’est un peu exagéré de parler d’amitié toxique. De mon point de vue, je trouve que cette Tully a bien de la chance d’avoir une telle amie depuis le collège, qui l’a surement aidée à ne pas sombrer totalement.

Cela m’a fait pensé à une interview de Joey Starr sur France 5 où il racontait son enfance vraiment chaotique à cause de l’instabilité émotionnelle totale qui régnait chez lui. Il expliquait qu’il se sentait plus en sécurité dehors dans sa cité du 93 que chez lui où les coups dégringolaient avant même les demandes d’ explications de son père.

Cela n’excuse pas les actes du personnage mais cela nous éclaire sur l’origine et les causes de comportements auto-destructeurs.

Séries

A Noël, les Lepic et les Bouley poussent la chansonnette sur France 2

Après plus de quatre ans d’absence, les deux familles de Fais pas çi, fais pas ça reviennent pour un épisode spécial Noël. C’est plutôt un trait de la culture anglo-saxonne : Love actually, l’épisode de clôture de Downton Abbey…

Je vous préviens, cet article sera totalement schizophrène : j’ai trouvé cet épisode à la fois raté de chez raté mais aussi c’était un bon réconfort de retrouver ces personnages auxquels je suis tant attachée.

Copyright Philippe Le Roux/FRANCE TV

J’aime regarder cette série depuis dix ans au moins et il était temps de lui faire une place sur ce blog ! J’aime énormément les moments d’émotion en famille car on s’y retrouve forcément un peu et je regarde cette série d’un œil totalement nouveau depuis que je suis devenue maman. C’est pour moi la série la plus réussie sur la complexité et la richesse des liens familiaux en France.

L’intérêt de cette série est de rassurer les parents spectateurs qui culpabilisent de ne pas être parfaits. Tout le sel de cette série, c’est quand les parents se plantent et rectifient le tir pour vivre en harmonie avec leurs enfants. Les plus beaux enseignements, je les tire de la famille Lepic et du père en particulier : Renaud Lepic.

Guillaume de Tonquédec est de loin mon acteur français favori. Son personnage de père de bonne famille lui colle tellement à la peau que j’ai du mal à l’imaginer dans un autre rôle au théâtre par exemple.

Par contre, je suis allée voir une pièce avec Isabelle Gélinas en février avec mon chéri : Un amour de jeunesse et c’était vraiment un bon moment de détente. J’irai voir Valérie Bonneton au théâtre rapidement dès que ça sera possible si le scénario vaut le coup !

Les enfants de la série jouent très bien mais n’ont pas la même intensité dramatique ni humoristique des quatre locomotives Gélinas, Salomone, De Tonquedec et Bonneton… Dans l’épisode spécial Noël, j’ai bien aimé les personnages de Soline et de Salomé, elles déraillent chacune dans un extrême différent.

Salomé devient une sorte de monstre écologique qui se mord la queue (la référence à Greta Thunberg est évidente) tandis que Soline agace tout le monde avec son train de vie très ostentatoire qui va rapidement la brouiller avec ses frères et soeurs. La tirade de Christophe qui se tire du réveillon de Noël avec femme et enfant est très bien trouvée.

On y ressent la patte de Michel Leclerc, scénariste de génie, réalisateur de films très politisés comme Le nom des gens ou bien Télé gaucho. On rit mais on réfléchit aussi dans cette série. Les écolos en prennent pour leur grade tant la manière de les caricaturer est riche et subtile.

Copyright France 2

Noël est le sujet idéal pour critiquer la société de consommation et ses dérives. Mais l’autre extrême écologique est tout aussi terrifiant. On retiendra la séquence d’anthologie de Valérie et Fabienne au supermarché pour nourrir les végétariens et les vegans.

Copyright Eric Vernazobre/FTV

Le vrai point faible de cet épisode est son côté hyper réaliste qui nous blase. Si on essaie d’éviter les réveillons familiaux avec débats idéologiques qui n’en finissent plus, ce n’est pas pour les retrouver à la télévision. Mon mari et notre poto allemand aiment bien se moquer des films français où forcément ça s’engueule à table. Et le pire, c’est qu’ils ont totalement raison !.

Même si certains dialogues sont vraiment percutants et drôles, je regrette que cet épisode constituait plutôt une succession de sketchs sans réelle unité. Fabienne Dion nous a bien fait rigoler, c’était sympa de retrouver Médusor mais je me suis ennuyée à certains moments.

Un passage m’a même franchement mise mal à l’aise tant il était douteux et incohérent. Tout au long de la série, on se marre bien de voir Christiane Potin faire des avances irréalisées à Renaud. Et là voila qui l’accuse d’agression sexuelle au commissariat de police. La scène où Renaud est tout nu dans sa chambre avec Christiane est tout simplement improbable.

Copyright Bernard Barbereau / FTV

A ce moment de l’histoire, j’ai pensé que c’était l’épisode de trop. Heureusement, cela s’arrange avec un moment de vérité au commissariat de police. Renaud Lepic retrouve son côté chevalier servant que j’aime tant avec une déclaration d’amitié à Christiane. On sent que la dame est bien remontée contre les riches.

Peut-être le scénariste a voulu glisser une critique subtile des Gilets jaunes et du mouvement Me too mais c’était vraiment très ambivalent et donc malvenu.

Enfin, l’épisode se termine avec une séquence comédie musicale comme je les déteste. La chanson est fade mais pourtant j’ai bien aimé l’aspect nostalgie de l’enfance que les enfants Lepic transmettent au petit dernier Kim.

Voilà, je vous avais prévenu. Cet article est totalement mi-figue mi-raisin mais peut-être est-il à l’image de cette année 2020 ou de nos relations humaines en général ?.

J’ai demandé le meilleur des cadeaux de Noël : le coffret des saisons 1 à 6 de la série et c’est un très bon remède contre la sinistrose ambiante. J’ai ri comme un bossu pendant le confinement de novembre avec les égarements de Fabienne Lepic et sa verve bien à elle : quand elle insulte un auteur d’appels anonymes au téléphone ou qu’elle se lance dans un bricolage pour réunir les chaussettes orphelines totalement improbables.

Et vous quels sont vos meilleurs souvenirs de Fais pas ça , Fais pas ça?

Retrouvez mes chroniques sur la parentalité, inspirées indirectement par la parentalité Bouley ou Lepic selon les circonstances de la vie !

Séries

Pourquoi la saison 4 de The crown m’a éprouvée : beaucoup trop trash !

J’ai trouvé la saison 3 de The crown avec Olivia Colman dans le rôle de la reine Elisabeth II vraiment géniale. C’était bien joué, profond sur les thèmes de la foi, du devoir envers ses sujets, de l’émotion face à l’horreur d’un éboulement minier à Aberfan en 1966

J’attendais donc la saison 4 avec impatience mais aussi avec appréhension car je savais que cette saison serait trash avec l’entrée en scène de Lady Diana et de Margaret Thatcher.

Si vous avez vraiment besoin de vous changer les idées en cette fin d’année 2020 particulièrement morose, passez votre chemin, la saison 4 de The Crown va vous plomber l’imaginaire.

Cette saison comporte dix épisodes. Cela commence avec l’attentat terroriste de l’IRA contre Lord Mountbatten, l’oncle du prince Philippe et dernier vice-roi des Indes qui organisa la partition de l’Inde. Tout au long de cette saison, je me suis intéressée à la relation complexe entre la reine et Margaret Thatcher.

Elles ont le même âge mais viennent de milieux totalement opposés et cela les conduit à se montrer méfiantes l’une envers l’autre. Lady Diana est une aristocrate mais c’est un électron libre et joyeux qui va vite dynamiter le système pour sauver sa santé mentale.

Helena Bonham Carter- Copyright Netflix

La terre entière connaît cette histoire du couple princier malheureux, englué dans ce mariage filmé en Mondovision . Cela me rappelle un mauvais téléfilm de M6 où l’actrice qui joue Diana se jette de désespoir dans l’escalier. Le pire exemple de mariage qui dégoutera des générations de jeunes.

Je compatis vraiment à l’enfance et l’adolescence vraiment malmenée de William et Harry Windsor entre une notoriété incontrôlable, des parents qui se déchirent et un protocole complètement rigide, il y a de quoi péter les plombs tout nu à Las Vegas (je m’égare).

Copyright Netflix

La santé mentale est le thème majeur de cette nouvelle saison de The crown. Elle sensibilise les spectateurs de la série aux dégâts des troubles alimentaires par des scènes de boulimie assez trash. C’est très choquant mais sans doute efficace.

Tous souffrent dans leur coin : la princesse Anne et son mariage malheureux, le prince Charles non considéré par sa famille, la princesse Diana livrée en pâture dans l’arène des médias ou encore la princesse Margaret écartée des activités de la Couronne brutalement…

Ceux qui tiennent le coup : la reine-mère, la reine et son mari le prince Philipp sont de sacrés handicapés émotionnels. On aurait envie de les secouer comme des pruniers pour qu’ils soient un plus empathiques.

Alors je me suis demandée qu’est-ce que la saison 4 de The crown va bien pouvoir nous apporter de nouveau ?

J’ai apprécié véritablement deux épisodes de la série. Celui intitulé Fagan. C’est le nom d’un peintre décorateur londonien au chômage qui s’introduit dans la chambre de la reine une nuit. Désespéré par la politique de Margaret Thatcher, il vient crier son désespoir à la reine.

J’ai aimé cet échange humain, l’un des points d’orgue de cette saison. La reine se soucie de ses sujets alors que la Première ministre ne voit que des chiffres et des bilans comptables. A la fin de l’épisode, la reine prône une économie morale face au libéralisme sauvage et têtu de la Dame de fer.

Copyright Netflix

J’ai aussi beaucoup apprécié l’épisode 48 contre 1. Il raconte comment la reine a rompu avec son principe de neutralité politique en désavouant publiquement l’attitude la Première ministre qui refusait de sanctionner l’apartheid en Afrique du Sud pour intérêts économiques.

L’Histoire donnera raison à la reine puisque Nelson Mandela indiquera que les sanctions du Commonwealth ont aidé à y mettre fin. Mais la reine y a perdu des plumes et a fait preuve d’un sacré manque de courage en faisant porter le chapeau à son responsable presse. L’épisode le plus magistral de la saison.

Copyright Netflix

La reine est la grande héroïne de cette série. J’admire son sens du devoir, son élégance et son intelligence. Mais dans la saison 4 de The Crown, elle commence à être complètement à coté de ses pompes. Elle comprend mal ses enfants pour le peu de temps qu’elle passe à entretenir des relations avec eux et elle semble totalement hors du temps dans sa bulle aristocratique.

Elle ne connaît pas la musique de Billy Joël et n’est pas la meilleure des hôtesses pour ses invités à Balmoral. Dans son château à la campagne, on lui donnerait bien la médaille d’or des rustres.

Le couple formé par Margaret Thatcher et son mari Denis semble beaucoup plus uni et complice, même si Margaret est une bourreau de travail qui ne se distrait jamais. Elle reçoit ses conseillers à sa table en les servant elle même. Le chef du gouvernement écoute son équipe en tablier à la cuisine.

Copyright Netflix

Margaret Thatcher est énervante au possible mais elle est beaucoup plus moderne que la reine. Elle assume pleinement qui elle est : la fille de l’épicier et le revendique à toutes les sauces. Elle m’a vraiment choquée par son discours volontariste et élitiste : »Marche ou crève » mais c’est de loin le personnage le plus fascinant de cette saison.

Cela me donne bien envie de revoir le biopic La dame de fer avec mon actrice fétiche Meryl Streep.

L’autre personnage fascinant est bien entendu Lady Diana, superbement joué par Emma Corrin. Un rôle pas facile tant la pression était forte sur les épaules de cette jeune actrice anglaise, aux faux airs de Jodie Foster.

The crown fait réfléchir à beaucoup de sujets notamment à la notoriété subite de cette Lady Diana. Elle est malheureuse dans son couple et sa belle-famille, le monde entier l’adule. La suite de l’histoire nous a montré que cela n’a pas suffit à la consoler, la rendre pleinement heureuse.

Copyright Netflix

Je me souviens d’un reportage où l’on constatait l’acharnement médiatique dont elle a fait l’objet après son divorce. De quoi basculer dans la folie. J’admire l’action de ses fils d’intenter des procès contre les journaux qui ont provoqué la mort de leur mère, directement ou indirectement.

Le prince Harry a été courageux de faire des sacrifices pour protéger la santé mentale de sa femme Meghan en quittant sa famille. Même si cela a été fait maladroitement sur Instagram, c’était une belle preuve d’amour.

Meghan comme Diana il y a quarante ans, ont considérablement ringardisé la famille royale qui vit comme des rentiers avec leurs visites officielles d’apparat. Au 21eme siècle, on fait fortune sur son travail, son labeur et non pas sur son sang, sa lignée royale. L’épisode 7 : Principe non-héréditaire est d’ailleurs particulièrement révoltant .

Les thèmes de la saison 4 sont particulièrement sinistres : pas bien funky les années 1980 en Angleterre. Heureusement la bande-originale est là pour donner un peu de gaieté et de joie dans les épisodes.

La musique a une grande place dans la série pour donner une intensité dramatique aux évènements historiques ou privés en train de se jouer.

J’aime beaucoup quand le scénariste Peter Morgan a recours aux chansons populaires de l’époque : la princesse Anne qui chante un standard de l’époque dans sa voiture, Lady Diana qui sort avec ses copines pour son enterrement de vie de jeune fille qui sert aussi d’adieux à sa vie civile ou encore David Bowie qui accompagne les nuits d’ivresse de la princesse Margaret.

Pour conclure, The crown est une série qui montre avant tout les rouages de la monarchie et de l’aristocratie anglaise. Au fil des saisons, on voit ce système de castes devenir de plus en plus déconnecté des réalités sociétales et économiques que vit le Royaume-Uni, qui n’est plus un empire colonial comme d’antan.

Cette saison 4 je l’ai regardé en moins d’une semaine mais avec un goût amer et désagréable tant les relations humaines qu’elles soient familiales, conjugales ou hiérarchiques sont malmenées. C’est peu dire que ce n’est pas l’exemple dont nous avons besoin en ce moment avec ce foutu Coco le virus.

Je préfère de loin la solidarité des sœurs et des sages-femmes de Call the midwife ou rigoler un bon coup avec Le journal de Bridget Jones, Coup de foudre à Nothing Hill ou encore Love actually.

Mes précédents articles qui parlent de l’Angleterre :

-Un roman aussi dépaysant qu’un trajet en Eurostar

– Un guide touristique pour aller découvrir Londres : London out of the box, éditions Les Arènes

Mes 10 meilleures découvertes sur Netflix

Séries

Mes 10 meilleures découvertes sur Netflix

Il y a trois ans maintenant, j’ai demandé à mon mari le meilleur cadeau de Noël qui soit : un abonnement à Netflix. J’étais épuisée par la frénésie de la routine parisienne et je manquais de temps pour aller au cinéma.

Par la suite, ce cadeau a vraiment été un précieux réconfort pour oublier mes brûlures d’estomac pendant ma grossesse ainsi que mon manque de vie sociale à la naissance de notre fille. Vous êtes coincé pendant toute l’après midi pour la sieste : hop un épisode de quarante minutes d’une série, puis un autre et vous arrivez enfin à vous distraire. C’est futile mais ça aide beaucoup.

Je reconnais que Netflix fait du tort aux salles de cinéma et que ce n’est pas Byzance de regarder des films sur un écran d’ordinateur à la longue. Mais c’est un bon remède contre la morosité quand on n’a pas le temps de se détendre devant un bon film d’ordinaire.

Sur Netflix, je suis une spectatrice très pointue : j’aime avant tout les séries pour leur structure narrative bien plus efficace qu’un long film. Je pense qu’il y a une école Netflix dans l’écriture des scénarios pour que ça soit aussi addictif. Mes parents sont des très bons clients pour regarder une saison en une soirée.

Mes séries favorites :

Je ne regarde que des séries anglaises ou américaines sous-titrées en français. J’aime particulièrement les séries historiques, mes préférées sont celles qui se passent en Angleterre ou aux Etats-Unis. Enfin, il faut que j’ai un sérieux coup de coeur pour les personnages principaux pour les suivre pendant huit à dix épisodes.

Les séries historiques :

The crown est de très loin ma série historique favorite. Elle décrit un règne inégalé en Europe d’une jeune fille qui a été contrainte de monter sur le trône à la suite de son père à cause des histoires de fesses de son oncle. Une très belle fresque historique du 20eme siècle qui me passionne et m’apprend beaucoup de choses. Certains aspects du protocole encore en vigueur en 2020 me laissent dubitative. A l’ère des réseaux sociaux, comment la Couronne va t’elle se réinventer pour rattraper dans son giron Meghan et Harry ?

Bon, si les accouchements ça vous blase, passez votre chemin car il y en a à tous les épisodes de Call the midwife ! J’ai regardé les quatre premières saisons de cette série adaptée de l’autobiographie de Jenny Lee (la troisième en partant de la gauche sur la photo) pendant ma grossesse. Et cette série m’a aidée à vraiment vaincre mes peurs ! J’ai aimé les problématiques sociales rencontrées par cette équipe de sages-femmes au sein d’une maternité dirigée par des amours de religieuses dans un quartier pauvre et dangereux de Londres, dans les années 1950, en plein baby-boom. Cette série parle de la foi tout simplement !

Self made est un biopic en quatre épisodes d’une self made woman : Madam CJ Walker qui a réussit à monter un empire industriel dans les années 1920 à Saint-Louis pour toutes les femmes noires qui avaient des soucis pour embellir leur chevelure.

J’ai bien aimé le dernier épisode qui raconte l’apogée de sa carrière mais j’ai été déçue par la noirceur de l’ensemble des personnages prêts à tous les mauvais coups pour s’enrichir. J’aime passionnément le jeu d’Octavia Spencer mais cette série ne fut pas un agréable moment de cinéma.

Les séries contemporaines :

Des séries comiques et caustiques qui se moquent des artifices de la société moderne.

Grace and Frankie

Les quatre acteurs principaux ont tous plus de soixante-dix ans, ça cause cancer de la prostate, handicap musculaire à se hisser des toilettes, arthrose qui gène pour utiliser un sex-toy…. Bien sûr à chaque problème sa solution, Grace and Frankie sont deux femmes qui aiment entreprendre et proposer des produits iconoclastes aux vieilles personnes friquées en Californie.

En un mot, j’aime cette série car elle s’attache aux relations humaines et file un joli pied de nez au jeunisme ambiant. Je me rends compte que les personnes âgées sont vraiment mieux valorisées au cinéma aux Etats-Unis qu’en France.

Turn up Charlie

C’est une série assez gonflée et très contemporaine qui joue sur l’inversion totale des rôles. Avec Turn up Charlie, ce sont les femmes qui ont le pouvoir. Sara a plus de notoriété et d’argent que David, son mari. C’est grâce à elle que Charlie pourrait relancer sa carrière.

J’ai beaucoup aimé la manière dont cette série se moque des artifices du monde de la nuit et la notoriété qui fait perdre le Nord à Sara et David. Charlie et sa tante Lydia avec ses proverbes bibliques ont beaucoup plus les pieds sur terre et apporteront de la stabilité affective à une petite fille qui doit déposer ses bagages aux quatre coins du globes en fonction des tournages de son père ou des concerts de sa mère.

Des séries qui abordent des thématiques profondes : le deuil, la construction de l’identité…

Virgin River

Cette série se repose beaucoup sur les deux personnages principaux, Mel et Jack, qui jouent vraiment très bien, comme l’ensemble des acteurs de cette série. Mention spéciale à l’actrice principale que je ne connaissais pas et qui est tout sauf une nunuche.

Je vous recommande cette série qui traite avec finesse et tact des thématiques douloureuses comme le choc post-traumatique des soldats, le deuil d’un enfant, le syndrome du sauveur d’une grande sœur ou encore la culpabilité d’un sergent quand on est responsable de jeunes enrôlés…

Atypical

J’aime beaucoup cette série qui questionne notre normalité au fond. Je trouve ridicule cette polémique, née du fait que l’acteur principal ne soit pas lui même autiste. Cela lui donne encore plus de mérite, il porte toute la série sur ses épaules.

Mention spéciale à Zahid, le meilleur ami de Sam qui est totalement barré et qui me fait mourir de rire..

L’équivalent en fille de Zahid, c’est Devi de la série Mes premières fois. C’est rare de voir un tel personnage de lycéenne dans une série : elle pique des crises contre ses copines et sa maman, elle jure et casse des trucs. La seule qui arrive à la canaliser est sa thérapeute contre qui elle peut être une adolescente normale alors que sa mère essaie de la brider. J’ai vraiment envie de revoir cette série qui traite de l’amitié au lycée entre garçons et filles, comment gérer son impopularité parmi ses pairs à l’ère des réseaux sociaux. Beaucoup plus profond que son titre un peu ne l’indique !

Des séries où règne la superficialité, mais ça a aussi du bon.

A l’ombre des magnolias

Je n’ai pas chroniqué cette série sur mon blog car je la trouve assez caricaturale. Elle montre un perfectionnisme américain qui m’énerve un peu : toute la petite ville idéale (Serenity qu’elle s’appelle) réunie autour de son équipe de baseball, le bal de promo, les pom-pom girls et tout le flon-flon… Les portraits psychologiques ne sont pas assez subtils pour moi à l’exception du personnage principal Maddie. C’est tout de même une série agréable à suivre avec ses cocktails et son spa monté par trois amies d’enfance. Mais il ne faut pas en attendre beaucoup. Les lycéens d’Atypical et de Mes premières fois sont beaucoup plus subtils.

Zéro pointé pour Emily in Paris. C’est la grosse déception de cet automne. Une série creuse bourrée de clichés, caricaturale à l’excès. L’actrice principale est antipathique et mal fagotée alors que l’intérêt de la série c’est de voir de belles sapes. Les personnages français se parlent en anglais et jouent assez mal. C’est dommage car le thème (le fossé culturel entre Français et Américains) était intéressant.

Les films

Je ne regarde pas beaucoup de films sur Netflix car il y a beaucoup de vieilles gloires héritées des vidéos-club des années 2000. Mais je tombe aussi sur de belles pépites qui valent la peine d’être signalées ici.

Dernièrement, j’ai vu Rebecca, l’adaptation cinématographique du célèbre roman gothique de Daphné du Maurier avec Lily James, Armie Hammer et Kristin Scott Thomas. Bon, j’avoue certaines scènes étaient tellement glauques que j’ai vu le film en accéléré mais je me suis bien détendue avec ce film qui montre les hôtels de Monte-Carlo et la Riviera dans les années 1920. Cela m’a donné envie de lire le roman ainsi que la biographie de l’auteure. Merci Netflix pour toutes ces découvertes !

Crédits Kerry Brown for Netflix

Séries

Never have I ever, une série Netflix bien meilleure qu’il n’y paraît.

Copyright Lara Solanki/Netflix

Il ne faut jamais se fier aux bandes-annonces racoleuses de Netflix. C’est prendre le risque de passer à coté d’une jolie série, drôle et émouvante : Never Have I Ever ou Mes premières fois. Comme toujours, le titre est bien meilleur en anglais qu’en français mais Mes premières fois vaut le détour. La preuve, je vous en parle ici et croyez moi je suis intraitable si une série est nulle.

Le résumé :

Devi est une adolescente indo-américaine de quinze ans qui vit en Californie avec sa mère médecin et sa cousine, une Indienne très traditionnelle. Elle suscite la pitié de ses camarades de classe à cause de la mort de son père, foudroyé par une crise cardiaque pendant un concert de fin d’année. Ce traumatisme l’a paralysée de longs mois autant physiquement que moralement. Une psychologue noire la suit en thérapie pour lui permettre de se construire individuellement en dehors du contrôle de sa mère très cassante. Une voix-off (la voix nasillarde de John MacEnroe, allez savoir pourquoi) raconte ses aventures au lycée au fil d’une dizaine d’épisodes qui parlent tous de l’amitié au lycée.

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Mon avis :

Les deux-trois premiers épisodes ne font pas dans la dentelle, je vous l’accorde. On se demande si Devi et ses copines vont bientôt gagner en profondeur car leur quête de coucher pour être populaires dans les couloirs du lycée me navre profondément.

Mais hourra, cela décolle vite grâce aux seconds rôles : la maman indienne ultra-stricte qui me fait rire dans sa folie furieuse, Ben, l’intello tête à claques qui donne une vraie profondeur à l’histoire et enfin Paxton, le beau gosse cancre qui va se révéler beaucoup plus sensible et authentique que son profil Instagram ne l’indique. Car Mes premières fois est une série ultra contemporaine où les relations de lycéens se déroulent très vite sur les réseaux sociaux. Une vidéo virale de Devi alcoolisée se faisant mordre par un coyote dans une fête la propulse rapidement reine du lycée alors qu’elle était une grosse ringarde avec ses deux copines.

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J’ai trouvé quelques similitudes avec la série Atypical qui raconte la construction identitaire d’un lycéen autiste. Devi est le pendant féminin de Zahid, le meilleur ami de Sam. Zahid n’est pas autiste, il est complètement barré et déluré comme Devi. C’est rare de voir un tel personnage de lycéenne dans une série : elle pique des crises contre ses copines et sa maman, elle jure et casse des trucs. La seule qui arrive à la canaliser est sa thérapeute contre qui elle peut être une adolescente normale alors que sa mère essaie de la brider.

ATYPICAL

Devi est une enfant inter-culturelle même si ses deux parents sont indiens et s’inquiètent à l’idée qu’elle pourrait renier sa propre culture en grandissant. J’ai bien aimé que cette série inclut des séances de thérapie psychologique comme dans Atypical.Cela aide surement des lycéens à accepter l’idée qu’on a le droit d’aller mal et de consulter.

Parce que le lycée de Devi et ses copains, c’est vraiment un théâtre mondain assez intraitable : tous les jours, tu peux risquer de passer pour un boloss en un rien de temps. Même les beaux gosses comme Paxton souffrent et veulent maîtriser leur réputation à la moindre storie Insta. Il reproche d’ailleurs à Devi de se servir de lui pour se vanter. Il a un petit air attendrissant de Robert Pattinson (vu qu’il est à moitié japonais, il faut avoir de l’imagination pour me suivre sur ce coup-là !) et j’ai bien aimé le parti-pris de la scénariste de faire passer le message qu’être un don juan c’est aussi une tannée !

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Cette série a été écrite par une jeune femme : Mindy Kalling, actrice et scénariste dans le vent en ce moment. Elle a joué avec Emma Thompson récemment dans Late night . Même si son scénario s’étoffe au fil des épisodes, je déplore tout de même ses dialogues un peu caricaturaux. J’ai même trouvé cette série sexiste dans les discours des trois lycéennes : Devi, Fabiola et Eleanor. La manière dont elles veulent se débarrasser de leur virginité me navre autant que leur passion pour la plastique de Paxton sans se soucier si ce garçon est passionnant, drôle ou intelligent. Tant qu’il a de beaux abdos, ça leur va. Au secours !

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Heureusement, cela ne va pas du tout se passer selon leurs plans tellement superficiels. Cette Devi on l’aime encore plus quand elle se ridiculise ou quand elle pète un câble comme dans cette magnifique scène de simulation de l’ONU pour petits intellos qui représentent virtuellement des diplomates de Russie, Etats-Unis, Belgique ou Guinée équatoriale pour Devi. C’est vraiment tordant, il n’ y a que les lycées américains pour organiser de pareilles blagues où l’on se prend autant au sérieux. Je ne serai même pas étonnée que cela existe vraiment.

Ma note :

5/5 sardines

Je vous recommande donc cette série à laquelle j’attribue volontiers cinq sardines pour le jeu des acteurs, la richesse des dialogues même s’ils sont un peu caricaturaux les premiers épisodes et surtout la profondeur psychologique des thèmes traités : le deuil, l’identité, la relation mère-fille, le fossé culturel entre parents et enfants.

Mes premières fois n’est pas aussi finaud qu’ Atypical mais c’est une jolie série drôle et émouvante. J’attends avec impatience la saison 2.

D’autres séries Netflix chroniquées dans ce blog :

Charlie monte le son ou la pré-adolescence 2.0

– Virgin river, l’histoire d’une reconstruction personnelle

– Self made, Atypical, Grace and Frankie, mes coups de cœur séries du printemps

Séries

Sur Netflix, Virgin river, source de reconstruction émotionnelle

Ajouter un titre (1)J’ai découvert une nouvelle série géniale sur Netflix. Dans son catalogue, il y a des films et des séries très trash, caricaturaux mais aussi des pépites comme Call the midwife, The crown, Charlie monte le son…

Virgin river est une série de qualité avec des défauts américains tout à fait acceptables, j’ai été emballée par cette série, engloutie en quelques jours. Bon, son titre est un peu nul et sans les bons conseils de mon amie Karine, je serais passée à coté.

C’est une véritable addiction quand vous commencez à regarder les premiers épisodes tant les portraits psychologiques des personnages sont passionnant et que la mise en scène est aussi efficace dans la gestion du suspens entre les épisodes. Il est rare que le thème de la reconstruction personnelle soit aussi bien abordé dans une série.

Le résumé : 

Mélinda, jeune sage-femme quitte LA et ses mauvais souvenirs pour un poste d’infirmière afin d’assister un médecin de campagne vieillissant à Virgin River, dans les montagnes de Californie. Le choc des cultures est rude entre la citadine et les habitants de cette petite ville où chacun s’entraide, cancane les uns sur les autres mais toujours pour leur bien hein ! Elle va pouvoir compter sur l’amitié de Jake, le patron du bar local, vétéran d’Irak, qui est lui aussi assailli par des flash-backs de son passé…

Mon avis :

virginriverCette série se repose beaucoup sur les deux personnages principaux, Mel et Jack, qui jouent vraiment très bien, comme l’ensemble des acteurs de cette série. Mention spéciale à l’actrice principale que je ne connaissais pas et qui est tout sauf une nunuche.

C’est une sage-femme aguerrie qui a en vu des vertes et des pas mûres à Los Angeles auprès des toxicos et en milieu humanitaire. Elle devra faire des choix éthiques pas évidents avec le médecin de la ville qui confronte souvent bien être des habitants de la ville avec les procédures officielles.

C’est d’ailleurs ce qui fait tout le sel de cette série : la vocation de soigner et de se retrouver malgré soi, médiateur de problématiques sociétales complexes. Dans cette série, le port des armes est monnaie courante tout comme le commerce de cannabis loin d’être prohibé. Les personnages de cette série sont constamment en situation d’insécurité, ils doivent se protéger eux-mêmes avec un fusil ou mettent leur santé en danger car ils n’ont pas d’assurance maladie.

J’aime beaucoup cette série très contemporaine qui raconte avec beaucoup de réalisme les enjeux de l’Amérique de Donald Trump. En regardant Virgin river, je ne peux m’empêcher de penser combien il est stupide de bousiller le travail de Barack Obama dans le domaine de la sécurité sociale.

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Cette série me rappelle aussi Grace et Frankie qui se déroule aussi en Californie mais on se rend compte de l’immense fossé entre les citadins sur les côtes du Pacifique et les habitants des zones montagneuses.

Pourtant, cette série réussit la prouesse de ne pas faire passer les habitants de Virgin River pour des péquenauds, même si quelques personnages sont bien lourdeaux. La maire de la ville, Hope m’exaspère particulièrement pour sa manie de mettre son nez dans les affaires des uns et des autres pour le bien de la communauté.

Dans un autre genre, la soeur très branchée de Mel, Joey est aussi maladroite dans sa bonne volonté. Sa manière de vouloir diriger la vie de sa sœur fait bien plus de bien que de mal. Elle va d’ailleurs s’avérer beaucoup plus malheureuse que sa sœur qui trace sa route malgré tout.

Ma note :

4/5 sardines

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Je vous recommande cette série qui traite avec finesse et tact des thématiques douloureuses comme le choc post-traumatique des soldats, le deuil d’un enfant, le syndrome du sauveur d’une grande sœur ou encore la culpabilité d’un sergent quand on est responsable de jeunes enrôlés…

L’auteure de ces romans adapté en série, Robyn Carr a voulu rendre hommage à l’une de ses amies proches qui est sage-femme. Il y a quelques lourdeurs comme le fait que Mélinda accumule beaucoup de malheurs : ça fait beaucoup pour une seule femme !. Vivement la saison 2 car comme de bien entendu le dernier épisode s’est terminé sur les chapeaux de roues !

Mes coups de coeur Netflix

 

D’autres séries Netflix à découvrir dans l’un de mes articles passionnés !

Self-made, Atypical, Grace and Frankie, mes trois coups de coeur Netflix

Charlie monte le son ou la préadolescence 2.0

On se connait bien avec la reine depuis les trois saisons de The crown.

 

 

Séries

Séduite par les séries originales de Netflix : Grace and Frankie, Atypical, Self made…

Mes coups de coeur Netflix

Quelle originalité ! Pendant le confinement, je regarde des séries Netflix ! C’est le meilleur cadeau de Noël que j’ai demandé à mon amoureux. Tellement pratique quand on a un enfant et que le cinéma est à deux dimensions en arrière de moi.

Je me suis lassée des vingt minutes de publicité avant la séance, des horaires peu pratiques pour moi et du prix ! J’ai découvert des séries originales Netflix qui m’ont rendu grand service pour m’évader l’esprit pendant ma grossesse, les journées tendues et fatigantes des grèves et enfin pendant ce confinement sans fin.

Je vous résume trois séries originales Netflix qui me plaisent énormément et pourquoi.

 

Grace and Frankie avec Jane Fonda, Lily Tomlin, Martin Sheen…, saison 6 en 13 épisodes.

grace and frankiesaison6bisA chaque saison, les critiques séries déplorent la perte de vitesse de l’intrigue, l’essoufflement du jeu des acteurs et l’épuisement des thématiques… Que nenni ! Cela fait six saisons que je côtoie Grace and Frankie dans leur délicieuse maison de plage de San Diego, Californie et je me régale toujours autant. On en a vu passer des petits amis à ces deux septuagénaires, elles se sont mises dans des situations pas possibles et elles me font toujours autant rire.

Le sel de cette série scénarisé en duo par Martha Kauffmann, une des scénaristes de Friends, est de dénoncer cette société occidentale dans le coup qui ridiculise et infantilise les seniors.

Les quatre têtes d’affiche ont toute plus de soixante- dix ans, ça cause cancer de la prostate, handicap musculaire à se hisser des toilettes, arthrose qui gène pour utiliser un sex-toy…. Bien sûr à chaque problème sa solution, Grace and Frankie sont deux femmes qui aiment entreprendre et proposer des produits iconoclastes aux vieilles personnes friquées en Californie.

Cette série me détend beaucoup, Frankie est une adolescente délurée de 75 piges, Grace se remarie avec un homme plus jeune qu’elle et se fait des « amies » qui pourraient être ses filles. Ses filles, parlons-en, elles ne sont que des seconds rôles-talentueux tout de même- de cette série.

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En un mot, j’aime cette série car elle s’attache aux relations humaines et file un joli pied de nez au jeunisme ambiant. Je me rends compte que les personnes âgées sont vraiment mieux valorisées au cinéma aux Etats-Unis qu’en France.

 

atpicalcoverJ’aime aussi une autre série qui traite des relations humaines avec beaucoup de sensibilité : Atypical avec Keir Gilchrist, Jennifer Jason Leigh, Michael Rapaport…

Je vous en avais déja parlé dans ce blog en chroniquant la saison 1. La saison 3 est vraiment très réussie, certains épisodes m’ont même donné la larme à l’ œil ( à partir de l’épisode 6 L’essence du manchot).

Elle met en scène des lycéens : Sam qui est autiste, sa sœur Casey agée de seize ans et son ex-petit ami Evan, Paige la copine de Sam, Zahid le meilleur ami complètement barré de Sam. Ces lycéens sont tous très matures et profonds parce qu’ils ont appris à se décentrer de leur nombril pour côtoyer un garçon autiste.

J’aime beaucoup cette série qui questionne notre normalité au fond. Il y aura une quatrième et dernière saison. Je sais d’avance que je regretterai beaucoup Sam et tout son entourage, tellement leur authenticité m’a touchée. Je trouve ridicule cette polémique, née du fait que l’acteur principal ne soit pas lui même autiste. Cela lui donne encore plus de mérite, il porte toute la série sur ses épaules.

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Par contre, les personnages de la série Self made ne vont pas me manquer, eux ! Ce biopic de Madam CJ Walker, première femme américaine devenue millionnaire en vendant des baumes pour cheveux crépus, je l’attendais depuis longtemps.

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Je l’ai repérée grâce au travail de prescription toujours aussi génial de My pretty books. Je suis une fan inconditionnelle d’Octavia Spencer, mon crush lecture c’est La couleur des sentiments, je vous en avais parlé dans ce blog. J’ai regardé les quatre épisodes très denses de cette mini série qui raconte trente ans entrepreneuriat féminin entre 1910 et 1930, mais on ne peut pas dire que c’était de la détente.

Sarah, pauvre blanchisseuse de Saint Louis est sauvée de la pelade par une jeune femme très belle mais aussi très garce, Addie Munroe grâce à un baume pour les cheveux. Mais attention, elle lui rappelle bien que les métisses sont beaucoup plus jolies que les vraies noires qui semblent sortir de la plantation. Bafouée dans son honneur, Sarah va la concurrencer et monter un empire à l’image de Carnegie, Rockfeller et Ford…

C’est une histoire vraie qui me rappelle la biographie d’ Helena Rubinstein, une petite orpheline du ghetto de Varsovie qui a monté un empire industriel encore sur pied. Elle a eu droit à une belle exposition rétrospective au Mahj de Paris l’an dernier.

J’attendais beaucoup de Self made et j’ai été à moitié déçue. Les acteurs jouent tous très bien, Octavia en tête mais je n’ai vraiment pas aimé les rapports de force et les trahisons qui semblent incontournables quand quelqu’un commence à faire fortune.

Je pense que la grande fautive est la mise en scène. Les quatre épisodes sont très denses, j’ai pas bien compris les recours à une musique hip hop ou rap très anachronique alors que j’attendais des mélodies des années folles.

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MADAM CJ WALKER

Enfin, le portrait psychologique de chacun des personnages est très caricatural même si cela s’améliore beaucoup dans le dernier épisode, le meilleur pour moi.

Self made est tout de même une série à regarder, elle dénonce avec justesse le sexisme dans les milieux d’influence noirs et aussi le racisme entre femmes : Addie Munroe pense que son métissage est sa meilleure arme pour faire fortune.

Cette série m’a donné envie de regarder une comédie Netflix Une femme de tête, l’histoire d’une femme afro-américaine qui se rase la tête et comment ses relations en prennent un coup.

Retrouvez mes précédents articles coups de coeur Netflix ici :

– On se connait mieux avec la reine au bout de la 3eme saison de The crown

Charlie monte le son ou la préadolescence 2.0

Atypical, la série qui questionne la normalité

Mes pépites séries pour cet automne

Turn up Charlie

 

 

Séries

Il a déjà tes yeux, une famille française de couleurs !

Cette semaine, j’ai regardé une excellente série familiale sur France 2 : Il a déjà tes yeux avec Aïssa Maïga et Lucien Jean-Baptiste. Je n’ai pas pu voir le film éponyme, sorti il y a trois ans. Cette série, c’est une séance de rattrapage en or, j’ai hâte d’être à mercredi prochain pour regarder les épisodes suivants.

 

L’histoire commence dans les locaux de l’ ASE (Aide sociale à l’enfance). Salimata et Paul Aloka témoignent de l’adoption du petit Benjamin, il y a treize ans. Un Blanc dans une famille de Noirs pour résumer à grands traits. Entre temps, les Aloka ont eu un autre enfant naturellement, Noé. Un enfant blanc, un enfant noir, on se retourne sur leur passage dans la cour du collège !

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Cette série compte six épisodes et permet de creuser la psychologie des personnages, d’aborder en profondeur des thèmes très sérieux comme la quête des origines, l’identité quand on est adopté ou que le père est parti sans crier gare… traités dans le registre de la comédie.

Je me suis régalée avec cette série qui parle de l’identité africaine plurielle qu’on vienne de Côte d’Ivoire ou du Sénégal, des relations familiales dictées par les traditions (la fameuse teranga, l’hospitalité au Sénégal)  qui se confrontent de plein fouet avec la culture française.

Mon personnage préféré est de loin la grand-mère Mamita joué par Marie-Philomène Ngo. Elle a l’art du drame avec ses mimiques et ses boubous colorés, cette femme est un rayon de soleil. Elle est tellement comique quand elle dit à ses filles « Ne sois pas si française … ».

Lucien Jean-Baptiste est un grand réalisateur qui sait scénariser la quête d’identité avec beaucoup de talent. Je suis sa filmographie avec attention depuis La première étoile, un film beau et sensible ! Il forme à l’écran un couple très soudé avec Aïssa Maïga, une maman très tendre avec son fils adoptif. J’aime ses tenues, ses coiffures et surtout son jeu d’actrice.

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©Jean-Claude Lother/ FTV

Il a déjà tes yeux est une série qui raconte une histoire à la fois familiale et nationale comme le fait remarquer un journaliste de Télé Obs. Lucien Jean-Baptiste et Aïssa Maïga ont cette grâce et cette intelligence de dénoncer le racisme latent de notre société sur les plateaux de télévision quand ils font la promotion de leurs films sans amertume ni esprit de revanche. Ils n’ont rien contre les Blancs !

Vivement qu’un César récompense la carrière de chacun d’eux.

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J’ai hâte de lire le livre « Noire n’est pas mon métier » édité par Le Seuil dont l’idée a été lancée par Aïssa et rejointe par une dizaine d’actrices noires. Elles ont monté les marches à Cannes, habillées par Balmain et c’était un joli pied de nez à la discrimination raciale.

C’est une très bonne chose de voir à la télévision des familles issues de la diversité , la société française est ainsi beaucoup mieux représentée dans sa réalité. Cette série permet d’explorer d’autres thèmes plus profonds que le polyamour ou l’adultère qui pullulent dans les séries françaises (c’est dit ! ).

Surtout, j’aime découvrir des comédiens talentueux comme Marie-Philomène Ngo ou Pascal Nzonzi, le génial Monsieur Koffi de la comédie Qu’est ce qu’on a fait au bon Dieu ?.

Il a déja tes yeux met en valeur la culture antillaise mais aussi sénégalaise. Alors je voulais conclure cet article avec la voix d’une amie précieuse Julia Sarr, qui chante en wolof Daraludul Yow, son premier album solo.

Séries

Au bout de trois saisons Netflix, on commence à mieux se connaître avec la reine…

 

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Depuis novembre, je me régale car deux de mes séries Netflix favorites sont revenues pour la saison 3 : Atypical et The Crown.

Je me rends compte que ce qui fonctionne dans ces deux séries aux genres complètement différents, c’est qu’au fil des saisons, on s’attache aux personnages. J’aime les séries parce qu’elles permettent quelque chose auquel je suis vraiment attachée autant en littérature qu’au cinéma : l’étude des portraits psychologiques des personnages et comment ils évoluent.

Comme c’est original, un article sur la saison 3 de The crown dans mon blog ! Elle est tellement réussie que je repense souvent aux anecdotes historiques racontées et comment les personnages y ont fait face. Je suis assez contente d’avoir incité ma maman à regarder cette série, qu’elle a englouti en quelques jours à Noël l’an dernier.

Même si j’ai trouvé quelques longueurs dans un ou deux épisodes, j’ai vraiment apprécié chaque dimanche en fin d’après-midi où j’avais rendez-vous avec Elisabeth II pour l’intensité dramatique des épisodes, fondés sur des faits réels et amplifiés par la musique, le rendu des costumes.

Avec The Crown, Londres me fascine même si je trouve toujours cette ville grise. J’ai rapidement adopté le nouveau couple de comédiens qui incarnent la reine et son mari .

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J’aime vraiment les tailleurs chics et la mine responsable d’Olivia Coleman, une grande actrice. Elle me rend sympathique la vraie reine que j’admire aussi mais donc je ne comprends pas toujours l’attitude envers ses enfants et petits-enfants qu’elle sacrifie souvent au nom du protocole et des traditions. Surtout en ce moment avec le coup de tonnerre provoqué par le couple Sussex.

The crown comprend dix épisodes et je vais vous détailler chacun parce que je les ai tous apprécié.

Retour sur la saison 3 :

  1. Olding

Olivia Coleman interprète Elisabeth II âgée d’une quarantaine d’années, comme le montre la première scène inaugurale avec la présentation d’un timbre à son effigie en 1965. Dans ce premier épisode, un espion russe se cache dans son palais et ce n’est pas le nouveau premier ministre Harold Wilson (il est pataud, mal assuré mais c’est mon personnage chouchou tant il est sincère et authentique).

2. Margaretologie

La reine est contrainte de demander à sa sœur de réaliser un exploit diplomatique auprès du président Johnson à la Maison-Blanche pour éviter la dévaluation de la livre anglaise. Les flash-backs très efficaces montrent que le fait d’être la sœur de l’ombre qui ne régnera jamais n’est pas facile à vivre pour la princesse Margaret (son mal-être est remarquablement joué par la dérangeante Helena Bonham Carter)

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3. Aberfan

C’est l’épisode qui m’a le plus bouleversée. L’éboulement d’un terril sur un village gallois provoque la mort de centaines d’enfants dans un village gallois Aberfan. La reine a du mal à montrer ses émotions et mettra plus de hit jours à se décider à visiter le village en deuil. La beauté du cantique gallois est bouleversante, les épisodes qui suivront m’ont convaincu que The crown parle avec beaucoup d’intelligence de la foi chrétienne.

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4. Bubbikins

C’est le surnom que la mère du prince Philip lui donnait alors que l’Histoire les a empêché d’avoir une vraie relation mère-fils. La reine oblige son mari à recueillir cette vieille dame menacée par un putsch en Grèce. Il essaie de la cacher à une équipe de télévision car elle a été internée dans un asile psychiatrique où elle a subi des mauvais traitements courants à cette époque. Grâce à une ruse de la princesse Anne, la princesse Alice va se révéler être l’atout authentique de la famille royale en crise.

5. Coup d’Etat

La reine fuit son fardeau pendant un mois pour s’occuper de ses chevaux en France puis aux Etats-Unis, sa réelle passion dans la vie. Son Premier Ministre la rappelle durement à la réalité : il soupçonne à juste titre son cousin Lord Mountbatten, fraîchement remercié du haut commandement des armées d’être tenté de prendre part à un coup d’Etat contre le gouvernement. J’ai beaucoup aimé l’aspect politique de cet épisode qui apporte un parallèle avec la situation politique en France post guerre d’Algérie jusqu’en mai 1968.

6. Tywysog Cymru

Charles va être intronisé prince de Galles dans un pays qui se révolte contre la couronne britannique. Le premier ministre convainc la reine d’envoyer son fils étudier un semestre dans une université galloise. Il va y rencontrer un directeur d’université nationaliste qui va le prendre sous son aile comme un père spirituel. Cette affection spontanée met en lumière toute la froideur et la retenue qui règnent dans sa famille.

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7. Poussière de lune

C’est l’épisode le plus ennuyeux de la saison selon moi jusqu’au moment où le prince Philip tombe le masque. Nous sommes en 1969 et la reine reçoit l’équipage qui est allé sur la Lune. Le prince Philip suit avec beaucoup d’intérêt la conquête de la Lune et s’avère très déçu quand il les reçoit à Buckingham palace. Au même moment, l’archévèque de Canterbury le sollicite pour héberger un centre pour religieux vivant une crise de foi. Cet épisode montre que la foi chrétienne redresse un homme beaucoup plus que ses exploits. Je me suis ennuyée au début de l’épisode mais c’est celui qui m’a le plus apporté par sa profondeur et sa réflexion.

8. Un homme en suspens

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Charles entretient une correspondance avec son grand-oncle le duc de Windsor, émigré en France depuis son abdication en 1936. Il sort depuis peu avec Camilla Shand interprétée par Emerald Fennell, une de mes actrices britanniques favorites, repérée dans la série Call the midwife.

J’ai bien aimé cet épisode même si je ne comprends pas la rigueur du protocole qui s’immisce dans la vie sentimentale du prince Charles au point de compliquer les choses. On se prend tout de suite de sympathie pour ce grand garçon sensible et on compatit à sa souffrance dans l’épisode suivant. Comme c’était le cas dans la saison 2 avec le couple Margaret-Tony, je me suis dit: « Ils étaient sacrément polygames dans les années 1960 ces aristos anglais ». C’est là toute l’ambiguïté des personnages : ils rejettent le divorce par principes religieux et moraux auxquels ils croient fermement mais cautionnent les voies de garage : l’adultère, la séduction effrénée…

9. Imbroglio

Le duc de Windsor est mourant et la reine se décide à lui rendre visite malgré la vive désapprobation de son mari qui considère que cet homme a trahi sa famille. Le dernier entretien de la reine avec son oncle est empreint d’une émotion toute particulière puisqu’elle lui pardonne d’avoir bouleversé sa vie en abdiquant. C’est un peu problématique avec The Crown : c’est son intensité dramatique qui fait le succès de cette série et on a du mal à savoir ce qui tient de la fiction et ce qui s’est réellement passé. C’est dérangeant d’être ému par une scène qui est peut-être pure imagination des scénaristes

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10. Un cri du coeur

Comme à chaque saison, le premier et le dernier épisodes sont les plus intenses et les plus réussis. Cet épisode se concentre sur les peines de cœur de la princesse Margaret et son rôle peu facile à vivre au quotidien. Son mari la trompe et la violente psychologiquement, elle part s’amuser à la campagne et trouver du réconfort dans les bras du jeune Ronny au soleil. C’est le scandale et aucun membre de sa famille ne la soutient. Elle est désespérée et veut renoncer à la vie… Sa sœur vient à son chevet et lui exprime combien la vie serait insupportable pour elle sans elle… Cela contraste beaucoup avec la retenue dont elle fait preuve dans ses relations avec ses enfants… au nom du protocole…

Cette saison se clôture avec les célébrations de son jubilé en 1977 ( mention spéciale pour le pire chapeau du 20eme siècle).

La prochaine saison de The crown aura une saveur particulière avec le récent coup de tonnerre provoqué par Harry et Meghan qui veulent gagner leur vie par leurs propres moyens. Ils l’ont annoncé via les réseaux sociaux, dynamitant tous les usages médiatiques traditionnels de la monarchie.

Le fait que ce soient des députées anglaises qui aient pris la défense de Meghan pour dénoncer la misogynie et les relents racistes et colonialistes des tabloïds anglais montrent les limites du protocole : une famille soudée ne laisse pas les siens se faire harceler et humilier.

Cette famille vit de multiples rebondissements autant dans la série que dans la réalité !

 

Retrouvez d’autres articles sur mes coups de cœur séries ici :

Charlie, monte le son ou la préadolescence 2.0

Call the midwife : mes pépites séries pour cet automne

The crown, saisons 1 et 2

Atypical 

Je suis en train de regarder la saison 3 d’Atypical, je m’attache à ses personnages autant qu’à ceux de The crown et je vous en parle dans un prochain article  très vite !